Aviseur International renseigne, sans complaisance, sur la problématique de la drogue, du narcotrafic, de la corruption et sur les politiques mises en œuvre par les différents Etats et les dérives que s'autorisent les fonctionnaires des administrations — marcfievet@live.fr — 33 (0) 6 84 30 31 81
Il avait fui son premier procès, devant le tribunal correctionnel de Vannes, et avait été arrêté au Maroc, en juin 2018. À 31 ans, ce père de cinq enfants a fait appel du jugement le condamnant à huit ans de prison, pour trafic de stupéfiants en récidive et blanchiment. Le procès se tenait à Rennes, ce jeudi.Roberto Blanchedent en est certain : les dés sont pipés. Son sort serait déjà réglé. La police vannetaise tiendrait là son ennemi numéro 1. Les médias locaux suivraient, en adoptant le même langage. Mais « où est le baron de la drogue ?, questionne-t-il devant ses juges, presque agressif et un poil provocant. Un baron de la drogue a des immeubles et desFerrari. » Lui est inconnu de l’administration fiscale et ne perçoit aucun salaire, depuis plus de dix années.
Ses seuls gains seraient ceux des jeux de hasard. Le trentenaire se dit passionné de paris sportifs. « J’ai misé 100 € une fois et j’ai gagné 19 000 € », déposés sur le compte bancaire de sa compagne, mère de ses cinq enfants.
Son train de vie ne laisse toutefois aucun doute, pour l’accusation. Sa montre de luxe ? « Offerte par un joueur de football », répond l’appelant. Le Range Rover et le scooter T-Max ? « Pas à moi. » Et de répéter : « Je m’appelle Roberto Blanchedent. La police vannetaise ne m’aime pas, c’est tout. » Son casier judiciaire est rempli de treize condamnations. La cour d’appel rendra sa décision le 19 septembre 2019.
« Brest, France, 18 mars 2019 : Suite à “une information reçue”, de bon matin, les forces de l’ordre procèdent à une perquisition dans un logement du centre-ville. Un “trafiquant” est interpellé et placé en garde à vue, il reconnaît les faits : ces six derniers mois, il aurait acheté quatre kilos de feuilles de khat sur Internet puis les aurait revendues en petits sachets. Pour un bénéfice total de 150 euros ». (Lu dans Le Télégramme du 18 mars 2019)
Prier, se détendre et couper la faim
À l’origine mastiqué par les érudits et dignitaires religieux musulmans des cités de l’est éthiopien, le khat a ensuite étendu sa treille dans les campagnes pour stimuler la prière des croyants mais aussi pour encourager au travail, couper la faim et offrir le temps, tout en mâchant, de discuter et se détendre, entre hommes.
En suivant les routes de l’islam, l’arbre et ses feuilles cabotent de comptoir en comptoir sur les pistes du commerce caravanier vers Djibouti, la Somalie le Somaliland (des pays consommateurs mais non producteurs) ou le Kenya. En empruntant les voies maritimes, il s’implante aussi au Yémen puis aux Comores et Madagascar où il débarque au début du XXe siècle.
Les chemins du khat, Éthiopie, 2001. Lemessa Dessacha, Author provided
Depuis une trentaine d’années, le public de mâcheurs – qui se féminise – s’étend en suivant les diasporas de la Corne de l’Afrique. Ainsi, le bouquet euphorisant poursuit sa route toujours plus loin, toujours plus vite – aux États-Unis, en Europe, en Australie et plus tardivement en Chine – en composant désormais avec les différentes réglementations nationales en vigueur.
Prohibitions
« 24 août 2015 : Golfe d’Oman, Sultanat d’Oman, 1 300 bouquets saisis par la douane ».
Le comité de la pharmacodépendance de l’OMS n’inscrit cependant pas le catha edulis dans la « Convention des Nations unies sur les psychotropes de 1971 ».
En effet, seules deux des principales substances actives contenues dans les feuilles de khat, et non les feuilles elles-mêmes, sont visées par cette convention : la cathinone (inscrite au tableau I) et la cathine (tableau IV) – qui partagent les propriétés des amphétamines de synthèse mais dont les effets, « naturels », sont beaucoup plus faibles.
Un client achète du khat à Harlesden, au nord-ouest de Londres, en juin 2014, quelques jours avant son interdiction et classification C parmi les drogues et substances illicites par le gouvernement britannique.
Justin Tallis/AFP
Il appartient donc à chaque État de légiférer : la France l’interdit en 1957, la Chine très récemment en 2014 alors que d’autres pays, comme l’Autriche, ne le prohibent pas.
Pourtant la consommation et le commerce des feuilles demeurent dans un réseau d’initiés. Des Éthiopiens, Somaliens, Kenyans et Yéménites, du Danemark au Minnesota comme dans le quartier londonien de Camden, mâchent pour adoucir l’exil.
D’autres s’étourdissent :
« Pour les hommes, je te parle de nos pères, c’est le seul moyen de se reposer et de se relaxer […]. À Londres, le week-end, la seule chose qu’ils veulent c’est khatter, être entre eux, comme s’ils n’étaient pas là […] Pour eux, le khat c’est être un Somali, faire comme un Somali, même loin […] ». (A., Dire Dawa, Éthiopie, avril 2013)
Un nouvel ennemi à abattre
Cette méfiance envers le khat répond à des considérations sanitaires : sur le long terme, la consommation de khat provoquerait, selon les études, insomnies, troubles de la sexualité, dénutrition, augmentation des risques de cancer de la bouche et de la gorge.
Mais les enjeux sécuritaires sont également forts. Il y a d’une part la war on drugs impulsée par les États-Unis – dont on sait qu’elle a fait plus de morts que les drogues elles-mêmes.
D’autre part la lutte mondiale contre le terrorisme se profile : l’argent du khat financerait des groupes terroristes en Somalie. Une liaison d’autant plus dangereuse qu’elle n’est pas étayée. La presse américaine ou britannique interrogent ainsi de façon souvent insidieuse, les liens entre khat et terrorisme. Le khat est donc cet ennemi supposé qui guette, dehors.
