La police m’avait pourtant fait partir !
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La police m’avait pourtant fait partir !
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A Beauvau, on continue à utiliser la lutte contre la drogue comme arme de propagande pour Gerald Darmanin, le locataire des lieuxLes guerres de territoires que se livrent les réseaux de trafiquants de drogue ont fait 16 morts depuis le début de l’été à Marseille. Un enquêteur de la brigade des stups qui travaille depuis sept ans dans les cités des quartiers nord nous livre les dessous de cette lutte sanglante.
Comment expliquer ces « réglos » en série ?
À Frais-Vallon, les Oliviers, Campagne Lévêque, la Castellane, la Paternelle, les guerres de territoires ont toujours existé. La « vague » d’homicides constatée depuis quatre mois est un phénomène bien connu des enquêteurs locaux.
Dans ces cités gangrénées par les trafics, on tue « soit pour récupérer un point de vente, soit c’est du « carottage », quelqu’un qui a volé une nourrice ou de l’argent… » explique ainsi un enquêteur de la brigade des stupéfiants qui souhaite rester anonyme.
« Il y a aussi ceux qui étaient en prison et qui essaient de reprendre leurs points de vente à la sortie, c’est tout ça qui est mélangé. Pour savoir exactement ce qu’il s’est passé pour tel ou tel règlement de comptes, c’est très compliqué ».
L’enquêteur ne croit pas aux vertus des passages par la case prison. « Aujourd’hui, la prison c’est un lieu de rencontre! ». « La répression comme elle est faite ne fonctionne pas. J’entends parler de guerre contre les stupéfiants, nous, à la brigade des stups, on est tous morts de rire. »
Il y a aucune guerre contre les stupéfiants, c’est une guerre de com.
Lors de sa venue à Marseille le 2 septembre, Emmanuel Macron a préconisé une politique de « harcèlement des trafics », annonçant le renfort de 200 policiers en 2022, pour « pilonner les quartiers ».
Ces descentes de flics pour faire tomber des points de vente sont sans effet sur les trafics, selon l’enquêteur de la brigade des stups. Pour preuve, la dernière opération coup de poing qui a permis de saisir 30 kilos de drogue à Campagne-Lévêque ces derniers jours.
« Combien d’interpellés ? zéro ! ça ne sert à rien, on leur a pris 30 kilos mais ils font 70 et 100.000 euros/jour… ils n’en ont rien à faire. Même si vous interpellez le guetteur qui a 15 ans et le charbonneur qui en a 17, ça ne va pas casser le réseau… Derrière, la réponse pénale est très faible, quand il y en a une ».
En fait, pour lui, la saisie de stups n’est pas le plus important. Pour frapper fort et désorganiser un réseau, il faut identifier et « taper » tous les maillons de la chaîne, du livreur jusqu’au gérant de point.
« Dernièrement sur Tarascon, on a pris 11 personnes, du guetteur au jusqu’au patron, le point n’a pas rouvert à ce jour », assure l’enquêteur, qui ne se fait pas pour autant d’illusion. « Bien sûr qu’il va réouvrir, mais là, vous avez de l’impact ».
À Marseille, un point de vente qui tombe rouvre… quasi instantanément. « Ma plus grosse saisie, c’est 324 kilos sur une cité, une heure et demi après, le point était rouvert parce qu’on a tapé que dans les approvisionneurs pas dans la hiérarchie », raconte l’enquêteur de la brigade des stups. « Si vous enlevez les têtes, pour se réorganiser c’est très compliqué. Je ne dis pas que ça ne se remontera pas, mais ça va prendre du temps ».
Si les descentes régulières sont à ses yeux nécessaires, la vraie solution pour lui, c’est une présence policière permanente au pied des immeubles.
« Si on veut faire la guerre, il faut se donner les moyens, mettre une compagnie de CRS, à l’année, nuit et jour, 365 jours par an, 24 heures sur 24, dans chaque cité, et il n’y a plus de réseaux, plus de deals. Aujourd’hui, on met des CRS mais de 10h à 16h, et à 16h quand ils s’en vont, le point de vente rouvre… »
La guerre contre les trafics de drogue doit se livrer « à la source ». À Marseille, les trafics s’organisent principalement autour de l’herbe et de la résine de cannabis. 90 % du shit arrive du Maroc.
