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L’ancien policier Jonathan Guyot, condamné le 17 mars à la peine maximale de 10 ans d’emprisonnement pour le vol de 48,5 kg de cocaïne dans les scellés de la police, qu’il a toujours nié, n’a pas fait appel, a-t-on appris aujourd’hui de source judiciaire. Sa condamnation pour détournement de scellés devient ainsi définitive.
Le policier Jonathan Guyot, accusé d’avoir volé 52 kg de cocaïne dans les scellés de la police judiciaire à Paris, est jugé à partir de mardi avec neuf autres prévenus. Le procès, devant le tribunal correctionnel de Paris, se tient à quelques dizaines de mètres du local ultra-sécurisé d’où la drogue a été volée fin juillet 2014 au mythique 36, quai des Orfèvres, sur l’Ile de la Cité, où les locaux de la police jouxtent ceux du palais de justice.
Les 48 kg de cocaïne (52 kg avec l’emballage) y étaient entrés trois semaines plus tôt, saisis dans une enquête sur un trafic. D’une valeur marchande de deux millions d’euros, cette cocaïne demeure aujourd’hui introuvable. Accusé de ce vol inédit qui a ébranlé la PJ, secouée par une série de scandales ces dernières années, Jonathan Guyot, 36 ans, comparaîtra notamment avec son épouse et trois autres policiers, dont son frère. Il a toujours nié les faits. Même si sa hiérarchie l’a reconnu sur les images de vidéosurveillance (ce qu’il conteste), tout comme deux « plantons »du « 36 » qui l’ont vu dans la nuit du 24 au 25 juillet 2014 rentrer avec des sacs vides et ressortir avec les mêmes sacs, pleins.
Jonathan Guyot, le policier soupçonné d’avoir volé 52 kilos de cocaïne au siège de la PJ en 2014, a été révoqué lors de son passage en conseil de discipline. La décision sera prochainement entérinée par le ministère de l’intérieur. Lire:
Jonathan Guyot, suspecté du vol de 52kg de cocaïne à la police judiciaire de Paris, avait demandé à la justice d’annuler la saisie de son téléphone portable. Selon nos informations, la chambre criminelle de la cour de cassation a jugé légale l’enquête de la « police des polices ».
Un revers judiciaire qui le rapproche, un peu plus, du tribunal correctionnel.
Les policiers ont-ils le droit de placer sous scellé un téléphone portable 48 heures après l’avoir eu entre les mains ? Oui, a tranché ce mercredi 30 mars la chambre criminelle de la Cour de cassation, a appris metronews de source judiciaire. La plus haute juridiction était saisie d’une requête de Jonathan Guyot, le principal suspect dans l’affaire du vol de cocaïne dans les locaux du 36, Quai des Orfèvres à Paris, dans la nuit du 24 au 25 juillet 2014. Son avocat avait demandé à la justice d’annuler une partie de la procédure de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la « police des polices », au motif que le téléphone portable de son client n’avait été mis sous scellé que 48 heures après la saisie par les enquêteurs.
La procédure de l’IGPN validée
Dans l’arrêt, consulté par metronews, si les juges reconnaissent effectivement que le placement sous scellés n’a été réalisé que le 4 août 2014, soit bien deux jours après sa confiscation lors de la fouille de sécurité au début de sa garde à vue, ils estiment que cette « tardiveté ne [lui] faisait pas grief ». La justice assure aussi « qu’il n’existe aucun doute sur l’identité du téléphone saisi » et que donc, la procédure montée par les enquêteurs de l’IGPN n’est pas entachée de nullité.
Ce point de procédure, relativement technique, aurait laissé entrevoir une issue plus clémente pour le policier soupçonné d’être l’auteur du vol de la drogue au sein de la prestigieuse brigade des stupéfiants de la police judiciaire parisienne. Car parmi les 32.895 images, 793 vidéos, 209 audios, 86 mails, 12.902 SMS, 651 MMS et 2562 contacts extraits de son téléphone portable, les enquêteurs avaient retrouvé un certain nombre de messages troublants où Jonathan Guyot faisait mention de « choco », diminutif de « chocolat » qui désigne, dans le langage des trafiquants, de la résine de cannabis. Surtout, c’est dans ses contacts que les policiers se sont aperçus qu’il était en lien avec certains d’entre eux.
