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Après EncroChat, c’est SKY ECC qui donne le départ d’un coup de filet inédit en Belgique ce mardi matin. Plus de 200 perquisitions ont été menées simultanément sur tout le territoire, sous la direction d’un juge d’instruction du tribunal de première instance d’Anvers, division Malines.
Plus de 200 perquisitions ont été menées mardi matin dans le pays dans le cadre d’un dossier visant une organisation criminelle soupçonnée de fournir des téléphones cryptés au milieu criminel, a indiqué en fin de journée le parquet fédéral. Au total, 48 personnes ont été privées de liberté pour audition et plus de 1,2 millions d’euros ont été saisis. L’enquête a été initiée par la police judiciaire fédérale (PJF), et plus particulièrement la PJF d’Anvers. Il a été ouvert fin 2018 à la suite de plusieurs enquêtes menées dans toute la Belgique ces dernières années. Le constat a été posé, sur base du travail policier, que les organisations criminelles utilisaient de plus en plus souvent des “cryptophones”. Avant cette opération, 185 de ces téléphones, équipés du logiciel de cryptage de SKY ECC, une société opérant depuis le Canada et les États-Unis, avaient été saisis en Belgique.
L’enquête judiciaire vise non seulement des trafiquants de drogue, mais également d’autres personnes qui facilitent leurs activités criminelles, telles que des informateurs, des blanchisseurs d’argent ou des personnes qui ont été corrompues pour rendre des services aux criminels. L’enquête a mené également à des suspects établis à l’étranger.
Il s’agit de la plus grande opération de police jamais organisée en Belgique.
La police belge a mené une opération contre le crime organisé ce mardi 9 mars 2021 dès l’aube avec plus de 1 500 agents soutenus par des unités spéciales dans tout le pays, mais avec un accent sur la ville portuaire d’Anvers.
Plus de deux cents perquisitions ont été effectuées simultanément depuis cinq heures du matin. L’opération est dirigée avant tout contre les trafiquants de drogue, et en particulier ceux impliqués dans le trafic de cocaïne, avec des ramifications internationales.
Les agents de la police nationale espagnole ont interpellé fin février dernier à Malaga, un Marocain de 61 ans qui faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international délivré par les autorités judiciaires de Belgique trafic de drogues.
Panama, 7 mars (EFE) .- Au total, 1500 colis de drogue ont été saisis dans un conteneur en provenance du Costa Rica et à destination finale de l’Inde, après une escale de transbordement en Belgique, ont fait savoir ce dimanche les autorités.
La cargaison a été trouvée dans un conteneur au port PSA, à Rodman, sur la côte pacifique panaméenne.
« Le conteneur dans lequel la cargaison de cocaïne était cachée transportait du bois et venait de Caldera, Costa Rica, avec transit par le Panama vers le port de transbordement d’Anvers en Belgique, avec destination finale Ennore, Inde », a indiqué le National Aeronaval Service (Senan) du Panama.
Unidades de la Dirección Nacional de Inteligencia de la Policía Nacional de Panamá, en coordinación con la Fiscalía de Drogas de Colón y Guna Yala, hallaron 1736,7 kilogramos de cocaína en un contenedor de café proveniente de Guatemala con tránsito en Panamá y Bélgica, y cuyo destino final era Estonia, dijo a Diálogo el Fiscal Regional de Drogas de Colón Eduardo Enrique Rodríguez.
23 tonnes de cocaïne ont été découvertes dans des conteneurs dans les ports de Hambourg et Anvers, a annoncé le service allemand des douanes, mercredi 24 février, saluant la plus importante saisie jamais effectuée en Europe.
Seize tonnes ont été découvertes le 12 février dans cinq conteneurs en provenance du Paraguay, ont précisé les douanes.
A Hambourg, ces conteneurs, jugés suspects, ont été fouillés de fond en comble. La drogue était cachée dans des boîtes de conserve, dissimulées sous une première strate de récipients contenant du mastic. En tout, 16 tonnes ont été découvertes dans environ 1 700 boîtes.
Cette première saisie a conduit dans la foulée de 7,3 autres tonnes, stockées elles dans le port d’Anvers, en Belgique.