« Tout le monde sait que ça vient de là-bas, alors qu’est-ce qu’on attend ?, interroge l’enquêteur, c’est bien de faire une guerre contre les stups, mais si on ne va pas à la source, ça ne sert à rien… c’est de la com. Si on veut vraiment s’attaquer au fond du problème, il faut verrouiller les frontières, c’est diplomatique. »
Le constat est amer. Le policier, qui a fait dix ans de Bac avant d’entrer aux stups, est allé voir le dernier film de Cédric Gimenez BAC Nord qui cartonne au cinéma. « C’est romancé, mais c’est totalement ça, ça colle à la réalité, j’ai vu des scènes que j’ai vécues », confie-t-il.
À Marseille, la réalité dépasse tristement la fiction !
Le procès a viré au bras de fer procédural entre magistrats et avocats, provoquant neuf suspensions. Moufide Bouchibi jusque-là n’a pas été entendu.
Les avocats ont accusé le tribunal de vouloir juger le prévenu «à marche forcée», les magistrats dénonçant, eux, une obstruction.
Appel de l’acte de renvoi, contestation des écoutes téléphoniques, et du mandat d’arrêt lancé en 2012: les avocats sont encore revenus à la charge jeudi pour torpiller la procédure et tenter de faire annuler le procès, en vain. «Il n’a jamais été informé qu’il était poursuivi et qu’il était en fuite (…) ce procès est impossible, il faut arrêter le massacre», a plaidé Me Thomas Bidnic.
Nos « Dalloziens » distingués n’aiment pas que les avocats de la défense remettent en cause les procédures. Eux, toujours tellement respectueux des textes qu’ils savent, si nécessaire, s’en affranchir !
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En mémoire le magistrat Frederick Arseneault du tribunal Provincial de Barhurst au Nouveau Brunswick qui condamna à perpétuité Marc Fievet, l’agent infiltré de la Dnred de la Douane Française qui avait plaidé coupable à la demande de la Direction générale de la Douane Française, du ministre DSK et de son dircab François Auvigne. Perpétuité obtenue, alors que Fievet n’avait pas d’avocats, et retour en France où l’adaptation de la sentence à Bobigny, prononcée à huis clos, qui devait arranger la situation de Fievet se transforma alors en véritable catastrophe juridico-administrative puisque, non contente de transformer la sentence en 20 ans de taule sans prendre en compte son temps de détention déjà effectué, la substitut du procureur Djemni-Wagner qui obtint 20 ans, conseilla à Fievet de déposer un recours en grâce présidentiel, se lavant les mains à la Ponce-Pilate..
Jean Puons, le directeur de la DNRED, rendit visite à Fievet pour lui dire que l’on allait privilégier le recours en grâce et qu’il ne fallait surtout pas faire appel de la sentence prononcée pour ne pas retarder encore sa libération !
Le DG François Auvigne refusa alors au directeur de la DNRED Jean Puons l’intervention pour obtenir la grâce.
L’ancien directeur de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), Jean Henri Hoguet, affirme qu’il n’avait « jamais entendu la DNRED dire que ce dernier avait tenté de faire du trafic pour son propre compte ». Il confirme que plusieurs responsables des douanes sont allés rendre visite à Marc Fiévet en Espagne, puis en Angleterre et au Canada : « On lui a dit de plaider coupable et qu’ensuite on le ferait rapatrier en France pour arranger les affaires », assure le haut fonctionnaire. Cependant, Jean-Henri Hoguet assure qu’il s’est passé ensuite « quelque chose de tout à fait inhabituel » : le nouveau directeur général des douanes, qui ne connaissait pas l’affaire, devait intervenir auprès du ministre des Finances, qui devait lui-même avertir le ministère de la Justice pour tenter d’obtenir — via le parquet — sa remise en liberté. « Une peine symbolique, comme par exemple cinq ans avec sursis », précise l’ex patron de la DNRED. Une promesse faite à l’agent infiltré qui n’a jamais été tenue. La situation a scandalisé M. Hoguet : « Si je suis sorti de ma réserve, c’est que je trouve inadmissible ce qui s’est passé (…). C’est la première fois que je rencontre un tel comportement qui fait que la continuité de l’État n’est pas assurée ou assumée ».
