SEYCHELLES: les autorités seychelloises interceptent un bateau iranien avec la plus grosse cargaison de drogue saisie dans le pays.

La drogue a été découverte dissimulée dans plusieurs sections du bateau (NDEA) Photo License: CC-BY

(Seychelles News Agency) – Les autorités seychelloises ont escorté ce matin un navire de pêche iranien au Port de Victoria suivant la découverte de la plus grosse cargaison de drogue dans les eaux des Seychelles, archipel de l’Océan Indien.

« Des coups de feu ont été tirés pour forcer le bateau à arrêter », ont indiqué des responsables.

« Le navire a été appréhendé samedi par les responsables de la Garde côtière des Seychelles et de la Brigade de lutte contre le trafic de drogue suite à une opération conjointe qui a commencé vendredi », selon les autorités.

« La drogue a été découverte dissimulée dans plusieurs sections du bateau », a dit à la SNA dimanche le directeur adjoint de la NDEA Liam Quinn

« L’estimation initiale par les agents à bord était d’environ 150 kilogrammes. Nous avons pesé et jusqu’à maintenant nous avons 98,5 kg « , a déclaré Quinn.

« La quantité de ces drogues fait qu’il s’agit de la plus grosse saisie aux Seychelles » a confirmé Quinn. La drogue doit cependant être analysée.

« Nous pensons qu’il y a plusieurs produits, mais ce sont des substances à base d’opiacés », a déclaré Quinn, ajoutant qu’il semble y avoir trois types différents de drogue, y compris de l’héroïne.

Les autorités seychelloises sont en train d’interroger les 11 membres d’équipage, qui sont tous des ressortissants iraniens.

Selon un communiqué de la NDEA publié dimanche, l’opération pour récupérer le navire et son équipage a duré plus de 36 heures.

Quinn a dit à la SNA que le bateau avait été observé pendant plusieurs heures avant d’être intercepté au moment où elle prenait la direction de Mahé, l’île principale des Seychelles.

Liam Quinn a confirmé que le navire a été appréhendé au large de l’île Bird, qui se situe à environ 100 km, au nord de Mahé.

Le NDEA est intervenu sur des renseignements obtenus dans le cadre de la collaboration avec d’autres partenaires régionaux »

Selon l’office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), les trafiquants utilisent les boutres à voile de la côte Makran entre l’Iran et le Pakistan pour le transport de drogues destinées à la cote d’Afrique orientale.

Quinn a dit que les renseignements recueillis montrent que cette cargaison de drogue était « destinée pour la Tanzanie. »

«Peut-être qu’il avait une partie de la cargaison qui était destiné aux Seychelles, « a ajouté Quinn.

Les 11 membres d’équipage iraniens impliqués dans cette affaire devraient comparaître devant les tribunaux lundi.

http://m.seychellesnewsagency.com//articles/4999/

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(Seychelles News Agency) – Seychelles officials on Sunday escorted an Iranian fishing vessel to Port Victoria that the authorities said had been transporting what may be the largest consignment of drugs ever seized in Seychelles’ territorial waters.

Shots were fired in order to force the boat to stop, officials said. No fish were found on board.

The vessel was apprehended on Saturday by officials of the Seychelles Coast Guard and National Drugs Enforcement Agency following a joint operation which started on Friday, authorities said.

read: http://m.seychellesnewsagency.com/view_news.php?id=4998

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DOUANE FRANÇAISE (BSI de Cambrai): douze kilos d’héroïne saisis et …deux jeunes hommes écroués – 23/04/2016

douanesDeux Loir-et-Chériens ont été interpellés de retour de Belgique avec douze kilos de drogue dure dans leur véhicule. Ils ont été placés en détention.

Douze kilos d’héroïne et un kilo de produit de coupe. Le chiffre est extrêmement important pour le Loir-et-Cher. Si bien que la question de l’écoulement de cette drogue dure se pose. Le marché loir-et-chérien ne serait vraisemblablement pas le seul destinataire de cette héroïne. Selon la qualité du produit, que les expertises vont déterminer, la marchandise est estimée au bas mot à 200.000 €, mais ce chiffre pourrait grimper à quelque 400.000 euros.

Ces douze kilos d’héroïne ont été saisis mercredi par les douaniers de Cambrai à bord d’un véhicule qui circulait en provenance de Belgique sur l’autoroute A 2, à hauteur de Hordain, dans le Nord.

La drogue était conditionnée par pain d’un kilo et était dissimulée dans la voiture, dans laquelle se trouvaient deux personnes. Le passager et le conducteur sont deux jeunes Loir-et-Chériens. Le chauffeur est âgé de 22 ans et réside à Saint-Aignan. Il n’a pas d’antécédents judiciaires. Le passager, du même âge, avait un point de chute à Mer, et est connu de la justice pour un fait mineur.
Les deux jeunes hommes sont partis du Loir-et-Cher pour se rendre à Bruxelles. L’un d’eux a déclaré qu’il y était allé pour rencontrer des prostitués et n’être au courant de rien. Le second a justifié de la même raison ce voyage en Belgique, tout en concédant qu’il devait également récupérer de la drogue pour une tierce personne, dont il tait le nom.
Une information judiciaire a été ouverte et devrait permettre d’établir le rôle exact de chacun des deux protagonistes, leur place dans le réseau, et éventuellement d’identifier d’autres personnes impliquées dans ce trafic d’héroïne. L’enquête a été confiée à la police judiciaire de Tours.
Les deux jeunes hommes ont été déférés au palais de justice de Blois hier. La vice-procureure, Alexandra Pethieu, a requis leur placement en détention provisoire lors de la présentation des deux jeunes hommes devant le juge des libertés et de la détention. Les réquisitions du ministère public ont été suivies. Les deux hommes ont été incarcérés.

Florence Vergne

http://www.lanouvellerepublique.fr/Loir-et-Cher/Actualite/Faits-divers-justice/n/Contenus/Articles/2016/04/23/Douze-kilos-d-heroine-saisis-deux-jeunes-hommes-ecroues-2693804

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FRANCE: meurtres, drogue, clientélisme… Le « roman vrai » de Marseille

Meurtres, drogue, clientelisme; Le roman vrai de MarseilleA Marseille, 80% des règlements de compte sont liés au trafic de drogue (CAVALLERA/SIPA)

Marie-France Etchegoin, auteure de « Marseille, le roman vrai », a enquêté sur les bas-fonds d’une ville gangrénée par les trafics.

Interview.

Publié le 22 avril 2016

Marie-France Etchegoin est journaliste, ancien grand reporter à « l’Obs ». Son livre « Marseille, le roman vrai », vient de paraître aux éditions Stock.

Les raccourcis sont nombreux mais les chiffres parlent d’eux-mêmes. Marseille a connu 11 règlements de compte depuis le début de l’année. Tous sont liés à la drogue. Quelle est l’emprise du trafic sur la ville ?  

L’emprise la plus visible se calcule d’abord au nombre de morts. Banalisés à force d’être répétitifs. Pour 2016, on en est à 11. Mais en moins de dix ans, on en compte plus de cents ! A tel point qu’une note confidentielle du ministère de l’Intérieur parle de « narco-banditisme« . Comme à Naples ou à Bogota.

L’emprise est aussi économique. A la Castellane, la cité de Zidane, devenue « supermarché de la drogue », un seul plan stup peut générer 60.000 euros de chiffres d’affaires par jour, 23 millions d’euros par an. Le marché est tellement juteux que le milieu dit « traditionnel », ou « corso marseillais », commence à nouer des alliances avec les trafiquants des cités.

L’emprise est aussi sociale. Des générations de gamins vivent avec l’idée qu’aucune autre activité n’est possible quand on est un jeune promis au chômage. Et que cette activité est un commerce comme un autre. Les chefs de réseau se prennent pour des chefs d’entreprise. Ils demandent à leurs petites mains d’être polis avec les habitants. « Ils sont gentils, ils nous aident à monter les courses ». Combien de fois je ne l’ai pas entendu.

Les dealers ont remplacé les concierges ?

Rien de la vie de la cité ne leur échappe. Par exemple, ils guettent dans les boîtes à lettres des immeubles, les courriers des huissiers pour repérer les familles les plus endettées. Ils en font des « nourrices » qui stockent de la drogue chez eux.

C’est une cohabitation forcée. Et parfois aussi acceptée. J’ai assisté à des réunions de mères qui avaient perdu…………………..

LIRE sur:http://m.nouvelobs.com/societe/20160421.OBS8963/meurtres-drogue-clientelisme-le-roman-vrai-de-marseille.html#

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FRANÇA: Cabo-verdiano e holandês detidos com 12 kg de heroína

Um cabo-verdiano foi preso na posse de 12 quilos de heroínas num posto de controle em Virsac, na França. O indivíduo, que estava acompanhado de um holandês – ambos aparentam ter 40 anos -, viajou da Holanda em direcção a Portugal. Os homens foram detidos pelo esquadrão anti-drogas da Direcção Inter-Regional de Polícia Judiciária. Presentes ao tribunal, foi-lhes decretado a prisão preventiva.

França: Cabo-verdiano e holandês detidos com 12 kg de heroína

Os dois homens (um cabo-verdiano e um holandês) conduziam um “Ford Fiest Sedan” registado em Portugal. Foram presos na quarta-feira, 13, num posto de controlo em Visrsac, no percurso de sul para o norte na A 10.

O condutor da viatura foi convidado pelos polícias a desligar o motor. Fizeram uma vistoria de fundo na viatura, com “auxílio” de um meio altamente sofisticado e indispensável para este tipo de averiguações: um endoscópio que identifica e mede os espaços em branco num veículo.

Encontraram nas portas traseiras do carro cerca de 12 quilos de heroína, acondicionados em embalagens seladas, com 500 gramas cada. A droga estava escondidas nas cavidades por trás do plástico.

Os dois homens foram detidos pelo esquadrão anti-drogas da Direcção Inter-Regional de Polícia Judiciária. Presentes ao tribunal, foram mandados para prisão preventiva.

Entretanto foi aberto um inquérito judicial sobre importação e posse de narcóticos. Ao que tudo indica, os dois homens tinham deixado a Holanda em direcção a Portugal. A investigação prossegue.

Com / sudouest.fr

http://asemana.publ.cv/spip.php?article117859&ak=1

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FRANCE (Laon): pris par les gendarmes en flagrant délit d’importation de drogue le 17 avril.

02000 Laon : carteUn trafic de drogue démantelé dans le Laonnois

P.M.

Plus de 2,5 kg d’héroïne et 100 grammes de cocaïne auraient été importés par des Laonnois depuis août, selon les gendarmes, pour une valeur globale de 28 000 euros.

LIRE sur: http://www.lunion.fr/707247/article/2016-04-19/un-trafic-de-drogue-demantele-dans-le-laonnois

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DOUANE FRANÇAISE (Péage de Virsac): l’héroïne était cachée dans les portières de voiture

Archives Laurent Theillet
Deux automobilistes ont été écroués samedi. Ils transportaient 12 kilos de drogue.

Mercredi dernier, péage de Virsac dans le sens nord sud sur l’A 10. Le légendaire flair des douaniers combiné aux dernières technologies. Le conducteur d’une berline immatriculée au Portugal qui transporte un autre passager est prié de couper le contact. Il n’a rien à déclarer mais les douaniers veulent tout de même vérifier.

