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Los aduaneros de la ciudad rusa de Kaliningrado detuvieron un lote de carne picada de producción brasileña en la que encontraron 490 kilos de cocaína.
“Durante el control aduanero del contenedor con carne picada congelada, proveniente de Brasil, (…) se hallaron ‘bricks’ con un total de 490 kilos de cocaína”, dice el comunicado de la aduana.
Hace tres semanas en el mismo puesto de control se interceptó otra carga con 172 kilos del estupefaciente, también proveniente de Brasil.
Coke en stock (LXXXII) : le Venezuela, porte-avions de la drogue
Encore un avion « abattu » ?
On en été resté là, pendant quelques mois, jusqu’en ce jour où où le ministre des armées, l’ineffable Vladimir (Padrino Lopez) annonçait encore une fois la même chose encore : la chute présumée d’un avion de narcotrafiquant qui aurait été « abattu » par l’intraitable aviation bolivarienne ; à qui aucun avion porteur de drogues ne faisait plus peur, visiblement, comme le clamaient en cœur avec Lopez les officiels, sûrs de leur « terrifiante » aviation dotée de K-8 chinois. Effectivement, l’image montrée est éloquente : l’appareil est effectivement réduit à des cendres, à peine si on le reconnaît (la queue relevée en T semblant bien être celle d’un Beechcraft Super King 300, comme on peut le constater… un appareil connu (très connu, même, des vénézuéliens, comme on va le voir).

Un avion absolument pas « abattu » !
Un premier blogueur curieux et attentif s’étonne là encore de la version donnée : l’appareil est resté bien en ligne, et n’a pas impacté le sol (il n’y a pas de cratère de visible) : son train est encore sorti (il s’est effondré dessus en brûlant) et surtout… ses hélices sont en drapeau (leurs pales grises ont deux traits blancs à leur sommet) signe qu’il s’était posé d’abord plutôt tranquillement et qu’il a été incendié après. Un terrible incendie, qui a ravagé tout le fuselage et laissé seulement visibles les fuseaux moteurs, bien noircis… et la queue, restée relativement intacte. D’après les vestiges, on a bien affaire à un Super King Air 300.
Mieux encore, avec la découverte d’un second blogueur, qui laisse plutôt sans voix. Les vestiges visibles des dessins figurant sur la queue pointent en effet selon lui… vers le fameux YV2351 qui a servi à faire le show à Tareck El Aissami, (voir l’épisode précédent) !!! Indubitablement, on a affaire au même appareil, et donc à une sérieuse mise en scène, car l’avion a à nouveau été sorti de la base militaire de la Carlota pour être disposé en plein Apure !!! Quelle mascarade ! Le gouvernement vénézuélien n’hésite donc pas à sacrifier des appareils valant encore quelques centaines de milliers de dollars pour faire croire à l’efficacité de sa lutte contre le trafic de drogue, mettant de ce fait sérieusement en doute cette dernière !!! En conclusion, le Beechcraft aura assuré aussi deux fois le show !!!

Le Venezuela, porte-avions des appareils bourrés de coke
Le fait est, et c’est indéniable, que le Venezuela est devenu un véritable porte avion pour porteurs de drogues, avec des appareils parfois dissimulés dans la jungle, en attendant qu’on vienne tout simplement les utiliser. C’est ce qu’on avait déjà découvert le 20 septembre 2012 lorsque le « Service d’Intelligence bolivarienne » (ou Sebin), tombe (par hasard ?) sur un avion abandonné, un Cessna 421 blanc et bleu, immatriculé B-KDP, dissimulé sous des filets de camouflage sous les arbres, en plein parc national Aguaro Guariquito, près de la municipalité Sebastian Francisco de Miranda, dans l’État de Guarico.
Autour de l’avion, il y a 22 fûts de kérozéne dont 7 encore pleins et 15 trouvés vides. L’appareil n’était qu’à quelques mètres d’une piste de décollage et d’atterrissages clandestins ! L’avion avait tout du candidat à la traversée de l’Atlantique, comme ses confrères décrits ici. Ce n’était pas le premier ainsi découvert « prêt à l’emploi » sous un filet de camouflage. Le 27 octobre 2011, c’est un Beechcraft King Air 200 qui avait été trouvé de la même façon au lieu dit de “Las Matas” a 54 miles à l’est d’Elorza.. L’avion immatriculé N-871C, d’une valeur de 2,5 millions de dollars attendait sagement son tour… l’avion avait été volé quelques jours auparavant vers 3 heures du matin, alors que l’aéroport d’El Higüero (Joaquín Balaguer), en République Dominicaine, était encore fermé (ici en photo, à Punta Cana, autre fief du transit de la drogue).

Une épidémie de bimoteurs en Apure
Et les bimoteurs ou même les biréacteurs tombent comme à Gravelotte, dans l’état d’Apure. Venant directement de Colombie. Ou plutôt se posent, et sont incendiés par l’armée, mais sont présentés comme ayant été abattus par l’armée. Des blogueurs suspicieux le relèvent vite en effet, en remarquant sur la plupart des photos des bimoteurs présentés comme « abattus », le train de l’avion, encore visible malgré la quasi-incinération est sorti et les hélices restées en drapeau, signe que l’appareil s’est posé tranquillement avant d’être incendié. L’armée bolivarienne maquille manifestement les faits, en prétendant avoir « abattu » ces avions, qui se sont soit posés sous la contrainte, soit plutôt ont été découverts après coup, ce que l’on suppose davantage avec la volonté montrée de vouloir en faire à tout prix des victoires aériennes. Et comme aucune boîte noire n’est jamais montrée ni étudiée sur les biréacteurs incendiés (les petits bimoteurs à hélice n’en ayant pas), on se convainc vite que là encore, c’est bien l’armée qui efface les traces d’un trafic compromettant pour elle, davantage que des appareils poursuivis par des hypothétiques avions vénézuéliens. Les vénérables F-16, achetés par le prédécesseur de Chavez en 1983 paraissent fort mal lotis pour en effectuer la chasse, et quand aux fameux K-8 chinois montrés en exemple par ce même Chavez, la flotte s’en est réduite, avec le crash d’un appareil lors… d’une démonstration aérienne destinée à fêter l’anniversaire des forces aériennes bolivariennes.
La grande esbrouffe du pouvoir
Non, résolument, tout est du flanc, et fort peu de crashs montrés dénotent d’une chute de l’appareil (ici à gauche un avion retrouvé – incendié au sol- à Pedro Camejo danss l’Apure) un ou deux exemples seulement montrent un avion lourdement tombé à plat, moteurs enfoncés dans la boue (comme celui ci-dessus avec un avion piloté par un jeune pilote colombien : celui-là est vraiment tombé de haut, tel quel , et pourrait avoir été abattu : mais c’est pratiquement le seul dans ce cas Cet avion, un Beechcraft Super King Air avait ainsi annoncé comme volé le 25 mai dernier à Atlixco au Mexique dans l’état de Puebla. Son propriétaire, qui venait juste de l’acheter sur une adjudication du gouvernement mexicain (le Secrétariat des Finances et du Crédit public ou SHCP, l’avion aurait donc pu faire l’objet déjà d’une saisie précédent pour trafic de drogue !) avait été menacé chez lui (ou plutôt on l’avait appelé pour dire que son enfant avait été enlevé, ce qui était faux !) s’il ne donnait pas par téléphone à l’aéroport les codes permettant de faire voler l’avion. L’homme déposera le 27 mai une plainte au commissariat portant le numéro 1127/2014 pour dénoncer les faits. Le 28 mai, on retrouve l’appareil crashé, profondément enfoncé dans la boue d’un terrain de l’Apure au Venezuela, l’occasion pour l’impayable général Vladimir Padrino López, de faire le fanfaron et Twitter une photo avec la légende : « Une fois de plus notre FANB (la force aérienne bolivarienne) a fait respecter notre souveraineté. Un King-Air 300 abattu au sud-est de Bruzual, Apure ». Celui-là, en effet, pourrait l’avoir été…

L’affaire n’est pas pour autant terminée, une famille mexicaine cherchant depuis le 26 son fils, le pilote professionel Mario Nocove Fernando Muñoz découvrant l’information s’inquiétant du silence de leur enfant. C’est le 13 juin où le journal El Universal a publié un (excellent) article intitulé : « Apure, zone à risque pour les avions ». Le fils aurait été contacté en mai pour faire un voyage en Colombie, puis pour se rendre ensuite à Mexico où il a été hébergé à dans l’hôtel Century Zona Rosa, d’où il avait affirmé être fatigué par les trajets aériens. Le 26, son ex épouse l’avait eu une dernière fois au téléphone… il appelait, selon, elle de Bogota même, où elle-même réside .
