SVA (Puerto de Valencia): confiscan en el puerto 1.450 kilos de cocaína valorados en 50 millones de euros . Las Provincias

9ada7-escudo2bsva2b001Una operación antidroga de la Policía Nacional, Guardia Civil y Vigilancia Aduanera se salda con la incautación del alijo y la detención de cinco traficantes

A. CHECA/J. MARTÍNEZ

4 diciembre 201521:11

Una operación antidroga de la Policía Nacional, la Guardia Civil y el Servicio Vigilancia Aduanera se saldó ayer con la incautación de unos 1.450 kilogramos de cocaína, que llegaron al puerto de Valencia ocultos en un contenedor, y la detención de cinco presuntos integrantes de una red internacional de narcotráfico.

Los arrestos de los supuestos traficantes tuvieron lugar ayer en diferentes lugares tras una entrega controlada del alijo de cocaína en una empresa de Chiva. La operación antidroga culminó una ardua investigación en la que han participado tanto agentes del Cuerpo Nacional de Policía como de la Guardia Civil. Los cerca de 1.450 kilos de cocaína confiscados podrían haber alcanzado un valor aproximado de 50 millones de euros en el mercado negro.

Los detenidos fueron trasladados a la Jefatura Superior de Policía de Valencia, donde se realizaron las primeras Varios policías inspeccionan un cargamento de carbón que camufló un alijo de cocaína en el puerto. :: dgpdiligencias y les leyeron sus derechos. Los investigadores les atribuyen un delito contra la salud pública y otro de pertenencia a organización criminal, con el agravante de extrema gravedad, al cometer presuntamente el delito de tráfico de drogas a través de una red organizada.

Un grupo numeroso de agentes de paisano montó un operativo en una localidad valenciana para detener a todos los implicados, dos de ellos de nacionalidad colombiana. Algunos de los policías que participaron en la operación pertenecen a la Brigada Central de Estupefacientes con sede en Madrid. El Equipo de Delincuencia Organizada y Antidrgoda de la Guardia Civil de Valencia colaboró también en las investigaciones.

El pasado mes de septiembre, otra operación conjunta de la Agencia Tributaria y la Guardia Civil de Valencia permitió la incautación de un alijo de 300 kilos de cocaína tras la apertura de un contenedor desembarcado en el Puerto de Valencia. La droga llegó en un barco procedente de Costa Rica y podría haber alcanzado un valor de unos 10 millones de euros en el mercado negro. La operación antidroga tuvo lugar el pasado martes tras una investigación realizada por la Unidad de Análisis de Riesgo (UAR) de Vigilancia Aduanera, un grupo formado por agentes de la Agencia Tributaria y guardias civiles de la Oficina de Análisis e Investigación Fiscal (Odaifi) de Valencia.

En marzo de este año, un grupo de narcotraficantes arrojó al mar un cargamento de cocaína frente a la costa de Dénia ante el temor de que fueran descubiertos y apresados por una patrullera de Vigilancia Aduanera. Un dispositivo policial de la Agencia Tributaria en aguas del límite de las provincias de Alicante y Valencia echó al traste el desembarco del alijo de droga. El hallazgo de los fardos de cocaína tuvo lugar de forma casual, ya que la embarcación de Vigilancia Aduanera se topó con la droga flotando en el mar, cuando realizaba un servicio rutinario en aguas de Dénia.

Otra operación desarrollada de manera coordinada por el Cuerpo Nacional de Policía, Vigilancia Aduanera y la Guardia Civil se saldó con 13 detenidos y la incautación de 400 kilos de cocaína que estaban ocultos en unidades de maquinaria pesada que llegaron en tres contenedores al puerto de Valencia.

http://www.lasprovincias.es/sucesos/201512/04/confiscan-puerto-kilos-cocaina-20151204003213-v.html

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FRANCE (aéro – narcotrafic): l’Anglais Robert Dawes derrière le « vol Air Cocaïne » de Roissy

La drogue de la mafia volait sur Air France mais c’est un Anglais qui pilotait l’opération. Deux ans après la saisie record de près de 1.4 tonne de cocaïne à Roissy, Robert Dawes, l’organisateur présumé vient d’être écroué en France.

