Archives mensuelles : octobre 2014
Dark Net: on trouve de tout, y compris de la drogue

Source:
ÉTATS-UNIS • Petit guide de l’envoi de drogue par la poste américaine http://t.co/BDyfZHfCiV via @courrierinter

Une boîte aux lettres aux Etats-Unis – Flickr/Steve Johnson
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Sur le Dark Net – cette partie du web non répertoriée par les moteurs de recherche et accessible aux seuls initiés –, on trouve de tout, y compris de la drogue. Une fois sur le bon site, il est facile de commander de la cocaïne, de la MDMA, de la kétamine ou des champignons hallucinogènes. Et comment l’acheteur se fait-il livrer ? Par la poste, tout simplement, explique un article publié sur le site Vocativ. Au grand désespoir de l’ancien ministre de la Justice américain Eric Holder qui, en avril, déplorait que tant de drogue circule par le biais de la poste américaine (USPS) et qu’on ne puisse pas y faire grand chose.
Le journaliste de Vocativ Eric Markowitz s’est intéressé aux techniques utilisées par les revendeurs pour envoyer leur marchandise. « Le gouvernement est bien ennuyé que les dealers passent par les services d’USPS pour leurs envois. Mais la poste n’est pas équipée pour scanner le contenu de chaque paquet et enquêter », précise le site.
Protégés par le quatrième amendement
Pour comprendre les méthodes d’envoi des cyber-dealers, Eric Markowitz est allé fouiller sur les pages du site Reddit consacrées à la vente sur le Dark Net. Première règle à respecter : « Ne pas acheter les timbres avec une carte bleue à votre nom ». « Vous pouvez vous les procurer par Internet, en utilisant une carte prépayée », indique un internaute sur Reddit.
Ensuite, quel mode d’envoi choisir ? « La grande majorité des vendeurs du Dark Net utilisent les envois prioritaires d’USPS. Pourquoi ? C’est très simple. Contrairement aux services d’envoi privés comme FedEx, l’USPS est bien plus à l’abri des perquisitions sans mandat », précise le journaliste. Sur son site, la poste américaine indique en effet que les envois prioritaires et les colis sont protégés en vertu du quatrième amendement de la Constitution, et, par voie de conséquence, ne peuvent être ouverts sans mandat de perquisition ».
Cartes Pokémon
Dernier point : l’emballage. « Même si le paquet ne passe pas entre les mains des autorités, mieux vaut éviter que son contenu puisse se deviner », pointe Eric Markowitz. Sur Reddit, un autre internaute écrit : « Franchement, un vendeur a juste besoin d’une pochette hermétique de qualité, ça fera l’affaire. »
Un autre internaute décrit le paquet le mieux camouflé qu’il ait reçu : « C’était une lettre qui disait quelque chose comme ‘Merci d’avoir participé à notre concours Pokémon, malheureusement vous n’avez pas gagné. Voici un lot de consolation.’ Dans l’enveloppe il y avait un paquet de cartes Pokémon et la k [ketamine] était scotchée dans un sachet au dos d’une des cartes. » Bien camouflé, en effet.
- Courrier international
- | Clara Tellier
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Avignon : ces épiceries qui lavent plus blanc que blanc !
What are the real reasons for the laws against cannabis?
Such an interesting question … cannabis, hemp, marijuana – a plant that’s never killed a living soul. Why is it criminalized and demonized? What is the real reason for all the fear-mongering in relation to this most useful, versatile and healing of herbs? If it’s really so harmful to humans, why is it that in all of human history prior to the early twentieth century when it was banned, it was used by many people in many countries for many purposes?
http://www.drugwarrant.com/articles/why-is-marijuana-illegal/ Here’s a brief excerpt from this post outlining a history of marijuana legislation:
For most of human history, marijuana has been completely legal. It’s not a recently discovered plant, nor is it a long-standing law. Marijuana has been illegal for less than 1% of the time that it’s been in use. Its known uses go back further than 7,000 B.C. and it was legal as recently as…
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Stoneham Police Charge Alleged Drug Dealer With Possession Of Heroin, Cocaine
As Mexico cracks down, drug money comes to US
FRANCE (Haute-Savoie): les douaniers muletiers trouvent dans le corps d’une « mule » 1 kilo de cocaïne
Les douaniers de Haute-Savoie ont interpellé vendredi à la gare de Sallanches une ressortissante nigérianne.