Le 6 juin, le père de Fernando se rendait auprès de son ex belle fille, qui reçevait toujours des coups de fils de personne ayant croisé son fils, dont un dénommé « Kiko » qui lui a appris la mort de son fils… à Bruzual. Lors d’un rendez-vous avec le dénommé « Koko », le père apprenant par la même occasion qu’il y a quatre endroits concernés par le trafic et où se trouverait sans doute le corps de son fils : le premier est bien sûr le Mexique, le second la zone de Bruzual les, troisième et quatrième étant Guasdualito au Venezuela et Arauca, en Colombie, décrivant ainsi les points-clés du trafic. Le trajet effectué par le bimoteur était sans aucun doute celui d’Arauca-Bruzua, le trajet « parallèle » étant de Bogota-Guasdalito.

Une découverte de plus
Avec toujours la façon de montrer les choses allant dans le sens d’avions « interceptés en vol », ce qui est rarement le cas. Le 9 février, un hélicoptère (Puma) de l’armée venezuélienne survolant l’Apure se fait accueillir par une volée de mitraille. L’engin est alors au dessus de Cararabo, à 25 km seulement de la frontière, à proximité de Cinaruco, dans la petite municipalité de Pedro Camejo de Apure.
Aucun blessé chez les militaires, qui posent leur Puma à côté d’un nouveau venu : un Embraer 820, avec de « fausses immatriculations » selon les venezuéliens. Effectivement : sur les côtés du fuslage (où l’on peut voir des impacts de balles en réponse des militaires), on découvre des… autocollants découpés à la va-vite et mal collés, annonçant le YV-2155 (c’est le numéro d’un Cessna 402B en fait). Sa silhouette est reconnaissable de loin : c’est le Piper PA-31 Navajo construit sous licence au Brésil (le reportage photo est ici) !
Dedans, l’armée découvre, encore sagement ficelés, des paquets faisant plus d’une tonne au total de cocaïne. Et aux côtés de l’avion intact, des bidons d’essence pour le remplir : visiblement, celui là avait envie de redécoller !
Le communiqué des vénézuéliens évite soigneusement, comme on peut le voir d’indiquer l’origine exacte de l’appareil. Faut dire que c’est une… nouveauté (les Embraer de ce type sont plus rare que les Piper d’origine). Mais une recherche approfondie nous fait découvrir l’oiseau qui a gardé sa livrée d’origine : c’est bien le PT-LHO, photographié ici au São José do Rio Preto Prof. Eribelto M. Reino… au Brésil !!! Un Embraer N°820122 qui se trouve facilement, car, surptise, il figure sur Wikipedia ! Les trafiquants ont-il eu recours à l’Encyclopédie du net pour le choisir, voilà qui est quelque peu surprenant !
Les erreurs à répétition de Padrino
Quant au ministre de la défense vénézuélienne, Vladimir López Padrino, devrait surtout réviser ses gammes, car ça cafouille toujours autant au sommet de l’Etat, dès qu’il s’agit d’expliquer les « interceptions » d’avions de la drogue.. Le 13 juin 2014, il annonce ainsi que ses avions ont « abattu » un « Beechcraft C90 king Air » dans l’Etat d’Apure. Pour fêter ça, il poste sur son compte twitter une photo où il spécifie lui-même le type de l’appareil « abattu ». L’homme est un habitué : il avait déjà fait de même en décembre 2013 avec un autre appareil, visiblement posé au sol et non abattu. Manque de chance pour lui, cette-fois ci ça n’est absolument pas un C-90 à turbopropulseurs, et certainement pas non plus un avion « abattu », mais une fois encore un appareil incendié une fois au sol, visiblement. Les moteurs encore reconnaissables sont des moteurs classiques de type Lycoming en cylindres à plat. Les caractéristiques, plutôt, d’un Piper Navajo. La roulette avant encore munie de son compas d’amortisseur et les entrées d’air des moteurs confirment en effet le type de l’appareil. Même boulette en septembre, mais pas sur le même registre, avec un avion qui s’est écrasé à Casigua el Cubo près de Jesús María Semprún, à 60 km environ du lac Maracaibo.
Des cadavres pris en otage !
Cette fois-ci, c’est bien un Beechcraft, immatriculé YV1537, et on ne parle plus cette fois d’avion « abattu ». Il venait de décoller d’Anaco, près de Santa Bárbara, dans l’Etat de Zulia. Mais on indique tout d’abord que « pour des raisons de sécurité les sauveteurs ne peuvent pas atteindre le site, car seule la Sebin est autorisée à le faire, car c’est dans une région près de la frontière colombienne, et apparemment des information indiquent que l’avion est lié au trafic de drogue »’. Les indications suivantes précisant que les trois occupants de l’appareil ont été retrouvés morts. « Ils ont trouvé les corps sous les décombres de l’avion. Efrain Alberto Blanco Castro était le pilote le navire. Il était accompagné par Gerardo José González Villarroel en tant que copilote et José Luis Turnes Muria en tant que passager. Une source policière a déclaré que l’Armée et la Sebin ont bouclé environ 10 km autour de la zone de l’incident ».
Un cliché montre en effet l’appareil, dont le corps central a été incendié, à la suite du crash, pense-t-on. Un site internet, étrangement, montre une autre photo du crash ; mais avec les mêmes commentaires : or c’est un tout autre crash, celui survenu en novembre 2013 en Bolivie à un avion d’Aerocon Airlines, un Swearingen 227 fort reconnaissable par ses grandes jambes de train. On en reste là, quand le 25 septembre qui suit, coup de théâtre : Efrain Castro et Alberto González Blanco José Gerardo Villarroel, âgés respectivement de 54 et 26 ans, signalent à leurs proches qu’ils sont tous deux vivants, et communiquent à la presse une bien étrange histoire : ils afffirment que « leur passager, José Luis Turnes, a tenté de s’emparer de l’aéronef Beechcraft King 90, numéro YV1537, appartenant à l’entreprise Restinca, (il est répertorié comme appartenant effectivement à « Repuestos y servicios tecnicos industriales c.a. ») alors qu’ ils étaient à environ 20 minutes de vil après le décollage, entre Anaco et Santa Bárbara del Zulia, vendredi à 17h30. L’histoire contée par White et Villarroel dit que Turnes les a menacés avec une arme et forcés à atterrir sur un chemin de terre, à 6 km de Casigua Le Cube. Il a également obtenu d’éteindre le dispositif qui permet la localisation de l’avion. Ils ont dit qu’ils ont ensuite été aveuglés par un bandeau et placés dans un véhicule, avant d’être libérés à San Fernando. Ils n’indiquent pas pourquoi. L’aéronef a subi un dysfonctionnement après l’atterrissage. Les sources du service de sauvetage que l’appareil a été remorqué avec un tracteur vers une zone boisée et incendié ». L’avion, encore une fois a été incendié alors qu’il était au sol. Pourquoi donc Padrino a-t-il menti, en laissant les familles des « disparus » dans l’incertitude, on ne le saura jamais. Début mars de la même année, il avait déjà posté sur son compte twitter une photo d’appareil incendié à Guasdualito, en Apure, dont on ne distinguait plus que la queue noircie, en affirmant qu’il avait aussi été abattu (notez le « copyright Vladimir Padrino »… ). Sans préciser autre chose sur l’avion, un Beechraft C-90 dont on ignore encore tout à ce jour… un de plus ! Pas davantage en effet de renseignements dans la bible « AviationSafetyNetwork » !!! Même pas le numéro de série !!!
Le tremplin vers l’Europe et l’Afrique

Au bilan final, le 3 novembre dernier, José Ignacio Mayorca, du magazine vénézuélien El Nacional, parlait désormais du Venezuela comme le « trampoline » des vols de drogue vers le monde entier, le tremplin plus exactement. Les avions y rebondissent en venant de Colombie ou du Pérou, où viennent charger leur cargaisons de coke en venant du Mexique, pour y repartir aussitôt (ou dans les pays voisins). « Le rapport et les comptes du ministère de l’Intérieur, Justice et Paix de 2013 indiquent qu’au cours de cette année (…) l’impunité pour les vols illicites dans cette période a été de 63% (…). Nous sommes devenus comme un tremplin pour la drogue (…). La FANB a trouvé des preuves que les pilotes des vols illicites, font ces voyages la nuit et se posent sur les pistes dans des États comme ceux de Bolívar et Falcon, guidées par des systèmes de positionnement par satellite. Sur des pistes improvisées balisées avec des ampoules ou des torches « . Le même journaliste, en parlant du dernier Gulfstream II atterri en pleine piste de terre, décrit dans ces récents épisodes, évoquait « une opération illégale majeure « . On ne saurait moins dire. Demain nous plongerons un peu plus encore dans les compromissions gouvernementales vénézuéliennes, si vous le voulez bien, qui mettent en danger sa démocratie, en laissant les militaires véreux faire ce qu’ils souhaitent (à savoir s’enrichir !). Nous sommes loin encore, pourtant, d’en avoir fini avec les avions de la drogue au Venezuela…
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxii-le-venezuela-160618
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Le crash qui nous intéresse n’a pas été le seul de la semaine où il s’est produit, ce qui en fait un événement encore plus à part. Si le premier n’est pas directement à relier à notre incident de Cojedes, un second, qui s’est produit à peine deux jours avant, pourrait très bien y être associé. Entre les deux en effet, de nombreux paquets de drogue ont soit disparu, soit ont été transférés. Car on a beaucoup de mal à croire que d’un appareil réduit à l’état de miettes, autant de paquets de cocaïne aient pu être extraits intacts… C’est l’un des points les plus intrigants de notre nouvelle étude du jour… mais revenons d’abord sur ces deux prédécesseurs de cette semaine de mai dernier… où il a plus des avions …
Les photos du crash, proposées exclusivement par des médias arrivés après la prise en mains des pouvoirs locaux et nationaux sont fort évocatrices. L’appareil a été réduit en miettes, bizarrement présentées sous deux tas bien distincts, et les paquets habituels de coke ont été étalés pour en montrer leur nombre conséquent consituant un troisième tas à scruter. Certains paquets de coke étalés portent de façon visible le label « Golty » (d’autres « BOSS » ou une étoile jaune à cinq branches avec un P dessus) : c’est un pied de nez des fabricants colombiens au producteur de ballons de football du même nom, une entreprise portant le nom d’Escobar & Martínez S.A, qui distribue les ballons officiels en Colombie !!! Visiblement, la coke à bord n’a rien de brésilienne !!!