Pour Marc Fievet , c’est de Dunkerque à Bordeaux, d’Algeciras à Rotterdam, d’Anvers au Pirée, d’Hambourg à Lisbonne, du Havre à Naples et Gioia Tauro, de Saint Nazaire à Marseille et de Gdansk à Cagliari par le seul fait que nos frontières européennes sont, comme les frontières françaises des passoires et que nos élites dirigeantes n’ont pas encore réalisé ce fait.
Mais le souhaitent-elles ?
Mais OUI, on a FRONTEX savent-elles s’exclamer… et pourtant !
FRONTEX est sur le point de devenir la plus grosse agence de l’Union européenne dotée du budget le plus important.
Frontex est, depuis sa création en 2004, chargée de veiller sur les frontières extérieures de l’Union. En quelques années elle n’a cessé de prendre de l’ampleur, pour atteindre quelque 10 000 hommes en 2027 (contre à peine 750 il y a deux ans) tandis que son budget s’envole : de 19 millions d’euros en 2006, il devrait atteindre quelque 900 millions d’euros par an sur la période 2021- 2027. L’argent du contribuable européen est-il utilisé à bon escient ? La Cour des comptes de l’Union européenne vient de remettre son audit. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’est guère tendre envers l’agence.
Inefficace, tel est le terme le plus diplomatique pour qualifier la gardienne des frontières de l’Union.
Inefficace dans ses missions actuelles et sans doute incompétente, tacle le rapport, pour assumer efficacement son nouveau mandat. Car outre la surveillance et la sécurisation des frontières, Frontex doit aussi venir en appui des États pour contrer le trafic de migrants, la traite des êtres humains, traquer le crime transfrontalier et passer d’un rôle de coordination à un rôle opérationnel, en première ligne sur le terrain. Mais c’est sans doute un trop gros morceau, estime le rapporteur Léo Brincat. L’agence a en fait grandi trop vite, sous la pression politique en 2015 face au défi migratoire, et n’a cessé depuis lors de se voir confier de plus en plus de missions. Des missions fustige le rapport qui n’ont jamais fait l’objet d’étude d’impact ou de réel contrôle. Frontex s’est montrée plus habile pour décrire son travail que pour l’évaluer, ironise le rapporteur. Difficile même, expliquent les auteurs du rapport de connaître le coût réel des opérations conjointes que ne fournit pas Frontex. Une agence de garde-frontières incapable même de répertorier et d’analyser les franchissements illégaux.
Frontex n’est pas seule responsable de ces lacunes. Le Conseil européen et la Commission ne sont pas exempts de reproches, eux qui ont alourdi sa tâche sans même évaluer ses capacités. Les États membres sont également dans le viseur pour leur manque de coopération. Ainsi, pour analyser la vulnérabilité des frontières ou l’immigration illégale et faire ses recommandations, l’agence manque de données tout simplement parce que nombre de pays les gardent jalousement pour eux pour des raisons de sécurité nationale ou ne donnent que des bribes d’informations. Résultat Frontex a en sa possession des données qui ne sont ni exhaustives, ni harmonisées d’un État à l’autre, ni actualisées. On pourrait rêver mieux pour gérer les frontières. Quant à sa mission de lutte contre les crimes transfrontaliers, aucun cadre d’action n’a même été défini. L’agence manque aussi de ressources humaines pour remplir son mandat : elle devrait recruter des profils de criminologues par exemple. Frontex prend acte et se dit consciente que des améliorations sont nécessaires, mais la tempête risque de continuer à souffler. L’Office européen de lutte anti-fraude travaille en effet de son côté sur des soupçons de mauvaise gestion. Et la Cour prépare un nouveau rapport pour la rentrée, sur un sujet encore plus sensible : les refoulements illégaux. Frontex est accusée d’avoir renvoyé des migrants en mer et fait d’ailleurs l’objet de plusieurs enquêtes à ce sujet. On ne parlera plus alors d’incompétence mais d’actions potentiellement criminelles.
source
Frédéric Ploquin, journaliste et auteur de documentaires, est un spécialiste reconnu de l’histoire et des enjeux du trafic de stupéfiants en France. Fort de trente ans d’exploration des milieux policier et criminel, il nous raconte comment et pourquoi, de Marseille à Lille, certains quartiers semblent aujourd’hui hors de contrôle.
