ESPAGNE đŸ‡Ș🇾 (Galicia) : tromperie et corruption pour inonder l’Europe de cocaĂŻne

Excellent article de Víctor Méndez Sanguos de NARCODIARIO qui aborde le sujet de la corruption endémique en Espagne

La Galice est revenue sur le devant de la scĂšne en prĂ©cisant que l’Andalousie rivalise dĂ©jĂ  avec elle en tant que porte d’entrĂ©e majeure. Les drogues colombiennes n’ont jamais Ă©tĂ© aussi bon marchĂ©. DerriĂšre ce boom, outre la surproduction en AmĂ©rique latine et la demande brutale de stupĂ©fiants en Europe, se cache un systĂšme alimentĂ© par l’argent noir et dirigĂ© par des criminels en col blanc qui protĂšgent les narco-organisateurs des poursuites de la police.

L’annĂ©e 2023 a marquĂ© des records historiques en matiĂšre de saisies de cocaĂŻne en Espagne

Plus de 140 tonnes, selon les donnĂ©es fournies par la SĂ©curitĂ© intĂ©rieure Ă  l’Ă©poque. Cependant, les prix ont continuĂ© Ă  baisser. Quelque chose n’allait pas. La police a localisĂ© le plus grand laboratoire de production de drogue colombien jamais dĂ©couvert en Europe, Ă  Cerdedo-Cotobade, mais, au mĂȘme moment, des trafiquants de drogue transportaient en douce 5 000 kilos de cocaĂŻne dans un narco-sous-marin. L’annĂ©e s’est terminĂ©e par d’importantes saisies de conteneurs, tant Ă  AlgĂ©siras (9,5 tonnes) qu’Ă  La Corogne (7,5 tonnes). Aux tables de nĂ©gociation des grands patrons, le prix de la reine des drogues a cependant continuĂ© de baisser.

En 2024, les chiffres des saisies ont diminué, mais sont restés trÚs élevés

Les autoritĂ©s ont rĂ©ussi Ă  atteindre certains des prĂ©tendus barons de la drogue « invisibles » en Galice et dans d’autres rĂ©gions d’Espagne, dans le cadre d’opĂ©rations qui, cependant, sont restĂ©es inachevĂ©es. Les images de millions d’euros entre les mains de trafiquants de drogue ont attirĂ© l’attention, d’abord dans les RĂ­as Baixas, puis, plus encore, Ă  Madrid.

Les 20 millions d’euros trouvĂ©s dans la maison de Óscar SĂĄnchez Gil, un policier qui collaborait avec des trafiquants de drogue auraient pu servir d’avertissement, tout comme les 13 000 kilos de cocaĂŻne saisis en novembre dans la plus grande cargaison de drogue jamais vue en Espagne.

Les narcos continuent de travailler et ils le font partout

Le dĂ©chargement de drogue en plein jour, sĂ©curisĂ© par des tueurs Ă  gages armĂ©s de kalachnikovs, sur le quai de Las Carabelas Ă  Huelva, en est l’exemple le plus clair.

Les forces de l’ordre continuent d’obtenir des rĂ©sultats, certains trafiquants de drogue finissent en prison, mais le commerce continue de prospĂ©rer, peut-ĂȘtre plus fort que jamais.

Pour comprendre les causes de ce qui se passe, au-delĂ  de la surproduction dĂ©jĂ  Ă©culĂ©e en AmĂ©rique latine et de la demande extrĂȘmement forte en Europe, il faut analyser un nouveau scĂ©nario, largement rĂ©vĂ©lĂ© par le dĂ©cryptage des communications des principaux trafiquants de drogue Ă  travers les plateformes Sky-ECC, Encrochat et Anom, et, plus rĂ©cemment, d’autres comme Ghost. Dans le monde du crime organisĂ©, les criminels en col blanc ont prolifĂ©rĂ©, jouant un rĂŽle crucial dans le maintien de l’activitĂ© et l’augmentation de leurs profits : ceux qui se livrent Ă  la tromperie, Ă  la corruption et Ă  la fraude, faisant des victimes partout oĂč ils vont, aussi bien parmi les personnes honnĂȘtes que parmi les trafiquants de drogue eux-mĂȘmes.

