AVISEUR INTERNATIONAL

Aviseur International renseigne, sans complaisance, sur la problématique de la drogue, du narcotrafic, de la corruption et sur les politiques mises en œuvre par les différents Etats et les dérives que s'autorisent les fonctionnaires des administrations — aviseurinternational@proton.me — 33 (0) 6 84 30 31 81

AVISEUR INTERNATIONAL

ROYAUME UNI 🇬🇧 (NCA) : les dernières ‘Narconews’ au 2 septembre 2023

Two men jailed over cocaine and amphetamine smuggled in laser cutting machine

000000

POLOGNE 🇵🇱 (Port de Gdynia) : les douaniers tapent 439 kilos de coke

Les douaniers polonais ont réalisée la saisie de 439 kilogrammes de cocaïne en provenance de Bolivie. Ce sont des agents de l’unité maritime des gardes-frontières du port de Gdynia qui ont saisi deux conteneurs contenant des planches de bois tropical.

À l’intérieur des planches, 439 kilos de cocaïne ont été découverts et saisis.

Selon les conclusions du procureur de la section de Poméranie du Département du crime organisé et de la corruption du parquet national de Gdańsk, les conteneurs ont été expédiés en Bolivie puis transportés par voie maritime au port de destination de Gdynia.

SOURCE

000000

FRANCE 🇫🇷 (Drogue) : comment enrayer les trafics en tous genres ?

C’est FRANCEINFO qui se pose la question pour savoir quelles solutions et quelles options le gouvernement favorise-t-il, face au trafic de drogues ?

Gérald Darmanin, le belliqueux, tire d’abord et oublie de réfléchir après! Son seul objectif déclaré c’est 2027 et les victimes des dommages collatéraux qui s’empilent lui permettent seulement de continuer à surfer sur le web. J’ai calculé que pour être aussi réactif sur TWITTER, aujourd’hui X, le ministre de l’intérieur doit mobiliser au moins 6 personnes à temps complet.

La violence s’est désormais installée et les dommages collatéraux s’enchaînent à une cadence effrénée.

Pour Frédéric Ploquin, tous les éléments sont réunis pour que le trafic prospère.

« Le premier, c’est que l’offre ne cesse d’augmenter. Le second, c’est que la demande en France est importante, la troisième est que les trafiquants de stupéfiants peuvent se permettre de perdre du produit, puisqu’ils font des marges absolument confortables ».

000000

FRANCE 🇫🇷 (Côte d’Opale) : pourquoi les découvertes de ballots de cocaïne se multiplient sur nos plages ?

Les colis sont arrivés entre le 26 juin et le 3 juillet, poussés par la mer sur les plages du Pas-de-Calais.

Selon nos informations, des ballots contenant au moins 80 kg d’une cocaïne très pure se sont ainsi échoués au début de l’été sur le littoral français. Des paquets marqués d’une tête de pirate qui ont été retrouvés disséminés sur une cinquantaine de kilomètres entre Cayeux-sur-Mer et Saint-Étienne-au-Mont. La saisie la plus importante a eu lieu au Touquet, où 38 kg de poudre blanche ont été trouvés sur la plage.

plus

000000

CORSE 🇫🇷 (Manifestation anti-drogue à Ajaccio) : nombreuses dénonciations après des instrumentalisations racistes

Dans un communiqué de presse, la Ligue des droits de l’Homme dénonce ce « lien raciste entre « drogue » et « arabes » » et appelle « à la vigilance de tous les démocrates, élus, partis, syndicats et associations ». Un amalgame qui « exprime sans ambiguïté aucune, la mise au ban d’une partie de la population« , poursuit la LDH, avant d’en appeler « également à ne pas confondre les personnes victimes d’addiction avec les réseaux criminels ».

« Non à l’instrumentalisation raciste et xénophobe »

Sur Twitter, le président du conseil exécutif de Corse regrette, lui aussi, ces dérives. « Non à la drogue. Non à ceux qui la vendent ou en tirent profit, quelle que soit leur origine ou leur condition sociale. Non aussi, au nom des valeurs universelles du peuple corse et de son Histoire, à l’instrumentalisation raciste et xénophobe du combat contre la drogue », écrit-il.

source

000000

ALGÉRIE 🇩🇿 (Mostaganem) : démantèlement d’un réseau international de trafic de cocaïne et de matières psychotropes à partir de la France puis de l’Espagne avec l’arrestation de sept individus

Les forces de l’ordre ont procédé à la saisie de 1,3 kg de cocaïne et 35.000 comprimés psychotropes, ainsi que des boissons alcoolisées.

Cette opération s’est déroulée sur la base d’informations sûres parvenues au groupement territorial de la Gendarmerie nationale.

lire

000000

ALLEMAGNE 🇩🇪 : le projet de légalisation contrôlée du cannabis à but récréatif a été présenté

C’est RFI qui nous rapporte que l’Allemagne veut légaliser l’usage du cannabis à des fins privées et avec certaines limites, dans une des réformes de société les plus symboliques du gouvernement, qui pourrait entrer en vigueur dans quelques mois. Le ministre de la Santé a présenté les grandes lignes de son projet, ce mercredi 16 août, et le Parlement doit encore l’étudier.

« Un tournant dans une politique qui malheureusement a échoué » : le ministre allemand de la Santé, Karl Lauterbach, a vanté les mérites de son projet de loi proposant un modèle qu’il juge meilleur que celui d’autres pays. La politique répressive actuelle constitue une impasse, pour le ministre : le marché noir progresse, les produits vendus ne sont pas toujours de bonne qualité, police et justice sont débordées. L’heure est au pragmatisme et à une semi-libéralisation, rapporte le correspondant de rfi à Berlin, Pascal Thibaut.

000000

0000

FRANCE 🇫🇷 (Marseille) : ALERTE et Info données par Gérald Darmanin

Sur mon instruction, la CRS 8 sera déployée en renfort à Marseille afin d’y mener des opérations ciblées contre les trafics de drogue au cours des prochains jours.

000000

ESPAGNE 🇪🇸 (Costa del Sol) : une équipe de narcos marseillais s’en est pris plein la gueule

C’est Narcodiairio qui nous rapporte que les flics espagnols ont tapé une organisation de narcos marseillais. Actuellement en plein conflit de contrôle de territoire, ces derniers n’ont pas vu venir les policiers qui les suivaient depuis de nombreux mois.

En Espagne, les arrestations ont eu lieu à Benalmádena et Marbella.

Le boss de ce réseau était basé à Mijas d’où il organisait par « go-fast » la livraison des dealers locaux.