Cette affaire de trafic d’armes entre la Belgique et la Seine-et-Marne avait débuté par l’arrestation sur l’autoroute de jeunes gens de Melun en octobre 2020. Un turc, désigné comme leur commanditaire, a été arrêté et mis en examen ce mardi à Paris.

Des fusils d’assaut Kalashnikov ont notamment été saisis par les forces de l’ordre. DR
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L’enquête a débuté en octobre dernier par un simple contrôle de la douane, à un péage situé dans le nord de la France.
Selon une source judiciaire contactée par La République de Seine-et-Marne, un homme d’une trentaine d’années a été mis en examen par un juge d’instruction, confirmant une information du Parisien. Selon nos informations, il a été placé en détention provisoire pour des faits présumés de transport, détention, acquisition d’armes de catégorie A et B en réunion.
Il est également visé de faits présumés d’importation en bande organisée de marchandises prohibées et association de malfaiteurs. D’après Le Parisien, l’enquête a débuté en octobre dernier par un simple contrôle de la douane, à un péage situé dans le nord de la France. Deux individus tentent d’échapper au contrôle et se débarrassent d’un sac.
Ces fusils d’assaut étaient sans doute destinés à protéger les intérêts des trafiquants de drogue d’une cité de Seine-et-Marne. C’est en tout cas l’hypothèse qui tient la corde pour les enquêteurs dans ce dossier qui vient de connaître une nouvelle avancée.
lu dans Le Dauphiné
Gérald Darmanin au commissariat de CavaillonDes habitants de la cité du Dr-Ayme sont venus crier leur colère. Ils espéraient pouvoir parler au Ministre. Ce n’est pas prévu.
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Lu dans le FIGARO
Cavaillon : les fusillades se multiplient sur fond de trafic de drogue
Depuis plusieurs semaines, des trafiquants se livrent une lutte acharnée pour contrôler un point de deal très lucratif.
La veille déjà, mardi 24 août au matin, des coups de feu avaient été tirés dans cette même cité. Trois individus y ont fait irruption pour viser un jeune homme de 22 ans, connu des services de police. Ce dernier a reçu une balle dans la cuisse. Et ce n’est pas tout. Durant tout l’été, le quotidien de la cité du Dr Ayme a été rythmé par des violences : tirs émanant d’une moto visant un point de deal le 4 août, individus cagoulés brandissant des Kalachnikov le 10, fortes détonations entendues le 11….
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lu dans le PARISIEN
Une quatrième fusillade en quelques semaines
C’est la quatrième fois en quelques semaines qu’une fusillade se produit dans le quartier du Docteur-Ayme. Mardi matin, un peu plus tôt, devant le bâtiment M de la rue Vincent-Van-Gogh, une Golf noire fonce en direction d’un groupe de jeunes et canarde. L’arme employée est probablement un pistolet-mitrailleur Uzi, de calibre 9 mm.
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lu dans FRANCE INFO 3
À Marseille depuis 2012, la magistrate Karine Sabourin déclare:
« Le trafic de stupéfiants ne va pas être éradiqué uniquement par la répression. Il va falloir agir sur tous les plans. Ça commence par l’école, l’éducation, les parents, ça passe par la formation professionnelle, par l’insertion, par l’emploi, ce sont des mesures sociales et économiques qui dépassent largement le cadre judiciaire et le cadre policier.«
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lu dans BFM
Etienne Liebig, éducateur des « GG », estime qu’il y a une vraie nécessité de prendre en charge les jeunes qui quitte l’école pour entrer dans des trafics. Il estime qu’une fois qu’ils passent devant la justice, c’est déjà trop tard.