L’affaire n’est pas commune, et en mélange plusieurs en fait. Car avant d’étudier les restes du crash, il convient de revenir sur les jours précédents, où deux crashs consécutifs ont eu lieu. Le premier est très impressionnant... mais ces images ont été fournies par les forces aériennes colombiennes et non par le Venezuela. On y voit un petit jet, un Hawker 800 XP, suivi par une caméra à vision nocturne, tenter de s’échapper en rasant les vagues, une source de chaleur forte émanant de son réacteur droit. Jusqu’à l’impact avec les flots, qui se situe à 40 secondes de la séquence d’une minute environ. Le crash s’est produit le 20 mai, soit quatre jours avant celui dont je parle. Les sites divers relatant l’accident ne parlent pas de quelconque tir de la part des avions colombiens.
L’avion est un Hawker 800, annoncé comme ayant emporté une tonne de cocaïne (iici on annonce un Hawker 600). L’avion avait décollé du Venezuela, dans l’Apure. Le lendemain, on découvre trois corps avec les vestiges rejetés sur la côte colombienne. Un premier passeport retrouvé donne le nom de José Hugo Urquidi Canton, 60 ans, né à Puebla. Une personne impliquée dans un procès commerciale en 2007, par un tribunal de l’État de Nuevo Leon (c’est au Mexique). « L’autre document a été trouvé dans la poche du pantalon qu’avait laissé l’un des trois corps retrouvés vendredi sur les plages de Fray Domingo et Puerto Velero.
C’est un certificat au nom de Behiker Castaneda Medina, 24 ans, de Cravo Norte, dans le département d’Arauca » (en Colombie). Sur Facebook il apparait comme employé d’une « Maison de la Culture ». Au lendemain du crash, deux plages se retrouvent jonchées de paquets de coke et les corps y apparaissent. Certains paquets sont siglés CR7, en hommage à Cristiano Ronaldo… décidément, les colombiens adorent le foot. D’autres sont décorés d’images de Tiiti ou de Bugs Bunny. C’est le schéma de la chute du 30 janvier 2015 qui recommence, un crash de Challenger dont je vous ai parlé ici-même. A ce jour, le numéro de l’appareil reste indéterminé. Seule une image de débrit flottant donne les couleurs de ses filets de décoration : or c’est une bonne pêche, car il semble bien que ce morceau provienne de l’embase de la queue, avec son entrée d’air. Un endroit portant rarement de la décoration.
A peine le crash annoncé, notre irrésistible ministre de la défense vénézuélienne, Vladimir Padrino López, annonce que l’appareil « a été attaqué par la force aérienne du vénézuela« …et notre homme d’y aller d’un laïus encore une fois surréaliste : « une fois que tous les moyens ont été épuisés, notre aviation militaire fonctionne comme établi dans le droit international et dans notre droit, et l’avion Hawker des trafiquants a été touché par des cartouches d’explosif incendiaire de 20 mm » déclare-t-il avec l’emphase qui le caractérise. On appuie son délire par communiqué officiel :« un avion de type Hawker 800 , qui a quitté le Venezuela à destination de l’Amérique centrale a été détecté dans plus tôt aujourd’hui (mercredi) (…) quand il est entré illégalement dans l’espace aérien colombien en essayant d’aterrir à l’aéroport de Santa Marta « . Le Ministre de la Défense du Venezuela a déclaré que « l’avion a été frappé par deux tirs très près de Barinas (sud-ouest) et un troisième sur la côte orientale du lac (nord-ouest). « A partir de ce moment, l’avion a commencé à descendre rapidement » et « l’armée vénézuélienne a perdu sa trace » affirme Padrino. La « précision » de la taille du canon de l’avion supposé avoir tiré n’est pas anodine : le F-16 en possède bien un, rotatif, de canon de ce calibre. Retenons donc l’idée en tout cas, que les appareils de Padrino ne lancent pas de missiles mais tirent au canon… pour lui, en tout cas,l’avion ne provenait pas du Venezuela…. selon Padrino, l’appareil portait le sigle « N-NPFT » : un indicatif inopérant, il aurait dû le savoir. A noter que toute la phase finale de l’avion a été filmée par des colombiens, qui n’ont pas parlé de « tirs » en ce qui les concerne. On évoque plutôt chez eux une surchauffe moteur….
Car des Hawker 800, ça court un peu les rues. Des curieux en ont trouvé un de fort intéressant. En fouinant dans les archives de l’avocat vénézuélien Mariano Diaz, accusé de blanchiment, ils ont trouvé un lien avec Juan Carlos Araujo, un entrepreneur de spectacles arrêté à Caracas après avoir été accusé d’avoir dirigé un réseau de trafic de cocaïne ayant tenté d’envoyer 450 kilos de cocaïne à destination de la République Dominicaine. Avec lui, également arrêté, un Garde National Bolivarien, (GNB), Pablo José Silva Loyo. Sur les photos de la saisie on pouvait voir au fond l’avion qui avait servi à transporter les valises : ce n’était pas un jet, mais un Gulfstream I à hélices (du moins c’est ce qui avait été visible sur le cliché car on parlait alors d’un « jet »). Mariano Díaz et son associé Juan Carlos Ferros, actionnaires de la société Ferrdi Sport avaient un lien en effet avec Solid Show. La société Ferrdi Sport avait été créée dans le Delaware, ce paradis pour tous les trafics, en septembre 2012. Or la société détenait un… Hawker 800, immatriculé N745UP, d’une valeur de 3 millions de dollars. Et ce n’est pas tout :
Diaz avait comme protecteur José Vicente Rangel, il défendait Wilmer Ruperti., lié à Chavez en personne. D’autres, dont des banquiers, avaient été l’objet de pareils « protections », mais Diaz se vantait surtout de bénéficier ce celle de Hugo Carvajal, et s’affairait autour d’Oberto Anselmi. Une photo volée montre une réunion entre Mariano Diaz, Juan Carlos Araujo, Luis Anselmi, Oberto et son frère Ignacio. Mais était-ce Hawker-là qui était tombé ? Non pas : cet été encore, il circulait entre la Floride (à partit d’Opa Locka), la Colombie et Nassau.
Il n’y a pas eu que le Hawker qui a précédé notre Embraer du jour. Beaucoup plus intrigant pour la suite de notre histoire, un petit Cessna T210, portant les initiales XB-NVX, (il était donc mexicain) ayant décollé de Chiapas, avait fait un atterrissage d’urgence dans la ville de Cojedes, après une panne de carburant. Doté d’un train rentrant, il n’a pas l’air de s’en être servi : il s’est posé sur le ventre, ou plus exactement sur son seul train gauche, le seul montré sorti. On a déjà vu ce genre d’engin évoluer aux mains des trafiquants péruviens dont c’est l’avion préféré. Débarqué au même endroit, oui, que pour le crash qui nous intéresse aujourd’hui. Les deux occupants de l’avion, enfuis, sont vite retrouvés et arrêtés : il s’agit de Jaime Alexander Duarte Lopez, 23 ans, et de Reynaldo Mendoza Reza, 63 ans, qui avouent rapidement avoir été embauchés par une organisation criminelle dont le chef serait surnommé « El Pariente ». L’appareil transportait 500 kilos de cocaïne, selon Sergio Rivero Marcano, le chef du commandement des opérations de la Garde Nationale bolivarienne.