À la demande du parquet fédéral, la police fédérale a diffusé mercredi, un avis de recherche concernant le suspect et les nombreuses charges (narcotrafic entre autres) qui pèsent contre lui. Selon la police, Aissam Afallah est un citoyen belge très violent.
Les personnes disposant d’informations sur Aissam Afallah sont appelées à contacter les enquêteurs via le numéro de téléphone gratuit 0800 30 300 ou depuis l’étranger au +32 544 44 88.Les témoignages peuvent être aussi envoyés via avisderecherche@police.be ou par le biais du formulaire de contact disponible sur le site de la police fédérale.
L’Europe est-elle le nouvel Eldorado des cartels mexicains ?Forbidden Stories et ses partenaires, dont la cellule investigation de Radio France, dévoilent comment des chimistes mexicains travaillent désormais aux Pays-Bas et en Belgique.
« C’est ici que ça s’est passé. » Willem-Jan Joachems se souvient parfaitement de ce 10 mai 2019. Pour ce journaliste d’une télévision locale de la région de Nord Braband, au sud des Pays-Bas, c’est un scoop qu’on n’oublie pas. « Le bateau était là, les enquêteurs étaient en train de relever les indices… et il a commencé à couler. » Ce jour-là, il était arrivé un peu plus tôt, sur le quai du port de plaisance de Moerdijk, pour assister au démantèlement d’un laboratoire flottant de méthamphétamine par les forces de police. Une découverte inédite à bien des égards : un laboratoire avait été monté de toutes pièces dans le ventre du navire, long de 85 mètres. Les enquêteurs y retrouvent plus de 70 kg de méthamphétamine, 150 litres d’huile de méthamphétamine… et trois Mexicains, âgés de 25, 28 et 38 ans. « Ils étaient en train de fabriquer la drogue« , raconte le journaliste néerlandais.
Les enquêteurs identifient leur ADN sur tois masques intégraux et des paires de gants. La police met également la main sur des téléphones et découvre des photos qui lui permettent de retracer l’activité des trois hommes au Pays-Bas. Le 12 décembre 2018, ils établissent une « liste de courses » incluant 30 kg d’aluminium, des thermomètres et des gants en latex. Courant mars, les chimistes ont maintenant de la poudre dans des verres doseurs. Un mois plus tard, une vidéo dévoile une large quantité de méthamphétamine sous forme de cristaux. Le laboratoire est découvert un mois plus tard. Candelario et les deux frères Ivan Diego et Victor Manuel sont reconnus coupables de « complicité de possession et de production de méthamphétamine en cristaux » le 19 mars 2020. Ils sont condamnés à quatre ans de prison ferme aux Pays-Bas.
Ce n’est pas la première fois que la police néerlandaise découvre des ressortissants mexicains dans un laboratoire de méthamphétamine. En février 2019, elle avait déjà arrêté trois hommes originaires du Mexique, dans un laboratoire produisant notamment de la méthamphétamine à Wateringen, en banlieue de La Hague. Ce ne sera pas la dernière non plus. Depuis le début de l’année, 32 laboratoires produisant de la méthamphétamine ont été démantelés. Du jamais vu. Les arrestations s’enchaînent. Parmi les suspects, un nombre important de Mexicains : 19, entre les Pays-Bas et la Belgique, selon le décompte réalisé par Forbidden Stories et ses partenaires. Le dernier démantèlement impliquant des mexicains date de la semaine dernière. Le 30 novembre 2020, deux d’entre eux ont été arrêtés dans la petite ville de Westdorpe, à la frontière belge.
Comment expliquer la présence de ces ressortissants mexicains, à des milliers de kilomètres de chez eux ? Pour qui travaillent-ils ? Où va cette drogue une fois produite ? Aux côtés de 25 médias partenaires, Forbidden Stories a enquêté sur le parcours de ces chimistes mexicains, au service des gangs néerlandais, déjà roi des drogues de synthèse en Europe.
Le navire de drogue MS Arsianco a été confisqué par la police. Il est situé près du port de Moerdjik et doit être vendu. / Benedikt Strunz/NDR
EncroChat, « c’est de l’or pour nous »
« URGENCE POUR LES UTILISATEURS D’ENCRO : des entités gouvernementales ont saisi illégalement notre domaine (…) Il vous est conseillé d’éteindre et de vous débarrasser physiquement de votre appareil immédiatement. »
Le message, envoyé en juin 2020 dans la précipitation et avec quelques fautes dans la version originale, est adressé par le fournisseur de téléphones chiffrés EncroChat à ses millions d’utilisateurs. Au siège de la société, c’est la panique. L’entreprise vient de réaliser qu’elle a été victime de l’opération de piratage la plus spectaculaire jamais menée par des polices européennes. Une catastrophe pour la société qui promettait à ses clients des communications ultra-sécurisées.
