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La sénatrice Sylvana Beltrones Sánchez, fille de Manlio Fabio Beltrones, aurait effectué des dépôts de 10,4 millions de dollars entre 2009 et 2010 à la « Banca Privada d’Andorra (BPA) », selon une enquête du journal El País.
Dans la publication publiée ce mercredi, le journal espagnol souligne que le bureau du procureur général (FGR) a ouvert une enquête contre l’ancien président du PRI, sa fille et son épouse Sylvia Sánchez et Luis Alejandro Capdevielle, qui était le remplaçant de Beltrones comme Député fédéral en 2012, pour des irrégularités présumées liées à des comptes cachés dans une banque andorrane.
La sénatrice du Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI) Sylvana Beltrones Sánchez, la fille unique de celle qui était jusqu’en 2016 présidente de la formation tricolore et l’une des figures les plus influentes de la politique mexicaine, Manlio Fabio Beltrones, déposée à la Banca Privada d’Andorre (BPA) 10,4 millions de dollars entre 2009 et 2010 », souligne la note de José María Araujo.
Je vous propose aujourd’hui de vous plonger dans l’effarant listing d’avions ayant servi soit à transporter de la cocaïne, soit simplement à en dissimuler le véritable propriétaire. Des individus en majorité mexicains, comme on va le voir, dont un bon nombre d’avions se sont écrasés… pour se voir dé-enregistrer un an après parfois. C’est l’une des surprises de ce dossier, phénomène qui éclaire beaucoup les « pannes » de registre constatées depuis des années à propos de ces appareils fantômes. On commence par un premier lot… d’une quinzaine d’avions dont plusieurs ont fait la « une » des journaux et dont une grande partie à mal fini !!!
Un impressionnant listing en forme de réquisitoire à charge
J’ignore donc si le juge Amos Mazzant (ici à droite) est venu relever les noms des avions dans les épisodes de Coke en Stock, ou si le FBI l’a fait à sa place, mais l’acte d’accusation détaillé qu’il a fourni recèle les mêmes noms et les mêmes affaires. Il en a relevé une vingtaine (22, exactement, il en manque encore donc !), que l’on va reprendre aujourd’hui, ce qui pourrait figurer comme une révision de ces six dernières années de trafic en fait.
Grâce à ces réseaux sociaux, plus besoin d’aller traîner dans des points de deal mal fréquentés pour acheter une barrette de shit ou un gramme de coke. Pour les moins téméraires, il suffit d’envoyer un message et d’attendre tranquillement sa livraison à la maison.
Une cybercriminalité difficile à traquer
Le procureur Eric Vaillant
Toutefois, ces cyberpatrouillages demandent du temps et des moyens aux forces de l’ordre. « Tout ce qui est sur internet demande de longues investigations, il y a des délais de réquisition. Ce n’est pas si simple« , reconnaît le procureur Eric Vaillant.
Yannick Biancheri, le syndicaliste membre de la Police Nationale de l’Isère, est plus sévère : « Nos méthodes évoluent, on s’adapte. Mais on aura toujours un train de retard. Les trafiquants ont des moyens quasiment illimités, sans problèmes d’argent ni de paperasse. Nous, on n’est pas aussi réactifs, on est toujours à la traîne. Le jour où on comprendra qu’il faut des moyens conséquents, comme du matériel et des formations, là, on pourra peut-être rivaliser« .
Cette forme de délinquance est prise très au sérieux par les forces de l’ordre et le Parquet, mais tous s’accordent sur une chose : les trafiquants s’adaptent à la vitesse de la lumière et ils trouveront toujours de nouvelles combines pour vendre leurs produits.
A ce jour, les TWITTER, Snapchat et autre Wahtsapp ne modèrent toujours pas !
La police espagnole, en collaboration avec la police judiciaire portugaise, a arrêté 46 personnes et démantelé une organisation criminelle ayant des ramifications au Portugal qui se consacrait au trafic de drogue et au blanchiment d’argent. Au cours de l’opération, 8 500 kilos de haschich, six bateaux semi-rigides, une arme à feu et divers appareils électroniques ont été saisis.