 

Des valises portant encore l’étiquette du vol Air France Caracas – Charles de Gaulle aux noms de passagers fantômes. (Bernard Bisson/JDD)

 

« Air Cocaïne » : cette compagnie aérienne n’existe pas mais l’appellation refleurit à chaque fois que des trafiquants utilisent la voie aérienne pour transporter leur « marchandise ». On se souvient du Boeing, vraisemblablement chargé de quelque 6 tonnes de coke, dont la carcasse fumante avait été retrouvée en plein désert dans le nord-est du Mali à l’automne 2009. Depuis mars 2013, l’affaire du jet d’Alain Afflelou et de son chargement (680 kg de cocaïne) bloqués en République Dominicaine n’en finit pas de rebondir jusqu’à la rocambolesque  « exfiltration » des deux pilotes français en octobre dernier. Mais c’est aujourd’hui le dossier du vol d’Air France « Caracas – Paris » qui revient sur le devant de la scène judiciaire avec le placement en détention provisoire en France d’un Anglais soupçonné d’avoir organisé l’expédition de plus de 1.3 tonne de cocaïne saisie à Roissy – la plus importante jamais réalisée en métropole – en septembre 2013.

Résultat de recherche d'images pour "robert dawes"A 44 ans, Robert Dawes est considéré comme l’un des dix plus importants acteurs du trafic de drogue en Europe.

« Vous lui confiez n’importe quel produit, en n’importe quelle quantité, il vous le transporte n’importe où dans le monde! » A écouter ce policier spécialisé, Dawes serait un peu le « DHL »du trafic de drogue capable de faire voyager héroïne, cocaïne ou cannabis dans des camions, des containers, des extincteurs ou de simples valises… Une réputation non usurpée si l’on se penche sur les ressorts de la saisie opérée en septembre 2013 à Roissy. A l’époque, Manuel Valls, ministre de l’Intérieur, avait fait le déplacement jusqu’à Nanterre, au siège de l’Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS), pour féliciter les enquêteurs et constater l’ampleur de la prise estimée à plusieurs dizaines de millions de d’euros.
400 kg pour la Camorra napolitaine

D’un côté, des pains de 1.1 kg de coke estampillés « Patek Philippe – Genève » ou encore barrés d’une croix rouge ou de deux lignes parallèles. De l’autre, une trentaine de valises portant encore l’étiquette du vol Air France Caracas – Charles de Gaulle aux noms de passagers comme « Biancha Sanchez » ou « Carlos Ortegas »… Des passagers fantômes dont les bagages avaient été enregistrés grâce de nombreuses complicités locales au Venezuela. Au total, une vingtaine de personnes, dont plusieurs militaires anti-drogue vénézuéliens, ont été arrêtés sur place. Ainsi que le chef d’escale adjoint de la compagnie française. Des accusations injustifiées selon son avocat français Me Alex Ursulet mais aussi pour son employeur qui a d’ailleurs pris en charge financièrement sa défense. « Alberto Chirino est innocent », martèle le pénaliste parisien. « L’enquête le démontre : d’abord il ne devait pas travailler ce jour-là; ensuite les images vidéo de l’enregistrement des bagages le dédouanent également; enfin, l’examen de la téléphonie apporte la preuve que les autres mis en cause sont en contact téléphonique avant, pendant et après l’opération alors que mon client n’a jamais été en contact avec eux! »

Aucune complicité n’a pu être établie sur la plate-forme de Roissy. C’est pourtant là, sous la discrète surveillance des policiers de l’OCRTIS, que les valises ont été stockées avant qu’un premier camion ne vienne prendre livraison de 400 kg. Il sera intercepté avant la frontière Luxembourgeoise. Sa destination : Naples où la Camorra ne le verra jamais arriver. Le reste de la cargaison était destiné, selon une source proche de l’enquête, aux Pays-Bas puis au Royaume-Uni. Trois Italiens âgés d’une quarantaine d’années sont toujours écroués dans ce dossier. Ainsi que deux Anglais, âgés de 28 et 32 ans, deux lieutenants présumés de Dawes.
Des liens avec la famille Karzaï

Originaire des environs de Nottingham en Angleterre, Robert Dawes a commencé sa « carrière »comme simple homme de main dans l’ombre de son père Arthur et de son frère ainé John avant de gagner ses galons de « baron de la drogue » à la fin des années 90 dans le sud de l’Espagne. C’est là, dans la très chic station balnéaire de Benalmádena près de Málaga sur la Costa del Sol, que ce père de trois enfants a été interpellé début novembre par la Garde civile suite à un mandat d’arrêt européen délivré par la France. Mais l’homme intéresse également les polices anglaise et hollandaise: son nom a en effet cité dans au moins deux affaires de meurtre en 2002 à Groningen aux Pays-Bas et a Sutton, sa ville d’origine.

