Pour l’accusation, l’enjeu est de prouver à la cour que tous se connaissaient, plus ou moins, ou se sont connus à un moment donné.
Et que chacun a mis sa compétence, ponctuellement, au service d’un trafic de drogue.
Pour la défense, à part pour les amis d’enfance ou les relations de travail, personne ne se connaît.
Certains accusés évitent même soigneusement de se parler alors que les rancoeurs sont au bord des lèvres. Seul Alain Castany semble les mettre d’accord.
« J’étais en milieu hostile »
Mais le président Tournier est chiffoné par des détails. « Pourquoi ces consultations sur internet le jour du départ de Quito ? », interroge-t-il un des deux pilotes.
Le 4 mars 2013, jour du deuxième vol, Pascal Fauret avait consulté des sites sur la drogue et la justice en Équateur. « Quand j’ai appris la destination que je ne connaissais pas, on m’a dépeint un tableau noir. J’y ai pas trop cru alors j’ai regardé avec mon ordi », explique-t-il.

« S’ils sont coupables, ça prouve leur stupidité », ironise leur avocat Me Dupont-Moretti, dont le souci est de faire tomber « la bande organisée » en démontrant que les liens avec Castany et le porteur de valises, Nicolas Pisapia, n’étaient que professionnels. « Pourquoi les avoir laissés à Punta Cana lors de votre fuite ? », tente l’avocat. « Avant le 19 mars (jour de l’arrestation, Ndlr), j’appréciais Castany comme un sympathique compagnon d’escale. Une fois en cellule avec lui, j’ai découvertun homme égocentré. J’ai acquis la conviction qu’il n’était pas pour rien dans notre malheur », affirme le pilote.
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Jacques Brablé, directeur régional des douanes. (à droite)