« Des gangs somaliens ont terrorisé les gens à Lewiston, dans le Maine, où la population africaine a grimpé de plus de 600 pour cent, en un court laps de temps. L’immigration frauduleuse continue. La Sécurité intérieure ne fait rien […]. Quand je pense à ce khat qui y est envoyé, surtout en cette période où on célèbre l’anniversaire du 11 septembre 2001, je ne peux pas m’empêcher de me demander ce qui est importé d’autre que les honnêtes citoyens ne peuvent même pas imaginer ». (Marietta Daily Journal, 4 avril 2012)
Mais le khat n’incarne-t-il pas – surtout ? – cet ennemi qui guette du dedans ? En effet, nombre de [propos recueillis sur le khat] font ressac sur les immigrés, le bruit et l’odeur des hommes [« à la peau sombre »).
« Ici [à Xiaobei, quartier de Canton] les gens ont peur de la police […]. Si tu es noir, pour la police, c’est une certitude que tu vends de la drogue ou que tu en prends […]. La semaine dernière j’ai fêté mon anniversaire dans un club […] avec mes amis, des Éthiopiens surtout, la police a débarqué, ils nous ont tous forcés à pisser dans des tubes […] » (A., étudiant, Guangzhou, Chine, juillet 2018).
Expédier du khat, c’est jouer au billard en plusieurs bandes
Pour déjouer les contrôles et atteindre la clientèle de mâcheurs, les commerçants de Dire Dawa doivent sans cesse redéployer leurs réseaux et trajectoires. Ils expédient par avion vers des pays européens où le khat est autorisé et prévoient ensuite son acheminement avec chauffeur et voiture à travers les territoires de prohibition pour rallier les marchés de Londres ou d’Oslo… Expédier du khat, c’est jouer au billard en plusieurs bandes.
« Il faut repérer des nouvelles destinations, répéter, c’est risqué, il faut changer tout le temps les itinéraires. On repère, on envoie un ou deux personnes en reconnaissance sur place, on leur envoie le colis dans leur hôtel, ils tournent, ou avec une boîte postale, on essaie, et ensuite on change […]. On a fait ça pour Guangzhou [Canton], ça a bien marché. » (D., Dire Dawa, Éthiopie, février 2015)
Or, les délais d’acheminement doivent être très rapides, c’est-à-dire moins de 48 heures avant que ne flétrissent les effets stimulants des feuilles fraîches. À destination des États-Unis, les commerçants recourent aux services express de Fedex/UPS ou empruntent les liaisons aériennes, avec valises en soute, en aménageant une escale pour tromper la vigilance des douaniers face aux arrivages directs « from Ethiopia » d’emblée connotés « khat ».
L’évèque Stanley Karuru offre des prières devant une botte de khat à l’église AIPCEA à Igembe (Kenya) pays particulièrement touché par l’interdiction d’exportation de khat au Royaume-Uni en 2014. Tony Karumba/AFP
Lyophilisé et réhydraté au Coca-Cola
Il est également possible d’affréter un container au départ du port de Djibouti. Avec détour, par Hanoï. Direction la Chine, pour noyer le khat dans le trafic qui met le cap sur les États-Unis. Plus modestement, et plus fréquemment, tout un chacun peut aussi prendre le chemin de la poste de Dire Dawa et envoyer son colis, toujours en ricochet.
« Je ne connais pas le gars aux États-Unis mais il connaît un gars de Dire Dawa qui m’appelle […]. Moi, j’envoie d’abord au Kenya, j’ai un ami là-bas […] qui envoie en Chine […] c’est pour effacer les traces, Dire Dawa, ils savent que c’est le khat […] et de la Chine, le gars envoie aux États-Unis […]. Le gars des États-Unis connaît le gars de Chine et le gars de Dire Dawa […]. Moi, je connais que le gars au Kenya et celui de Dire Dawa […] ». (Conversation dans un salon de khat, Dire Dawa, Éthiopie, avril 2014)
Dans ces deux derniers cas – container de 20 pieds ou boîtes à chaussures – la lenteur du transport impose alors de lyophiliser la marchandise : le khat est préalablement séché, réduit en poudre (étiqueté « henné » ou « thé ») et, à son arrivée, il est réhydraté au Coca-Cola.
« On ne fait pas les colis pour devenir riche, c’est la famille là-bas qui a besoin aussi de cette rentrée d’argent. Ce sont les femmes là-bas, surtout, qui nous demandent d’envoyer le khat, elles le vendent et avec le bénéfice, elle nous aide ici, participent aux dépenses de la famille. » (Conversation dans un salon de khat, Dire Dawa, Éthiopie, avril 2013)
Ces stratégies de contournement à l’international ont un coût financier et la probabilité accrue de tout perdre décourage de plus en plus et notamment ceux qui n’ont pas les moyens de prendre des risques. Il leur resterait alors le commerce transfrontalier et local. Quoique…
À Madagascar, les fermiers et paysans aussi cultivent le khat.
En Éthiopie : une manne financière à contrôler
Si le khat suit des chemins qui l’emportent au loin, rappelons toutefois que la première destination d’exportation des feuilles cultivées dans l’est éthiopien est le Somaliland, où 60 000 kilos sont exportés quotidiennement en toute légalité.
Une entreprise privée, la 571, gérée par un couple éthio-somaliland, exerce un monopole grâce, notamment, à sa flotte de livraison : 25 camions ISUZU FSR (contenance de 8 tonnes au moins) et deux Antonov basés sur le tarmac de Dire Dawa.
La seconde destination, tout aussi autorisée, est celle de Djibouti où chaque jour, 15 000 kilos y sont expédiés légalement.
Aujourd’hui quatre grandes compagnies « privées » (mais non sans lien avec l’État parti) et une centaine de licences attribuées – majoritairement à des hommes – trustent la filière en partenariat avec une société relais djiboutienne (la SODJIK) qui réalise en moyenne, à la revente, un chiffre d’affaires annuel de 32,8 millions de dollars.
