FRANCE 🇫🇷 (OFAST): les exploits de janvier 2021 des Gendarmes et des Policiers (quid des douaniers?)

Lutte contre les stupéfiants

a. Quantités saisies en janvier 2021

8 tonnes de cannabis ont été saisies en janvier 2021 contre 5 tonnes en décembre 2020 soit + 59 %.

781 kg de cocaïne ont été saisis en janvier 2021 contre 1,2 tonnes en décembre 2020 soit – 37 %.

 98 kg d’héroïne ont été saisis en janvier 2021 contre 163 kg en décembre 2020 soit – 40 %.

b. Trafics démantelés et personnes interpellées en janvier 2021

• 1 388 trafics ont été démantelés contre 1 026 le mois dernier, soit une hausse de + 35,3 %.

• 1 496 trafiquants ont été mis en cause en janvier 2021 contre 1 464 mis en cause en décembre 2020, soit une hausse de + 2,2 %.

c. AFD dressées

Entre le 1er septembre 2020 et le 28 février 2021, 44 124 infractions ont été relevées par les forces de l’ordre dont 3 744 en Seine-Saint-Denis, 3 978 dans les Bouches-du-Rhône et 1 893 dans le Nord.

6 mois après sa mise en œuvre, le bilan est donc très positif.

d. Opérations de démantèlement de points de deal

Dans le cadre de la mise en œuvre du plan national de lutte contre les stupéfiants, une cartographie répertoriant 3 952 points de deal sur le territoire national a été dressée (au 1 er décembre 2020).

Depuis le 1 er janvier, 301 opérations visant au démantèlement de points de deal ont été menées sur l’ensemble du territoire national (dont 57 en quartiers de reconquête républicaine). Le premier département est de loin les Bouches-du-Rhône avec 98 opérations menées.

Lors de ces 301 opérations, 647 personnes ont été interpellées.

Ces opérations ont conduit aux saisies suivantes :

  • Plus de 1,2 tonne de cannabis
  • 15 kg de cocaïne
  • 6 kg d’héroïne
  • 43 armes
  • Et 1,5 millions d’euros d’avoirs

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Affaires marquantes du mois dans la lutte contre le trafic de stupéfiants

POLICE NATIONALE

DDSP69 – OFAST – DTPJ LYON – « go fast » en provenance d’Espagne

  • Saisie de 376 kg de cannabis.
  • Occupants de véhicules interpellés.

Sûreté départementale 28 – interception d’un go-fast

  • Interpellations de 3 individus.
  • Saisie de 280 kg de résine de cannabis et 8 véhicules au titre des avoirs criminels.

OFAST – FIPN – OCLCO, OCRGDF, DSPAP, DDSP 78 Démantèlement d’un réseau de trafics de stupéfiants en Seine-Saint-Denis (93)

  • Interpellation de 10 objectifs dont 8 écrous.
  • Saisie de 600 grammes de TNT, 600 grammes de pentrite RDX, 4 détonateurs et 3 systèmes de mise à feu, 31 000 euros, 4 montres de luxe Rolex, 6,5 kg de produits stupéfiants (cannabis et cocaïne), 21 armes de guerre avec chargeurs, 2 000 munitions et 6 véhicules.

Sûreté départementale 59 – Démantèlement d’un point de deal à Lille-Sud (59)

  • Interpellation de 9 individus.
  • Saisie de près de 20 000 euros, 20 g de cocaïne et 267 g d’héroïne.

OFAST – Toulouse – BR MURET – Interception d’une importation de 421 kg de cannabis en provenance d’Espagne • Interpellation de 6 individus.

  • Saisie de 418 kg de résine de cannabis, 3,5 kg d’herbe de cannabis et 14 800 €.

SDPJ 93 – Lutte contre les trafics de stupéfiants à Bondy (93) et Paris 20e

  • Interpellation de 8 individus.
  • Saisie de 22 kg d’herbe cannabis, de 350 g de cocaïne, de 1,1 kg de kétamine et d’une arme de poing

SAIP La Courneuve (93) – trafic d’héroïne (point de deal recensé au niveau ministériel)

  • Interpellation de 3 individus.
  • Saisie de 301 g d’héroïne, 18 g de méthamphétamine et de 605 €.

SAIP Fresnes (94) – secteur la « vallée aux renards » à Fresnes

  • Interpellation de 8 individus.
  • Saisie de 7,5 kg de cannabis (dont 1,5 kg de résine).

