CANADA: le bureau d’un avocat transformé en quartier général du crime organisé | Daniel Renaud | Affaires criminelles

Me Loris Cavaliere, avocat de la famille Rizzuto,... (PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE)

Me Loris Cavaliere, avocat de la famille Rizzuto, à la sortie de l’église, lors des funérailles de Vito Rizzuto.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE


 Trafic de cocaïne, taxes imposées aux trafiquants, collecte et blanchiment d’argent, actes de violence, règlement de conflits; tous les sujets de discussion auraient été abordés sans retenue au bureau du criminaliste Loris Cavaliere, arrêté la semaine dernière dans une frappe policière majeure.

C’est ce qu’ont indiqué à La Presse des sources proches de l’enquête Magot-Mastiff par laquelle la police a décapité une alliance formée par la mafia, les Hells Angels et le gang de Gregory Woolley qui aurait dirigé les destinées du crime organisé montréalais depuis la mort du parrain Vito Rizzuto il y a deux ans.

Qualifié de « bouclier juridique » par la police, les locaux du criminaliste, situés sur le boulevard Saint-Laurent à Montréal, auraient constitué un véritable quartier général où les acteurs du crime organisé montréalais établissaient leur agenda et discutaient affaires.

Selon nos informations, le bureau de l’avocat et un commerce voisin, où se seraient également tenues des rencontres entre criminels visés par l’enquête, auraient fait l’objet d’une surveillance par caméras intérieures et extérieures et auraient été écoutés par les enquêteurs durant plus d’un an, jusqu’à la frappe policière. L’appareil cellulaire de l’avocat a également été branché.

Dans certaines conversations auxquelles auraient pris part des personnes liées aux Hells Angels ou à leur club-école des Devils Ghost, il aurait notamment été question d’une mystérieuse liste contenant les noms et les adresses de quelques personnes trouvée chez un proche des motards il y a quelques mois.

Les suspects auraient également discuté des meurtres de membres importants du crime organisé montréalais commis ces dernières années, a-t-on appris.

Un facilitateur

Me Cavaliere est connu comme étant l’avocat du clan Rizzuto depuis des décennies. Lors de leur conférence de presse décrivant la frappe la semaine dernière, les responsables ont utilisé le mot « facilitateur » pour décrire son rôle auprès des principaux suspects arrêtés ou ciblés dans l’enquête Magot-Mastiff.

Des sources ont confié à La Presse que l’avocat aurait prêté son bureau à des criminels pour qu’ils puissent s’y rencontrer et comploter pour commettre certains crimes, que ce soit en son absence ou en sa présence. Il aurait même participé à des discussions impliquant des individus considérés par la police comme des membres de la Table de direction de la mafia, des chefs de clan et des importateurs de cocaïne. L’avocat aurait également conseillé des individus criminalisés et serait intervenu pour régler des différends.

Le criminaliste se serait même vanté, alors qu’il était sur écoute, de pouvoir compter depuis plusieurs années sur une taupe au sein des forces de police. Mais vérification faite auprès de la Sûreté du Québec, rien durant l’enquête Magot n’est venu appuyer les dires de l’avocat, au contraire.

Me Cavaliere est toujours détenu et son enquête sur remise en liberté a été fixée à la semaine prochaine, pour la forme. Il est accusé de gangstérisme et de complot pour trafic de stupéfiants. Mercredi, la résidence de l’une de ses proches a été perquisitionnée et les avocats des principaux suspects ont annoncé qu’ils attendaient la divulgation d’une nouvelle preuve avant de décider s’ils renonceront ou non à l’enquête sur remise en liberté de leurs clients. La Couronne pourrait également libérer l’avocat sous conditions. On peut penser que l’une de celles-ci pourrait être de ne plus pratiquer le droit d’ici à la fin des procédures.

L’enquête Magot

Lancée en janvier 2013, elle visait d’abord le chef de gang Gregory Woolley avant d’englober le parrain Vito Rizzuto et ceux qui lui ont succédé après sa mort en décembre 2013. L’enquête a pris fin la semaine dernière notamment par l’arrestation de Loris Cavaliere, Leonardo Rizzuto et Stefano Sollecito, considérés par la police comme les deux nouveaux chefs de la mafia montréalaise, et de Gregory Woolley et ses deux lieutenants, Dany Sprinces Cadet et Jean Winsing Barthelus.