L’organisation, qui avait une grande capacité logistique et une activité «élevée», était basée principalement dans la région de la «Costa del Sol» (Malaga), même si tout au long de l’enquête, la grande mobilité géographique de ses membres est devenue évidente. Pour l’exécution de ses actions illicites liées au trafic de drogue, le groupe disposait d’un soutien logistique principalement dans la province d’Almeira, où il conservait les navires semi-rigides qui ont ensuite été utilisés pour transporter les balles de haschich du Maroc vers les côtes espagnoles.
Comptes bancaires, sociétés et investissements immobiliers: de la Romandie à Zurich, voici comment un clan bulgare a blanchi les millions de la cocaïne en Suisse.L’argent a été blanchi principalement par le biais du numéro deux bancaire helvétique Crédit Suisse. Comme on le sait, la banque a été inculpée, tout comme une ancienne employée qui était responsable des clients bulgares à l’époque, et qui aurait contribué à dissimuler l’origine criminelle du clan en effectuant des transactions financières pour un montant de plus de 140 millions de francs.
D’après les résultats de cette consultation, 80,8 % des répondants se disent d’accord avec une autorisation de la consommation et de la production de cannabis dans un cadre régi par la loi, ont affirmé des sources parlementaires à l’Agence France-Presse (AFP), lundi.
Et pourtant selon la « théorie de l’escalade », fumer du cannabis entraînerait le fumeur vers des drogues plus dures. Mais cela se vérifie-t-il vraiment ?
Je viens de relire le dossier « Gisèle » … abordé par Philippe Bordes dans « Enquête aux frontières de la loi ». Quelle différence entre les écrits de toutes sortes et la réalité! Une vérité judiciaire dérangeante.
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Le journal « Le Monde » du 7 octobre 1992 faisait paraitre cet article sous le titre:
Au tribunal correctionnel de Lyon – Le dérapage douanier de l' » Opération Gisèle «
Le procès des cinq trafiquants britanniques
Ce PV-là est, à première vue, un modèle de PV, serein, précis, exhaustif : » Ce jour, mercredi 6 juin 1990, (…) en service de contrôle de véhicules, place Carnot, à Lyon-2, à 5 h 20, heure légale, nous faisons les signaux réglementaires d’arrêt à l’adresse d’un camping-car immatriculé G 942 BLB, en vertu de l’article 61 du code des douanes. Ce véhicule sort du passage sous la gare de Perrache… » La routine, qui transpire entre chaque ligne du prologue, est bientôt relayée par un hasard absolument munificent. Dans le camping-car en question, les chanceux gabelous » tombent » sur pas moins de 1 058 kg de résine de cannabis et interpellent, dans la foulée, cinq ressortissants britanniques : les deux occupants du véhicule, Alan Morgan, trente-cinq ans, et Michael Cook, quarante-deux ans, mais aussi, à leur hôtel lyonnais, James O’Dea, quarante-cinq ans, Terence Stuart, cinquante ans, et un simple comparse, Jeffrey Thurgood, trente et un ans.
L’affaire des Britanniques de Perrache, parmi lesquels trois sérieux récidivistes, est joliment bouclée.Effet d’annonce, choc des photos, poids des statistiques, félicitations, congratulations… » Ce PV est un faux ! « , clament pourtant aujourd’hui, chacun à sa manière, les huit avocats des accusés. (comme ils avaient raison!)De fait, un » flag » de rêve peut cacher une opération d’infiltration poussée… à l’extrême.
Comme M. Jacques Dallest, juge d’instruction à Lyon, n’avait pas tardé à le découvrir en prenant en charge le dossier, la prise réalisée par les douaniers en uniforme n’était que l’ultime phase d’une enquête rapprochée, qualifiée d' » occulte » par les avocats, principalement menée par l’échelon de Lyon de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) sous le nom de code d' » Opération Gisèle « .
Bien plus qu’une » livraison surveillée « , légalisée depuis longtemps, il s’agit d’une » livraison contrôlée « , et même » encadrée « , dans laquelle Jean-Pierre Cazé, contrôleur divisionnaire à l’antenne lyonnaise de la DNRED, a joué un rôle de premier plan. Et ambigu…
N’étant pas abonné, je ne peux que vous dire qu’ayant été le transporteur maritime de cette opération, la relecture des écrits concernant les exploits douaniers de cette époque m’étonne encore.
