Aviseur International renseigne, sans complaisance, sur la problématique de la drogue, du narcotrafic, de la corruption et sur les politiques mises en œuvre par les différents Etats et les dérives que s'autorisent les fonctionnaires des administrations — aviseurinternational@proton.me — 33 (0) 6 84 30 31 81
63 kilos d’héroïne et 32 kilos de cocaïne dans un camion chargé de chocolats belges.
Le camion, immatriculé en Pologne, devait amener le chocolat belge à Maidstone, dans le Kent. Il a été arrêté le 12 août au tunnel sous la Manche par les agents douaniers britanniques.
Le conducteur, un Irlandais âgé de 64 ans, a été inculpé pour tentative d’importation de drogue.
A lorry driver has been charged following the seizure of cocaine and heroin worth £5.7 million.
Irish national 64-year-old Robert Wilkin, now living near Tilbury in Essex, was questioned by officers from the National Crime Agency after his lorry was stopped at the Coquelles Channel Tunnel terminal on 12 August.
Wilkin’s Polish-registered truck was carrying a load of Belgian chocolates, which documents showed he was due to deliver to a location in Maidstone, Kent.
But hidden in two pallets of the chocolates Border Force officers discovered tape wrapped packages.
In total 63 kilos of heroin and 32 kilos of cocaine were seized, which once cut and adulterated would have been worth more than £5.7 million at street level.
NCA officers later charged Wilkin with attempting to import class A drugs.
He appeared before Folkestone magistrates on 14 August where he was bailed to appear before Canterbury Crown Court on 13 September.
NCA Branch Commander Martin Grace said:
“This was a significant seizure of class A drugs of the type we see being distributed by violent and exploitative street gangs and county lines networks.
“Working with our law enforcement partners like Border Force we are determined to do all we can to disrupt and dismantle the organised crime groups involved in bringing these drugs to the UK.”
« La drogue est un incendie qui couve à peu près partout sur le territoire« , estime le journaliste Frédéric Ploquin qui conclut cet interview par : « En dehors du fait de multiplier les policiers, il faut essayer d’offrir aussi à cette jeunesse une autre porte de sortie que de ressembler à Scarface, et de gagner beaucoup d’argent pour avoir des filles, des fringues et la belle vie. Ce n’est pas ça la vie. On le voit bien, c’est même la mort. »
Segundo a PF, droga estava no tanque de combustível, por isso, foi necessário o auxílio de cães farejadores, uso do scanner da Receita Federal e trabalho dos bombeiros.
Raffaele Imperiale (46 ans), patron de l’organisation Camorra basée à Naples, était recherché par les autorités italiennes pour purger une peine de huit ans pour trafic de drogue.
Lors de leur première conférence de presse mardi, leur porte-parole, Zabihullah Mujahid, a affirmé que les nouvelles autorités ne transformeraient pas le premier producteur mondial d’opium en un véritable narco-État.
« Nous assurons à nos compatriotes et à la communauté internationale que nous ne produirons pas de stupéfiants« , a déclaré Mujahid à Kaboul.
« À partir de maintenant, personne ne sera impliqué (dans le commerce de l’héroïne), personne ne pourra être impliqué dans la contrebande de drogue« , a-t-il ajouté.
Reste à confirmer!
Souvenons-nous que les Talibans avaient tenté d’éradiquer les champs de pavot en édictant une fatwa en ce sens en juillet 2000. La production avait alors chuté de 90%.
Vingt ans après leur départ, les Talibans reprennent le contrôle d’un pays où la culture du pavot a représenté en 2017 près d’un tiers du PIB national.
C’est une autre facette de l’échec américain. Déterminés à éradiquer la culture du pavot, les Etats-Unis laissent derrière eux un Etat afghan plus dépendant que jamais à l’opium, le latex dont on tire l’héroïne.
Les douaniers turcs ont saisi lundi plus de quatre tonnes de substances utilisées dans la production de drogue à l’aéroport d’Istanbul, a rapporté le journal BirGün .
Les substances, signalées comme « amphétamine » et « méthamphétamine », ont été découvertes à l’intérieur d’une cargaison en transit à destination des Pays-Bas en provenance de Hong Kong, a déclaré BirGün.
En 1972, l’universitaire américain Alfred McCoy, professeur à l’université du Wisconsin, publiait un ouvrage désormais classique: La politique de l’héroïne en Asie du Sud-Est. Il y étudiait dans la (longue) durée le trafic des opiacés dans cette région du monde, pointant les relations troubles de pouvoir entre États, agences de renseignement (notamment la CIA), armées régulières, guérillas, contrebandiers, confréries mafieuses et populations traditionnelles, tous pris dans la nasse de la guerre froide. En s’appuyant en partie sur McCoy et sur d’autres travaux, retraçons ici la géopolitique de cette région-clé dans le trafic international d’opiacés, dont l’âge d’or fut les années 1960-1980.
L’opium a une vieille histoire en Asie du Sud-Est. Les populations Hmongs (ou Méos) des régions montagneuses du Laos, de Thaïlande ou du Vietnam, ou encore les communautés chinoises du Yunnan, cultivent traditionnellement le pavot depuis des siècles. Mais les premiers acteurs géopolitiques qui firent de cette région du monde un foyer majeur du trafic de stupéfiants furent les États. Au XIXe siècle, les Britanniques inondèrent l’Empire de Chine d’opium indien à la suite de deux guerres authentiquement impérialistes (1839-1842, 1856-1860), afin d’ouvrir un juteux marché les armes à la main. Dès lors, l’économie de l’opium fut au cœur des empires coloniaux qui se mirent en place au XIXe siècle. Dès la conquête de l’Annam et du Tonkin, les colons français du Second Empire puis de la IIIe République comprirent le profit qu’ils pouvaient tirer de la culture et de la vente de l’opium. D’une «ferme de l’opium» mise en place dans les années 1860, l’administration coloniale mit en place en 1881 le régime de la Régie directe, en situation de monopole. Une manufacture d’opium fut installée à Saigon, raffinant de l’opium acheté principalement aux Indes (et non dans les régions périphériques du pays), à destination des pharmacies mais aussi des fumeries. Au début du XXe siècle, un quart des recettes dans le budget de l’Indochine, soit environ 8 millions de piastres, provenait de la vente d’opium à prix fixé par la Régie1. Ailleurs, les colonisateurs établirent le même type de régime, comme les Néerlandais en Indonésie, ou privilégièrent la libre concurrence des compagnies d’opium, comme les Britanniques à partir de leurs concessions chinoises. Le gâteau chinois était aussi partagé par les Français qui jouirent, entre 1898 et 1945, de la possession d’un petit territoire côtier, Kouang-Tchéou Wan ou Fort Bayard. À partir de 1914, l’administration française y créa une petite Régie, raffinant l’opium et le vendant à des intermédiaires commerciaux (y compris des contrebandiers chinois) pour l’exporter vers la Chine continentale2.
