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Avions, bateaux, et aujourd’hui camions : car les trafiquants brésiliens jouent depuis toujours sur les trois moyens de transport, les derniers sillonnant à toute vitesse le pays sur des routes pas encore toutes macadamisées, le plus souvent tirant derrière eux des containers, approvisionnés en coke par les avions et déposés tels quels ensuite sur d’immenses cargos… direction l’Europe, avec Anvers en point de mire principal. Au travers du pays, c’est tout une cohorte de petits appareils qui approvisionnent, et qui s’écrasent, avec un régularité de métronome, trop lourdement chargés la plupart du temps…
Les transporteurs : le pays était sillonné par des camions de coke !
L’homme d’affaires de Pernambouc Valter Paixão Félix dos Santos a été arrêté depuis par la police fédérale. C’est le propriétaire du transporteur Avant Times (ou Avantt) Transportes de Cargas. « A côté de lui, le blog de la police a confirmé l’arrestation d’Antônio Gilson Ramalho, propriétaire des publications GR. « Valter dos Santos est considéré comme l’une des cibles principales et la deuxième dans la hiérarchie de la branche Pernambouc d’ORCRIM. Selon des sources de PF, son arrestation était une véritable «opération de guerre», avec des véhicules de police entourant tout son immeuble à Boa Viagem. Les habitants se sont même réveillés, effrayés par le mouvement. Sa société de fret, avec une succursale à São Paulo, était chargée de transporter la drogue vers la capitale de Pernambouc, puis de l’envoyer en Europe, de préférence en utilisant le port de Natal, moins visé par la police. L’entreprise millionnaire impliquait deux autres gangs ».
Ce n’est pas la seule entreprise de camions qui est accusée !!! Lui transportait la drogue vers la capitale de Pernambouc, puis l’envoyait en Europe, de préférence en utilisant le port de Natal; les autres par Recife ou Pernambouc : les camions sillonnaient en tout cas le pays tous chargés de coke ! Problème pour les enquêteurs pour retrouver tout ça : les kilos de coke étaient le plus souvent dissimulés dans des containers réfrigérés (comme ici à droite avec leur moteur incorporé), car ils transportaient surtout des fruits!
La puissante et méconnue Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) va désormais être pilotée par un homme extérieur à la maison, qui plus est âgé de seulement 34 ans: Florian Colas, qui était jusqu’alors directeur de cabinet du ministre délégué chargé des Comptes publics, Olivier Dussopt. Le poste est ultrasensible, la DNRED fait partie du premier cercle des services de renseignement au même titre que la DGSE ou la DGSI. Autant dire qu’il est attendu de pied ferme par les gabelous, passablement surpris de voir débarquer un novice.
Originaire du Var, diplômé de Sciences Po et de l’ENA, Florian Colas est sorti deuxième de sa promo en 2012, derrière Damien Ientile, qui le remplace auprès d’Olivier Dussopt. Il a ensuite rejoint l’Inspection générale des finances (IGF) où il a notamment réalisé un audit du contrôle fiscal des entreprises. Puis, il a fait une pige de quelques mois comme chargé d’affaires chez Wendel. C’est en 2017 qu’il a été recruté à Bercy, d’abord comme conseiller fiscalité du ministre Gérald Darmanin, s’occupant surtout de la mise en œuvre du prélèvement à la source. Avant de devenir directeur adjoint du cabinet puis le bras droit d’Olivier Dussopt en juillet 2020.
Un poste ultrasensible
A la DNRED, il remplace Corinne Cléostrate, première femme à la tête de la direction, en poste depuis 2017.
« J’aspirais à des fonctions plus opérationnelles et managériales après quatre ans de cabinet. »
Il va désormais se retrouver à la tête d’une grosse maison de 790 agents. Basée à Ivry-sur-Seine, la direction, dont les origines remontent aux années 1930, est le service d’élite des douanes, chargé de lutter contre les trafics internationaux (drogue, cigarettes, contrefaçons), liés à la criminalité organisée voire au financement du terrorisme.
