Un phénomène ancien
Pour Solomon Sundu, de l’ONG Be Found, ce problème ne date pas d’hier : « Depuis la guerre civile, des passeports diplomatiques ont été vendus ou offerts à des étrangers en échange de soutien économique ou politique. Aujourd’hui, les mêmes pratiques continuent, sous d’autres formes. »
Selon lui, le trafic de passeports diplomatiques est le symptôme d’un effondrement moral de l’État, où le pouvoir politique a trop souvent été au service des intérêts privés. « La Sierra Leone a besoin de vrais investisseurs, pas de gens qui se pavanent avec nos passeports diplomatiques pendant qu’ils trafiquent de la cocaïne », dénonce-t-il.
Les précédents scandales de drogue et de diplomatie en Sierra Leone
Années 2000 — Lungi. Un avion chargé de cocaïne est saisi sur le tarmac de l’aéroport international. L’affaire révèle les premiers liens entre la Sierra Leone et les cartels sud-américains. PLUS
2010 — Freetown. Le magnat minier Frank Timis, déjà condamné pour héroïne, est accusé par des ONG d’avoir profité du chaos post-guerre pour bâtir un empire opaque, mêlant exploitation minière et circuits financiers douteux.
Janvier 2025 — Conakry. Un véhicule de l’ambassade de Sierra Leone est intercepté avec sept valises de cocaïne. L’ambassadeur est rappelé à Freetown.
Octobre 2025 — Istanbul. Arrestation du trafiquant turc Abdullah Alp Üstün, alias Don Vito, porteur d’un passeport diplomatique sierra-léonais, selon la presse turque. PLUS
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