C’est ce Motor Yacht qui a transporté 1 tonne 285 de cannabis (1 tonne 255 de savonettes et 30 kilos de pollen), chargée au large de l’île de Perejil dans le détroit de Gibraltar.
Ce Motor Yacht avait été rebaptisé en « Tancrède », immatriculé à Toulon par la fourniture d’un livret de francisation délivré par la DNRED
Motor Yacht Windarra
Enregistré à Gibraltar 🇬🇧 – Propriétaire Rio Plata Ltd, compagnie off-shore de Marc Fievet, financé par Marc Fievet et les opérations de la DNRED
A réalisé le transport pour l’échelon DNRED de Lyon d’une tonne 285 de cannabis du Maroc à Port la Nouvelle (Saisie fortuite place Belcourt à Lyon d’une tonne) – Opération d’achat-transport réalisée par Jean Pierre Cazet et Michel Ribatet.
Il manquait donc plus de 200 kilos de cannabis lors de la spectaculaire saisie…Mais, ouf, tout baigne puisque l’ on ne revient pas sur la chose jugée!
Par Jean-Marcel Bouguereau , lu dans « La Rép des Pyrénées »
Contrairement à de nombreux autres pays qui ont opté pour une approche pragmatique (Canada, USA, …) et une légalisation, la France, au contraire, en instituant une amende forfaitaire de 200 euros qui visera tous les consommateurs l’an dernier, a loupé le coche.
Dans les beaux quartiers, l’amende ne sera pas dissuasive.
Dans les quartiers où le trafic prospère, ces contrôles ne feront qu’accroître cette inutile stratégie de harcèlement des points de vente. Avec, comme effet, de tendre un peu plus les relations police/population déjà très dégradées.
Pourquoi personne ne bouge ? Parce que la droite et l’extrême droite n’attendent que ça pour tirer à boulets rouges en accusant de laxisme ceux qui tenteront de faire bouger les lignes. Il faudra pourtant en passer par là, pour couper l’herbe sous le pied des dealers.
Des enquêteurs de l’OFAST, le RAID, des CRS… 250 policiers au total ont démantelé un vaste réseau de trafic de haschich, d’herbe de cannabis et de cocaïne dans la cité de la Savine à Marseille, dans le 15ème arrondissement.
Au total 19 personnes interpellées et placées en garde à vue, tous les lieux de stockage découverts. En plus des 450 kilos de cannabis , 258.100 euros ont été saisis ainsi que 235 grammes de cocaïne et un fusil à pompe.
Cette opération est le fruit de plus d’un an d’investigation et de surveillance.A Marseille de nombreux quartiers sont gangrenés par le trafic de drogue. Les réseaux se professionnalisent et deviennent plus violents, selon des spécialistes de criminologie. D’après les derniers chiffres policiers, la ville compterait 156 « plans stups », c’est à dire des points de deal.
Certains accueilleraient jusqu’à 2.000 clients par jour.
Après EncroChat, c’est SKY ECC qui donne le départ d’un coup de filet inédit en Belgique ce mardi matin. Plus de 200 perquisitions ont été menées simultanément sur tout le territoire, sous la direction d’un juge d’instruction du tribunal de première instance d’Anvers, division Malines.
Plus de 200 perquisitions ont été menées mardi matin dans le pays dans le cadre d’un dossier visant une organisation criminelle soupçonnée de fournir des téléphones cryptés au milieu criminel, a indiqué en fin de journée le parquet fédéral. Au total, 48 personnes ont été privées de liberté pour audition et plus de 1,2 millions d’euros ont été saisis. L’enquête a été initiée par la police judiciaire fédérale (PJF), et plus particulièrement la PJF d’Anvers. Il a été ouvert fin 2018 à la suite de plusieurs enquêtes menées dans toute la Belgique ces dernières années. Le constat a été posé, sur base du travail policier, que les organisations criminelles utilisaient de plus en plus souvent des “cryptophones”. Avant cette opération, 185 de ces téléphones, équipés du logiciel de cryptage de SKY ECC, une société opérant depuis le Canada et les États-Unis, avaient été saisis en Belgique.