Les utilisateurs des téléphones EncroChat vont rapidement réaliser l’ampleur des dégâts : depuis plusieurs mois en réalité, les forces de l’ordre françaises et néerlandaises ont accès à toutes leurs communications. Un vrai problème si on est impliqué dans des activités criminelles, ce qui est le cas « d’une part très élevée d’utilisateurs » du service chiffré, selon les enquêteurs européens. Le jour de l’envoi du message à ses utilisateurs, EncroChat met fin à ses services. Une information judiciaire, notamment pour « fourniture d’un moyen de cryptologie n’assurant pas exclusivement des fonctions d’authentification ou de contrôle d’intégrité sans déclaration préalable« , a été ouverte à la JIRS (juridiction interrégionale spécialisée) de Lille.
Capture d’écran du message envoyé par EncroChat à leurs utilisateurs, avant d’arrêter leurs services, le 13 juin 2020. / Europol/Eurojust/Gendarmerie française
« C’est vrai : EncroChat, c’est de l’or pour nous« , reconnaît Andy Kraag, chef de la division d’enquête criminelle de la police néerlandaise. Et pour cause : en l’espace de quelques mois, des millions de messages sont interceptés en temps réel, avant leur chiffrement, par les enquêteurs en Europe.
Aux Pays-Bas, cela va notamment permettre le démantèlement en série de laboratoires de méthamphétamine. Et dans plusieurs cas, révéler la présence des ressortissants mexicains qui y travaillent. D’après les messages consultés par la police, ils seraient bien plus nombreux que les 19 déjà recensés par le consortium, le plus souvent recrutés comme chimistes.
Recrutés pour travailler dans la « construction »
Jesus P.V., 40 ans, était entraîneur personnel dans une salle de sport au Mexique. C’est en tout cas ce qu’il a déclaré lors de son audition, dans l’affaire du laboratoire démantelé à Wateringen. D’après son témoignage, son destin bascule en janvier 2019 lorsqu’un client qu’il entraîne lui propose une opportunité professionnelle aux Pays-Bas – 2000 dollars par mois pour un emploi dans la construction, bien plus que les 700 à 800 dollars qu’il a déclaré gagner au Mexique. Mi-janvier, le coach fait ses valises et s’envole pour l’Europe. Mais la construction semble n’être qu’un paravent. Le jour de l’arrestation, un peu plus de 400 kg de crystalmeth sont retrouvés, et deux autres ressortissants mexicains sont interpellés avec lui dans le laboratoire, en banlieue de La Hague. Deux hommes, de 20 ans les aînés de Jesus P.V., qui auraient reçu le même type d’offre au Mexique. Lors du procès, l’un des condamnés a expliqué avoir tout découvert en arrivant aux Pays-Bas, sous-entendant qu’il n’avait aucune connexion ni savoir-faire en matière de production ou de trafic de drogue.
Les autorités douanières allemandes saisissent de plus en plus de méthamphétamine à la frontière avec les Pays-Bas.. / Benedikt Strunz/NDR
Dans une autre affaire, dite d’Achter-Drempt, on retrouve le même scénario : le ressortissant mexicain, arrêté lors de l’intervention policière, a expliqué durant le procès ne pas avoir compris dans quoi il s’embarquait réellement. Il pensait avoir été embauché pour cueillir des fruits en Europe. « Je n’y crois pas, tranche Kraag. Supposons que vous sachiez comment fabriquer de la meth en cristal, vous êtes un chimiste au Mexique. Vous ne serez alors pas envoyé dans un pays pour y cueillir des fruits. »
Dans l’affaire du « bateau-labo » de Moerdijk, la cour a déclaré que les trois suspects mexicains savaient produire de la méthamphétamine de « haute qualité« . « Après tout, ce sont eux qui ont fièrement photographié ces produits finis, comme [le suspect] l’a lui-même déclaré, pour informer et satisfaire leurs clients. » Par ailleurs, durant les interrogatoires, Ivan Diego a reconnu avoir reçu des instructions via WhatsApp pour produire la drogue. Des messages émanant de numéros mexicains, et enregistrés sous les pseudos « Angel », « Patrona » ou encore « Chalio ».
