ESTADOS UNIDOS 🇺🇸 (DEA) : la crisis del fentanillo obliga a modificar la lista de los criminales más buscados

En la cabeza de la lista figura Óscar Noé Medina González, el jefe de sicarios y mano derecha de Iván Archivaldo Guzmán Salazar, uno de los hijos del líder del cartel de Sinaloa, quien purga una cadena perpetua en una prisión de máxima seguridad de Colorado.

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Avec l’essor du fentanyl, la DEA part à la chasse de nouveaux trafiquants mexicains.

Même si la cocaïne est loin d’être en voie de disparition, la montée en puissance du fentanyl, produit au Mexique comme drogue de synthèse et qui fait des ravages aux États-Unis, incite l’agence antidrogue américaine à mettre de nouveaux visages sur sa liste des personnes les plus recherchées.

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FRANCE 🇫🇷 (Audition au Sénat) : ce que disait Stéphanie Cherbonnier le 10 mai 2023

Audition de Mme Stéphanie Cherbonnier, cheffe de l’Office anti-stupéfiants (Ofast)

M. François-Noël Buffet, président. – Nous accueillons Mme Stéphanie Cherbonnier, cheffe de l’Office antistupéfiants (Ofast).

Madame, nous comptons sur vos éclairages pour mieux connaître l’état des trafics dans notre pays et pour appréhender leur évolution, car il s’agit d’un enjeu criminel majeur.

Nous souhaitons également bénéficier de votre expertise pour préparer l’examen, dès la semaine prochaine, du projet de loi visant à donner à la douane les moyens de lutter contre les nouvelles menaces et, quinze jours plus tard, des projets de loi d’orientation et de programmation du ministère de la justice et du projet de loi organique relatif à l’ouverture, la modernisation et la responsabilité du corps judiciaire.

En effet, l’Ofast collabore étroitement avec l’administration des douanes pour la prévention et la répression du trafic de drogue. C’est une structure jeune, créée le 1er janvier 2020 en remplacement de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS) et qui constitue, contrairement à son prédécesseur, un service à compétence nationale. L’Office est le chef de file du plan national de lutte contre les stupéfiants et, plus largement, de la lutte contre le trafic de stupéfiants. Initialement doté d’une centaine d’agents, il s’appuie aujourd’hui sur environ 200 personnes au niveau central. Ses effectifs se composent à la fois de policiers, de gendarmes et de douaniers : ce mélange des cultures est le reflet de la feuille de route confiée à l’Office, dont la vocation première est de renforcer la coordination entre les services.

Mme Stéphanie Cherbonnier, cheffe de l’Office antistupéfiants. – Avec la création récente de l’Ofast, dont l’objectif est de lutter contre la menace grandissante du trafic de stupéfiants, il s’agissait de remplacer l’OCRTIS, qui ne jouait plus son rôle de cohésion au sein du ministère de l’intérieur, par une structure plus interministérielle et ouverte aux niveau national et international. Cette structure centrale compte 24 implantations territoriales : 14 antennes et 10 détachements. Le détachement est de taille plus petite que l’antenne, laquelle a une dimension plus stratégique d’analyse de la menace et de lien avec les partenaires. Celui du Havre, créé en 2021, va devenir une antenne en raison de la menace qui pèse sur ce territoire, liée à l’arrivée massive de cocaïne via son port ; actuellement, 8 policiers relevant de l’Office sont sur place, ce qui est faible au vu des 10 tonnes de cocaïne arrivées en 2022.

L’Office est non plus un office central, mais un service à compétence nationale (SCN), comme la direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) dont la forme juridique est similaire. Même si nos missions sont différentes, nous travaillons en partenariat avec cette dernière. En effet, le processus de lutte contre le trafic de stupéfiants englobe la détection et le contrôle des flux de marchandises, ainsi que le démantèlement des organisations criminelles. La mission confiée à l’Ofast est celle d’un « chef de filat » visant à coordonner les acteurs entre eux, en laissant à chacun la place qui est la sienne.

Nous avons publié récemment les chiffres des saisies de produits stupéfiants pour 2022, qui sont à un niveau historiquement élevé pour tous types de produits.

S’agissant du cannabis, tous services confondus – police, gendarmerie, douanes -, 130 tonnes de résine et d’herbe ont été saisies, en augmentation de 15 % par rapport à 2021. Pour l’essentiel, les saisies ont lieu dans des véhicules routiers. La résine arrive du Maroc et passe par l’Espagne avant d’arriver en France ou dans un autre pays européen. L’herbe est plutôt produite en Espagne. La cannabiculture reste marginale dans notre pays. La moitié des plants sont saisis outre-mer, en particulier en Polynésie française, grâce à la forte implication de la gendarmerie nationale.

Le sujet le plus préoccupant est la cocaïne, avec 27,7 tonnes saisies en 2022, contre 26,5 tonnes en 2021, année du premier dépassement des 20 tonnes. Aux Pays-Bas, plus de 110 tonnes ont été saisies à Anvers, et près de 47 tonnes sur le port de Rotterdam. Il s’agit d’une préoccupation très européenne. Une attention particulière est portée au Havre, premier port d’arrivée, et au port de Marseille.

Pour ce qui concerne l’héroïne, 1,4 tonne a été saisie en 2022, soit une augmentation de 8 % par rapport à 2021.

On observe une forte augmentation des saisies de drogues de synthèse, avec de nombreux nouveaux produits – 3-MMC, cocaïne rose, etc. -, prisés par un public jeune et consommés dans un cadre festif, et de grande nocivité.

Le trafic de cocaïne, qui pose aussi problème en termes de consommation, est le sujet d’aujourd’hui ; celui de demain sera les drogues de synthèse.