Celle-ci s’est avérée porteuse d’un kilo de cocaïne.
La « mule », selon le terme utilisé dans le milieu des stupéfiants, avait ingéré la drogue dans des boulettes en plastique.
Elle arrivait d’Amsterdam et était en transit pour Milan. Désormais, elle est en garde à vue à la gendarmerie de Chamonix.

source:http://www.ledauphine.com/haute-savoie/2014/10/11/une-mule-chargee-d-un-kilo-de-cocaine
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Why Canada’s ‘War on Drugs’ is a total failure
If we are to design a workable response to drug use, we will have to first clear our minds of the propaganda that has permeated the debate for the past century. Myths about cocaine and overblown fears about heroin permeate popular culture and have infiltrated much of the discourse. Like most others, I bought the whole package. But it turns out drugs are just drugs, although some are more harmful than others. And the biggest problem today actually relates to the abuse of legal prescription drugs — not heroin and cocaine. Our objective should be to reduce the harm caused by all of them.
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Police: Suspects Caught With Over 3,000 Decks Of Heroin In Fort Lee
Man with Tom Brady helmet tattooed on head arrested on drug charges
Mexique: arrestation de Vicente Carrillo Fuentes, chef du cartel de la drogue de Juarez

Vicente Carrillo Fuentes, dirigeant du cartel de Juarez, était l’un des criminels parmi les plus recherchés
Vicente Carrillo Fuentes, dirigeant du cartel mexicain de la drogue de Juarez et criminel parmi les plus recherchés du pays, a été arrêté par la police, a annoncé jeudi la Commission nationale de Sécurité mexicaine.
Nous confirmons l’arrestation de Vicente Carrillo Fuentes par la police fédérale à Torreon, dans l’Etat de Coahuila (nord), a déclaré à l’AFP un porte-parole de la Commission.
Cette arrestation constitue une victoire pour le gouvernement du président Enrique Peña Nieto, alors que le pays est secoué par l’affaire de la disparition de 43 étudiants dans le sud du Mexique à la suite d’une attaque menée par des policiers locaux et des criminels d’un petit cartel régional.
Le Vice-roi, frère du légendaire Señor de los Cielos (Le Seigneur des cieux), fondateur du cartel de Juarez surnommé ainsi en raison de sa flotte d’avions privés, est né en 1962 et aurait subi des opérations de chirurgie esthétique, selon le département d’Etat des Etats-Unis, qui offraient cinq millions de dollars pour des informations menant à sa capture.
Le Mexique offrait lui 2,2 millions de dollars.
Après la mort de son frère Amado en 1997, lors d’une opération de chirurgie esthétique, Vicente a pris le contrôle de l’organisation.
Il a été l’un des acteurs de la violente guerre entre cartels responsable de la majorité des 80.000 morts qu’à compté le pays depuis le déploiement de l’armée contre le narcotrafic en 2006 par l’ancien président Felipe Calderon.
« This handout sketch released by the Mexican Attorney General’s Office on July 4, 2005 portrays suspected Juarez drug cartel leader Vicente Carrillo Fuentes, whom authorites announced on October 9, 2014 was captured »PGR/AFPUne source au parquet général mexicain a indiqué à l’AFP que Vicente Carrillo Fuentes se faisait très discret ces dernières années.
Son arrestation est importante parce qu’il est membre du crime organisé et pour ce que représente sa famille, a-t-on ajouté de même source.