La loi du silence
Si les Mexicains arrêtés en Europe ne sont pas avares de détails pour expliquer les conditions de leur recrutement, c’est en revanche l’omerta totale quand se pose la question des donneurs d’ordre éventuels. Les avocats des ressortissants mexicains impliqués dans ces laboratoires européens, contactés par Forbidden Stories, ont refusé de répondre. Lors des procès, certains chimistes disent avoir été victimes de menaces : « La personne qui est venue le chercher à l’aéroport lui a dit qu’il n’y aurait pas de travail dans la construction, que ce serait un travail différent et qu’il devrait se taire (…) Il a ensuite été menacé avec des photos de sa famille« , peut-on lire dans le procès-verbal de l’affaire de Wateringen.
Les réseaux se dessinent cependant au gré des millions d’échanges sur EncroChat épluchés par les enquêteurs. « Grâce à tout ça, non seulement nous trouvons les chimistes sur place, mais aussi tout le réseau qu’il y a derrière », explique Andy Kraag. Ils découvrent notamment des acteurs indispensables de ces réseaux : les intermédiaires. À la demande des organisations criminelles néerlandaises, ce sont eux qui sont chargés de recruter ces chimistes au Mexique.
Présentation du service EncroChat sur leur site, maintenant fermé. / Capture d’écran EncroChat.fr via Internet Archive
À l’image de la mafia italienne
« Je cherche un chimiste, tu connais quelqu’un ? » Le message a été envoyé par un Néerlandais. À l’autre bout du fil, un intermédiaire (on parle d’un broker) mexicain. Qui met alors en branle le recrutement. « C’est aussi simple que cela« , lâche Andy Kraag.
Au Mexique, les cartels sont passés maîtres dans l’art du recrutement. Falko Ernst, chercheur spécialiste du Mexique pour L’International Crisis Group, partage une anecdote : « Ils ont scanné les universités mexicaines à la recherche de départements de chimie et ont repéré des personnes. » Une fois la recrue potentielle contactée, le broker lui fait une offre. La plus alléchante possible, car ces personnes détiennent un savoir clé. « Et si nécessaire, il y a aussi des menaces et des pressions derrière. »
Aux Pays-Bas, les gangs utilisent le même type d’intermédiaires, qui jouent un rôle essentiel. Toutefois, selon la police néerlandaise, cela ne signifie pas pour autant que les cartels mexicains ont une influence directe en Europe. Ces accords ne sont pas conclus directement entre les cartels mexicains et les organisations européennes. Les intermédiaires travaillent à leur propre compte : « Un cartel opère comme la mafia italienne. Vous payez pour votre adhésion, mais vous êtes indépendant. Un intermédiaire est aussi son propre patron. Vous pouvez donc être membre d’un cartel, tant que vous leur remettez une partie de ce que vous gagnez en travaillant avec les néerlandais« , explique Andy Kraag. Interrogé au sujet de ces connexions avec le crime organisé, une source au sein du gouvernement mexicain confirme à Forbidden Stories que des réseaux envoient bien des chimistes en Europe pour produire de la méthamphétamine : « Dans le cas des Pays-Bas, nous savons que cela se produit. »
Les intermédiaires font le nécessaire pour que tout se déroule sans accroc. Ils prennent notamment en charge le voyage pour l’Europe, en plus des salaires. D’après Andy Kraag, ils feraient passer la majorité de leurs recrues par l’Espagne grâce à des visas touristiques. De là, les chimistes gagnent les Pays-Bas. Avant que la pandémie de Covid-19 n’y mette un frein, certains intermédiaires faisaient même le déplacement avant de lancer officiellement les opérations. « Ils viennent aux Pays-Bas, font leurs affaires, inspectent le lieu. Le réseau néerlandais doit fournir les matières premières, le matériel, tout doit être correct. Et à la fin, le Mexicain dit : ‘Ok, voilà comment je peux produire [la drogue] pour vous.’« , décrypte le responsable de la police néerlandaise.