Cette « rationalisation » du secteur de l’exportation au début des années 2000 – à l’ère du « libéralisme politique » et de la « libéralisation économique » – permet à l’État éthiopien de contrôler une partie des revenus générés par le khat ; de faire émerger ses propres figures de la réussite ; de limiter la prolifération d’outsiders locaux qu’il lui serait plus difficile d’identifier, de taxer et de surveiller. Et ce d’autant plus que dans cette région orientale, mâcher ensemble dans l’intimité des salons serait associé, vue du Palais, au complot et à la contestation sociale.
De plus, favoriser quelques entreprises fidélisées permet à l’État de manœuvrer politiquement dans cette région où des fronts de libération ont contesté/contestent le pouvoir de l’autorité centrale. Ainsi l’un de mes informateurs me rapporte à propos d’un des gros distributeurs de khat de la ville :
« Tu distribues le khat, tu fais de l’argent, tu deviens riche alors le gouvernement vient vers toi […]. Ils veulent […] que tu te présentes aux élections pour eux. C’est avec le khat qu’on gagne les élections ici à Dire Dawa et dans l’Ogaden ». (L., Dire Dawa, mars 2015).
Les femmes, ces aventurières quotidiennes du khat
Si le secteur se réorganise, la contrebande aussi : de Dire Dawa au Somaliland, 30 000 kg transiteraient par jour, tandis que 3 000 kg passeraient en douce vers Djibouti. Si le contrôle de l’État n’est pas sans faille, si les trafics demeurent, ce sont en revanche ses acteurs qui changent peu à peu.
« Il y avait une majorité de femmes sur les trains […], je dirai 80 % de femmes, surtout des femmes issas et oromos […] elles se faisaient taxer à chaque station, dès Dire Dawa, mais personne ne les empêchait de faire leur business, tout le monde y participait, on y gagnait tous […] sans la contrebande, Dire Dawa serait morte ». (J., Dire Dawa, février 2014)
En effet, des années 1970 au début des années 2000, ce sont les femmes qui embarquaient à bord des trains vers Djibouti avec du khat frais et redescendaient à Dire Dawa avec des produits de consommation courante (boîtes de sardines, vêtements) bravant la répression policière et les abus de pouvoir des hommes.
« Il était impératif pour ces commerçantes de coopérer avec le personnel du chemin de fer […]. Oui, les gars les aidaient parce qu’ils avaient couché avec elles […]. » (H., Dire Dawa, avril 2013).
Aux décisions politiques de réorganisation de la filière d’exportation (qui profitent à certains hommes, et bien moins aux femmes) s’ajoute celle de mettre fin à la circulation du train vers Djibouti.
Pour les commerçantes, ce coup de sifflet marque la fin du voyage et le repli sur les petits et grands marchés de khat locaux où, derrière leurs étals, elles exercent le monopole de la vente de proximité.
Pour l’’heure les femmes résistent d’autant mieux que les représentations sociales font encore rimer la vente du khat au féminin. Cette spécificité genrée de l’activité est volontiers justifiée par la division sexuelle du travail, par la soi-disant inadéquation féminine au ruminage, par les qualités essentialistes attribuées aux femmes mais, plus encore, par la corrélation entre l’effet que suscite la vendeuse et celui « sensuel » que procure le bouquet au mâcheur qui maintient les dames comme vendeuses et les messieurs comme clients.
Mais, pour combien de temps encore ce pré-carré ?
Devantures d’étals vendant du khat à Djibouti, mai 2015. Carl de Souza/AFP
Une autre mondialisation
Tantôt fléau à éradiquer, tantôt or vert qui fait vivre une région entière, le khat peut être lu comme une marchandise ambivalente qui change de statut, de valeur et de matérialité car ses circonvolutions à l’international l’exposent à l’altérité, aux différents bastions moraux. À la confrontation des normes. Aux rapports de pouvoir.
Ainsi, loin de Davos et de Wall Street, il y a ces resquillages permanents de commerçants qui continuent d’alimenter les marchés internationaux ; il y a aussi ces consommateurs qui continuent à se repaître à travers le monde, quelles qu’en soient les conséquences – puisque devenir un citoyen modèle ne serait pas compatible avec le masticatoire ; il y a enfin ces anciennes contrebandières sédentarisées qui doivent composer avec une potentielle confiscation des hommes.
L’ouverture d’une nouvelle ligne de train entre l’Éthiopie et Djibouti en 2018 bénéficiera-t-elle aussi aux vendeuses de khat ?
Suivre la marchandise khat propose donc de s’immerger dans une autre mondialisation, non pas celle des grandes entreprises transnationales, mais celle plus « discrète », celle dite « par le bas », pour en cerner certains des enjeux économiques et politiques. Entre l’intime et le monde, entre connexions et déconnexions, il convient d’entendre aussi ce que les hommes font du khat et ce que le khat, sur un marché globalisé, fait aux hommes. Et plus encore, aux femmes.
L’auteure vient de publier Puissance khat, Vie politique d’une plante stimulante aux éditions PUF.
Trois autres policiers ont été mis en examen ce jeudi dans l’affaire de corruption et de trafic de stupéfiants qui secoue la Brigade anticriminalité du XVIIIe arrondissement de Paris, a fait savoir une source judiciaire, confirmant une information du site Les Jours et d’Europe 1.
Deux autres hommes, non policiers, avaient aussi été mis en examen la semaine dernière, notamment pour corruption active. « Ils sont notamment soupçonnés d’avoir corrompu “Bylka” », surnom du brigadier dans le quartier, « considéré par la justice comme l’organisateur des malversations », selon Les Jours.
Les deux policiers sont soupçonnés d’avoir « protégé des trafiquants de stupéfiants contre rémunération » et d’avoir blanchi l’argent ainsi obtenu, avait expliqué samedi une source proche du dossier. « Ils revendaient des informations sur les dispositifs policiers de lutte antidrogue et rackettaient les dealers », selon une source proche de l’enquête.
