par Marc Fievet, AKA NS 55 DNRED
Une affaire de café ! Vraiment ?
Avoir voulu juger cette affaire fut une gageure hasardeuse qui n’a rien solutionnĂ© et ne solutionnera rien, surtout en ayant oubliĂ© tout ou partie des responsables de ces dĂ©rives .
ĂTAT de droit, comme ils disent !
Dans un Ă©tat de droit, comme aiment tant nous le rappeler Ă longueur d’annĂ©es tous nos rĂ©galiens et autres ‘Politiques’ dans des trĂ©molos de gorges profondes, il s’avĂšre que cet Ă©tat de droit n’est qu’un Ă©tendard brandi pour mieux tromper le citoyen ordinaire.
Que penser d’une justice qui accepte, qui a acceptĂ© et qui acceptera encore de se servir de boucs Ă©missaires pour rendre des jugements qui deviennent, sont devenus ou deviendront des vĂ©ritĂ©s dĂ©finitives selon le dogme rĂ©publicain de l’ infaillibilitĂ© des dĂ©cisions prononcĂ©es ?
La justice aujourd’hui omniprĂ©sente doit trancher sur tout, comme si nos magistrats avaient la science infuse et l’onction sacrĂ©e reçue Ă l’ENM (De mĂ©moire le cĂ©lĂšbre Azibert en avait les commandes) les dotant d’une autoritĂ© qui n’est en rĂ©alitĂ© que rĂ©duite Ă rendre une justice arrangeante pour les aigles et une autre beaucoup plus dure pour les pigeons.
Ah! Ne pas contrarier le pouvoir Ă©tabli qui s’autorise tout et son contraire au mĂ©pris du bon sens !
Mais qu’en est-il de ce pouvoir Ă©tabli aux mains du CAC 40 et autres groupes financiers et dĂ©pendant d’une caste dirigeante que sont les IGF, Ă©narques et autres issus des grands corps. (Ils sont discrets en cette pĂ©riode!)
Un pouvoir qui s’autorise l’utilisation de toutes les ressources humaines, scientifiques et commerciales de la France pour satisfaire, voire garantir, des positions dominantes au mĂ©pris de l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral.
Pour mĂ©moire, Karachi et son attentat, qui dorment toujours dans quelques tiroirs, restent pour moi la preuve Ă©clatante de la non-indĂ©pendance de la justice. Pourquoi le parquet de Paris refuse d’ouvrir une enquĂȘte sur les mensonges de plusieurs hauts responsables des services de renseignement français concernant l’un des personnages clĂ©s de l’affaire, le Saoudien Ali Ben Moussalem ?
Comment peut-on encore imaginer que les vĂ©ritables mafieux politiques de l’Ă©poque oĂč Nicolas Sarkozy Ă©tait au Budget n’ont pas encore comparu devant des juges pour assumer les responsabilitĂ©s qu’ils ont, LĂ©otard exceptĂ© qui est en cassation. Balladur innocentĂ© ! Et Sarkozy le magouilleur pas concernĂ© !
Comment peut-on accepter encore que des services entiers de nos régaliennes sont occupés à maintenir en place, à tout prix, ceux qui sont aux manettes?
Quant aux services de renseignement
On ne fait pas du renseignement et autres actions dĂ©rivĂ©es avec le « Dalloz » en main en le brandissant telle la bible lors des campagnes de christianisation ou autres croisades. Nâest pas Torquemada qui veut ! Plus mĂȘme, lorsquâon est en guerre, et bien on agit au mieux des intĂ©rĂȘts de la cause que lâon dĂ©fend.
Mais dans toutes guerres , il y a des salauds institutionnels qui profitent du dĂ©sordre pour se promouvoir voire s’enrichir, et lĂ est le vrai problĂšme !