Au sein de la DNRED, le gros des troupes se concentre à la Direction des opérations douanières (DOD), créée en 2005 et dotée de douze antennes régionales. Écoutes, filatures, infiltrations, recours à des informateurs, dénommés « aviseurs »…. La DOD est, en quelque sorte, l’équivalent du « service action » de la DGSE. Son patron, Cyrille Cohen, en place depuis 2017, est lui aussi sur le départ. Selon nos informations, Franck Lacroix, le patron des douanes de Paris, serait en pole position pour le remplacer.
Les douaniers râlent
Avec sa nomination, Florian Colas va être promu au grade d’administrateur général des douanes, qui n’en comptent qu’une dizaine. « D’habitude, ce type de poste est réservé à des vieux de la vieille, peste un cadre. C’est un bâton de maréchal pour des douaniers en fin de carrière, ayant plusieurs décennies d’expérience dans différents services et sur le terrain. »
Corinne Cléostrate avait ainsi presque quarante ans de maison. L’arrivée de Florian Colas fait donc grincer des dents d’autant qu’elle intervient après celle d’un autre non douanier, Ronan Boillot, à la direction nationale des garde-côtes.
L’inspecteur des finances rétorque qu’il a déjà une certaine connaissance du sujet. « Je suivais les comptes-rendus opérationnels et les travaux de la DNRED et je portais les intérêts des douanes dans les réunions interministérielles. Cela m’a permis de voir quelles productions ont le plus d’échos auprès de nos autorités politiques. »
Un poste d’adjoint va tout de même être créé
Trois noms de douaniers expérimentés, passés par la DNRED, circulent en interne: Michaël Lachaux, directeur interrégional adjoint Bourgogne-Franche-Comté-Centre Val de Loire, Yann Tanguy, attaché douanier au Maroc, ou encore Philippe Marnat directeur régional pour les départements de l’Aisne, de la Somme et de l’Oise.
Florian Colas souhaite conserver le double ancrage de la DNRED au sein de la douane et de la communauté du renseignement. Pas question de suivre l’exemple de la DGSI, qui a été sortie du périmètre de la police nationale. L’une de ses priorités sera de maintenir un haut niveau de compétence dans les nouvelles technologies.
L’unité Cyberdouane s’est ainsi distinguée, en 2019, en démantelant la plateforme d’échanges illégaux French Deep Web-Market, sur laquelle étaient commercialisés des armes, des stupéfiants et des faux-papiers.
Affaires judiciaires
« Je compte aussi poursuivre le travail de refondation mené par Corinne Cléostrate pour assurer la robustesse des processus métier, protéger les agents et la réputation de la maison. »
Jean-Paul Garcia
Une allusion prudente aux affaires judiciaires qui ont fortement secoué la maison. L’an passé, six hauts gradés ont été renvoyés en correctionnelle dont Jean-Paul Garcia, ex-patron de la DNRED, pour « détournement de fonds publics par négligence ».
Toute cette affaire étant le résultat des actions d’Erwan Guilmin, directeur de la DOD. Lire
Un ancien responsable de l’antenne de la DOD au Havre, est même poursuivi pour corruption et blanchiment. Il est accusé d’avoir facilité les trafics de son indic’, un ancien parachutiste de l’armée serbe, en échange de tuyaux permettant de réaliser des saisies records.
Enfin, certains en interne s’inquiètent de possibles conflits d’intérêt liés aux fonctions de l’épouse de Florian Colas. Morgane Weill, connue sur les bancs de l’ENA et de l’IGF, est aujourd’hui directrice de la stratégie chez Carrefour et membre du comité exécutif. Un groupe dont les opérations sont bien sûr régulièrement contrôlées par les douanes. « Pendant mes quatre ans au cabinet, je me suis toujours déporté des sujets relatifs à Carrefour, cela sera aussi le cas dans mes nouvelles fonctions« , assure Florian Colas.