L’expertise mexicaine
Au Mexique, au cœur de la zona caliente, au sud de Culiacan, dans l’Etat du Sinaloa, cette recrudescence de chimistes mexicains en Europe ne surprend pas. C’est l’évidence, même, pour celui qui se fait surnommer « El Chapo Jr. » : « Nous envoyons les chimistes en Europe parce que nous, les Mexicains, sommes les meilleurs chimistes !« , explique cette petite main du cartel de Sinaloa à Forbidden Stories. Dans sa planque aux murs rose fluo, il emballe méticuleusement d’imposants cristaux de méthamphétamine. Plusieurs couches de protection – un sac en plastique, de l’aluminium, du scotch et un nouveau sac en plastique – pour que les chiens de la police ne sentent pas la drogue lors de son transport. « Nous avons de l’expérience. Et les Mexicains peuvent enseigner aux autres chimistes d’Europe, poursuit-il, toujours en conditionnant la drogue. Les ‘chimistes’ qui sont envoyés ne sont généralement pas des idiots, ils sont intelligents et éduqués. » C’est par exemple le cas d’un des frères condamnés dans l’affaire du « bateau-labo » à Moerdijk, qui affiche sur Facebook avoir suivi une formation à l’institut technologique de Culiacan au Mexique.
Celui qui se fait appeler « El Chapo Jr. » prépare l’envoi d’un pack de 30 kilogrammes de crystal meth vers Mexico, depuis la périphérie de Culiacán, Sinaloa. / Amrai Coen, Die Zeit
Dans son dernier rapport annuel, l’ONUDC (Office des Nations unies contre la drogue et le crime) parle d’ailleurs de « spécialistes mexicains », capables de produire une méthamphétamine très pure, « comme celle que fabriquait Walter White dans [la série] Breaking Bad », explique Laurent Laniel, analyste scientifique à l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (EMCDDA). Leur expertise : « Produire de plus grandes quantités d’une meth puissante, grâce à des retraitements successifs, à partir de la même quantité d’un précurseur appelé BMK [benzyl methyl ketone]. » Un véritable coup de main, que seuls les chimistes mexicains maîtrisent à 100 %. « C’est comme pour le fromage. Si vous apprenez aux Japonais à fabriquer du fromage, ils finiront par y arriver. Mais ce ne sera pas un Leerdammer pour autant« , résume le porte-parole d’Andy Kraag, par une analogie très hollandaise. En échange d’un pourcentage du profit, qu’ils reversent aux chimistes et plus largement aux brokers mexicains, les narcotrafiquants néerlandais acquièrent ce savoir-faire unique.
« On parle ici d’organisations criminelles très structurées, très puissantes, avec à leur tête des narco-millionnaires qui ont fait fortune dans l’ecstasy et vivent dans le luxe« , rappelle Laurent Laniel. Selon les chiffres de l’ONUDC, la plupart des laboratoires démantelés produisant de l’ecstasy sont situés en Europe, principalement aux Pays-Bas et en Belgique. « Ils ont le matériel adhoc et toute une infrastructure d’approvisionnement en précurseurs chimiques venus principalement de Chine ou d’Inde. »
Une véritable industrie du crime valant des millions d’euros, maîtrisée de bout en bout. Laurent Laniel parle de « crime as a service » : « Ils fournissent tout ou embauchent les‘prestataires’ nécessaires : l’infrastructure pour les laboratoires, l’approvisionnement en précurseurs, les camions pour faire disparaître les montagnes de déchets que produit la meth, les bateaux avec skippers pour transporter la drogue et les collecteurs qui vont récupérer l’argent de la drogue. » Tout est déjà en place pour ajouter la méthamphétamine à leur offre. Conséquence : sur le terrain, le nombre de laboratoires démantelés augmente. Les saisies également : en juin 2019, la police néerlandaise mettait la main sur 2,5 tonnes du stimulant synthétique, cachée dans le port de Rotterdam. La plus grosse à ce jour en Europe.