Dans l’avion accidenté ont été trouvés deux appareils GPS, deux téléphones satellitaires, un pistolet calibre .38 automatique Colt mais aussi 2800 dollars, des pesos mexicains, plus un radeau de fortune (l’avion devait survoler la mer…), des passeports et des documents personnels. Il n’y aucune trace de paquets de coke, comme on le montre habituellement, mais on en retrouve sur un autre cliché, dans un autre article, montrant des paquets serrés dans une camionnette, en date du 22 mai. Ce ne sont pas ceux du Cessna accidenté ; mais ceux récupérés en mer, à la suite du crash du Hawker 800, disent les vénézuéliens. Les autorités tiennent à préciser que « lors de la vérification de la documentation des citoyens détenus, il a été révélé que le pilote dispose d’un visa américain, et le passager de plusieurs enregistrements d’entrée au Guatemala, au Brésil, en Argentine, en Uruguay, en Espagne (?) et au Honduras… »
L’endroit en tout cas semble « attractif » pour les trafiquants ; le 1er avril 2015, un autre appareil, le Cessna 441 Conquest II XB-KGS, (« spotté » ici à Mexico) s’était écrasé, presqu’au même endroit. A bord, il y avait 863 paquets de cocaïne. Le 8 avril qui avait suivi, on avait appris que l’on avait retrouvé sur un des corps le passeport de Norberto Filemón Miranda Pérez, l’ancien chef de la Direction générale des services aériens (DGSA) du Bureau du procureur général de la République mexicaine (PGR). Un Miranda Perez qui était à la tête de la Direction générale des services aériens de la PGR lors de l’administration de l’ancien président Felipe Calderon !!! Un procureur, Jesús Murillo Karam, nommé lors du changement de gouvernement, avait mis en doute le fonctionnement même du PGR l’accusant à plusieurs reprises d’utiliser des avions pour transporter illégalement de la drogue . Un cas pendable avait été découvert, avec la découverte dans le bureau de l’ancien chef de la DGSA de trois valises contenant environ 60 kilos d’alcaloïde, à l’intérieur de l’agence officielle même !!! L’homme a été arrêté et 15 fonctionnaires également. L’avion crashé rappelons-le, avait été vendu par l’équivalent des domaines, géré… par le PGR (c’était l’ancien XB-KFC devenu XC-AA12) !!! La gangrène mexicaine s’est infiltrée partout dans le pays !
Pour présenter le cas du jour, au Venezuela, on a à nouveau réuni une belle brochette de généraux (ci-dessous à gauche) : le commandant du Commandement des Opérations D, Sergio Rivero Marcano, le Chef du Commandement antidrogue du GNB, Hector Hernandez Dacosta, le commandant du Secteur du Commandement de la Garde Nationale bolivarienne No. 32, Fraino Miguel Angel Arellano, le gouverneur de l’Etat de Cojedes Erika Farias et le chef de la Zone n ° 34, Abraham Valladares. Ce sont les cavaliers du lieutenant-colonel Engelberth Franco Garcia, commandant du détachement « N° 329 La Rural » qui ont détecté l’emplacement du crash du Cessna qui a précédé celui qui nous intéresse.
Deux jours avant le héros du jour, en somme, 500 kilos de coke trouvés dans un avion ayant fait intact un atterrissage forcé ont disparu, à Cojedes. Ou les militaires, si prompts à étaler leurs prises, ont oublié de le faire, ce jour là… ce qui semble bien étonnant. En revanche, ils ont pensé à photographier les deux narcotrafiquants qui en étaient descendus, et retrouvés à 5 km de là.
Mais pourquoi diantre les avoir photographiés de dos ??? Demain, nous étudierons plus en détail ces mystères… si vous le voulez bien.
rappel de lecture :
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxviii-un-second-164974
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxvix-le-precedent-165608
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxx-l-heritage-du-160160
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxi-l-esbrouffe-160211
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxii-le-venezuela-160618
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxiii-au-venezuela-160235
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxiv-pris-la-main-160456
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxv-un-temoignage-165293
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxvi-l-implication-165185
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxvii-un-procureur-160617
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxviii-chavez-le-160616
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxix-la-corruption-165661
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-xc-la-route-de-l-165730
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-xciii-on-revient-165740
V.F. | 20 Sept. 2015, 08h41 | MAJ : 20 Sept. 2015, 10h44
Parmi les 13 nouvelles arrestations liées à l’évasion du baron de la drogue Joaquin «El Chapo» Guzman figurent l’ancienne responsable des prisons fédérales et un ex-directeur de la prison.Les autorités mexicaines ont procédé samedi à 13 nouvelles arrestations dans le cadre de l’enquête sur l’évasion spectaculaire du baron de la drogue Joaquin «El Chapo» Guzman.Un coup de filet retentissant puisque parmi les personnes interpellées figurent l’ancienne responsable des prisons fédérales et un ex-directeur de la prison où était incarcéré El Chapo.
Treize au total ont été interpellés dont Celina Oseguera, l’ancienne coordinatrice nationale des prisons fédérales, indique le bureau du procureur général. Les autorités ont également interpellé l’ancien directeur de la prison de haute sécurité de El Altiplano, Valentin Cardenas Lema, où était incarcéré «El Chapo», ainsi que la directrice juridique de l’établissement, Leonor Garcia. Les 10 autres suspects interpellés sont des gardes et d’autres personnels de cette prison, où ils seront désormais incarcérés, ainsi que Valentin Cardenas. Celina Oseguera et Leonor Garcia sont détenues dans la prison pour femmes de Tepic, dans l’Etat de Nayarit (ouest).
Le gouvernement mexicain avait démis de leurs fonctions Oseguera et Cardenas quelques jours après l’évasion du leader du cartel de Sinaloa, le 11 juillet dernier. Au total 20 personnes ont été arrêtées depuis le début de l’enquête sur cette évasion. Les enquêteurs affirment que «El Chapo» possédait des informations clés pour faciliter son évasion, et qu’il a bénéficié de complicités internes. Sa rocambolesque évasion, à travers un tunnel creusé sous la douche de sa cellule, a porté un coup sévère à la crédibilité du gouvernement d’Enrique Pena Nieto. Joaquin «El Chapo» Guzman avait été arrêté seulement 17 mois plus tôt.
Des têtes tombent après l’évasion d’«El Chapo»
LOS NARCOTRAFICANTES HUYERON Y NO HAY DETENIDOS20 Septiembre 2015ABI
NARCOTRÁFICO. Dentro de la avioneta, la Policía encontró paquetes de cocaína lista para la venta.
El Ministerio Público, en coordinación con la fuerza antidroga, secuestró ayer, sábado, una avioneta, una camioneta y 213 kilos de pasta base de cocaína en un operativo realizado en proximidades de la población de San José de Chiquitos del departamento de Santa Cruz.
« Los narcotraficantes al verse sorprendidos abrieron fuego hacia los efectivos antidroga y luego se dieron a la fuga (…). Al interior de la avioneta, con matrícula CP 2630, se encontró seis bolsas de yute con 35 paquetes cada una, haciendo un total de 213.300 gramos de cocaína », informó el fiscal Edil Robles.
Agregó que junto a la droga se procedió al secuestro de la avioneta y una camioneta Land Cruiser con placa de control 1291 AYU.
Según Robles, el operativo se realizó tras una denuncia sobre vuelos sospechosos en San José de Chiquitos.
En otro caso, Robles informó que se descubrió un laboratorio de cristalización de cocaína en la población de Mora, municipio de Cabezas, distante a 150 kilómetros de la ciudad de Santa Cruz.
Dijo que la data de funcionamiento de ese laboratorio es entre seis y ocho meses, con una capacidad de producción de 150 kilos por día y compuesto por diez ambientes.
MAS: http://www.eldeber.com.bo/santacruz/hallan-avioneta-camioneta-y-213.html
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Caen en España tres argentinos con 1,5 toneladas de cocaína
Exhaustif–La Voz del Interior
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Operación « Paraka ».Creen que formaban parte de una banda internacional que llevaba la droga de Sudamérica a Europa en barcos. Investigan si los cargamentos salían de Buenos Aires.
De acuerdo al World Drug Report de las Naciones Unidas, el mismo gramo de cocaína que en América del Sur cuesta entre 2 y 3 dólares alcanza precios astronómicos (más de 200 dólares) en países como Kuwait, donde el traficante se arriesga a la pena de muerte. Europa, y principalmente España, es un mercado que marca un punto medio: el gramo de cocaína se cotiza cerca de los 50 dólares y el narcotraficante –en el peor de los casos– puede esperar la cárcel pero no la horca.
Ante este panorama, las bandas tienen a la Península Ibérica (España y Portugal) entre sus objetivos preferidos, y los narcos argentinos no son la excepción. Esto quedó nuevamente demostrado por una información difundida ayer: según revelaron oficialmente las autoridades españolas, la Guardia Civil desbarató una banda que había logrado entrar a ese país más de una tonelada y media de cocaína. Entre sus miembros había tres argentinos, por lo que se investiga si la droga pudo haber salido por mar desde el Puerto de Buenos Aires.
La modalidad usada por esta banda era una combinación de métodos ya conocidos: la cocaína llegaba hasta las costas de España en buques de gran calado, pero era descargada a embarcaciones deportivas antes de entrar a los puertos.