Cependant, cette économie florissante se retrouvait en porte-à-faux avec le système des conventions internationales, institué à la conférence de La Haye en 1911, perfectionné après la Grande Guerre sous l’égide de la Société des Nations (SDN)3. La catastrophe sanitaire de l’opiomanie en Chine fournissait les images de décadence pointées par les ligues de vertus en Europe et aux États-Unis. Mais toutes les administrations coloniales violèrent hypocritement, pendant des années encore, la prohibition internationale. Le profit était trop important: en Indochine française, par exemple, les recettes des ventes d’opium passèrent à 30 millions de piastres dans l’entre-deux-guerres. Le Japon eut une trajectoire différente, imitant les méthodes des Européens: il raffina industriellement de l’opium cultivé massivement dans le protectorat du Mandchoukouo, en injectant une grande partie dans la contrebande internationale. La SDN considérait en 1937 que 90% des opiacés illicites vendus dans le monde venait des Japonais. Le Japon dissimula à Genève la production de plus de sept tonnes d’héroïne dans les années 1930 et se lança jusqu’à la fin de la guerre dans une politique d’intoxication des populations occupées aussi bien en Chine qu’en Corée4. Il fallut la guerre et la décolonisation pour mettre un terme à ces économies semi-légales. L’ONU se chargea de rappeler après-guerre les règles du contrôle des stupéfiants au Japon vaincu. En 1949, la Chine devint communiste et Mao lança une véritable guerre à la drogue, assimilée à un poison déversé sciemment par les colonisateurs occidentaux. Cependant, au début des années 1960, les Américains soupçonnaient la persistance de cultures clandestines dans la province du Yunnan, avec la complicité des autorités, malgré le discours antidrogue de Pékin. De grosses quantités d’opium auraient franchi la frontière sino-birmane ou sino-thaïlandaise, leur vente servant à financer, par des revenus occultes, le parti communiste chinois. Pour transformer cet opium, des laboratoires clandestins fonctionnaient à Hong Kong, en Thaïlande, à Singapour, au Laos ou encore à Macao, et utilisaient depuis les années 1950 une main d’œuvre essentiellement composée de Chinois, dont la diaspora avait historiquement essaimé dans toute l’Asie du SudEst5. Enfin, toute activité de production légale d’opium cessa en Indochine à l’indépendance en 1954, mais la contrebande régionale survécut.
Armées, agences de renseignements et contrebandiers au temps des guerres indochinoises
Après les États, la géopolitique de la drogue fut aussi façonnée par les armées et surtout les agences de renseignements («l’État profond») qui participèrent à leur manière à l’effort de guerre, sachant que la péninsule indochinoise fut ensanglantée pendant presque trente ans. Pendant la guerre d’Indochine, le Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE), autrement dit le contre-espionnage français, encouragea la culture du pavot par les Hmongs et les Thaïs des montagnes du nord et organisa son transport et sa revente, ramenant ensuite les fonds récoltés aux producteurs. Les commissions prélevées permirent de financer une partie des opérations militaires. Cette «Opération X» fut découverte en 1953 à la suite d’irrégularités comptables pointées par un officier trésorier du Groupement de commandos mixtes aéroportés (GCMA), émanation du SDECE créée en 1951. Elle dévoilait les responsabilités du général Salan, de l’armée régulière, et du colonel Belleux, du SDECE. Un avion Dakota avait transporté 1,5 tonne d’opium depuis le Laos en janvier 1953, marchandise ensuite stockée dans les locaux du GCMA à Saigon. L’opium était ensuite confié pour la revente locale et internationale aux Bihn Xuyen, confrérie criminelle de Cochinchine dont le quartier général, la salle de jeux du «Grand Monde», était basé à Saigon et dont le chef, le parrain de la pègre Le Van Vien, était un ancien révolutionnaire qui s’était désolidarisé du Vietminh. Alfred McCoy fut l’un des premiers à évoquer cette trouble affaire dans son ouvrage de 1972, sur laquelle d’autres historiens ont travaillé depuis6.
En réalité, utiliser les ressources de la drogue pour financer un conflit n’avait rien d’exceptionnel, et l’Armée populaire du Vietminh ne se gênait pas pour faire de même de son côté, sur des surfaces bien plus conséquentes. Le financement des forces françaises par ce biais demeurait modeste: le trafic de piastres avait dans le même temps rapporté bien plus. Il s’agissait avant tout de s’attacher les populations montagnardes, opposées aux ethnies annamites constituant le Vietminh, afin d’obtenir des renseignements dans une zone stratégique, non loin de la frontière chinoise, puis de créer des maquis chargés de prendre à revers les forces d’Ho Chi Minh. Après la découverte du pot-aux-roses, le GCMA proposa de faire transiter les cargaisons par Bangkok mais Paris n’écoutait plus et le trafic fut stoppé net.
En 1954, tous les Français ne quittèrent pas l’Indochine. Des contrebandiers-aventuriers restés à Saigon, à Ventiane ou à Phnom-Penh, reprirent le flambeau du commerce informel de l’opium, mais aussi de la morphine et de l’héroïne, produits par les laboratoires clandestins de la région. Ils se dissimulaient derrière la façade d’hôtels, de restaurants ou de sociétés de transports, tel un certain Roger Lasen propriétaire et exploitant de la bijouterie Mondia de Ventiane ou Henri Flamant lançant à Bangkok une affaire de produits alimentaires congelés. Parmi eux, on trouvait de nombreux Corses. Ils pouvaient aussi s’appuyer sur la corruption des administrations de ces pays, jeunes et encore fragiles (hormis la Thaïlande), parmi les hauts dignitaires de l’armée ou du gouvernement. Les trafiquants décidèrent à partir de 1962 d’abandonner la voie terrestre pour recourir au transport aérien, moins risqué. Avec la complicité de certains employés de la compagnie Air Lao, des lâchers d’opium, empaqueté dans des boîtes de conserve enveloppées de mousse, furent organisés par Dakotas au-dessus de la mer de Siam. La marchandise était ensuite récupérée par des bateaux de pêche mettant le cap vers Hong Kong ou Singapour. D’autres lâchers avaient lieu au-dessus du Sud Vietnam, rongé par la guérilla révolutionnaire, et dont les autorités, particulièrement corrompues, cherchaient à financer le conflit en faisant flèche de tout bois. Ainsi, l’organisation de Roger Lasen avait passé un accord avec le vice-président du Sud Vietnam, le général N’guyen Cao Ky, afin d’utiliser les aéroports militaires du pays. Cet accord tacite n’empêchait cependant pas les officiers sud-vietnamiens de procéder à des saisies arbitraires sur des appareils pilotés par des militaires laotiens. D’autres lâchers, enfin, étaient effectués dans les hautes montagnes, avec la complicité du général Ouan Rattikoun, chef d’état-major de l’armée laotienne. Ce dernier fournissait aux trafiquants la protection de ses troupes: les avions chargés de stupéfiants atterrissaient sur des bases où le personnel de l’armée les déchargeait. Si un pilote devait atterrir à l’étranger, comme en Thaïlande, l’état-major laotien exerçait des pressions pour le faire libérer. Mais, avec le début de l’intervention militaire américaine au Vietnam en 1964, le survol de la région devint plus risqué: radars et canons antiaériens abattirent plusieurs avions chargés en opium et morphine-base7.
C’est alors que les services de renseignement américains rentrèrent en scène en reprenant l’habitude des collaborations troubles de leurs collègues français.