Nous faisons face à des organisations criminelles diversifiées, et notre mission est de démanteler les groupes français et les groupes étrangers implantés sur notre territoire. Nos cibles d’intérêt prioritaire, dont nous réactualisons chaque année la liste en lien avec nos partenaires – notamment la douane -, sont les gros trafiquants. Certains font l’objet de notices rouges d’Interpol ou de mandats d’arrêt internationaux. L’objectif est de les intercepter, généralement à l’étranger. Nous avons constaté, via le déchiffrement de messageries cryptées, que ces organisations étaient très connectées entre elles. La criminalité associée au trafic de stupéfiants est constituée de violences criminelles, d’homicides, de règlements de compte, d’enlèvements et séquestrations, de blanchiment et de corruption.

Le volet corruption est aujourd’hui central. C’est en effet la corruption dite, indûment, de basse intensité qui permet au trafic de prospérer – consultation d’un fichier par un policier, un douanier ou un gendarme ; destruction de scellés dans le greffe d’un tribunal, etc. La corruption peut être publique ou privée, et concerner nos institutions. Il convient donc de repenser le contrôle interne, nos méthodes de recrutement et de suivi des personnels. Il faut aussi veiller aux vulnérabilités des « travailleurs du port » : dockers, mais pas uniquement, d’autres professions sont ciblées par les organisations criminelles, comme celle des chauffeurs routiers. Pour sortir un container d’un port, il faut pouvoir y accéder – les badges sont contrôlés – et savoir le manipuler.

Cette approche globale permet d’englober tous les pans du trafic.

En ce qui concerne les moyens déployés, il faut avoir un regard non pas franco-français, mais européen, voire international, pour coopérer avec les zones de production et de rebond et les territoires refuges.

Au niveau national, nous avons accentué le partage de renseignements. Auparavant, chaque acteur conservait ses propres informations, pour réaliser de belles prises. L’objectif est désormais de monter des dossiers suffisamment structurés pour poursuivre au plan judiciaire. On a donc mis les acteurs autour de la table et défini une stratégie, formulée dans le plan national de lutte contre les stupéfiants du 17 septembre 2019, lequel est en cours de réécriture. Le partage de renseignements passe aussi par l’association de nouveaux acteurs, notamment les services de renseignement du premier cercle.

Au niveau international, nous développons deux types de coopération.

Il s’agit, d’une part, d’une coopération bilatérale classique, notamment avec la Colombie et le Panama, des pays qui nous aident dans nos démarches, et avec les Émirats arabes unis – nombre de nos cibles prioritaires ont trouvé refuge à Dubaï. Il convient de construire et de développer dans le temps ces relations.

Il s’agit, d’autre part, de coopération multilatérale. Au niveau européen, notre partenariat avec Europol, l’agence européenne de police criminelle, est central, notamment pour le déchiffrement des messageries cryptées. Nous entretenons aussi des rapports privilégiés avec les Pays-Bas, la Belgique, l’Espagne, l’Allemagne et l’Italie, pays avec lesquels nous partageons des renseignements sur les grands ports européens, qui sont tous concernés par l’importation de cocaïne.

Ces dernières années, nous avons pu constater l’inventivité et la puissance financière des organisations criminelles.

Leur inventivité permet à celles qui sont atteintes – et non pas démantelées -, du fait de saisies importantes et d’arrestations, de trouver des moyens de contournement pour importer les produits. De simples sacs de sport déposés dans des containers, nous sommes passés à des produits qui polluent directement des marchandises – des bananes, par exemple – ou les systèmes de refroidissement des containers, ou encore à la dissimulation, indétectable, de cocaïne dans du sucre, du café ou du charbon, et à la cocaïne liquide. Les organisations envoient ensuite sur le territoire des chimistes capables d’isoler les stupéfiants des produits contaminés. De ce point de vue, la coopération avec nos partenaires est essentielle. Le déchiffrement des messageries cryptées est un moyen important pour contrecarrer les organisations criminelles, dont les membres n’échangent plus par téléphone. Ces organisations comportent désormais des équipes spécialisées soit dans les séquestrations, soit dans les meurtres, soit dans la distribution. La France n’est pas épargnée par ces activités.

L’angle financier est primordial pour lutter contre les trafics. La perte de produits, par exemple à la suite d’une saisie, figure parmi les risques intégrés pas les organisations criminelles. Les saisies d’avoirs financiers ont davantage d’effets et sont en forte croissance : plus de 111 millions d’euros en 2022, en augmentation de 12 % par rapport à 2021, ce qui représente 13 % du montant global des saisies réalisées en matière d’avoirs criminels. Nous avons des marges de progression en la matière.

J’en viens aux moyens dont dispose l’Ofast.

Au 1er mars  2023, l’Office employait 191 personnels, contre 230 annoncés initialement. Fin 2023, il comptera plus de 230 agents. L’augmentation a été moins rapide que prévue mais il me semble préférable d’avoir des recrutements échelonnés. Mon adjoint est un magistrat de l’ordre judiciaire, détaché dans un emploi de contrôleur général. Notre équipe comprend une forte proportion de policiers, mais aussi 30 gendarmes et 7 douaniers. Le pôle opérationnel est dirigé par un commissaire divisionnaire, le pôle renseignement par un colonel de gendarmerie et le pôle stratégie par un administrateur des douanes. Il s’agit d’une structure intégrée, ce qui est important en termes de définition de la stratégie et d’association de chaque administration.

M. Alain Richard, rapporteur. – Nous allons modifier assez substantiellement le code des douanes : son article principal, qui définissait de façon très large les pouvoirs d’investigation de la douane a été déclaré son conforme à la Constitution. Nous allons le remplacer, si le projet de loi visant à donner les moyens de faire face aux nouvelles menaces est adopté, par une série d’articles qui redéfinissent les pouvoirs d’investigation de la douane, en les encadrant dans le sens du respect des libertés individuelles et en prévoyant le plus souvent l’intervention d’un magistrat. Ces mesures nouvelles vous posent-elles un problème en termes d’efficacité des enquêtes douanières ?

Mme Agnès Canayer. – Élue du Havre, je constate que la lutte contre le trafic de stupéfiants est un enjeu non seulement à l’échelle des ports ou en termes de criminalité, mais aussi pour l’ensemble des populations locales, compte tenu des ramifications de cette activité dans les villes portuaires.