Ils passent le véhicule au peigne fin et utilisent des moyens devenus indispensables depuis plusieurs années. Un endoscope, une microcaméra perchée au bout d’un câble et un densimètre permettant de repérer et mesurer les espaces vides sur un véhicule….

LIRE:http://www.sudouest.fr/2016/04/19/l-heroine-etait-cachee-dans-les-portieres-2334682-3222.php

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DEA (Heroin Packaging Operation Dismantled in Inwood): Over $5 Million in Heroin Seized, 10 Arrests

Seized heroin, drug paraphernalia and equipment used at the heroin mill to process and package heroin.
Seized heroin, drug paraphernalia and equipment used at the heroin mill to process and package heroin.

APR 15 (NEW YORK) – James J. Hunt, Special Agent in Charge of the U.S. Drug Enforcement Administration’s (DEA) New York Division, Bridget G. Brennan, New York City’s Special Narcotics Prosecutor, New York City Police Commissioner William J. Bratton, and Chief Security Officer Thomas Belfiore and Superintendent of Police Michael Fedorko, both of Port Authority of New York & New Jersey, announced the arrests of 10 members of a major drug trafficking operation in the Inwood section of Manhattan. Approximately 10 kilograms of heroin (22 lbs.), including five kilograms of powdered heroin and 150,000 individual dose glassine envelopes were seized in a court authorized search of an apartment at 10 Park Terrace East, Apt. 4D.

As a result of a short-term investigation spearheaded by the Special Narcotics Prosecutor’s Investigators Unit and Heroin Interdiction Team (HIT), with assistance from the New York City Police Department’s (NYPD) 50th Precinct, the DEA’s Long Island Division Office Task Force and the Port Authority Police, 10 heroin mill workers were arrested at approximately 7:40 p.m. yesterday. Investigators identified the location through intelligence and surveillance, and observed members of the drug ring entering and exiting the building.

Agents, Investigators and Officer dismantled active heroin mill in New York City. Examples of stamps used by the Organization to brand glassines.
Agents, Investigators and Officer dismantled active heroin mill in New  York City. Examples of stamps used by the Organization to brand glassines.

The residential building, 10 Park Terrace East, overlooks the tranquil Bruce Reynolds Garden in Isham Park. The garden is named for a Port Authority Police officer who grew up in the neighborhood and died during the 9/11 terrorist attacks. The investigation revealed that the drug operation began renting a three-bedroom apartment on the fourth floor, Apt. 4D, in July 2015 for approximately $3,700 per month.

When the team of approximately 30 investigators, agents and detectives arrived to conduct the court authorized search yesterday evening, they interrupted the heroin packaging operation in full swing. Mill workers were engaged in processing the heroin and filling tiny bags for retail distribution, with approximately 150,000 glassine envelopes already filled. These were packed into a suitcase and also piled in mounds on a tabletop. Each bag sells for up to $10 in New York City.

More than a dozen coffee grinders, which are used to mix heroin with diluting agents, were in use. The air was thick with heroin and a powdered layer coated the wall moldings and other surfaces in the apartment. Also present were bags of packaging material, scales, face masks, gloves and other equipment, as well as business records compiled by the drug ring.

Windows were covered by towels and approximately five window air conditioner units were in use, a hallmark of heroin mills. The apartment was wired with counter-surveillance equipment, including cameras focused on the street in front of the building and the buildings entrance.

The operation employed hundreds of stamps in branding the glassine envelopes. Some of the brand names used were “$INCOME TAX,” “FENDI,” “PAINKILLER,” “BATMAN” and “SUPERMAN.” At least one brand was identified as having been sold recently on Long Island.

Three criminal complaints filed by the Special Narcotics Prosecutor’s Heroin Interdiction Team (HIT) charge the defendants with Criminal Possession of a Controlled Substance in the First and Third Degrees and Criminally Using Drug Paraphernalia in the Second Degree. Arraignments are expected later today in Manhattan Criminal Court, 100 Centre Street.

Special Narcotics Prosecutor Bridget G. Brennan thanked SNP’s Investigators Unit and Heroin Interdiction Team (HIT), the NYPD, the Port Authority Police Department and the DEA’s Long Island District Office Task Force. The Task Force is comprised of agents and officers from the DEA, Nassau County District Attorney’s Office, Suffolk County District Attorney’s Office, Suffolk County Police Department, the Suffolk County Sheriff’s Office and Hempstead Police Department.

DEFENDANTS CHARGES
Manuel Rivera
Bronx, NY
8/20/1986
CPCS 1st  – 1 ct
CPCS 3rd – 1 ct
Criminally Using Drug Paraphernalia 2nd – 2 cts
Jose Brito
NY, NY
7/26/1965
CPCS 1st  – 1 ct
CPCS 3rd – 1 ct
Criminally Using Drug Paraphernalia 2nd – 2 cts
Freddy Rivera
NY, NY
1/20/1981
CPCS 1st  – 1 ct
CPCS 3rd – 1 ct
Criminally Using Drug Paraphernalia 2nd – 2 cts
George Rivera Rivera
NY,NY
1/9/1987
CPCS 1st  – 1 ct
CPCS 3rd – 1 ct
Criminally Using Drug Paraphernalia 2nd – 2 cts
Carlos Rivera
Bronx, NY
9/1/1983
CPCS 1st  – 1 ct
CPCS 3rd – 1 ct
Criminally Using Drug Paraphernalia 2nd – 2 cts
Steve Mendoza
NY, NY
2/26/1993
CPCS 1st  – 1 ct
CPCS 3rd – 1 ct
Criminally Using Drug Paraphernalia 2nd – 2 cts
Cortorreal Rivera
NY, NY
8/4/1991
CPCS 1st  – 1 ct
CPCS 3rd – 1 ct
Criminally Using Drug Paraphernalia 2nd – 2 cts
Christopher Ortiz-Ocasta
Philadelphia, PA
2/15/1979
CPCS 1st  – 1 ct
CPCS 3rd – 1 ct
Criminally Using Drug Paraphernalia 2nd – 2 cts
Gittel Pichardo
NY, NY
4/17/1984
CPCS 1st  – 1 ct
CPCS 3rd – 1 ct
Criminally Using Drug Paraphernalia 2nd – 2 cts
Male
Bronx, NY
9/9/1998
CPCS 1st  – 1 ct
CPCS 3rd – 1 ct
Criminally Using Drug Paraphernalia 2nd – 2 cts

The charges and allegations are merely accusations and the defendants are presumed innocent until proven guilty.

http://www.dea.gov/divisions/nyc/2016/nyc041516.shtml

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USA (New York): diez dominicanos detenidos por la DEA en el Alto Manhattan con heroína valorada en US$5MM

DEANUEVA YORK._ Parte de la heroína confiscada a diez dominicanos en un apartamento del Alto Manhattan el viernes por la DEA y otras agencias de la ley.

Diez dominicanos sospechosos de integrar una poderosa banda de tráfico de heroína, fueron detenidos por agentes de la DEA, la policía local y oficiales de otras agencias de la ley, en un apartamento del edificio 10 en la calle Terrace Park en  el sector Inwood del Alto Manhattan, confiscándoseles droga valorada en $5 millones de dólares en el mercado callejero.

Los federales, dijeron que también desmantelaron un gran laboratorio en el que los presuntos narcos criollos, procesaban la heroína desde donde la distribuían a  los microtraficantes de las calles.

Ocho de los sospechosos, son identificados como Gaspar Mendoza Sánchez, Manuel Rivera, José Brito, Freddy Rivera , Steve Mendoza Cortorreal Rivera , Christopher Ortiz Acosta y Gissel Pichardo.

Mendoza Sánchez es sindicado por la DEA como el supuesto cabecilla del grupo.

Un comunicado de la oficina de la DEA y la Fiscal Especial Anti Narcóticos, Bridge G. Brennan, explica que unos 30 agentes allanaron el área en busca de la droga y los sospechosos, luego de montar una investigación  que dio al traste con los objetivos.

La fiscal reveló que en total, se incautaron 10 kilogramos de heroína (22 libras), entre esa cantidad heroína en polvo y $150.000 sobres de papel cristal, en el apartamento 4-D del referido edificio.

La investigación reveló que los presuntos narcos dominicanos, alquilaron un apartamento de tres dormitorios en el cuarto piso en julio de 2015 pagando aproximadamente $3.700 al mes.

Cuando el equipo de aproximadamente 30 investigadores, agentes y detectives llegó para llevar a cabo la búsqueda autorizada el viernes por la tarde, interrumpieron el envasado de la heroína en plena marcha. Numerosos miembros de la banda, que laboraban en el laboratorio, estaban laborando en el procesamiento de la heroína y llenaban diminutas bolsas para la distribución al por menor, con aproximadamente 150.000 sobres de papel cristal llenos.

“Los sobres fueron empaquetados en una maleta y también apilados en montones sobre una mesa. Cada bolsa se vende por hasta $ 10 en la ciudad de Nueva York”, añade la fiscalía.

Más de una docena de molinillos de café (pilones), que se utilizan para mezclar heroína con agentes de dilución, estaban en uso.

“El aire estaba cargado de peste a heroína y una capa de polvo revestía las paredes con molduras y otras superficies en el apartamento. También había bolsas de material de embalaje, escalas, mascarillas, guantes y otros equipos, así como los registros de negocios recopilados por la red de drogas”, expone el comunicado.

“Las ventanas estaban cubiertas por toallas y aproximadamente cinco unidades de aire acondicionado de ventana estaban en uso, un sello distintivo de las fábricas de heroína. El apartamento estaba conectado con el equipo de contra vigilancia, incluidas cámaras enfocadas en la calle en frente del edificio y la entrada de los edificios”, relata el parte oficial.

“La operación emplea centenares de sellos de la marca de los sobres de papel cristal. Algunas de las marcas utilizadas eran « INCOME TAX », « Fendi », « PAINKILLER », « Batman » y « Superman. » Por lo menos una marca fue identificada porque había sido vendida recientemente en Long Island.

Tres cargos presentados por el Equipo de Prohibición heroína de la Fiscal Especial Anti Narcóticos (HIT) acusan a los sospechosos de posesión criminal de una sustancia controlada en primer y tercer grados, delitos graves y uso de parafernalia de drogas en segundo grado.

Los diez sospechosos, fueron acusados formalmente en la Corte Criminal de Manhattan el sábado.

Por Miguel Cruz Tejada

http://www.elnuevodiario.com.do/app/article.aspx?id=474299

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EUROPE (Grande opération anti-drogue): 18 arrestations dans le Benelux et en France – sudinfo.be

De jeudi à dimanche avait lieu une grande opération internationale contre le trafic de moyens stupéfiants et le tourisme de la drogue. Sur plus de 900 personnes contrôlées, 123 étaient en possession de drogue.

Photonews

Dix-huit personnes ont été arrêtées en France et dans les pays du Benelux entre jeudi et dimanche lors d’une opération internationale commune contre le trafic de moyens stupéfiants et le tourisme de la drogue organisée par les différents services de police et de douane, indique lundi la police fédérale belge. Sur 989 personnes contrôles, 123 étaient en possession de drogue, 18 ont été arrêtées et quatre véhicules ont été saisis (sur 1.385 passés au crible). Au total, 302 policiers belges ont participé à cette opération.