Le policier, principal suspect du vol de 52 kilos de cocaïne dans les locaux de la police judiciaire de Paris, demande à la chambre de l’instruction de la cour de cassation d’annuler la saisie de son téléphone portable. Ce qui, si cela est accepté, ferait sauter l’un des nombreux éléments à charge qui pèsent contre lui.
52 kilos de cocaïne ont été volés au siège de la police judiciaire parisienne dans la nuit du 24 au 25 juillet 2014.
Mis à jour : 01-03-2016
ENQUÊTE – Le policier suspecté d’avoir volé 52 kilos de cocaïne dans les locaux de la police judiciaire de Paris demande à la chambre de l’instruction de la cour de cassation d’annuler la saisie de son téléphone portable. Ce qui, si cela est accepté, ferait sauter l’un des nombreux éléments à charge qui pèsent contre lui.
KENZO TRIBOUILLARD / AFP
L’horizon judiciaire s’éclaircit-il pour le principal suspect du vol de 52 kilos de cocaïne ? L’avocat de Jonathan Guyot, le policier soupçonné d’avoir volé de la drogue dans la salle des saisies du « 36 Quai des Orfèvres », demande ce mardi 1er mars à la chambre criminelle de la cour de cassation d’annuler une partie de la procédure qui met en cause son client, a appris metronews de sources judiciaires. Me Bertrand Burman espère que les procès-verbaux relatifs à l’exploitation des données du téléphone portable de son client ne soient pas retenus par la justice. Le téléphone n’aurait, en effet, été mis sous scellé que 48 heures après la saisie par les enquêteurs. Sollicité par nos soins, l’avocat a indiqué ne pas souhaiter « commenter l’affaire avant l’audience ».
Vice de procédure?
Pour le policier de la prestigieuse brigade des stupéfiants (BS), cette étape judiciaire est de taille. En effet, selon Le Parisien, de troublantes annotations dans son téléphone ont été découvertes. Il y aurait écrit le mot « choco », diminutif de « chocolat », qui désigne, dans le langage des trafiquants de la résine de cannabis. Si les juges de la chambre criminelle de la cour de cassation estiment qu’un vice de procédure entache la saisie du téléphone, un élément à charge tomberait et l’accusation serait fragilisée.
En revanche, cela ne permettrait pas pour autant au principal suspect d’être mis hors de cause. D’autant qu’un de ses ex-indicateurs s’est présenté début février dans les locaux de l’inspection générale de la police nationale (IGPN). Ce dernier, qui a été placé en détention provisoire, a avoué que le policier lui avait remis près de 100 kilos de cannabis lors des mois précédents le vol de cocaïne. Des aveux qui s’ajoutent à d’autres témoignages d’anciens collègues, mettant en lumière les « pratiques douteuses » du policier. L’un a raconté qu’il « tapait dans les perquisitions ». Un autre qu’il avait été sollicité pour « écouler de la came ».
Le suspect nie vol
Neuf autres personnes sont poursuivies dans l’enquête sur le vol de cocaïne du « 36 », dont l’épouse de Jonathan Guyot et cinq policiers. D’importantes sommes d’argent en liquide avaient été retrouvées au domicile du policier : 9000 euros chez lui, 16.000 euros dans un de ses sacs à dos. Son propre frère a reconnu en outre avoir récupéré 200.000 euros, entreposés chez un proche de l’ex-brigadier, et les avoir cachés au fond et autour du lac de Créteil.
La drogue volée dans la nuit du 24 au 25 juillet 2014, d’une valeur de deux millions d’euros à la revente, n’a jamais été retrouvée. L’enquête tentaculaire a révélé une organisation complexe. Jonathan Guyot avait été reconnu par des collègues sur des images de vidéosurveillance à l’entrée et à la sortie de la PJ le soir du vol. L’ex-brigadier, qui a fait une tentative de suicide en prison, a toujours nié les faits qui lui sont reprochés. Et notamment être cet homme à la silhouette mince et athlétique capté par les caméras de surveillance.