Le président Peña Nieto compte déjà à son tableau de chasse Joaquin El Chapo Guzman, le trafiquant de drogue le plus recherché de la planète, arrêté en février, ainsi que Héctor Beltran Leyva, dirigeant du cartel du même nom, interpellé le 1er octobre.
En 2013, Miguel Angel Treviño, chef du cartel sanguinaire des Zetas, avait également été arrêté.
Le cartel de Juarez contrôle l’une des principales routes du trafic de drogue entre le Mexique et les Etats-Unis, par où transitent des cargaisons d’une valeur estimée à plusieurs milliards de dollars annuellement, d’après le département d’Etat américain.
Basé à Ciudad Juarez, ville frontalière avec le Texas, ce cartel a notamment eu de sanglants affrontements avec l’organisation rivale dite cartel de Sinaloa, dirigé par El Chapo.
Plus de 10.000 personnes ont été tuées à Ciudad Juarez au cours des huit dernières années, mais les meurtres ont diminué dernièrement.
Des analystes attribuent cette baisse à la victoire du cartel de Sinaloa sur celui de Juarez, les autorités à leur action sécuritaire.
(AFP)
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CBSA officials say 14 kg of suspected cocaine seized at Pearson airport
RCMP charging 4 in drug bust near La Ronge
The “War on Drugs” May Be Over
The Global Commission on Drug Policy, a 21-member commission made of former world leaders, has been pushing for the decriminalization and regulation of most illegal drugs. Among the commission’s members are former United States Federal Reserve Chairman Paul Volcker and former United States Secretary of State George Shultz. The commission’s report focuses on the failure of the so-called “War on Drugs” and the commission aims to introduce the report to the United Nations General Assembly in 2016.
The report proposes a shift from the current law enforcement/criminalization approach toward decriminalization and regulation. The commission asserts that the new focus should be on drug trafficking rather than drug users, pointing to the fact that the War on Drugs has not effectively reduced drug trafficking. The report contends that drug lords have become powerful enough to destabilize entire regions of the world, resulting in violence and human rights violations. However, the commission…
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FRANCE (Armentières-Nord): speed et cocaïne saisis lors d’un contrôle routier
Dans la nuit de mardi à mercredi, une patrouille de la brigade anti-criminalité (BAC) procède à un contrôle routier, dans le nord de la division armentiéroise. Les fonctionnaires ont alors du flair. Ils arrêtent une voiture, conduite par un homme de 32 ans.
Lors de la fouille du véhicule, ils découvrent 200 grammes d’herbe de cannabis, 50 grammes de speed et quelques grammes de cocaïne. L’homme est interpellé et placé en garde à vue dans les locaux du commissariat d’Armentières. Les policiers de la brigade de sûreté urbaine (BUS) sont saisis de l’enquête. Ils procèdent à une perquisition au domicile du trentenaire, à La Couture. Perquisition négative.
L’homme se révèle n’être qu’un simple consommateur. Il indique aux enquêteurs qu’il a acheté tous ces stupéfiants en Belgique, où il résidait auparavant. Le dossier a été transféré au parquet de Béthune, pour poursuite d’enquête.
L’intérêt pour la justice est évidemment de tenter de remonter, pièce à pièce, l’éventuel réseau par lequel se fournissait cet homme.
Les saisies de speed ne sont en général pas monnaie courante dans l’Armentiérois.
SOURCE: http://www.lavoixdunord.fr/region/armentierois-speed-et-cocaine-saisis-lors-d-un-ia11b0n2424878
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Vol de cocaïne au 36: le suspect perpignanais reste muet
Trois mois après sa mise en examen, le policier originaire de Perpignan où il avait été arrêté, après le vol de 52 kg de cocaïne, au 36 Quai des Orfèvres à Paris, ne livre rien à la justice, se bornant à dire « je parlerai en temps utile ».