Un trafic qui explose, et des méthodes de passage qui évolue
Un tiers des petites mains des trafiquants viendrait du Suriname, un autre tiers de l’Ouest, rural, de la Guyane. Avec un taux de chômage de 22% en Guyane, les trois-quarts de ces intermédiaires sont sans emploi, selon le Parquet, et donc attirés par l’appât du gain.
Leurs méthodes sont aussi en train de changer : il y a quelques années, avaler la drogue était majoritaire, mais selon un rapport de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCTRIS) rendu en février 2019, ce n’est plus vraiment le cas. Les mules avalent de moins en moins la drogue (seulement 24% des cas en 2018), et préfèrent plutôt la cacher sur eux (28% des cas) ou dans les valises (42% des cas, toujours selon rapport OCTRIS), ce qui permet d’en emporter plus. D’ailleurs, les quantités saisies par les douanes sont en hausse : 1,7kg en moyenne par personne interpellée, avec une fourchette comprise entre 1 et 20kg !
Des policiers et des douaniers en trop petit nombre
Avec 1.349 arrestations l’an passé à Cayenne, les forces de l’ordre interpellent plus de trois personnes par jour. Mais ce n’est que la partie immergée de l’iceberg, car les policiers estiment à 8 ou 10 le nombre de mules envoyées pour chaque vol entre Cayenne et Orly. C’est la stratégie de la saturation : les trafiquants savent que les douaniers n’ont pas les moyens de traiter plus de deux ou trois personnes par jour.
« Une mule, c’est au moins 35 jours de procédure. Donc au minimum deux douaniers et un médecin », explique à Europe 1 Rodolphe Alexandre, le président de la Collectivité territoriale de Guyane. « Les services sont insuffisants. Prenons le cas du scanner ou de l’échographe, il faut soit un médecin soit un infirmier pour suivre ces opérations. »
Actuellement, l’échographe installé dans l’aéroport de Cayenne pour déceler la drogue dans les corps ne fonctionne pas.
Les autorités ont donc décidé de lancer un plan de lutte renforcé le 11 avril, avec l’affectation de quatre agents supplémentaires pour les douanes à la frontière d’ici l’été, ce qui doit faire passer les effectifs de 18 à 22 personnes à Saint-Laurent du Maroni, et huit lits carcéraux au lieu de quatre à l’hôpital de Cayenne pour prendre en charge ceux qui ont avalé la drogue. Il s’agit aussi d’augmenter les contrôles, sur les routes et à l’aéroport, en Guyane comme à l’arrivée en métropole.
La cocaína se encontraba repartida en varios contenedores, de acuerdo con la información que adelantan medios locales que citan fuentes que participan en el operativo.
El cargamento fue transportado en el buque MSC Gayane, que hizo paradas en Colombia, Chile, Perú, Panamá y las Bahamas antes de tocar finalmente puerto en la costa este de EE UU. El barco navega con bandera de Liberia.
La agencia antidroga estadounidense (DEA) confirmó después el arresto de varios miembros de la tripulación.
Une cargaison de cocaïne d’environ 16,5 tonnes a été trouvée sur un navire arrivé à Philadelphie (Etats-Unis), a annoncé mardi le bureau du procureur dans le district est de la ville. .
« Les membres de l’équipage ont été arrêtés et inculpés au niveau fédéral », a déclaré l’accusation sur son compte Twitter.
La cargaison a été saisie au terminal Packer Marine du port de Philadelphie, sur la rivière Delaware.
Le chargement fut transporté dans le navire marchand « MSC Gayane », qui arrivait du Chili en passant par Panama et les Bahamas.
La DEA a confirmé l’arrestation de divers membres de l’équipage.
Les agents du SVA, à bord des patrouilleurs Abanto et Paíño ont intercepté ce lundi, à 98 milles marins au sud-est de Carthagène, un navire marchand, battant pavillon moldave qui transportait 10 tonnes de haschisch.
Le cargo a accosté mardi à midi dans la digue sud-ouest du quai Cartagena de Escombreras, où le délégué spécial de l’AEAT à Murcie, Alfonso del Moral, a annoncé les détails de l’opération « Seifa », dans laquelle les patrouilleurs « Abanto » et « Paíño » ont intercepté le bateau « ELG » de 79 mètres de longueur. Les moyens aériens de surveillance douanière de l’administration fiscale ont positionné le cargo et facilité le suivi.
Huit membres d’équipage de nationalité ukrainienne ont été arrêtés.
L’opération a été mise au point par la Surveillance des douanes, coordonnée par la Sous-direction générale des opérations du Département des douanes et des taxes spéciales de l’AEAT et avec la collaboration des autorités françaises, italiennes et turques, ainsi que par le Centre de renseignement contre le terrorisme et contre le crime organisé (CITCO) et le Centre de coordination pour la lutte antidrogue en Méditerranée (CECLAD).
Au final, ce « joli coup de filet » selon le chef d’escadron Erwann Laisney, commandant la compagnie de Plourin-les-Morlaix, permet l’interpellation de cinq personnes, trois hommes et deux femmes, soupçonnées d’être des trafiquants de cocaïne. Elles ont été placées en garde à vue. En matière de stupéfiants, les gardes à vue peuvent durer jusqu’à 96 heures. Elles devraient ensuite être déférées au parquet de Brest. Deux personnes sont d’origine guyanaise, une de l’Ile Maurice, une d’Afrique du Sud et une de Bretagne.
L’enquête a débuté fin janvier, à Pleyber-Christ (Finistère), lorsqu’un gendarme de la brigade identifie un homme d’origine guyanaise qui s’adonne à la vente de cocaïne.
Ce dernier réside alors à Lampaul-Guimiliau près de Morlaix (Finistère). Progressivement et devant l’ampleur que prend le trafic de stupéfiants, les enquêteurs, en repérant vendeurs et acheteurs, recueillent toutes les preuves afin d’établir un trafic bien établi. Opération dès l’aube ce lundi
Décision est prise de lancer une opération le lundi 17 juin dès l’aube. A 6h du matin, les premières interpellations ont lieu avenue Jean-Jaurès à Brest au domicile où est dorénavant logé le Guyanais, chef de file du réseau. Il n’est pas sur place au moment de la descente des gendarmes. Il sera interpellé plus tard, vers 11h en « milieu ouvert » à Brest. Cet homme de 41 ans a déjà était poursuivi pour de multiples trafics de stupéfiants en Guyane.