Recueillant nombre de témoignages au Laos, c’est ce que démontra Alfred McCoy dans son ouvrage en 1972. La compagnie aérienne Air America, utilisée par la CIA pour ses opérations clandestines en Asie depuis 1946 (soutien aux nationalistes chinois, puis aux forces anticommunistes d’Indochine), transportant déjà des marchandises de ravitaillement, fut mobilisée pour acheminer… de l’opium cultivé par les Hmongs et les Thaïs. Les buts de guerre étaient les mêmes que dix ans plus tôt: s’assurer du soutien des maquis Hmong contre le Nord-Vietnam et pouvoir compter sur de brillants meneurs d’hommes comme le général Vang Pao. Le trafic ainsi mis en place dura de 1965 à 1971. Mais il fut lourd d’effets pervers: produit à hauteur de 200 tonnes annuelles, l’opium était raffiné en héroïne dans des laboratoires clandestins de Ventiane ou de Long Tien, sous le couvert de généraux laotiens comme Rattikoun. Puis le produit se retrouva dans les veines des soldats américains en mal de paradis artificiels dans l’enfer de la jungle8. Ces opérations secrètes de la CIA cessèrent (curieusement…) l’année même où le président Nixon lançait aux États-Unis la «guerre à la drogue». Pour autant, l’agence continua d’un autre côté de soutenir le gouvernement thaïlandais, farouchement anticommuniste, fermant les yeux sur l’implication de certains militaires dans le trafic des opiacés.
Guérillas, pouvoirs corrompus et contrebandiers: la genèse du «triangle d’or»
Au début des années 1970, ressources en pavot, pouvoir corrompu et réseaux de contrebandiers faisaient la fortune du Laos dans le trafic d’héroïne en Asie du Sud-Est. Par exemple, un rapport franco-américain sur cette question, en 1971, indiquait que «Georges Campello, patron de bar français à Vientiane, un certain Michel Théodas, le général Kouprasith Abbhay, commandant de l’armée à Vientiane ont réussi à introduire en France de grandes quantités de stupéfiants dans les bagages du Premier ministre du Laos, Souvanna Phouma. Pour la contrebande de ces drogues, ces trafiquants utilisent les bagages diplomatiques, le personnel de la mission culturelle française et les membres de la mission militaire française au Laos. En retournant chez lui en France, chaque membre de cette mission a droit à 350 kg de bagages, avec le privilège d’être étiquetés diplomatiques, pouvant servir au transport de stupéfiants»9. L’utilisation de valises diplomatiques (et la corruption permettant d’accéder à ce type de contenant) est un moyen classique du grand trafic… Tandis que les notables français de l’ex-Indochine jouaient toujours un rôle prépondérant, tel un certain Michel Théodas, évoqué ci-dessus. Notable très en vue à Vientiane, directeur de la Société générale d’exploitation hôtelière et touristique du Laos entre 1963 et 1976, délégué au Conseil supérieur des Français de l’étranger entre 1967 et 1970, il assura, durant cette période, la vice-présidence du Rotary Club. Proche du ministère des Affaires étrangères laotien, il était en étroite relation avec Tiao Sopsaisana, ambassadeur du Laos en France et un dénommé Roger Zoile, trafiquant notoire et associé de la compagnie Lao Air Charter dont les cales servirent à la contrebande d’opiacés. En 1956, Théodas œuvrait pour le compte de la Mission officielle des États-Unis au Laos (USOM) et en utilisait les moyens pour amener des stupéfiants en contrebande à Saigon et à Hong Kong. Dans les années 1960, il usa de ses réseaux diplomatiques pour envoyer des opiacés dans le reste de l’Asie et même en Europe. Mais aucune enquête ne parvint à débusquer cet intouchable: «En 1968, le service de police en civil de Bangkok a enquêté sur la famille Théodas à l’ambassade française de Vientiane. On lui a répondu que la famille Théodas était au-dessus de tout soupçon et qu’elle était étroitement liée d’amitié avec le Premier ministre Souvanna Phouma.»10… En 1975, la prise du pouvoir par les communistes obligea Théodas à revenir en France mais il poursuivit ses activités de contrebandier. En 1977, la Direction de la surveillance du territoire (DST) identifiait l’un des restaurants asiatiques parisiens dont Théodas était désormais le gérant, le Hang Tcheou, comme un point de passage obligé dans la revente d’une héroïne en provenance d’Asie du Sud-Est11.
À partir de 1975, le régime communiste laotien, la réunification du Vietnam par le Vietminh et la tragédie des Khmers rouges au Cambodge entravèrent pour un temps la production d’opium. Mais un pays indochinois épargné par le péril rouge avait pris la relève: la Birmanie. Le pays n’était pas pour autant stable, ne connaissant que la junte militaire comme forme de gouvernement depuis 1962. Ce qui favorisait les cultures illicites dans les régions frontalières difficiles d’accès et la vente d’opium comme moyen de financer un autre type d’acteurs: les guérillas politiques. Dès la fin des années 1960, le gouvernement birman, afin de lutter contre des groupes ethniques dissidents et contre la présence de groupes armés du Kuomintang (KMT) chinois, chassés de Chine populaire depuis 1949, et contrôlant des régions entières de Birmanie, créa des milices d’autodéfense (KKY). Ces dernières furent autorisées à pratiquer la culture et le commerce de l’opium pour se financer. De son côté, le KMT avait mis en place, dans le même but, des cultures et des raffineries de morphine-base employant des Chinois de Hong Kong. De même, deux chinois de Birmanie, les frères Lo Hsing-Han et Lo Hsing-Minh, fondèrent l’Armée révolutionnaire de l’État Shan-ARES, mouvement sécessionniste en apparence, paravent d’un gigantesque trafic d’héroïne à l’échelle asiatique qui enrichit considérablement les frères Lo. La junte militaire finit par les laisser faire, l’ARES s’imposant comme un utile instrument de lutte contre la démultiplication des maquis communistes. Alliée à des reliquats du KMT, elle bénéficia de soutiens financiers de la part de la CIA, en échange de l’envoi d’agents en Chine «rouge». Même la Thaïlande aida en douce l’ARES, convaincue que son activité affaiblissait directement ou indirectement ses ennemis héréditaires birmans et chinois12.
De leur côté, dissoutes en 1973, les KKY ne rendirent pas les armes mais entrèrent à leur tour en dissidence contre le pouvoir central, à commencer derrière un certain Chan Shee-Fu, surnommé Khun Sa. Ce dernier s’imposa vite sur les couvertures de magazines occidentaux comme le terrible «Seigneur de l’opium», à la tête de la Shan United Army. Dans sa lutte contre le gouvernement de Rangoon, la production et le commerce du pavot constituaient aussi l’essentiel de son financement. Comprenant les potentialités du marché des GI englués au Vietnam, Kuhn Sa accrut sa production annuelle à 400 tonnes13. Mais le départ des Américains au mitan de la décennie l’obligea à trouver de nouveaux débouchés pour éviter la surproduction. Cependant, la réputation du «triangle d’or» (zone frontalière entre Birmanie, Laos et Thaïlande) était désormais faite: des trafiquants d’autres régions du monde vinrent directement s’approvisionner à la source, tel l’Américain Frank Lucas, le «parrain de Harlem», à qui Ridley Scott consacra un film en 2008 (American Gangster). L’héroïne partit donc directement vers l’Amérique du Nord. Dès 1973, les policiers canadiens constataient qu’une héroïne ayant transité par Hong Kong ou Bangkok entrait clandestinement via le port de Vancouver14. Puis ce fut le tour de l’Europe. En 1974, un passeur d’héroïne chinois fut interpellé dans un aéroport parisien: pour l’OCRTIS, la Chinese Connection était née, même si cette expression des policiers français était un peu trop simplificatrice.