De acuerdo al parte difundido ayer por la Guardia Civil española, durante el operativo – bautizado “Paraka”– se detuvo a un total de 10 personas: además de los argentinos cayeron cuatro ciudadanos españoles, un paraguayo, un holandés y un inglés. Los procedimientos fueron realizados en paralelo en la Comunidad de Madrid, Galicia, País Vasco, Aragón y Cantabria. En ellos los agentes secuestraron 1.598 kilos de cocaína, 11 kilos de hachís, 12 vehículos, tres inhibidores de frecuencias, diverso material electrónico e informático, sistemas de navegación utilizados para transportar la droga en distintas embarcaciones y 21.500 euros en efectivo.
Durante la investigación, la Policía española estableció que la organización estaba perfectamente estructurada y que cada uno de los sospechosos –muchos de los cuales no se conocían entre sí– cumplía un rol muy específico dentro de la banda.
Los responsables de la red realizaban frecuentemente …..
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Les cadavres dans le placard de Charly (14) : pour Boulin, l’affaire est dans le SAC
Et pour terminer cette série, la mort d’un autre ministre, encore plus révélatrice des turpitudes opposant les giscardiens aux gaullistes. Un combat à mort, dont a fait les frais Robert Boulin… son affaire vient de connaître avant hier un ultime rebondissement. On notera simplement qu’on ouvre à nouveau son épais dossier une fois Charly disparu. Une coïncidence qui en dit long sur les méandres de l’affaire… une des pires de la carrière de Jacques Chirac, vers qui converge, il faut le dire, l’ensemble de l’enquête.
Les relations entre giscardiens et gaullistes ont toujours été exécrables. C’est le Canard Enchaîné qui suit le décès de Charly avec une page entière consacrée à la disparition d’un de ses meilleurs clients côté bons-ou mauvais- petits mots, qui nous le rappelle de façon plutôt amusante : « En pleine campagne présidentielle de 1981, et juste après l’affaire des diamants de Bokassa, révélée par « Le Canard », de mystérieux commandos piratent les affiches électorales de Giscard. De petits papiers en forme de diamant sont collés à la place des yeux sur les portraits du président sortant. Effet électoral garanti ! Attribuée à tort aux Jeunes socialistes, l’initiative vient, en fait, de Pasqua et de ses amis du SAC (Service d’action civique), une officine gaulliste où se croisent barbouzes et truands, et qui a longtemps compté Charly parmi ses dirigeants. Cinq ans plus tard, en 1986, une brochure aussi anonyme que fielleuse, intitulée « L’autre visage de Raymond Barre », sort à la veille des législatives. Il s’agit alors de couper la route de Matignon à l’ancien Premier ministre de Giscard. Coïncidence ? Quelques mois plus tard, alors que Pasqua de vient Ministre de l’Intérieur, une vague de cambriolages frappe successivement Raymond Barre et son entourage, puis des proches de Mitterrand. Chaque fois, des dossiers ont été fouillés ou ont disparu. Et Charly de jurer, la main sur le cœur : « Ce n’est pas moi qui les ai volés. J’ai bien rigolé quand j’ai vu ça, mais ce n’est pas moi. » Parole d’expert… »
L’homme n’a jamais hésité à flinguer… en politique, et sa cible préférée a toujours été les centristes, qu’il détestait. Pensez-donc, aucun n’avait aimé De Gaulle. Crime de lèse-majesté, pour Charly. Le plus gros coup de l’homme de chez Ricard demeure quand même, en ce cas, l’élection du rival de Giscard. Et pour ça, il va y mettre les moyens, et surtout, mouiller tout le monde, ce qu’il adorait faire : « pour mettre le plan de son leader –faire battre le président sortant– sur orbite, Pasqua n’hésite pas à actionner les plus secrètes officines », comme le raconte Frédéric Charpier dans son livre, Les Officines. Trente ans de barbouzeries chiraquiennes,publié en 2013 aux éditions du Seuil. « Pour faire battre Giscard, on est même prêt à faire alliance avec l’ennemi socialiste à condition, bien sûr, que cette alliance reste secrète », écrit Charpier. « Charles Pasqua a convaincu Jacques Chirac de franchir le pas, sans scrupule ni états d’âme, en appelant à voter Mitterrand. » Reste à trouver un intermédiaire de contact : ce sera Philippe Dechartre, un temps vu aux côtés de Jacques Foccart et du « sulfureux » note Slate Colonel Barberot. En 1981, il est secrétaire général du Mouvement socialiste pour la solidarité par la participation, une organisation satellite du RPR. En tant que « gaulliste de gauche », il veut appeler à voter Mitterrand. L’idée est d’envoyer une lettre à tous les adhérents du RPR… mais ça coûte cher (rappelons aux plus jeunes qu’Internet, Facebook et Twitter n’existaient pas à ce moment-là !). On s’accorde sur William Abitbol, un des conseillers de Charles Pasqua, membre du RPF, député européens et souverainiste (?) : or c’est une ancien militant d’Occident, d’extrême droite, pour la rédaction du texte. Pasqua fournit la liste, fournie par Dominique Vescovali, adjoint au maire du XIIIe arrondissement de Paris. Il y a 800 000 adresses à faire, et le coût de l’opération avoisine le million de francs. Giscard, qui avait ses propres espions, se doutait de la manœuvre dans son dos. Il téléphonera à une permanence RPR pour demander pour qu’il il fallait voter. Il se verra répondre « pour Mitterrand ».
En 2006, la plaie n’était toujours pas refermée : Giscard se déclarant toujours « victime d’un complot », affirmant que Mitterrand lui avait dit ‘il n’aurait jamais été élu en 1981 « sans l’apport des voix de Chirac », ce que Pasqua avait nié, comme il savait si bien le faire…. en 2009, il rajoutera une couche en clamant que Bongo avait aussi financé la campagne de Chirac. Ce qui est aussi exact, ce que lui avait confirmé Bongo en personne ... « Il a expliqué qu’en 1981, « normalement on n’acceptait pas des versements de fonds provenant de pays étrangers qui soutenaient des candidats en France ». Il était président de la République quand il a appris « que Bongo soutenait financièrement Jacques Chirac ». Il explique alors avoir appelé le président gabonais et lui avoir demandé très directement si tel était le cas. Après « un temps mort », Omar Bongo lui répond finalement « Ah, vous le savez ». A partir de ce moment là Valéry Giscard d’Estaing a « rompu (ses) relations personnelles avec lui ». Un dossier sérieux, qui avait vu Charles Pasqua, ancien ministre de l’Intérieur, mis en examen dans l’affaire Elf au Gabon : et qui avait finalement bénéficié d’un non lieu… comme à l’habitude, dira-t-on….
Une ambiance délétère donc régnait entre les deux partis. Elle existe toujours. Giscard, en quête d’un nouveau premier ministre à la place du fort peu charismatique commence à s’intéresser à Robert Boulin. Barre a remplacé Chirac, qui a claqué la porte en 1976 avec fracas. L’homme affiche 15 ans de carrière ministérielle, a été ministre sous DeGaulle et Pompidou, et sa réputation d’intégrité n’est plus à faire, il est alors ministre du Travail en 1979. Mais il y a un hic : Boulin est gaulliste, et les fidèles de De Gaulle ne peuvent supporter qu’un des leurs trahisse leur cause pour rejoindre Giscard, qu’ils détestent tous de façon viscérale.
Alors, pour empêcher cela, on va mettre en place une campagne de dénigrement, lancée d’une officine dont la méthode rappelle beaucoup celles du SAC. L’homme est réputé irréprochable ? « On » lui – découvre un petit bout de terrain à Ramatuelle, où il a fait bâtir une petite maison de vacances, acquis par l’intermédiaire d’un « ami », appelé Henri Tournet. On l’a un peu oublié depuis, mais Tournet était aussi l’ami et l’associé de Jacques Foccart (qu’il a connu quand il s’appelait encore Jacques Koch-Foccart), membre fondateur du Service d’action civique… avec Charles Pasqua. Après l’affaire, il s’était exilé à Santiago du Chili… certainement par peur de représailles. Pourquoi avait-il mis autant de distance avec… Ramatuelle. Qui avait pu lui faire aussi peur ???
Selon Boulin, l’achat provenait de l’héritage de sa mère. Mais la presse s’en est déjà emparé : Minute et Le Canard enchaîné avaient révèlé que l’opération était douteuse… en se fiant à des déclarations de celui qui se serait présenté comme l’ami du ministre, un dénommé « Patrick Blanck« , un « communicant » désireux d’aider le ministre qui en fait ne souhaitait en rien en faire la publicité ! Fait moins connu, un proche, Luc La Fay fut pendant sept ans le conseiller en communication de Robert Boulin, décrira l’envoi à son cabinet d’une « double page à paraître dans un journal mettant en cause son fils, Bertrand, dans une affaire de pédophilie. Tout était faux, mais il en a été très affecté ». En somme, on a cherché à le miner, pour le pousser au suicide. L’opération sent fort le coup fourré politique de la grande période de l’OAS et du SAC !!!
