Avant d’évoquer plus loin le sort de Belize, je vous propose d’aller faire un petit tour sur l’île d’Haïti, qui quoique quelque peu délaissée ces derniers temps par les trafiquants, a quand même reçu quelques avions lourdement chargés, elle aussi. En résumé, un gros bimoteur qui s’était visiblement égaré et qui sera vite dépouillé de son contenu, un petit Piper Aztec bourré d’armes et de drogue, et, surprise, un Hawker très particulier comme on va le voir. Une incroyable histoire, en réalité. Celle d’un avion venu prêter main forte à un président à la dérive, digne successeur de l’inepte précédent. Pas de coke, cette fois-ci, mais une autre forme d’intoxication pour la démocratie: des mercenaires américains !
Un crash (plutôt isolé) en Haïti : le Beechcraft détecteur de boue
Si les gros bimoteurs tombés au Guatemala ou au Belize semblent avoir évité pour la plupart d’avoir joué aux détecteurs de boue, ce n’est pas le cas du cas isolé que représente un autre gros Beechchraft 200 qui s’est écrasé à Haïti, destination un peu abandonnée ces derniers temps par les trafiquants. L’appareil immatriculé au Mexique est en effet retrouvé entièrement maculé de boue dans une pâture de St-Jean le 25 novembre 2019 .

Encore un qui n’avait pas regardé la météo la veille, pour sûr ! Trois hommes, deux Mexicains et un Haïtien, sont arrêtés vers 20 heures le lendemain du crash, avenue Cartagena, dans la ville des Cayes.

Il s’agit de Vargas Flores Andres, 42 ans, et de Villeda Avila Juan Jose, 37 ans, les deux pilotes de nationalité mexicaine, et un chauffeur de taxi-moto haïtien, Jimmy Archil le lampiste de l’affaire, à l’évidence. Très vite, on constate que les déclarations des témoins sur place ne semblent pas coller tout à fait avec la version qu’ils donnent de leur mésaventure : « le commissaire Richemond a expliqué que, selon les déclarations des deux pilotes mexicains, ils avaient décollé du Belize vers le Venezuela pour récupérer une cargaison de stupéfiants à livrer au Guatemala » (ils ont cité le poids de 900 kilos de coke !!!). Comme l’avion était à mi-chemin, le moteur gauche de l’avion est tombé en panne et a forcé le pilote à effectuer un atterrissage d’urgence en Haïti, l’endroit le plus proche sur la route ». Celle de l’Atlantique, qui « vise » effectivement en priorité Belize (et depuis peu le Guatemala également), jusque-là ça se tient encore.

Mais ce qui cloche c’est que des témoins ont clairement vu des personnes débarquer des sacs, les mettre dans un pick-up non identifié avant l’arrivée des agents de la Brigade anti-drogue (BLTS). Selon l’enquêteur, « L’engin qui contenait plusieurs boites a été pillé par les habitants de la localité », ce qui ne serait pas non plus surprenant, à vrai dire, vu l’état de précarité qui règne partout sur place. Comme il ne serait pas étonnant non plus que le BLTS aussi se soit servi, pour les mêmes raisons d’ailleurs : en somme, il vaut mieux ne pas s’écraser en avion en Haïti, pays démuni de tout ! Le lendemain c’est un squelette d’avion qui subsiste à la place !!! L’avion était-il bien attendu sur place, comme le clament certains, il ne le semble pas en tout cas !!! Sur les deux mexicains auraient été trouvée une somme de 10 000 dollars américains, le responsable du réseau mexicain surnommé « Lobo » leur ayant promis 300 000 dollars à leur retour au Guatemala selon les enquêteurs….
Bref ce jour-là, Haïti avait été bel et bien le choix d’un atterrissage de diversion des pilotes après un ennui technique (un moteur en panne)… Affaire close..
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