L’augmentation des saisies de cocaïne est-elle due à la meilleure efficacité des services ou à une croissance du trafic de stupéfiants ? En dehors des moyens humains, l’Ofast a-t-il d’autres besoins pour remplir sa mission ? Le projet de loi d’orientation et de programmation du ministère de la justice 2023-2027, qui réforme notamment l’autorisation des perquisitions de nuit, aura-t-il un impact sur l’activité de l’Office ?

Mme Dominique Vérien. – Le Premier ministre des Pays-Bas a récemment été menacé. Un tel risque est-il envisageable en France ? Quelles sont vos forces en Guyane ? Y a-t-il un danger de contagion des méthodes des trafiquants brésiliens ?

M. Jean-Yves Leconte. – La dépénalisation partielle de certains produits, dont le cannabis, a fait l’objet de débats et a été expérimentée dans plusieurs pays. Par ailleurs, on le voit notamment dans certains États d’Amérique latine, en se développant les trafics grignotent l’État de droit, puis l’État tout court.

Compte tenu de la situation géopolitique, quelles interfaces observez-vous entre les territoires où la consommation est légale et ceux où elle ne l’est pas ? Quelles sont les conséquences du retrait de la France du Sahel, notamment en termes de renseignement ? Comment gérez-vous les contraintes européennes dans le domaine de l’accès aux données de connexion ?

M. Jérôme Durain. – L’attractivité des métiers de la police est en berne ; on parle même d’une crise des vocations. Qu’en est-il pour l’Ofast ? Quels sont vos besoins concrets en matière de déchiffrement, de captation judiciaire et de mise à niveau technologique ? Comment les filières du trafic s’adaptent-elles aux processus de légalisation, notamment ceux lancés aux États-Unis et au Canada ?

Mme Marie-Pierre de La Gontrie. – Lors d’un déplacement de plusieurs membres de notre commission aux Antilles, et à l’occasion de notre rencontre avec des agents de l’Ofast de Saint-Martin et de la Guadeloupe, nous avons été effarés par l’absence de moyens matériels dont ils disposent, ce qui fait de ces îles des passoires. Par ailleurs, leur vie est très particulière puisque tout le monde les connaît… Entourées d’îles qui ne sont pas françaises – la Dominique, Sainte-Lucie, Antigua -, les îles françaises sont le point d’entrée en Europe de la drogue, mais ces agents n’ont pas les moyens de contrôler les côtes. Quelles solutions pourraient-elles être trouvées ?

Mme Valérie Boyer. – Peut-on parler de narco-quartiers en France, et si oui, où se trouvent-ils ?

Le ministre de l’intérieur a déclaré qu’il existait un lien entre les trafics de drogue et les mineurs isolés. Le constatez-vous ? Travaillez-vous avec les collectivités locales sur ces questions ?

Mme Brigitte Lherbier. – Lorsque j’étais universitaire, la police culpabilisait les enseignants en leur disant que les étudiants étaient responsables du développement des trafics sur le campus… Échangez-vous avec des médecins, des personnels hospitaliers, ou des enseignants qui connaissent ces problèmes et veulent protéger la santé de leurs élèves ? Sont-ils des acteurs de votre réseau de renseignement ?

M. Christophe-André Frassa. – Dubaï a été épinglé dans un article de L’Obs du 20 avril dernier comme étant le paradis des trafiquants français. Quel a été l’élément déclencheur de sa coopération avec l’Ofast, alors que c’était un havre de paix pour les narcotrafiquants français et européens ?

Mme Marie Mercier. – Qu’en est-il du captagon, appelée aussi la drogue des terroristes ?

Mme Jacqueline Eustache-Brinio. – La police d’Île-de-France n’hésite pas à qualifier le Maroc de narco-État. On n’en parle pas assez.

Notre pays est inondé de ces produits et les prix ont beaucoup baissé ces dernières années. Avons-nous une politique de prévention digne de ce nom ? Les psychiatres nous ont alertés à cet égard. L’usage de drogue a des conséquences psychologiques sur la jeunesse, et notamment une dépendance rapide. C’est un sujet de société qui n’est pas abordé comme tel.

La France ne suit-elle pas la même voie que certains pays d’Amérique du Sud ? Le trafic pose en effet des problèmes de sécurité et perturbe la vie quotidienne des habitants de certains quartiers. Cette économie parallèle concerne l’ensemble du territoire. Quelle est votre analyse de cette dérive ?

M. François-Noël Buffet, président. – Disposez-vous de moyens juridiques suffisants pour mener à bien votre mission ? Faudrait-il améliorer cet arsenal ? Sur quel point pourrait-on avancer ?

Mme Stéphanie Cherbonnier. – Première question : la réforme du code des douanes et les nouvelles dispositions que vous examinerez.

Il convient de veiller à ne pas casser, via l’autonomisation des acteurs, le chef de filât de l’Ofast et le dispositif de partage de renseignements. Mais la modification de l’article 60 du code des douanes n’aura pas pour conséquence de mettre fin aux contrôles par la douane. Par ailleurs, des dispositions européennes s’appliquent à toutes les forces de sécurité.

Quant aux nouveaux pouvoirs conférés à la DNRED, liés aux techniques spéciales d’enquête – sonorisation, captation d’images -, leur mise en place ne doit pas empêcher que les différents acteurs se parlent entre eux ; à défaut, la judiciarisation risque d’intervenir trop tardivement. Prenons l’exemple d’un container pollué par un produit : le renseignement doit être partagé par les services le plus tôt possible, sans qu’aucun ne le capte en vue de se l’approprier. Le projet de loi prévoyant de donner à la douane des pouvoirs qui sont actuellement réservés à des services agissant sous le contrôle d’un magistrat instructeur ou du parquet, il faut trouver le juste équilibre entre l’action de la douane et celle des services judiciaires. C’est la seule limite que j’identifie dans le nouveau dispositif. Ces affaires ne doivent pas aboutir dans n’importe quel parquet. Les dossiers d’envergure d’importation de cocaïne doivent rester sous l’autorité de l’une des huit juridictions interrégionales spécialisées (Jirs) que compte notre pays, voire de la juridiction nationale chargée de la lutte contre la criminalité organisée (Junalco) lorsqu’ils sont particulièrement complexes, et doivent faire l’objet d’un suivi quasi centralisé. Mieux vaudrait favoriser la coordination des acteurs, en associant davantage la douane durant la phase judiciaire.