L’enquête a commencé il y a plusieurs mois, lorsque dans le cadre d’une ‘opération franco-espagnole’, une trentaine de perquisitions ont été menées dans les deux pays durant lesquelles 2.350 kilos de haschich, 1,6 kilo de cocaïne, six fusils avec munitions, 22 véhicules, du cash, des comptes bancaires et des crypto-monnaies ont été saisis.

L’approvisionnement des lieux de stockage sur la Costa del Sol, Murcia et même Valencia se faisait de manière traditionnelle et classique par narco-lanchas.

Rien de bien changé en 30 ans, ni les quantités, ni les méthodes !

Certes la ‘Policia’ et la ‘Guardia’ ne protègent plus les narcos, alors qu’à l’époque les sicaires de Rafael Vera se payaient des services rendus au GAL par des routes ouvertes vers l’Europe pour les RO-RO qui arrivaient de Tanger au port d’Algeciras.

000000

BULGARIE 🇧🇬 (Kapitan Andreevo) : les douaniers bulgares tapent un TIR avec 145 kilos de marijuana en route pour Istanbul via Kapikule

Suite à un signalement, un camion TIR a été détourné pour un contrôle douanier approfondi, y compris avec un équipement à rayons X.

Les douaniers bulgares ont trouvé 5 grands sacs et 9 boîtes contenant 145,11 kilos de marijuana. Le conducteur autrichien, lui, avait 2,40 grammes de haschich dans son sac.

Il est désormais aux mains des autorités bulgares.

Aurait-il servi d’appât pour qu’une plus grosse quantité puisse passer ?

C’est dans le domaine du possible.

000000

MARTINIQUE 🇲🇶 (Fort de France) : bien dirigés par la DNRED 🇫🇷, les douaniers saisissent 610 kilos cannabis dans un conteneur arrivant du Havre

Cette saisie annoncée le 12 août par Aviseur international, c’est en réalité jeudi dernier 10 août, que les douaniers de Fort-de-France ont saisi plusieurs sacs de drogue ajoutés dans un conteneur en provenance du Havre. Le conteneur avait été ciblé par les agents de la CELTICS.

Cette saisie n’est pas le fruit du hasard mais bien le résultat des investigations menées par la DNRED (Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières) et la CELTICS.

Que Stéphanie Cherbonnier se rassure, la cargaison de cannabis a été remise à l’antenne OFAST de Fort de France pour destruction et ouverture d’une enquête pour identifier les commanditaires et les destinataires de cette cargaison. C’est vrai, il faut que tout le monde travaille !

000000

FRANCE 🇫🇷 (Audition au Sénat) : ce que disait Stéphanie Cherbonnier le 10 mai 2023

Audition de Mme Stéphanie Cherbonnier, cheffe de l’Office anti-stupéfiants (Ofast)

M. François-Noël Buffet, président. – Nous accueillons Mme Stéphanie Cherbonnier, cheffe de l’Office antistupéfiants (Ofast).

Madame, nous comptons sur vos éclairages pour mieux connaître l’état des trafics dans notre pays et pour appréhender leur évolution, car il s’agit d’un enjeu criminel majeur.

Nous souhaitons également bénéficier de votre expertise pour préparer l’examen, dès la semaine prochaine, du projet de loi visant à donner à la douane les moyens de lutter contre les nouvelles menaces et, quinze jours plus tard, des projets de loi d’orientation et de programmation du ministère de la justice et du projet de loi organique relatif à l’ouverture, la modernisation et la responsabilité du corps judiciaire.

En effet, l’Ofast collabore étroitement avec l’administration des douanes pour la prévention et la répression du trafic de drogue. C’est une structure jeune, créée le 1er janvier 2020 en remplacement de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS) et qui constitue, contrairement à son prédécesseur, un service à compétence nationale. L’Office est le chef de file du plan national de lutte contre les stupéfiants et, plus largement, de la lutte contre le trafic de stupéfiants. Initialement doté d’une centaine d’agents, il s’appuie aujourd’hui sur environ 200 personnes au niveau central. Ses effectifs se composent à la fois de policiers, de gendarmes et de douaniers : ce mélange des cultures est le reflet de la feuille de route confiée à l’Office, dont la vocation première est de renforcer la coordination entre les services.

Mme Stéphanie Cherbonnier, cheffe de l’Office antistupéfiants. – Avec la création récente de l’Ofast, dont l’objectif est de lutter contre la menace grandissante du trafic de stupéfiants, il s’agissait de remplacer l’OCRTIS, qui ne jouait plus son rôle de cohésion au sein du ministère de l’intérieur, par une structure plus interministérielle et ouverte aux niveau national et international. Cette structure centrale compte 24 implantations territoriales : 14 antennes et 10 détachements. Le détachement est de taille plus petite que l’antenne, laquelle a une dimension plus stratégique d’analyse de la menace et de lien avec les partenaires. Celui du Havre, créé en 2021, va devenir une antenne en raison de la menace qui pèse sur ce territoire, liée à l’arrivée massive de cocaïne via son port ; actuellement, 8 policiers relevant de l’Office sont sur place, ce qui est faible au vu des 10 tonnes de cocaïne arrivées en 2022.

L’Office est non plus un office central, mais un service à compétence nationale (SCN), comme la direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) dont la forme juridique est similaire. Même si nos missions sont différentes, nous travaillons en partenariat avec cette dernière. En effet, le processus de lutte contre le trafic de stupéfiants englobe la détection et le contrôle des flux de marchandises, ainsi que le démantèlement des organisations criminelles. La mission confiée à l’Ofast est celle d’un « chef de filat » visant à coordonner les acteurs entre eux, en laissant à chacun la place qui est la sienne.

Nous avons publié récemment les chiffres des saisies de produits stupéfiants pour 2022, qui sont à un niveau historiquement élevé pour tous types de produits.

S’agissant du cannabis, tous services confondus – police, gendarmerie, douanes -, 130 tonnes de résine et d’herbe ont été saisies, en augmentation de 15 % par rapport à 2021. Pour l’essentiel, les saisies ont lieu dans des véhicules routiers. La résine arrive du Maroc et passe par l’Espagne avant d’arriver en France ou dans un autre pays européen. L’herbe est plutôt produite en Espagne. La cannabiculture reste marginale dans notre pays. La moitié des plants sont saisis outre-mer, en particulier en Polynésie française, grâce à la forte implication de la gendarmerie nationale.