Alors, pour les quelques cadres de la Douane française qui ont dĂ» rĂ©pondre de mĂ©faits avĂ©rĂ©s, bĂ©nĂ©ficiant j’imagine de la « protection fonctionnelle », il serait peut-ĂȘtre intĂ©ressant de chercher Ă qui profite rĂ©ellement la mise en touche momentanĂ©e de ce service, peut-ĂȘtre orchestrĂ©e par des manipulateurs qui n’ont jamais eu Ă assumer une responsabilitĂ© quelconque des mĂ©faits qu’ils ont commis au cours d’une carriĂšre « exemplaire » bien que terriblement coĂ»teuse pour le contribuable français.
Ces grands ‘serviteurs’ de lâĂtat comme ils se prĂ©sentent sont avant tout au service de leurs intĂ©rĂȘts personnels.
Quant Ă la DNRED
La DNRED a Ă©tĂ© durant quelques dĂ©cennies un service performant mais dĂ©rangeant pour les magouilleurs aux manettes. C’est vrai, on peut dĂ©placer un ou deux hommes qui dĂ©rangent (Souvenons-nous de la corruption Ă la DCN et de la seule conclusion qui a rĂ©tabli nos deux gendarmes qui n’auraient Ă©tĂ© mutĂ©s que suite Ă une erreur d’apprĂ©ciation alors que des officiers supĂ©rieurs et gĂ©nĂ©raux Ă©taient mis en cause dans une affaire de prĂȘt illĂ©gal de main dâĆuvre mise Ă la disposition de la DCN et payĂ©e par des faux marchĂ©s publics), mais comment alors se dĂ©barrasser d’une lĂ©gion d’agents qui remontent mensuellement des informations toutes plus accablantes les unes que les autres sur l’Ă©thique de nos dirigeants ?
C’est simple, il suffit de ne pas hĂ©siter Ă dĂ©sĂ©quilibrer cette ‘agence’ en rĂ©vĂ©lant des actes inconsidĂ©rĂ©s et inacceptables qu’elle a commis …et qu’elle commettra encore .
Un Ă©narque du nom d’Erwan Guilmin, qui avait pour objectif de devenir le boss de la DNRED, quand il prit la direction de la DOD , nâhĂ©sita pas alors Ă s’aventurer dans des circuits inconnus qu’empruntaient ses prĂ©dĂ©cesseurs.
C’est vrai, la place de calife, ça se mĂ©rite ! Il faut afficher des rĂ©sultats ! Fichtre, et l’Erwan y prit goĂ»t Ă ces magouilles qu’il croyait indispensables pour arriver Ă ses fins.
Pendant cette pĂ©riode, la guerre larvĂ©e entre DNRED et OCRTIS fut rĂ©activĂ©e par lâĂ©narque en mal de reconnaissance. François Thierry avait de tels rĂ©sultats avec ses opĂ©rations ‘Myrmidon’ qu’Erwan voulut chasser sur les terres de François et qu’il commit l’irrĂ©parable lors de la saisie bidon du boulevard Exelmans !
MĂȘme que Jean Paul Garcia s’attendait Ă des reprĂ©sailles ! «On a marchĂ© sur la queue du tigre», admettait-il en interne en rĂ©fĂ©rence aux fameuses «Brigades du tigre», surnom de la police judiciaire Ă l’Ă©poque de Clemenceau.
Une bonne nouvelle quand mĂȘme pour Erwan Guilmin, depuis ces « affaires », il est devenu « ChargĂ© de mission Ă la sous-direction des politiques sociales â SecrĂ©tariat gĂ©nĂ©ral » au MinistĂšre de lâĂ©conomie et des finances en janvier 2018. Introuvable et ne figurant sur aucun listing tĂ©lĂ©phonique Ă Bercy, et⊠Et Ă la DG de la Douane française, contactĂ©e par Marc Fievet, on ne sait que bredouillerâŠ
Alzheimer a frappé grave!
-A quoi servent-ils ces services si ce n’est que paraĂźtre et se faire mousser pour justifier des budgets toujours Ă la hausse alors que les saisies ne font que suivre difficilement les flux destinĂ©s Ă l’approvisionnement d’un marchĂ© en pleine expansion.
