
C’est par la base que Jean-Philippe Vicentini veut s’attaquer au trafic de stupéfiants. Dans le viseur du procureur de la République, les consommateurs toujours plus nombreux.
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Une fois de plus, ce lundi 18 janvier, lors de l’audience solennelle du tribunal de Beauvais, vous allez parler de la lutte contre les trafics de stupéfiants. Pourquoi ?
C’est la problématique numéro un du ressort judiciaire. Les chiffres sont alarmants sur la ville de Beauvais. Actuellement dix points de vente sont en activité. L’héroïne se vend en continu. Leur chiffre d’affaires mensuel approche les 800 000 euros. Les consommateurs, qui sont de plus en plus nombreux, à venir de plus loin, des départements limitrophes de l’Eure, mais également de Seine-Saint-Denis nous le disent : « Beauvais est bientôt plus connue pour son héroïne que pour sa cathédrale. »
C’était déjà votre objectif il y a cinq ans lors de votre arrivée. Quels nouveaux moyens faut-il mettre en œuvre ?
Nous allons mettre en place une nouvelle politique à destination des usagers pour les détourner de leur consommation de stupéfiants. On n’a pas de problème pour les identifier, ils sont très nombreux, et leur numéro de portable apparaît dans les enquêtes. Certaines procédures ont révélé qu’ils étaient harcelés jour et nuit pour la vente de drogue. Comment voulez-vous décrocher dans ces conditions ? Un grand nombre a suivi déjà un parcours de soins. Mais ils ne sont même pas contrôlés à la fin et sont même étonnés de ne pas l’être. Ils peuvent dire ce qu’ils veulent, il n’y a même pas de prise de sang. Cette dépendance crée d’autres formes de délinquance.
En quoi votre politique va-t-elle « tuer » les trafics ?
L’idée est de les prendre en charge dans le cadre de l’alternative aux poursuites judiciaires. On les convoque, ils nous confient leur carte à puces. Chacun est reçu par un magistrat du parquet, le délégué du procureur de la République et une coordinatrice chargée de leur suivi. Au préalable, l’Adars (ndlr : Association départementale d’accueil et de réinsertion sociale) réalise une enquête de personnalité à leur sujet. On leur propose un contrat d’objectif sur leur personne, pas uniquement concentré sur les soins, mais plus globalement sur leurs problèmes. Chaque mois, le consommateur de stupéfiants doit répondre au même entretien. La mesure pourra durer entre six et neuf mois, pendant lesquels ils devront se soumettre à des tests biologiques.
Pourquoi ne pas aller au-delà des neuf mois ? Certains seraient tentés de retomber dans la dépendance…
Le cadre juridique ne le permet pas. C’est difficile de demander aux juges de Beauvais, compte tenu des effectifs actuels, de se concentrer sur une juridiction drogue. Nous allons donc faire un parquet drogue qui n’existe nulle part ailleurs. Douze consommateurs ont déjà été reçus en décembre. Nous les revoyons le 22 janvier, ainsi que quinze nouvelles personnes. Ceux qui ne répondent pas aux rendez-vous et au contrat d’objectif seront poursuivis. On retrouve plusieurs profils, notamment des individus aux revenus non négligeables qui mettent en difficulté financière leur famille et leurs enfants à cause de leur consommation.
Comment les premiers consommateurs suivis ont-ils accueilli votre proposition ? N’ont-ils pas peur que vous les entendiez pour avoir des informations ?
Ils étaient persuadés qu’on allait poser des questions sur les trafics. On a tellement d’informations qu’on a déjà du mal à les traiter. Cette politique vise à réduire à les sortir du circuit, à mettre fin aussi à la délinquance connexe de ceux qui sont prêts tout pour financer leur drogue.
Vous interpellez aussi les élus. N’êtes-vous pas suffisamment écouté ?
Je ne fais pas de politique, mais certains réfléchissent à des mesures, comme le dépistage du cannabis au lycée. Le problème, ce sont souvent les moyens, sans mettre en cause policiers et gendarmes.
Parvenez-vous à faire le lien avec d’autres formes de trafic ?
Quand on lutte contre les stupéfiants, on se bat contre d’autres formes de délinquance, contre des cambriolages. Certains revendent des objets pour se payer leurs doses. C’était le cas dans le réseau qui revendait cocaïne, héroïne et cannabis sur la place des Maréchaux. Jusqu’à présent, Beauvais était épargné par les armes. Mais désormais, on en trouve. Dernièrement, elles ont même été utilisées pour régler des rivalités. Des coups de feu ont déjà été tirés.
PROPOS RECUEILLIS PAR MÉLANIE CARNOT
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Publié le Lundi 14 Déc. 2015
Publié le 08/12/2015 


Ce séminaire s’inscrit dans un contexte particulièrement dense. En effet, la lutte contre les trafics de stupéfiants en haute mer présente un
caractère éminemment international nécessitant une coopération forte de l’ensemble des Etats concernés, aux premiers rangs desquels figurent l’Espagne et l’Italie dans la zone Méditerranée. Par ailleurs, la lutte contre le trafic de stupéfiants a connu une activité particulièrement intense depuis 2013 (arraisonnements du navire ADAM, du LUNA-S et du STINA en 2013, notamment). Enfin, l’immigration irrégulière par voie maritime a pris une dimension humaine et juridique particulière en Méditerranée, appelant une réponse adaptée.
Ce séminaire consacré à la lutte contre le trafic en haute mer a réuni, mercredi 25 novembre, les autorités françaises intervenant dans le dispositif interministériel de l’action de l’État en mer : autorités judiciaires (procureurs généraux et procureurs de la République des ressorts concernés, magistrats du siège et du parquet des JIRS qui traitent ce contentieux) et services spécialisés français de l’action de l’État en mer : secrétariat général de la Mer, Marine nationale, Douanes, services de police et ministère des affaires étrangères et du développement international.
Jeudi 26 novembre, les participants français ont été rejoints par leurs homologues espagnols et italiens. Ils ont pu évoquer avec eux les évolutions récentes des trafics de stupéfiants en haute mer, préciser les dispositifs de chaque pays en la matière et échanger sur les stratégies communes à mettre en place pour intensifier les échanges et mieux lutter contre cette criminalité organisée.