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Nevertheless, after three years on the run, one of the biggest cocaine distributors in South America (and Europe!) was finally arrested the day March 13th, in Bolivia, where he was hiding… or rather, where no one wanted to see him. And almost none of the French newspapers mentioned it (or only belatedly), even though he was attributed with at least 16 tons of cocaine shipments to Europe (it’s much more in reality). Marc is quite right: we don’t really care!
At first glance, this arrest seems like good news for Bolivia. In reality, it risks turning into a political disaster in the coming weeks… and you can probably already imagine why… The boomerang effect of the political support he enjoyed for so long is likely to be devastating!
L’Amazonie, la région sur laquelle le Brésil peut perdre des territoires
Le Brésil coure le risque de perdre le contrôle de son territoire amazonien. Non pas à cause de l’invasion d’une puissance étrangère mais à cause du crime organisé qui se développe en Amazonie.
La déclaration du Président de la Cour Suprême, Luís Roberto Barroso, n’est pas passée inaperçue. C’était au forum de Davos en janvier dernier. Le haut magistrat intégrait alors le groupe de représentants du Brésil. A l’issue d’une réunion consacrée à l’Amazonie et aux enjeux environnementaux liés de la préservation de la forêt, il avait souligné que la souveraineté des États de la région sur l’Amazonie était tout simplement menacée. Le Brésil courait le risque de perdre le contrôle de son territoire amazonien [1] avait-il précisé en ajoutant que cette perte de souveraineté ne serait pas due à l’invasion de quelque puissance étrangère mais qu’elle interviendrait si les États de la région ne parvenaient pas à vaincre la guerre que leur impose le crime organisé.
Tous les représentants d’institutions officielles et d’ONG qui interviennent en Amazonie savent que ce territoire est soumis à l’emprise croissance d’organisations criminelles, que ces réseaux puissants organisent sur la région une économie semi-clandestine très pros-père. Trafic de cocaïne, cargaisons d’or et de bois acheminées par les dizaines d’affluents du fleuve Amazone, pistes d’atterrissage de fortune qui facilitent les déplacements nocturnes de petits avions de contrebande, centres d’orpaillage illégaux : l’Amazonie est de-venue en quelques décennies le cœur d’une économie qui alimente une demande mondiale croissante en stupéfiants, en or et en essences rares. Le tout est contrôlé par des réseaux mafieux qui construisent un État parallèle. Ces réseaux règnent par la violence. Ils tuent ou achètent ceux qui les gênent. Grâce à leurs moyens financiers considérables, ils ont engagé depuis des années un processus de corrosion des institutions existantes en recourant au trafic d’influence et à la corruption des élus.
Territoires des communes contrôlées par le crime organisé en Amazonie (2023).
Source : Fórum Brasileiro de Segurança Pública, Cartografias da violência na Amazônia, Nov. 2023.
Les activités illégales de ces organisations criminelles sont largement responsables de la déforestation. Elles constituent une menace existentielle pour la région la plus riche en biodiversité de la planète et pour les communautés qu’elle abrite. Lutter pour assurer la préservation de cette biodiversité sans considérer l’emprise du crime organisé sur la région, sans donner la priorité au rétablissement de la souveraineté menacée des États, c’est se bercer d’illusion. Prétendre protéger la forêt sans mettre en œuvre une stratégie de rétablissement de l’État de droit sur l’Amazonie, c’est tromper son monde.