Pour résumer, il faut, d’une part, veiller à ne pas judiciariser trop tard et, d’autre part, permettre le contrôle plein et entier de l’autorité judiciaire sur l’action d’agents non soumis aux mêmes contraintes que les officiers de police judiciaire (OPJ).

Deuxième question : les enjeux portuaires.

L’augmentation des saisies est certes liée à un meilleur partage des renseignements entre la douane et les forces de sécurité intérieure, mais force est aussi de constater que le volume des produits qui entrent sur notre territoire et chez nos voisins européens connaît une croissance majeure. Sur le plan judiciaire, l’arsenal est complet. Nous agissons systématiquement dans le cadre de l’article 706-73 du code de procédure pénale. La faille de la procédure judiciaire, c’est que l’on y détaille l’ensemble de nos actions – ce que l’on fait, comment et quand : les organisations criminelles ont donc accès, via leurs avocats, à l’intégralité de nos méthodes de travail.

Dans le domaine des stupéfiants, les infiltrations sont très compliquées à mettre en œuvre parce que l’ensemble de la procédure est soumise au principe du contradictoire et que les risques encourus par les agents infiltrés sont très grands. Même si ces mesures figurent dans l’arsenal juridique français, on préfère souvent ne pas les utiliser. En Belgique, il est possible d’écarter certains éléments – les « dossiers distincts » – de la procédure contradictoire ; bien sûr, il y a toujours un contrôle du juge. Monsieur le Président vous parliez des évolutions législatives souhaitables, c’est un point auquel il faudrait réfléchir.

L’Ofast appartient au second cercle des services de renseignement. Si nous travaillons avec ceux du premier cercle, nous ne disposons pas de tous les pouvoirs de ces derniers. Par exemple, nous ne pouvons pas procéder à la captation de messages échangés sur des téléphones par satellite Iridium.

Troisième question : les menaces qui pèsent sur les Pays-Bas.

Aux Pays-Bas, la prise de conscience en matière de stupéfiants a eu lieu du fait de l’existence d’un réseau criminel qui a émis des menaces à l’encontre des représentants des institutions ; la Belgique connaît la même situation. En France, nous devons donc être vigilants : c’est l’un des éléments de l’approche globale que nous devons avoir. J’ai incité tous les OPJ de l’Ofast à agir sous anonymat, comme le permet la loi au travers du référentiel des identités et de l’organisation (RIO), car il faut anticiper ce type de menaces – je rappelle qu’il y a dans notre pays des meurtres de policiers à leur domicile.

Quatrième question : l’action à la frontière guyanaise.

Au sujet de la Guyane, il faut évoquer deux points : l’activité des passeurs et le trafic au départ du port de Dégrad-des-Cannes. Une antenne de l’Ofast est implantée dans ce territoire, qui comptera 20 équivalents temps plein (ETP) en septembre 2023. Un attaché de sécurité intérieure a été nommé au Surinam. Les moyens de contrôle ont été renforcés à tous les niveaux, de Saint-Laurent-du-Maroni jusqu’à l’aéroport de Cayenne-Félix-Éboué.

Cinquième question : les méthodes « brésiliennes ».

Ces méthodes pourraient être dites tout autant « colombiennes » ou « mexicaines », et il s’agit bien, madame Vérien, de violences criminelles qu’il convient de ne surtout pas ignorer.

Sixième question : la dépénalisation partielle du cannabis.

Nous devons être prudents en la matière : la légalisation ne conduirait pas à la fin des trafics, les consommateurs recherchant un niveau de toxicité très élevé qui ne sera pas proposé dans le cadre de ventes autorisées.

Septième question : les conséquences du désengagement au Sahel.

Il n’a pas eu d’impact immédiat sur notre connaissance du trafic. Nous examinons attentivement les arrivées de cocaïne en provenance d’Afrique de l’Ouest, le Golfe de Guinée étant très impacté : c’est la route la plus courte, avec celle en provenance du Brésil. Nous avons des partenariats avec la marine sénégalaise et avec le centre opérationnel d’analyse du renseignement maritime pour les stupéfiants (MAOC-N), agence internationale basée à Lisbonne. La marine française réalise également de nombreuses interceptions. Sur ces nouvelles routes du trafic, qui sont identifiées, nous travaillons aussi avec les services de renseignement du premier cercle.

Huitième question : les contraintes européennes dans le domaine des données de connexion.

Elles n’ont pas de conséquences, pour l’instant, sur notre activité opérationnelle, mais nous avons des inquiétudes, notamment sur la limitation de la conservation des données de connexion. Nous avons en effet besoin d’accéder à ces données, d’opérer des captations judiciaires et de déchiffrer les messageries cryptées, car ces outils nous permettent de conduire nos investigations.

Neuvième question : les conséquences de la réforme de la police nationale et l’attractivité de l’Ofast.

L’Ofast a fait l’objet d’une certaine publicité et emploie une équipe jeune, ce qui le rend attractif. Par ailleurs, qui dit nouveaux modes d’investigation dit nouveaux profils. Nous recrutons beaucoup de contractuels, à l’instar de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), pour travailler sur des sujets techniques et d’analyse que nous ne maîtrisons pas complètement. L’attractivité est aussi liée au large panel de métiers proposés.

Dixième question : le déplacement de votre commission aux Antilles.