Mondialisation du trafic: la Chinese Connection (1974-années 1980)
L’ouverture du triangle d’or vers le marché international était d’autant plus nécessaire que le Laos produisait à nouveau. Dès 1978, afin d’acheter la paix avec les populations Hmongs en sécession, l’État laotien reprit ses mauvaises habitudes en autorisant dans l’ombre: achat, raffinement et transport de l’opium cultivé dans les montagnes. La production, de 50 tonnes en 1984, passa à 250 tonnes en 1987, le pavot devenant la première ressource agricole du Laos15. De son côté, Kuhn Sa se vantait toujours d’une production en centaines de tonnes d’opium. En 1988, interviewé au cœur de la jungle birmane par le journaliste australien Stephen Rice, il proposa, goguenard, au gouvernement australien de lui acheter sa production des huit années à venir pour 50 millions de dollars, afin de mettre un terme au trafic international. Un an après, il narguait les États-Unis en proposant une offre similaire16.
Les laboratoires clandestins d’Asie diversifiaient également les héroïnes acheminées depuis le triangle d’or et proposées sur le marché clandestin à Bangkok, Kuala-Lumpur, Singapour et Hong Kong puis dans le reste du monde. Il y eut l’héroïne brune ou brown sugar, de piètre qualité, coupée à la strychnine ou à la caféine, destinée normalement à être fumée par les consommateurs de Hong Kong mais injectée par les toxicomanes en Europe et en Amérique. Il y eut aussi une héroïne blanche de très grande qualité, purifiée à l’éther après acétylisation: surnommée White China aux États-Unis, sa pureté avoisinait celle de la «marseillaise» de la French Connection. Enfin, au début des années 1980, on trouvait aussi une héroïne «rose» (dite «chinoise» en France) qu’il fallait s’injecter rapidement car elle gélifiait dans la cuillère17. La réexpédition de ces marchandises vers le monde occidental était le fait d’un autre type d’acteurs: les organisations criminelles, les mafias asiatiques étant de gigantesques réseaux transnationaux aux sociabilités très ritualisées et régnant sur le monde du jeu, de la prostitution et de la contrebande. La nouvelle filière internationale de l’héroïne asiatique fut donc dominée dès les années 1970 par les «triades» chinoises implantées dans les communautés chinoises extérieures à la République populaire de Chine: la 14 K, de loin la plus puissante, originaire de Canton, puis repliée sur Hong Kong ; la Ka Ki Nang, basée en Thaïlande ; la Gi Kin San, opérant depuis Singapour et la Sap Baat Chai, ou groupe des 18 Immortels, implantée en Malaisie. Les passeurs recrutés pouvaient être vietnamiens, cambodgiens, laotiens, malais, etc. Des relais, prenant appui sur les diasporas asiatiques, s’implantèrent partout dans le monde: en Europe, c’est aux Pays-Bas que les chefs de la 14 K, composés pour beaucoup de criminels en fuite s’installèrent pour réceptionner et distribuer la marchandise aux autres pays, tel Li Hin Hing, ancien policier de Hong Kong corrompu, devenu trafiquant et dirigeant une maison de jeux à Rotterdam18. Les largesses de la loi néerlandaise anti-opium de 1919 autorisaient les immigrés asiatiques à fumer l’opium dans leurs arrière-salles de boutiques, ou dans des fumeries semi-légales, à condition que ces consommateurs s’abstiennent de tout prosélytisme envers la jeunesse batave19. Le nouvel Opiumwet de 1976 revint sur ces libéralités mais la brèche avait été entrouverte, créant un appel d’air pour les trafiquants asiatiques quand il s’agit d’exporter les surplus du triangle d’or et répondre à la hausse de la demande en Europe. Enfin, n’oublions pas ces particuliers qui, en dehors de toute mafia, se rendirent massivement dans les années 1970-1980 en Thaïlande ou en Malaisie pour acheter de l’héroïne, brune ou blanche, et en ramener pour leurs proches: ce trafic de «fourmis» dépeint par Armand Lercot dans son roman autobiographique Les chiens de Bangkok (1982). Usager-revendeur parti à Bangkok, il se fit trafiquant amateur avant d’être arrêté en 1977 et de connaître pour quelques années les sordides établissements pénitentiaires du pays20.
La filière asiatique de l’héroïne s’essouffla à la fin des années 1980. Les pressions diplomatiques sur les pays producteurs avaient fini par payer: les autorités thaïlandaises appliquaient désormais de façon drastique l’interdiction des produits servant à transformer l’opium et contrôlaient mieux leur frontière au nord de Chiangmai ; le nombre de laboratoires clandestins de production d’héroïne décrut progressivement au Laos et au Cambodge21. Puis les Drug Lords birmans se rendirent: en 1992, Lo Hsing-Han se reconvertit officiellement en homme d’affaires, à la tête de l’Asia World Group, entre Rangoon et Singapour, continuant cependant son activité trafiquante en sous-main ; Khun Sa déposa les armes en 1996 en échange de la promesse de la junte militaire de ne pas être extradé vers les États-Unis. Surtout, le triangle d’or subit la forte concurrence du «croissant d’or», en Asie centrale, qui le supplanta définitivement dans les années 1990: l’Afghanistan est depuis le premier producteur mondial d’opium.
Pour autant, la géopolitique de la drogue en Asie du SudEst n’est pas un domaine forclos. Des guérillas et des mafias restent actives dans le triangle d’or et de nouveaux barons de la drogue, tel le sino-birman Wei Shao Kang, à la tête de la United Wa State Army, une nouvelle guérilla fédérant cette fois l’ethnie Wa, ont mis en place dès les années 1990 des laboratoires de drogues de synthèse. L’ecstasy et surtout la méthamphétamine (yaa baa), après avoir saturé le marché thaïlandais, déferlent désormais sur toute l’Asie…
Pour l’auteur de Gomorra, les nouveaux maîtres de Kaboul, qui fournissent toutes sortes de mafias et de cartels, tirent leur pouvoir du trafic de l’opium. Et les Occidentaux ont commis l’erreur de l’ignorer pendant vingt ans en Afghanistan, écrit-il dans le Corriere della Sera.
“Ce n’est pas l’islamisme qui a gagné après plus de vingt ans de guerre, c’est l’héroïne.”
Dans les colonnes du Corriere della Sera, Roberto Saviano, jamais en retard d’un scoop, ce spécialiste italien du crime organisé et des archives policières qu’il utilise en écartant des réalités parfois dérangeantes, a livré sa propre analyse du retour des talibans à Kaboul.
Pour Roberto Saviano : “Les talibans sont des trafiquants de drogue”.
Oubliant au passage que les Talibans sont des combattants essentiellement Pachtounes, l’ethnie principale en Afghanistan qui représente environ 40 % de la population et que la « guerre d’indépendance » pour eux ne pouvait trouver sa source de financement que par les taxes perçues sur la production locale du pavot, qui à elle seule fait vivre une bonne partie de la population, et sur la commercialisation de ce produit.
Les leçons de narcotrafic données par les occidentaux dans les guerres coloniales menées sont exemplaires et ont donc servi d’exemple et de modèle aux Talibans. Inutile de revenir sur les exploits des Anglais, des Français et des Américains en la matière !