L’enquête judiciaire vise non seulement des trafiquants de drogue, mais également d’autres personnes qui facilitent leurs activités criminelles, telles que des informateurs, des blanchisseurs d’argent ou des personnes qui ont été corrompues pour rendre des services aux criminels. L’enquête a mené également à des suspects établis à l’étranger.
Il s’agit de la plus grande opération de police jamais organisée en Belgique.
Pour le délégué général de l’IPJ (Institut pour la Justice), Pierre-Marie Sève, la lutte contre le trafic de drogue est essentielle pour endiguer la montée de la délinquance, mais en venir à bout, nécessitera la mise en place de moyens colossaux.
Le trafic de drogue est également le financeur de phénomènes bien plus graves comme l’achat d’armes de guerre mais surtout le terrorisme.
La drogue irrigue la quasi-totalité de la délinquance et en constitue véritablement le système vasculaire.
Estimé à 3 ou 4 milliards d’euros et net d’impôts, le trafic de drogue fait vivre des dizaines de milliers de personnes dans toute la France et est en constante expansion.
Michel Aubouin, haut-fonctionnaire et préfet, a publié un livre «40 ans dans les cités» dans lequel il décortique le processus d’autonomisation des cités. Il annonce notamment que si un jour le gouvernement décidait de lutter contre le trafic de drogue, les cités pourraient entrer dans un mode insurrectionnel et «alors la France pourra trembler, car il ne s’agira plus d’opérations de maintien de l’ordre classiques mais d’opérations de guerre exigeant des moyens dont nous ne sommes pas sûrs de disposer».
Le ministre de l’Intérieur est prévenu, la guerre contre la drogue nécessitera de prendre des moyens encore jamais vus.
La police espagnole a arrêté quatre personnes, dont deux vénézuéliens et un colombien, dans la ville côtière d’Estepona (sud), prétendument responsables d’un laboratoire clandestin dédié à la manipulation de la cocaïne.
Au cours de l’enquête, les agents ont vérifié que les suspects avaient deux maisons dans les villes touristiques de Mijas et Estepona (province de Malaga); celle de cette dernière ville était utilisée pour manipuler, falsifier et cacher des drogues.
La police belge a mené une opération contre le crime organisé ce mardi 9 mars 2021 dès l’aube avec plus de 1 500 agents soutenus par des unités spéciales dans tout le pays, mais avec un accent sur la ville portuaire d’Anvers.
Plus de deux cents perquisitions ont été effectuées simultanément depuis cinq heures du matin. L’opération est dirigée avant tout contre les trafiquants de drogue, et en particulier ceux impliqués dans le trafic de cocaïne, avec des ramifications internationales.
Un Fribourgeois, un Valaisan et un Irakien établis dans le canton ont écoulé environ 100 kilos de haschich et d’herbe dans le centre du Valais. Lors d’une vaste opération de police, plusieurs kilos de drogue et de l’argent ont été récupérés, notamment 7000 francs dans un appartement.
Ce trio a été interpellé au terme d’une longue enquête menée depuis fin 2019 par la police cantonale sous la direction du Ministère public. L’auteur principal, un Fribourgeois de 26 ans, opérait depuis une chambre louée qu’il utilisait exclusivement pour son commerce.
Dans « Débatdoc » le documentaire réalisé par Cécile Allegra et Mario Amura : Italie-Mafia, un pacte sanglant. En Italie, la Mafia a gangréné le pouvoir politique depuis l’après-guerre. C’est l’effrayant constat livré par ce documentaire. À l’aide de témoignages exclusifs, il dénonce l’accord passé entre l’organisation criminelle et la démocratie Chrétienne. Une liaison incestueuse entre l’Etat et la Mafia qui perdurerait, jusqu’à nos jours, en Italie.
Fabrice Rizzoli, docteur en Science politique de l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, spécialiste de la grande criminalité. Auteur de « La mafia de A à Z : crime organisé, mafias, anti-mafia : 160 définitions pour un état des lieux » chez Tim Buctu Editions.
Jacques de Saint Victor, historien et écrivain, auteur de nombreux ouvrages sur les systèmes de droit et de criminalité organisée dont « Un pouvoir invisible. Les mafias et la société démocratie (XIXe-XXIe siècle) » chez Gallimard.