A Marseille, les réseaux qui se partagent le trafic de stupéfiants sont dominés par « la loi de la violence », avec des clans de plus en plus « professionnels » et lourdement armés, explique la préfète de police des Bouches-du-Rhône, Frédérique Camilleri. Et les victimes sont de plus en plus jeunes, avec des guetteurs parfois à peine adolescents présents sur ces points de deal directement visés par des fusillades.
Dans ces annonces, le garde des Sceaux a notamment évoqué la réforme de la justice pénale des mineurs, qui met notamment en place une procédure de jugement en deux temps et doit permettre une accélération des jugements, le garde des Sceaux a fait part de son « optimisme réaliste »: « Nous serons prêts le 30 septembre pour que les mineurs soient jugés dans des délais rapides et nous espérons bien sûr que cela aura un impact sur la délinquance ».
Un besoin d’éducateur pour éviter le décrochage
Cependant, pour Etienne Liebig, éducateur, ce n’est pas sur ça qu’il faut des efforts pour sortir les jeunes des trafics dans ces quartiers.
“Je trouve que faire des lois sur ces toutes petites quantités, je trouve ça un peu bizarre. Qu’on donne les moyens sur les quartiers aux gens qui sont là pour qu’ils puissent bosser avec les mineurs. Parce que quand on fait du ‘chouffe’ par exemple, ça veut dire qu’on quitte l’école, qu’on commence à se déscolariser. Et aujourd’hui il y a un vrai problème, c’est qu’il y a des quartiers entiers où il n’y a pas d’éducateurs qui peuvent continuer à suivre les jeunes qui se déscolarisent.
Tant que l’enfant n’a pas fait une connerie et n’est pas allé en justice, on ne peut pas le suivre. Il faut des éducateurs de rue, qui sont là en prévention, par exemple quand ils sont absents plus de trois jours à l’école, on signale. Parce que soit il a eu un décès dans son cercle proche, soit c’est qu’il est en train de décrocher parce qu’il a un autre intérêt. Et c’est là qu’il faut intervenir, dans la première semaine. C’est beaucoup plus difficile de ramener le gosse dans le droit chemin une fois qu’il a pris des habitudes et qu’il se dit, c’est bon l’école, c’est fini”
Ainsi, la vente de cannabis représente 1,2 milliard, suivie par celle de la cocaïne avec 800 millions d’euros, viennent ensuite l’héroïne et les drogues de synthèse.
Côté consommateurs, il a environ 18 millions de fumeurs occasionnels de cannabis, dont 1,5 millions d’usagers réguliers. 2,1 million de consommateurs occasionnels de cocaïne, dont 600.000 réguliers, 500.000 pour l’héroïne, 1.9 million d’ecstasy, qui se fournissent.


Le trafic de drogue, c’est une organisation très pyramidale. Selon l’étude de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). Au sommet, quelques dizaines de gros trafiquants, qui peuvent gagner plus d’un million d’euros par an.
En dessous, entre 700 et 1.500 semi-grossistes, de gros revendeurs qui écoulent entre 140 et 300 kg de cannabis par an. Chiffre d’affaires estimé : de 253.000 à 552.000 euros annuels, soit le salaire moyen du PDG d’une entreprise de 2 000 salariés!
À l’échelon du dessous, entre 6000 et 13.000 « premiers intermédiaires » qui diffusent de 16 à 35 kg de résine de cannabis par an, pour un gain évalué entre 35.000 et 76.000 euros.
Au plus bas de l’échelle de distribution, les petits dealers de rue sont de loin les plus nombreux: entre 58.000 et 127.000, chacun écoulant entre 1 et 3,6 kg par an. Avec 4.500 à 10.000 euros par an, ces acteurs de quartier touchent un revenu inférieur au salaire minimum.