Voyageur infatigable – il revenait d’un séjour en Finlande lors de son interpellation- l’Anglais a été signalé au fil des ans aussi bien en Afrique du Sud, qu’en Amérique du Sud ou encore à Dubaï où il est tombé en 2007 notamment pour blanchiment. A cette occasion, ses liens avec le sulfureux neveu de l’ancien président afghan Karzaï avaient été mis à jour. Cela ne l’aurait pas empêché de poursuivre son business depuis sa cellule aux Emirats-Arabes-Unis selon les autorités espagnoles qui obtiennent son extradition en 2011 suite à une saisie antérieure de plus de cinq tonnes de résine de cannabis, 100 kilos d’héroïne et 210 kilos de cocaïne… Avant de résoudre à le laisser filer suite à un problème de procédure. Présenté à la juge Anne Bamberger à son arrivée à Paris, Robert Dawes a été mis en examen et placé en détention provisoire.

Stéphane Joahny – Le Journal du Dimanche

http://www.lejdd.fr/Societe/Justice/Un-Anglais-derriere-le-vol-Air-Cocaine-de-Roissy-762641

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MAROC: 40 tonnes de cannabis saisies sur une aire de repos

C’est l’une des plus grosses prises réalisées au Maroc. 40 tonnes de cannabis ont été saisies ce matin sur une aire de repos de l’autoroute reliant Casablanca à El Jadida, selon un communiqué du ministère de l’Intérieur parvenu à la rédaction. L’opération policière a permis de démanteler un présumé réseau international de trafic de drogue constitué de 9 personnes.

Les 40 tonnes cannabis étaient cachées dans trois grands camions qui ont été saisis par le Bureau Central d‘Investigation Judiciaire (BCIJ). Les autorités compétentes ont pu également mettre la main sur des fausses plaques minéralogiques, des sommes d’argent, des téléphones portables et plusieurs puces non utilisées. Un 4×4 été chargé d’ouvrir la voie au convoi alors que les plaques d’immatriculation des camions avaient été toutes changées.

L’enquête sous la supervision de la BCIJ est toujours ouverte pour déterminer l’identité des trafiquants et de leurs éventuels complices.

…Suite : http://www.yabiladi.com/articles/details/40743/maroc-tonnes-cannabis-saisies-aire.html

http://www.yabiladi.com/articles/details/40743/maroc-tonnes-cannabis-saisies-aire.html

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SUISSE: la police traque dealers et consommateurs à Bex

Drogue

Inédit dans la commune, un imposant dispositif policier se déploie depuis mardi.

La présence continue d’agents de la police du Chablais a déjà changé la physionomie de la gare. Les dealers en sont désormais absents. (Photo: Chantal Dervey)
Flavienne Wahli Di Matteo
 La vision est surprenante à la gare de Bex. Exit les grappes de dealers à l’affût de clientèle aux abords des quais. Depuis quelques jours, policiers et voitures de patrouille occupent la place et sillonnent les rues de la Cité du sel. Leur mission: arrêter, identifier et fouiller les individus suspects. Objectif: les dissuader de poursuivre leur activité dans ce village miné par un trafic mené au vu et au su de tous.
 Avec l’appui du Canton, la Commune a décidé de frapper un grand coup. Un état-major spécifique s’est constitué pour coordonner le travail de la police du Chablais vaudois (EPOC) avec celui des polices cantonale, judiciaire et des transports. Pour une durée de deux mois, reconductible, quatre policiers au minimum sillonneront le village sept jours sur sept, selon un horaire étendu jusque tard dans la nuit. Ils pourront bénéficier du renfort de brigades canines et de laboratoires mobiles de la police cantonale dans le cadre d’opérations plus pointues ciblant également les consommateurs (lire ci-dessous).

Assurer une présence visible

«Suite à une demande de Bex, nous avons décidé de prendre des mesures de type résolution de problème, explique la conseillère d’Etat Béatrice Métraux, cheffe du Département de la sécurité. Il s’agit d’assurer une présence visible en uniforme dans la rue de manière dissuasive. L’objectif est clairement de diminuer la visibilité du phénomène, de diminuer l’attractivité de cette région pour les consommateurs et ainsi de renforcer le sentiment de sécurité de la population.» «Cette stratégie, nous la connaissions, mais à l’échelle de la commune nous ne disposions pas de moyens suffisants pour la mettre en place», rappelle Daniel Hediger, municipal de la Police à Bex.

