CANADA (entre ‘indica’ et ‘sativa’): un des buts avoués de la légalisation est de couper l’herbe sous le pied du marché noir

Pour beaucoup de fumeurs, «ça ne va rien changer»

Avec l’arrivée d’une concurrence légale et bien organisée, est-ce la fin des haricots pour les dealers?

On a posé la question à Francis*, un amateur assumé de cannabis qui dit fumer son joint chaque jour. Il vit dans une région rurale et n’est pas convaincu par l’offre de la SQDC: «J’ai regardé le site web: le pot le moins cher est de l’indica, qui a plutôt tendance à assommer et fatiguer. Je préfère le sativa, qui est davantage social. Pour obtenir la qualité que je désire, ça me coûterait plus de 200$ pour une once [28 grammes] à la SQDC. Or, j’ai l’habitude de payer 150$ pour cette quantité, et je suis très satisfait de mon vendeur, qui me fournit un produit d’une qualité exceptionnelle».

Francis ira à la SDQC «pour essayer» ou pour des achats d’appoint, mais continuera à faire confiance à son dealer attitré. D’ailleurs, il affirme que ce dernier ne craint aucunement la légalisation. «Ici, en campagne, ça ne va rien changer. Par contre, pour des fumeurs occasionnels qui vivent à Montréal, c’est mieux d’aller dans un magasin de l’État que d’acheter à quelqu’un de louche que tu ne connais pas

À Montréal justement, le marché noir s’est adapté de la manière la plus logique qui soit face à ce nouveau rival qu’est la SQDC: en cassant les prix. Les revendeurs qui rôdent autour de la rue Sainte-Catherine ont encore une certaine marge de manœuvre: «J’achète mon gramme 4$», s’amuse un jeune homme lorsqu’un reporter de la chaîne de télévision TVA Nouvelles lui demande s’il est capable de concurrencer le prix proposé en boutique.

*Le prénom a été modifié.

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