Charlotte Moge, maîtresse de conférences en Études italiennes à l’Université Jean Moulin-Lyon 3
J’avais prévu d’intervenir dans ce débat! Je m’étais arrangé pour m’arrêter dans un parking avec une bonne couverture 4G et je me suis connecté avec le serveur dédié…
Connexion établie, mais coupée 10 secondes après sans aucune possibilité de reconnexion !
C’est vrai que la lutte anti-stups n’est qu’affaire d’experts désignés !
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À quoi ressemblera le « monde d’après » du trafic de stupéfiants ? Conférence sur l’évolution de la délinquance liée aux drogues en temps de confinement, avec Stéphanie Cherbonnier (Police nationale) et Thierry Colombié (expert).
Le Rendez-vous de la recherche en visioconférence avait pour objectif de présenter les conséquences de la crise sanitaire sur le trafic de stupéfiants et sur l’activité des services de police.
Pour traiter ce sujet, l’Institut a convié Stéphanie Cherbonnier, contrôleuse générale de la Police nationale et cheffe de l’office anti-stupéfiants (OFAST), et Thierry Colombié, économiste, spécialiste du crime organisé.La séance a été animée par Christophe Soullez, chef de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP). Ce résumé a été rédigé par Juliette Papon, étudiante du Master 2 Droit et stratégies de la sécurité de l’Université Paris II Panthéon-Assas (association A2S).
La crise sanitaire du Coronavirus et la période de confinement de la population qui été décidée par le gouvernement ont, au moins durant un temps, considérablement bouleversé le paysage criminel.
Fermeture des frontières, attestations de sorties, multiplication des contrôles, baisse de la demande et de l’offre… la situation a modifié les pratiques des trafiquants et des consommateurs, ainsi que la nature des crimes et délits enregistrés depuis deux mois.
Malgré une chute estimée entre 30% et 40% pendant le confinement, le trafic et la revente de produits stupéfiants ont connu des évolutions remarquables et le marché s’est immédiatement restructuré – parvenant à assurer les 60 % restant.
De la même manière, les services de lutte contre le trafic de stupéfiants, et notamment les services spécialisés de la police judiciaire, ont du s’adapter à cette nouvelle configuration.
Quelles sont les conséquences de ces crises sur ces organisations et sur les services de police, à court et long terme ?
On en parle « chez vous », avec deux spécialistes du sujet, le mardi 16 juin de 18h à 20h.
Accès libre via l’application Zoom.
Contexte
La crise sanitaire du Coronavirus et la période de confinement de la population ont considérablement bouleversé le paysage criminel. La fermeture des frontières, les attestations de sorties, la multiplication des contrôles ou encore la baisse de la demande et de l’offre, ont modifié les pratiques des trafiquants et des consommateurs, ainsi que la nature des crimes et délits enregistrés sur ces deux mois.
Intervention de Stéphanie Cherbonnier
Durant le confinement, quatre phases ont été observées.Tout d’abord, la première phase est la désorganisation des trafics avec une rupture quasiment immédiate des approvisionnements. Le vecteur routier est le principal vecteur d’approvisionnement de cannabis en France depuis le Maroc et l’Espagne (90 % du cannabis est importé par la voie routière). Pour la cocaïne, l’arrêt progressif du trafic aérien (fermeture de l’aéroport d’orly) a coupé la voie d’approvisionnement par le système des passeurs (communément appelés «mûles»), depuis la Guyane notamment. Cependant, certains distributeurs/consommateurs avaient anticipé la crise, on a donc vu se former, avant le confinement, des files d’attente devant les points d’approvisionnement. Une véritable stratégie d’entrave a été mise en place par les forces de sécurité (police/douane/gendarmerie), de manière à limiter l’arrivée de produits sur le territoire. Durant le confinement on a observé un mouvement de ralentissement global du trafic de l’ordre de 30%. Toutefois, la fermeture des frontières n’a pas totalement empêché la poursuite, à moindre mesure, de l’approvisionnement des marchandises.