Des accords avec les autorités judiciaires

Les forces de sĂ©curitĂ© et le Bureau du Procureur gĂ©nĂ©ral, conscients de ce qui se passe, ont mis en place des mĂ©canismes d’alerte pour faire face Ă  un ennemi qui reste souvent sans visage, ou qui a de nombreux visages diffĂ©rents. Certains d’entre eux sont des avocats, selon des sources policiĂšres trĂšs fiables, mais dans d’autres cas, il s’agit simplement d’individus offrant leurs services Ă  diverses organisations criminelles. Ils assurent la sĂ©curitĂ© et la solvabilitĂ© des trafiquants de drogue, allant jusqu’à conclure des accords avec les autoritĂ©s judiciaires qui aboutiraient Ă  des rĂ©ductions de peine. Et ils citent comme exemple des situations vĂ©cues en Galice et en Andalousie, principalement, mais aussi Ă  Madrid, au Levant et en Catalogne : des arrestations et des saisies sont rĂ©alisĂ©es, mais de grands barons de la drogue, certains n’ont jamais Ă©tĂ© condamnĂ©s, d’autres continuent de faire passer en contrebande de la cocaĂŻne ou du haschisch en quantitĂ©s sans prĂ©cĂ©dent. Et ils semblent intouchables…

En 2025, en Galice, des proches des barons de la drogue proposent de « remettre » un narco-sous-marin en Ă©change de faveurs dans la phase procĂ©durale d’autres affaires

En Andalousie, le cas de l’ancien chef de l’OCON Sur, l’unitĂ© d’Ă©lite de la Guardia civil, continue de perturber la scĂšne. La vĂ©ritĂ© est que les fleuves Guadiana et Guadalquivir sont devenus une importante autoroute de la cocaĂŻne, et alias Yeyo, l’auteur prĂ©sumĂ© d’une grande partie du trafic de drogue dans cette rĂ©gion, est toujours en libertĂ©. Son nom apparaĂźt en premiĂšre page des cibles du groupe de travail anti-drogue. Plusieurs sources indiquent que des dĂ©chargements comme celui du quai de Las Carabelas portent son sceau. Ancien pilote de bateau Ă  moteur, la Formule 1 des mers, il aurait utilisĂ© ces compĂ©tences pour se faire un nom, d’abord comme batelier et maintenant comme patron prĂ©sumĂ©. On voit Ă©galement Ă  l’arriĂšre-plan « Le Messi du haschisch », qui se trouve Ă  Tanger et tire les ficelles. On dit qu’il aurait livrĂ© l’auteur du crime de Barbate en Ă©change d’ĂȘtre laissĂ© tranquille. Et ce n’est pas exclu. Et puis il y a DubaĂŻ. Les vols aller-retour de l’aĂ©roport de Barajas vers les Émirats arabes unis reçoivent un flux constant de ces individus offrant des services qui profitent Ă  quelques-uns et nuisent Ă  beaucoup d’autres. Ils cherchent Ă  atteindre les plus hauts niveaux possibles, les Ă©chelons supĂ©rieurs des organisations internationales, pour leur « vendre » l’immunitĂ© dont ils bĂ©nĂ©ficient dĂ©jĂ  de facto. Dans ces affaires, les criminels de moindre envergure s’en sortent souvent mal et sont eux-mĂȘmes arrĂȘtĂ©s. Et pendant ce temps, ils rĂ©alisent des bĂ©nĂ©fices dans diffĂ©rents scĂ©narios.

