Quand on constate que les politiques menĂ©es n’ont pas Ă©voluĂ© d’un iota
A jean François Copé, ministre du Budget
« Jâai bien reçu votre lettre du 4 avril, rĂ©f JFC/AR6 et je vous remercie de lâattention que vous portez Ă ma situation qualifiable pour le moins de KafkaĂŻenne.
Vous avez certainement regardĂ© lâĂ©mission « Zone interdire » diffusĂ©e ce dimanche 10 avril Ă 20 H 50 sur les Douanes et les actions de la DNRED en particulier. Vous avez donc pu constater quâaprĂšs TF1 et son Ă©mission « 7 Ă 8 » en 2002, Elise Lucet et ses Ă©missions « PiĂšces Ă conviction » de 2003 et 2004, les nombreuses Ă©missions sur Euronews de FR3 et des services rĂ©gionaux de cette mĂȘme chaĂźne TV, alertant lâopinion publique sur ma situation, la chaĂźne M6 continue Ă sâintĂ©resser Ă lâanomalie que je finis par reprĂ©senter dans le paysage carcĂ©ral français.
Comment ne pas ĂȘtre surpris, dans ma position, de constater en lisant un article dans le Monde du 8 avril 2005, intitulĂ© : « Plan cocaĂŻne : lâimpasse amĂ©ricaine », commis par Alain DĂ©lĂ©troz qui est vice-prĂ©sident de lâInternational crisis group que ce dernier ne faisait que reprendre ce que jâĂ©crivais dĂ©jĂ il y a dix ans du fond de ma prison dâAlhaurin de la Torre (Malaga) en Andalousie, dĂ©montrant ainsi quâen une dĂ©cennie, les politiques rĂ©trogrades autant quâimproductives menĂ©es par nos dirigeants nâont pas permis dâavancer dans la rĂ©solution de ce problĂšme majeur de sociĂ©tĂ©.
Du cĂŽtĂ© des guerres menĂ©es par les USA, celle contre la cocaĂŻne est vouĂ©e Ă lâĂ©chec et cela, malgrĂ© les innombrables victimes du conflit colombien, comme dâailleurs les plus de 3 milliards de dollars dĂ©pensĂ©s par Washington, majorĂ©s dâautres fonds qui ne font quâentretenir une guerre dans laquelle les services impliquĂ©s nâont absolument pas pour objectif premier dâarriver Ă Ă©radiquer ce flĂ©au qui serait alors la fin du « jackpot » pour eux. Seulement avec une trĂšs bonne communication, les « mercenaires » de cette cause arrivent encore Ă donner le change, mais pour combien de temps encore. La politique antidrogue est Ă revoir de A Ă Z, mais, pour cela, il faudrait que lâintĂ©rĂȘt supĂ©rieur de la prĂ©servation des Ă©conomies souterraines gĂ©nĂ©rĂ©es par ces trafics ne soit plus une prioritĂ© due au maintien dâune certaine paix sociale.
Actuellement, les populations concernĂ©es par cette guerre, surtout celles des pays producteurs de coca, quâil ne faut pas confondre Ă celles de la Colombie qui transforment ce produit naturel et culturel andin en substance hallucinogĂšne pour les plus riches des Etats Unis et de lâEurope, perçoivent cette action belliqueuse comme particuliĂšrement injuste.
AprĂšs une pĂ©riode de grands cartels comme ceux de Cali et Medellin, est venu le temps des mini organisations toutes aussi dangereuses et encore plus performantes puisque plus difficile Ă combattre. Plus de 20 000 morts en 2004 en Colombie ! Les paramilitaires tiennent le haut du pavĂ©, facilitant la transformation de la ‘pasta basica’ en cocaĂŻne et entretiennent les meilleurs contacts avec les organisations mafieuses internationales. Les organismes bancaires continuent de mettre Ă disposition leur systĂšme pour incorporer ces masses importantes dâargent sans que cela perturbe nos dirigeant politiques occidentaux qui ne prennent que des « mesurettes » pour donner lâimpression de lutter contre cette plaie du 21Ăšme siĂšcle et cela, malgrĂ© des programmes dâĂ©pandage par avions agricoles dâherbicides puissants de type dĂ©foliants qui nâont rĂ©ussi quâĂ entraĂźner une diminution de la surface plantĂ©e sans pour autant modifier les quantitĂ©s de cocaĂŻne qui continuent dâatterrir sur les marchĂ©s consommateurs quâils soient europĂ©ens ou amĂ©ricains.
La politique antidrogue est dans une impasse totale et le premier rĂ©sultat nâest que cette guerre en Colombie et lâaggravation de la pauvretĂ©, de la prĂ©caritĂ© et de lâinstabilitĂ© en Bolivie et au PĂ©rou. Je pourrais ĂȘtre beaucoup plus prolixe sur les productions du Rif marocain… et tout le collatĂ©ral sây rattachant, mais je pense que lâĂ©mission de la chaĂźne de tĂ©lĂ©vision « M6 » Ă©tait parfaitement explicite.
Comment espérer, en continuant systématiquement à criminaliser une consommation, la contrÎler pour la ralentir pour mieux pouvoir la supprimer ?