ST 92 – Bagneux (92) – trafic de stupéfiants à Bagneux (secteur Pierre Plate)

  • Interpellation de 12 individus.
  • Saisie de 48 075 €, une quarantaine de kilos de cannabis et 2 armes de poing.

SDPJ 94 – Val-de-Marne (94) – trafic de stupéfiants région parisienne

  • Interpellation de 10 individus.
  • Saisie de 64,6 kg de cannabis dont 35,8 kg de résine, 2 armes dont un AK 47 et 12 500 €.

SAIP 20 – BSP – PARIS

  • Interpellation de 3 individus.
  • Saisie de 34 kg de cannabis dont 31,3 kg de résine.

ST 94 – Trafic de stupéfiants à Villejuif (94)

  • Interpellation de 9 individus.
  • Saisie de 7,7 kg de cannabis dont 4,3 kg de résine et 2 armes.

SAIP 19 – Paris 19 e – lutte contre le trafic de produits stupéfiants

  • Saisie de 6,9 kg d’herbe de cannabis, 1,5 kg de résine, 920 g de cocaïne, 920 g de MDMA, 445 cachets d’ecstasy, 10 920 € et 1 arme de poing.

ST 93 – Romainville et Gagny (93)

  • Interpellation d’1 individu.
  • Saisie de 7,5 kg de cocaïne et 14 100 €, 1 gilet pare-balles, 3 trackers, une trentaine de cartouches de protoxyde d’azote vendues à l’unité 30 €.

Saint-Ouen (93) – Levallois-Perret (92) et Nogent-sur-Oise (95) – sur commission rogatoire

  • 22 interpellations pour trafic de stupéfiants.
  • Saisie de 7 750 kg de résine et d’herbe de cannabis confondus, près de 60 000 € en numéraire, 2 véhicules et 1 arme de poing de calibre 7,65.
  • Un compte bancaire supportant une provision de près de 70 000 € a également été bloqué.

GENDARMERIE NATIONALE

Brigade de recherches de Vire – Trafic de stupéfiants à Vire (Calvados)

  • Interpellation de 6 individus.
  • Saisie de 12 kg de résine de cannabis, 1 kg d’herbe, 125 g de cocaïne, 38 000 €.

Section de recherches de Dijon – Trafic de drogue à Saint-Florentin (Yonne)

  • Interpellation de 6 trafiquants.
  • Saisie de 39 kg d’héroïne, 2,5 kg de cocaïne, près de 2 000 cachets d’ecstasy, 4 600 €, 1 véhicule, 1 arme à feu.

Brigade de recherches de Saint-Nazaire – point de deal à Montoir-de-Bretagne

  • Interpellation de 12 individus.
  • Saisie de plus de 500 g de résine de cannabis, 300 g d’héroïne, 350 g d’herbe, 2 armes de poing, 1 moto volée et 3 400 €.

Brigade de recherches de Vierzon – point de deal à Aubigny-sur-Nère (Cher)

  • Interpellation de 3 trafiquants.
  • Saisie de 1,5 kg d’herbe, 200 g de résine, 1 300 €.

Brigade de recherches Salon de Provence – Lutte contre les points de deal à Salon de Provence

  • Interpellation de 8 individus.
  • Saisie de 2,5 kg de cannabis, 550 g de cocaïne, 6 armes, 1 gilet pare-balles, 1 détecteur de balise, 3 véhicules, 3 000 €.

Brigade de recherches de Pornic – trafic de stupéfiants à Pornic (44)

  • Interpellation de 12 individus.
  • Saisie de 1 kg de cannabis, 100 g de cocaïne, 1 arme de poing, 12 000 €, un véhicule.

Brigade de recherches de Pithiviers (45) – point de deal de Pithiviers (45)

  • Interpellation de 3 individus.
  • Saisie de 660 g d’héroïne, 1 000 €.

Brigade de recherches de Belley – point de deal à Ambérieu-en-Bugey (01)

  • Opération judiciaire contre un point de deal actif.
  • Interpellation de 10 individus.
  • Saisie de 12 kg cannabis, 3 500 € numéraire, 4 véhicules Brigade de recherches de Marchenoir – Trafic de stupéfiants (héroïne et cocaïne) à Authon (41)
  • Interpellation de 3 individus.
  • Saisie de 500 g d’héroïne, 100 g d’ecstasy, 40 g de cocaïne, 1 chambre de culture, 2 véhicules.