Cet homme de 34 ans était un informateur de Jonathan Guyot, le policier en poste depuis 2010 à la brigade des stupéfiants de la PJ parisienne soupçonné d’avoir volé la cocaïne dans des scellés la nuit du 24 au 25 juillet 2014. Considéré par les enquêteurs comme un personnage-clé du dossier, il pourrait être, selon une source proche de l’enquête, le complice qui a aidé Guyot à transporter la marchandise une fois sortie des locaux de la police judiciaire.
En fuite depuis l’été 2014, il s’est finalement rendu et a été mis en examen pour trafic de stupéfiants, blanchiment en bande organisée et recel de détournement et soustraction de biens par personne dépositaire de l’autorité publique, a affirmé samedi une source judiciaire. «Robert» a nié avoir reçu la cocaïne, d’une valeur estimée à deux millions d’euros à la revente et qui reste introuvable.
Mais son récit semble accréditer la thèse selon laquelle Jonathan Guyot, lui-même arrêté le 2 août 2014, mis en examen et toujours en détention provisoire, n’en était pas à son coup d’essai.
L’ex-brigadier, 34 ans, qui nie avoir volé la cocaïne et a tenté de se suicider en prison, est en effet soupçonné d’être impliqué dans un trafic de drogue plus vaste, avec plusieurs de ses collègues, alimenté par de la marchandise volée lors de perquisitions ou dans des scellés. Les juges d’instruction l’ont aussi mis en examen pour le vol de 1200 euros, un kilo de cannabis et 129 grammes de cocaïne saisis en mars 2014.
Or son ancien «indic» a reconnu avoir reçu d’importantes quantités de cannabis de Guyot. «Robert» a expliqué aux policiers qu’il était en contact avec Jonathan Guyot sur un trafic de cannabis important. Et c’est pour ça qu’il prend la fuite au moment de la médiatisation de l’affaire» du vol de la cocaïne, a déclaré à l’AFP l’avocate de «l’indic», Maud Touitou. Ce trafic porterait sur 90 kg de cannabis.
Pour l’avocat de Guyot, Bertrand Burman, «la démarche de cet ‘indic’ est tout de même très particulière». «Il se rend après un an et demi, je ne sais pas à l’heure actuelle dans quelles conditions. Ça sort un peu du chapeau. Il dit que Guyot lui aurait vendu une centaine de kilogrammes de cannabis. C’est nouveau, ça vient de sortir», a-t-il constaté, sollicité par l’AFP. De source policière, on invite aussi à «prendre avec circonspection» le récit de cet «indic» qui «était aux abois et n’avait plus d’autre solution» que de se rendre.
Drogue: 18 mois après, où est passée la coke volée au quai des Orfèvres ?
Des policiers présumés ripoux, un indic en fuite, un trafiquant dominicain: 18 mois après le vol de 52 kilos de cocaïne au mythique 36, quai des Orfèvres, l’enquête révèle une organisation complexe, mais la drogue reste insaisissable
D’une valeur estimée de deux millions d’euros à la revente, la marchandise était entreposée au siège de la police judiciaire parisienne. Le vol, perpétré dans la nuit du 24 au 25 juillet 2014, avait été découvert quelques jours plus tard.
Filmé par les caméras de vidéosurveillance, le suspect, un homme à la silhouette mince et athlétique, est reconnu par plusieurs collègues: il s’agit de Jonathan Guyot, 34 ans, policier en poste depuis 2010 à la brigade des stupéfiants de Paris. Interpellé le 2 août 2014 à Perpignan, mis en examen, il est toujours en détention provisoire.
Neuf autres personnes sont poursuivies, dont son épouse et cinq autres policiers.