LIRE:http://www.sudinfo.be/1552368/article/2016-04-18/grande-operation-anti-drogue-18-arrestations-dans-le-benelux-et-en-france

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ITALIA (Torino): la droga dalla Spagna viaggia in pullman e Torino è uno scalo obbligato – Repubblica.it

Al Terminal della droga ancora un arresto per traffico di stupefacenti

I finanzieri intercettano un carico di cocaina di ottima qualità

Un altro carico di droga intercettato dalla Guardia di Finanza di Torino tra in passeggeri degli autobus delle linee internazionali che fanno tappa al terminal di corso Vittorio Emanuele. Questa volta i finanzieri dei Baschi Verdi hanno scoperto, grazie al fiuto dei cani antidroga, un carico di tutto rispetto: quattro panetti, contenenti complessivamente 1,5 chili di cocaina di ottima qualità. Il corriere, un uomo di nazionalità guineana proveniente dalla Spagna, aveva nascosto il carico all’interno della fodera del giubbotto: C.M., di 51 anni, proveniente da Barcellona e diretto a Bergamo è stato arrestato con l’accusa di traffico internazionale di sostanze stupefacenti.

Droga negli autobus verso Spagna e Romania

Nella stessa occasione, su un pullman proveniente da Valencia e diretto a Brasov (in Romania), i finanzieri hanno trovati in tre pacchetti di caffè 650 grammi di marijuana, ma in questo caso non è stato possibile individuare con certezza il corriere.

Così s i intensifica l’intervento dei finanzieri del Gruppo Torino, presso il Terminal degli autobus di corso Vittorio Emanuele, di fronte al tribunale, punto di arrivo di numerosi pullman che collegano vari paesi europei.

http://www.lastampa.it/2016/04/18/cronaca/al-terminal-della-droga-ancora-un-arresto-per-traffico-di-stupefacenti-YUKdHYx1vXp3ORtDLjctKL/pagina.htmlbus

 

http://torino.repubblica.it/cronaca/2016/04/18/news/la_droga_dalla_spagna_viaggia_in_pullman_e_torino_e_uno_scalo_obbligato-137872758/

 

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FRANCE: quant à l’économie clandestine par Alain Bauer

Alain Bauer Professeur de criminologie au conservatoire national des arts et métiers

Alain Bauer Professeur de criminologie au conservatoire national des arts et métiers

«L’économie clandestine s’adaptera»

Le trafic de drogue, et notamment de cannabis, est-il la première activité économique des cités françaises ?

Ça dépend comment on le regarde. Ça se joue entre le trafic de stups et le cybercrime. Le trafic de stups fait un gros chiffre d’affaires, mais la marge est faible. Il y a une seule catégorie de stupéfiant qui produit une grosse marge, c’est la Sinsemilia*, c’est le produit le plus concentré, quasiment une drogue dure. Contrairement à une idée répandue, on pense que le cannabis est une drogue douce, mais le taux de concentration en THC est très différent de ce qu’il était il y a 40 ans, il a quasiment décuplé.

L’État peut-il encore, aujourd’hui, reprendre la main dans les cités ou est-ce trop tard ?

Personne n’a jamais pris la main. Le trafic, qu’il soit d’alcool, de cannabis ou d’autre chose, a toujours existé. La question c’est quel est le niveau de pression qu’une société est prête à tolérer par rapport à ses addictions. Le rejet de la règle, le défi de l’interdit, existe depuis qu’on a le concept du tabou. On a sur le cannabis une position totalement contradictoire avec celle qu’on a sur le tabac et l’alcool. Ces deux produits légaux sont de plus en plus réprimés au nom de la santé publique, mais le cannabis pas, où on est dans la logique de dépénalisation et libéralisation. Le problème c’est que notre loi de 1970 mélange allègrement les consommateurs, les dealers et les criminels.

Une légalisation du cannabis mettrait-elle un sérieux coup d’arrêt à l’économie souterraine ?

En fait elle la transformerait. Ce qu’on voit, c’est qu’après une phase de libéralisation, il se produit deux mouvements. D’abord l’économie clandestine blanchit et prend le contrôle de l’économie légale – par exemple à la fin de la prohibition la pègre a pris le contrôle des bars et du réseau de distribution de l’alcool –, mais on voit aussi le transfert vers des produits qui resteront, eux, illégaux : la cocaïne, le crack, les drogues chimiques… Le problème c’est que ces questions sont traitées comme s’il s’agissait de problèmes séparés, alors que tout est lié.

Mais quelles seraient les conséquences en termes de sécurité ? Les trafics n’assurent-ils pas une certaine paix sociale dans les banlieues ?

Le trafic, c’est de la délinquance. La liquidation par kalachnikov, que ce soit à Marseille ou à Toulouse, ne fait pas partie de la paix civile. Je pense qu’il y aurait une redistribution du marché. Le crime a quelque chose de très évolutif. Ça modifiera les modes d’organisation du crime, notamment dans la qualité des produits, la diversité. Il y aura simplement une mutation du marché, comme ils l’ont fait depuis la prohibition de l’alcool en 1920. Tout le monde avait dit que la mafia italienne allait disparaître, mais non, elle est toujours là.

Le chiffre qui parle : la conso de drogue en Europe

L’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT), avec Europol, ont publié la semaine dernière le rapport 2016 sur l’impact du marché des drogues sur la société en Europe. Parmi la grande bouffée d’informations du document, on y apprend que les citoyens de l’UE dépensent chaque année plus de 24 milliards d’euros dans les drogues illicites.

Les Européens sont des cracks en matière de drogues. Le rapport de l’OEDT, présenté mardi 5 avril à Bruxelles, contient une nébuleuse d’informations sur le marché des drogues en Europe. Mais parmi la grande bouffée des chiffres et des statistiques, une seule retient l’attention : les citoyens de l’UE dépensent chaque année plus de 24 milliards d’euros en drogues illicites.

Un chiffre hallucinant qui prouve, selon les auteurs de l’étude, que les marchés des drogues illicites restent « l’une des principales menaces pour la sécurité de l’Union européenne ». Ces 24 milliards représentent évidemment bien plus que la consommation personnelle des résidents de l’Union, tout comme ils vont bien au-delà des deals négociés dans les cages d’escalier. L’OEDT, qui a travaillé avec le soutien d’Europol, souligne bien que le marché s’articule à d’autres formes de criminalité et au terrorisme. Le rapport indique notamment que des jeunes récemment radicalisés ont souvent un passé de petit délinquant. La consommation et la vente de drogues les amèneraient à intégrer par la suite des réseaux criminels ou terroristes.

En 2013, le marché du cannabis représenterait environ 38% du total des marchés, devant celui de l’héroïne (28%), de la cocaïne (24%), des amphétamines (8%) e de l’ecstasy (3%). Très loin devant les autres, le cannabis est consommé quotidiennement par 1% des adultes européens. Si l’on tire sur la mèche statistique, 22 millions d’Européens en auraient pris au cours de l’année écoulée.

http://www.cafebabel.fr/le-chiffre-qui-parle/article/le-chiffre-qui-parle-la-conso-de-drogue-en-europe.html

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EU: identifican a un nuevo cártel mexicano de tráfico de heroína

El Departamento del Tesoro informó que desde 2008 el Cártel de los Laredo está relacionado con la manufactura, importación y distribución de heroína de México hacia EU, así como de lavado de dinero.

EU identifica a un nuevo cártel mexicano de tráfico de heroína: Los Laredo
Los hermanos Job, Ismael y Rubén Laredo Donjuan son los líderes del Cártel de los Laredo. Departamento del Tesoro de EU.
El Departamento del Tesoro de EU informó sobre la operación de un nuevo cártel dedicado al tráfico de heroína hacia territorio estadounidense.

En un comunicado la Oficina de Control de Bienes Extranjeros (OFAC por sus siglas en inglés) detalló que los hermanos Job, Ismael y Rubén Laredo Donjuan son los líderes del Cártel de los Laredo.El Departamento del Tesoro indicó que además de los tres hermanos, incluyó en su lista negra a cinco mexicanos más por realizar actividades criminales a favor de este nuevo grupo delicitivo.

Por lo que todos sus bienes que tengan en EU quedarán congelados, además de que tanto ciudadanos como empresas estadounidenses tienen prohibido realizar negocios con ellos, según según la lista de Ley de Designación de Cabecillas Extranjeros del Narcotráfico (Kingpin Act).

“El Cártel de los Laredo es responsable de contribuir con la epidemia y el creciente problema del abuso de heroína en este país”, dijo John E. Smith, director de la OFAC.

Según el Departamento del Tesoro, desde 2008 el Cártel de los Laredo están relacionados con la manufactura, importación y distribución de heroína de México hacia EU, así como de lavado de dinero.

También las esposas de Job e Ismael, Mercedes Barrios Hernández y Daniela Gómez Velázquez, respectivamente, fueron identificadas por las autoridades estadounidenses con múltiples cargos de lavado de dinero.

Las autoridades de EU también incluyen a Rubén Laredo Donjuan, Andrés Laredo Estrada, e Ismael Reyna Félix como parte de la organización criminal.

http://www.animalpolitico.com/2016/04/eu-identifica-a-un-nuevo-cartel-de-trafico-de-heroina-los-laredo/

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FRANCE (Provins): un vaste réseau de trafic d’héroïne démantelé

Provins : l’héroïne a rapporté un million d’euros aux trafiquants

Sophie Bordier | Publié le Mercredi 13 Avril 2016

Melun, le 8 avril 2016. Les policiers de la Sûreté départementale ont démantelé un réseau de trafic de stupéfiants basé à Provins. (DR.)

Qui l’eût cru ? La paisible cité médiévale de Provins abritait un vaste réseau de trafic de stupéfiants, offrant héroïne, cocaïne et cannabis ! Un commerce mis au grand jour par les policiers de la Sûreté départementale, dans le cadre d’une enquête commencée en 2014. Depuis deux ans, plus de 150 kg d’héroïne auraient été écoulés pour un bénéfice estimé à un million d’euros. Les trafiquants présumés, qui se ravitaillaient aux Pays-Bas, alimentaient non seulement Provins et sa région, mais également toute la Seine-et-Marne, la Marne, l’Aube, et même le Poitou et les Deux-Sèvres !

Le 7 avril dernier, les enquêteurs ont mis en place un dispositif pour interpeller des vendeurs revenant des Pays-Bas avec de la marchandise. Le piège est efficace. Deux hommes sont interceptés dans une voiture contenant un kilo d’héroïne et 200 g de résine de cannabis. Dans la foulée, six autres suspects sont arrêtés, dont cinq à Provins et un dans l’Aube. Trentenaires, voire quadragénaires, ils résident en grande majorité à Provins ou à Dammarie-les-Lys pour l’un d’eux.

Six des huits suspects ont été écrouésLors des interpellations et des perquisitions attenantes, les enquêteurs ont trouvé 1,67 kg d’héroïne, 680 g de résine de cannabis, 34 g de cocaïne, ainsi que 4 370 € en espèces. Depuis 2014, la bande est soupçonnée d’avoir importé 3 à 4 kg d’héroïne par mois. Un rythme qui s’est accéléré dès la mi 2015 avec 5 à 6 kg d’approvisionnement chaque mois ! A Provins, des lieux de stockage ont été localisés dans le quartier Champbenoist.

Ce vaste coup de filet a été réalisé par une cinquantaine de policiers : effectifs de la Sûreté départementale nord et sud, mais également le GIR, la BRI de Versailles et le SOP de Seine-et-Marne (notamment la brigade anticriminalité de Seine-et-Marne) et les policiers du commissariat de Provins.