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FRANCE 🇫🇷: la lutte contre le blanchiment d’argent

Michel CHARASSE, le ministre du Budget d’alors

À la suite de la création du GAFI (groupe d’action financière), en juillet 1989 lors du sommet de l’Arche, la France s’est dotée, en 1990, d’une législation, en constante évolution, permettant de lutter contre le blanchiment d’argent à l’intérieur de ses frontières et dans un cadre international.

A cette occasion, elle a mis en place des outils structurels de lutte contre le blanchiment.

Deux organismes ont été créés en mai 1990, l’un placé auprès du ministère de l’économie, des finances et de l’industrie (traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins – TRACFIN) chargé du volet préventif du dispositif, l’autre placé au sein de la direction centrale de la police judiciaire (OCRGDF), en charge du volet répressif de la lutte contre le blanchiment.

Sur un plan préventif, la loi instaure une véritable collaboration entre les pouvoirs publics, le secteur bancaire et financier et les professionnels du chiffre (commissaires aux comptes, notaires, huissiers…) et du droit (avocats) en matière de lutte contre le blanchiment (obligation de déclaration des opérations portant sur des sommes susceptibles de provenir de certaines infractions – trafic de stupéfiants, fraude communautaire, corruption, activités criminelles organisées, participation au financement du terrorisme- et obligation de vigilance).

TRACFIN a pour mission de recevoir les déclarations de transactions suspectes (ou déclarations de soupçons) provenant des professions assujetties. Ces déclarations sont analysées et dès qu’elles semblent révéler une opération de blanchiment réprimée par la loi, TRACFIN a transmet le dossier au procureur de la République du lieu de commission de l’infraction.

Sur un plan répressif, la législation a constamment évolué pour aboutir en 1996 à la création d’un délit général de blanchiment qui concerne l’ensemble des crimes et des délits y compris la fraude fiscale à l’exclusion des contraventions et au principe du renversement de la charge de la preuve en matière de trafic de stupéfiants et d’association de malfaiteurs (après qu’il soit établi que le train de vie des mis en cause dans ces infractions n’est pas en conformité avec leurs revenus déclarés).

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BLANCHIMENT (France): les enquêteurs de l’OCRGDF (Office central pour la répression de la grande délinquance financière) ont démantelé un réseau de blanchiment d’argent de la drogue

C’est une affaire pas banale qui illustre parfaitement les circuits du blanchiment de l’argent issu du trafic international de drogue. Et les profits colossaux qui en découlent.

Après dix-huit mois d’investigations, les enquêteurs de l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF) viennent de mettre un terme aux juteux arrangements entre trafiquants de drogue et grossistes en textile, implantés dans une zone commerciale à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis).

C’est en utilisant un système de compensation connu sous le nom d’hawala, qui remonte au Moyen Âge qui évite tout passage par le réseau bancaire traditionnel et échappe ainsi à tout contrôle.

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NARCO-BUSINESS: l’argent sale transformé en montres et voitures de luxe

Les services américains et français ont démantelé un réseau de blanchiment de l’argent de la drogue de Colombie, via un système de commerce de montres et de voitures de luxe destinées au Liban.

Nicolas Jacquard | 24 Avril 2016

Il est 20 heures, ce 20 janvier au soir. Ali Z. est attablé dans un palace de l’avenue George-V, lorsqu’on vient discrètement le prévenir qu’il est demandé. Le début de quatre-vingt-seize heures de garde à vue.

Quelques minutes plus tôt, à leur arrivée à Roissy en provenance de Beyrouth, c’est l’interpellation de Mazen E. et Mohamad N. qui a lancé le top départ d’un vaste coup de filet à travers l’Europe. Les policiers de l’OCRGDF (Office central de lutte contre la grande délinquance financière) finalisent un an d’une enquête au cours de laquelle ces deux hommes sont apparus comme les coordinateurs d’un tentaculaire réseau de blanchiment.

Des billets dans les sacs de sport

Décembre 2012 : un passeur est arrêté en France avec 390 000 €. En novembre et décembre 2014, deux autres sont appréhendés en Hollande avec respectivement deux millions puis 500 000 €, en marge d’une saisie de 62 kg de cocaïne. Aux Etats-Unis, les agents de la DEA en ont la certitude : tous appartiennent à une seule et même organisation, pilotée conjointement depuis la Colombie et le Liban, avec la France comme plaque tournante.