Le sujet le plus préoccupant est la cocaïne, avec 27,7 tonnes saisies en 2022, contre 26,5 tonnes en 2021, année du premier dépassement des 20 tonnes. Aux Pays-Bas, plus de 110 tonnes ont été saisies à Anvers, et près de 47 tonnes sur le port de Rotterdam. Il s’agit d’une préoccupation très européenne. Une attention particulière est portée au Havre, premier port d’arrivée, et au port de Marseille.

Pour ce qui concerne l’héroïne, 1,4 tonne a été saisie en 2022, soit une augmentation de 8 % par rapport à 2021.

On observe une forte augmentation des saisies de drogues de synthèse, avec de nombreux nouveaux produits – 3-MMC, cocaïne rose, etc. -, prisés par un public jeune et consommés dans un cadre festif, et de grande nocivité.

Le trafic de cocaïne, qui pose aussi problème en termes de consommation, est le sujet d’aujourd’hui ; celui de demain sera les drogues de synthèse.

Nous faisons face à des organisations criminelles diversifiées, et notre mission est de démanteler les groupes français et les groupes étrangers implantés sur notre territoire. Nos cibles d’intérêt prioritaire, dont nous réactualisons chaque année la liste en lien avec nos partenaires – notamment la douane -, sont les gros trafiquants. Certains font l’objet de notices rouges d’Interpol ou de mandats d’arrêt internationaux. L’objectif est de les intercepter, généralement à l’étranger. Nous avons constaté, via le déchiffrement de messageries cryptées, que ces organisations étaient très connectées entre elles. La criminalité associée au trafic de stupéfiants est constituée de violences criminelles, d’homicides, de règlements de compte, d’enlèvements et séquestrations, de blanchiment et de corruption.

Le volet corruption est aujourd’hui central. C’est en effet la corruption dite, indûment, de basse intensité qui permet au trafic de prospérer – consultation d’un fichier par un policier, un douanier ou un gendarme ; destruction de scellés dans le greffe d’un tribunal, etc. La corruption peut être publique ou privée, et concerner nos institutions. Il convient donc de repenser le contrôle interne, nos méthodes de recrutement et de suivi des personnels. Il faut aussi veiller aux vulnérabilités des « travailleurs du port » : dockers, mais pas uniquement, d’autres professions sont ciblées par les organisations criminelles, comme celle des chauffeurs routiers. Pour sortir un container d’un port, il faut pouvoir y accéder – les badges sont contrôlés – et savoir le manipuler.

Cette approche globale permet d’englober tous les pans du trafic.

En ce qui concerne les moyens déployés, il faut avoir un regard non pas franco-français, mais européen, voire international, pour coopérer avec les zones de production et de rebond et les territoires refuges.

Au niveau national, nous avons accentué le partage de renseignements. Auparavant, chaque acteur conservait ses propres informations, pour réaliser de belles prises. L’objectif est désormais de monter des dossiers suffisamment structurés pour poursuivre au plan judiciaire. On a donc mis les acteurs autour de la table et défini une stratégie, formulée dans le plan national de lutte contre les stupéfiants du 17 septembre 2019, lequel est en cours de réécriture. Le partage de renseignements passe aussi par l’association de nouveaux acteurs, notamment les services de renseignement du premier cercle.

Au niveau international, nous développons deux types de coopération.

Il s’agit, d’une part, d’une coopération bilatérale classique, notamment avec la Colombie et le Panama, des pays qui nous aident dans nos démarches, et avec les Émirats arabes unis – nombre de nos cibles prioritaires ont trouvé refuge à Dubaï. Il convient de construire et de développer dans le temps ces relations.

Il s’agit, d’autre part, de coopération multilatérale. Au niveau européen, notre partenariat avec Europol, l’agence européenne de police criminelle, est central, notamment pour le déchiffrement des messageries cryptées. Nous entretenons aussi des rapports privilégiés avec les Pays-Bas, la Belgique, l’Espagne, l’Allemagne et l’Italie, pays avec lesquels nous partageons des renseignements sur les grands ports européens, qui sont tous concernés par l’importation de cocaïne.

Ces dernières années, nous avons pu constater l’inventivité et la puissance financière des organisations criminelles.

Leur inventivité permet à celles qui sont atteintes – et non pas démantelées -, du fait de saisies importantes et d’arrestations, de trouver des moyens de contournement pour importer les produits. De simples sacs de sport déposés dans des containers, nous sommes passés à des produits qui polluent directement des marchandises – des bananes, par exemple – ou les systèmes de refroidissement des containers, ou encore à la dissimulation, indétectable, de cocaïne dans du sucre, du café ou du charbon, et à la cocaïne liquide. Les organisations envoient ensuite sur le territoire des chimistes capables d’isoler les stupéfiants des produits contaminés. De ce point de vue, la coopération avec nos partenaires est essentielle. Le déchiffrement des messageries cryptées est un moyen important pour contrecarrer les organisations criminelles, dont les membres n’échangent plus par téléphone. Ces organisations comportent désormais des équipes spécialisées soit dans les séquestrations, soit dans les meurtres, soit dans la distribution. La France n’est pas épargnée par ces activités.

L’angle financier est primordial pour lutter contre les trafics. La perte de produits, par exemple à la suite d’une saisie, figure parmi les risques intégrés pas les organisations criminelles. Les saisies d’avoirs financiers ont davantage d’effets et sont en forte croissance : plus de 111 millions d’euros en 2022, en augmentation de 12 % par rapport à 2021, ce qui représente 13 % du montant global des saisies réalisées en matière d’avoirs criminels. Nous avons des marges de progression en la matière.

J’en viens aux moyens dont dispose l’Ofast.

Au 1er mars  2023, l’Office employait 191 personnels, contre 230 annoncés initialement. Fin 2023, il comptera plus de 230 agents. L’augmentation a été moins rapide que prévue mais il me semble préférable d’avoir des recrutements échelonnés. Mon adjoint est un magistrat de l’ordre judiciaire, détaché dans un emploi de contrôleur général. Notre équipe comprend une forte proportion de policiers, mais aussi 30 gendarmes et 7 douaniers. Le pôle opérationnel est dirigé par un commissaire divisionnaire, le pôle renseignement par un colonel de gendarmerie et le pôle stratégie par un administrateur des douanes. Il s’agit d’une structure intégrée, ce qui est important en termes de définition de la stratégie et d’association de chaque administration.