Le trafic rendu encore plus violent par la facilité de se procurer des armes
Il est assez facile de se procurer des armes aujourd’hui, les premiers prix pour une kalachnikov vont de 300 à 400 euros. Les filières clandestines, sont beaucoup moins organisées que le trafic de drogue. C’est très compliqué à suivre, parce qu’une filière c’est quelques exemplaires, qui voyagent en pièces détachées. beaucoup viennent d’Europe de l’est depuis l’ouverture des frontières européennes. Sur le dark web, en quelques jours, là aussi ça arrive en morceaux.
Saïd Ahamada dénonce « des coups de menton » du maire de Marseille, qui a souhaité la création d’un parquet spécial anti-drogue dans la cité phocéenne, après une nouvelle tuerie entre trafiquants. Le député LREM mise, lui, sur une meilleure collaboration entre les collectivités locales et l’Etat.

« La moitié de la ville est ghettoïsée en matière de transports en commun. Il n’est pas possible, pour quelqu’un qui habite les quartiers nord de Marseille, d’aller travailler tôt le matin ou de rentrer tard le soir », affirme lundi 23 août sur franceinfo Saïd Ahamada, député LREM des Bouches-du-Rhône. À Marseille, le trafic de drogue a causé la mort de trois personnes dans la nuit du samedi 21 au dimanche 22 août. franceinfo : Que pensez-vous de la proposition du maire, Benoît Payan, de créer un parquet antidrogue à Marseille ? Est-ce que les moyens judiciaires sont suffisants ?
Saïd Ahamada : Je suis aussi sceptique que les professionnels des forces de l’ordre. Toutes les idées sont bonnes à donner. Venant du maire de Marseille et des autres autorités locales, j’attends un travail d’introspection, plutôt que tout de suite se retourner vers l’Etat en lui disant de mettre des moyens. Peut-être faut-il que le maire de Marseille s’interroge sur ce que peut faire la municipalité ? Et que chacun à son niveau s’interroge sur ce qu’il peut faire. Cette année aura été l’année où les moyens judiciaires n’auront jamais été aussi importants depuis plus de dix ans. On est arrivés à l’objectif que les forces de police soient augmentées à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône. On est passé à plus de 300 hommes sur deux ans, et 100 déjà cette année. Le travail du côté de l’Etat, on le fait du mieux que l’on peut.
« Ce qui manque aujourd’hui, c’est un travail collaboratif entre toutes les autorités locales et nationales pour arriver à l’objectif qui est de réduire l’insécurité à Marseille. »
Saïd Ahamada, député LREM des Bouches-du-Rhône
à franceinfo
Il ne s’agit pas uniquement de problèmes sécuritaires. Il faut évidemment tenir sur la partie sécuritaire, mais à Marseille vous avez un terreau pour cette violence. Qui est responsable de l’état des écoles ? C’est la mairie de Marseille. Qui est responsable du fait que la moitié de Marseille soit ghettoïsée en matière de transports en commun ? Ce ne sont pas les compétences de la Ville ou de l’État, ce sont les compétences de la métropole. Si on veut agir sur le long terme sur ces questions de sécurité, il faut que l’on ait un travail commun. Je demande à ce que ce travail d’introspection, que M. Payan veut que l’État fasse, qu’il le fasse aussi à son niveau. Et que les consommateurs aussi qui alimentent ce trafic, parce que l’argent de la drogue, c’est d’abord l’argent des consommateurs, fassent aussi ce travail d’introspection.
Pourquoi n’arrivez-vous pas à travailler ensemble aujourd’hui ?
Ce que je demande à la fois à l’État mais aussi aux responsables des collectivités locales, c’est de mener ce travail partenarial pour arriver à des résultats. Qu’on ait un plan d’action sur le court terme, le moyen terme, le long terme, les aspects sécuritaires, les aspects de prévention, d’éducation, de retour de la République dans ces territoires, pour faire en sorte qu’on ait des résultats effectifs. C’est comme ça qu’on arrivera à avoir ces résultats, et pas avec des coups de menton dès qu’un mort survient sur la ville.