L’OCRGDF est saisi. Une à une, courant 2015, les petites mains sont identifiées. Il y a Kamel le Kurde, actif en Allemagne, quand son homologue Jimmy se charge de l’Italie, voire de l’Espagne. Jimmy se vante d’avoir trouvé une cache infaillible, sous les essuie-glaces de son Land Rover. Aux ordres de Mohamad, basé au Liban, c’est Hassan T. qui chapeaute le réseau en Europe, et se charge parfois lui-même de rapatrier l’argent de la drogue en France et en Allemagne. L’occasion de se rendre compte des difficultés rencontrées par ses subordonnés. Ainsi renâcle-t-il lorsqu’il découvre, arrivé en Italie, que la somme qu’un certain « Georges » doit lui remettre atteint 600 000 EUR en coupures de 20.

« On n’en veut pas ! », tranche Mohamad au téléphone, les deux hommes étant sur écoute. « Tu ne savais pas ce que c’était avant ? » s’agace Hassan. « Si je le savais, tu crois que je t’aurais envoyé ? s’excuse son boss. Dans un premier temps, c’était 400. Ils sont devenus 600… » Par sécurité, des « token » — sortes de mots de passe — sont utilisés. Le système consiste à se munir d’un billet de 5 € présenté au collecteur. Il en a reçu au préalable le numéro de série, ce qui permet de s’assurer qu’il est bien celui qu’il prétend être. Au téléphone aussi, tout le monde parle en langage codé. On va ainsi au « four » ou au « moulin », soit en Belgique ou en Hollande. Les montants collectés deviennent, oralement, des modèles de voiture. Une « S500 » doit ainsi être récupérée à Naples, selon Mohamad. « Quelle marque ? », lui demandent les policiers en garde à vue. « Je sais pas, j’ai tout oublié. »

Une autre fois, il évoque une « 650, une BMW ». « Ça existe ? » « Faut que je réfléchisse », élude Mohamad, qui finit par avouer qu’il y avait bien 650 000 € à collecter.

Des agents américains infiltrés

C’est un accord d’entraide qui remonte à l’époque de la French Connection. Depuis 1971, les agents américains de la DEA (service de police fédéral qui lutte contre le trafic de stupéfiants) peuvent opérer en France. Ils l’ont fait à deux reprises dans le cadre du dossier Cedar. Une première fois, le 15 mai 2015, deux infiltrés se font passer pour des « cols blancs » voulant faire transiter des espèces. L’argent sera versé à Paris, puis déplacé à l’étranger par « compensation ». En planque, les policiers français ne perdent pas une miette de la scène, qui se joue dans un palace parisien. Les deux agents, un homme et une femme, montent dans la chambre de leur contact libanais. En quelques minutes, l’affaire est conclue. Le 28 août, rendez-vous est pris pour le versement, sur une célèbre terrasse des Champs-Elysées. Il est 23 h 20. Michaël, le coursier du réseau, est à l’approche, au volant d’un discret Renault Scénic. L’homme est nerveux. Il appelle son patron, se plaint de ne voir personne, et s’inquiète que l’endroit grouille de policiers. « Il est niqué ce type ! Il m’a fait changer trois fois d’adresse », se plaint-il en évoquant l’agent de la DEA sous couverture. Finalement, les deux se retrouvent le long de l’avenue. En quelques secondes, à travers la vitre passager, Michaël récupère l’enveloppe. L’ensemble de la scène est immortalisé en photo. Domicilié aux Pays-Bas, le passeur a depuis fait l’objet d’une procédure judiciaire dans son pays de résidence.