Les mĂ©thodes de confiscation des biens que le ministre de la justice, Monsieur Dominique PERBEN, voudraient promouvoir, ne feront que radicaliser un peu plus une rĂ©activitĂ© des trafiquants, dealers et autres intervenants dans la chaĂźne commerciale de la distribution de ces produits, sans pour autant apporter rapidement les rĂ©sultats escomptĂ©s, mais câest dĂ©jĂ un premier pas Ă franchir. Le deuxiĂšme, et qui nâest pas des moindres, sera celui de ne pas affecter une prescription pour les fonds gĂ©nĂ©rĂ©s par ces trafics et les biens acquits qui resteront saisissables mĂȘme 15 ou 20 ans plus tard. VoilĂ une mesure qui pourrait sĂ©rieusement permettre de lutter contre cette plaie et qui permettrait dans le mĂȘme temps de rĂ©cupĂ©rer des fonds trĂšs importants pour pouvoir les utiliser pour « traiter » les masses de consommateurs accrochĂ©s Ă ces paradis artificiels. Que le gouvernement mette en place les mesures pour que cela devienne enfin effectif, ce sera parfait, mais quâil Ă©vite dâen faire de la publicitĂ©. Ce genre de dĂ©crets peut ĂȘtre pris sans en faire « six caisses » ! Nul nâest sensĂ© ignorer la loi et je nâimagine personne dĂ©clencher une campagne de presse pour dĂ©fendre les intĂ©rĂȘts des pourris qui se sont sucrĂ©s.
Mais faudrait-il encore que la loi soit cohĂ©rente pour que nos magistrats ne lâappliquent pas sans aucun bon sens. En 2000, jâai dĂ©clarĂ© devant la commission dâenquĂȘtes parlementaires contre le blanchiment dâargent, ici Ă la Maison dâArrĂȘt de Fresnes, durant de longues heures. DĂ©position que jâavais souhaitĂ©e pour Ă©clairer les parlementaires sur la perversitĂ© de nos institutions.
A la suite du compte-rendu que me transmis Monsieur Vincent PEILLON, la seule rĂ©action fut celle de mon avocat, MaĂźtre Pech de Laclause qui mâĂ©crivait le 10 octobre 2000 :
« Enfin sâagissant de votre audition par la mission parlementaire sur le blanchiment dâargent, je vous remercie de bien vouloir mâadresser une copie du compte-rendu que vous a transmis Monsieur PEILLON, le 15 septembre 2000. Je me permets dâattirer votre attention sur la nĂ©cessaire prudence dont vous devez faire preuve Ă cet Ă©gard puisque vos dĂ©clarations ne vous mettent pas Ă lâabri de poursuites judiciaires.
Aussi, si vous souhaitez faire part de vos observations, comme son PrĂ©sident vous y invite, il serait utile de me soumettre ces observations prĂ©alablement, et ce dâautant que Monsieur MONTEBOURG ne mâa pas cachĂ© lâintĂ©rĂȘt quâil prĂȘtait Ă vos dĂ©clarations. Il ne faudrait donc pas que vous vous exposiez Ă un risque supplĂ©mentaire qui nâengendrerait que des complications.
Si vous en ĂȘtes dâaccord, je vous propose donc dâĂ©crire Ă Monsieur PEILLON pour lui dire que je suis votre avocat et quâil faut donc mâaviser prĂ©alablement des utilisations qui pourraient ĂȘtre faites de votre tĂ©moignage ainsi que des nouvelles auditions quâil souhaitait organiser Ă lâavenir. »
Il est particuliĂšrement invraisemblable que moi, lâagent infiltrĂ© NS 55, je nâai pu dĂ©clarer officiellement contre des officines basĂ©es au Liechtenstein et contre des grandes banques Ă©trangĂšres (ABN Amro, Barclays Bank, Westminster Abbay, Banco Atlantico, etc…) du seul fait que la justice mâaurait poursuivi, moi…lâaviseur NS 55 de la DNRED.
En conclusion, supprimer lâusage de produits hallucinogĂšnes qui sont consommĂ©es depuis la nuit des temps nâest pas encore prĂ©vu pour demain, surtout avec les mĂ©thodes employĂ©es jusquâalors. Faire en sorte que les politiques menĂ©es deviennent enfin rĂ©alistes et efficaces est la prioritĂ© absolue.
Je vous remercie du temps que vous consacrerez Ă la lecture de ce courrier et jâai le regret de constater quâĂ ce jour, hormis lâintĂ©rĂȘt que mâa portĂ© Madame PIERRARD, le Juge dâapplication des peines de Fresnes qui envisage de me prĂ©senter devant le TAP (Tribunal dâapplication des peines) pour une Ă©ventuelle libĂ©ration conditionnelle, je nâai pas encore pu vĂ©rifier que les services rendus Ă la France mâaient permis de bĂ©nĂ©ficier dâune accĂ©lĂ©ration rĂ©elle du traitement de ma situation, alors que du seul fait de lâapplication des textes aujourdâhui en vigueur, jâaurais pu dĂ©jĂ ĂȘtre libĂ©rĂ©.
Ce 14 avril, je suis toujours en grĂšve de la faim, puisque câest la seule action rĂ©active que tolĂšre le C.P.P.
LâAdministration PĂ©nitentiaire, quant Ă elle, aprĂšs avoir refusĂ© depuis 20 mois toutes les demandes de visite des chercheurs du CNRS, chargĂ©s dâune recherche sur les stratĂ©gies nationales et transnationales des organisations criminelles françaises sous lâĂ©gide de lâI.H.E.S.I. sous la direction de Michel SCHIRAY, Directeur de recherches au CNRS-CIRAD/EHESS, saisit toutes les lettres des journalistes qui mâĂ©crivent… et sublime dans des procĂ©dures obscures, sâappuyant sur des textes qui ne sâappliquent mĂȘme pas Ă la situation !
Comment positiver aprĂšs tout cela ?
Je vous prie, Monsieur le Ministre du Budget, de bien vouloir accepter mes sincÚres et respectueuses salutations. »
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