Madame la directrice gĂ©nĂ©rale de la Douane française Isabelle Braun-Lemaire sera-t-elle comme son prĂ©dĂ©cesseur lointain l’Ă©narque – IGF François Auvigne et tous ses successeurs qui ont refusĂ© dâassumer les engagements pris par l’administration qu’elle dirige ?
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En France, dans la bibliothÚque du Sénat
Elise Lucet :
InvitĂ© de PiĂšces Ă conviction, Michel Charasse, bonsoir…
Michel Charasse :
Bonsoir.
Elise Lucet :
Vous ĂȘtes l’ancien ministre du budget de 1988 Ă 1992 et sĂ©nateur du Puy de dĂŽme, c’est la raison pour laquelle, nous sommes exceptionnellement au SĂ©nat pour rĂ©aliser cet interview…Euh, vous ne souhaitez pas parler de, de l’affaire Marc Fievet…Est-ce que je peux vous demander quels Ă©taient vos rapports, lorsque vous Ă©tiez ministre du budget avec ces aviseurs, je crois que vous avez souhaitĂ© les rencontrer, pourquoi ?
Michel Charasse : Lorsque je suis arrivĂ© au ministĂšre du budget en mai…juin 88 , l’administration des douanes dont l’une des fonctions importantes est de lutter contre tous les trafics …de drogue, d’argent, euh, contre-façon..etc. prenaient par an Ă peu prĂšs 5 tonnes de drogue. Lorsque j’ai quittĂ© le ministĂšre le 2 octobre 1992, nous Ă©tions Ă 35 tonnes par an. C’est Ă dire multiplier par 5, par 7 pardon…
Elise Lucet : Ouais !
Michel Charasse : En, en un peu plus de quatre ans………..Vous pensez bien que tout ceci a nĂ©cessitĂ© une organisation
Elise Lucet :Honhon !
Michel Charasse : Ou une rĂ©u.. Ou .une rĂ©organisation….Bien entendu ce n’est pas moi qui est tout inventĂ©, mais j’ai donnĂ© Ă la douane beaucoup de moyens…avec l’argent du contribuable, pour en faire une vĂ©ritable arme contre les trafiquants et notamment les trafiquants de drogues…
Elise Lucet : Et parmi ces armes, il y avait les aviseurs
Michel Charasse : Et parmi ces armes il y avait la collecte de renseignement et dans l’ensemble des renseignements, il y avait bien entendu les renseignements fournis par les aviseurs…
Elise Lucet : Beaucoup ?
Michel Charasse : Des aviseurs plus nombreux, mieux organisĂ©s, des relais mieux organisĂ©s par l’intermĂ©diaire des , des, des correspondants que la douane pouvait avoir Ă l’Ă©tranger sous couverture planquĂ©e ou officielle, attachĂ©s douaniers dans les ambassades etc. etc…Donc bien entendu, on a dĂ» beaucoup, enfin beaucoup a Ă©tĂ© dĂ» aux renseignements…
Elise Lucet : Ouais !
Michel Charasse : Et c’est d’ailleursparce que l’affaire a pris une ampleur importante pendant le temps oĂč j’Ă©tais au ministĂšre, en particulier avec la technique de ce que l’on appelle les livraisons contrĂŽlĂ©es, c’est Ă dire l’infiltration de nos aviseurs ou quelques fois de douaniers d’ ailleurs, dans les rĂ©seaux de drogue …
Elise Lucet : Ouais !
Michel Charasse : Et de fonctionnaires donc, de la douane, dans les rĂ©seaux de drogue..Euh, qui a conduit Ă … justement un incident grave. ..Euh…entre 90 et 92, qui s’est retrouvĂ© devant le tribunal de Dijon, puisqu’Ă l’Ă©poque la lĂ©gislation française n’autorisait pas la livraison contrĂŽlĂ©e,…le code pĂ©nal
Elise Lucet : Vous parlez des quatre douaniers qui ont été incarcérés.
Michel Charasse : VoilĂ , donc il y a eu l’affaire de Dijon et ces douaniers ont failli ĂȘtre condamnĂ© et ..euh, ils ne l’ont pas Ă©tĂ© que parce que d’une part j’ai fait voter la lĂ©galisation des livraisons contrĂŽlĂ©es….Comme je l’ai dĂ©clarĂ© un jour, on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre,
Elise Lucet : Oui
Miche Charasse : Quand on fait la guerre on fait la guerre…
Elise Lucet : Ouais…
Michel Charasse :On ne fait pas la guerre avec le, avec le code pénal dans la poche ou avec des priÚres ou la bible ou le portrait de Mahomet.
Elise Lucet ; Donc si on veut coincer des trafiquants, il faut utiliser leurs méthodes !
Miche Charasse : Donc, trĂšs bien euh…Il faut utiliser leurs mĂ©thodes, il faut aller les chercher lĂ oĂč ils sont.
Elise Lucet : Honhon.
Michel Charasse : Vous savez ce sont des tueurs, je parle pas du petit, du petit merdeux, du petit dealer, du pauvre gamin…
Elise Lucet : Non, non, on parle des Locatelli, des gens comme ceux qu’on a vu dans le reportage.
Michel Charasse : Etc… je parle, voilĂ , des gros. Ce sont des tueurs ! Par consĂ©quent, on va pas attraper les tueurs en leur rĂ©citant des cantiques.
Elise Lucet : Alors, on en vient Ă la situation actuelle, si vous le voulez bien…
Michel Charasse : On tire d’abord et on discute aprĂšs……………………….
Elise Lucet :……………….Euh, on va en venir Ă la situation actuelle si vous le voulez bien…
Michel Charasse : J’ai sur ce plan lĂ , quand on a affaire Ă des tueurs, une notion de l’Etat de droit qui est assez flexible…
Elise Lucet :.Michel Charasse, pour terminer, on a bien compris que vous ne vouliez pas parler du dossier de Fievet, mais est-ce qu’il y a en France … des aviseurs de la douane et lĂ je parle pas forcĂ©ment du moment oĂč vous, vous y Ă©tiez, qu’on a laissĂ© tomber…
Michel Charasse : ……………..A mon Ă©poque, je n’ai pas entendu dire qu’on avait laissĂ© tomber qui que ce soit…
Elise Lucet : Donc, on laisse pas tomber les aviseurs ?
Michel Charasse :………Mais, on laisse tomber personne …Il faut laisser tomber personne. Lorsque vous ĂȘtes engagĂ© dans une bataille….Euh, et ben…Euh…Euh, vous faites le nĂ©cessaire pour sauver tous vos soldats…
Elise Lucet : C’est pas ce que Fievet a l’air de penser…
Michel Charasse : (6 secondes de silence).Chacun pense ce qu’il veut, moi je vous dis simplement que quand on voit les rĂ©sultats qu’on voit, il faut bien que…euh, l’administration des douanes soit soutenue par son ministre et qu’elle soutienne tous ceux qui collaborent, fonctionnaires ou non Ă ses activitĂ©s.
Elise Lucet : Michel Charasse, merci d’avoir rĂ©pondu Ă nos questions.
La preuve par l’image:
Quelques années plus tard:

