Marc Fiévet : le lùchage de «NS55»
C’est l’histoire d’un lĂąchage. Au dĂ©but des annĂ©es 1990, Marc FiĂ©vet est infiltrĂ© dans le monde du narcotrafic et pendant six ans, il livre une avalanche de renseignements. Les douanes françaises financent un cargo battant pavillon de Saint Vincent et s’associe avec lui dans un restaurant en Andalousie sur la Costa del Sol.
Par 5 fois, il rencontre le ministre Michel Charasse et grùce à lui, les douanes françaises mettent la main sur une centaine de trafiquants et 105 tonnes de stups.
En 1994, le voilĂ en compagnie de Claudio Pasquale Locatelli, un brooker de stups. Se sentant en danger, il demande aux services français une «exfiltration» dĂšs le troisiĂšme mois de son infiltration. Celle-ci n’arrivera jamais, surtout qu’entre temps Nicolas Sarkozy est arrivĂ© au Budget et a dĂ©crĂ©tĂ© la suspension immĂ©diate de toutes les opĂ©rations d’infiltration: Fievet ne comprend pas que Christian Gatard, son agent traitant, ne puisse plus venir en Espagne, ne comprend pas que lorsqu’il rĂ©ussit Ă faire venir pour un RDV Ă l‘hĂŽtel Meurice Ă Paris un gros faiseur australien pour un enlĂšvement de 80 tonnes de haschich, le directeur Joseph Le Louarn refuse les agents de la DOD Paris Ă Gatard pour couvrir ce meeting.
Les nombreux contacts avec les attachĂ©s du DEA de Paris et Rome ne lui ont pas permis de faire un constat de prise en charge rĂ©elle de sa situation Ă haut risque; pire, il a rĂ©ussi Ă choquer tous les honorables fonctionnaires amĂ©ricains et français lorsqu’il a signifiĂ© clairement qu’il Ă©tait hors de question qu’il liquide Locatelli si les services en faisaient la demande.
Le 23 septembre 1994, il est interpellĂ© par Interpol au sud de l’Espagne, alors que 5,4 tonnes de poudre ont Ă©tĂ© interceptĂ©es au large du Canada.
Onze ans derriĂšre les barreaux
Des Ă©missaires français, en Espagne, monsieur Jean Paul Garcia, attachĂ© douanier à  Madrid, en Angleterre messieurs Philippe Galy, attachĂ© douanier Ă Londres et Marc Lereste ex attachĂ© douanier Ă Londres, au Canada, dans les Maritimes, messieurs Christian Gatard , directeur des douanes Ă Marseille, Bernard Roux, attachĂ© douanier Ă Washington DC lui conseillent tous de ne pas rĂ©vĂ©ler sa vraie condition, en l’Ă©change d’une peine de prison symbolique en France.
En France, c’est le directeur de la DNRED Jean Puons qui viendra Ă la MA de Villepinte lui dire de ne pas faire appel de la sentence de conversion de 20 ans prononcĂ©e Ă Bobigny Ă huis clos devant un Jacques VergĂ©s totalement silencieux…
Suite Ă son transfert vers la France, il passera finalement 11 ans derriĂšre les barreaux, malgrĂ© des demandes rĂ©pĂ©tĂ©es de Jean Puons le directeur de la DNRED auprĂšs du DG François Auvigne qui refusera d’assurer la continuitĂ© du service de l’Etat, en signifiant Ă Puons qu’il n’avait pas Ă assumer les engagements pris auprĂšs de Fievet par ses prĂ©dĂ©cesseurs.
Depuis sa sortie, l’ex-agent «NS55», alors que son histoire a notamment inspirĂ© le film «Gibraltar», avec Gilles Lellouche dans le rĂŽle principal, continue un combat contre ce lĂąchage inacceptable.
Le dossier de Marc Fievet est toujours classĂ© ‘Secret dĂ©fense’
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