L’ex-brigadier, qui a tenté de se suicider en prison, nie être l’auteur du vol. « Il conteste les faits, notamment être celui que l’on voit entrer et sortir du 36 cette nuit-là. Les déclarations de ceux qui disent le reconnaître sont contradictoires », estime son avocat Bertrand Burman. « On veut fabriquer un coupable sur des indices et on ne travaille pas sur l’hypothèse que cela pourrait être quelqu’un d’autre », ajoute-t-il.
Les enquêteurs de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) restent intrigués par l’absence de précautions prises par l’auteur du vol. A-t-il agi pour le compte du milieu?
Le policier n’en était peut-être pas à son coup d’essai. Il est soupçonné d’être impliqué dans un trafic de drogue plus vaste, avec plusieurs de ses collègues, alimenté par de la marchandise volée lors de perquisitions ou dans des scellés. Les juges d’instruction ont aussi mis en examen Guyot pour le vol de 1.200 euros, un kilo de cannabis et 129 grammes de cocaïne saisis en mars 2014, et il pourrait y avoir eu d’autres affaires.
-« Ecouler de la came »-
Un des policiers mis en cause a raconté aux enquêteurs que le brigadier « tapait dans les perquisitions », un autre dit avoir été sollicité « pour écouler de la came », rapporte à l’AFP une source proche du dossier. Des notes pouvant correspondre à un tel commerce ont aussi été retrouvées dans son téléphone.
« D’après ces témoins, il faisait cela pour rémunérer des informateurs, mais on peut penser qu’il y a eu aussi de l’enrichissement personnel », relève une source proche de l’enquête.
Guyot, qui perçoit 2.500 euros par mois, a acheté plusieurs appartements à Paris et dans les Pyrénées-Orientales. Ces biens, saisis par la justice, « ont été financés de manière tout à fait officielle avec des prêts bancaires acquittés grâce aux loyers encaissés », assure Me Burman.
D’importantes sommes d’argent en liquide ont été retrouvées: près de 9.000 euros à son domicile, environ 16.000 dans un de ses sacs à dos. Le frère du brigadier a reconnu avoir récupéré 200.000 euros, entreposé chez un proche de Guyot, et les avoir cachés au fond et autour du lac de Créteil.
« Il a fait ce que Jonathan lui demandait sans poser de questions. Il était dans l’admiration de ce grand frère qui avait réussi », estime son avocat, Arnaud Barbé.
L’affaire prend alors un tour rocambolesque. Guyot rencontre en prison Christophe Rocancourt et lui demande d’envoyer un proche chercher l’argent caché au lac de Créteil. Voulait-il que « l’escroc des stars » le fasse fructifier une fois sorti de prison? Ce dernier semble avoir eu une autre vision des choses.
-« Des pommes pourries »-
L’objectif était « de l’emplâtrer » raconte-t-il aux enquêteurs. « Autour de lui, ce sont des salopards, des pommes pourries, de sales mecs », ironise Rocancourt, mis en examen pour « blanchiment de trafic de stupéfiants ». Les sacs coulés dans le lac ne seront jamais retrouvés.
Le brigadier assure que ces fonds appartenaient en partie à un informateur. « Je ne peux pas prendre le risque de m’allonger (…) par peur de représailles », a-t-il avancé pour expliquer son refus d’en dire plus lors de ces auditions.
Restent de nombreuses zones d’ombre. Comment a été volée la drogue, entreposée dans une salle ultra-sécurisée qui n’a pas été forcée?
Un témoin a raconté que Guyot s’était renseigné sur la procédure d’accès au local, demandant d’y pénétrer « sous un prétexte futile » quelques semaines avant le vol, et une note retrouvée dans son téléphone contenait le code de l’armoire où se trouvait la clé de la salle.
Les enquêteurs pensent qu’il n’était pas seul cette nuit-là: « un homme casqué a été aperçu à ses côtés pénétrant dans le 36 et un autre complice l’a aidé à transporter la marchandise, une fois sortie des locaux de la PJ », selon la source proche de l’enquête. Il pourrait s’agir de « Robert », l’un de ses informateurs. L’homme s’est envolé pour le Maroc le jour de l’interpellation du policier. Il est toujours en fuite.