Le rocher de Gibraltar, à moins de 20 km des côtes africaines, c’est l’entrée sud de l’Europe. C’est aussi l’un des détroits les plus surveillés au monde, puisqu’il est devenu le passage obligé des tonnes et des tonnes de drogue des montagnes du Rif marocain…qui sont expédiées chaque jour.
La plupart du hasch consommées en France en Allemagne en Angleterre passe par le détroit de Gibraltar, avant d’arriver sur les plages de la Costa del Sol, de Tarifa, Cadix, Huelva ou sur les cotes algériennes, françaises, italiennes, portugaises , tunisiennes et parfois anglaises.
Estimation du trafic: 15 tonnes de haschich par 24 heures
BEIJING, 17 juin (Xinhua) — La police chinoise a résolu 70.000 affaires liées à la contrebande, au commerce et au trafic de drogue l’année dernière, soit une baisse de 31% par rapport à 2017, selon la Commission nationale de contrôle des stupéfiants de Chine (CNCSC).
Environ 98.000 suspects impliqués dans ces affaires ont été arrêtés en 2018, soit une baisse de 14,8% par rapport à l’année précédente, indique un rapport sur la situation du contrôle de la drogue rendu public lundi par la CNCSC.
Un total de 41,8 tonnes de drogues ont été saisies, soit 36,6% de moins qu’en 2017, précise le rapport, notant que plus de 60% des drogues saisies étaient transportées par voie terrestre.
Roberto Gonzalez Franco de Los Mochis, lié au cartel de Sinaloa, est parmi les 22 prévenus arrêtés mercredi 5 juin dernier pour leur rôle dans un trafic d’héroïne et de fentanyl
La drogue était acheminée de Mexico à New-York
Roberto Gonzalez Franco de Los Mochis est accusé de trafic de drogue avec deux autres personnes.
L’agent spécial de la DEA de New York, Raymond Donovan, en charge de l’enquête, précise que le fentanyl est la menace la plus mortelle qui pèse sur les population à travers le monde, ajoutant que cette affaire est précieuse parce qu’elle permet d’analyser avec précision les mécanismes d’opération et de transport du cartel de Sinaloa. On apprend « qui amène l’héroïne, le fentanyl, et la mort jusqu’aux portes des consommateurs new-yorkais”.
Les Etats-Unis ne sont pas les seuls victimes
Cette organisation opère aussi en Colombie, au Panama, au Pérou, au Paraguay, au Brésil, en Argentine et en Europe. Selon Donovan ; “Grâce à cette enquête, nous avons sauvé des vies; nous avons intercepté 22,6 kilogrammes de fentanyl avant même qu’elle n’atteigne la rue”.
L’interception par la marine canadienne de trafiquants présumés d’héroïne, en mer d’Arabie, en janvier 2014.
LS D. BARD/MINISTÈRE DE LA DÉFENSE NATIONALE/REUTERS
La moitié de la production afghane transiterait par le Pakistan voisin. Une partie est consommée sur place – à moins de 1 euro le shoot -, le reste poursuit son chemin par des circuits complexes en direction de l’est (Inde, Extrême-Orient) ou de l’Afrique. Depuis quelques années, d’importantes saisies effectuées dans l’océan Indien, à proximité des côtes orientales du continent africain, ont démontré l’émergence de cette « route du sud ». Ainsi, en mai et juin 2015, les forces navales de la coalition internationale Task Force 150 ont récupéré 1,5 tonne d’héroïne à bord de sept bateaux au large de la Tanzanie.
Les anglophones surnomment cette voie d’exportation « the smack track » en argot américain, « la piste de l’héro ». En fait, il s’agit d’un ensemble de routes aériennes et maritimes reliant le Pakistan et l’Iran, d’un côté, aux pays du Golfe et à l’Afrique de l’Est, de l’autre. Seule une partie de la drogue est destinée à la consommation régionale, estimée à quelque 2,6 tonnes d’héroïne pure.
« Les zones de transit finissent toujours par devenir des lieux de consommation, explique Olivier Maguet, de Médecins du monde. Les narcos ont besoin d’intermédiaires locaux, qui peuvent être rémunérés en nature. Ces derniers cherchent alors à attirer de nouveaux consommateurs et à créer un marché sur place. »
La voie aérienne, la plus courte et la plus rapide, n’est pas la plus sûre: les aéroports disposent de moyens de détection plus systématiques et plus performants que les ports. Ainsi, les saisies se sont multipliées ces derniers temps dans le « hub » aéroportuaire des Emirats arabes unis (EAU), où transitent d’importants volumes de fret aérien, ainsi qu’au Qatar ou au Kenya.
Mais la très grande majorité des cargaisons d’héroïne parvient en Afrique par voie maritime.
Principaux points de départ: le port de Karachi, au Pakistan, et la côte sud de l’Iran, dans la région du Makran. La « came » traverse l’océan Indien cachée dans des conteneurs à bord de cargos ou sur des boutres, des caboteurs traditionnels à coque en bois. Ces bateaux, appelés dhows en arabe, sillonnent la mer Rouge et l’océan Indien. La plus grosse saisie effectuée sur un boutre date d’avril 2014: en plein océan, une frégate de la coalition navale internationale arraisonne un bateau faisant route entre le Pakistan et la Tanzanie.
A bord, 1032 kilos d’héroïne, dont la pureté avoisine les 60%. Une prise dont la valeur s’élèverait à plusieurs centaines de millions d’euros sur le marché européen. Au total, en 2014, près de 4 tonnes de cette drogue ont été interceptées par les navires de surveillance, soit le double de l’année précédente. Mais quelles quantités échappent aux contrôles? Plusieurs dizaines de tonnes, assurément.
