C’est OUTREMER 360° qui nous rapporte la situation actuelle rencontrĂ©e Ă l’aĂ©roport international de Cayenne FĂ©lix-EbouĂ©.

Le prĂ©fet Antoine Poussier, qui a pris des arrĂŞtĂ©s prĂ©fectoraux depuis le 31 octobre 2022, parfois mĂŞme Ă l’encontre de personnes qui se prĂ©sentent Ă plusieurs reprises, n’hĂ©site pas Ă dire :
« On ne prĂ©tend pas que ce contrĂ´le va Ă©radiquer le trafic de cocaĂŻne, on essaie d’empĂŞcher ce mode de transport par des particuliers »
En Guyane, 80% des 982 kilos de drogues saisis en 2022 l’ont Ă©tĂ© Ă l’aĂ©roport, avait affirmĂ© le directeur rĂ©gional des douanes Richard Marie en mai dernier.
Depuis le dĂ©but de l’opĂ©ration, les quantitĂ©s de cocaĂŻne saisies en Guyane sont supĂ©rieures aux annĂ©es prĂ©cĂ©dentes. Pour le prĂ©fet, « cela prouve une pression judiciaire efficace ». Entre le 31 octobre 2022 et le 10 novembre 2023, 808 kilos de drogue ont Ă©tĂ© interceptĂ©s et 574 personnes interpellĂ©es, selon les chiffres de la prĂ©fecture.
Il faut ajouter Ă cela « les quantitĂ©s potentielles transportĂ©es par les personnes empĂŞchĂ©es d’embarquer », poursuit Antoine Poussier. Car, en cas de doute, les forces de l’ordre peuvent interdire l’embarquement Ă certains passagers sur une durĂ©e de plusieurs jours grâce Ă des arrĂŞtĂ©s prĂ©fectoraux.
InstaurĂ© il y a un an, le contrĂ´le systĂ©matique en Guyane des voyageurs Ă destination de l’Hexagone, afin d’empĂŞcher les mules d’acheminer de la drogue, a permis de diminuer fortement les saisies de stupĂ©fiants Ă l’arrivĂ©e dans l’Hexagone, mais certains contestent en justice une dĂ©rive arbitraire.
10 000 arrêtés
En septembre, deux voyageurs ayant fait l’objet de tels arrĂŞtĂ©s en ont appelĂ© Ă Davy Rimane, dĂ©putĂ© GDR de la deuxième circonscription de Guyane. « On est dans une dĂ©rive de l’autoritĂ© prĂ©fectorale », dĂ©nonce cet Ă©lu. Les arrĂŞtĂ©s concernant ces deux personnes ont Ă©tĂ© suspendus par la justice administrative après une action en rĂ©fĂ©rĂ©-libertĂ©. « Nous allons saisir le tribunal sur le fond pour attaquer ces arrĂŞtĂ©s qui n’ont aucune base juridique viable », prĂ©vient Davy Rimane.
L’avocat Patrick LingibĂ©, qui a obtenu les deux suspensions, affirme qu’il s’agit « d’une attaque Ă la libertĂ© d’aller et venir ». Pour lui, en France hexagonale, ce système entraĂ®nerait un tollĂ©, « ça ne passerait pas devant une juridiction au niveau national », assure-t-il.
Le dĂ©putĂ© Davy Rimane dĂ©nonce lui un « contrĂ´le au faciès », ce que rĂ©fute le prĂ©fet. « Les deux grands axes du contrĂ´le sont l’attitude et l’organisation du voyage », rappelle Antoine Poussier, assurant que l’origine des passagers ne fait pas partie de ces axes.
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