Quant au financement, il est bon de rappeler à Roberto Saviano que 80 % du revenu des Talibans provient de taxes légales sur des biens légaux.
Précieux pavot
Le latex extrait de cette plante cousine du coquelicot est l’ingrédient de base des drogues opiacées, comme l’opium ou l’héroïne, dont l’Afghanistan est à l’origine de 90 % de la production mondiale. « Si les talibans maîtrisaient l’ensemble du trafic, cela représenterait 400 millions de dollars », avance David Mansfield, économiste spécialiste de la production d’opium en Afghanistan (1) et ancien membre de l’Afghanistan Research and Evaluation Unit (AREU)
Bien implantés dans les zones rurales, les talibans contrôlent déjà la majeure partie des cultures de pavots. Ce ne fut pourtant pas toujours le cas. Aux débuts des années 2000, le mollah Omar, chef des talibans alors au pouvoir, décide d’interdire la production. « La culture du pavot avait presque été éradiquée », se souvient Karim Pakzad, chercheur à l’Iris et spécialiste du pays. L’arrivée des Américains en 2001 met fin à la règle imposée par le mollah. Très vite, les plantes aux pétales roses fleurissent de nouveau dans les plaines afghanes. Et avec elles, les importants profits qui servent à financer, en partie, l’insurrection islamiste.
« Estimer le poids du trafic d’opium dans la richesse globale des talibans est très compliqué, indique David Mansfield. Pour le savoir, il faudrait analyser leurs revenus région par région. » Ses études ont toutefois révélé que le trafic d’opiacés n’est pas la première source de revenu du groupe terroriste.
« Dans la province de Nimroz (l’une des principales régions productrice de pavot, NLDR), le commerce d’opium et de ses dérivés ne représente que 9 % des sommes collectées », poursuit l’économiste.
Taxes et droits de douane
Au Nimroz, « 80 % du revenu des talibans provient de taxes légales sur des biens légaux », ajoute David Mansfield. Dans les zones contrôlées, ils prélèvent la zakat, un impôt islamique à hauteur de 2,5 % de la richesse d’un foyer. D’autres s’appliquent sur les propriétés foncières et les productions agricoles. Mais le véritable nerf de la guerre concerne la maîtrise des postes frontières. Essence, nourriture, denrées agricoles : tous les produits qui transitent font l’objet de taxes. Selon un rapport de l’Agence américaine pour le développement international (USAID), elles rapportent 3,4 milliards de dollars par an aux talibans. Le poste frontière de Zarandj à la frontière avec l’Iran, tombé entre leurs mains samedi 7 août, représente à lui seul un gain de près de 100 millions de dollars supplémentaires.
Certes, les talibans, qui ont dirigé l’Afghanistan de 1996 à 2001, sont depuis longtemps impliqués dans le gigantesque trafic de stupéfiants du pays et de l’extraction d’opium, du trafic et de la «taxation» des laboratoires de drogue à la facturation de frais de contrebande pour les expéditions à destination de l’Afrique, de l’Asie, de l’Europe, du Canada, de la Russie et du Moyen-Orient, les talibans ont récolté des millions de dollars de ce commerce pour financer leur combat.
Vers 7 h 30 aujourd’hui, la police royale de Gibraltar a lancé une poursuite en mer avec un RHIB * suspect. Le RHIB a été repéré pour la première fois à Emerson’s Place par une patrouille terrestre du RGP.
La Section Marine du RGP a alors pris le relais et s’est immédiatement déployée sur zone afin d’intercepter le RHIB. Il s’en est suivi une poursuite à grande vitesse dans les eaux du côté ouest. Pendant ce temps, des valise marocaines de cannabis étaient constamment lancées du RHIB.
À ce stade, la vedette des douanes HMC Searcher a repris la poursuite et le navire suspect a continué à larguer davantage de marchandises dans BGTW (British Gibraltar Territorial Waters).
Il a ensuite percuté HMC Searcher, lui causant des dommages importants. Les douaniers de HM sont montés à bord du navire suspect et ont arrêté quatre occupants. De plus, les agents ont saisi le navire qui était encore chargé d’un grand nombre de balles.
Alors que HM Customs acheminait les détenus et le RHIB à la base maritime des douanes, la section maritime RGP et GDP a lancé une recherche et une récupération des valises de cannabis.
Au total, 65 valises marocaines ont été saisies pour un total d’environ 2,6 tonnes. Les quatre individus sont actuellement détenus à New Mole House.
L’enquête, qui est menée par HM Customs, se poursuit.
* Le RHIB est un petit bateau à moteur maniable et rapide qui est utilisé par les armées pour des opérations maritimes comme l’arraisonnement d’un navire.
La police judiciaire fédérale de Bruxelles a mené plusieurs perquisitions jeudi dernier, le 12 août, dans le cadre d’un dossier du parquet fédéral sur un trafic de stupéfiants. Selon les informations récoltées par la RTBF et confirmées par la porte-parole du parquet Wenke Roggen, les policiers ont mis la main sur un container renfermant près de 9 tonnes de cannabis, dans un entrepôt situé à Wavre.
Le container avait auparavant transité par le port d’Anvers.
La drogue était transportée à l’état de poudre. Etonnant alors que le cannabis saisi se présente généralement sous forme de résine compressée en plaquettes dures (surtout pour le cannabis importé) ou sous forme d’herbe. La poudre de cannabis d’une couleur brunâtre retrouvée à Wavre était dissimulée dans plus de 2000 sacs de semoule de blé dur pour couscous, disposés sur une cinquantaine de palettes en bois.
Une brigade de la gendarmerie royale de Ksar El Kebir et du commandement provincial de Larache enquête sur la crash d’un petit avion dans la région de Larache.
Le quotidien Al Massae rapporte, dans son édition du mercredi 18 août, que les investigations en cours s’orientent vers l’existence d’un lien entre cet avion et un réseau international de trafic de drogue. Les premières informations indiquent que cette opération n’est pas la première du genre puisque les barons de la drogue avaient, par le passé, transporté de grosses quantités de Chira via des avions de tourisme.
L’enquête de cette brigade avait d’ailleurs découvert que les trafiquants se servaient des hélicoptères de type «Robinson R 44» pour transporter la drogue du Nord du Maroc vers des villes du Sud de l’Espagne. Selon des rapports de la gendarmerie, les activités illicites des réseaux criminels se sont démultipliés depuis le déclenchement de la pandémie de la covid-19 en utilisant des moyens de plus en plus sophistiqués. C’est ainsi qu’ils ont commencé à se servir d’avions dotés de système de vision nocturne et volant à une baisse altitude pour échapper aux radars des services sécuritaires au Maroc et en Espagne.
Grosse prise pour les enquêteurs de la Section de recherche de Metz. Ils ont démantelé un vaste trafic de cannabis entre les Pays-Bas, la Belgique et la Lorraine. 54 kg de drogue et plus de 100.000 euros en liquide ont été saisis vendredi et trois suspects sont mis en examen.
Este domingo, al menos siete motociclistas murieron en tres distintos accidentes registrados en la autopista México-Cuernavaca. Con dirección a Morelos, y, entre las personas fallecidas estaría la novia de …
En juin 1998, la Justice canadienne…poursuit Carlos Hernandes Rumbaut et…l’acquitta avec l’aide de la GRC/RCMP en octobre !