Au final, huit personnes ont été mises en examen pour importation, acquisition, détention, transport, offre ou cession de stupéfiants. Six d’entre elles ont été placées en détention provisoire à Fleury-Mérogis (Essonne) et les deux autres ont été mises sous contrôle judiciaire.

http://m.leparisien.fr/provins-77160/provins-un-vaste-reseau-de-trafic-d-heroine-demantele-13-04-2016-5711409.php

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FRANCE (Seine-et-Marne): un important trafic de drogue démantelé à Provins

Neuf hommes ont été interpellés. Ils sont soupçonnés d’avoir participé à un vaste réseau de stupéfiants qui alimentait la Seine-et-Marne mais aussi l’Aube, la Marne, Le Poitou et les deux-Sèvres.

lire:http://www.bfmtv.com/societe/seine-et-marne-un-important-trafic-de-drogue-demantele-a-provins-966523.html

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ITALIE: un Algérien arrêté pour trafic d’héroïne

12/04/2016 09:18:00 M. Oudina

Un Algérien de 26 ans a été arrêté le 9 avril dernier par la police de Maritima Falconara, dans la province d’Ancône, au centre de l’Italie, pour trafic d’héroïne, a indiqué le site d’information italien anconanotizie.it.

L’arrestation a eue lieu après d’innombrables rapports de personnes vivants dans le quartier d’Ancona Ugo Bassi.

Les enquêteurs, infiltrés  parmi les passants, ont arrêtés N. K. en flagrant délit alors qu’il donnait une dose d’environ un demi-gramme d’héroïne à une femme.

La police a saisi deux grammes d’héroïne et près de 1000 Euros et quelques objets de valeur sur  l’homme qui devrait être présenté devant la justice

http://ennaharonline.com/fr/mobile/news/41698.html

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LIRE ou Relire: « Cocaïne, fric et flics »

Cocaïne, fric et flics

L’arrestation ces derniers jours de policiers de la PAF, mis en cause dans un trafic qu’ils sont censés surveiller ; la disparition d’une cinquantaine de kilos de cocaïne dans la salle des scellés de la brigade des stups du quai des Orfèvres, autant d’affaires récentes qui plombent la police. Une seule raison : le fric. En octobre dernier, c’était un ancien chef d’Interpol qui était mis sous les verrous en Équateur, et l’on se souvient des nombreuses arrestations parmi les autorités de l’aéroport de la station balnéaire de Punta Cana, en République Dominicaine, après la découverte de 682 kg de cette drogue dans un Falcon 50 français, en mars 2014.

NarcopsLe trafic de stupéfiants, et notamment celui de la cocaïne, génère de tels bénéfices que tous les intermédiaires s’enrichissent… en une traînée de poudre – du moins s’ils ne vont pas en prison. Quant aux « cocotrafiquants », le fric les rend omnipuissants. Devant ces kilos de drogue qui défilent sous leur nez et qui disparaissent en fumée dans les incinérateurs, certains flics craquent. Ils passent du côté obscur. Même s’ils ne sont que quelques-uns, ils font mal à la corporation. Mais, comme dit le directeur général Jean-Marc Falcone, « la police nationale fait le ménage dans sa propre institution »

Sniff !

En France, d’après l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies, la cocaïne se revend 68 € le gramme, pour une pureté moyenne qui tourne autour de 35 %. Ce qui met le produit pur autour de 200 000 € le kilo alors qu’il est acheté aux cultivateurs l’équivalent de 2 à 3000 €. On imagine les retombées que cela engendre tout au long de la chaîne d’intermédiaires ! Évidemment, les narcotrafiquants sont les premiers à passer à la caisse. Pour la seule cocaïne, leur chiffre d’affaires annuel se situerait dans une Prix des drogues 2013fourchette comprise entre 75 et 100 milliards de dollars (Rapport mondial sur les drogues de 2011). Un chiffre qui est d’ailleurs en baisse sur ces dix dernières années, notamment aux États-Unis, mais qui représente environ le quart du marché de l’ensemble des drogues. Même si l’on tient compte du prix du traitement (20 à 30% du prix d’achat), la marge est impressionnante. Certains analystes estiment que le trafic de drogue dans sa totalité équivaut à 1 % du PIB mondial.

Selon l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (2009), les produits stupéfiants représenteraient environ un cinquième du produit du crime dans le monde et il faudrait un budget de 200 à 250 milliards de dollars pour couvrir les dépenses de santé annuelles liées à la consommation des « drogues illicites ». Je suppose que les drogues licites sont les médicaments !

Les moyens mis en œuvre pour lutter contre ce type de criminalité donnent le tournis. On a l’impression d’un petit monde qui s’agite en vase clos. Pour l’UE, les coûts cachés ou apparents liés aux produits stupéfiants oscilleraient entre 28 et 40 milliards d’euros par an. La cocaïne est la deuxième drogue la plus consommée en Europe.

Quant à la France, elle dépenserait plusieurs milliards d’euros (je ne suis pas sûr qu’il soit tenu une comptabilité), dont une grande partie pour lutter contre l’importation de la « bigornette », comme disait Francis Carco dans La dernière chance, en 1935. En effet, via les Antilles et la Guyane, notre pays est en première ligne.

Ainsi, le mois dernier, près de 30 tonnes de drogue ont été saisies lors d’une opération Interpol menée en Amérique centrale et dans les Caraïbes. En partie de l’héroïne et du cannabis, mais principalement de la cocaïne, pour une valeur estimée à 1,3 milliard de dollars. Cette opération baptisée Lionfish II a été menée conjointement par 39 pays, dont 4 de l’UE : l’Italie, la Belgique, les Pays-Bas et la France. Mais c’est la France qui a financé l’opération (je ne sais pas si l’UE participe). La partie opérationnelle est revenue à l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS) en coordination avec le secrétariat général d’Interpol. « L’opération a également permis de fermer une cinquantaine de laboratoires de fabrication de stupéfiants. La marine nationale colombienne a saisi un semi-submersible qui servait à transporter de la drogue, deux avions légers ont été saisis en Équateur et une vingtaine de pistes d’atterrissage dissimulées dans la forêt ont été détruites par les autorités colombiennes… », peut-on lire sur le site d’Interpol.

Comme on le sait, la cocaïne est cultivée et traitée dans le nord de l’Amérique Latine, essentiellement en Colombie, en Bolivie et au Pérou. Elle suit ensuite trois axes d’exportation « traditionnels », l’un vers les États-Unis et le Canada ; les deux autres vers l’Europe et l’Afrique (on peut se demander si la fin de l’embargo sur Cuba ne changerait pas la donne). L’UE est d’ailleurs fortement « attaquée » par des passeurs qui viennent d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique du Nord.

Observatoire français des drogues et des toxicomanies

Dans la mer des Caraïbes, la « Méditerranée américaine », la lutte contre les trafiquants est menée par les forces armées de différents pays. Pour ce faire, plusieurs accords ont été passés, trop sans doute, au point de ne pas s’y retrouver. Ce qui favorise la suprématie américaine. En 2008, un accord a été signé entre le commandant supérieur (COMSUP) de Fort-de-France et le commandant régional américain. Nom de code : Narcops. Et en novembre 2011, une première opération conjointe d’envergure pour lutter contre le trafic à destination de l’Europe et de l’Afrique du Nord a été mise sur pied.

La France dispose en permanence de deux bâtiments de guerre qui patrouillent le secteur avec chacun un hélicoptère embarqué. Parfois, un sous-marin nucléaire pointe son nez. En cas d’intervention sur un go fast, un tireur d’élite prend position pour neutraliser les moteurs. Puis il reste en appui pour protéger l’équipe d’intervention. En cas de nécessité, l’ordre d’ouvrir le feu doit venir de Matignon, via le Secrétariat général à la mer, qui assure la coordination interministérielle des actions de l’État en mer. Il faut dire que dans ce type d’opération, plusieurs ministères sont concernés : Défense, Intérieur, Justice, Finances et Santé. C’est une exception française.

La police judiciaire est également très active. Il existe une antenne de l’OCRTIS à Fort-de-France et deux détachements, l’un à Pointe-à-Pitre, l’autre à Saint-Martin, et les gendarmes disposent d’un patrouilleur. Mais depuis quelques années c’est la Guyane qui inquiète. Elle a déjà pris sa place dans un trafic de « mules » à destination de la métropole. Mais cela pourrait bien évoluer, notamment en raison de sa proximité avec des pays trafiquants, comme le Surinam et le Venezuela, et aussi d’une présence policière moins forte. Dans ce département où 40 % des moins de 30 ans sont au chômage et où 44% des travailleurs sont fonctionnaires, il doit être difficile de rêver sa vie.

Pour comprendre, comment on en est arrivé là, c’est-à-dire une situation inextricable malgré les moyens mis en œuvre, il faut jeter un coup d’œil en arrière…

De 1860 à 1910, la coca et la cocaïne sont des denrées qui s’exportent mondialement, notamment par deux réseaux principaux partant des pays andins, l’un vers l’Allemagne et le reste de l’Europe, l’autre vers les États-Unis. Les Américains deviennent alors les plus grands consommateurs au monde. Le revirement est brutal. En 1915, les États-Unis se lancent dans une croisade solitaire contre ce fléau qui ravage l’Amérique, diabolisant l’Allemagne en le dépeignant comme l’empire de la drogue. Peu à peu, différents pays emboîtent le pas au géant américain, jusqu’à l’interdiction mondiale en 1950.

En quelques décennies, un produit licite devient illicite et sa commercialisation échappe alors aux contrôles des États. Les filières légales disparaissent laissant la porte ouverte aux aventuriers et aux trafiquants de tout crin.

Au retour de la guerre du Vietnam, de nombreux soldats américains sont devenus héroïnomanes. Aussi, en 1971, le président Nixon déclare la guerre à la drogue, notamment à l’héroïne. Georges Pompidou reçoit le message 5 sur 5 et Marseille perd ses labos de morphine-base. Dans le même temps, la consommation de cocaïne explose aux États-Unis. Comme un pied-de-nez – plus gentiment nommé la contre-culture. La justice moralisatrice se met en place et le nombre d’incarcération explose. Les prisons sont remplies de jeunes, surtout des Noirs et des Latinos au point que certains s’interrogent : existerait-il une raison cachée à cette pénalisation à outrance ? Un peu comme en France on utilise la pénalisation de la consommation de cannabis pour contrôler les jeunes des cités. Toute proportion gardée, bien sûr !

Même si la consommation mondiale semble stagner, peut-être à cause des drogues de synthèse, la guerre contre le trafic de cocaïne n’est pas prête d’être gagnée. Trop de fric en jeu. Et l’amusant, si l’on peut dire, c’est que plus la répression est efficace, plus les prix grimpent – et plus les trafiquants s’en mettent plein les poches.

Y a pas de morale à mon histoire !

http://moreas.blog.lemonde.fr/2015/01/31/cocaine-fric-et-flics/

DROGUES: les ravages du narcotrafic et…le naufrage de la « guerre aux drogues »

guerredrogueFrançois Polet

Source : Alternatives Sud

Déchaînement de violence, corrosion des institutions, nouvelles inégalités – le narcotrafic s’impose comme un obstacle majeur à la démocratisation d’un grand nombre de pays au Sud. Promu depuis quarante ans par les États-Unis, le modèle de la « guerre aux drogues » a alimenté le phénomène et généré quantité d’effets pervers. Depuis l’Amérique latine notamment, la contestation du régime international prohibitionniste monte en puissance.