L’Ofast a une antenne Caraïbes implantée à Fort-de-France et deux détachements, l’un en Guadeloupe et l’autre à Saint-Martin. Je ferai le point avec le chef de l’antenne sur l’éventuel manque de moyens, sachant que le contrôle aux frontières ne relève pas de ces agents. Pour ce qui concerne le partenariat avec les îles voisines, nous avons depuis un an à Sainte-Lucie une unité permanente de renseignement au sein de laquelle des enquêteurs français travaillent avec les autorités locales en vue de partager du renseignement. Nous souhaitons faire de même avec la Dominique. Pourquoi pas avec Antigua ? Les îles ne peuvent rester isolées et doivent se connecter avec leurs voisines ainsi qu’avec les grandes agences étrangères qui rayonnent sur la zone – la DEA (Drug Enforcement Administration) et la NCA (National Crime Agency). Nous ne voulons pas laisser ces dossiers à la seule main des autorités territoriales ; nous déployons donc une stratégie nationale dans ces territoires.

Onzième question : les narco-quartiers.

On a tendance à qualifier de « narco » bien des sujets… Aujourd’hui, la drogue se diffuse partout, en zones urbaines, périurbaines et même rurales. Aucun territoire n’est épargné. Une cartographie des points de deal a été mise en place en 2021. Cela permet ensuite de savoir quelles sont les forces en présence et quelle action concrète on y conduit, à court ou plus long terme dans le cadre d’une enquête judiciaire.

Douzième question : les mineurs isolés.

Quelques phénomènes ont été identifiés. Les groupes criminels disposent d’une manne, en termes de ressources humaines, très étendue et vont chercher dans divers départements y compris des départements autres que celui du point de deal des « charbonneurs », des revendeurs, des « chouffeurs », des transporteurs, des équipes pour les enlèvements-séquestrations. On constate une hyperspécialisation de l’organisation et une déterritorialisation des emplois. Les mineurs isolés sont évidemment recrutés, comme d’autres populations en situation de précarité. En Guyane, parmi les passeurs interceptés, les « mules », la moitié est composée de Guyanais et l’autre moitié d’étrangers. Pour 2 000 ou 3 000 euros, ils acceptent de traverser l’Atlantique avec des produits stupéfiants dans le corps ou dans des valises, en courant un risque pénal et sanitaire très grave. Une mère de famille, ayant deux enfants mineurs, transportant in corpore des produits stupéfiants, cela pose tout de même question… C’est de l’exploitation de la vulnérabilité sociale.

Treizième question : nos liens avec les collectivités locales.

Nous avons mis en place dans chaque département des cellules de renseignement opérationnel sur les stupéfiants (Cross), qui réunissent tous les acteurs chargés de la lutte contre les trafics et mettent en place des partenariats avec, entre autres, des bailleurs sociaux et des municipalités : il y a donc un lien avec les territoires.

Quatorzième question : l’approche de santé publique vis-à-vis des jeunes.

En matière de stupéfiants, l’approche doit être double, répressive certes, mais avant tout préventive. Nous travaillons ainsi avec la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca), organisme placé sous l’autorité du Premier ministre et présidé par un médecin, Nicolas Prisse, qui a mis en place un plan triennal de lutte contre les addictions auquel est intégré le plan national de lutte contre les stupéfiants, dit « plan stup’ ».

Quinzième question : la coopération avec les Émirats arabes unis.

Si l’on veut mettre en place une coopération internationale, encore faut-il en faire la demande auprès du pays avec lequel on souhaite travailler, et se déplacer pour comprendre ses contraintes. C’est ce que nous avons fait avec ce pays et des réussites opérationnelles s’en sont suivies. Nous avons établi un partenariat avec des services émiratis et avons accueilli dans nos services, en immersion, des policiers de Dubaï, ce qui a créé un cercle vertueux. Mon travail est d’entretenir cette relation, comme toute coopération en la matière.

Les autorités dubaïotes ont compris que se trouvaient sur leur territoire non seulement des trafiquants de stupéfiants, mais aussi, potentiellement, des tueurs, d’où leur volonté de coopérer avec l’Ofast.

Seizième question : le captagon.

Ce produit n’a pas été saisi sur le territoire français, mais il a fait l’objet de travaux relatifs au financement du terrorisme et à la piraterie. Nos attachés de sécurité intérieure suivent ce dossier dans les zones concernées. Des saisies importantes ont été effectuées en Espagne assez récemment.

Dernière question : le cannabis en provenance du Maroc.

Ce sujet devra faire l’objet d’une réflexion dépassant l’approche répressive en lien avec la santé publique, comme je l’ai évoqué précédemment

M. François-Noël Buffet, président. – Nous vous remercions pour vos explications détaillées et la précision des informations que vous nous avez données. Aux Antilles, dans le cadre de la mission évoquée par Mme Marie-Pierre de La Gontrie, nous avons été interpellés au sujet de ce trafic. Par ailleurs, j’ai récemment assisté à une saisie au Havre par des agents dont les conditions d’enquête sont difficiles, mais qui font un travail éminemment stratégique.

SOURCE OFFICIELLE

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Tous ceux qui sont branchés sur ce secteur d’activités savent pertinemment que le gros des saisies et des affaires en cours a toujours été généré par la DNRED et la SURV (Entre 70 et 75 % des saisies stups).

Le dernier article de Marc Fievet abordant le chef de filât de l’OFAST

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ÉQUATEUR 🇪🇨 (cartels de drogue) : à Guayaquil, l’agitation de la ruée vers l’or du trafic de drogue ne semble pas se calmer

A lire cet extrait de l’article publié dans La PRESSE canadienne, on pourrait croire qu’il s’agit de la France, mais non c’est de l’Équateur qu’Il s’agit !

Un total de 210 tonnes de drogues saisies en une seule année, un record. Au moins 4500 meurtres l’année dernière, également un record. Des enfants recrutés par les gangs. Des prisons qui deviennent des plaques tournantes de la criminalité. Des quartiers rongés par des querelles criminelles. Et tout ce chaos financé par de puissants étrangers aux poches profondes et ayant une expérience considérable dans le commerce mondial de la drogue.

Selon des experts de l’Équateur, les pénitenciers sont rapidement devenus des bases d’opération pour le trafic de drogue.

Aujourd’hui, les cartels les plus puissants du Mexique, Sinaloa et Jalisco Nueva Generación, sont des financiers sur le terrain, de même qu’un groupe des Balkans que la police appelle la mafia albanaise.