La police néerlandaise possède son propre laboratoire de drogue, qui contient des objets provenant de diverses saisies. Le laboratoire est utilisé pour former les policiers. / Benedikt Strunz / NDR
Les Pays-Bas : « cuisine » du monde
La drogue issue des laboratoires néerlandais est expédiée à l’autre bout du monde. Le gramme de méthamphétamine peut s’écouler à plus de 500 dollars sur le sol japonais. Même tarif en Australie, à quelques dollars près. À titre de comparaison, la même dose coûtait 56 dollars aux États-Unis en 2017. « Pour ces laboratoires, produire à moindre coût grâce à la technique des Mexicains et l’exporter là-bas, c’est la garantie d’une marge économique énorme« , analyse Laurent Laniel.
Selon la chercheuse Anna Sergi, maître de conférences en criminologie à l’université d’Essex (Angleterre), une partie du prix exorbitant du gramme de méthamphétamine est dû au risque élevé que représente le trafic vers l’Océanie, et tout particulièrement vers l’Australie. « Ce risque d’expédition, associé à la distance, augmente les coûts pour les trafiquants et les importateurs et cela se répercute sur les consommateurs, qui paient beaucoup plus pour le ‘privilège’ de voir arriver la drogue sur place !« , précise la chercheuse. Mais d’autres éléments viennent peser dans la balance : une consommation importante, des connexions déjà établies grâce au trafic d’ecstasy et surtout, les forces de l’ordre australiennes qui ont les yeux rivés sur la Chine, d’où provient une grande partie de la méthamphétamine pour leur marché. « La police australienne a très bien combattu cela. De nombreux réseaux de production ont été démantelés, et on peut voir que l’approvisionnement venant de Chine a cessé. Ou du moins a considérablement réduit« , raconte Andy Kraag. Ici, les Néerlandais aidés par les Mexicains, prendraient donc leur place.
C’est aussi le jackpot pour les Mexicains : ils peuvent à la fois rentabiliser leur savoir-faire, moyennant la perte de quelques chimistes pendant un certain temps, et trouver de nouveaux débouchés pour leur propre méthamphétamine en poudre : « Les cartels ont des quantités gigantesques de ce qu’ils peuvent produire, or la demande actuelle est en Amérique. Ils recherchent donc de nouveaux marchés plus importants, ajoute Andy Kraag. Et c’est, par exemple, les 2,5 tonnes de méthamphétamine [en poudre] que nous avons trouvées à Rotterdam. » Une fois en Europe, elle serait cristallisée dans les laboratoires, prête pour l’instant à l’exportation. Mais ce que redoutent les autorités, c’est de voir la consommation sur place augmenter. Bien que son utilisation soit encore résiduelle en Europe, Andy Kraag ne cache pas ses inquiétudes : « Si notre production augmente énormément, alors [la méthamphétamine] est aussi plus facilement disponible et le risque de consommation grandit, explique l’enquêteur. Avec ces drogues-là, on peut devenir dépendant dès la première utilisation, (…)on ne pense plus à rien d’autre, on veut juste en prendre, on ne fonctionne plus normalement. Et là c’est juste foutu. Fini. »
Une guerre en préparation ?
En juillet dernier 2020, le piratage d’EncroChat a encore permis la découverte à la frontière belge de six conteneurs insonorisés transformés en cellules de prison. Un septième était lui devenu une chambre de torture macabre, équipée d’une chaise de dentiste et des pires ustensiles possibles : scie, scalpel, chalumeaux et différents types de pinces.
Photo de l’intérieur de la chambre de torture, retrouvée près de la frontière belge en juin 2020. / Politie Landelijke Eenheid
À l’heure actuelle, les gangs néerlandais sont dépendants du savoir-faire des cartels mexicains. Mais que pourrait-il se passer si ce n’était plus le cas ? La crainte est alors de voir cette alliance si profitable aujourd’hui, se transformer en concurrence demain : « Ce que je ne veux absolument pas, c’est que nous devenions l’un de ces pays capables de produire d’énormes cristaux de méthamphétamine, sans l’aide des mexicains. Dans ce cas-là, on ferait concurrence au Mexique. Je ne sais pas ce qui se passera alors, mais il y a des risques. Et nous voulons empêcher cela« , conclut Andy Kraag, le responsable de la police néerlandaise. Car « concurrence et violence vont toujours de pair dans le monde criminel« .
Kristof Clerix (Knack), Benedikt Strunz (NDR), PhilippEckstein (NDR), Wil Thijssen (de Volkskrant), Anne Michel (Le Monde), Mathieu Tourlière (Proceso) et Bart Libaut (Enquêteur spécialiste en sources ouvertes) ont contribué à cet article.