Le procès de Carlos Miguel Hernandes-Rumbaut, accusé de conspiration dans le but d’importer de la cocaïne au pays, a débuté à Bathurst. L’homme de 53 ans avait été arrêté en 1994, suite à une importante descente policière au large de Shelburne, en Nouvelle-Écosse, qui avait mené à la saisie de cinq tonnes de cocaïne d’une valeur totale de plus d’un milliard de dollars.
Rumbaut est soupçonné d’être une des têtes dirigeantes du groupe qui tentait de faire entrer la drogue au pays. Dix personnes ont déjà été emprisonnées pour leur participation dans ce crime, dont Marc Fievet, qui sert une peine de prison à vie au pénitencier de Springhill, en Nouvelle-Écosse.http://www.radio-canada.ca/nouvelles/11/11363.htm
Dans les quelques 3 000 pages des 70 000 pages du dossier que le gendarme Fournier a donné à Marc Fievet, seules preuves auxquelles il eut accès, il s’avère qu’il n’y avait aucune trace des enregistrements des conversations téléphoniques de Messieurs Claudio Locatelli et Carlos Hernandes Rumbaut en place à Montréal au moment des faits.
Marc Fievet a eu accès au dossier de Jürgen Kirchhoff, le capitaine du Pacifico, et, grâce à sa complaisance, il a pu récupérer les enregistrements de ces trafiquants.
Marc Fievet précise que:
Le mercredi vingt-deux octobre 1997, les gendarmes Degresley et Fournier sont venus me rendre visite au pénitencier de Springhill en Nouvelle Écosse et m’ont rapporté une partie de mon dossier de défense. Le reste sous quinzaine me diront-ils
Le gendarme de la GRC Degresley me demande d’agir sur le capitaine du Pacifico, Jürgen Kirchhoff, détenu dans le même pénitencier que moi pour qu’il supprime son appel. J’accepte, pour que personne ne se méprenne sur mon appartenance à la DNRED.
A ma demande, Jürgen Kirchhoff, le capitaine propriétaire du cargo Pacifico se désistera, pourtant les avocats de Kirchhoff étaient sûrs de faire casser le jugement de la saisie du M/S Pacifico qui étant illégale reste illégale.
La « légalisation » de la saisie du M /V Pacifico en Eaux Internationales n’avait pu intervenir qu’en utilisant la seule jurisprudence créée par la saisie en haute mer du M/V Poseidon, décrétée légale par le juge Devonshire dans le jugement de Mills **.
La GRC a déjà récupéré le montant de la vente du Pacifico, obtenue après dessaisissement du juge Alex Deschenes qui ne voulait pas légaliser cet acte de piraterie.
Pourquoi se compliquer la vie, ici au Canada, comme ailleurs, quand un juge ne veut pas enfreindre la loi, il suffit d’en changer!
Le nouveau juge canadien Roger McIntyre se verra offrir un voyage à Londres pour rencontrer le juge Devonshire pour conforter la décision qu’il doit prendre et demander au juge Devonshire d’ajouter dans le jugement de Mills **, le narco anglais condamné pour la saisie « légale » en haute mer du Poseidon afin que cette dernière soit utilisée comme jurisprudence.
La « pression » qu’il a de la GRC est très forte puisque le fils du juge Roger McIntyre est poursuivi par la GRC pour trafic de stupéfiant. Pour récompenser la docilité et la soumission de ce juge acceptant la collusion, les poursuites contre le fils du juge McIntyre seront abandonnées. Le Narco trafiquant Carlos Hernandez-Reumbeaut, toujours incarcéré à Renous, plaide non coupable sur les charges sur lesquelles, moi Marc Fiévet, l’agent infiltré, j’ai dû plaider coupable. Il ne craint plus qu’un seul témoignage: mon témoignage. Les Autorités canadiennes, par le sergent Degresley et le gendarme Fournier, m’informent que Carlos Hernandez-Reumbeaut a émis des menaces de mort sur ma famille si je me décidais à témoigner contre lui. Ils utiliseront le service de sécurité de la prison de Springhill, N.S, pour me faire parvenir ces menaces. Ces menaces seront également transmises à l’ambassade de France d’Ottawa, Ambassadeur Loïc Hennekinne * et aux Douanes françaises. Le consul général de France à Moncton, Monsieur Olivier Arribe me confirme ces menaces et me dit lors d’une visite, que ces menaces ont été prises très au sérieux par les Autorités françaises.
*En 2000, par courrier, le secrétaire général du Quai d’Orsay qu’est devenu Loîck Hennekinne, me dira qu’il n’avait plus souvenir des menaces transmises par les gendarmes canadiens…**Mills: Narco anglais impliqué dans l’affaire Poseidon
°°°°°°
Carlos Hernandes Rumbaut acquitté….
Carlos Hernandes Rumbaut, le présumé co-dirigeant d’un complot pour importer 5,5 tonnes de cocaïne au Canada, qui a été acquitté lundi à Bathurst, est en route pour Montréal où Immigration Canada décidera de son sort. L’avocat de Carlos Rumbaut, Scott Fowler, a indiqué à Radio-Canada que les autorités avaient placé son client dans un avion lundi soir à Moncton sans que celui-ci puisse le contacter. L’homme a cependant été pris d’un malaise à bord de l’appareil et les autorités ont dû opter de faire le trajet jusqu’à Montréal en automobile. Rumbaut n’a pas été libéré immédiatement après son acquittement car Immigration Canada affirme qu’il est techniquement au pays illégalement.
CIA hand Lucien Conein named head of DEA’s special operations branch.
He created a deep-cover CIA/DEA narcotics op in Miami, code-named Buncin/Deacon, and recruited a staff of 19 – anti-castro contract agents.
Documents released under FOIA to researcher John Hill describe a gentlemen’s agreement between CIA and the justice department to ask for dismissals rather than expose sources or techniques. convicted drug smuggler and bay of pigs vet Carlos Hernandez Rumbaut, continued his trafficking activity through 1976. justice dumped the agreement in 1976, but Conein had worked out a « crossover » arrangement whereby DEA would claim that any CIA asset busted for narcotics smuggling was on a deep-cover DEA assignment. none of CIA’s cubans were prosecuted for drug smuggling. 27 u.s. prosecutions of latin america drug cases and two other major cases had to be dropped because of CIA’s domestic involvement.
Dennis Dayle, ancien chef d’une unité d’élite de la DEA a declaré: « Au cours de mes 30 ans d’histoire au sein de la Drug Enforcement Administration et des agences connexes, les principales cibles de mes enquêtes se sont presque toujours avérées travailler pour la CIA. »
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
La CIA est impliquée de manière longue et pratiquement continue dans le trafic de drogue depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
1947 à 1951, en France 🇫🇷
Les armes, l’argent et la désinformation de la CIA ont permis aux criminels corses de Marseille d’arracher le contrôle des syndicats au Parti communiste. Les Corses ont acquis une influence politique et un contrôle sur les docks, conditions idéales pour cimenter un partenariat à long terme avec les distributeurs de drogue mafieux, qui ont fait de Marseille la capitale de l’héroïne d’après-guerre du monde occidental.
Les premiers laboratoires d’héroïne de Marseille ont été ouverts en 1951, quelques mois seulement après l’arrivée des Corses sur le front de mer.