Une fois débarquées sur le continent africain, les cargaisons sont stockées dans des entrepôts, fragmentées et reconditionnées en plus petites unités, souvent de 10 à 20 kilos. Puis la marchandise reprend sa route par rebonds successifs. Pour une part par voie aérienne, vers d’autres pays africains ou l’Europe. « Les vols d’est en ouest d’Ethiopian Airlines, d’Emirates Airline et d’Etihad Airways [EAU], par exemple, sont très surveillés », relève un bon connaisseur des filières.
La drogue circule aussi par la route. Soit vers l’Afrique centrale, via l’Ouganda. Soit vers le sud, à travers le Malawi et le Mozambique. Etape suivante: l’Afrique du Sud, où le port industriel de Durban fait office de carrefour. Une partie des stupéfiants poursuit alors son voyage en bateau, en contournant le cap de Bonne-Espérance; l’autre emprunte les vols internationaux à destination de l’Europe.
« L’Afrique tout entière est devenue une cible prioritaire pour les trafiquants d’héroïne, tant pour le transit que pour la consommation locale », souligne Pierre Lapaque, représentant pour l’Afrique centrale et de l’Ouest de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC).
« Le marché européen est saturé, poursuit cet ancien commissaire de police français, aujourd’hui en poste à Dakar, au Sénégal. Le continent africain, lui, va voir sa population, déjà très jeune [40% des habitants ont moins de 15 ans], doubler d’ici à 2050. Une véritable classe moyenne, de plusieurs centaines de millions de personnes, est en train d’émerger. Avec leur approche commerciale du crime, les narcos veulent mettre la main sur ce secteur très alléchant. » .
Ce scénario touche de plein fouet l’ouest du continent. En quelques années, les saisies d’héroïne et d’autres opiacés y ont largement augmenté. Avec un épicentre: le Nigeria, dont les gangs contrôlent la réception et le « reroutage » des produits dans la région.
Au-de là de Lagos, tous les grands ports du golfe de Guinée sont concernés, de Cotonou (Bénin) à Lomé (Togo) et Abidjan (Côte d’Ivoire). Faute de moyens de contrôle suffisants, et sur fond de corruption endémique, des colis de 20 à 100 kilos d’héroïne dissimulés dans un conteneur de 20 tonnes se faufilent sans peine entre les mailles du filet.
Une fois à terre, l’essentiel de la drogue prend la direction du nord, pour être acheminée vers les rives de la Méditerranée, puis l’Europe. Comme la cocaïne ou les méthamphétamines, l’héroïne emprunte alors les traditionnelles routes caravanières à travers l’immensité sahélo-saharienne. Certains tronçons – via Tombouctou et Gao, dans le nord du Mali, Agadez, au Niger, Sebha dans le sud-ouest de la Libye – sont contrôlés par des mouvements armés, notamment des groupes « hybrides », où narcos et djihadistes s’associent, voire se confondent.
Giuseppe Cortese, membre de la Ndrangheta, âgé de 53 ans, est présenté, ce vendredi matin au parquet général de Dijon (Côte d’Or) dans le cadre d’un mandat d’arrêt européen
Tellement surpris, la moutarde ne lui est même pas montée au nez
Tout s’est joué dans le plus grand secret pour déjouer les informateurs de la mafia qui noyaute la police et toute la société transalpine.
Mardi, à 3 heures du matin, les policiers italiens transmettent l’ordre d’arrêter cet homme à l’Office central de lutte contre la criminalité organisée (OCLCO) à Nanterre (Hauts-de-Seine) et indiquent que Giuseppe Cortese, connu pour faire partie de cette association mafieuse et spécialisée dans la finance du trafic, vient de passer en France pour se rendre en Suisse. Grâce à une géolocalisation de son portable, le suspect est repéré en Bourgogne.
Interdit de séjour en Loire-Atlantique, un jeune de 19 ans a été interpellé, mardi 11 juin à Vannes, avec du cannabis, sur les lieux du trafic de stupéfiants à Kercado. Il a été jugé vendredi après-midi 14 juin, devant le tribunal correctionnel de Vannes. Il a été condamné à deux ans de prison.
Pour le procureur, François Touron, le Nazairien de 19 ans, qui comparaît, ce vendredi 14 juin, devant le tribunal correctionnel de Vannes, est doublement coupable. Coupable de s’être livré au trafic de stupéfiants et coupable d’avoir continué, malgré sa mise en examen, malgré son placement en détention puis une fois à l’extérieur: « Vous avez fait le choix de vous investir dans une organisation criminelle, dans une économie clandestine. Vous avez fait ce choix et vous l’avez réitéré alors même que vous étiez en détention. »
Les faits – pour lesquels le jeune homme était jugé, ce vendredi 14 juin, en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Vannes – remontent au 11 juin. Ce jour-là, le prévenu, sorti de prison un mois plus tôt, est interpellé rue de Kerarden, à Vannes, alors qu’il se trouve en présence d’autres jeunes, tout de noir vêtu, à un endroit connu pour être un point de vente de stupéfiants.
« Quand la police est arrivée, je n’ai pas essayé de fuir, ni de courir, explique Medhi Clarke, dans le box. L’interpellation s’est bien passée. » Le jeune homme assure que les dix barrettes de résine de cannabis trouvées sur lui (54 g) étaient destinées à être remises à « un homme cagoulé », pour le compte duquel il aurait dû ensuite faire le guet. Une journée qui devait lui permettre de rembourser une dette : « l’achat d’un téléphone en prison », d’une valeur de 340 €.
À son domicile, les policiers retrouveront trois autres barrettes et 215 €. « Le cannabis, c’était pour ma consommation personnelle, et l’argent liquide, mon pécule en sortant de maison d’arrêt. »
La Unidad de Análisis de Riesgos (UAR) del puerto de València, integrada por funcionarios de Aduanas y la oficina de análisis e investigación (Odaifi) de la Guardia Civil han intervenido otros 234 kilos de cocaína recién llegada de Suramérica a bordo de un contendor que, en esta ocasión, traía bebidas de malta desde la República Dominicana.