« Si on ne compte que sur l’Etat pour y arriver, on n’y arrivera pas. Cela ne dépend pas que de l’Etat. »
Saïd Ahamada, député LREM des Bouches-du-Rhône
à franceinfo
La moitié de la ville est ghettoïsée en matière de transports en commun. Il n’est pas possible, pour quelqu’un qui habite les quartiers nord de Marseille, d’aller travailler tôt le matin ou de rentrer tard le soir. Ce n’est pas de la compétence de l’Etat et si on n’en prend pas conscience, je pense qu’on ira droit dans le mur. Je travaille actuellement avec les autorités maritimes pour qu’on ait une école de la mer à Marseille. C’est quelque chose sur lequel on peut travailler, État, collectivité, mairie, métropole, pour arriver à des résultats. Sans travail partenarial, on n’y arrivera pas, et je ne jette pas la pierre ni d’un côté, ni de l’autre.
Existe-t-il une impunité des trafiquants à Marseille ?
Non, je ne dirai pas ça. Assez bizarrement, lorsqu’il y a des morts, souvent c’est parce que la police travaille bien. Malheureusement, il y a des morts, malheureusement il y a des victimes collatérales. Mais lorsque la police fait ce qu’elle fait aujourd’hui, tape des réseaux, fait un travail de harcèlement, elle met en insécurité ces réseaux. Pour continuer à pouvoir tenir ces territoires, ils se livrent à des guerres de gangs. C’est un moment difficile que l’on a à passer à Marseille. Si la police continue à faire ce travail, je ne désespère pas qu’on arrive à des résultats sur le long terme, qui ne se fera pas sans ce travail partenarial.
Dans une interview accordée au Figaro, le ministre de l’Intérieur révèle le bilan de la lutte contre les stupéfiants depuis janvier. Il annonce une extension des «quartiers témoins» et une vaste offensive contre la drogue au volant.
Christophe CORNEVIN : Vous avez déclaré une guerre totale à la drogue, et pourtant les trafics affichent une insolente santé en dépit de la crise sanitaire. N’êtes-vous pas en train de perdre ce combat?

Gérald DARMANIN. – Non, bien au contraire! Si l’on considère les priorités fixées il y a un an, c’est-à-dire la reconquête de la rue pour empêcher que ces trafics minent nos quartiers et nos villages, nous avons gagné une bataille dans cette guerre difficile et très ancienne. Pour les six premiers mois de l’année, 57 tonnes de cannabis ont été saisies. C’est une augmentation de 37% par rapport à la même période de l’année 2020, qui était déjà une année record. Dans le même temps, les saisies de cocaïne ont bondi de 91%, avec quasiment 9 tonnes interceptées, tandis que les prises d’héroïne ont progressé de 60% et celles de l’ecstasy de 24%.
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Il y a quarante ans, le juge Pierre Michel était tué de trois balles dans le centre de Marseille. Bête noire des héritiers de la French Connection, cet homme était alors la terreur des barons de la drogue. Dans les rangs de la police et de la justice, le souvenir de cet assassinat est encore très présent. Depuis, les méthodes de travail des enquêteurs ont changé, mais celles des trafiquants aussi, qui ne cessent de fabriquer de nouvelles substances et d’inventer de nouveaux modes de commercialisation.
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A Marseille, il n’y a pas une affaire de stups ou on ne découvre pas une arme, s’inquiète Eric Arella.
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Violences, corruption, santé… : l’ OFAST pointe cinq menaces du trafic de drogueSelon l’office antistups, le trafic de drogue représente une menace pour l’Etat en valorisant un contre-modèle et en exploitant les « vulnérabilités sociales »
Violences, valorisation de contre-modèles, corruption, santé, environnement : l’Office français de lutte anti-stupéfiants (Ofast) a présenté mercredi les cinq principales menaces du trafic de drogue, qui génère quelque « 21 000 » emplois en France.
Chargé de combattre le trafic de stupéfiants, déclaré comme un combat prioritaire par Emmanuel Macron, l’Ofast a élaboré un « état de la menace » visant à mieux « s’adapter aux stratégies des trafiquants ». Ce document sera prochainement transmis aux partenaires de l’office mais n’est pas diffusé au grand public.