M. Alain Richard, rapporteur. – Nous allons modifier assez substantiellement le code des douanes : son article principal, qui définissait de façon très large les pouvoirs d’investigation de la douane a été déclaré son conforme à la Constitution. Nous allons le remplacer, si le projet de loi visant à donner les moyens de faire face aux nouvelles menaces est adopté, par une série d’articles qui redéfinissent les pouvoirs d’investigation de la douane, en les encadrant dans le sens du respect des libertés individuelles et en prévoyant le plus souvent l’intervention d’un magistrat. Ces mesures nouvelles vous posent-elles un problème en termes d’efficacité des enquêtes douanières ?

Mme Agnès Canayer. – Élue du Havre, je constate que la lutte contre le trafic de stupéfiants est un enjeu non seulement à l’échelle des ports ou en termes de criminalité, mais aussi pour l’ensemble des populations locales, compte tenu des ramifications de cette activité dans les villes portuaires.

L’augmentation des saisies de cocaïne est-elle due à la meilleure efficacité des services ou à une croissance du trafic de stupéfiants ? En dehors des moyens humains, l’Ofast a-t-il d’autres besoins pour remplir sa mission ? Le projet de loi d’orientation et de programmation du ministère de la justice 2023-2027, qui réforme notamment l’autorisation des perquisitions de nuit, aura-t-il un impact sur l’activité de l’Office ?

Mme Dominique Vérien. – Le Premier ministre des Pays-Bas a récemment été menacé. Un tel risque est-il envisageable en France ? Quelles sont vos forces en Guyane ? Y a-t-il un danger de contagion des méthodes des trafiquants brésiliens ?

M. Jean-Yves Leconte. – La dépénalisation partielle de certains produits, dont le cannabis, a fait l’objet de débats et a été expérimentée dans plusieurs pays. Par ailleurs, on le voit notamment dans certains États d’Amérique latine, en se développant les trafics grignotent l’État de droit, puis l’État tout court.

Compte tenu de la situation géopolitique, quelles interfaces observez-vous entre les territoires où la consommation est légale et ceux où elle ne l’est pas ? Quelles sont les conséquences du retrait de la France du Sahel, notamment en termes de renseignement ? Comment gérez-vous les contraintes européennes dans le domaine de l’accès aux données de connexion ?

M. Jérôme Durain. – L’attractivité des métiers de la police est en berne ; on parle même d’une crise des vocations. Qu’en est-il pour l’Ofast ? Quels sont vos besoins concrets en matière de déchiffrement, de captation judiciaire et de mise à niveau technologique ? Comment les filières du trafic s’adaptent-elles aux processus de légalisation, notamment ceux lancés aux États-Unis et au Canada ?

Mme Marie-Pierre de La Gontrie. – Lors d’un déplacement de plusieurs membres de notre commission aux Antilles, et à l’occasion de notre rencontre avec des agents de l’Ofast de Saint-Martin et de la Guadeloupe, nous avons été effarés par l’absence de moyens matériels dont ils disposent, ce qui fait de ces îles des passoires. Par ailleurs, leur vie est très particulière puisque tout le monde les connaît… Entourées d’îles qui ne sont pas françaises – la Dominique, Sainte-Lucie, Antigua -, les îles françaises sont le point d’entrée en Europe de la drogue, mais ces agents n’ont pas les moyens de contrôler les côtes. Quelles solutions pourraient-elles être trouvées ?

Mme Valérie Boyer. – Peut-on parler de narco-quartiers en France, et si oui, où se trouvent-ils ?

Le ministre de l’intérieur a déclaré qu’il existait un lien entre les trafics de drogue et les mineurs isolés. Le constatez-vous ? Travaillez-vous avec les collectivités locales sur ces questions ?

Mme Brigitte Lherbier. – Lorsque j’étais universitaire, la police culpabilisait les enseignants en leur disant que les étudiants étaient responsables du développement des trafics sur le campus… Échangez-vous avec des médecins, des personnels hospitaliers, ou des enseignants qui connaissent ces problèmes et veulent protéger la santé de leurs élèves ? Sont-ils des acteurs de votre réseau de renseignement ?

M. Christophe-André Frassa. – Dubaï a été épinglé dans un article de L’Obs du 20 avril dernier comme étant le paradis des trafiquants français. Quel a été l’élément déclencheur de sa coopération avec l’Ofast, alors que c’était un havre de paix pour les narcotrafiquants français et européens ?

Mme Marie Mercier. – Qu’en est-il du captagon, appelée aussi la drogue des terroristes ?

Mme Jacqueline Eustache-Brinio. – La police d’Île-de-France n’hésite pas à qualifier le Maroc de narco-État. On n’en parle pas assez.

Notre pays est inondé de ces produits et les prix ont beaucoup baissé ces dernières années. Avons-nous une politique de prévention digne de ce nom ? Les psychiatres nous ont alertés à cet égard. L’usage de drogue a des conséquences psychologiques sur la jeunesse, et notamment une dépendance rapide. C’est un sujet de société qui n’est pas abordé comme tel.

La France ne suit-elle pas la même voie que certains pays d’Amérique du Sud ? Le trafic pose en effet des problèmes de sécurité et perturbe la vie quotidienne des habitants de certains quartiers. Cette économie parallèle concerne l’ensemble du territoire. Quelle est votre analyse de cette dérive ?

M. François-Noël Buffet, président. – Disposez-vous de moyens juridiques suffisants pour mener à bien votre mission ? Faudrait-il améliorer cet arsenal ? Sur quel point pourrait-on avancer ?

Mme Stéphanie Cherbonnier. – Première question : la réforme du code des douanes et les nouvelles dispositions que vous examinerez.

Il convient de veiller à ne pas casser, via l’autonomisation des acteurs, le chef de filât de l’Ofast et le dispositif de partage de renseignements. Mais la modification de l’article 60 du code des douanes n’aura pas pour conséquence de mettre fin aux contrôles par la douane. Par ailleurs, des dispositions européennes s’appliquent à toutes les forces de sécurité.

Quant aux nouveaux pouvoirs conférés à la DNRED, liés aux techniques spéciales d’enquête – sonorisation, captation d’images -, leur mise en place ne doit pas empêcher que les différents acteurs se parlent entre eux ; à défaut, la judiciarisation risque d’intervenir trop tardivement. Prenons l’exemple d’un container pollué par un produit : le renseignement doit être partagé par les services le plus tôt possible, sans qu’aucun ne le capte en vue de se l’approprier. Le projet de loi prévoyant de donner à la douane des pouvoirs qui sont actuellement réservés à des services agissant sous le contrôle d’un magistrat instructeur ou du parquet, il faut trouver le juste équilibre entre l’action de la douane et celle des services judiciaires. C’est la seule limite que j’identifie dans le nouveau dispositif. Ces affaires ne doivent pas aboutir dans n’importe quel parquet. Les dossiers d’envergure d’importation de cocaïne doivent rester sous l’autorité de l’une des huit juridictions interrégionales spécialisées (Jirs) que compte notre pays, voire de la juridiction nationale chargée de la lutte contre la criminalité organisée (Junalco) lorsqu’ils sont particulièrement complexes, et doivent faire l’objet d’un suivi quasi centralisé. Mieux vaudrait favoriser la coordination des acteurs, en associant davantage la douane durant la phase judiciaire.