Avec autour de 200 millions de consommateurs et plus de 300 milliards de dollars de chiffre d’affaire, le commerce des drogues illicites se porte bien. Il s’agit même d’un secteur porteur :
entre 2008 et 2011 le nombre d’utilisateurs de stupéfiants aurait augmenté de 18 % d’après le dernier rapport de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (Onudc, 2013), bien au-delà du taux de croissance de la population mondiale. Comme d’autres segments de l’économie, l’industrie des stupéfiants profite pleinement de l’augmentation du pouvoir d’achat et des changements de modèle de consommation dans les marchés émergents, en Asie et en Amérique du Sud en particulier.

L’enjeu de cette livraison d’Alternatives Sud est de mettre en lumière les effets de l’économie des drogues – et des politiques mises en oeuvre pour la combattre – sur les sociétés et les États du Sud. Si dans les pays occidentaux les impacts des drogues – de leur utilisation et de leur commerce – sont globalement maîtrisés par les pouvoirs publics, il en va tout autrement dans les nations en développement, où l’insécurité sociale et la faiblesse des institutions démultiplie la puissance économique et politique des narcotrafiquants. Les contributions rassemblées dans ce numéro l’illustrent sans détour : le noeud « narcotrafic – guerre aux drogues » constitue un obstacle majeur à la construction de relations sociopolitiques plus égalitaires et démocratiques dans un nombre considérable de pays du Sud.

Esquisse de géographie du narcotrafic

Du fait de la nature illicite des activités concernées, des évolutions complexes et permanentes auxquelles elles-sont sujettes et du manque de données dans un grand nombre de pays, les agences officielles cherchant à identifier les lieux, flux, volumes et acteurs du narcotrafic procèdent par estimations ou recoupements et présentent des fourchettes larges. Cela étant, un certain nombre de réalités dominent la géographie mondiale des drogues et peuvent sans trop de risque être dégagées.

Pour des raisons à la fois climatiques, historiques et politiques, la production mondiale des deux substances illicites les plus rentables – la cocaïne et l’héroïne – n’est le fait que de quelques pays du Sud seulement. La quasi-intégralité de l’offre mondiale de cocaïne est issue de trois pays andins – le Pérou, la Colombie et la Bolivie. La production de l’héroïne est géographiquement plus concentrée encore : environ 85 % provient des cultures de pavot à opium d’Afghanistan. La Birmanie, principal pays producteur jusqu’au début des années 1990, et le Mexique, fournissent le gros du volume restant.

A l’instar de bien des produits tropicaux, les principaux marchés de ces deux drogues sont situés au Nord. Principaux marchés en volume : 65 % de la cocaïne environ et plus de la moitié de l’héroïne y seraient consommés. [1] Mais aussi et surtout principaux marchés en valeur – le gramme de poudre est beaucoup plus cher dans les rues des villes occidentales que dans les métropoles du Sud. La demande du premier monde représenterait donc 80% des profits liés à la cocaïne et près de 70% de ceux de l’héroïne (Onudc, 2010). Effet de la mondialisation, ce tableau est cependant en train de s’infléchir, du fait d’un tassement de la consommation globale de ces deux drogues aux États-Unis et en Europe et de la croissance concomitante de la demande dans les pays émergents, notamment en Amérique du Sud (le Brésil serait devenu le deuxième plus gros consommateur de cocaïne derrière les États-Unis), en Chine et en Asie du Sud-Est. La hausse est également forte en Afrique, où le nombre de consommateurs de cocaïne serait passé d’un million environ à plus de deux millions entre 2004-2005 et 2011 (Onudc, 2013).

Á l’opposé de cette configuration, la géographie du cannabis est on ne peut plus décentralisée : on en consomme et on en produit dans toutes les régions du monde (avec une explosion des cultures indoors en Europe et aux États-Unis). La prédominance de ces circuits courts n’empêche pas l’existence d’un trafic international, dont les principaux flux vont du Maroc et de l’Afghanistan vers l’Europe, et du Mexique vers les États-Unis. Du fait qu’elles ne nécessitent pas de cultures végétales, l’offre et la demande des drogues de synthèse (amphétamines, méthamphétamines, ecstasy, etc.) sont elles aussi plus rapprochées géographiquement, avec cependant l’existence de commerces intra-régionaux notables en Europe, en Asie de l’Est (et Océanie) et en Amérique du Nord (du Mexique vers les États-Unis).

Les activités du narcotrafic ne se limitent bien entendu pas aux pays sources, abritant les cultures et laboratoires qui alimentent le marché mondial, mais affectent également les pays de transit, placés sur les voies reliant les sites de production aux marchés les plus lucratifs. Á la rigueur, du fait des changements de tactiques incessants des trafiquants et de la démultiplication des itinéraires indirects via les territoires moins contrôlés, aucune nation n’est épargnée. Certaines d’entre elles sont néanmoins plus concernées en ce qu’elles sont placées sur les « routes » principales du trafic. Le Mexique et les pays d’Amérique centrale en particulier ont le malheur de servir de voie d’acheminement principale de la cocaïne sud-américaine vers les États-Unis. Le Venezuela, mais aussi le Brésil (dont la frontière amazonienne avec les trois pays producteurs fait plus de 7 000 km) servent quant à eux de tête de pont pour l’envoi (par avion ou bateau) de la production andine vers l’Europe, dont une portion notable transite depuis une dizaine d’années par les pays d’Afrique de l’Ouest.

L’héroïne afghane est exportée suivant trois grandes routes. La « route des Balkans », qui relie l’Europe via l’Iran et la Turquie et dans une moindre mesure le Caucase. La « route du Nord », qui mène à la Russie via les républiques d’Asie centrale. La « route du Sud » qui passe par le Pakistan pour ensuite se fractionner en un vaste réseau d’itinéraires reliant l’Asie du Sud-Est, l’Afrique et l’Europe, notamment via les pays du Golfe. L’héroïne birmane alimente le marché chinois ainsi que les pays du Sud-Est asiatique, qui servent par ailleurs de transit vers le juteux marché australien. Quant au marché états-unien, il est quasi intégralement satisfait par l’héroïne mexicaine.

Escalade des profits, asymétrie des bénéfices

La dimension principale de l’économie internationale des drogues réside dans la valeur ajoutée disproportionnée aux étapes du transport et de la commercialisation du produit. Les marges sont énormes lors du franchissement d’obstacles physiques et douaniers – le prix du gramme de cocaïne triple du fait du « simple » franchissement du mur séparant le Mexique des États-Unis – et lors du fractionnement en petites doses sur les marchés de consommation (Labrousse, 2011). Une répartition du profit extrêmement inégale entre les différents intervenants de la chaîne en résulte.

L’exemple de la filière de la cocaïne vers les États-Unis est éloquent (Onudc, 2010) :

 en 2008, les dizaines de milliers de cultivateurs de coca alimentant le marché états-unien ont gagné environ 500 millions de dollars, soit 1,5 % seulement du profit global lié à ce trafic ;

 les trafiquants dans les pays andins qui ont collecté la matière première, l’ont transformée dans leurs laboratoires et ont vendu la cocaïne à des réseaux internationaux ont touché environ 400 millions de dollars, soit 1% du profit ;

 les réseaux colombiens et mexicains qui ont organisé son transport jusqu’aux grossistes états-uniens ont dégagé 4,6 milliards de dollars de bénéfice, soit 13 % du profit ;

 ces grossistes ont à leur tour empoché environ 5,3 milliards de dollars, soit 15 % du profit ;

 enfin les organisations et individus ayant orchestré et réalisé la distribution de la cocaïne dans les rues états-uniennes ont accumulé jusqu’à vingt-quatre milliards de dollars, soit 70 % du profit global.

La même asymétrie se vérifie s’agissant de l’héroïne afghane (Onudc, 2010). La vente « à la ferme » de l’opium a rapporté 400 millions de dollars aux cultivateurs de pavot en 2009, soit 0,6% seulement du revenu de la filière. Si l’on inclut les profits dérivant de la transformation et du trafic vers la frontière, l’économie afghane de l’opium a généré 2,4 milliards de dollars, soit 3,5% seulement des profits totaux de l’industrie des opiacés (héroïne, opium et morphine) en 2009.

Une économie politique plus complète des filières doit également prendre en compte les acteurs captant indirectement une partie considérable des profits du secteur : forces de sécurité et personnel politique arrosés par les narcotrafiquants, groupes rebelles en tout genre prélevant l’impôt « révolutionnaire », mais également sociétés de comptabilité et autres conseillers financiers facilitant le recyclage des profits et enfin secteurs économiques formels profitant de cet afflux d’argent en quête de respectabilité (immobilier, tourisme, sociétés financières des paradis fiscaux) et des dépenses somptuaires des barons de la drogue (industrie du luxe). D’après la littérature sur le blanchiment, les deux tiers environ des profits du narcotrafic seraient l’objet d’opérations de lavage, soit autour de 220 milliards de dollars par an (Onudc, 2011).

Coûts sociaux et politiques du narcotrafic au Sud

Dépendances, inégalités et droit du plus fort

C’est un fait, l’industrie de la drogue constitue une alternative économique – de survie ou d’ascension sociale – pour des millions d’habitants des campagnes et des périphéries impliqués dans les cultures illicites (paysans andins, afghans, marocains, etc.) ou le transport du produit fini (les « mules »). Au Mexique seulement, 468 000 personnes environ auraient tiré leurs revenus du secteur en 2008, faisant du narcotrafic le cinquième plus gros employeur du pays (Rios, 2008). Et plus d’un million d’individus seraient impliqués dans le transport d’héroïne à l’échelle mondiale (Onudc, 2010). Ces bénéfices économiques de court terme pour une partie des plus pauvres ne compensent cependant pas les effets sociétaux massivement déstructurants du narcotrafic.

Á l’échelle de la paysannerie tout d’abord, comme le décrivait Olivier Dabène à propos des pays andins, «  l’intérêt des paysans pour la culture du cocaïer a entraîné un relatif abandon des cultures vivrières comme le maïs, le riz ou la pomme de terre, et donc une hausse de leurs prix. Certains groupes ont été déplacés dans des zones amazoniennes totalement isolées, afin d’échapper aux contrôles. Mais lorsque les prix chutent, ces populations sont laissées à l’abandon, sans moyen de subsistance. (…) tandis que leur environnement subit des dommages irréversibles, en raison de l’utilisation intensive de produits chimiques et de la déforestation » (Dabène, 1996). Perte d’auto-suffisance alimentaire locale donc, mais aussi sujétion de territoires entiers à des réseaux criminels dont on attend le rachat des récoltes et des services de protection… ou dont on craint les représailles en cas de velléité d’émancipation.