L’enquête Mastiff

Amorcée en 2014, elle visait une cellule de trafic de cocaïne dans le secteur d’Hochelaga-Maisonneuve dont les responsables auraient versé des redevances aux Hells Angels, à Maurice Boucher et au gang de Gregory Woolley. Avec cette enquête, les policiers cherchaient surtout à connaître la route de l’argent provenant de la vente de drogue et ils ont pu compter sur un agent civil d’infiltration très bien placé dans l’entourage du chef de la cellule de trafic de stupéfiants. Après quelques mois, Mastiff a fusionné avec le projet Magot car plusieurs individus étaient ciblés dans les deux enquêtes.

Daniel Renaud
La Presse

http://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-affaires-criminelles/affaires-criminelles/201511/27/01-4925303-le-bureau-dun-avocat-transforme-en-quartier-general-du-crime-organise.php

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FRANCE (TGI de Créteil): le procès des 11 Guyanais pour trafic de cocaïne s’ouvre demain

Bernard DORDONNE – Mardi 01 décembre 2015
Trafic de cocaïne : le procès des 11 Guyanais s'ouvre demain
Les trafiquants enregistraient deux bagages identiques : Dans le premier, 30 kilos d’effets personnels et de serpillières… et dans l’autre, 30 kilos de cocaïne (photo d’archives)

Les 11 Guyanais mis en cause dans l’affaire du vaste trafic de cocaïne, qui transitait par l’aéroport Félix-Éboué – et qui a fait les grands titres en fin d’année dernière – seront jugés demain, jeudi et vendredi à Créteil.

Entre septembre et octobre 2014, Héliane Bazas, Claude Roseau, dit « l’Italien » , et Delroy Peters, considérés comme les deux têtes du réseau ; Floriane B. (17 ans) et Naëlle Limois, les deux « passeuses » ; Naël Belay, chargé de surveiller les porteurs de bagages ; Cannelle Homé-Ho- Chung et Yonéla Sallègue, hôtesses d’enregistrement ; Tanguy Marius, employé de Galéa, société de contrôle des personnes à l’aéroport ; Jean-Luc Libos cadre à la CCIG, Steeve Sicéron, employé à l’hôpital de Cayenne, Frédéric Damas, agent immobilier (déjà connu pour des affaires de drogue), sont interpellés, placés en garde à vue et conduits devant le juge d’instruction de Créteil.
Ce sont les 11 Guyanais (la moitié d’entre eux a moins de 30 ans) qui ont été mis en examen et placés, dans un premier temps, en détention provisoire à Paris. Tous sont soupçonnés d’avoir été impliqués dans un énorme trafic de cocaïne entre le Suriname et la France, via l’aéroport Félix-Éboué. Les trafiquants auraient empoché près de 1,6 millions euros. Entre juin et octobre 2014, 120 kilos de cocaïne ont été saisis par les policiers. Plus de 420 auraient atterri sur le marché parisien avant. Ils seront devant les juges du tribunal correctionnel de Créteil dès demain.
Les avocats guyanais de certains des prévenus (Me Jérémy Stanislas, qui assure les intérêts de Delroy Peters et de Frédéric Damas ; Me Boris Chong-Sit qui défend Cannelle Homé-Ho-Chung et Me Anne Fichet-Radamonthe, l’avocate de Jean-Luc Libos) sont arrivés durant le week-end à Paris. Ils ont pu s’entretenir avec leur client hier pour mettre au point leurs stratégies de défense. Me Stanislas et Me Maurice, du barreau de Paris, ont soulevé des moyens de nullité de la garde à vue pour l’un des mis en cause, Frédéric Damas. « La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris avait refusé d’y faire droit. Nous avons poursuivi jusqu’à la chambre criminelle de la cour de cassation, qui a cassé la décision rendue par la cour d’appel et a renvoyé l’affaire devant la même cour, mais autrement composée. La date n’a toujours pas été fixée » , explique l’avocat guyanais. Cette décision de la chambre criminelle de la cour de cassation devrait entraîner le renvoi de l’affaire en attendant que Frédéric Damas repasse devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris. « Personne ne sait ce que les juges du tribunal de Créteil vont décider. Juger quand même alors que la cour d’appel va devoir se prononcer ou renvoyer une nouvelle fois l’affaire ? » , s’interroge-t-il.
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