Ensuite les trafiquants se sont adaptés aux nouvelles contraintes et ils ont mis en place une stratégie de contournement. Nous avons constaté un recours important aux réseaux sociaux (Snapchat, WhatsApp) pour des commandes, via un système de drive ou de livraison à domicile. Nous avons parlé d’«ubérisation» du trafic. Des saisies importantesde stupéfiants ont été observées pendant le confinement avec le développement de la culture «indoor» . Pendant longtemps, cette culture était plutôt cantonnée à l’Outre-Mer et depuis quelques années, on assiste une augmentation forte de ces cultures en métropole. Les saisies réalisées ces dernières années portent sur de nombreux plants de cannabis, pouvant aller de 500 à 1000 pieds. On parle de Cannabis Factory (industrialisation du phénomène). Le matériel est parfois acquis sur le darknet et de grands moyens logistiques sont déployés pour produire. Les techniques utilisées sont celles d’organisations criminelles, leur production génère des profits colossaux.La troisième phase est celle de la pénurie, effectivement, nous étions en flux tendu puisque le stock de produits permettait de tenir environs une dizaine de jours, au-delà la pénurie était assez inéluctable. On estime une augmentation de la violence de l’ordre de 20%, résultant des conquêtes et reconquêtes de territoires notamment dans de nombreuses villes de province (Rennes, Strasbourg ou Bordeaux) et une augmentation de 40 à 60% des prix, tous produits confondus. L’augmentation des prix a été moins observée dans les régions frontalières (Perpignan, Lille), où les consommateurs pouvaient encore s’approvisionner, pour de plus petites quantités en Espagne ou aux Pays-Bas. Enfin, la dernière phase est la reprise du trafic juste avant le déconfinement, des saisies majeures ont été réalisées par des services de la douane et de la police. La crise a bénéficié aux organisations les plus structurées. Elles avaient la capacité de mettre en œuvre des importations malgré le ralentissement de l’ensemble des vecteurs d’approvisionnement. Il y a eu une augmentation de la demande, pas forcément plus de nouveaux consommateurs mais une demande plus forte de quantité chez les consommateurs. Durant le confinement l’OFAST a développé la collecte de renseignements, en faisant appel à tous les capteurs (sources humaines, services locaux, recours à la technique). La coopération internationale durant cette période a joué un rôle majeur, nous avons continué à beaucoup échanger avec nos homologues d’Espagne, de Belgique, des Pays-Bas, du Brésil et de Colombie.
Intervention de Thierry Colombié
Trois remarques préliminaires doivent être évoquées. Premièrement, on ne parle pas de «fermeture des frontières» mais d’une «restriction des échanges commerciaux». Deuxièmement, la plupart des usagers ont été confinés et n’ont ni pu rejoindre leur point de vente, ni se rendre en soirée pour acheter leurs marchandises.Troisièmement, jusqu’à la veille du confinement, personne ne savait quelle serait la durée de ce dernier, ce qui a accentué un sentiment d’impuissance et une volonté pour les consommateurs d’anticiper la pénurie. Ainsi, cela pose des problèmes, pour les trafiquants, de logistique pour s’approvisionner en produit et, pour les forces de l’ordre, pour adopter des stratégies efficaces. Toutefois, nous avons pu voir que les trafiquants ont su s’adapter, par exemple, en janvier, lorsque se profilait la pandémie, les réseaux criminels ont importer des marchandises pour avoir plus de stocks pour anticiper la crise sanitaire. Il y a le commerce de gros, de demi gros, de détail, filière par produit, filières annexes et connexes. Tout est organisé, en effet, post confinement, on peut voir que les choses sont comme avant, rien n’a fondamentalement changé, au contraire les réseaux ont pu apprendre de leurs erreurs. Par ailleurs, à cause de cet arrêt temporaire des approvisionnements, des dealers se sont retrouvés au chômage technique, et ont pu avoir tendance à créer des troubles à l’ordre public.La crise a révélé deux phénomènes. D’une part, l’«ubérisation» avec l’«uberweed» ou l’«ubercoke». Grâce à l’air numérique, nous commandons avec notre téléphone et nous sommes livrés à notre domicile. Cela met en évidence l’explosion des circuits courts. D’autre part, au-delà des cités, dans les zones péri-urbaines et rurales, on a des réseaux qui existent depuis très longtemps, qui sont peu visibles, ce sont les cannabiculteurs. En outre, pendant le confinement des usagers se sont tournés vers la kétamine. Produite par l’Asie, il y aujourd’hui, une grosse production aux Pays-Bas.