On songe aussitôt à un Chirac pas du tout décidé à laisser son rival lui prendre une partie de son électorat. « Dès le printemps de 1979, la désignation, à Caen, d’un jeune et fougueux juge d’instruction, Renaud Van Ruymbecke, pour s’occuper du dossier de Ramatuelle – soutenu par un parquet qui se charge de pousser les feux – convainc Boulin qu’on ne lui fera pas de cadeau. Que son image d’homme intègre est en cause. Au moment précis où il voit s’entrouvrir, devant lui, les portes de Matignon. Ne parle-t-on pas de lui pour succéder à Raymond Barre à la tête du gouvernement ? La consécration, pour le maire de Libourne, de vingt ans d’une vie politique sans histoire. Une opération qui, dans la perspective de la présidentielle de 1981, renforcerait la position de Valéry Giscard d’Estaing en lui ralliant l’aile tiède du RPR. Mais qui ôterait, du même coup, toute chance au chef du parti, Jacques Chirac. Boulin n’en serait certainement pas marri. Il tient en piètre estime l’ambitieux Corrézien. Il n’a guère apprécié de le voir jouer Giscard contre Chaban lors de la consultation de 1974. Ni la manière dont, quelques mois plus tard. Chirac a conquis le secrétariat général de l’UDR opération que Boulin a osé appeler un « coup de force scandaleusement antidémocratique » et qui l’a poussé à quitter, un temps, le parti » écrit l’Express en 1988.
Le 30 octobre 1979 on le retrouve noyé dans l’étang du Rompu à Saint-Léger-en-Yvelines… dans 50 cm d’eau. C’est à à peine 200 mètres de la D138, qui relie Saint-Léger-en-Yvelines à Montfort-L’Amaury. Un des policiers ayant retrouvé le corps avait été appelé le 30 octobre 1979 à 7 heures avec ses hommes pour un « renfort aux étangs », avec pour « mission de rechercher ‘une haute personnalité susceptible de mettre fin à ses jours’ ». Ils seront selon lui « dessaisis » de l’enquête « 30 minutes » après la découverte du corps ». Ce policier c’est Francis Deswarte, qui remet en cause en 2011 la thèse officielle du suicide : « Je suis catégorique. Robert Boulin n’est pas mort noyé. Ce n’est pas possible. Il était quasiment à quatre pattes. La tête hors de l’eau ». Voici les propos de Francis Deswarte à l’époque chef à la brigade motorisée de Poissy (Yvelines) et aujourd’hui retraité. Dans un entretien au quotidien gratuit 20 Minutes publié jeudi, Francis Deswarte précise qu’il a été le premier à apercevoir le corps à la surface de l’étang. « Ma conviction, c’est qu’il tentait de ramper jusqu’à la berge. Et puis, il avait des traces sur le visage. Comme des griffures rouges », ajoute-t-il. « Il était à genoux » et « regardait vers sa voiture », une Peugeot « 305 » garée tout près, insiste-t-il. Francis Deswarte, 70 ans aujourd’hui, assure aussi que « deux ou trois mois plus tard », lors de l’audition, « les gendarmes ont voulu (lui) faire changer (sa) version ». « Alors que je parlais des traces sur son visage, ils m’ont expliqué que les pompiers avaient fait tomber le corps en le sortant de l’étang. Mais ce n’est pas vrai. J’étais là. Les pompiers l’ont sorti sans aucune difficulté », ajoute-t-il. « J’ai entendu beaucoup de mensonges. Il est temps de dire la vérité », dit encore le gendarme pour expliquer sa décision de parler. «
Un Boulin, manifestement mort avant la date avancée pour son suicide matinal : « en septembre 2005, Yann Gaillard, sénateur (UMP) de l’Aube, ancien directeur de cabinet de Robert Boulin, confirme aux policiers avoir appris le décès du ministre du travail, à l’hôtel Matignon, vers 2 heures du matin le 30 octobre 1979, de la bouche de Philippe Mestre, directeur de cabinet du premier ministre Raymond Barre. Cette affirmation contredit les informations inscrites au dossier, selon lesquelles le corps de Robert Boulin avait été retrouvé le 30 octobre 1979 à 8 h 45 par une patrouille motocycliste, dans un étang en forêt de Rambouillet, face contre terre, noyé dans une cinquantaine de centimètres d’eau. Interrogé à son tour, M. Mestre dément ces allégations. Dans un ouvrage du journaliste Benoît Collombat – Un homme à abattre (Fayard) –, d’autres témoins, dont Raymond Barre, corroborent la version de M. Gaillard. L’ancien premier ministre (1976-1981) de Valéry Giscard d’Estaing se souvient avoir été alerté de la disparition de Robert Boulin vers 3 heures du matin. Même version chez Marie-Thérèse Guignier, membre du cabinet de M. Boulin. Elle aurait été réveillée, entre 1 h 30 et 2 heures, dans la nuit du 29 au 30 octobre 1979, par le procureur général de Versailles Louis-Bruno Chalret, qui lui aurait annoncé que le corps de Robert Boulin venait d’être retrouvé ».
Le problème, le gros problème, c’est que le fameux Louis-Bruno Chalret est aussi… une barbouze du SAC !!! « L’amie intime de ce magistrat très spécial, Marie-Thérèse Guignier, une proche des milieux gaullistes, ancienne collaboratrice de Robert Boulin (Fonction publique, Santé), nous avait confirmé, lors de plusieurs entretiens que Chalret avait immédiatement prévenu les principaux services de l’Etat et l’Elysée grâce au REGIS (Réseau électronique gouvernemental inter-administratif spécial), l’interministériel de l’époque, avant de se rendre sur place, à l’étang Rompu, où le corps de Boulin a été retrouvé, avec une équipe d’hommes de confiance, que Chalret avait alors qualifié de « gendarmes ». Quelques jours plus tard, le Procureur général confie à son amie : « C’est un truc à emmerdes. On a tout fait minutieusement comme il fallait. J’ai tout surveillé. Rien n’a été laissé au hasard. » « Chalret était l’homme qu’il fallait pour ce genre de choses » , nous explique Marie-Thérèse Guignier. »
Un drôle de procureur que ce Chalret, comme avait pu le constater France-Inter : « c’est un document explosif jamais entièrement dévoilé jusqu’ici. Dix pages d’écoutes téléphoniques de la Préfecture de police de Paris faisant état de « liens étroits existant » entre l’avocat Pierre Lemarchand, député de l’Yonne dont le nom est cité dans l’affaire Ben Barka, le magistrat Louis-Bruno Chalret qu’on retrouve dans l’affaire Boulin, et « des membres de la pègre ». Ce document daté du 22 novembre 1966 se conclut ainsi : « La nature des relations entre le député et la pègre est abondamment démontrée : il s’agit d’un trafic d’influence d’autant plus sordide et plus scandaleux qu’il touche le haut banditisme, le plus difficile à maîtriser. » C’est le Journal du dimanche, le 29 novembre 1981, qui évoque pour la première fois l’existence de ces écoutes, mais de façon partielle, en citant quelques extraits mettant en cause Pierre Lemarchand. Outre Pierre Lemarchand, ces écoutes mettent en évidence le rôle central joué par le Procureur général, Louis-Bruno Chalret, alors détaché auprès du ministère de l’Intérieur dirigé par Roger Frey. » A ce stade, difficile de parler de coïncidence !!!