Cinq « grandes menaces » ont été identifiées et présentées mercredi par la cheffe de l’office, la contrôleure générale Stéphanie Cherbonnier, lors d’une conférence de la police judiciaire et de l’Institut des hautes études du ministère de l’Intérieur (IHEMI) sur la criminalité organisée en France.
Les gendarmes au dessus de tous soupçons
Autre menace, la corruption d’agents publics, selon Mme Cherbonnier qui distingue trois catégories. Les agents qui « maîtrisent les flux », à l’instar des dockers, mis en cause dans plusieurs récentes affaires. Ceux qui peuvent « faciliter le sort des trafiquants » : policiers, douaniers, agents pénitentiaires etc. Et les agents « qui contrôlent les territoires », notamment les « agents municipaux » qui peuvent mettre des équipements publics à disposition des trafiquants. Un phénomène que « l’on voit de plus en plus dans les enquêtes », a-t-elle souligné.
Quatrième menace identifiée, celle pesant sur « la santé publique », avec des produits stupéfiants « de plus en plus concentrés ». Enfin, la cheffe de l’Ofast a aussi pointé la menace pesant sur l’environnement, avec notamment des atteintes à la biodiversité et l’utilisation de produits chimiques dans la fabrique des stupéfiants.
Le trafic de drogue, marqué par « une production mondiale et européenne particulièrement soutenue », représente environ trois milliards d’euros de revenus chaque année en France, a rappelé Mme Cherbonnier.
Avec « 4 000 points de deal » recensés en France, il génère l’équivalent de « 21 000 emplois » et seuls « 95 millions d’euros » ont été saisis lors des enquêtes, a-t-elle ajouté.
Depuis 4 ans, environ 100 tonnes de cannabis et plus de 10 tonnes de cocaïne sont saisies chaque année en France, a-t-elle encore dit.
Au cours de cette opération, les policiers de la Sûreté départementale ont arrêté 11 personnes et saisi des armes, ainsi que d’importantes sommes en espèces.
La distribution s’effectuait via Snapchat
Les policiers de la sûreté urbaine du commissariat de Plaisir (Yvelines) ont démantelé un trafic de stupéfiants cette semaine. 73 kilos de cannabis ont été saisis, ainsi que 1,5 kilo de cocaïne et plusieurs armes. Sept suspects ont été mis en examen dans ce dossier.
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Deux frères soupçonnés d’être à la tête d’un important trafic de stupéfiants, installé au nord de Toulouse, ont été interpellés et mis en examen. Avec ces deux commerçants, trois complices, suspectés eux aussi d’être impliqué dans ce réseau. La police a récupéré près de 300 000 euros d’avoirs criminels lors de l’opération ainsi que des armes et 60kg de cannabis.
Les protagonistes de cette affaire jouent au « Parions Sport » pour laver leur argent sale. La technique consiste à acheter des tickets gagnants un peu plus cher ou à jouer d’importantes sommes en liquide sur des matchs à faibles cotes, quasiment gagnés d’avance. Ces deux solutions permettent de transformer les billets « sales » en gains « propres » par virements bancaires. Tous fréquentent et jouent assidûment dans plusieurs établissements à Saint-Ouen, à Paris et dans l’Oise.
Une enquête des policiers de la sûreté départementale de la Haute-Garonne a permis l’arrestation de trois personnes qui seraient impliquées dans un trafic d’héroïne. Les policiers ont saisi 2,1 kg d’héroïne et plus de 2700 cachets d’ecstasy.
« Petit » marché qui compterait autour de 200 clients réguliers selon un policier spécialisé !
Trois suspects ont été présentés à un juge d’instruction.
Quatre imposants ralentisseurs ont été coulés par des trafiquants de la cité du Dr Ayme à Cavaillon, dans le Vaucluse. Une première en France, reflet de l’appropriation croissante de certains quartiers par des réseaux de trafic de plus en plus structurés.
« Même avec une Peugeot 5008, on passait difficilement », raconte Bruno Bartocetti, secrétaire national chargé de la zone Sud du syndicat Unité SGP Police FO. « Ces dos d’âne étaient bien plus imposants que les ralentisseurs habituels, ils ont été montés rapidement, en une nuit seulement, avec grand professionnalisme ».