Les explications du général DRH de la Gendarmerie manquent cruellement de crédibilité, car elles sont clairement déconnectées de la réalité du terrain ! Ce n’est peut-être même pas de sa faute, car, pour l’avoir pratiqué, les remontées partent toujours très défavorables de la base pour arriver très convenable sur le bureau du DG une fois qu’elles ont gravi tous les échelons hiérarchiques.
La gendarmerie fonctionne de façon stalinienne dira-t-on… bref.
Revenons en aux arguments déployés ici :
– « Recrutement stable » […] mais à quel prix ? Bien qu’il affirme que le recrutement reste constant, il omet de mentionner les conséquences de cette stabilité, obtenue au prix d’une baisse significative des seuils de recrutement (notes obtenues au concours) et d’une réduction des exigences aux épreuves sportives.
– « Problème générationnel ? » : Il évoque une supposée incapacité de la jeune génération à durer, ce qui, avouons-le, est peu flatteur.
Pourtant, cette analyse est partiellement erronée.
1. Effectivement, le niveau général du recrutement a baissé, ce qui impacte directement l’implication des personnels, entraînant de nombreux départs de jeunes dans les cinq années suivant leur incorporation.
2. Cependant, les jeunes découvrent aujourd’hui une société marquée par une violence sans précédent comparée à celle d’il y a 20 ans, avec un niveau de délinquance en forte explosion. En face, une gendarmerie insuffisamment équipée, avec des moyens et des effectifs loin d’être à la hauteur, les expose à une pression intense. Les 100 heures par semaine sont heureusement exceptionnelles, mais des semaines de 60 heures effectives restent courantes dans certaines unités.
– Évoquons l’accumulation des facteurs de découragement : Rafale de violences subies, confrontation régulière à la mort, dossiers judiciaires complexes en cascade, tensions avec certains magistrats peu favorables aux forces de l’ordre, et pression hiérarchique exacerbée par un système militaire rigide où l’obligation de se taire est omniprésente. À cela s’ajoutent les délinquants qui se montrent de plus en plus impunis et provocateurs, renforçant le sentiment d’abandon chez les personnels.
– Logement de fonction
Avantage et inconvénient : s’il constitue un atout pour les jeunes débutants (quand il est salubre), le logement de fonction devient un frein pour ceux qui souhaitent accéder à la propriété en milieu de carrière, aggravé par les impératifs de mobilité et les déménagements fréquents.
– Perte de repères patriotiques
Depuis plusieurs décennies, le sentiment national et patriotique a été érodé par les politiques, devenant presque tabou en dehors des casernes. Cette dissonance croissante entre le système militaire traditionnel et une société en mutation laisse certains gendarmes désemparés, ne sachant plus quel lien entretenir avec cette société.
– Plus tabou enfin, la vaccination obligatoire : un autre élément dissuasif pour certains reste la vaccination contre le Covid-19, encore imposée aux jeunes recrues et aux militaires partant en OPEX.
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