Sur les 3.600.000 conteneurs qui partent chaque année du port de GUAYAQUIL, les autorités n’en vérifient que 700.000

LIRE TOUT l’ARTICLE

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Le point de vue de Marc Fievet

En France, chaque semaine, on se rapproche de cet état des lieux par un infernal engrenage. Il ne se passe plus une journée sans que l’on apprenne un meurtre, une fusillade et autres divers dommages collatéraux entraînés par une prohibition dépassée et totalement inadaptée à la problématique drogue. Nos pouvoirs publics sont sourds et s’obstinent à ne pas envisager d’autres méthodes qui ont pourtant échoué depuis plus de 30 ans.

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NARCO-NEWS de MEXICO 🇲🇽 : las ultimas del 19 de junio de 2023

Ultimas Noticias

Fueron destruidos 14 vehículos con blindaje artesanal (Monstruo), asegurados en diversos enfrentamientos del Cártel del Golfo (CDG) y el Cártel del Noreste (CDN) en Tamaulipas

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EUROPE 🇪🇺 : les autorités du principal « État-narco-consommateur » à la rencontre du premier fournisseur européen de stups en tous genres

Pays-Bas

Depuis ce mardi, le président Emmanuel Macron est en visite d’État aux Pays-Bas. Depuis trois ans, ce pays est devenu le premier de l’Union européenne à légaliser la production de cannabis. Face à cela, la France s’inquiète du monopole d’organisations criminelles très puissantes sur le marché de la drogue.

Alors qu’Emmanuel Macron est en visite d’État aux Pays-Bas, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin le rejoint ce mercredi. 

Le chiffre d’affaires de la drogue illégale est évalué à plus de 15 milliards d’euros

Le mot reste tabou mais dans les plus hautes sphères de la police française, on qualifie les Pays-Bas de « narco-État ». L’idée est de comprendre un pays dont le modèle économique et social repose en partie sur la production et la vente de stupéfiants. 

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FRANCE 🇫🇷 (OFAST) : la politique mise en œuvre ne sert que les intérêts des services

Tous, oui tous, ministres en tête, sont devenus accrocs aux conférences de presse pour annoncer des saisies qu’ils disent toujours exceptionnelles, embarqués dans ces délires de communicants par des hauts-fonctionnaires qui ne pensent qu’à briller auprès d’eux.

C’est la réalité d’une situation devenue incontrôlable!

Le « triumvirat » dans une de ses dernières prestations

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En opposition, les propos tenus par le magistrat David Sénat sont accablants de vérité.

Trop souvent l’action publique se résume à la déploration du phénomène ou à l’autosatisfaction statique face aux quantités saisies, sans aucune vision dynamique qui verraient les réseaux attaqués en amont.

De fait, le discours public sur la cocaïne est depuis de nombreuses années dominé par la vacuité, et aussi une certaine forme de complaisance. La cocaïne, cette drogue jadis présentée comme étant celle des élites, des occurrences festives, des professions dites de haut niveau spécialement soumises au stress, est aujourd’hui devenue celle de la multitude, à la faveur d’une offre toujours plus abondante et de prix qui se sont de ce fait effondrés.

Au-delà des digues financières qui ont cédé, il faut surtout interroger les barrières morales qui se sont affaissées il y a déjà longtemps en se dissolvant dans un discours libéral et permissif dont les élites de ce pays ou certaines d’entre elles, ont été les promoteurs et les bénéficiaires à court terme. À moyen et long terme en effet, on doit en effet faire le constat d’un échec cuisant en termes de santé publique et de criminalité associée, constat qui nous voit nous indigner quand l’actualité nous rappelle que nous déplorons les conséquences d’un phénomène dont nous avons toléré ou plutôt chéri les causes.

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SIRIA 🇸🇾 (CAPTAGON) : personas cercanas a Bashar Al-Assad, incluido su hermano menor, Maher al-Assad, están detrás de este negocio que se ha convertido en el principal producto de exportación de Siria

El captagon, una de las drogas más famosas del mundo árabe en los últimos meses, ya se encuentra en Europa. En occidente se comercializaba como antidepresivo, pero lo acabaron prohibiendo por su alto potencial adictivo.

Ahora, se cree que su producción y distribución a gran escala por el Golfo Pérsico y el Levante es un tema de Estado. Ahora esta droga ha comenzado a extenderse por Europa.

La venta de este estupefaciente crece a un ritmo vertiginoso

En Francia las incautaciones han aumentado un 30 % en el último año. Los expertos, preocupados por los efectos de esta droga, han pedido a las autoridades que redoblen los esfuerzos en conciencias a la sociedad sobre sus efectos.

Una droga ‘del Estado’

«Nuestro estudio mostró que el captagon se ha convertido en la principal fuente de ingresos para el gobierno sirio», explicó a BBC Mundo, la investigadora del Newlines Institute for Policy and Strategy, que publicó una exhaustiva investigación sobre la producción de la droga en Siria, Caroline Rose.

«Todo sugiere que personas cercanas a Bashar Al-Assad, incluido su hermano menor, Maher al-Assad, que es el comandante de la Cuarta División Blindada del ejército (una unidad de élite), están detrás de este negocio que se ha convertido en el principal producto de exportación de Siria», agregó.

A pesar de estas declaraciones, el Gobierno sirio desmintió la producción y aseguró que los numerosos reportes y estudios señalados eran falsos.

Para desmentir la situación, el Ministerio del Interior del país publicó un comunicado en Facebook en el que explicaba que «Siria juega un papel importante en el apoyo a los esfuerzos de la comunidad internacional para combatir el crimen en general, especialmente la lucha contra el narcotráfico».

Sin embargo, la investigación de Caroline Rose no es la única. Informaciones de las guardias costeras de varios países, entre ellos Italia y Jordania, e investigaciones de The New York Times, del Proyecto de Reporte de Corrupción y Crimen Organizado (OCCR) y del Centro de Análisis e Investigaciones Operacionales (COAR), también llegaron a la misma conclusión.