Le fléau étant identifié de longue date, quel a été le déclic à cette action coordonnée? «Quand j’ai pris mes fonctions, en 2011, on comptait une quinzaine de dealers à Bex. En 2013, au début de l’opération «Strada», il y en avait 21, compte Daniel Hediger. Dernièrement, ils étaient 35. Nous avions atteint la cote d’alerte.»

Devoir accompli

«Si les choses ont bougé, c’est grâce à nous, parce qu’on s’est obstinés, se félicite Sandrine Moesching-Hubert, qui vient de quitter sa fonction de présidente de l’Association Mon village sans dealers, mouvement citoyen lancé il y a une année. Depuis le début, nous demandons une coordination des polices, nous avons amené ce lien. J’éprouve un sentiment de devoir accompli. Depuis deux jours, les gens me téléphonent, euphoriques, car ils constatent l’absence du trafic. Dans un village, ce n’est pas pareil qu’en ville, ce trafic omniprésent a généré un sentiment d’insécurité profondément ancré.»

«C’est très net! Hier soir, j’ai vu deux dealers au village, d’habitude j’en compte 18», constate Carole Käser, patronne du Café de la Gare. Sur les quais, les policiers ne comptent plus encouragements et remerciements. Reste à évaluer la portée de l’action à long terme. «Il faut rester modeste, concède Daniel Hediger. Rien n’est garanti. Dans d’autres cités, le trafic est simplement devenu plus discret. Ce résultat soulagerait déjà les Bellerins.»

Quant à la crainte de voir le fléau se déplacer, Béatrice Métraux est claire: «La police cantonale va bien entendu et en permanence suivre l’éventuel déplacement de la problématique, dans d’autres régions du canton notamment.»

(24 heures)

http://mobile2.24heures.ch/articles/56607ae3ab5c37331d000001

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NARCOROYAUME: au Maroc, arrestation du « fixeur » d’une équipe de Canal+

Au Maroc, des fermiers qui détruisent des champs de cannabis dans le Rif, sous la supervision des forces de l'ordre, en 2006.

Casablanca, 11 heures, lundi matin 30 novembre.

Deux hommes en civil, visages fermés, attendent devant le 105, rue Mostafa-El-Maani, en centre-ville. Ils s’adressent au portier à qui ils demandent un certain Mohamed Drissi. Au deuxième étage de cet immeuble moderne, planté dans cette artère populeuse, les équipes du site d’information en ligne ledesk.ma s’activent. Parmi eux, Mohamed Drissi, surnommé Simo par ses proches, 36 ans. Il est le directeur artistique du site d’information lancé début novembre et dont l’objectif est de renouveler les médias en ligne au Maroc, avec de l’enquête et du grand reportage.

Simo quitte son bureau et va à la rencontre de ses visiteurs restés sur le pas de la porte. Puis il remonte parmi ses collègues, ramasse ses affaires et part entouré des deux hommes qui ne sont autres que des fonctionnaires de la gendarmerie royale, qui enquêtent sur un documentaire sans lien avec les scoops déjà révélés par ledesk.ma. « Il a été conduit dans un premier temps dans les locaux de la gendarmerie de Casablanca avant d’être emmené à Chefchaouen [à 330 km au nord de la capitale économique du royaume, dans le Rif] », confie un collègue.

Diffusé le 18 novembre sur Canal+, Aux royaumes du shit est un film documentaire que la chaîne cryptée présente comme « une immersion sans précédent au cœur de l’un des commerces criminels les plus lucratifs de la planète ». Pour l’émission « Spécial investigation », le réalisateur Jérôme Pierrat, spécialiste du grand banditisme, a suivi pendant un an toutes les étapes de la filière du trafic de cannabis marocain. De la petite exploitation agricole aux confins du Rif, jusqu’à la traversée vers l’Espagne sur un Zodiac chargé de drogue, en passant par les ateliers où se confectionnent les « valises marocaines » (des blocs de résine de 25 kg), l’enquête donne la mesure d’une production de cannabis à l’échelle industrielle. Et pointe des complicités au sein des autorités censées lutter activement contre le trafic.