- JMH et AFP
- Publié le 09/10/2014 | 09:38, mis à jour le 09/10/2014 | 11:03

Les enquêteurs de la « police des polices », selon les sources policières, sont pourtant convaincus d’avoir affaire à un homme qui avait « sans doute partie liée avec le milieu ». Ils recherchent d’ailleurs, a-t-on appris de sources policières et judiciaires, un indicateur de police patenté – un « tonton » dans le jargon policier – qui, malgré un mandat d’arrêt à son encontre, n’a pas été retrouvé.
Le « tonton », espèrent-ils, pourrait « être l’une des explications » de l’énigme qui persiste. Ils ont cependant bien avancé sur le profil du suspect, selon les sources, « pas aussi lisse qu’il paraissait » et sur son train de vie « pas en relation avec celui d’un simple flic ».
C’était le 31 juillet. Médusés, les limiers des Stups voient débarquer dans leurs locaux du légendaire 36 Quai des Orfèvres, à Paris, une escouade de collègues des « boeufs-carottes », surnom de la « police des polices » qui fait mijoter les présumés ripoux. Perquisitions à tous les étages: 52 kg de cocaïne, estimés à deux millions d’euros à la revente, se sont volatilisés de la salle des scellés pourtant sécurisée et où l’on ne pénètre qu’avec un code parcimonieusement distribué à la brigade.
Arrêté à Perpignan en août 2014
C’est un choc dans cette unité d’élite. D’autant que, deux jours plus tard, au terme d’une enquête express, les « boeufs-carottes » mettent la main à Perpignan sur Jonathan G. décrit comme un policier modèle par tous ses collègues – entendus par la suite – « sauf une » qui se méfiait. A raison: ils découvrent plus tard qu’il était affublé de quelques surnoms laissant entendre qu’il « mettait les doigts dans le pot de confiture » et que cela « devait se savoir ». Pas plus, pas de preuves.
Une enquête financière révèle un « patrimoine immobilier » et des « mouvements de fonds » peu « en rapport avec un salaire de brigadier », sur lesquels il a cependant tenu à s’expliquer, toujours selon les sources. Certains enquêteurs évoquent une personnalité proche de celle de l’ex-convoyeur de fonds Toni Musulin dont le vol rocambolesque de 11,6 millions d’euros dans son fourgon à Lyon, fin 2009, garde encore sa part de mystère.
Policiers et juges pensent que « le milieu est à la manoeuvre » dans ce vol, « de A à Z ». « Voler autant de drogue sans être prudent, comme l’a fait Jonathan G., c’est une commande », avancent les sources. A ce stade aucune complicité policière « directe » n’a été établie. Un collègue de Jonathan G. a bien été arrêté mais il n’a que le statut de témoin assisté. Reste que le brigadier a été trouvé en possession du code d’accès à la salle des cellés.
La « police des polices » a pointé en septembre, dans un rapport administratif, une « défaillance individuelle ». Ce qui ne préjuge « en rien », selon les sources, de ce que peut « encore révéler l’enquête ». Et la drogue n’a toujours pas été retrouvée.
Marijuana should be legalized and regulated: CAMH
Paris : cocaïne, armes de poing et voitures de luxe chez les trafiquants

Un réseau de trafiquants de drogue présumés vient d’être démantelé, ce lundi 6 octobre, à Paris et en région parisienne par les enquêteurs du 1er district de police judiciaire (DPJ).
Au domicile d’un couple, soupçonné de se livrer à la revente de drogue, situé dans le Xe arrondissement de la capitale, les policiers ont saisi près d’un kilo de cocaïne, quelques grammes de MDMA, le principe actif de l’ecstasy, une arme de poing de calibre 7,65 mm, des montres de luxe, 3000 € en argent liquide, ainsi que deux voitures.
Ce mercredi 8 octobre, les quatre suspects sont toujours en garde à vue.
LeParisien.fr
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Douaniers, gendarmes et policiers pourraient bientôt utiliser des drones

Bernard Cazeneuve envisage de pouvoir équiper les forces de sécurité de drones. Si quelques expérimentations ont déjà eu lieu, le cadre juridique reste entièrement à définir.