Con este nuevo gancho perdido ya es más de medio tonelada la cocaína decomisada en el puerto valenciano en este mes de junio. De hecho, solo siete días separan este cargamento del anterior, descubierto el día 4 cuando el único detenido de esa causa, un camionero, trataba de salir del recinto portuario con 270 kilos de cocaína ocultos entre las cajas de piña que aseguraba llevar como carga.
De la drogue (cocaïne, héroïne et cannabis) et plus de 23 000 € ont été saisis.
Les interpellations ont eu lieu en deux temps.
-Dans le cadre d’une commission rogatoire – qui a déjà permis de mettre la main sur 235 kg de cannabis, en début d’année, les policiers vannetais ont d’abord interpellé, le 30 mai 2019, deux vendeurs de stupéfiants âgés de 22 et 28 ans.
Ces deux jeunes hommes, originaires de la région parisienne, ont été appréhendés en plein trafic. Ils étaient en possession de 13 600 € provenant du trafic et de 365 grammes de cannabis. Placés en garde à vue et présentés au parquet, ils ont été écroués.
-Poursuivant leurs investigations, et toujours dans le cadre de ce même trafic qui irrigue le quartier de Kercado, les policiers ont mis en place un dispositif de surveillance et d’interpellations, qui a mobilisé une vingtaine de fonctionnaires de police. Mardi 11 juin, vers 22 h 30, à l’issue d’une journée de revente de stupéfiants, ils ont interpellé cinq personnes, dans le quartier de Kercado: « quatre jeunes qui se rendaient dans un appartement de Kerarden, servant de base arrière, et la locataire de ce logement », précise le commandant Patrick Beurel, adjoint au directeur départemental de la sécurité publique du Morbihan.
La police nationale espagnole a découvert une méthode novatrice dans le monde du trafic de drogue.
Les agents du groupe XIV de la brigade de police judiciaire ont trouvé 800 kilos de cocaïne dans de fausses pierres.
L’opération, qui a entraîné 11 arrestations, a suscité l’intérêt des plus grandes agences de sécurité et de la police du monde.
Les trafiquants de drogue ont mis les 800 kilos de poudre blanche dans une cargaison de 180 tonnes de roches répartie dans plusieurs conteneurs, qui a quitté Guayaquil et atteint le port de Barcelone après une escale à Carthagène des Indes.
La police de la province du Yunnan (sud-ouest) a saisi 62,76 kg d’opium à un point de contrôle frontalier du port de Qingshuihe, ont annoncé mercredi les autorités locales.
C’est le 7 juin que les autorités ont découvert deux sacs dans une forêt près du point de contrôle, contenant 20 piles d’opium, d’un poids total de 62,76 kg.
Trois hommes de 22 à 25 ans comparaissaient devant le tribunal de Vannes, mardi 11 juin 2019, pour trafic de stupéfiants. Deux d’entre eux ont écopé de prison ferme.
Un sac de produits de stupéfiants avait été découvert par un promeneur, dans un véhicule stationné, portière ouverte, à Limerzel. Très vite, le propriétaire de la 206, Thomas Rio, avait été interpellé. Lui et ses deux complices étaient jugés en comparution immédiate, mardi 11 juin 2019, devant le tribunal correctionnel de Vannes. Deux sont incarcérés, le troisième comparaît libre.
Cocaîne, cannabis, ecstasy
Les trois jeunes, âgés de 22 ans à 25 ans, ont tous un travail, mais ont fait le choix de se lancer dans le trafic de stupéfiants. D’abord pour leurs consommations personnelles, très importantes, mais surtout dans un but lucratif. Cocaïne, cannabis, ecstasy… avaient été retrouvés le 5 juin, dans le véhicule stationné « à l’abri des regards ». C’est par mégarde que Thomas Rio avait laissé ouverte la porte de son « lieu de stockage », où traînait même au sol un billet de 50 €, avant de concéder aux enquêteurs, un rôle de mise en culture de quinze pieds de cannabis, sur un terrain qui ne lui appartient pas, mais propice à la plantation.
Prison ferme
Hier, les déclarations ont été faites a minima. Restent les éléments objectifs qui permettent à la vice-procureure de requérir quatre ans dont un an avec sursis, et 15 000 € d’amende à l’encontre de Nicolas Cochin ; trois ans de prison dont un an avec sursis et 10 000 € d’amende pour Thomas Rio ; deux ans dont un an avec sursis contre le troisième complice.
Le tribunal a suivi les réquisitions avant d’ordonner le maintien en détention des deux fournisseurs, et leur interdiction de séjour dans le Morbihan pendant cinq ans
Pour Marc Fievet, l’OHIM aurait pu demander à l’ex DG de la Douane française Jean-Dominique Comolli de venir partager son expérience de tabatier…
Le rapport de l’Office européen de lutte contre les atteintes aux droits de propriété intellectuelle vient d’être publié par l’Office Européen de l’Harmonisation du Marché Intérieur (OHIM). Que de noms compliqués pour des concepts simples !
L’OHIM est un organisme qui gère les marques européennes. Il y a quelques années, il a créé un bureau d’étude pour suivre l’évolution d’une pratique illégale qui nuit à l’économie européenne : la contrefaçon.
La contrefaçon est la copie des produits protégés par des droits intellectuels parce qu’ils sont le résultat d’une recherche, d’innovations techniques, biologiques, esthétiques.
En France, ces droits sont d’une importance capitale dans l’industrie mécanique, le luxe et la mode, la pharmaceutique et tant d’autres domaines… on estime que la contrefaçon y occasionne 60 000 pertes d’emplois, couterait 6,8 milliards d’euros . Il occasionne des risques graves pour la santé, freine l’innovation. Sans compter l’impact environnemental : surproduction de produits de mauvaise qualité, sur- consommation de produits à prix cassés, destruction de ces produits…
Ce bureau a notamment pour rôle de dresser la liste des produits les plus contrefaits, les pays producteurs et les nouvelles cibles des contrefacteurs. Sans surprise, la Chine produit l’écrasante majorité des contrefaçons et se diversifie comme aucun autre pays : tee-shirts de mauvaise qualité, jouets pour enfants décorés avec des peintures cancérigènes, pièces détachées d’automobiles ou produits pharmaceutiques. La contrefaçon est une gangrène qui se propage à toute l’économie réelle et devient sans cesse plus dangereuse. Et les saisies douanières sont là pour en témoigner : en quantité, en diversité, la contrefaçon est un phénomène qui croît sans discontinuer depuis des nombreuses d’années.