Un cas plutôt étonnant, donc dénoncé par Lucien Aimé-Blanc en personne : Lucien Aimé-Blanc revient sur le parcours de Chalret dans les années 1960 auprès du ministre de l’Intérieur, Roger Frey, chargé de la lutte anti-OAS, aux côtés notamment d’Alexandre Sanguinetti (voir plus haut), en liaison avec le SAC et des truands « chargés d’infiltrer l’OAS ». « Chalret était un personnage central chargé d’organiser les libérations conditionnelles de voyous, explique Lucien Aimé-Blanc. Le contrat était simple : on vous fait sortir de prison, mais vous travaillez pour nous ! » « Chaque fois qu’on arrêtait des truands [liés au gang des Lyonnais] à la BRI, trois-quatre mois après, ils étaient relâchés, après intervention de Chalret », ajoute Lucien Aimé, qui rappelle les 10 pages d’écoute le démontrant… on peut croire au hasard, certes, mais l’apparition d’un tel personnage au milieu de l’affaire fait davantage pencher vers l’assassnat de type barbouzard qu’autre chose…. « Pour Lucien Aimé-Blanc, Chalret était « l’homme idoine » pour « écraser » l’affaire Boulin et « donner une orientation différente à l’enquête de ce qu’elle aurait dû avoir. » Alexandre Sanguinetti, un des fondateurs du SAC, déclarera avant sa mort devant Jean Charbonnel connaître « le nom des deux assassins de Robert Boulin » ; celui du commanditaire et celui de l’exécutant. « Jean Charbonnel convient que la chose lui était apparue tellement énorme qu’il l’avait prise pour de l’outrance. « Le nom du commanditaire, si c’est bien lui, est très connu. Celui de l’exécutant ne me disait rien en 1979. Depuis, je me suis renseigné. L’un comme l’autre sont encore en vie. Si la justice veut les interroger, il faut néanmoins qu’elle se presse (ça date de juillet 2015). » Cela signifiait nécessairement que l’un des deux sentait sa fin prochaine. Selon Sanguinetti, ce n’était que la suite des autres meurtres expliqués dans l’épisode précédent : « selon lui, si la confidence de Sanguinetti s’avérait exacte, cela provoquerait aujourd’hui encore un séisme politique. « Si personne n’a rien voulu voir et entendre, c’est que les répercussions auraient été trop fortes, sans doute. » Comment une telle chose a-t-elle pu se produire ? « Nous vivions une période de transition. C’était la fin du gaullisme gaullien (…) Les réseaux issus de la guerre, de l’OAS, ceux du SAC étaient encore actifs, sans véritable chef à la tête. Les barons du gaullisme, dont certains avaient lâché Chaban en 1974, avaient créé du vide. Les meurtres de Brooglie, Boulin et Fontanet ont eu ce vide pour toile de fond. »
Or le jour de son décès, Boulin qui avait dit à sa femme qu’il allait régler ses problèmes et dit à Ivan Levaï à un cocktail que « demain mes détracteurs seront confondus » avait rencontré le dénommé Heman Stromberg (ici à gauche), qui était membre… du SAC. Une autre barbouze. Une de plus. L’homme sera entendu par la police. Boulin lui aurait remis des documents, ainsi qu’au député RPR Charles Bignon. Selon les deux, Boulin aurait discuté l’après-midi même à Montort-Lamory avec Alain Peyrefitte (le Garde des Sceaux) et Christian Bonnet (le ministre de l’Intérieur), le rendez-vous avec Herman Stromberg étant pour extrader Tournet en Amérique du Sud. Un autre véhicule inattendu était présent avec à bord Erst Sigrist, associé suisse de Tourrnet, accompagné de gorilles et du dénommé Kopp, un membre connu de la French Connection : c’est un ancien nazi devenu le chimiste du trafic d’opium !!! Stromberg et Bignon auraient retrouvé Boulin « inanimé » (déjà mort) au bord d’un chemin, une fois les gorilles repartis . Des policiers leur disant alors de partir…(tout est visible ici). Tournet niera tout. Selon le reportage, Boulin s’apprêtait à dénoncer les agissements de Paul Nemegyei, faux-médecin roumain devenu propriétaire de plusieurs cliniques escroquant la Sécurité Sociale. Lui aussi décédera au bob moment : « le décès de Paul Nemegyei a été annoncé très opportunément, alors que la justice se rapprochait dangereusement de lui. Personnage trouble de la Ve République, il avait ses introductions dans plusieurs cénacles du Tout-Paris. Son nom apparaît notamment dans l’affaire des terrains de Ramatuelle, qui avait permis de piéger le ministre gaulliste Robert Boulin afin de le discréditer et donc, de l’éliminer de la vie politique. S’il n’avait pas bénéficié de protections haut placées, Paul Nemegyei aurait-il pu obtenir des pouvoirs publics qu’ils effacent l’ardoise des ses escroqueries ? Toujours est-il qu’en 1986 le préfet de Seine-Saint-Denis impose le rachat de l’ex-clinique Victor-Hugo par les Hôpitaux de Saint-Denis, au prix exorbitant de 12,5 millions de francs. Soit 2,3 millions au-dessus du prix fixé par les Domaines ! Au total, 33 millions de francs d’argent public seront engloutis dans le rachat et la mise en conformité d’un établissement qui, bien que basé à Pierrefitte, a été artificiellement rattaché au centre hospitalier d’une autre commune. Une opération dont se seraient bien passés les Hôpitaux de Saint-Denis. Cet achat forcé semble être l’une des causes de leurs difficultés financières actuelles. Une affaire qui nous réservera, sans aucun doute, bien des surprises... »
Or le même Bignon (ici à droite) sera retrouvé mort quelque temps plus tard. Dans de biens étranges conditions : le 29 mars 1980 à 1h45 du matin sur l’autoroute A 10, près de Rambouillet, sa voiture étant broyée par un camion !!! L’un des procédés favoris du SAC… L’oublié de l’histoire de la vie politique tumultueuse de Jacques Chirac. Bignon, jusque là obscur membre du parti gaulliste était aussi le président de la commission des conflits du RPR et pour cela avait vu passer un bon nombre de dossiers embarrassants à une époque où son leader s’appelait Jacques Chirac. Ceux, notamment, où apparaissaient un peu trop souvent le nom de Charles Pasqua, l’homme damné du gaullisme, celui du SAC et l’exécuteur des basses œuvres d’un De Gaulle qui n’était pas l’oie blanche que l’on avait décrite, loin de là. Le premier a annoncé la mort de Boulin à sa femme sera Guy Aubert, ami de Robert Boulin, qui lui dira le soir même vers 18h30, en parlant « d’enlèvement ». Il dira plus tard 20H30. Selon lui, c’est une secrétaire du ministre, Armelle Montard, qui lui aurait dit. Ce qu’elle nie.
L’enquête a un peu vite conclu au suicide, donc. Car trop d’erreurs l’entachent. Le cadavre a des lividités sous le corps, preuve qu’il n’est pas mort à genoux mais bien sur le dos, il a le nez fracturé, ce que l’autopsie n’a même pas vu, (il faudra la seconde de novembre 1983 pour ça) les bocaux contenant ses poumons ont été volés, des viscères enfouies dans un carré du cimetière de Thiais. Deux heures après la découverte du corps, le parquet parle de suicide alors qu’aucune autopsie n’a encore démarré, le Dr Xavier de Crépy, du Perray-en-Yvelines a rédigé l’acte de décès sans même avoir examiné le corps, et parmi les 14 courriers reçus par ses amis annonçant son intention de se donner la mort, aucune lettre n’est originale, ce sont toutes des photocopies (ce qui est rarissime, chez un suicidé, car on ne voit pas l’intérêt pour lui de garder les originaux !!). Sur les textes, qui s’en prennent aux envoyeurs, les caractères parlant du suicide ne sont pas les mêmes que le reste de la page. On ne retrouvera pas le document original. Et la machine à écrire du bureau de Boulin n’a même pas été examinée !!! Cela fait un peu beaucoup pour un « suicide »…
Sans oublier le mystérieux « MrPaul », un des hommes de main du Service d’action civique (SAC) appelé par Debizet pour aller récupérer des documents chez un ami de Robert Boulin… en 1983, venu le raconter en 2011 seulement, et incognito. Une récupération déguisée en vol commis par un gang : « Pierre Debizet est resté trois jours à Bordeaux. Le premier soir, il est venu me voir. Il m’a dit : « Il y a des documents très importants à récupérer dans le Libournais, Est-ce que tu veux t’en occuper ? » Je ne savais pas de quoi il s’agissait, j’ai dit oui. Il m’a alors demandé de me mettre en relation avec Regis D. C’était un cadre du SAC bordelais. Je le connaissais. Ancien des services secrets, il a viré truand à la fin de sa vie et est mort d’un cancer il y a trois ans. Le troisième jour, avant le départ de Pierre Debizet, nous avons dîné tous les trois. C’est là qu’ils m’ont dit que les documents concernaient Robert Boulin. Régis D. était très bien renseigné : il connaissait l’adresse et le lieu exact où ils étaient cachés, à l’intérieur d’une résidence secondaire d’un notable dans le Libournais. Régis D. a établi le mode opératoire. Je devais infiltrer un groupe de truands sans envergure qui avaient l’habitude de faire des casses dans des baraques de la région. « Je les ai suivis sur quelques coups, puis j’ai glissé l’adresse que m’avait donnée Régis D. Au cas où nous nous ferions arrêter par la police, on m’avait donné un numéro de téléphone à appeler. Pendant que les truands mettaient la maison sens dessus-dessous, j’ai visité la pièce qu’on m’avait indiquée. En quelques secondes, j’ai récupéré le dossier. Il était épais d’une dizaine de centimètres. Je ne l’ai pas ouvert. Ce n’est qu’après que j’ai compris l’importance de ces documents. Le soir même, j’ai tout remis à Régis D. avec qui j’avais rendez-vous dans un bar bordelais où le SAC avait ses habitudes. Il les a regardés et il a pris un avion. Je pense qu’il a tout remis à Debizet »... Que contenait ce dossier ? On n’en sait rien mais l »idée de monter un tel stratagème pour le récupérer indique qu’il devait avoir une certaine importance !!!