On pourrait s’en servir contre la criminalité organisée (trafic de stupéfiants, par exemple), donc les douaniers devraient, eux-aussi, être équipés de ce type de matériel!
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VENEZUELA: un narco-Etat ?
Monde mis à jour le 08.10.2014 à 12 h 38

Le Venezuela est-il en train de devenir un narco-Etat?
Au mieux, l’Etat semble se désintéresser de la lutte contre le trafic de drogues, n’y mettant pas tous les moyens nécessaires.
Le 11 septembre 2013, un vol d’Air France au départ de Caracas atterrit à Paris-Roissy avec plus de 1,3 tonne de cocaïne répartie dans une trentaine de valises. En France, l’opinion s’intéresse à la «plus grande saisie de drogue» jamais réalisée en métropole, l’équivalent de 50 à 300 millions d’euros à la revente. Au Venezuela, on s’étonne à peine de voir le principal aéroport international du pays servir de rampe de lancement au narcotrafic. Les forces de sécurité vénézuéliennes sont réputées pour compter parmi les plus corrompues au monde, ce pour quoi les autorités européennes ont monté toute l’opération «Air France» sans prévenir leurs collègues vénézuéliens. La méfiance règne.
Rapprochements militaires/guérillas
«Un nombre incalculable de fonctionnaires, dont beaucoup sont des militaires en activité, trempent dans le narcotrafic. Les services d’intelligence étrangers font de plus en plus attention», assure Mildred Camero, l’ex-présidente de la Commission nationale contre l’usage des drogues (Conacuid), actuel Bureau national antidrogues (ONA). De 1999 à 2005, pendant les six premières années d’Hugo Chavez au pouvoir, cette ancienne juge a lutté contre un fléau sans cesse grandissant. Selon l’ONU, 51% de la drogue qui entre en Europe provient désormais du Venezuela, converti en 5e exportateur mondial de cocaïne.
Dans un livre intitulé Chavisme, narcotrafic et militaires[1], Mildred Camero vient de dénoncer les 13 généraux et députés socialistes qu’elle considère comme étant les principaux narcotrafiquants vénézuéliens. Certains figurent sur la fameuse liste Clinton (Specially Designated Narcotics Traffickers) des entreprises et personnes recherchées par les Etats-Unis pour leur participation au narcotrafic, dont le général en chef des forces armées et gouverneur de la région de Trujillo, Henri Rangel Silva, le capitaine de corvette et gouverneur de la région de Guarico, Ramon Rodriguez Chacin, ou encore l’ancien maire de Caracas, Freddy Bernal. Le Département du Trésor américain leur reproche d’avoir soutenu les guérillas colombiennes, en protégeant leurs chefs au Venezuela ou en leur échangeant des armes contre de la drogue.
Hormis les rapports d’intelligence, les principales preuves de ces allégations ont été rendues publiques en même temps que le contenu des ordinateurs du guerrillero colombien Raul Reyes, tué en 2008.
Dans les disques durs du secrétaire des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie) figurait également le nom du général vénézuélien Hugo Carvajal, lequel a réapparu plusieurs fois à la une des journaux.
Le cas Carvajal, lié à l’affaire Air France
En 2011 tout d’abord, le plus grand narcotrafiquant présumé de l’histoire du Venezuela, Walid Makled, le cite parmi 40 autres militaires corrompus:
«Quand je donnais 200 millions de bolivars par semaine, 100 millions allaient pour le général Hugo Carvajal.»
Malgré toute sa discrétion, Carvajal, l’homme fort des services d’intelligence vénézuélien pendant toute une décennie, revient à faire surface en juillet 2014. Le «pollo» (poulet) est arrêté sur l’île néerlandaise d’Aruba et risque l’extradition aux Etats-Unis.