-A quoi servent-ils ces agents qui ne peuvent dĂ©voiler la rĂ©alitĂ© des mĂ©faits qu’ils constatent sur les mafieux aux manettes comme sur les hiĂ©rarchies qui les dirigent?
Alors les cadres douaniers qui ont comparu devant les juges sont ils vraiment les responsables de la catastrophe ?
Lu dans « LibĂ© »
On a appris qu’Ă son arrivĂ©e Ă la tĂȘte de la DNRED, fin 2010, lâancien patron Jean Paul Garcia raconte avoir reçu pour mission de «dĂ©velopper encore les rĂ©sultats», mais aussi de faire de la «communication», et mĂȘme du «storytelling», anglicisme quâil dĂ©couvre Ă cette occasion. A cette pĂ©riode , c’Ă©tait JĂ©rĂŽme Fournel qui Ă©tait le DG de la Douane !
En clair : raconter de belles histoires pour mettre en avant les grosses prises et faire briller le service.
N’ont ils pas Ă©tĂ© manipulĂ©s ?
Quoi de mieux alors que de disqualifier l’ensemble d’un service !
-Souvenons nous de Karachi encore! Nicolas Sarkozy lui mĂȘme dĂšs son arrivĂ©e Ă Bercy avait dĂ©crĂ©tĂ© l’arrĂȘt de toutes les actions d’infiltration sans qu’aucun cadre douanier ne s’Ă©lĂšve contre cet ukase ministĂ©riel. (Du jour au lendemain, interdiction formelle de sortie du territoire pour les cadres de la DNRED fut dĂ©crĂ©tĂ©e par Sarkozy, et Joseph Le Louarn, le boss de la DNRED n’informa mĂȘme pas les agents infiltrĂ©s. C’est vrai que des agents infiltrĂ©s souvent dĂ©couvrent ce qui a vocation Ă rester cachĂ©, alors si l’on peut s’en dĂ©barrasser astucieusement …. On monte des « chantiers » !
-Souvenons nous de l’agent Olivier ThĂ©rondel du Tracfin de J.B. Carpentier dans le dossier Cahuzac. VirĂ©, condamnĂ© Ă de la prison pour ne pas avoir respectĂ© l’omerta.
–Souvenons nous aussi…
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La renaissance
Alors, sans doute, seul un Ă©narque pouvait rĂ©tablir la confiance et rĂ©animer la DNRED en rĂ©orientant les actions des grandes directions performantes qu’Ă©taient la DRD, la DED et la DOD!
Le coup de massue fut tel que l’ensemble des agents en titube encore!
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Ces derniers jours Florian Colas qui dirige la DNRED depuis avril 2021, a donné une (excellente) interview à AEF info.
Originaire du Var, diplĂŽmĂ© de Sciences Po et de lâENA, Florian Colas est sorti deuxiĂšme de sa promo en 2012, Il a ensuite rejoint lâInspection gĂ©nĂ©rale des finances (IGF) oĂč il a notamment rĂ©alisĂ© un audit du contrĂŽle fiscal des entreprises. Puis, il a fait une pige de quelques mois comme chargĂ© dâaffaires chez Wendel. Câest en 2017 quâil a Ă©tĂ© recrutĂ© Ă Bercy, dâabord comme conseiller fiscalitĂ© du ministre GĂ©rald Darmanin, sâoccupant surtout de la mise en Ćuvre du prĂ©lĂšvement Ă la source. Avant de devenir directeur adjoint du cabinet puis le bras droit dâOlivier Dussopt en juillet 2020. (source)
Lors de cette interview, Florian Colas, le directeur national du renseignement et des enquĂȘtes douaniĂšres, y dĂ©taille la montĂ©e en puissance de la structure.
Quelques extraits:
Nous restons sur le cĆur de mission de la douane : les trafics illicites qui impliquent des flux de marchandises transfrontaliers.
La DNRED sâappuie sur deux piliers.
Le premier câest le code des douanes qui est trĂšs adaptĂ© pour la lutte et lâinterception de trafics en flagrant dĂ©lit.
Le second pilier, câest le code de la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure puisque nous sommes un service de renseignement du premier cercle.
