
En ce sens, Bruno Odos et Pascal Fauret, les deux pilotes de l’affaire dite « Air cocaïne », ne risquent donc absolument rien : même si une convention d’extradition existe bien depuis 2002 entre Paris et St-Domingue, ils ne seront jamais renvoyés en République dominicaine aussi longtemps qu’ils resteront sur le territoire français. Stéphane Le Foll, le porte-parole du gouvernement, l’a d’ailleurs redit. Comme toutes les autres, cette convention franco-dominicaine ne concerne en effet que les étrangers.
La dernière affaire similaire remonte à 2011 et à ces deux Français qui avaient tué une piétonne israélienne à Tel Aviv avec un 4×4. Ils avaient réussi à quitter le lieu de l’accident puis à prendre l’avion avant d’être identifiés. Malgré les demandes du gouvernement israélien et de la famille de la victime, ils n’ont jamais été extradés.
Ce mandat d’arrêt européen a été mis en place pour faciliter la lutte contre le terrorisme. Il a notamment été appliqué par la France à Aurore Martin. Cette militante du parti indépendantiste basque espagnol Batasuna, soupçonnée d’avoir participé à une organisation terroriste, a été arrêtée puis remise à l’Espagne en novembre 2012. Cela avait déclenché de vives protestations. Aurore Martin avait ensuite été relâchée par la justice espagnole le mois suivant.
En 2014, après la tuerie de Bruxelles, la Belgique avait également émis un mandat d’arrêt européen à l’encontre de Mehdi Nemmouche, revenu en France après avoir présument attaqué le musée juif de Bruxelles. Le suspect ne n’était pas finalement opposé à la procédure.



