Spéciale information pour Isabelle Braun-Lemaire, Michel Baron,Thomas Charvet, Erwan Guilmin et Elizabeth Melscoet
Le 24 avril 2003 Ă 00h00 – Par C.D.Â
IL SE TARGUE d’avoir « rĂ©veillĂ© » les douanes et fait passer les saisies de drogue de 5 Ă 35 tonnes.
Michel Charasse, ex-ministre du Budget entre 1988 et 1992, a entretenu des rapports particuliers avec l’agent NS 55. Des relations singuliĂšres qui ont valu au sĂ©nateur une audition comme tĂ©moin par l’IGPN (la police des polices) dans le cadre d’une plainte dĂ©posĂ©e en aoĂ»t 2001 par Marc FiĂ©vet pour « complicitĂ© de trafic de stupĂ©fiants » et « subornation de tĂ©moin ». Le raisonnement est simple : « Puisqu’il a Ă©tĂ© condamnĂ© pour trafic de drogue, pourquoi ne pas poursuivre ses complices ?, souligne l’avocat de l’aviseur, Me Christophe Pech de Lacclause. Par ailleurs, il a subi des pressions des douanes pour ne pas rĂ©vĂ©ler sa qualitĂ© d’aviseur, ce qui relĂšve de la subornation de tĂ©moin. » Une bonne partie de la haute administration douaniĂšre a Ă©tĂ© entendue, ainsi que des diplomates, qui ont rendu visite Ă l’aviseur en prison.
Lors de son audition, Michel Charasse confirme avoir « entendu parler » de FiĂ©vet lors de son arrivĂ©e au ministĂšre. Rien d’anormal. Le fidĂšle de François Mitterrand dit se tenir « informĂ© rĂ©guliĂšrement des activitĂ©s des agents des douanes et de personnes comme FiĂ©vet qui travaillent pour leur compte contre rĂ©munĂ©ration ». En effet, l’une des prioritĂ©s du ministre est d’« engager partout dans le monde des informateurs sĂ»rs, discrets et efficaces ». Il relĂšve au passage qu’il a dĂ» lui-mĂȘme « protĂ©ger des douaniers » impliquĂ©s dans une livraison « contrĂŽlĂ©e » de stupĂ©fiants.
Des activitées classées « secret défense »
Michel Charasse est assurĂ© du soutien du prĂ©sident Mitterrand qui attache un « grand prix Ă cette politique ». Une stratĂ©gie que personne ne conteste : « Les douanes françaises n’ont eu qu’Ă se fĂ©liciter des activitĂ©s de l’ensemble des agents, y compris FiĂ©vet. » D’autant que l’agent NS 55 est basĂ© Ă Gibraltar, considĂ©rĂ© comme un « point stratĂ©gique ». Les rencontres avec FiĂ©vet ? « Pas plus souvent que d’autres agents des douanes », assure Michel Charasse. Il poursuit : « Il m’est arrivĂ© de lui faire dire ma satisfaction. Il m’est aussi arrivĂ© de le lui dire directement lorsque je le voyais ou lorsque je lui parlais au tĂ©lĂ©phone. »
L’ancien directeur gĂ©nĂ©ral des douanes, Jean-Dominique Comolli, plus prĂ©cis, se souvient au moins d’une rencontre « dans le bureau du ministre ». L’aviseur FiĂ©vet apporte, en effet, ses Ă©claircissements sur ses conditions de travail « pas faciles ».
En rĂ©sumĂ©, Michel Charasse assure non sans humour qu’il a toujours « su ce qu’il faisait », « mais on ne peut pas dire que nous vivions ensemble ». Un homme courageux, efficace… Les Ă©loges ne manquent pas.
Les ennuis de Fiévet en 1994 ?
Michel Charasse n’est plus en poste (il a Ă©tĂ© remplacĂ© par Nicolas Sarkozy) et il les apprend – dit-il – par la presse. MalgrĂ© les sollicitations de sa famille, Michel Charasse se refuse Ă intervenir. De toute façon, ces opĂ©rations sont classĂ©es « secret dĂ©fense », car elles concernent des « activitĂ©s particuliĂšrement dangereuses ».
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FRANCE (Douane francaise): retour en vidĂ©o sur lâaffaire Fievet â NS 55 DNRED
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