Recherché depuis de nombreuses années pour ses liens présumés avec les capos du narcotrafic et les guérillas (protection, fausses identités etc), soupçonné d’avoir commandité au moins un assassinat, le général s’en sort finalement bien. Après plusieurs jours d’intenses négociations entre les Pays-Bas et l’Etat vénézuélien, visiblement peu enclin à laisser le «pollo» piailler tous ses secrets devant une cour américaine, Hugo Carvajal rentre libre au Venezuela.
«Il a énormément de pouvoir, c’est un homme dangereux. Il espionnait même Chavez», commente l’ancienne juge Mildred Camero.
Extirpé de la tête des services d’intelligence militaire en 2011, le général Hugo Carvajal tente de négocier son extradition avec la DEA (Drug Enforcement Administration), sans succès. En octobre 2012, il revient aux affaires en prenant la direction du Bureau national contre le crime organisé puis, en avril 2013, celle de la Contre Intelligence militaire. A l’époque, le «pollo» voyage peu, de nuit, en cachant sa calvitie sous une moumoute et en utilisant trois passeports différents.
C’est alors que son nom est associé au scandale Air France. Le cousin du général, chef de la sécurité de l’aéroport de Caracas, est rapidement mis en cause dans l’affaire, ainsi que le bras droit du «pollo», Alexander de Nogal, soupçonné d’être un narcotrafiquant.
Mildred Camero raconte:
«Les services d’intelligence canadiens ont prévenu Nicolas Maduro pour Carvajal et Air France quelques jours avant le coup. Le président a ensuite donné au général un poste de consul à Aruba pour l’écarter gentiment, mais il y a eu des embrouilles autour de l’immunité diplomatique.»
De retour dans son pays début août, Hugo Carvajal est reçu en héros par les membres du gouvernement, qui l’invitent même au congrès du Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV). Le président de l’Assemblée nationale, Diosdado Cabello, évoque un «patriote» qui a failli payer cher sa «loyauté à Chavez». «Loyal ou pas, ses orientations idéologiques n’empêchait pas Carvajal de s’acheter à Aruba et Curaçao des montres à plusieurs dizaines de milliers de dollars», commente à son tour le journaliste d’investigation Casto Ocando, auteur du livre Les chavistes dans l’Empire[2].
«Cela n’est pas étonnant de voir le gouvernement soutenir Carvajal pour ses activités avec les Farc, Chavez cachait à peine ses relations avec la guérilla», continue Mildred Camero, qui voit dans l’an 2005 une année charnière pour le développement du narcotrafic au Venezuela:
«C’est le moment où Chavez donne des compétences à toutes les forces armées en matières de drogue. Sous la IVe République, les militaires étaient déjà chargés de faciliter le transport de cocaïne à travers le Venezuela, mais à partir de ce moment, cela est devenu chronique. Et les liens de Chavez avec les narco-guérillas ont favorisé le phénomène. C’est aussi en 2005 qu’ils m’ont viré, je menaçais trop de généraux avec mes rapports. Et quelques semaines après est venu le tour de la DEA, avec qui nous travaillions pourtant si bien…»
A peine trois ans après le coup d’Etat raté contre Hugo Chavez –et soutenu par les Etats-Unis–, le gouvernement révolutionnaire voit dans la DEA un nid à espions et l’expulse du pays. Si les relations ont depuis été maintenues avec les services d’intelligences européens, elles sont dès lors définitivement été rompues avec les Etats-Unis.
La guerre des chiffres
Depuis la rupture avec la DEA, c’est la guerre des chiffres. Le rapport du Bureau des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) de 2010, le plus complet concernant le Venezuela, évoque une situation qui «empire». A l’inverse, selon l’Office national antidrogues (ONA), les prises auraient été réduites de 35% entre 2005 et 2008, une façon de prouver l’inutilité de la DEA.