AEF info : Sébastien Bombal a récemment été nommé directeur technique de la DNRED, aprÚs avoir préfiguré cette direction. à quoi sert-elle ?
Florian Colas : La direction technique est la derniĂšre-nĂ©e de la DNRED. Elle a Ă©tĂ© créée le 1er janvier dernier. Câest pour cette raison que la DNRED a Ă©tĂ© prĂ©sente pour la premiĂšre fois au FIC cette annĂ©e. La direction technique doit rĂ©pondre Ă trois dĂ©fis. Dâabord celui de la cybersĂ©curitĂ© interne. Elle devra veiller Ă davantage sĂ©curiser nos outils de communication et informatiques. La DNRED est un service du premier cercle de la communautĂ© du renseignement et doit Ă ce titre se conformer Ă des standards extrĂȘmement exigeants. Cela engage notre crĂ©dibilitĂ© et la confiance des partenaires avec lesquels nous Ă©changeons (DGSE, DGSI, DRM, DRSD, Tracfin).
LâarrivĂ©e de la direction technique va entraĂźner une transformation technologique qui va irriguer nos mĂ©thodes. Il va falloir former les agents aux nouveaux outils jusquâau terrain. Par ailleurs, on nous donne des pouvoirs exorbitants du droit commun, donc il faut toujours une traçabilitĂ© et du contrĂŽle.
AEF info : Justement, le 7 juin dernier, les procureurs ont requis devant le tribunal correctionnel de Paris des peines Ă lâencontre de six anciens cadres de la DNRED dont Jean-Paul Garcia, directeur national du renseignement et des enquĂȘtes douaniĂšres de 2010 Ă 2017, dans une affaire de trafic dâimportation de cafĂ©. Cette affaire va-t-elle avoir une incidence sur la prĂ©vention de ce type de dĂ©rives et sur le contrĂŽle de la dĂ©ontologie ?
Florian Colas : De fait, la transformation a eu lieu dĂšs la rĂ©vĂ©lation des faits en 2017. Le service a franchi une Ă©tape importante avec ce quâon a appelĂ© la « refondation », qui a conduit Ă tirer les consĂ©quences des dysfonctionnements mis Ă jour. Une feuille de route a Ă©tĂ© mise en Ćuvre pendant plusieurs annĂ©es et a profondĂ©ment transformĂ© la maison. La DNRED dâaujourdâhui nâest pas celle dont on a parlĂ© au cours du procĂšs. Il y a eu une trĂšs forte structuration de nos processus internes, un effort de formation extrĂȘmement important. Nous avons Ă©galement recrutĂ© une magistrate qui est ma conseillĂšre juridique et chargĂ©e des relations avec lâautoritĂ© judiciaire. En parallĂšle, une cellule de contrĂŽle interne et dâaudit a Ă©tĂ© constituĂ©e.
Bien sĂ»r, en matiĂšre de dĂ©ontologie, il ne faut jamais se reposer sur ses lauriers. Je sollicite rĂ©guliĂšrement lâinspection gĂ©nĂ©rale de la douane, qui a une fonction administrative [contrairement aux inspections gĂ©nĂ©rales de la police et de la gendarmerie nationales qui remplissent Ă©galement une fonction judiciaire]. Il faut en permanence se requestionner pour sĂ©curiser les opĂ©rations, dâautant plus que le cadre juridique est complexe et Ă©volutif. Si les consĂ©quences de cette affaire ont Ă©tĂ© tirĂ©es dĂšs 2017, face aux risques que reprĂ©sentent les enquĂȘtes et lâĂ©volution des technologies, on doit continuer dâĂȘtre robuste.
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C’est Pascal Schmidt qui disait au tribunal : « Un panier de crabes Ă la DNRED !«
En rĂ©alitĂ©, c’est un petit panier de crabes, comparĂ© Ă Bercy, qui est un trĂšs trĂšs gros panier de trĂšs gros crabes.
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Comme quoi, c’est l’Ătat finalement la plus grosse mafia !
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