Pour résumer, il faut, d’une part, veiller à ne pas judiciariser trop tard et, d’autre part, permettre le contrôle plein et entier de l’autorité judiciaire sur l’action d’agents non soumis aux mêmes contraintes que les officiers de police judiciaire (OPJ).

Deuxième question : les enjeux portuaires.

L’augmentation des saisies est certes liée à un meilleur partage des renseignements entre la douane et les forces de sécurité intérieure, mais force est aussi de constater que le volume des produits qui entrent sur notre territoire et chez nos voisins européens connaît une croissance majeure. Sur le plan judiciaire, l’arsenal est complet. Nous agissons systématiquement dans le cadre de l’article 706-73 du code de procédure pénale. La faille de la procédure judiciaire, c’est que l’on y détaille l’ensemble de nos actions – ce que l’on fait, comment et quand : les organisations criminelles ont donc accès, via leurs avocats, à l’intégralité de nos méthodes de travail.

Dans le domaine des stupéfiants, les infiltrations sont très compliquées à mettre en œuvre parce que l’ensemble de la procédure est soumise au principe du contradictoire et que les risques encourus par les agents infiltrés sont très grands. Même si ces mesures figurent dans l’arsenal juridique français, on préfère souvent ne pas les utiliser. En Belgique, il est possible d’écarter certains éléments – les « dossiers distincts » – de la procédure contradictoire ; bien sûr, il y a toujours un contrôle du juge. Monsieur le Président vous parliez des évolutions législatives souhaitables, c’est un point auquel il faudrait réfléchir.

L’Ofast appartient au second cercle des services de renseignement. Si nous travaillons avec ceux du premier cercle, nous ne disposons pas de tous les pouvoirs de ces derniers. Par exemple, nous ne pouvons pas procéder à la captation de messages échangés sur des téléphones par satellite Iridium.

Troisième question : les menaces qui pèsent sur les Pays-Bas.

Aux Pays-Bas, la prise de conscience en matière de stupéfiants a eu lieu du fait de l’existence d’un réseau criminel qui a émis des menaces à l’encontre des représentants des institutions ; la Belgique connaît la même situation. En France, nous devons donc être vigilants : c’est l’un des éléments de l’approche globale que nous devons avoir. J’ai incité tous les OPJ de l’Ofast à agir sous anonymat, comme le permet la loi au travers du référentiel des identités et de l’organisation (RIO), car il faut anticiper ce type de menaces – je rappelle qu’il y a dans notre pays des meurtres de policiers à leur domicile.

Quatrième question : l’action à la frontière guyanaise.

Au sujet de la Guyane, il faut évoquer deux points : l’activité des passeurs et le trafic au départ du port de Dégrad-des-Cannes. Une antenne de l’Ofast est implantée dans ce territoire, qui comptera 20 équivalents temps plein (ETP) en septembre 2023. Un attaché de sécurité intérieure a été nommé au Surinam. Les moyens de contrôle ont été renforcés à tous les niveaux, de Saint-Laurent-du-Maroni jusqu’à l’aéroport de Cayenne-Félix-Éboué.

Cinquième question : les méthodes « brésiliennes ».

Ces méthodes pourraient être dites tout autant « colombiennes » ou « mexicaines », et il s’agit bien, madame Vérien, de violences criminelles qu’il convient de ne surtout pas ignorer.

Sixième question : la dépénalisation partielle du cannabis.

Nous devons être prudents en la matière : la légalisation ne conduirait pas à la fin des trafics, les consommateurs recherchant un niveau de toxicité très élevé qui ne sera pas proposé dans le cadre de ventes autorisées.

Septième question : les conséquences du désengagement au Sahel.

Il n’a pas eu d’impact immédiat sur notre connaissance du trafic. Nous examinons attentivement les arrivées de cocaïne en provenance d’Afrique de l’Ouest, le Golfe de Guinée étant très impacté : c’est la route la plus courte, avec celle en provenance du Brésil. Nous avons des partenariats avec la marine sénégalaise et avec le centre opérationnel d’analyse du renseignement maritime pour les stupéfiants (MAOC-N), agence internationale basée à Lisbonne. La marine française réalise également de nombreuses interceptions. Sur ces nouvelles routes du trafic, qui sont identifiées, nous travaillons aussi avec les services de renseignement du premier cercle.

Huitième question : les contraintes européennes dans le domaine des données de connexion.

Elles n’ont pas de conséquences, pour l’instant, sur notre activité opérationnelle, mais nous avons des inquiétudes, notamment sur la limitation de la conservation des données de connexion. Nous avons en effet besoin d’accéder à ces données, d’opérer des captations judiciaires et de déchiffrer les messageries cryptées, car ces outils nous permettent de conduire nos investigations.

Neuvième question : les conséquences de la réforme de la police nationale et l’attractivité de l’Ofast.

L’Ofast a fait l’objet d’une certaine publicité et emploie une équipe jeune, ce qui le rend attractif. Par ailleurs, qui dit nouveaux modes d’investigation dit nouveaux profils. Nous recrutons beaucoup de contractuels, à l’instar de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), pour travailler sur des sujets techniques et d’analyse que nous ne maîtrisons pas complètement. L’attractivité est aussi liée au large panel de métiers proposés.

Dixième question : le déplacement de votre commission aux Antilles.

L’Ofast a une antenne Caraïbes implantée à Fort-de-France et deux détachements, l’un en Guadeloupe et l’autre à Saint-Martin. Je ferai le point avec le chef de l’antenne sur l’éventuel manque de moyens, sachant que le contrôle aux frontières ne relève pas de ces agents. Pour ce qui concerne le partenariat avec les îles voisines, nous avons depuis un an à Sainte-Lucie une unité permanente de renseignement au sein de laquelle des enquêteurs français travaillent avec les autorités locales en vue de partager du renseignement. Nous souhaitons faire de même avec la Dominique. Pourquoi pas avec Antigua ? Les îles ne peuvent rester isolées et doivent se connecter avec leurs voisines ainsi qu’avec les grandes agences étrangères qui rayonnent sur la zone – la DEA (Drug Enforcement Administration) et la NCA (National Crime Agency). Nous ne voulons pas laisser ces dossiers à la seule main des autorités territoriales ; nous déployons donc une stratégie nationale dans ces territoires.