Range Rover et Audemars Piguet

Quand l’argent est arrivé à destination, il faut alors le blanchir. Cette fois, les véhicules sont bien réels. Plusieurs intermédiaires sont alors sollicités. Oussama F. s’est fait une spécialité d’acheter en liquide des voitures en région parisienne. Le plus souvent à des garagistes peu regardants sur l’origine des fonds. Chaque année, il expédie au Liban une soixantaine de voitures de luxe, via la Belgique ou le port de Gennevilliers. Son engin de prédilection : le Range Rover, finition Autobiography. Un modèle à 140 000 €. « Je t’envoie le nouveau ! » dit-il à un de ses interlocuteurs. « Je veux le Mercedes. Le Range, au Liban, n’importe qui en a un ! » « Celui-là a une couleur qui n’existe pas là-bas. Magnifique. »

Deux de ces véhicules notamment sont achetés en espèces à un émir installé dans les Yvelines, réglés 158 000 € cash. Oussama reconnaît a minima qu’il avait eu des soupçons sur l’origine des fonds. « Je pensais que c’était de l’évasion fiscale, se défend-il. Je me sentais obligé. Mohamad a rendu mes affaires plus florissantes. » Comme il a fait fleurir celles d’Ali Z., marchand de montres reconnu, toujours en recherche d’espèces. Cela tombe bien, Hassan en a à revendre. Chaque année, Ali Z. acquiert 120 montres en Allemagne, « un pays où les fournisseurs ne se soucient pas du cash ». Avec Hassan, il va en recevoir du « sale », pour le rendre « propre » au Liban, une fois que les montres y ont été revendues. Rolex, Patek Philippe ou IWC, « elles valent en moyenne de 30 000 à 50 000 », calcule Ali. Voire 175 000 pour ce modèle Audemars Piguet exceptionnellement écoulé à Paris. Au total, Ali dit avoir « 180 montres en stock », et freiner les reventes pour ne pas casser le marché libanais. Aucun problème de transport : les boîtes voyagent par colis, les montres avec des passeurs, avec la complicité du directeur de la sécurité de l’aéroport de Beyrouth, le général D. En sept remises, 1,3 million a été blanchi par Ali en seulement quatre mois.

Pas assez selon lui, son business étant de plus en plus gourmand en espèces. « Il en a profité, mais ne pouvait plus faire machine arrière », tempère son avocat, Me Itzkovitch. Ali finit par remplacer Hassan à la collecte, récoltant 4 millions en six mois. Car Hassan a une détestable manie : prélever pour son compte une part de l’argent qu’il fait transiter. Un petit manège que ses donneurs d’ordre ont fini par découvrir. « Il doit 50 000 à l’un, 65 000 à un autre ! » s’énerve Mazen E., qui dit lui avoir expliqué « qu’il fallait qu’il règle le problème, ou je l’enterrais au centre de Beyrouth ».

Il n’aura pas le temps de mettre sa menace à exécution. Hassan est interpellé début janvier. La semaine dernière, il a été extradé par la France pour y être entendu par la justice.

http://www.leparisien.fr/faits-divers/l-argent-sale-transforme-en-montres-et-voitures-de-luxe-24-04-2016-5741047.php

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FRANCE (opération Virus): que savait le TRACFIN des opérations de l’HSBC Private Bank??

Le 10 octobre 2012, un coup de filet de de l’Office des stups et de l’OCRGDF (Office central de répression de la grande délinquance financière) aboutissait à la saisie de près de deux millions d’euros en liquide et de dix lingots d’or. (DR.)

En fuite, le « superviseur » du trafic de stupéfiants a été arrêté mardi à Marrakech.

Trois autres mandats d’arrêt sont en attente d’exécution.

Il avait échappé au coup de filet du 10 octobre. Sofiane Nedjam, 35 ans, s’était déjà envolé vers le Maroc quand les policiers étaient venus le chercher dans son fief des Yvelines. Sa cavale s’est achevée mardi soir à Marrakech. Le Franco-Algérien, interpellé en possession d’une batterie de téléphones portables et de 50.000 euros en liquide, est depuis placé sous écrou extraditionnel.

Ce mercredi 10 octobre, après de longs mois de surveillances et d’écoutes téléphoniques, les policiers de l’Office des stups et de l’OCRGDF (Office central de répression de la grande délinquance financière) lançaient l’opération « Virus ». En pistant l’argent d’un réseau structuré de trafic de résine de cannabis entre le Maroc et l’Ouest parisien, les enquêteurs ont mis au jour une filière originale de blanchiment entre Paris et Genève, orchestrée par une fratrie originaire de Casablanca, les Elmaleh. Une bonne partie de l’argent du deal était d’abord remise à des notables parisiens adeptes de la fraude fiscale au terme d’un ahurissant ballet de sacs plastique remplis de billets échangés dans les rues de la capitale.