San José, 4 févr. (EFE) .- Les autorités du Costa Rica ont signalé ce jeudi la saisie de deux tonnes de cocaïne dans un conteneur qui transportait des ananas à destination de la Belgique.
Le ministère de la Sécurité publique a rapporté dans un rapport qu’à l’intérieur du terminal à conteneurs de Moín, dans la province de Limón (Caraïbes), des agents ont localisé mercredi dernier un conteneur soupçonné de contenir des marchandises illégales.
Ce conteneur devait être embarqué pour la Belgique et transportait de l’ananas comme cargaison légale.
2 000 colis contenant de la cocaïne, chacun pesant environ un kilo ont été saisis.
La police judiciaire fédérale (PJF) a découvert cette semaine plus de 1,7 tonne de cocaïne dans un hangar de la Kontichsesteenweg à Aartselaar, a indiqué vendredi le parquet d’Anvers.
Cette découverte s’inscrit dans le cadre d’une enquête en cours au sujet de conteneurs qui ont été enlevés de différents quais du port d’Anvers de façon irrégulière. Six suspects ont déjà été interpellés dans le cadre de l’enquête.
Selon le parquet, le chauffeur du camion transportant le conteneur et sa partenaire ont été interpellées. Ils ont été placés sous mandat d’arrêt dimanche et comparaîtront vendredi devant la chambre du conseil.
Na primeira apreensão de drogas no Porto de Santos, no litoral paulista, em 2021, equipes da Alfândega da Receita Federal interceptaram 670 quilos de cocaína escondidos em uma carga de goiabada. A droga, que seria embarcada para a Antuérpia, na Bélgica, foi entregue à Polícia Federal para a continuidade das investigações.
Segundo informações da Receita Federal, a apreensão foi feita na tarde de segunda-feira (4).
Plus d’une tonne de cocaïne a été trouvée dans des sacs de ciment sur un quai au bord de la Meuse, annonce le RTBF. La découverte a été faite par hasard par des travailleurs sur le site, dans les environs de Liège le 14 décembre 2020.
Une enquête a été ouverte pour retracer la chaîne d’approvisionnement des sacs de drogue.
Selon la RTBF, la cargaison, en provenance du Brésil, aurait transité par Anvers. Le logo imprimé sur les paquets de cocaïne est connu des services antidrogue internationaux.
« L’objectif est de ne pas seulement appliquer le concept de scanner 100% à Anvers mais aussi dans les aéroports et des gares ferroviaires internationales« , fait savoir le ministre Van Peteghem.. « Nous allons nous concentrer au maximum sur l’utilisation des moyens modernes automatisés et des technologies pour contrôler bien davantage« .
Il s’agit notamment de nouveaux équipements de scannage dans les terminaux à conteneurs, du recours à l’intelligence artificielle pour scanner les données et de l’extension des équipements de scannage mobiles.
Pour Manolo Tersago, le chef du département chargé des stupéfiants au sein de la police judiciaire fédérale d’Anvers, « Scanner tous les conteneurs à risque va rendre les trafics plus compliqués dans tous les cas. Si nous interceptons les conteneurs, il sera probablement trop tôt dans la procédure pénale pour savoir à qui ils étaient destinés et qui devait venir les chercher. Il y a de fortes chances que cela conduise à de nombreuses saisies « nues » ou « sèches, sans que personne ne soit impliqué. Mais cela n’est pas grave. La douane a une fonction d’arrêt qui permet que la marchandise soit retirée du marché« .
Les trafiquants faisaient passer de la drogue par le port d’Anvers, en la cachant dans des cartons de bananes…
Ce n’est pas une nouveauté !
Chaque année, ce sont des centaines de tonnes qui passent dans des conteneurs sans que nos autorités se décident d’équiper les ports européens avec du matériel performant pour contrôler l’ensemble des conteneurs suspects.
Toutes les marchandises illicites passent ces « frontières intelligentes » sans rencontrer la moindre difficulté !
Dix-sept personnes ont été arrêtées la semaine dernière à Bruxelles et Anvers ont annoncé lundi 21 décembre les autorités allemandes qui ont effectué ce coup de filet avec leurs homologues belges.