Dans cet océan de faux produits, certains s’en tirent bien, notamment les produits du tabac. Pourtant la Chine est de loin le plus gros consommateur au monde et le plus gros producteur également.
Mais en Union Européenne, il n’existe quasiment pas de contrefaçon de tabac. Les trafics sont composés quasi-exclusivement de cigarettes légitimes, provenant des usines des 4 multinationales du tabac.
Comment expliquer ce phénomène ? Facile : un paquet de cigarette ne coûte pas plus de 15 centimes à produire. Ce sont les taxes et les marges des fabricants qui gonflent son prix. A ce prix-là, impossible pour d’autres produits à prix cassé d’envahir un marché déjà occupé. Mais pourquoi les produits authentiques se retrouvent-ils tant sur les marchés parallèles ? Pour mettre à mal les politiques de santé publique qui, avec des prix prohibitifs, tentent d’empêcher les jeunes de commencer à fumer, il faut bien trouver un moyen de vendre du tabac. Or sans contrebande, l’argent de poche ne permet pas de s’acheter de paquets à 10 euros ! A 3 ou 4 euros c’est une autre histoire…
Pourtant, dans les publications annuelles sur les trafics (ou celles des innombrables relais que l’industrie crée, finance, instrumentalise), la contrefaçon apparait comme un problème central. C’est pour ça que ces publications sont critiquées pour leur méthodologie biaisée.
Pourquoi ces rapports mêlent-ils contrebande et contrefaçon dans une même catégorie ? Si l’on veut s’attaquer aux trafics de tabac en France, c’est à la contrebande qu’on doit s’attaquer. Mais si l’on veut protéger les “droits de propriété intellectuelle” des industriels du tabac, c’est à la contrefaçon qu’on doit s’en prendre. Un flou est entretenu dans tous les rapports financés par l’industrie du tabac pour que sa responsabilité soit diluée.
La dernière version du rapport KPMG (financé par Philip Morris !) publiée début juin 2019 qui contient comme d’habitude une section « Contrefaçon et contrebande » fait à nouveau de la contrefaçon un problème majeur. Dans un fourre-tout insensé, ce sont contrebandes et contrefaçons qui sont mises ensemble. Insensé ? Pas vraiment, car ce faisant la responsabilité de l’industrie du tabac se trouve diluée.
On assimile les trafics aux méchants chinois, et on plaint les gentilles sociétés victimes et acculées… qui sont en réalité derrière ces trafics !
Que ce jeu malsain soit l’apanage de cols blancs peu scrupuleux, c’est désolant mais pas étonnant.
Cela devient révulsant quand ces pratiques trompeuses se généralisent à la sphère publique.
Ce n’est d’ailleurs par la première fois que l’ALCCI participait à ce genre d’enfumage : déjà à Bruxelles il y a un an, un colloque financé par Philip Morris avait réuni tout le gotha sous le thème : « contrebande, contrefaçon et financement du terrorisme ». Car il n’y a pas de limite à l’instrumentalisation des pires malheurs pour se rapprocher des pouvoirs publics.
Les patrons de la Commission Européenne invités – dont Pierre Moscovici- après avoir accepté, ont courageusement décliné l’invitation, après que le Canard enchaîné a publié la participation du Commissaire européen aux taxes et aux douanes !
Une participation à un évènement financé par le plus gros industriel du tabac qui fait tout pour contourner ces taxes n’était en fait pas conseillé par son service de communication ?
Mais il n’y a malheureusement pas qu’à Bruxelles que ces fumisteries sont pratiquées.
En France, où il est avéré – par certains industriels du tabac eux-mêmes !- que la contrefaçon ne représente pas plus de 0,2% du marché français, on retrouve les mêmes manigances. Ainsi, pour présenter le système de lutte contre les trafics de tabac mis en place à partir du 20 mai 2019, la Douane française déclare sur son site que le système de traçabilité « permettra de mieux lutter contre la contrebande et la contrefaçon des produits du tabac ». Pourtant s’il y a bien une entité qui doit connaître le sujet, c’est la douane. Le bureau “fiscalité douanière” partage les point de vues des fabricants de tabac, même si la France a tout sauf les mêmes intérêts. D’ailleurs, quand il s’agit de communiquer sur les montants de la fraude, le bureau “affaires juridiques et lutte contre la fraude” de la Douane ne parle plus de contrefaçon, mais seulement de contrebande
La lutte contre les trafics de tabac aurait-elle plusieurs visages selon les bureaux de la douane concernés ?
Seul Rodolphe Gintz, Directeur Général des Douanes, et responsable tant des fraudes que des droits indirects pourrait expliquer pourquoi certains dans son organisation reproduisent ces concepts de communication pensés par l’industrie du tabac alors que d’autres parlent plus simplement de contrebande.
L’approche des douanes est donc difficilement compréhensible.
Ce que l’on comprend sans mal en revanche, c’est que le lobby du tabac est omniprésent et influent jusqu’aux plus hautes officines.
Jusqu’au Parlement Européen, où les plus curieux pourront demander à Sonia Krimi, députée de la République en Marche, pourquoi elle invite le 20 juin le responsable de Philip Morris International pour un colloque à l’Assemblée Nationale sur la lutte contre les trafics. Alors que l’OMS recommande expressément de ne pas laisser participer l’industrie du tabac lorsque ce n’est pas strictement nécessaire.
Sans doute attend-elle de sa part un éclairage opportun sur les liens entre contrebande, contrefaçon, manipulation et entrisme…