Ce phénomène de détournement de la main d’oeuvre des activités traditionnelles ne se limite pas à l’agriculture – les revenus disproportionnés que procure la participation au trafic, même à ses plus bas échelons, par rapport aux autres types d’emploi, plongent des populations entières dans une situation de « dépendance économique » au narcotrafic difficilement réversible. Ce lecteur d’un journal régional mexicain ne dit pas autre chose : « Sinaloa est et a toujours été un État où l’argent vient du trafic de drogues. D’où pourrait-il bien venir d’autre ? Les industries agricoles et de la pêche sont fermées. On ne peut même plus tirer d’argent de l’industrie minière car les gens ne veulent plus y travailler. Les trafiquants de drogues paient les mineurs dix fois plus, juste pour surveiller la drogue. Qu’allons nous faire s’il n’y a pas d’autre endroit où obtenir de l’argent ? ». [2]

Du fait de la forte asymétrie dans la répartition des profits, le narcotrafic est par ailleurs facteur de renforcement ou de création de nouvelles inégalités. « En provoquant des changements rapides de train de vie, en produisant de nouveaux statuts, (la drogue) perturbe les rapports sociaux et économiques et remet en cause le système productif, politique et culturel du pays » expliquent Miguel de Barros, Patrícia Godinho Gomes et Domingo Correia dans leur article sur la Guinée-Bissau, où la présence de la drogue est pourtant « relativement faible ». Quand bien même certains parrains s’emploient à soigner leur image de « bienfaiteurs des pauvres » en redistribuant une petite partie de leurs bénéfices sous la forme de cadeaux divers, une partie autrement conséquente de leurs gains sont généralement réinvestis dans la terre, l’immobilier ou des activités de la région, constituant des mini-empires économiques peu compatibles avec un développement local démocratique.

La conséquence la plus spectaculaire du narcotrafic réside évidemment dans le climat de violence qu’il installe dans certaines régions de production ou de transit. Les guerres entre cartels pour la domination des villes frontières avec les États-Unis et la « guerre aux drogues » menée par les militaires ont fait 55 000 morts entre 2006 et 2011 au Mexique, soit le conflit le plus meurtrier de la planète sur cette période. Moins médiatisé, le taux d’homicides serait plus élevé encore dans les petits pays d’Amérique centrale traversés en amont par la même cocaïne. Comme l’indique cependant Luis Astorga dans sa contribution sur le Mexique, les niveaux de violence sont moins tributaires des quantités de drogues en jeu que de la configuration du champ criminel et de la capacité de l’État à réguler la compétition entre gangs.

Dans les périphéries des villes comme dans les zones rurales les plus isolées, le monopole de la violence que détiennent les gangs liés au narcotrafic sur la vie de territoires entiers a généré un archipel de zones de non-droit, ou plutôt de zones où les codes des gangs et l’allégeance au plus fort ont remplacé le droit formel. « Là se configurent de nouvelles strates, des codes où se mêlent les principes libéraux du marché et les règles qui organisent et protègent les activités illégales, comme cela se passe dans les structures organisées du « Primeiro Comando da Capital » et du « Comando Vermelho » de Rio de Janeiro, ou dans les « bacrim » (bandes criminelles émergentes), comme on les appelle en Colombie, telles que le « Bureau Envigado », « Les Urabeños », « Los Rastrojos » dans les quartiers de Medellín » relève Ricardo Soberón Garrido dans sa réflexion sur les paradoxes du narcotrafic en Amérique latine. On y constate la diffusion d’une culture de l’enrichissement personnel rapide par la violence criminelle qui fonctionne comme modèle de réussite sociale crédible, bien que hautement risqué, pour des millions de jeunes sans perspective autre d’ascension sociale.

Enfin le développement du narcotrafic dans une région donnée va généralement de pair avec un accès plus aisé aux drogues et une hausse de la consommation locale. Le phénomène se vérifie dernièrement en Afrique et dans les républiques d’Asie centrale, deux régions où les quantités en transit vers les gros marchés ont singulièrement augmenté. Les défis que cette hausse des niveaux de dépendance implique en matière de santé comme de sécurité publiques sont considérables. Or comme le relèvent Kwesi Aning et John Pokoo dans leur article sur l’Afrique de l’Ouest, «  les centres de soins de santé dans la région sont en sous-nombre et sous équipés, qui plus est les équipes médicales ne sont pas formées à la prise en charge des conséquences de la dépendance à la drogue ».

Corrosion des institutions, criminalisation du politique, conflits

Si la banalisation de la violence criminelle sous l’effet du narcotrafic est propre au continent latino-américain, aucun territoire de culture ou de transit des stupéfiants n’échappe à l’action délétère du trafic sur les institutions. Celle-ci découle « logiquement » de la puissance financière des mafias vis-à-vis des représentants de l’État dans les régions concernées. D’autant que, pour les sites de production comme pour les « routes » de la drogue, les préférences des trafiquants vont aux régions isolées, négligées par les pouvoirs centraux, où les autorités locales comme les agents des échelons inférieurs de la police ou de la douane sont mal payés et donc sensibles aux arguments « sonnants et trébuchants » des criminels. Il n’est qu’à imaginer la rencontre entre un garde-frontière guinéen ou malien dont le salaire, quand il est versé, dépasse à peine 50 euros et un « narco » colombien brassant des millions de dollars.

Mais l’influence corruptrice des trafiquants va le plus souvent bien au-delà des agents locaux pour toucher les niveaux supérieurs de la justice, de la police, de l’armée, de la classe politique, des services secrets. L’enjeu : obtenir par l’achat des autorités des conditions optimales pour le développement discret de leurs activités criminelles. Achat agrémenté d’intimidation lorsque l’autorité en question refuse de marchander sa probité. Mais les agents de l’État ne sont que rarement objets passifs de corruption. Dans bien des cas ce ne sont pas les trafiquants qui les approchent, mais eux-mêmes qui traquent les contrebandiers afin de monnayer leur libération. Aux Philippines notamment, Nex Benson nous apprend que le rançonnement des trafiquants, grands ou petits, est un véritable fléau au sein de la police anti-drogues.

Dans plusieurs pays, des responsables publics de haut rang vont jusqu’à devenir collaborateurs actifs des trafiquants, voire organisateurs directs de trafics. Phénomène de « criminalisation du politique » donc, mais aussi parfois de « politisation de la criminalité », lorsque des barons de la drogue rentrent en politique afin d’influer le cours des décisions dans le sens de leurs affaires. Principales incarnations des narco-États dans les années 1990, la Birmanie – longtemps considérée « État trafiquant type » (Labrousse, 1993) -, la Colombie, le Pérou, la Bolivie, la Turquie ou le Nigeria se sont vues déclassés par l’Afghanistan, la Guinée Bissau, le Mexique ou le Tadjikistan comme États les plus régulièrement associés au concept [3]. Plus généralement, si le poids politique du narcotrafic a baissé dans les pays andins, il aurait augmenté en Amérique centrale et au Mexique, dans les républiques d’Asie centrale, mais aussi en Afrique de l’Ouest.

Relevons enfin que les activités du narcotrafic contribuent au financement de dizaines de conflits politiques, religieux ou identitaires qui constituent autant de sources de déstabilisation politique et de crispations autoritaires. La récente prise du Nord-Mali par des groupes armés islamistes dont une partie des ressources provenait du rançonnement du trafic transsahélien de la cocaïne en constitue la dernière illustration. Les interactions entre drogues et conflits peuvent prendre des formes variées (Labrousse, 2011). Il existe parfois une proximité politique ou ethnique entre les producteurs de cultures illicites de régions marginalisées et les guérillas prétendant défendre leurs droits – cas des FARC « révolutionnaires » dans les régions pauvres de Colombie ou des talibans dans les provinces à majorité pachtoune d’Afghanistan.

Les organisations rebelles peuvent également tirer profit de la commercialisation des drogues, en taxant les trafiquants ou en assurant elles-mêmes le rôle d’intermédiaires – cas des Tigres tamouls du Sri Lanka. Enfin certaines d’entre elles finissent par s’impliquer dans les étapes les plus rentables de la transformation et de la distribution sur les marchés de consommation – cas du Parti des travailleurs du Kurdistan. Alain Labrousse relève aussi qu’au cours du conflit la drogue peut devenir un enjeu relatif, voire une fin en soi, les organisations politiques dégénérant en organisations purement criminelles. Ce processus de criminalisation concerne d’ailleurs tout autant les forces contre-insurrectionnelles chargées de mater les rebelles.

Libéralisation économique et expansion du narcotrafic

Si les responsabilités des élites du Sud ne peuvent être éludées, l’ampleur et les formes empruntées par l’économie du narcotrafic ces trente dernières années sont davantage le résultat d’un certain nombre de biais et d’asymétries de la gouvernance internationale. Sur le plan de la gestion de la mondialisation tout d’abord. Les politiques de libéralisation des économies et des marchés financiers promues depuis les grandes agences internationales ont indiscutablement contribué au renforcement du narcotrafic.

 La baisse des tarifs douaniers et autres barrières aux échanges a radicalement augmenté les flux de marchandises et de capitaux, ainsi que le caractère transnational des filières de production, notamment dans le secteur agroalimentaire. « Bien souvent les réseaux de trafiquants ont profité des instruments et des mécanismes qui libéralisent le commerce de biens et services pour transporter la drogue et d’autres produits illicites » indique Ricardo Soberón Garrido. Dans la pratique, la priorité à l’augmentation et à la fluidité des échanges qui commande le commerce international rend le contrôle systématique des containers virtuellement impossible.

 Les politiques d’ajustement structurel préconisées par la Banque mondiale, le FMI et le GATT/OMC aux pays latino-américains, africains et asiatique au cours des années 1980-1990 – ouverture aux importations de biens agricoles et démantèlement des politiques de soutien à la petite agriculture – ont objectivement renforcé l’attrait économique des cultures de pavot, de coca et de cannabis pour les paysans pauvres. Les autorités elles-mêmes ont parfois fermé les yeux sur des cultures illicites qui permettaient d’amortir les coûts sociaux de l’ajustement et d’accumuler des devises étrangères protégeant le pays d’une éventuelle crise de la dette (Dabène, 1996).

 Combinées aux effets de la crise économique et de la baisse des recettes d’exportation, ces mêmes mesures d’ajustement ont mené à un resserrement brutal des moyens des États. Les plus affaiblis, en Afrique notamment, ont d’une part réduit leur contrôle sur des pans entiers de leur territoire – y favorisant la prolifération d’activités criminelles -, d’autre part poussé une partie de l’élite politique et militaire à se reconvertir dans des activités illicites pour se maintenir au pouvoir, signant le passage de l’État « kleptocrate » à l’État « malfaiteur » (Bayart, Ellis et Hibou, 1997). Les nouveaux narco-États sont avant tout des États faillis.

 Les politiques de dérégulation de la sphère financière depuis les années 1980 ont quant à elles hautement facilité les opérations de blanchiment de l’argent sale. « Ce phénomène est venu renforcer la puissance des organisations criminelles transnationales les plus liées au commerce de la drogue » (Lalam, 2011). Malgré quelques avancées sur le secret bancaire suite au 11 septembre 2001 et à la crise financière de 2008, les pays riches ont les plus grandes difficultés à mettre de l’ordre dans l’entrelacs de places off-shore et autres paradis fiscaux servant de zone d’intersection entre les flux financiers licites et illicites.

Le régime international de contrôle des drogues

Le principal carburant du phénomène du narcotrafic réside cependant dans l’orientation adoptée depuis un siècle par la communauté internationale pour… réduire la consommation de drogues, à savoir la mise en place et le renforcement d’un régime international de contrôle des drogues axé sur la prohibition. Ce régime est aujourd’hui l’objet de vives critiques, du fait de son inefficacité et de ses effets pervers, mais également de son caractère asymétrique et de ses contradictions, reflets d’inégalités politiques historiques au sein de l’ordre international.

