SUISSE: la police traque dealers et consommateurs à Bex

Drogue

Inédit dans la commune, un imposant dispositif policier se déploie depuis mardi.

La présence continue d’agents de la police du Chablais a déjà changé la physionomie de la gare. Les dealers en sont désormais absents. (Photo: Chantal Dervey)
Flavienne Wahli Di Matteo
 La vision est surprenante à la gare de Bex. Exit les grappes de dealers à l’affût de clientèle aux abords des quais. Depuis quelques jours, policiers et voitures de patrouille occupent la place et sillonnent les rues de la Cité du sel. Leur mission: arrêter, identifier et fouiller les individus suspects. Objectif: les dissuader de poursuivre leur activité dans ce village miné par un trafic mené au vu et au su de tous.
 Avec l’appui du Canton, la Commune a décidé de frapper un grand coup. Un état-major spécifique s’est constitué pour coordonner le travail de la police du Chablais vaudois (EPOC) avec celui des polices cantonale, judiciaire et des transports. Pour une durée de deux mois, reconductible, quatre policiers au minimum sillonneront le village sept jours sur sept, selon un horaire étendu jusque tard dans la nuit. Ils pourront bénéficier du renfort de brigades canines et de laboratoires mobiles de la police cantonale dans le cadre d’opérations plus pointues ciblant également les consommateurs (lire ci-dessous).

Assurer une présence visible

«Suite à une demande de Bex, nous avons décidé de prendre des mesures de type résolution de problème, explique la conseillère d’Etat Béatrice Métraux, cheffe du Département de la sécurité. Il s’agit d’assurer une présence visible en uniforme dans la rue de manière dissuasive. L’objectif est clairement de diminuer la visibilité du phénomène, de diminuer l’attractivité de cette région pour les consommateurs et ainsi de renforcer le sentiment de sécurité de la population.» «Cette stratégie, nous la connaissions, mais à l’échelle de la commune nous ne disposions pas de moyens suffisants pour la mettre en place», rappelle Daniel Hediger, municipal de la Police à Bex.

Le fléau étant identifié de longue date, quel a été le déclic à cette action coordonnée? «Quand j’ai pris mes fonctions, en 2011, on comptait une quinzaine de dealers à Bex. En 2013, au début de l’opération «Strada», il y en avait 21, compte Daniel Hediger. Dernièrement, ils étaient 35. Nous avions atteint la cote d’alerte.»

Devoir accompli

«Si les choses ont bougé, c’est grâce à nous, parce qu’on s’est obstinés, se félicite Sandrine Moesching-Hubert, qui vient de quitter sa fonction de présidente de l’Association Mon village sans dealers, mouvement citoyen lancé il y a une année. Depuis le début, nous demandons une coordination des polices, nous avons amené ce lien. J’éprouve un sentiment de devoir accompli. Depuis deux jours, les gens me téléphonent, euphoriques, car ils constatent l’absence du trafic. Dans un village, ce n’est pas pareil qu’en ville, ce trafic omniprésent a généré un sentiment d’insécurité profondément ancré.»

«C’est très net! Hier soir, j’ai vu deux dealers au village, d’habitude j’en compte 18», constate Carole Käser, patronne du Café de la Gare. Sur les quais, les policiers ne comptent plus encouragements et remerciements. Reste à évaluer la portée de l’action à long terme. «Il faut rester modeste, concède Daniel Hediger. Rien n’est garanti. Dans d’autres cités, le trafic est simplement devenu plus discret. Ce résultat soulagerait déjà les Bellerins.»

Quant à la crainte de voir le fléau se déplacer, Béatrice Métraux est claire: «La police cantonale va bien entendu et en permanence suivre l’éventuel déplacement de la problématique, dans d’autres régions du canton notamment.»

(24 heures)

http://mobile2.24heures.ch/articles/56607ae3ab5c37331d000001

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