FRANCE 🇫🇷 (OFAST) : près de 1 000 actions par mois » contre les points de deal

Stéphanie Cherbonnier , directrice de l’Ofast, revient sur l’évolution des trafics et le problème du narcobanditisme.

Extraits

Alors que les villes moyennes semblent de plus en plus concernées par le trafic de stupéfiants, et ce, quasiment partout en France, l’Office anti-stupéfiants (Ofast) lutte pour démanteler les points de deal. Stéphanie Cherbonnier , directrice de l’Ofast, revient sur l’évolution des trafics et le problème du narcobanditisme.

Un quart des saisies d’armes en France, dont des armes de guerre, interviennent lors d’enquêtes liées au trafic de drogue. Ces armes et cette violence servent à faciliter leur trafic et à conquérir de nouveaux territoires.
Il n’y a en France que trois départements – le Gers, la Haute-Loire et la Lozère – où aucun point de deal n’a été identifié et quatre villes de taille moyenne figurent dans le top 20 des villes qui comptent le plus de points de deal qui ne se limitent pas aux cités.


En dehors des enquêtes nationales et internationales de l’Ofast, comment s’organise la lutte contre l’enracinement de ce narco business dans les territoires ?
Ça ne veut pas dire que tous ces points ont définitivement disparu puisque ces organisations sont assez agiles et inventives pour investir de nouveaux lieux d’implantation ou se diversifier en utilisant les réseaux sociaux avec ce qu’on appelle l’ubérisation des trafics.

On signale régulièrement la présence de dealers originaires de région parisienne sur des points de deal dans des villes de province. Vous confirmez ?
Ces intérimaires du point de deal, souvent des jeunes en déshérence sociale et familiale, viennent monnayer leur expérience, leur expertise. Inconnus des policiers locaux, ils offrent moins de prises pour les enquêteurs.

La maire de Canteleu en Normandie et un de ses adjoints ont été mis examen en avril pour complicité de trafic de drogue. Un cas isolé ?
Dire que c’est un phénomène généralisé, non. Dire que c’est un phénomène sur lequel il faut être attentif, oui. Il y a un vrai sujet et il ne concerne pas que les élus. Les organisations criminelles ont besoin d’avoir accès à des informations, de la part de policiers, de douaniers, de dockers ; à des infrastructures pour stocker par exemple de la drogue dans un local municipal. Des individus impliqués dans les trafics peuvent tenter de se faire élire dans des conseils municipaux.

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FRANCE 🇫🇷 : Gérald Darmanin assure que plus de 700 points de deal de drogue ont été démantelés depuis janvier 2021

Un total de 719 lieux de vente de stupéfiants ont été démantelés sur les 3.952 recensés en janvier 2021 en France métropolitaine et en Outremer par le ministère de l’Intérieur, a affirmé Gérald Darmanin dimanche sur Twitter.

« Depuis janvier 2021, près de 1.000 opérations de pilonnage de points de deal sont menées chaque mois. Ces opérations ont permis de faire baisser le nombre de points de deal de près de 20%, de 3.952 à 3.233 », a tweeté le ministre de l’Intérieur, qui a fait de la lutte antistupéfiants l’une de ses priorités.

Un point de deal est défini par le ministère comme un lieu sur la voie publique où des trafiquants vendent quotidiennement des produits stupéfiants. Les plus importants peuvent rapporter plusieurs dizaines de milliers d’euros par jour.

« Organisations agiles et inventives »

« Ça ne veut pas dire que tous ces points ont définitivement disparu, puisque ces organisations sont assez agiles et inventives pour investir de nouveaux lieux d’implantation ou se diversifier en utilisant les réseaux sociaux avec ce que l’on appelle ’l’uberisation’ des trafics », a nuancé la cheffe de l’Office antistupéfiants (Ofast), Stéphanie Cherbonnier, dans un entretien au « Journal du dimanche ».

Mais, selon une note de la police judiciaire citée par le JDD, le phénomène du narcobanditisme « bien décrit et documenté à Marseille, où il est présent depuis plusieurs années (…) a essaimé pour s’inscrire dans d’autres villes du territoire national » de plus petite taille.

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