FOCUS sur l’office anti-stupéfiants
Le trafic de stupéfiants génère d’autres infractions, comme le trafic d’armes, les homicides volontaires ou encore les règlements de compte. La mise en place d’un plan national de lutte contre les stupéfiants permet de mieux structurer cette lutte. C’est dans ce contexte que l’OFAST a été créé. Il s’agit d’une mesure phare du plan annoncé le 17 septembre 2019 par trois ministres à Marseille.Le but de cet office est d’articuler les acteurs entre eux puisqu’une multitude d’acteurs (douanes, police, gendarmerie) travaillent ensemble pour lutter efficacement pour ce fléau mondial. Pour être efficace, il faut coordonner nos forces et travailler ensemble.Depuis le 1erjanvier 2020, l’office est devenu un service à compétence nationale (SCN). L’agence est directement rattachée au directeur central de la police judiciaire. L’OFAST est devenu le chef de file de la lutte contre les stupéfiants en France. Ainsi, cette agence sert à réceptionner des informations au niveau national et international mais aussi à envoyer des informations et à apporter son expertise aux autres services sur le territoire. L’office anti-stupéfiants ne doit plus être perçu comme un concurrent mais permet de produire et partager des renseignements.L’OFAST comptera à la fin de l’année 2020, cent soixante-dix enquêteurs et l’objectif est de parvenir à deux cent quarante enquêteurs en 2022 (plan triennal de renforcement).La lutte contre le trafic de stupéfiants nécessite une approche globale qui inclut la lutte contre le blanchiment issu de ces trafics. En effet, Thierry Colombié évoque l’affaire «Virus», et énonce que sans blanchiment, il n’y a pas de trafic et sans corruption, il n’y a pas de crime organisé.On ne peut pas travailler tout seul sur le blanchiment, il faut travailler avec des partenaires, tels que l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF) ou le Service d’enquêtes judiciaires des finances (SEJF) au sein de Bercy.
Pour conclure, le but principal de l’OFAST est de décloisonner les structures et les compétences pour inscrire la lutte sur le long terme.
Un conteneur chargé de cocaïne et de café expédié du Guatemala faisait l’objet d’un suivi des agents de l’OFAST suite à une info transmise par un service de police étranger qui avait été prise très au sérieux.
Le conteneur qui renfermait cette cargaison de cocaïne, passé par Rotterdam au Pays-Bas puis par Anvers en Belgique a été débarqué mercredi, dans le port du Havre.
Chargé par un transporteur, il a été suivi par les policiers qui ont attendu la livraison pour interpeller trois hommes. Des exécutants connus des services qui sans aucun doute ne sont pas les donneurs d’ordre.
Travailler sur info de services étrangers…C’est bien!
Mettre en place les moyens de contrôler toutes les entrées de conteneurs sur les ports français seraient mieux! Que je sache, Gérald Darmanin, vous savez que la DNRED dispose de la CELTICS qui ne demande qu’à s’exprimer! Encore faudrait-il que les capacités de ce service, en sous effectifs reconnus, soient revus à la hausse. Mais, malheureusement je n’ai pas constaté que mesdames Isabelle Braun-Lemaire et Corinne Cleostrate se préoccupaient de renforcer les effectifs de la SURV!
À la suite d’un renseignement déposé sur la plateforme moncommissariat.fr, un véhicule «logiquement promis à l’Angleterre», a été intercepté vers 3H00 du matin à Coquelles, commune qui abrite le départ du tunnel sous la Manche, a expliqué la Direction départementale de la Sécurité publique (DDSP) du Pas-de-Calais.
Dans une trappe à l’intérieur du van, les policiers ont découvert des pains de cocaïne. Le conducteur, «qui serait de nationalité italienne», a été interpellé.
Les agents de la police nationale espagnole ont interpellé fin février dernier à Malaga, un Marocain de 61 ans qui faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international délivré par les autorités judiciaires de Belgique trafic de drogues.