De La Haie à l’Initiative de Mérida : un régime déséquilibré

Le projet d’un système international de contrôle des drogues naît en 1912 lors de la Convention internationale de l’opium de La Haie, à laquelle seules une douzaine de nations participent. Visant à éviter toute production et distribution d’opium en dehors d’un cadre scientifique et médical strictement contrôlé, la rencontre est, déjà, le résultat de l’activisme des États-Unis, qui viennent de prendre les Philippines aux Espagnols et constatent avec effroi le degré d’intoxication de la population des îles, et plus largement de cette partie de l’Asie, suite au « libre » commerce imposé par les européens depuis les guerres de l’opium du 19ème siècle. La restriction de l’opium est à la fois un devoir moral et une manière d’affaiblir commercialement les puissances coloniales, tout en améliorant la relation entre les États-Unis et la Chine, principale victime du commerce de l’opium (Sinha, 2001).

Dès sa naissance donc, la diplomatie des drogues est animée par un mixte étonnant de motivations morales, économiques et géopolitiques. Les traités internationaux adoptés par la suite dans le cadre de la Société des nations, puis des Nations unies, en porteront tous la marque, notamment les trois principaux textes qui constituent l’armature juridique du régime de contrôle actuel : la Convention unique sur les stupéfiants (1961), qui ramasse les traités antérieurs en un seul texte et porte essentiellement sur l’opium, l’héroïne, la cocaïne et le cannabis ; la Convention sur les substances psychotropes (1971), suite au décollage de la consommation de LSD et autres substances de synthèse en Occident ; et enfin la Convention contre le trafic illicite de stupéfiant (1987), qui vise à harmoniser les législations nationales dans un sens nettement répressif.

Outre son orientation prohibitionniste et répressive, au détriment des considérations de santé publique et de droits humains, le régime de contrôle international consacré par ces textes connaît deux déséquilibres, particulièrement préjudiciables pour les anciennes colonies. Tout d’abord l’idée d’un contrôle souple sur les substances d’origine végétale, défendue par les États du Sud dont de larges pans de la population consommaient de manière traditionnelle les matières incriminées ou vivaient de leur production, a été écartée. A l’inverse, les besoins des industries pharmaceutiques occidentales ont été globalement épargnés – ceux-ci relevant des domaines « médical » et « scientifique » -, notamment au sein de la Convention de 1971 sur les produits de synthèse.

Par ailleurs, comme le signale Jai Sinha, en étant centrée sur l’offre de stupéfiants (la production et le trafic), elle déplace « le fardeau et les coûts du contrôle des stupéfiants principalement vers les pays en voie de développement asiatiques et latino-américains, qui n’avaient ni la disposition culturelle, ni les ressources requises pour procéder à une telle ingérence – ni la puissance économique ou militaire qui leur aurait permis de refuser ce qu’on leur imposait » (2001). Des pouvoirs étendus furent par ailleurs accordés à l’Organe internationale de contrôle des stupéfiants (OICS), organisme onusien sous influence états-unienne chargé de vérifier le respect des trois conventions. Dans la pratique, l’appareil de contrôle s’appliquera essentiellement dans un sens Nord-Sud, les pays occidentaux – États-Unis en tête -, s’appuyant sur la qualité juridiquement contraignante des conventions pour réclamer le durcissement des politiques anti-drogues dans le reste du monde.

L’ingérence au nom de « la lutte contre les drogues » franchit plusieurs paliers lorsque les États-Unis décidèrent de porter au coeur de l’Amérique latine la « guerre aux drogues » proclamée en 1971 par le président Nixon. Des opérations en terrain bolivien et péruvien de la Drug Enforcement Administration (DEA) dans les années 1980 à l’énorme programme d’assistance militaire à la Colombie dans le cadre du « Plan Colombie » au tournant du millénaire, l’implication états-unienne prit des formes de plus en plus massives et diversifiées dans les campagnes nationales de démantèlement des trafics. [4] Signe d’un déplacement du front principal de la guerre aux drogues, l’Initiative de Mérida, sorte de réplique à moindre échelle du Plan Colombie, vise à renforcer les forces armées mexicaines dans le cadre de la « guerre contre le trafic de drogues » décrétée en 2006 par un président Calderón en manque de légitimité. L’« initiative » soutient également les efforts de répression en Amérique centrale et dans les Caraïbes.

Instrumentalisation des trafics… et de la guerre aux trafics

Le régime international de contrôle des drogues n’est pas seulement biaisé dans ses orientations répressives et centrées sur l’offre. Á l’instar d’autres politiques internationales, il est aussi l’objet de bien des instrumentalisations géopolitiques. Le rôle de « croisé de la prohibition » que les États-Unis se donnent volontiers dans les enceintes de la diplomatie des drogues n’a pas empêché leurs services secrets de subordonner allègrement la « guerre aux drogues » à d’autres dimensions de leur politique extérieure. Des débris du Kuomintang réfugiés en Birmanie aux Contras du Nicaragua, en passant par les talibans afghans, l’objectif suprême du containment a régulièrement amené la CIA à tolérer, voire à soutenir directement la mise en place de réseaux d’écoulement d’héroïne ou de cocaïne permettant le financement clandestin de groupes armés objectivement alliés.

Avec la fin de la guerre froide et surtout les attentats du 11 septembre 2001, le narcotrafic devient un enjeu central de la doctrine sécuritaire des États-Unis et dans une certaine mesure des autres puissances. Pour les stratèges du Pentagone, l’Afghanistan démontre que le terrorisme et les réseaux de la drogue sont des phénomènes qui s’alimentent mutuellement, voire se confondent, dans les zones de non-droit délaissées par les États faillis, il s’agit donc de recourir aux grands moyens pour combattre le « narco-terrorisme » partout où il fait mine de s’enraciner. La force évocatrice de l’expression diabolise les acteurs, dépolitise les enjeux et est rapidement réappropriée par des pouvoirs nationaux en quête de légitimation de leurs stratégies répressives, de la Colombie au Sri Lanka. Les conseils, offres de services et pressions de toutes sortes se multiplient des États-Unis vers les États supposés manquer de fermeté ou de capacité d’action dans la répression du phénomène. Ces mêmes États que la doctrine d’hier jugeait pléthoriques et envahissants…

Et pourtant ce regain d’activisme international contre les trafics cohabite avec d’autres enjeux, à commencer par celui de la proximité géopolitique avec les États-Unis. Mercille le démontre dans son article sur l’Afghanistan, où Washington s’accommode d’alliés – Hamid Karzai et son entourage en l’occurrence – dont les liens avec le trafic d’héroïne ont suffisamment été démontrés, tout en menant une « guerre aux drogues » sélective visant uniquement les trafiquants liés aux talibans. Une même compréhension a prévalu dans le contexte colombien face à la tolérance du président Uribe vis-à-vis de groupes paramilitaires d’extrême droite tout autant, si pas plus impliqués dans le narcotrafic que les FARC. Le fait que les États-Unis avaient dû fermer leur base militaire au Panama en 1999 et que l’ex-président colombien mettait à leur disposition l’accès à plusieurs bases n’y était certainement pas pour rien.

Le conditionnement géopolitique de la guerre aux drogue apparaît aussi clairement dans le très controversé processus de « certification » auquel les États-Unis s’adonnent annuellement afin d’évaluer la coopération des pays de production ou de transit au système de contrôle international. D’une part l’objet de cette évaluation, qui peut déboucher sur une suppression de l’aide états-unienne, réside moins dans l’engagement des gouvernements dans la lutte contre la drogue que dans leur collaboration avec les agences anti-drogues américaines. D’autre part il est évident que les considérations stratégiques pèsent lourdement dans la classification des États. Ainsi les deux pays ayant récemment rejoint la Birmanie dans la catégorie des pays ayant « clairement échoué à remplir leurs obligations » en matière de respect des conventions internationales ne sont pas la Guinée Bissau ou l’Afghanistan mais… le Venezuela et la Bolivie.

Le régime international de contrôle en question

Développement sans précédent dans l’histoire de la diplomatie des drogues, l’idéologie prohibitionniste qui imprègne le régime international de contrôle des stupéfiants est depuis quelques années l’objet d’un mouvement de contestation au plus haut niveau politique. Les contributions rassemblées dans ce numéro s’en font toutes l’écho d’une manière ou d’une autre.


Effet ballon et criminalisation de la pauvreté

Ces remises en question naissent d’abord de la constatation de l’échec de l’approche outrancièrement répressive de la « guerre aux drogues ». Cet échec se lit d’abord dans les chiffres. En 1998, lors de la session spéciale de l’Assemblée générale des Nations unies sur les drogues (UNGASS), les gouvernements s’étaient donné dix ans pour libérer le monde des drogues (« a drug free world »). En 2008, le nombre de consommateurs d’opiacés dans le monde avait pourtant augmenté de 34 %, celui de cocaïne de 27 %, celui de cannabis de 8 % (Commission mondiale pour la politique des drogues, 2011). Non seulement l’approche répressive ne s’est pas montrée efficace, mais elle s’avère contre-productive car c’est l’interdiction des drogues elle-même qui multiplie le prix de celles-ci et suscite les activités criminelles liées à son commerce. En témoigne le précédent historique du fabuleux enrichissement de la mafia et de l’expansion de son pouvoir corrupteur durant les années de la prohibition de l’alcool aux États-Unis.

La lutte frontale contre les trafiquants a bien permis de démanteler tel cartel ou de « nettoyer » telle région, mais elle n’a jamais débouché sur une baisse globale de la production. Car, à demande égale, la réduction de telle ou telle filière entraîne un renchérissement du produit qui stimule les trafiquants à augmenter la production ou le trafic ailleurs. Un phénomène de géographie économique qualifié d’« effet ballon » [5]. Ainsi la performance du système de surveillance états-unien dans les Caraïbes dans les années 1990 n’a pas entraîné de baisse de l’entrée de cocaïne sur le territoire états-unien, mais un déplacement du trafic par l’itinéraire centro-américain et mexicain. De même, le succès du « bridge denial » entre le Pérou et la Colombie au début des années 1990 a mené à une chute de la production de coca au Pérou mais à une augmentation concomitante des cultures colombiennes. Quelques années plus tard, les campagnes d’éradication forcenées du Plan Colombie ont mené à une (petite) baisse de la production colombienne… immédiatement compensée par un rebond des productions péruvienne et bolivienne.

La focalisation de la répression sur la production et le trafic a par ailleurs des effets pervers dramatiques, qui démultiplient les coûts sociaux et politiques du narcotrafic et en créent de nouveaux. En s’efforçant de démanteler les gangs, les forces de l’ordre perturbent les positions acquises et déclenchent régulièrement de sanglantes guerres de succession. A fortiori lorsque, comme c’est souvent le cas, elles mènent des campagnes à géométrie variable et concentrent leurs forces sur certains réseaux en en épargnant d’autres. La militarisation de la lutte contre les trafics a également comme conséquence une hypertrophie des appareils de sécurité militaire et policier (au détriment des dépenses sociales), un nivellement par le bas du respect des droits humains et une criminalisation des populations pauvres qui fournissent l’essentiel des « petites mains » de la production et du trafic.