Depuis, la drogue est insaisissable. Une piste intéresse particulièrement les enquêteurs: Guyot était en relation avec un important trafiquant de cocaïne établi en République Dominicaine. Son réseau a-t-il pu servir à écouler la marchandise?
Vol de cocaïne au « 36 » : « On veut fabriquer un coupable sur des indices »
Nous avons rencontré Me Bertrand Burman, l’avocat du suspect Jonathan Guyot fin juin à Paris. Il dénonce une enquête à charge.
Me Bertrand Burman, avocat du suspect Jonathan Guyot
PHOTO Simone Perolari
Propos recueillis par Stéphane Sellami
Dans quel état psychologique se trouve votre client ?
« Il remonte légèrement la pente. Sa tentative de suicide (le 31 mars, NDLR), ce n’était pas pour attirer l’attention. Il était dans le désespoir et la déchéance.
Depuis le début de son incarcération, le 6 août 2014, il a été placé à l’isolement total. Il est seul en cellule et en promenade. Il a aussi été privé de tout contact avec sa femme et son enfant depuis un an. Il peut désormais voir son fils, mais pas sa femme, puisqu’elle a été mise en examen dans le même dossier.
Nie-t-il toujours être l’auteur du vol de la cocaïne au sein de la police judiciaire parisienne ?
Il conteste les faits et, très concrètement, le fait majeur, à savoir d’être l’homme que l’on voit entrer et sortir dans la nuit du 24 au 25 juillet 2014 des locaux du 36, quai des Orfèvres, à Paris. Cet homme, ce n’est pas lui ! D’ailleurs, les enregistrements de vidéosurveillance ne sont pas explicites sur ce point. Et les reconnaissances de mon client par ses anciens collègues sur les images extraites de ces vidéos sont fluctuantes et parcellaires.
Des éléments à charge ont pourtant été recueillis contre votre client…
Dans ce dossier, les enquêteurs n’arrivent pas à répondre à la question de savoir ce qui s’est passé précisément ce 24 juillet, vers minuit, au sein du 36, quai des Orfèvres. Donc ils se sont intéressés au train de vie de mon client, et ont relevé des points tendancieux. Il y a notamment cette somme d’argent retrouvée sur lui au moment de son arrestation. Il s’en est expliqué, mais je ne peux être plus précis sur ce point, au regard du secret de l’instruction en cours.
Votre client a notamment multiplié les versions sur l’origine de cet argent…
A-t-il bien ou mal fait ? Il n’a pas agi au mieux mais pour lui, il ne s’agissait pas de biaiser avec la justice. Mon sentiment dans ce dossier, c’est que l’on veut fabriquer un coupable sur des indices et que l’on ne veut pas travailler sur l’hypothèse que cela pourrait être quelqu’un d’autre. On lui demande de prouver son innocence, alors que c’est à la justice d’établir son implication.
Pourquoi a-t-il dénoncé des malversations au sein de son ancienne brigade ?
Mon client refuse de porter la responsabilité d’une brigade de manière générale sur tout ce qui peut s’y passer en particulier. Mais il n’est pas là non plus pour accuser qui que ce soit de quoi que ce soit. »
Un an de rebondissements
4 juillet 2014 : 52 kilos de cocaïne saisis. En région parisienne, quatorze suspects sont interpellés tandis que la brigade des stupéfiants saisit 52 kilos de cocaïne (à g.) dans un ancien local à poubelles de la rue Ordener, à Paris (18e).
Nuit du 24-25 juillet 2014 : vol au quai des Orfèvres. Un policier entre dans les locaux de la police judiciaire à Paris (1er) et ressort avec deux sacs dont le contenu ressemble fortement, selon un fonctionnaire chargé de la sécurité des lieux, à « des pains de cocaïne ».
2 août 2014 : le « STUP » Jonathan guyot est arrêté. Jonathan Guyot, 34 ans, brigadier-chef aux « stups » de Paris, est arrêté à Perpignan. Il a été reconnu par des collègues, sortant du « 36 » avec les sacs, la nuit du vol. On retrouve chez lui 16 000 euros, en liasses de billets de 20 euros.