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MAROC 🇲🇦 (Tétouan) : saisie de 1.350 kilos de haschich

Les éléments du service préfectoral de la police judiciaire de la ville de Tétouan ont procédé, vendredi, à l’arrestation de trois récidivistes, âgés de 23 à 45 ans, pour leur lien présumé avec un réseau criminel impliqué dans une tentative de trafic d’une tonne et 350 kilogrammes de cannabis.

La Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) dans un communiqué, a ajouté que les fouilles et investigations effectuées ont permis d’identifier ses deux présumés fournisseurs avant de les appréhender dans la région de Bni Bouzra dans la banlieue de la ville de Chefchaouen.

Les opérations de fouille effectuées en coordination avec les services de la gendarmerie royale dans un hangar occupé par les deux présumés fournisseurs ont abouti à la saisie d’importantes quantités de cannabis, atteignant les 1.350 kilogrammes.

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COLOMBIA 🇨🇴 : el Ejército colombiano incauta tres toneladas de cocaína al ELN

Militares incautan 3.055 kilos de cocaína.

Más de tres toneladas de cocaína pertenecientes al Ejército de Liberación Nacional (ELN) han sido incautadas por tropas del Ejército colombiano en Tibú, al nordeste del país, según han informado las autoridades colombianas este sábado.

En concreto, han sido incautados 3.055 kilos de esta droga.

La operación ha sido realizada por un grupo del Comando contra el Narcotráfico y Amenazas Transnacionales (CONAT).

fuente y mas

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MEXIQUE 🇲🇽 (Côte Pacifique) : le narcotrafic, c’est par voie maritime aussi

En effectuant l’inspection d’un navire de pêche, nommé Jorge M. II, (du type du Gosamar II ici de Nayarit) les agents ont observé diverses anomalies dans les machines et les identifications personnelles de l’équipage.

Sur la côte Pacifique, mais beaucoup plus au nord, vers Nayarit, la drogue vient aussi de la mer, nous indique le 10 avril 2021 Puerto Vallarta News : « des agents du secrétariat de la marine mexicaine (Semar) ont saisi un peu plus d’une tonne et demie de cocaïne et arrêté sept  personnes qui transportaient la drogue à bord d’un bateau au sud des îles Marías à Nayarit. « Selon le rapport Semar, ces événements se sont produits le 6 avril, alors que les marins effectuaient des tâches de la Garde côtière à environ 60 milles marins au sud de l’archipel de Nayarit (environ 111,12 kilomètres). 

Les agents ont décidé de conduire le bateau à Puerto Balleto sur l’île de María Madre pour un examen approfondi. Une fois dans le port et avec l’aide de chiens, la charge de drogue a été détectée. Cachés dans les compartiments du navire se trouvaient 80 colis enveloppés de ruban adhésif beige, dont le poids a été calculé à 1 583,87 kilogrammes. Cette action a été menée par le biais d’une opération de patrouille de surveillance maritime, à laquelle ont participé un navire de type Defender et un intercepteur de la marine mexicaine, ainsi que du personnel naval opérationnel de la quatrième zone navale et du secteur naval d’Islas Marías. ». Après la saisie, le navire a été transféré avec son équipage au port de San Blas, Nayarit, où le personnel de la sixième zone navale a mis les trafiquants de drogue présumés à la disposition du bureau du procureur général.

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COLOMBIA 🇨🇴 (producción de cocaína): de la cosecha a su transformación

Colombia es el mayor productor de coca y cocaína en el mundo. Eso se refleja en centenas de videos publicados en TikTok, en los cuales jóvenes colombianos muestran su trabajo en plantaciones de coca y laboratorios clandestinos, donde las hojas de coca son procesadas para producir cocaína.

Uno de estos jóvenes, contactado por nuestra redacción, cuenta que muchos campesinos viven de la coca, pero que los narcotraficantes son quienes controlan esta industria.

Densidad de los cultivos de coca en Colombia en el 2019. Cinco departamentos concentran alrededor del 84 % de los cultivos del país: Norte de Santander (fronterizo con Venezuela), Nariño, Putumayo (fronterizos con Ecuador), Cauca y Antioquia. © UNODC

En TikTok

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MAROC 🇲🇦 (Laâyoune):démantèlement d’un réseau international de trafic de drogue et saisie de plus de 4 tonnes de Chira à Laâyoune

Les éléments de la Brigade anti-gangs relevant de la Sûreté provinciale de Laâyoune ont démantelé, tôt samedi matin, sur la base d’informations précises fournies par les services de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), un réseau international de trafic de drogue, et saisi 4 tonnes et 345 kg de chira.

Les interventions menées sur le terrain par la Brigade anti-gangs, renforcée par la Brigade régionale d’intervention, ont abouti à ce stade de l’enquête, à l’interpellation de deux personnes, de 31 et 32 ans, pour leur implication présumée dans des activités de trafic international de drogue par voie maritime, indique un communiqué de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN).

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AFGHANISTAN 🇦🇫 : le pragmatisme au pouvoir, puisqu’en 20 ans, la production d’opium y a été multipliée par 30 suite à la politique américaine

Alors que les talibans viennent de reprendre le pouvoir en Afghanistan et que les États-Unis ont évacué leurs troupes conformément aux accords signés à Doha, la question de l’impact de cette nouvelle réalité politique sur la production d’opium et d’héroïne est ouverte.

Malgré la volonté affichée par les talibans de bannir la production d’opium du pays, certains spécialistes estiment qu’il est douteux, même à des fins de recherche d’une respectabilité internationale, qu’ils renouvellent l’interdiction de planter le pavot de juillet 2000, de crainte de s’aliéner le soutien d’une partie de la paysannerie. Une interdiction à laquelle ils avaient renoncé dans les mois précédents l’intervention américaine, du fait du mécontentement des cultivateurs.

Les activités engendrées par la culture de l’opium selon les estimations de l’ONUDC représenteraient l’équivalant de 350000 emplois à temps plein dans un contexte où, après 40 ans de guerre, l’état du monde rural afghan est plus dramatique que jamais.