Le policier avec les 20 millions d’euros chez lui

DerriĂšre le trafic international de drogue, un seul Ă©lĂ©ment compte pour les grandes mafias : l’argent qu’elles peuvent gagner. C’est pourquoi ils n’hĂ©sitent pas Ă  utiliser tous les moyens Ă  leur disposition pour maintenir leur entreprise Ă  flot et, si possible, la faire croĂźtre de jour en jour. Un exemple trĂšs illustratif de l’ampleur avec laquelle ce rĂ©seau de tromperies et de mensonges a influencĂ© l’escalade des envois de cocaĂŻne non seulement en Espagne, mais dans tout le monde occidental, a Ă©tĂ© la chute de Óscar SĂĄnchez Gil, l’inspecteur responsable du blanchiment d’argent Ă  la Direction GĂ©nĂ©rale de la Police de Madrid. Son arrestation, dans le cadre d’une opĂ©ration conjointe entre les Affaires intĂ©rieures et la Brigade centrale des narcotrafiquants de l’Udyco Central, fait suite Ă  la saisie de 13 000 kilos de drogue colombienne dans un conteneur au port d’AlgĂ©siras, la plus grande cargaison jamais saisie sur le sol espagnol Ă  ce jour.

Ce policier, qui a cachĂ© les fameux 20 millions d’euros dans le mur de sa maison, Ă©tait depuis longtemps employĂ© par diverses organisations criminelles. La tromperie et les mensonges ont permis Ă  ces cargaisons d’entrer dans le pays.

Les experts : « C’est un jeu de portes qui s’ouvrent et se ferment et de vols qui vont et viennent. »

AprĂšs avoir rencontrĂ© des experts en application de la loi qui reconnaissent la capacitĂ© de divers acteurs Ă  tirer les ficelles en coulisses, ce qui, dans la plupart des cas, aboutit Ă  tromper les autoritĂ©s, Ă  l’emprisonnement de certains trafiquants et Ă  l’impunitĂ© d’autres. « Ils fournissent rarement des informations sur les drogues. C’est juste un jeu de portes qui s’ouvrent et se ferment, de vols qui vont et viennent Â», expliquent les experts.

Les rencontres en face à face à Madrid, Marbella, en Galice et surtout à Dubaï font partie de la routine des personnes liées au trafic de drogue.

Dans la plupart des cas, il s’agit d’avocats ou de professionnels qui se rendent lĂ©galement Ă  un endroit ou Ă  un autre pour exercer leur profession conformĂ©ment au cadre juridique en vigueur. Mais certains opĂšrent sur la fine ligne entre le bien et le mal, en profitant toujours Ă  ceux qui ont le plus d’argent : les grands patrons, ceux qui continuent d’opĂ©rer dans les zones susmentionnĂ©es sans offrir aucune opportunitĂ© aux forces de sĂ©curitĂ©.

« Souvent, ce ne sont que des mensonges que les procureurs et la police ne croient gĂ©nĂ©ralement pas Â», soulignent les autoritĂ©s, qui avertissent que « ces avances en espĂšces ne dĂ©bouchent souvent sur rien de concret. Les trafiquants de drogue qui ne veulent pas aller en prison paient pour garder espoir, mĂȘme s’il est limpide. Â»

Dans ce contexte, le commerce de la cocaïne continue de prospérer avec trÚs peu de surveillance.

Des sous-marins de la drogue arrivent en Galice et déchargent de la drogue en toute impunité, des bateaux de la drogue remontent les fleuves Guadiana et Guadalquivir, et toute cette drogue finit dans des endroits aussi éloignés que Murcia, Madrid, Hendaye, Paris et Rome en quelques heures.

Pour Marc Fievet, dans le mĂȘme temps, en France, les autoritĂ©s (Douane – Gendarmerie – Police) subliment dĂ©sormais en matiĂšre de communications destinĂ©es Ă  tromper les citoyens sur les moyens qu’elles mettent en Ɠuvre pour lutter rĂ©ellement contre le flĂ©au de la drogue.

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