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Début des années 1950, Asie du Sud-Est
L’armée nationaliste chinoise, organisée par la CIA pour faire la guerre à la Chine communiste, est devenue le baron de l’opium du Triangle d’Or (parties de la Birmanie, de la Thaïlande et du Laos), la plus grande source d’opium et d’héroïne au monde. Air America, la principale compagnie aérienne propriétaire de la CIA, a transporté la drogue dans toute l’Asie du Sud-Est.
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Années 1950 au début des années 1970, Indochine
Au cours de l’engagement militaire américain au Laos et dans d’autres parties de l’Indochine, Air America a transporté de l’opium et de l’héroïne dans toute la région. De nombreux GI au Vietnam sont devenus toxicomanes. Un laboratoire construit au siège de la CIA dans le nord du Laos a été utilisé pour raffiner l’héroïne. Après une décennie d’intervention militaire américaine, l’Asie du Sud-Est était devenue la source de 70 % de l’opium illicite dans le monde et le principal fournisseur de matières premières pour le marché américain en plein essor de l’héroïne.
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
1973 à 1980, Australie 🇦🇺
La ‘Nugan Hand Bank’ de Sydney était une banque de la CIA. Parmi ses officiers figurait un réseau de généraux américains, d’amiraux et d’hommes de la CIA, dont l’ancien directeur de la CIA William Colby, qui était également l’un de ses avocats. Avec des succursales en Arabie saoudite, en Europe, en Asie du Sud-Est, en Amérique du Sud et aux États-Unis, la ‘Nugan Hand Bank’ a financé le trafic de drogue, le blanchiment d’argent et le trafic international d’armes. En 1980, au milieu de plusieurs morts mystérieuses, la banque s’effondre, avec une dette de 50 millions de dollars.
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Années 1970 et 1980, Panama 🇵🇦
Pendant plus d’une décennie, l’homme fort panaméen Manuel Noriega a été un atout et un collaborateur très bien payé de la CIA, bien que les autorités américaines en matière de drogue aient su dès 1971 que le général était fortement impliqué dans le trafic de drogue et le blanchiment d’argent. Noriega a facilité les vols « des armes contre la drogue » pour les contras, offrant une protection et des pilotes, des refuges pour les responsables des cartels de la drogue et des facilités bancaires discrètes. Des responsables américains, dont le directeur de la CIA de l’époque, William Webster, et plusieurs officiers de la DEA, ont envoyé à Noriega des lettres de louanges pour ses efforts visant à contrecarrer le trafic de drogue (mais uniquement contre les concurrents de ses patrons du cartel de Medellín). Le gouvernement américain s’est seulement retourné contre Noriega, envahissant le Panama en décembre 1989 et kidnappant le général, une fois qu’ils ont découvert qu’il fournissait des renseignements et des services aux Cubains et aux sandinistes. Ironiquement, le trafic de drogue à travers le Panama a augmenté après l’invasion américaine.
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Années 1980, Amérique centrale
La série « San Jose Mercury News » ne documente qu’une seulef des opérations entrelacées liant la CIA, les contras et les cartels de la cocaïne. Obsédés par le renversement du gouvernement sandiniste de gauche au Nicaragua, les responsables de l’administration Reagan ont toléré le trafic de drogue tant que les trafiquants soutenaient les contras. En 1989, le sous-comité sénatorial sur le terrorisme, les stupéfiants et les opérations internationales (le comité Kerry) a conclu une enquête de trois ans en déclarant que les responsables américains impliqués en Amérique centrale n’ont pas abordé le problème de la drogue par crainte de compromettre les efforts de guerre contre le Nicaragua et que par conséquent, les pilotes des contras, les mercenaires qui ont travaillé avec les contras et les partisans des contras dans toute la région, n’ont pas à être inquiétés . Dans chaque cas, l’une ou l’autre agence du gouvernement américain disposait d’informations concernant l’implication soit pendant qu’elle se produisait, soit immédiatement après. . . .
» Les hauts responsables politiques américains n’étaient pas à l’abri de l’idée que l’argent de la drogue était une solution parfaite aux problèmes de financement des contras. «
Au Costa Rica, qui servait de « front sud » aux contras (le Honduras étant le front nord), plusieurs réseaux de la « CIA-contra » étaient impliqués dans le trafic de drogue. En plus de ceux desservant l’opération Meneses-Blandon (détaillées par le Mercury News) et l’opération de Noriega, il y avait l’agent de la CIA John Hull, dont les fermes le long de la frontière du Costa Rica avec le Nicaragua étaient la principale zone de transit pour les contras. Hull et d’autres partisans et pilotes de la contra liés à la CIA ont fait équipe avec George Morales, un important trafiquant de drogue colombien basé à Miami qui a admis plus tard avoir donné 3 millions de dollars en espèces et plusieurs avions aux dirigeants de la contra. En 1989, après que le gouvernement du Costa Rica ait inculpé Hull pour trafic de drogue, un avion loué par la DEA a transporté clandestinement et illégalement l’agent de la CIA à Miami, via Haïti. Les États-Unis ont contrecarré à plusieurs reprises les efforts du Costa Rica pour extrader Hull vers le Costa Rica pour y être jugé.
Un autre réseau de drogue basé au Costa Rica impliquait un groupe de Cubains américains que la CIA avait embauchés comme entraîneurs militaires pour les contras. Beaucoup étaient depuis longtemps impliqués dans la CIA et le trafic de drogue. Ils ont utilisé des avions et une entreprise de crevettes basée au Costa Rica, qui blanchissait de l’argent pour la CIA, pour acheminer la cocaïne vers les États-Unis.
Le Costa Rica n’était pas la seule route. Le Guatemala, dont le service de renseignement militaire – étroitement associé à la CIA – hébergeait de nombreux trafiquants de drogue, selon la DEA, était une autre étape le long de l’autoroute de la cocaïne. De plus, le comptable du cartel de Medellín à Miami, Ramon Milian Rodriguez, a déclaré qu’il avait acheminé près de 10 millions de dollars vers des contras nicaraguayens par l’intermédiaire de Felix Rodriguez, agent de longue date de la CIA, basé à la base aérienne d’Ilopango au Salvador.
Les contras fournissaient à la fois protection et infrastructure (avions, pilotes, pistes d’atterrissage, entrepôts, sociétés écrans et banques) à ces réseaux de drogue liés à la CIA. Au moins quatre sociétés de transport faisant l’objet d’une enquête pour trafic de drogue ont reçu des contrats du gouvernement américain pour transporter des fournitures non létales aux contras. ‘Southern Air Transport’, « anciennement » propriété de la CIA et plus tard sous contrat avec le Pentagone, était également impliqué dans le trafic de drogue. Des avions chargés de cocaïne ont volé vers la Floride, le Texas, la Louisiane et d’autres endroits, y compris plusieurs bases militaires. Désignées comme « Contra Craft », ces expéditions ne devaient pas être inspectées. Lorsqu’une autorité n’a pas été informée et a procédé à une arrestation, des ficelles puissantes ont été tirées pour aboutir à l’abandon de l’affaire, à l’acquittement, à une réduction de peine ou à l’expulsion.
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Milieu des années 80 au début des années 90, Haïti
Tout en s’efforçant de maintenir au pouvoir les principaux dirigeants militaires et politiques haïtiens, la CIA a fermé les yeux sur le trafic de drogue de ses clients. En 1986, l’Agence a ajouté quelques noms à sa masse salariale en créant une nouvelle organisation haïtienne, le National Intelligence Service (SIN). Le mandat du SIN comprenait la lutte contre le commerce de la cocaïne, bien que les agents du SIN se soient eux-mêmes engagés dans le trafic, un commerce aidé et encouragé par certains dirigeants militaires et politiques haïtiens.