Puis le discours change. A partir de 2009, il ne s’agit plus de montrer que le Venezuela n’est pas un paradis du narcotrafic, mais que l’Etat lutte efficacement contre ce fléau. L’ONA assure dorénavant que les arrestations de trafiquants et les confiscations de drogue progressent: 60 tonnes saisies en 2010 puis environ 45 tonnes les trois années suivantes.
Marcos Tarre, auteur du livre Etat délinquant[3], explique:
«L’Etat présente ces chiffres comme une réussite, mais pas l’ONU qui observe une augmentation constante des arrivages de drogue en provenance du Venezuela.»
«L’Etat semble se désintéresser de la problématique des drogues et n’y met que des moyens modérés. Ces dernières années, le Venezuela s’est transformé en paradis pour les narcotrafiquants», dénonce l’avocat spécialisé en blanchissement d’argent Alejandro Rebolledo.
En 2010, c’est au tour du Groupe d’action financière international (Gafi) d’être débouté après avoir inclut le Venezuela dans la liste des pays déficients en termes de lutte contre le blanchissement d’argent et de financement du terrorisme.
L’année 2012 a été particulièrement riche en arrestations spectaculaires. Les frères Buitrago –d’ex-paramilitaires colombiens– et leurs 8 entreprises de transport et de construction au Venezuela; Diego Perez Henao, le chef des ex-paramilitaires «Rastrojos» et ses 5 millions de dollars de récompense; et surtout le «fou Barrera», Daniel Barrera Barrera, le criminel le plus recherché par la Colombie. «Mais ce n’est que la pointe de l’iceberg», assure l’avocat, dépité.
Plus récemment, fin août 2014, le dernier corps policier chargé d’enquêter sur les trafics de drogue (le CICPC) a été démuni de ce pouvoir au profit de l’armée. «Les militaires de l’armée de terre et de la Garde nationale ont progressivement mis la main sur le trafic de drogue au Venezuela, et maintenant ils en ont le monopole», observe Luis Izquiel, porte-parole de la coalition des partis d’opposition (MUD) en matière de sécurité.
Narco-Etat ou «Narco-régime»?
«Certes les narcotrafiquants ne représentent pas l’Etat dans son ensemble, mais le gouvernement est très clairement leur complice parce qu’il ne les poursuit pas en justice. Dans un pays où la séparation des pouvoirs est plus que malmenée, on peut légitimement se poser la question du narco-Etat», assume de son côté l’opposant Luis Izquiel.
Mildred Camero préfère quant à elle parler de «narco-régime»:
«Il n’a jamais été prouvé que l’Etat vénézuélien utilise l’argent de la drogue pour préparer des campagnes politiques ou financer des entreprises nationales. Le Venezuela vit déjà de la rente pétrolière… Mais le régime ferme les yeux sur les agissements de certains de ses membres, dont des généraux et des gouverneurs, car cela lui convient.»
Presque un an après le cas Air France, seule une trentaine de personnes ont été arrêtées au Venezuela. Les «gros poissons», dont le général Hugo Carvajal, n’ont jamais été inquiétés. La priorité de l’Etat semble aujourd’hui être tournée contre la contrebande d’essence et d’alimentation à la frontière avec la Colombie. Ce business, «plus grand que la drogue», d’après le président Nicolas Maduro, est géré en partie par les militaires qui contrôlent la zone.
1 — Chavisme, narcotrafic et militaires, Conversations avec Mildred Camero, éditions Libros Marcados, mai 2014, Hector Landaeta.Retourner à l’article
2 — Les chavistes dans l’Empire, Secrets, tactiques et scandales de la révolution bolivarienne aux Etats-Unis, éditions La Hoja del Norte, mai 2014, Casto Ocando Retourner à l’article
3 — Etat délinquant, Comment agit la délinquance organisée au Venezuela, éditions La Hoja del Norte, juillet 2013, Carlos Tablante et Marcos Tarre. Retourner à l’article
source: http://www.slate.fr/story/91589/venezuela-narco-etat
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