Et surtout, on a oublié depuis que Boulin et Pasqua avaient eu des mots entre eux peu de temps avant la mort du premier, obligeant Chirac à trancher… en faveur du même : « Embarqué, l’année suivante, dans le RPR naissant, par raison autant que par attachement au gaullisme, il supporte de plus en plus mal le poids des amis de Chirac dans l’appareil. Et aussi, certaines meneurs du Rassemblement. Par exemple, les tripatouillages des scrutins internes. Il rend Charles Pasqua, l’animateur des fédérations, responsable de cette cuisine malsaine, qui tend à écarter des responsabilités les opposants au maire de Paris. Le 20 juin 1979, à l’hôtel Lutétia, le dépouillement des élections au conseil politique fait déborder le vase du mécontentement. La voix de Robert Boulin résonne haut et fort dans le concert des protestations. Six jours après, le président du RPR annule les élections et limoge Pasqua, qui ne rentrera en grâce qu’un an et demi plus tard. Boulin, lui, vient de se faire un ennemi de plus ». Le Canard Enchaîné du 8 juillet dernier raconte à ce propos une anecdote assez phénoménale… « A entendre l’ami Pasqua, les élections internes au mouvement gaulliste ont toujours été un modèle de démocratie, à l’époque où il mettait la main à la pâte. En témoigne cette scène touchante révélée par le Palmipède en juin 1979, après une réunion des instances dirigeantes du RPR à l’hôtel Lutetia. Un dirigeant du parti, André Fanton, surprend, dans les cuisines (cela ne s’invente pas…), un proche de Pasqua en train de tripatouiller les procès-verbaux pour assurer l’élection de Charly comme secrétaire général du RPR. Alerté, Chirac temporise. Il faudra que Fanton menace : « Tu le vires et tu annules les élections ou j’alerte la presse » pour que Pasqua accepte de quitter son nouveau poste. Et l’ancien Premier ministre Michel Debré de commenter : « Pasqua ? Jamais sur le pont, toujours dans les soutes… » Et quelles soutes ! » Charly, via son homme de main surpris de tripatouiller sa propre élection dans une cuisine, alors qu’il venait de la perdre à cause des probes du RPR qui en avaient eu assez de ces tripatouillages précédents, et qui se retrouve éjecté, avouez que ça vous donne sinon un mobile, du moins disons un fort ressentiment…
On a oublié aussi une autre chose, montrée par François Audigier dans son Histoire du SAC : selon lui, bien qu’étant resté fort discret sur le sujet, Robert Boulin était lui aussi membre du SAC !!! A Libournes, en effet, c’était le suppléant du député, Bertrand de Garnier des Garets qui s’occupait de l’organisation. « Cette collaboration entre le SAC et Robert Boulin existait également à l’échelle nationale puisque le ministre assistait volontiers aux grands rassemblements du service d’ordre. Le 28 octobre 1972, il avait participé avec Jacques Foccart et Jacques Godfrain à une réunion nationale du SAC tenue dans les salons du Lutétia et consacrée à la préparation des législatives de 1973. Lorsque, dans son Journal, Jacques Foccart citait parmi le personnel parlementaire et gouvernemental ceux qui étaient proches de la rue de Solférino, il ne manquait jamais d’évoquer sa personne » écrit Audigier, qui sort cette fort étonnante anecdote : « Lors des obsèques du ministre le 2 novembre 1979, une large délégation du service d’ordre assista à ses obsèques. Devant la commission, le journaliste James Sarazin (qui avait été menacé physiquement par des gens du SAC) rapporta une anecdote. Parmi les gerbes envoyées par les proches, les associations et la présidence de la République, on pouvait en apercevoir une relevant du SAC. Comme cette dernière gênait par ses dimensions les photographes présents, ceux-ci demandèrent à l’entourage de la pousser un peu pour qu’ils puissent faire leur travail. Cette initiative dut déplaire aux amis de Jacques Foccart puisque, quelques minutes plus tard, arriva un quarteron d’individus costauds aux cheveux courts, porteurs d’une gerbe qui étajt l’exacte réplique de la précédente. Sur la couronne on pouvait lire l’inscription : « À notre regretté ami, Robert Boulin, le SAC de Gironde »… »
Le 19 mai dernier encore, Fabienne Boulin-Burgeat, 63 ans, la fille de Robert Boulin (ici à gauche) espérait encore savoir un jour la vérité. Un homme, l’un des créateurs du SAC, vient de l’embarquer avec dans sa tombe, sans jamais rien révéler. Ironie du sort, elle habite toujours dans la maison incriminée par la campagne de dénigrement de son père. Il lui faut agir : l’affaire sera prescrite en janvier 2016. Elle a raconté cette anecdote saisissante : « peu de temps après la mort de mon père, le Président du Conseil Constitutionnel et maire de Neuilly est venu proposer à ma mère beaucoup d’argent contre son silence, en ajoutant que mon frère serait le suivant sur la liste si elle refusait cette offre. Ce qu’elle fit cependant, en lui lançant tout de go : « je sais tout ». Sur quoi il lui rétorqua : « alors faites sauter la République ! » Monsieur Achille Peretti, également co-fondateur du SAC, vous aura ainsi répondu… » Un homme avait assisté à la proposition : Alain Morlot, le « kiné » de Robert Boulin, resté caché durant l’entretien, qui annonce que Perreti, se jour-là, avait parlé d’offrir un ou deux milliards de francs… pour obtenir le silence de la veuve de Robert Boulin.
Il était temps, in extremis même (le délai de prescription était tout proche) qu’on ouvre à nouveau l’enquête. C’est chose faite depuis le 10 septembre dernier. Mais sans Charly, qui en aurait eu beaucoup à raconter, pourtant, sur cette sordide affaire.
sources :
Selon Collombat dans l’article ; « En 1979, l’autopsie est sabotée sur ordre du procureur : interdiction d’examiner le crâne, en invoquant une volonté familiale qui n’a jamais existé. Tous les prélèvements du sang de Robert Boulin et les organes du ministre sont ensuite détruits dans des conditions troubles. Rien n’a été fait pour prouver scientifiquement la soi-disant noyade de Robert Boulin, dont le visage ressemblait plus à un boxeur qu’à un noyé. Et ça continue aujourd’hui puisqu’en 2010 on a appris que des scellés judiciaires ont mystérieusement disparu, avant de réapparaître un mois plus tard, après la non-réouverture du dossier. » Or ce procureur, justement, c’est Louis-Bruno Chalret !
http://rue89.nouvelobs.com/2010/12/15/pasqua-jai-pris-beaucoup-de-risques-pour-chirac-180918
ou l’étrange aveu de Charly sur Chirac : « j’ai pris beaucoup de risques pour Chirac »…
http://destins.notrejournal.info/L-HISTOIRE-des-BARBOUZES
https://www.youtube.com/watch?v=DRwXowXleiU
Trois livres de référence :
François Audigier « Histoire du SAC, la part d’ombre du gaullisme ».
Fabienne Boulin-Burgeat. « Le dormeur du Val »
Benoît Collombat « Un homme à abattre : Contre-enquête sur la mort de Robert Boulin »
Le livre contient une autre révélation : « Au cours de ses recherches, Collombat a découvert que le corps de Boulin avait été retrouvé juste à côté de la résidence de René Journiac, le «monsieur Afrique» de Giscard, considéré comme le fils spirituel de Jacques Foccart, fondateur du SAC et parrain de la Françafrique. Mort des années plus tard dans un étrange accident d’avion, Journiac a disparu avec ses secrets. Une zone d’ombre, parmi beaucoup d’autres, sur laquelle va désormais pouvoir se pencher la justice » écrit Libé, et Télérama ajoute : « L’avion utilisé par Journiac avait été prêté par Omar Bongo…« L’avion était un Grumman-Gulfstream immatriculé TR-KHD.
Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.
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Lors de deux opérations distinctes, sur deux bateaux, la police a mis la main sur de la cocaïne en route vers le Mexique.
VIDEO: http://www.rtl.be/videos/video/549324.aspx
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Le container est arrivé via un vol régulier en provenance de la République Dominicaine.

Photo d’illustration © Belga
Les services de douane ont découvert mercredi 56 kilos de cocaïne dissimulés dans un container à bagages arrivé à l’aéroport de Zaventem (Brussels Airport) via un vol régulier en provenance de République dominicaine, a indiqué jeudi le SPF Finances.
Le modus operandi indique qu’il s’agit vraisemblablement d’un « airport-crime », soit un délit commis au sein de l’aéroport. Des collaborateurs de sociétés de manutention ou de restauration qui ont accès aux zones « air-side » de l’aéroport sont approchés par des organisations criminelles et recrutés afin de faire entrer illégalement de la drogue qui sera cachée dans l’avion ou dans le matériel de catering ou de manutention.
17 septembre 2015
Vis à vis de l’Iran aussi, notre Charly a eu de bien étranges positions, en acceptant de libérer (encore une fois) des terroristes au nom selon lui du secret d’Etat, qui dissimulait surtout d’autres intérêts. Ou d’autres personnes, dont un conseiller plus que critiquable… que l’on retrouvera mêlé étroitement à l’affaire de Tibhirine, qui n’a pas fini de nous étonner, elle aussi. Et contre laquelle se heurtent des juges français, confrontés à la réticence extrême des autorités algériennes à évoquer clairement le problème, ou a simplement soulever le voile de mensonges qui entoure l’affaire.
L’homme qui a un jour clamé vouloir « terroriser les terroristes » a fait tout l’inverse à plusieurs reprises : il a aidé certains à s’échapper. En décembre 1993, rebelote, Charly laisse partir vers l’Iran les deux auteurs du meurtre de l’opposant Kazem Radjavi (ici à droite). Ce dernier a été assassiné à Genève le le 24
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