3 janvier 2015 : un butin dans le lac de Créteil. Donovan Guyot, le frère de Jonathan, aurait été chercher un sac dans le lac de Créteil, appartenant à son aîné, contenant 150 000 euros. Il n’aurait trouvé que 50 000 euros, remis à un ami de l’escroc Christophe Rocancourt.
27 janvier 2015 : les révélations d’un policier. Un policier affecté à Paris (19e), Patrick B., proche de Jonathan, avoue qu’il lui a demandé d’écouler de la drogue, en avril 2014. Elle serait issue d’un précédent vol dans la salle des scellés, au 3e étage du fameux escalier de la PJ.
février-mars 2015 : trois proches libérés. Donovan Guyot ainsi que deux amis d’enfance de Jonathan, Touati M. et Nicolas J., mis en examen pour avoir gardé puis dissimulé de l’argent pour son compte, sont remis en liberté après deux mois de détention.
31 mars 2015 : tentative de suicide. Jonathan Guyot, détenu depuis plus de sept mois à la prison de Fleury-Mérogis, absorbe des cachets afin de mettre fin à ses jours. Rapidement secouru, il est hospitalisé avant d’être reconduit dans sa cellule.
17 avril 2015 : nouvelle mise en examen. Guyot est mis en examen pour « détournement de biens par personne dépositaire de l’autorité publique ». Un policier du 19e arrondissement, Patrick B., l’a accusé, à la fin du mois de janvier, de vouloir écouler de la drogue saisie.
L’ancien policier de la brigade des stupéfiants est incarcéré depuis début août dans l’affaire du vol de 52 kilos de cocaïne dans les locaux de la PJ parisienne.
La personnalité énigmatique de Jonathan Guyot, alias « Raptor », ou encore « Guillotine », livre peu à peu ses zones d’ombre. L’ancien policier de la brigade des stupéfiants est le principal suspect dans l’affaire du vol de 52 kilos de cocaïne au 36, quai des Orfèvres, survenu l’été dernier. Alors que Le Point.fr révélait il y a peu le tableau de notes exemplaire du fonctionnaire, qui faisait figure de flic « irréprochable », un nouveau témoignage relayé par Le Parisien lève un peu davantage le voile sur le profil mystérieux du « ripou » présumé.
Patrick B., 31 ans, policier au sein de la brigade de nuit du commissariat du XIXe siècle, a ainsi révélé fin janvier aux juges d’instruction, d’après les informations du Parisien, que Jonathan Guyot l’avait contacté en avril 2014 pour lui demander de « vendre de la drogue » pour son compte.
« Nous n’étions que tous les deux, il m’a fait comprendre qu’il cherchait des sorties, donc des moyens de sortir de la came, il n’a pas précisé les produits ni les quantités », indique Patrick B. « Je me suis demandé ce qu’il se passait, à quoi il jouait. Mais, pour moi, il était aux stups et il voulait se faire de l’argent », poursuit le policier.
Une opération « tranquille et sans risque »
Mais Patrick B. ne s’arrête pas là et entre dans les détails, permettant aux enquêteurs de faire le lien avec un second vol jusqu’alors non élucidé. « Jonathan m’a dit qu’il avait environ un demi-kilo d’herbe de cannabis et environ un kilo de résine de cannabis à faire partir. J’espérais la moitié des gains, mais rien n’a été évoqué. Évidemment, il m’avait bien dit que je toucherais quelque chose », explique encore le policier.
Ce dernier, qui s’inquiète alors des conséquences éventuelles, demande à Jonathan Guyot s’ils ne risquent pas de se faire attraper. « Il m’a dit que c’était tranquille et sans risque. Qu’il n’y avait qu’un peu de matière », raconte Patrick B. Le policier précise que Jonathan Guyot ne lui a pas dit d’où provenait la drogue, mais qu’il se doutait qu’il l’avait obtenue par son travail.
« En termes d’échantillon, il m’a filé une belle barrette de 10-12 g », poursuit le policier, qui avoue avoir « essayé de trouver des clients » via ses indicateurs. Mais Patrick B. se…….