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
des années 1980 au début des années 1990, Afghanistan
Les rebelles moudjahidines soutenus par la CIA se sont fortement engagés dans le trafic de drogue tout en combattant le gouvernement soutenu par les Soviétiques, qui avait des plans pour réformer la société afghane. Le principal client de l’Agence était Gulbuddin Hekmatyar, l’un des principaux barons de la drogue et le plus grand raffineur d’héroïne, qui était également le plus grand bénéficiaire du soutien militaire de la CIA. Des camions et des mules fournis par la CIA qui avaient transporté des armes en Afghanistan ont été utilisés pour transporter de l’opium vers des laboratoires le long de la frontière afghano-pakistanaise. La production fournissait jusqu’à la moitié de l’héroïne consommée chaque année aux États-Unis et les trois quarts de celle utilisée en Europe occidentale. Les responsables américains ont admis en 1990 qu’ils n’avaient pas enquêté ni pris de mesures contre l’opération antidrogue en raison du désir de ne pas offenser leurs alliés pakistanais et afghans.
En 1993, un responsable de la DEA a surnommé l’Afghanistan la nouvelle Colombie du monde de la drogue.
Il était six heures de l’après-midi, lorsque la vingtaine de personnes qui prenaient un bain de soleil sur la plage de Melicena a été dérangée par le bruit d’un patrouilleur de la ‘Guardia civil’ qui poursuivait un petit bateau à quelques mètres de la côte.
Mais la surprise ne s’est pas arrêtée là : le bateau se dirigeait directement vers la plage, et était sur le point d’écraser un vacancier.
« Celui-là vient ici. Ils vont débarquer ici, vous verrez, vous verrez», a commenté l’un des baigneurs en enregistrant la scène.
Deux personnes dont un Uruguayen, selon El Mundo dans le bateau plein de valise de haschich ont sauté du bateau, chacun avec un sac dans les bras, et ont commencé à courir sans but.
L’étonnement des baigneurs se dissipa presque en même temps que la barque finissait sa course au milieu des parasols. Une dizaine de baigneurs se sont jetés alors sur l’un des occupants du bateau jusqu’à ce qu’ils parviennent à le retenir dans le sable. L’autre a été capturé quelques minutes plus tard par la Guardia civil.
Ces deux personnes, âgées de 32 et 43 ans, ont été transférées dans les cellules de la Guardia civil à Salobreña, à 40 kilomètres du lieu où ils ont été arrêtés.
Fueron incautadas una aeronave boliviana con cargamento de cocaína y una camioneta. La carga será pesada con balanza de precisión en la base regional de la Senad en Ciudad del Este; serían más de 300 kilos de cocaína, según estimaciones preliminares.
[Ampliaremos] 🔴 La Senad señaló que la aeronave boliviana trajo un importante cargamento de cocaína. En el lugar encontraron una camioneta que también fue incautada por el @MinPublicoPy. Son seis detenidos de diferentes nacionalidades.
Traficantes de quatro nacionalidades foram presos hoje (16), na Operação Sol Nascente, desencadeada pela Senad (Secretaria Nacional Antidrogas) do Paraguai, em San Alberto del Paraná, no Departamento (equivalente a Estado) de Alto Paraná, a 120 quilômetros da região de Sete Quedas (MS).
Avec la victoire des talibans, il est donc peu probable que l’économie de la drogue connaisse un ralentissement. Certes, les combattants islamistes, qui avaient banni la culture du pavot en 2001 quelques mois avant l’intervention américaine, restent officiellement opposés aux drogues illicites, mais les moteurs sous-jacents restent trop puissants et la manne financière trop importante. En conséquence, le conflit actuel devrait contribuer à alimenter le marché mondial de l’héroïne, dont près de 90 % est produite en Afghanistan, ainsi que le problème croissant de la drogue dans la région.La longue guerre en Afghanistan a atteint un tournant le dimanche 15 août lorsque les talibans ont investi le palais présidentiel à Kaboul après la fuite du président Ashraf Ghani qui a reconnu leur victoire. Cette prise de pouvoir intervient à l’issue d’une offensive au cours de laquelle une douzaine de villes majeures du pays sont tombées aux mains des combattants islamistes en quelques jours.
Cependant, l’échec du processus de paix ne suffit pas à expliquer la situation : des facteurs économiques influencent également les événements en cours, dont le commerce de l’opium et de l’héroïne que la dizaine de milliards de dollars investis par Washington depuis 2002 dans la lutte anti-drogue n’ont pas réussi à endiguer.
L’histoire se répète
Cela nous ramène à Zaranj. Ce n’est pas une coïncidence si les talibans se sont d’abord concentrés sur les villes frontalières, car celles-ci ont une importance économique considérable. Les combattants contrôlent désormais une dizaine de points de passage internationaux. Outre Zaranj, ils ont Spin Boldak, une porte vers le Pakistan, Islam Qala, le principal point de passage vers l’Iran, et Kunduz, qui leur confère le contrôle des routes vers le Tadjikistan.
L’histoire récente a largement démontré l’importance de ces villes. Lorsque les factions en guerre en Afghanistan ont cessé de recevoir une aide militaire et financière, principalement de la part des Russes, à la fin des années 1980, puis de la part des Américains, le contrôle du commerce est devenu essentiel.
Évolution de la surface dédiée à la culture du pavot entre 1994 et 2020 en Afghanistan (en hectares).Unodc.org (mai 2021).
Ce phénomène se reproduit aujourd’hui. Dans les années 1990, par exemple, Zaranj était une sorte de Far West qui s’est développé comme plaque tournante du commerce illicite, s’appuyant sur des connexions transfrontalières de longue date entre les tribus baloutches spécialisées dans la contrebande de carburant, de drogues et de personnes.
Des activités similaires s’y poursuivent aujourd’hui : l’opium et l’héroïne, provenant des champs de pavot des provinces voisines de Farah et du Helmand, passent en contrebande de l’autre côté de la frontière. Tout comme le trafic d’êtres humains, qui est en plein essor.
Dans une interview accordée au Figaro, le ministre de l’Intérieur révèle le bilan de la lutte contre les stupéfiants depuis janvier. Il annonce une extension des «quartiers témoins» et une vaste offensive contre la drogue au volant.
Christophe CORNEVIN : Vous avez déclaré une guerre totale à la drogue, et pourtant les trafics affichent une insolente santé en dépit de la crise sanitaire. N’êtes-vous pas en train de perdre ce combat?
Gérald DARMANIN. – Non, bien au contraire! Si l’on considère les priorités fixées il y a un an, c’est-à-dire la reconquête de la rue pour empêcher que ces trafics minent nos quartiers et nos villages, nous avons gagné une bataille dans cette guerre difficile et très ancienne. Pour les six premiers mois de l’année, 57 tonnes de cannabis ont été saisies. C’est une augmentation de 37% par rapport à la même période de l’année 2020, qui était déjà une année record. Dans le même temps, les saisies de cocaïne ont bondi de 91%, avec quasiment 9 tonnes interceptées, tandis que les prises d’héroïne ont progressé de 60% et celles de l’ecstasy de 24%.