Onzième question : les narco-quartiers.

On a tendance à qualifier de « narco » bien des sujets… Aujourd’hui, la drogue se diffuse partout, en zones urbaines, périurbaines et même rurales. Aucun territoire n’est épargné. Une cartographie des points de deal a été mise en place en 2021. Cela permet ensuite de savoir quelles sont les forces en présence et quelle action concrète on y conduit, à court ou plus long terme dans le cadre d’une enquête judiciaire.

Douzième question : les mineurs isolés.

Quelques phénomènes ont été identifiés. Les groupes criminels disposent d’une manne, en termes de ressources humaines, très étendue et vont chercher dans divers départements y compris des départements autres que celui du point de deal des « charbonneurs », des revendeurs, des « chouffeurs », des transporteurs, des équipes pour les enlèvements-séquestrations. On constate une hyperspécialisation de l’organisation et une déterritorialisation des emplois. Les mineurs isolés sont évidemment recrutés, comme d’autres populations en situation de précarité. En Guyane, parmi les passeurs interceptés, les « mules », la moitié est composée de Guyanais et l’autre moitié d’étrangers. Pour 2 000 ou 3 000 euros, ils acceptent de traverser l’Atlantique avec des produits stupéfiants dans le corps ou dans des valises, en courant un risque pénal et sanitaire très grave. Une mère de famille, ayant deux enfants mineurs, transportant in corpore des produits stupéfiants, cela pose tout de même question… C’est de l’exploitation de la vulnérabilité sociale.

Treizième question : nos liens avec les collectivités locales.

Nous avons mis en place dans chaque département des cellules de renseignement opérationnel sur les stupéfiants (Cross), qui réunissent tous les acteurs chargés de la lutte contre les trafics et mettent en place des partenariats avec, entre autres, des bailleurs sociaux et des municipalités : il y a donc un lien avec les territoires.

Quatorzième question : l’approche de santé publique vis-à-vis des jeunes.

En matière de stupéfiants, l’approche doit être double, répressive certes, mais avant tout préventive. Nous travaillons ainsi avec la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca), organisme placé sous l’autorité du Premier ministre et présidé par un médecin, Nicolas Prisse, qui a mis en place un plan triennal de lutte contre les addictions auquel est intégré le plan national de lutte contre les stupéfiants, dit « plan stup’ ».

Quinzième question : la coopération avec les Émirats arabes unis.

Si l’on veut mettre en place une coopération internationale, encore faut-il en faire la demande auprès du pays avec lequel on souhaite travailler, et se déplacer pour comprendre ses contraintes. C’est ce que nous avons fait avec ce pays et des réussites opérationnelles s’en sont suivies. Nous avons établi un partenariat avec des services émiratis et avons accueilli dans nos services, en immersion, des policiers de Dubaï, ce qui a créé un cercle vertueux. Mon travail est d’entretenir cette relation, comme toute coopération en la matière.

Les autorités dubaïotes ont compris que se trouvaient sur leur territoire non seulement des trafiquants de stupéfiants, mais aussi, potentiellement, des tueurs, d’où leur volonté de coopérer avec l’Ofast.

Seizième question : le captagon.

Ce produit n’a pas été saisi sur le territoire français, mais il a fait l’objet de travaux relatifs au financement du terrorisme et à la piraterie. Nos attachés de sécurité intérieure suivent ce dossier dans les zones concernées. Des saisies importantes ont été effectuées en Espagne assez récemment.

Dernière question : le cannabis en provenance du Maroc.

Ce sujet devra faire l’objet d’une réflexion dépassant l’approche répressive en lien avec la santé publique, comme je l’ai évoqué précédemment

M. François-Noël Buffet, président. – Nous vous remercions pour vos explications détaillées et la précision des informations que vous nous avez données. Aux Antilles, dans le cadre de la mission évoquée par Mme Marie-Pierre de La Gontrie, nous avons été interpellés au sujet de ce trafic. Par ailleurs, j’ai récemment assisté à une saisie au Havre par des agents dont les conditions d’enquête sont difficiles, mais qui font un travail éminemment stratégique.

SOURCE OFFICIELLE

°°°°°°°°°°°°°°°°°

Tous ceux qui sont branchés sur ce secteur d’activités savent pertinemment que le gros des saisies et des affaires en cours a toujours été généré par la DNRED et la SURV (Entre 70 et 75 % des saisies stups).

Le dernier article de Marc Fievet abordant le chef de filât de l’OFAST

000000

FRANCE 🇫🇷 (Marseille) : avec 32 morts en huit mois, le nombre des « règlements de compte » pour conquête du marché des stups dépasse déjà largement celui de 2022 dans la ville

Combien de victimes supplémentaires avant qu’on réfléchisse sérieusement à essayer autre chose que l’éternelle prohibition ? Peut-on demander à Stéphanie Cherbonnier de l’OFAST d’y réfléchir réellement ! (Ce qu’elle disait le 10 mai 2023 au Sénat)

C’est France Info qui nous signale que depuis le début de l’année, 32 personnes ont été tuées à Marseille sur fond de trafic de stupéfiants.

Avec 32 morts en à peine huit mois, le bilan des assassinats sur fond de trafic de drogue à Marseille, à la mi-août, dépasse déjà le bilan de toute l’année dernière où il y avait eu 31 morts en 2022. Il y a eu deux morts par balles au cours du dernier week-end à Marseille, c’est une triste statistique pour la cité phocéenne.

L’été n’a pas calmé les ardeurs des clans rivaux. « Il n’y a pas de saison », observe, presque fataliste, un policier marseillais.

Combien de victimes supplémentaires avant qu’on réfléchisse sérieusement à essayer autre chose que l’éternelle prohibition qui démontre, chaque semaine qui passe, un échec absolu?

000000

ITALIE 🇮🇹 (Gioia Tauro) : “Coca Nostra”, l’Italie croule sous les saisies de cocaïne

“Incroyable ! Au port de Gioia Tauro, on a retrouvé des bananes à l’intérieur d’un conteneur de cocaïne.”

Lire dans Courrier International

000000

FRANCE 🇫🇷 (OFAST) : en Avignon, saisie de 485 kilos de haschich

Dans la nuit de lundi à mardi, une « Renault Mégane » et une « Audi A7 » sont identifiées sur le territoire après avoir franchi la frontière espagnole.

