AprĂšs la libĂ©ration du gĂ©nĂ©ral Salvador Cienfuegos Zepeda par la direction du gouvernement d’AndrĂ©s Manuel LĂłpez Obrador , la journaliste Anabel HernĂĄndez a rĂ©agi de maniĂšre critique, suite au retour de Salvador Cienfuegos Zepeda accusĂ© de trafic de drogue aux Ătats-Unis, qui a rĂ©ussi Ă rentrer au Mexique sous la pression de groupes de pouvoir qui savent dĂ©sormais maĂźtriser le gouvernement.
Pour la journaliste d’investigation Anabel HernĂĄndez, aprĂšs avoir nĂ©gociĂ© le retour de l’ancien chef du ministĂšre de la DĂ©fense nationale, dĂ©tenu aux Etats-Unis pour quatre chefs d’accusation liĂ©s au trafic de drogue, le prĂ©sident AndrĂ©s Manuel LĂłpez Obrador a dĂ©montrĂ© qu’il Ă©tait prĂȘt Ă reculer pour lutter contre la corruption.
Anabel HernĂĄndez lors de la remise des insignes de Chevalier de la LĂ©gion dâHonneur Ă lâambassade de France de Mexico
Pour Anabel HernĂĄndez, « Cienfuegos appartient Ă la faction des politiciens, des hommes d’affaires, des militaires et de la police que le prĂ©sident a rĂ©uni dans la soi-disant mafia du pouvoir, qu’il a promis de combattre dans son administration. Mais le fait d’intervenir pour que les accusations du gĂ©nĂ©ral soient rejetĂ©es dans le pays nord-amĂ©ricain montre des signes d’incongruitĂ©, de faiblesse et de capitulation dans le discours politique de LĂłpez Obrador.«
«La rĂ©tractation publique et le sauvetage de Cienfuegos marquent en rouge la ligne de dĂ©marcation de la portĂ©e de la« QuatriĂšme Transformation (Q4) promise, rĂ©vĂ©lant son incongruitĂ©, sa faiblesse, ses lacunes et sa reddition. DĂ©sormais, ce sera le paramĂštre avec lequel d’autres groupes de pouvoir au Mexique mesureront AMLO », a publiĂ© la journaliste dans sa chronique Contracorriente de Deutsche Welle.
Eh bien, LĂłpez Obrador a changĂ© d’avis du jour au lendemain Ă propos de l’arrestation du gĂ©nĂ©ral. Le 16 octobre, alors que 24 heures ne s’Ă©taient mĂȘme pas Ă©coulĂ©es depuis la nouvelle, le prĂ©sident Ă©tait quelque peu joyeux et a utilisĂ© le cas pour renforcer son discours selon lequel il s’agissait « d’un signe sans Ă©quivoque de la dĂ©composition du rĂ©gime », allant jusquâĂ utiliser les mots » dĂ©gradation »et« dĂ©composition »pour dĂ©signer le fait. Mais les paroles n’engagent que ceux qui les croient!
LĂłpez Obrador a parlĂ© d’un nettoyage dans l’armĂ©e pour retrouver ceux qui Ă©taient liĂ©s Ă Cienfuegos, puisque « les accusations Ă©taient graves, la corruption par le trafic de drogue au sommet de la direction militaire » en prĂ©cisant qu’il n’allait « couvrir personne ».
Mais le lendemain, il recula…
Lors d’une visite Ă Tapanatepec, Oaxaca, il a dit aux mĂ©dias qu’il attendrait les preuves et que la conduite criminelle prĂ©sumĂ©e du gĂ©nĂ©ral n’avait pas entachĂ© l’institution. Il a attaquĂ© la Drug Control Administration (DEA) qui, selon AMLO, aurait dĂ©cidĂ© des opĂ©rations que les forces armĂ©es ont seulement exĂ©cutĂ©es.
le général Luis Crescencio Sandoval
D’autre part, Anabel HernĂĄndez a dĂ©clarĂ© qu’aprĂšs avoir appris l’arrestation, AndrĂ©s Manuel LĂłpez Obrador a dĂ» renvoyer le gĂ©nĂ©ral Luis Crescencio Sandoval, actuel chef du Sedena nommĂ© par le prĂ©sident.
Sandoval avait été promu en 2017 au grade de général de division par
Cienfuegos et le prĂ©sident de l’Ă©poque Enrique Peña Nieto.
Dans les mĂȘmes annĂ©es que le gouvernement des Ătats-Unis accusait Cienfuegos d’avoir fait le trafic de drogue et d’avoir travaillĂ© pour le cartel H2 (2012-2018), Sandoval Ă©tait l’un de ses hommes les plus fiables, occupant le poste stratĂ©gique de chef adjoint de l’Ă©tat-major. de 2013 Ă 2016.
En d’autres termes, Cienfuegos aurait travaillĂ© pour les trafiquants de drogue sous le nez de l’actuel chef de la Sedena », a dĂ©clarĂ© l’auteur de ‘Los Señores del Narco’ qui n’aurait rien vu, rien entendu…Cela nous rappelle la haute hiĂ©rarchie des rĂ©galiennes françaises qui dans le domaine de l’amnĂ©sie sĂ©lective sont des virtuoses.
Anabel HernĂĄndez a confirmĂ© que l’arrivĂ©e de Cienfuegos, lors de son retour des States, a Ă©tĂ© organisĂ© au hangar officiel de la RĂ©publique, le 18 novembre, mais, bizarrement les gardes ont Ă©tĂ© dĂ©mis de leurs fonctions sur ordre du gĂ©nĂ©ral Sandoval.
Celui qui dirigeait le Sedena a Ă©tĂ© emprisonnĂ© pendant 34 jours aux Ătats-Unis, arrĂȘtĂ© le 15 octobre Ă l’aĂ©roport international de Los Angeles, en Californie.
Son affaire a Ă©tĂ© portĂ©e devant le tribunal du district est de New York, oĂč, aprĂšs nĂ©gociation avec le bureau du procureur amĂ©ricain, les accusations de trafic de drogue ont Ă©tĂ© rejetĂ©es, car l’affaire devra ĂȘtre traitĂ©e au Mexique. Entre-temps, Cienfuegos reste libre.
Les menaces d’expulser la DEA, de mettre sur la table des accords de coopĂ©ration en matiĂšre de sĂ©curitĂ© et mĂȘme la promesse de capture d’un ‘narcocapo’ , auraient Ă©tĂ© les conditions pour renvoyer le gĂ©nĂ©ral Cienfuegos Ă la maison…

A reblogué ceci sur The international informant.
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