Les rues où évoluent les dealers sont les rues Joseph Junck, de Strasbourg ou l’avenue de la Gare; leurs transactions avec les consommateurs se font au vu et au su de tous, se shootant dans des cours ou devant des pas-de-porte.
Deux réseaux majeurs sévissent
La police grand-ducale est consciente du problème et pense que deux réseaux majeurs contrôlent le trafic de drogue dans le quartier Gare.
Les deux gangs seraient originaires de pays d’Afrique de l’Ouest: le Nigéria et la Guinée. Les activités du réseau nigérian ont amené à plusieurs reprises la police à un café situé au milieu de la rue de Strasbourg. Le gang a depuis déplacé ses activités à l’avenue de la Gare, entre deux fast-foods.
Les trafiquants de Guinée se sont installés dans un restaurant de la rue Joseph Junck. Cependant, prouver la responsabilité des patrons de bars ou de restaurants dans le trafic de drogue n’est pas évident, celui-ci se déroulant généralement en pleine rue. Et les bars changent fréquemment de main.
Des rôles bien définis
Le procédé est toujours le même: un éclaireur fait le guet au coin de la rue pour signaler la venue éventuelle de la police. Les intéressés prennent contact avec ce « runner » comme on le nomme.
Un autre reçoit l’argent de la transaction et un troisième se charge de rapporter la marchandise en quelques instants. Cette répartition des tâches entre plusieurs personnes rend le travail plus ardu pour la police pour qui il devient beaucoup plus compliqué d’assembler des preuves. Les dealers ne transportent ainsi que de très petites quantités de drogues sur eux, rarement plus de six petits sachets d’héroïne ou de cocaïne.
Les drogues elles-mêmes arrivent au Luxembourg via les Pays-Bas et l’Espagne. Le gang nigérian est plutôt spécialisé dans la cocaïne et le guinéen dans l’héroïne.
Un travail difficile pour la police
Pour la police, traquer tous ces dealers n’est pas évident. La plupart d’entre eux ont des papiers en règle, italiens la plupart du temps. Mais seule une minorité est enregistrée comme résidente au Luxembourg. L’équipe chargée de combattre les drogues a vu ses effectifs réduits il y a plusieurs années et les policiers craignent que la réorganisation de leur service ne provoque encore une réduction des effectifs, ce qui fera la joie des gangs.
Dans le cadre de l’enquête, les drogues vendues au Luxembourg sont testées dans un laboratoire d’Etat à Dudelange, où des scientifiques analysent leur composition chimique. Les résultats montrent que l’héroïne et la cocaïne sont souvent coupées avec des substances comme le lactose, la caféine ou le paracétamol.
Parmi les diluants retrouvés fréquemment dans les drogues au Luxembourg, le laboratoire a trouvé du Levasimol, un médicament vétérinaire permettant de vermifuger les animaux domestiques et qui peut être dangereux pour les êtres humains.