Elles sont aussitôt prises en surveillance, permettant la localisation du premier véhicule sur le parking d’un hôtel à Avignon, dans le Vaucluse. Des agents de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI) sont envoyés sur place.Les deux hommes ont finalement été arrêtés, placés en garde à vue puis mis en examen. Dans les deux véhicules saisis se trouvaient 13 valises marocaines transportant pas moins de 485 kilogrammes de résine de cannabis.

source et plus

000000

FRANCE 🇫🇷 (DNRED – CELTICS) : saisie de 600 kilos de cannabis destinés à la Martinique 🇲🇶

Les dernières enquêtes menées par la DNRED et la CELTICS confirment l’existence d’une voie d’échange de haschisch contre cocaïne en utilisant des conteneurs entre le port du Havre et la Martinique.

La cargaison de haschich a été introduite dans le conteneur par le biais du système de « rip-off » .

En anglais, « rip off », c’est à la fois un verbe, à traduire par ‘arracher’, et une expression d’argot qui signifie ‘arnaque’.

Pour les douaniers, l’expression tient un peu des deux et désigne une technique de contrebande très prisée des narcos. Les stupéfiants, en quantité transportable par quelques hommes sont placés à l’entrée d’un conteneur, facilement et rapidement accessibles.

000000

FRANCE 🇫🇷 (DNRED – OFAST) : la balle au centre

Le regain de santé de la Douane et de la DNRED par des textes actualisés semble inquiéter Stéphanie Cherbonnier qui n’hésite pas à réclamer un privilège hiérarchique sur les affaires de stups.

Ça fait des décennies que la Police et ses hiérarques toujours en recherche de succès faciles, histoire de se la péter, et au passage de ramasser les dividendes par gratifications et autres promotions, ont instauré une sorte de tutelle naturelle sur tous les résultats obtenus en matière de saisies de stups. Il y a plus de 40 ans, des OPJ avaient infiltré tous les échelons de la DNRED, pour la bonne cause, pour formaliser les opérations que ces derniers réussissaient !

Même que parfois, il fallait se planquer de ces serviteurs zélés de Beauvau, toujours prêts à faire remonter l’info aux collègues policiers à l’affût d’une opération en cours, au risque de la faire capoter.

A Nantes, il avait son bureau juste à côté de celui de Gatard et il valait mieux partir à l’extérieur lorsqu’il s’agissait de mettre en musique une opération future.

Cette méthode douteuse était également appliquée par les excellents officiers du « HM Customs excise » de sa gracieuse majesté, qu’on a piqué à prendre en photo l’intégralité des notes que j’avais dans mon calepin.

°°°°°°

Tous ceux qui sont branchés sur ce secteur d’activités savent pertinemment que le gros des saisies et des affaires en cours a toujours été généré par la DNRED et la SURV (Entre 70 et 75 % des saisies stups).

Je ne parle pas évidemment de la saisie du boulevard Exelmans,  organisée par David Cugnetti, actuellement en Bourgogne et chapeautée par l’énarque Erwan Guilmin,  le chef de la DOD, qui n’était qu’une énorme connerie que la DNRED, on cherche à l’oublier, a payé au prix fort.

Déstabilisée, humiliée et… réorganisée

Déstabilisée et en mode survie avec une taupe de la DG à sa tête, l’excellente Corinne Cleostrate, la DNRED avec l’arrivée surprise du nouveau directeur Florian Colas, semble avoir retrouvé un nouvel élan et je pense que ce rôle de  « chef de filât » réclamé par Stéphanie Cherbonnier ne devrait être qu’une énième rodomontade de nos pieds nickelés nationaux, et quand j’ose parler de pieds nickelés, c’est en connaissance de cause , car même à la DNRED, on a sérieusement donné dans ce domaine.

Christian de Rocquigny du Fayel

C’est Christian de Rocquigny du Fayel qui a été nommé au poste de contrôleur général de l’OFAST et ce n’est pas, malgré la prochaine création de 35 postes pour ce service, ce dernier qui changera la donne.

Pour ma part, je pense que Florian Colas ne se laissera pas impressionner et qu’il a mis la DNRED sur une trajectoire qui ne peut que faire des envieux. (Gaffe Florian, les peaux de bananes ne devraient pas tarder, t’es dans un repaire de gros crabes !)

Le narcotrafic, comme tant d’autres activités délictueuses, ne se combat qu’en étant bien informé et pour cela, désolé Stéphanie,  la DNRED a une sérieuse longueur d’avance sur la Police en la matière.

Enfin,à ce constat, j’ajouterai qu’il m’a toujours paru surprenant que les gabelous acceptent de se faire diriger par des DG non issus de la Douane. Jean Dominique Comolli est le seul DG que j’ai rencontré personnellement plusieurs fois, aussi bien dans le bureau ministérielle avec Michel Charasse qu’à la DG avec Jean Henri Hoguet et Christian Gatard, m’avait permis de constater de l’ignorance crasse de ce responsable et du seul souci qui le guidait de réaliser un parcours sans vagues en attente de l’opportunité qui le rendrait riche.

Est ce ainsi que l’on dirige une régalienne ? Non, je ne le pense pas, et il serait temps que cela change pour éviter que continue le démembrement de cette institution commencée avec le passage éclair de l’IGF François Auvigne.

Un peu plus sur la DNRED

Les premiers services douaniers d’enquêtes, exclusivement parisiens, voient le jour entre 1932 et 1937. Au cours de réorganisations successives, qui ont étendu ses compétences territoriales et fonctionnelles, cette structure deviendra la direction nationale des enquêtes douanières (DNED) puis la direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED). (Merci Jean Henri Hoguet !)

Enfin, en 2007, le ministre du budget entérine la réorganisation de la DNRED et sa mutation en service à compétence nationale.

Missions et spécificités

La DNRED met en œuvre la politique du renseignement, des contrôles et de la lutte contre la grande fraude douanière de la DGDDI. Elle a pour mission de lutter contre les grands trafics en démantelant les organisations criminelles qui se livrent à la contrebande d’armes, de stupéfiants, de tabac et de produits contrefaisants, portant atteinte au commerce légal et présentant des risques pour la santé publique.


Elle s’appuie à cette fin sur son analyse précise des flux de marchandises et de personnes, sur le recueil de renseignements opérationnels ainsi que sur la mise en œuvre de certaines techniques spécialisées d’investigation…sans pour autant réussir à faire assumer la Direction Générale de la douane qui, par le manque d’honneur de ses DG, n’assure pas la continuité du service de l’État.