Le « chaînon manquant » entre banquiers et trafiquants

Ces mêmes fraudeurs voyaient ensuite leurs comptes en Suisse être débités au profit des trafiquants qui retrouvaient leurs millions, par un système de compensation, sous forme de biens immobiliers ou de parts de sociétés, en Espagne, au Maroc ou dans les Émirats.

Un temps occultés par la personnalité des fraudeurs, dont sept ont été mis en examen parmi lesquels Florence Lamblin, élue écologiste du 13e arrondissement de Paris, les enjeux du dossier « Virus » se tournent désormais vers l’étranger. D’abord vers la Suisse où deux des frères Elmaleh, Nessim, 38 ans, un as de l’ingénierie financière employé à la HSBC Private Bank, et Meyer, 48 ans, président aujourd’hui déchu de la société fiduciaire genevoise GPF S.A., ont été écroués. Pour l’instant, les magistrats helvétiques n’ont rien transmis à leur collègue parisien, le juge d’instruction de la JIRS (juridiction interrégionale spécialisée) Baudoin Thouvenot. Pas plus le compte rendu des auditions des deux frères que la copie d’un « petit cahier à spirales » dans lequel l’assistante de Meyer Elmaleh était censée noter toutes les transactions, y compris les noms des bénéficiaires des opérations de compensation.

En attendant, c’est au Maroc que l’enquête a rebondi cette semaine avec l’arrestation de Sofiane Nedjam. Ce dernier, qui a gravi depuis l’adolescence tous les échelons de la carrière de trafiquant de stup, était, selon plusieurs sources policières, le « superviseur » en France du réseau : réception des go fast, ces bolides gavés de cannabis qui remontent la drogue depuis l’Espagne pour approvisionner les cités de Trappes, Mantes et Garges-lès-Gonesse (Yvelines et Val-d’Oise) ; gestion des flux financiers dont une partie reprenait la route vers l’Espagne et le Maroc, l’autre intégrant le circuit de la « Elmaleh connection ». Deux de ses complices, franco-algériens également et basés au Maroc, sont aussi visés par des mandats d’arrêt. Pour l’instant sans résultat.

Bénéficieraient-ils de protections auprès des autorités marocaines? Certaines sources policières s’interrogent. D’autant qu’un quatrième larron réfugié au Maroc fait, lui aussi, l’objet d’un mandat d’arrêt international, ce qui ne l’a pas empêché pas de couler des jours tranquilles à Casablanca jusqu’à ces derniers temps. L’homme aurait pris la tangente très récemment pour Israël. Simon P., franco-marocain d’une cinquantaine d’années, est un ami d’enfance de Meyer Elmaleh. Il serait le « chaînon manquant » entre les banquiers suisses et les trafiquants franco-algériens bien introduits dans le royaume, notamment auprès des producteurs de la région du Rif, dans le nord du pays.

Interrogé en Suisse, Meyer Elmaleh a reconnu, explique son avocate Me Josiane Stickel-Cicurel, que « cet ami de longue date lui avait proposé, il y a deux ou trois ans, des opérations de compensation : ‘J’ai des clients qui disposent de cash, est-ce que tu as des clients qui ont besoin de cash?’ Mais jamais cela ne lui a traversé l’esprit que son ami, qui a une entreprise au Maroc, puisse le tromper et le pousser à toucher à l’argent de la drogue. »

Titulaire notamment d’un diplôme de gestionnaire de fortune obtenu à Genève, Meyer Elmaleh avait épousé en 1989 la fille du fondateur de la GPF S.A., une des plus importantes sociétés de gestion de fonds de la place genevoise. Une belle ascension sociale pour celui qui était né pauvre dans la médina de Casablanca. Dans un long article publié en 2011 dans la revue marocaine VH Magazine, Albert Elmaleh, un de ses frères aînés, contait la success story familiale : un père analphabète qui s’échine « pour 20 dirhams par semaine » dans une fabrique de sacs de jute, une mère qui travaille depuis l’âge de 13 ans, six frères et une sœur qu’on habillait « grâce à des colis venus des États-Unis », mais aussi un formidable désir de réussite. « Mon père nous disait : ‘Mon fils, si tu n’avances pas, tu recules. Ne t’arrête jamais!' »

Stéphane Joahny – Le Journal du Dimanche

samedi 03 novembre 2012

http://www.lejdd.fr/Societe/Actualite/L-affaire-Virus-rebondit-au-Maroc-573163

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