Deux des personnes arrêtées, un Albanais de 34 ans et un Letton de 35 ans, figurent parmi « les plus gros barons de la drogue en Europe », selon la police allemande.
Le point de départ de l’enquête a été la « découverte de près de 200 kg de cocaïne dans dix supermarchés bavarois en 2017 », selon la police bavaroise.
Cette enquête a déjà mené à la condamnation, en 2018, de quatorze personnes, indiquent les autorités.
La police costaricienne de contrôle des drogues a découvert, le 11 octobre, aux terminaux APM de Moín, dans la province de Limón, un conteneur contenant des bananes, où 2,9 tonnes de cocaïne étaient cachées.
(Photo: Police costaricienne de contrôle des drogues)
Lille est un pôle important du trafic de drogues en Europe.
Une enquête très détaillée vient d’être présenté par le Cédragir et l’ARS, elle permet de faire un état des lieux précis du trafic et de la consommation de drogues dans le Nord.
Un trafic hyper-structuré, de la cocaïne de plus en plus accessible, un boom de la culture de cannabis…
Voilà les enseignements d’un rapport très fourni qui présente un état des lieux de la consommation et du trafic de drogue dans la région lilloise en 2019.
Il vient d’être rendu par le Cédragir, une association d’aide aux usagers de drogue.
Ce rapport a été réalisé en partenariat avec l’ARS (Agence Régionale de Santé) et s’appuie sur un travail d’enquête très détaillé. Les informations contenues ont été recueillies auprès de multiples sources (usagers, professionnels de santé, police, justice…).
Malgré la « guerre à la drogue », la mafia de la cocaïne semble infiltrée plus profondément que jamais dans le port d’Anvers. Une enquête de la rédaction a pu identifier les terminaux les plus vulnérables, la quantité de drogue qui transite par le port et les techniques utilisées par les gangs.
Vendredi 28 août. Le calme règne dans les bureaux de l’armateur MSC, situés à un jet de pierre du port d’Anvers.
La plupart des employés font du télétravail à cause de la pandémie de coronavirus. Mais le message vidéo que Marc Beerlandt a diffusé ce matin a fait l’effet d’une bombe.
Dans la nuit du 25 au 26 août, un collaborateur a été arrêté par la police, ainsi que deux dockers, deux grutiers à conteneurs et un agent de sécurité.
Ils auraient travaillé pour un gang néerlandais. L’employé en question, un jeune homme d’à peine 25 ans qui travaille au bureau des exportations du département Documentation, aurait reçu, selon les rumeurs, 50.000 euros pour transmettre des informations au gang.
Chez MSC Belgique, c’est la consternation.
C’est la première fois que le patron s’adresse directement à l’ensemble du personnel. « Faites appel à votre bon sens », a-t-il déclaré. Le trafic de cocaïne n’est pas nouveau dans le port d’Anvers. Les tentatives des mafias de la drogue pour se rapprocher des dockers sont connues depuis des années. Mais le fait qu’ils aient réussi à s’infiltrer jusque dans les bureaux de MSC a résonné comme une sonnette d’alarme.
L’enquête a commencé début de cette année après la découverte d’un conteneur suspect dans le port.
« Une organisation a pu être identifiée. Elle semblait s’appuyer sur des informations de l’intérieur du port et a pu compter sur la collaboration de travailleurs« , a précisé le parquet.
Les conducteurs de poids lourds de l’organisation utilisaient des codes pin et des badges d’accès obtenus de manière illégale afin d’entrer dans le port.
La police de la navigation et les douanes ont contribué à la saisie d’1,38 tonne de cocaïne.
Le juge d’instruction a ordonné 18 perquisitions lundi et mardi.
Plus de 300.000 euros en cash ont été saisis, tout comme des montres de luxe et d’autres marchandises onéreuses comme cet ours en peluche à taille humaine, confectionné par une société de mode française et d’une valeur de 15.000 euros.
Neuf personnes ont été appréhendées, dont trois manipulant des portiques de manutention.
C’est dans le cadre d’une opération menée dimanche dans le port à conteneurs de Moín, province de Limón (Caraïbes) que la saisie a été effectuée par la Police suite à un contrôle par scanner. Au total, ce sont 2.903 paquets d’un kilo qui ont été trouvés.