« Mission ponctuelle et anodine »

Si Mohamed Drissi est en délicatesse avec les autorités marocaines, c’est parce qu’il a brièvement travaillé avec les équipes de Canal+. « C’était en juin. Nous avons employé Simo pendant quelques jours. Il nous a mis en relation avec un agriculteur. Son rôle était strictement celui d’un fixeur sur une mission ponctuelle et anodine », déclare au Monde Afrique le producteur, Marc Berdugo. Ce quinquagénaire, ancien grand reporter à l’agence Capa, est l’un des dirigeants de Magnéto Presse, qui a produit Aux royaumes du shit.

Un homme teste la qualité du haschich à Chefchaouen, à 330 km au nord de Casablanca.

Pour un documentaire sur un sujet aussi sensible au Maroc – le royaume est le premier producteur exportateur de résine de cannabis en Afrique, selon le dernier rapport de l’Organe international de contrôle des stupéfiants (ONU) –, l’équipe a dû jouer avec les contraintes locales. En premier lieu, l’administration : « Nous avons demandé l’autorisation de tourner, sans jamais recevoir de réponse des autorités, affirme Marc Berdugo. Mais nous avons continué. C’était un travail de longue haleine qui a nécessité plusieurs séjours sur place. Simo n’a travaillé que quatre jours en juin. » Obtenir une autorisation de tournage est souvent un sujet de crispation entre les chaînes de télévision étrangères et le gouvernement marocain. De fait, le ministère de la communication marocain, sur son site Internet, conseille « aux demandeurs d’autorisations de tournage de ne se déplacer au Maroc qu’après l’obtention des autorisations ».

Capture d'écran du documentaire "Aux royaumes du shit", diffusé sur Canal+ le 18 novembre.

Or les équipes de journalistes n’ont souvent d’autre choix que de filmer clandestinement, ce que les autorités ne peuvent ignorer. « A l’époque où Simo a été brièvement fixeur, nous étions toujours en contact avec les autorités, poursuit Marc Berdugo. Comme nous l’avons fait avec la Guardia civil espagnole, nous voulions interroger les responsables de la lutte contre le trafic de cannabis, côté marocain. » Une demande là aussi restée sans réponse.

« Le seul qui n’ait rien à se reprocher »

Le réalisateur Jérôme Pierrat est formel : « Mohamed Drissi n’a pas été associé au reste du travail, et notamment le volet trafic. Pour ce type d’enquêtes, les tournages sont très compartimentés. Si nous avons contacté Simo, c’est parce qu’il avait déjà effectué un reportage photo sur ce sujet dans [l’hebdomadaire marocain] TelQuel, en 2014. Nous n’avons rien inventé. »

Jérôme Pierrat enfonce le clou : « Arrêter et poursuivre Simo est aberrant. De tous les interlocuteurs et protagonistes du film, c’est le seul qui n’a rien à se reprocher. Il nous a récupérés, mon cadreur et moi, à Tanger, nous a emmenés à Chefchaouen pour rencontrer un agriculteur et nous a raccompagnés. C’est tout. »

Faut-il voir dans cette arrestation une tentative d’intimider les fixeurs qui collaborent avec les médias étrangers ou plutôt une mesure de rétorsion contre les producteurs du documentaire Aux royaumes du shit ? Marc Berdugo, lui-même marocain issu d’une grande famille de commerçants proches du palais, botte en touche : « Si un message devait m’être adressé, ça aurait été plus direct. » Jérôme Pierrat, lui, met en avant « l’urgence absolue de libérer Simo ».

Contactés, les proches de Mohamed Drissi sont particulièrement inquiets et se refusent pour le moment à tout commentaire. Des démarches ont été entreprises pour dénouer cette situation qui risque de crisper encore les relations, déjà difficiles, entre la presse et le pouvoir. Or, mercredi 2 décembre, après deux jours de garde à vue et une première prolongation, Mohamed Drissi a été placé en détention provisoire et un juge d’instruction a été désigné. Pour l’heure, l’avocat de Mohamed Drissi, Me Youssef Chehbi, n’a pas eu accès à son client. Faute d’avoir été prévenu à temps, il ne connaît pas encore les charges qui sont retenues contre lui.

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/12/03/au-maroc-arrestation-du-fixeur-d-une-equipe-de-canal_4823681_3212.html

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Lire aussi : Au Maroc, le désarroi des journalistes indépendants

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