Par ailleurs, les campagnes d’épandage aérien telles qu’elles ont été pratiquées à grande échelle en Colombie ont eu des conséquences désastreuses sur la végétation environnante. Plus généralement, les campagnes d’éradication forcée en Colombie ou au Pérou alimentent indirectement la déforestation en incitant les trafiquants à déplacer leurs plantations dans des régions toujours plus isolées de la forêt amazonienne, où ils entrent en contact avec les populations indigènes qui utilisent traditionnellement les terres convoitées. La prophétie de Ricardi Soberon à ce propos est pour le moins inquiétante : « De plus en plus, le bassin de l’Amazone sera confronté à une colonisation progressive et désordonnée, catalysée par les activités économiques illicites. Cela entraînera non seulement la destruction rapide, mais aussi l’implication graduelle des sociétés rurales ancestrales dans cette spirale associée à la criminalité. »

Quant aux programmes de développement alternatif menés parallèlement aux campagnes d’éradication pour détourner les paysans des cultures illicites, ils ont donné des résultats mitigés. Dans leur contribution sur le « miracle » de San Martin (Pérou), Mirella van Dun, Hugo Cabieses Cubas et Pien Metaal identifient les faiblesses de la majorité de ces expériences : focalisation sur les monocultures d’exportation, dépendance des financements internationaux, mauvaises gestion et méconnaissance des causes structurelles de l’implication des populations dans les cultures incriminées. Sans compter le fait que, étant donné « l’effet ballon », la moindre production dans telle région est rapidement compensée par une extension des cultures dans la région voisine.


Fronde latino-américaine

Il en va de la politique des drogues comme de bien d’autres domaines de la diplomatie interaméricaine : la prééminence de la vision états-unienne ne va plus de soi. « Un développement décisif » pour reprendre le titre de l’article d’Amira Armenta, Pien Metaal et Martin Jelsma, qui reviennent dans le détail sur les ressorts du désaccord latino-américain. Cette insatisfaction largement partagée vis-à-vis du modèle prohibitionniste imposé de l’extérieur a des tonalités variables suivant les contextes nationaux.

L’évolution la plus remarquable a paradoxalement été initiée par deux chefs d’États conservateurs et proches des États-Unis, les présidents Otto Perez Molina (Guatemala) et Juan Manuel Santos (Colombia), qui ont mis sur la table lors du Sommet des Amériques d’avril 2012 la nécessité d’une révision réaliste des politiques de contrôle des drogues sur le continent. Avec leurs homologues du Costa Rica et du Mexique notamment, ils estiment que leurs sociétés paient un prix exorbitant à la guerre aux drogues orchestrée depuis Washington, notamment sous la forme d’une escalade de la violence et d’un encombrement de leurs systèmes carcéraux. Si aucune alternative n’a fait l’objet d’un consensus, des options autrefois inimaginables sont en cours de débat entre présidents centro-américains, en ce compris la « dépénalisation » du transit et la réglementation de la production, du commerce et de la consommation de drogues.

La dissidence du président bolivien était plus prévisible. Porté par un large mouvement populaire de réappropriation « nationale » des ressources naturelles, Evo Morales est aussi un syndicaliste cocalero qui, à ce titre, a plusieurs fois été la cible des opérations de la DEA durant les années 1980. « Coca oui, cocaïne non ! » – pour le leader aymara, la feuille de coca mastiquée par des millions d’indiens depuis des millénaires doit être réhabilitée en tant que symbole de l’identité nationale et les conventions internationales qui la criminalisent doivent être modifiées. Les agents de la DEA seront expulsés en 2008, une question de «  dignité et de souveraineté ». Cinq ans plus tard, le gouvernement affirme, chiffres à l’appui, que la nationalisation de la lutte contre le narcotrafic s’est traduite par une plus grande efficacité. Ce rejet de l’ingérence états-unienne est sans surprise partagé par les voisins vénézuélien et équatorien.

Moins spectaculaire, l’évolution des pays du cône sud (Argentine, Brésil, Uruguay) dans le sens d’une dépénalisation de la possession de drogues « pour usage personnel » traduit cependant un changement important dans les mentalités et la montée des préoccupations de santé publique. En pointe dans le débat, l’Uruguay envisage de mettre en place un « Institut national du Cannabis » qui, d’une part, distribuerait des licences de production, d’autre part, vendrait directement le produit, ce qui ferait du petit pays sud-américain le premier « fournisseur officiel » de cannabis au monde. Notons par ailleurs que l’ex-président brésilien Fernando Enrique Cardoso est président de la Commission mondiale pour la politique des drogues, une initiative de tout haut niveau (y participent notamment deux anciens présidents du Mexique et de Colombie, ainsi que l’ex-Secrétaire général de l’ONU Kofi Annan) visant à sortir le monde de la « guerre aux drogues ».

La fronde latino-américaine débouchera-t-elle sur une réforme du régime international des drogues ? Si pour Armenta, Metaal et Jelsma le déblocage du débat est irréversible, l’adoption de propositions communes de changements de la part des nations latino-américaines n’est pas pour demain. La conjoncture internationale est pourtant favorable, souligne Carolina Cepeda, avec une présidence Obama ayant pris ses distances avec les accents les plus répressifs de la lutte contre les drogues (l’éradication forcée notamment) et débarrassé son lexique de l’expression « guerre aux drogues ». Un assouplissement qui ne va cependant pas jusqu’à sortir du paradigme prohibitionniste… et qui pourrait même s’assimiler à une tactique pour diviser les pays critiques, d’après Luis Astorga. D’autant que les partisans de la ligne dure comptent des alliés de poids dans le reste du monde, à commencer par la Russie et la Chine. Mais le choix récent de deux États états-uniens de légaliser l’usage du cannabis est peut-être annonciateur d’une évolution plus nette des positions américaines. Et les États latino-américains devraient pouvoir compter sur des alliés, notamment européens, pour faire bouger les lignes dans les enceintes internationales.

Bibliographie

Bayart J.-F., Ellis S. et Hibou B. (1997), « De l’État kleptomane à l’État malfaiteur », in La Criminalisation de l’État en Afrique, Bruxelles, Éditions Complexe.

Commission mondiale pour la politique des drogues (2011), Rapport de la Commission mondiale pour la politique des drogues, juin 2011.

Dabène O. (1996), « Les narcodémocraties andines », Les Études du CERI n°20, septembre.

Labrousse A. (1993), « Drogues et réseaux » in P. Boniface et J. Golliet (sous la dir. de), Les nouvelles pathologies des États dans les relations internationales, Paris, Dunod.

Labrousse A. (2011), Géopolitique des drogues, Paris, Puf.

Lalam N. (2011), « Argent de la drogue : blanchiment et mondialisation financière », Drogues et enjeux internationaux, bulletin n°2, novembre.

Onudc (2013), Rapport mondial sur les drogues 2013, Office des Nations unies contre la drogue et le crime, Vienne.

Onudc (2011), Estimating Illicit financial flows resulting from drug trafficking and other transnational organized crimes, United Nation Office on Drug and Crime (ONUDC), rapport de recherche, octobre.

Onudc (2010), Rapport mondial sur les drogues 2010, Office des Nations unies contre la drogue et le crime, Vienne.

Rios V. (2008), Evaluating the economic impact of Mexico’s drug trafficking industry, Mimeo, http://www.gov.harvard.edu/files/Rios2008_MexicanDrugMarket.pdf

Sinha J. (2001), L’historique et l’évolution des principales conventions internationales de contrôle des stupéfiants, Direction de la recherche parlementaire, Bibliothèque du Parlement canadien, Ottawa.


Notes

[1En incluant la Russie, premier pays consommateur d’héroïne. Quant à l’opium afghan (non transformé en héroïne), il est très majoritairement consommé en Asie, en particulier en Iran (environ 40% pour ce seul pays).

[2Cité dans Rios (2008).

[3Un concept dont le contenu comme l’application, il faut le souligner, sont l’objet de controverses scientifiques et d’instrumentalisations géopolitiques.

[4Pour autant, comme le précisent Tickner et Cepeda dans ce numéro à propos du Plan Colombie, l’adoption de ces dispositifs d’assistance externe anti-drogues répond aussi aux stratégies des gouvernements locaux.

[5En référence au fait que si l’on comprime un ballon gonflable en un endroit, l’air à l’intérieur de celui-ci ne diminue pas mais se déplace.

 

http://www.cetri.be/Ravages-du-narcotrafic-naufrage-de

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FRANCE (Belfort-Héricourt-Montbéliard): 58 kilos d’héroïne saisis chez un habitant, un vaste réseau démantelé

Montbéliard : 58 kilos d’héroïne saisis chez un habitant, un vaste réseau démantelé

Prise record en novembre dernier chez un Montbéliardais qui avait tenté d’échapper aux policiers.

Un vaste réseau a été démantelé en mars, sept …

http://www.estrepublicain.fr/edition-belfort-hericourt-montbeliard/2016/04/08/montbeliard-58-kilos-d-heroine-saisis-chez-un-habitant-un-vaste-reseau-demantele

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CYBERDOUANE INFO: les ados passent maintenant par Tinder et Instagram pour acheter de la drogue | NOVAPLANET

Un match, et de la défonce.

Les ados passent maintenant par Tinder et Instagram pour acheter de la drogue

Si l’ère du web 2.0 a considérablement facilité la plupart des échanges (ou détériorés pour certains d’entre eux…) il en reste néanmoins quelques-uns qui demeurent toujours difficiles. Un des obstacles est notamment l’illégalité, et acheter de la drogue sur Internet est certes désormais possible mais implique pour les consommateurs de se cacher en passant par le Dark Web et des moteurs de recherche cryptés comme Tor.

De manière générale le processus d’achat de drogue illégal n’est jamais une vraie partie de plaisir… Mais la nouvelle génération semble réellement déterminée à tout rendre plus facile et achète désormais sa drogue en ligne… Et sur Tinder qui plus est.

En Angleterre, le Guardian relate que la vente de drogue explose via les applications de réseaux sociaux comme Instagram et Tinder. Et les consommateurs sont souvent des adolescents.

Le processus est assez simple, vous swipez dans l’espoir de trouvez votre prochaine conquête et boom voilà que le profil suivant n’est autre qu’une grosse tête de weed, plus qu’à matcher avec votre dealer… Ou bien encore il vous suffit de browser le hashtag assez explicite #weedforsale sur Instagram.

Dès lors c’est très simple, un petit rendez-vous ou un paiement en ligne dans l’espoir d’être bien livré et vous voilà « visser » comme on dit dans le milieu. Même si ce procédé de paiement en ligne pour une livraison hypothétique fait évidemment planer bien des doutes, et pas sûr que Paypal s’engage à vous rembourser pour ce genre d’emplettes…

De plus en plus Instragram est dénoncé comme un espace qui a tendance à rendre la consommation de drogue glamour, avec des hashtag qui recensent des filles fumant de l’herbe et qui sont parmi les plus utilisés sur le réseau social, même si l’application se défend que la promotion de consommation de drogue viole leurs conditions d’utilisation.

Sinon pour les vrais amoureux de la weed il y encore plus simple, là où cela est légal et autorisé et que vous voulez faire des rencontres autour de votre passion commune de l’herbe, il y a toujours High There, LE vrai tinder de consommateurs de cannabis.

http://www.novaplanet.com/novamag/59590/les-ados-passent-maintenant-par-tinder-et-instagram-pour-acheter-de-la-drogue

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