Disposant de pouvoirs spécifiques définis par le code des douanes, la DNRED exerce son activité sur l’ensemble du territoire douanier national et elle coordonne également les activités opérationnelles du réseau des attachés douaniers français dont la compétence couvre près de 60 pays.

Son action s’articule essentiellement autour de trois axes :

-lutter contre les grands courants de contrebande ;

-mettre en œuvre des enquêtes anti-fraude d’envergure nationale et internationale diligentées à l’encontre des entreprises et des particuliers ;

-gérer et animer la collecte du renseignement, son traitement et sa diffusion à l’ensemble des services douaniers ainsi qu’aux services partenaires.

ORGANISATION

Forte d’environ 800 personnels, la DNRED comprend trois directions :

La direction du renseignement douanier (DRD), centrale du renseignement, gère et
anime la filière « renseignement », élabore le plan national de renseignement, centralise et traite les informations sur la fraude. Elle procède aux études et aux analyses nécessaires à l’orientation de l’action des services et soutient l’ensemble de la communauté douanière grâce aux pôles de compétence technique dont elle dispose.


La DRD est composée de 5 divisions : 1 division transversale et 4 divisions d’analyse.

La direction des enquêtes douanières (DED) dispose d’une compétence d’exception en
matière de lutte contre la grande fraude. Ces missions complètent la compétence
générale d’attribution des services d’enquête régionaux (SRE). Ressortent ainsi de la
compétence de la DED toutes les enquêtes – d’initiative ou fondées sur des consignes
nationales et/ou communautaires ou d’assistance administrative mutuelle
internationale (AAMI) – ayant trait à la recherche de la grande fraude, c’est-à-dire
susceptibles de mettre au jour des fraudes ou des réseaux de fraude nationaux ou
transnationaux ou de démanteler des organisations criminelles (sécurité nationale,
activités terroristes, trafic d’armes, fraudes financières, démantèlement de filières de
fraude nationales ou transnationales). S’y ajoutent les enquêtes conjointes et celles qui
lui sont confiées expressément par la direction générale.

La DED est composée de 4 divisions d’enquêtes à compétence nationale.

La direction des opérations douanières (DOD) recherche et recueille le renseignement opérationnel et tout particulièrement celui en provenance de sources humaines
(coordination avec la DRD dans le cadre du Passenger Name Record).

Plusieurs entités spécialisées sont rattachées à ces directions :

-Cyberdouane,

-Cellule de recueil de la preuve informatique,

-Observatoires de suivi dans des domaines de fraude particulièrement sensibles,

-Équipes techniques, etc.

En septembre 2008 a été créée la « Task Force Dragon » visant à lutter contre la contrebande européenne de produits originaires de Chine (cette fraude génère des milliards d’euro de pertes en termes de revenus pour l’UE et pour la France).

Unité d’élite de 24 agents, elle a une compétence nationale et est très fortement impliquée dans la lutte contre la fraude au plan européen (OLAF, EUROPOL, etc.)

Depuis juin 2015, un officier de liaison de la DNRED est mis à la disposition de la
Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), facilitant la coopération permanente.

Le GOLT

Au sein de la DNRED, le Groupe opérationnel de lutte contre le terrorisme (GOLT) a été créé spécialement pour centraliser la collecte et l’enrichissement des renseignements, de toutes sources douanières, relatifs au terrorisme et à son financement.

0000000

BELGIQUE 🇧🇪 (Port d’Anvers) : 982 kilos de coke au quai 1742

Lundi, c’est 982 kilogrammes de cocaïne qui ont été découverts au quai 1742 du port, répartis dans des sacs de sport. L’enquête sur la contrebande de drogue a conduit le même jour à une descente dans un hangar situé le long de la Boomsesteenweg à Aartselaar. Cinq suspects, respectivement Belges, Néerlandais et Moldave. y ont été trouvés. Le juge d’instruction les a arrêtés depuis.

source

000000

FRANCE 🇫🇷 (Douane Française) : Gaby, un ancien de la DNED (DNRED) nous a quittés

Gabriel Bastien vient de nous quitter.

Ancien directeur de la Direction Nationale des Enquêtes Douanière, la « fameuse » D.N.E.D., mais aussi Président des anciens combattants des Douanes.

Pour beaucoup, il restera une figure emblématique de la « maison »

Un des anciens agents qui a servi sous ses ordres a accepté de témoigner.

Un chef très près de ses hommes pour beaucoup, trop près pour certains. Mais désigné comme le chef de la meute, nous adhérions pleinement à ces trois engagements:

« On ne sort pas de la meute, on ne trahit pas la meute, on ne touche pas à l’argent….« 

Il a surtout apporté une certaine élégance, dans le quotidien, en menant continuellement les agents de l’institution vers l’excellence !
Lorsqu’il parlait à ses hommes, il parlait à ses petits…Lui seul était en mesure de nous envoyer là où il le fallait et quand il le fallait. En quelque sorte, il nous économisait, nous protégeait et nous défendait, il aurait même pu nous envoyer éteindre les enfers, nous y serions allés.
Avec le temps, le souvenir qui nous marque tous encore, c’est qu’il nous protégeait et ce n’est pas une vue de l’esprit. Avec pour précepte « N’obéis jamais à un con« , Il avait pris le rôle de meneur d’hommes, ce qu’il était naturellement, mais, en contre partie, cette belle réussite ne pouvait que motiver quelques jalousies de ses pairs.

Lui seul connaissait les secrets de la DNED et il est parti avec…!

Salut Gaby, repose en paix !

Ses funérailles se dérouleront le mercredi le 2 août  à 16 H 00 en l’Église de Poilhes – 34310.

Les porte-drapeaux, le bureau national, Alexis Lopez, Denis Millet, Serge Madelmont, Marc Fradet, Alain Cornille, Claude Fernandez et Isabelle Gasselin.

Lors d’une cérémonie de clôture du congrès de l’Association nationale des anciens combattants des douanes STIE, devant le monument dédié aux douaniers morts pour la France, dressé dans le parc du domaine de La Sauldre, à La Ferté-Imbault.

Cette cérémonie avait été présidée par Gabriel Bastien, président national de l’association.

0000

FRANCE 🇫🇷 (OFAST) : le ruissellement de stups du quotidien pour nos régaliennes

Les douaniers de Chalon-sur-Saône ont saisi 101,19 kg d’herbe de cannabis ce mercredi 19 juillet 2023 sur l’autoroute A6. La marchandise, interceptée sur l’aire de Saint-Ambreuil, était dissimulée dans un camion frigorifique.

Poitiers : une centaine de kilos de cannabis découverts sous le plancher d’un camion

000000