Par ailleurs, l’hypothèse d’une reprise de la guerre civile, du fait notamment de la résistance des populations d’origines tadjike et ouzbèque rétives à l’ordre des talibans, pourrait nourrir la production d’opium et d’héroïne.

Dès lors, ce constat du chercheur anglais, Jonathan Goodhand, semble crédible: «Le trafic de drogue est trop profondément ancré dans les stratégies d’accumulation et de survie des talibans, de l’État, des milices qui luttent aujourd’hui contre les talibans et de la population en général. Cela stimulera malheureusement le marché mondial de l’héroïne et alimentera le problème croissant de la drogue en Afghanistan et dans les pays voisins»;

Le bilan de la politique américaine en matière de drogues en Afghanistan peut se résumer en une phrase: en 20 ans, la production d’opium y a été multipliée par 30 et représente, en 2020, selon l’ONUDC, 85% de la production mondiale. Le pays est devenu un acteur majeur du marché mondial de l’héroïne, alors que les productions de haschisch et de méthamphétamine se développent.

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COLOMBIA 🇨🇴 (Norte de Santander) : desmantelan megalabotario de cocaína en Sardinata y se incautaron de 2500 kilogramos de clorhidrato de cocaína, 700 kilogramos de pasta base de coca

Según información del Ejército Nacional en las operaciones se incautaron más de 2500 kilogramos de clorhidrato de cocaína, 700 kilogramos de pasta base de coca y un arma de fuego, que estaban avaluadas en más de tres millones de dólares. Además, también se reveló que el “cristalizadero” estaría al servicio del grupo armado organizado Ejército de Liberación Nacional (Eln).

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NARCO-BUSINESS 🇪🇺 🇺🇸 🇦🇺 🇨🇳 🇲🇽 🇧🇷 🇦🇫: narco-traffickers defied Covid-19 and now look set to reach new heights, as the stars are aligning for a further expansion of their trade.

In mid-December, the authorities in Arizona intercepted more than 1.5 tons of methamphetamine coming from Mexico, the last in a line of record drug hauls around the world in recent months. Responding to the news, UN synthetic drugs expert Martin Raithelhuber tweeted that the size of meth seizures was “simply amazing”.  

The global drugs trade is on fire, having survived the coronavirus pandemic with minimal disruption. Production is increasing in many places, fuelled by instability and economic crises in major drug-producing countries. Traffickers appear to be sending vast shipments, reflected in record-breaking drug seizures.

“There’s a boom in demand, there’s a boom in supply,” said Andrew Cunningham, head of drug markets, crime and supply reduction at the European Monitoring Centre for Drugs and Drug Addiction (EMCDDA), “It does look quite apparent.” 

Nowhere is this boom more pronounced than in the Golden Triangle, where Laos, Thailand and Myanmar intersect. In October, police grabbed 55 million methamphetamine tablets in Laos, Asia’s largest ever drug bust. Regional drug production and trafficking have intensified following the February coup in Myanmar, which plunged the country into chaos.

The October meth haul was only the tip of the iceberg. Many other large shipments have been reported in recent months. Seizures of methamphetamine have been expanding steadily in the past decade to reach a record high in 2020, according to the United Nations Office on Drugs and Crime (UNODC). 

“There is an expansion of the synthetic drug market,” said Martin Raithelhuber, of UNODC. Meth was becoming “cheaper” while purity remained high, he said. “It really points to a larger amount of the drug being available on the market”. 

This boom has been facilitated by innovative chemistry. Drug producers have managed to create their own precursor chemicals for synthetic drugs, bypassing international controls. Last year Laotian authorities seized more than 70 tons of propionyl chloride, which can be used to make fentanyl and meth precursors. 

Record hauls

Mexican cartels have reportedly used similar experimentation, and drugs are flooding into the US. In November, almost 9 tons of meth and over 175 kg of fentanyl were seized at the border, the largest amount for either drug in two years. Indeed, the DEA seized a record amount of fentanyl in 2021. Overdose deaths reached new highs from 2020 to 2021.

Mexican cartels have also penetrated the European market. Spanish police recently announced the largest ever methamphetamine bust on record, with over 2.5 tons seized in separate, coordinated raids in various cities. A Mexican cartel was allegedly piping meth into Europe through the port of Barcelona.

These seizures point to large-scale drug production, but they are also indicative of intensified law-enforcement activity, according to Andrew Cunningham. The Spanish meth haul was the result of a lengthy international investigation. Encrypted communication platforms used by traffickers have recently been cracked, leading to big seizures.

Mexican cartels have also penetrated the European market. A Mexican cartel was allegedly piping meth into Europe through the port of Barcelona.
Mexican cartels have also penetrated the European market. A Mexican cartel was allegedly piping meth into Europe through the port of Barcelona. (AP)

The narcotics trade has also been helped along by political instability in major drug-producing countries, such as Myanmar and Afghanistan. The production and trafficking of narcotics tend to flourish in chaotic, conflict-ridden states with rule of law deficits. 

“The places where the drug production is booming are places where the state has very little control or they’re facilitating or turning a blind eye to things that are going on in the country,” Cunningham told TRT World.

In war-ravaged Syria manufacture of the amphetamine known as Captagon has skyrocketed with the help of the government. The Assad regime, throttled by sanctions and mired in economic crisis, is relying on drugs to earn hard currency. Associates of the ruling family are allegedly involved in production and trafficking of Captagon, turning Syria into a narcostate.

Captagon seizures have reached eyewatering levels. 2021 saw the largest quantity of tablets seized on record, with 95 million pills intercepted in Malaysia in a single haul in March. In Jordan, almost twice as many Captagon tablets were grabbed in 2021 compared with the previous year. And Saudi Arabia has been severely affected, too.

Captagon has also reached Iraq, where use of synthetic drugs, including methamphetamine, has increased enormously in the past decade. The amount of Captagon and meth seized in 2021 was twenty times larger than in the previous two years combined, according to the Iraqi government. 

“The Captagon trade has experienced a notable increase in both supply and number of transit and destination markets,” said Caroline Rose, Senior Analyst and Head of the Power Vacuums program in the Human Security unit at the Newlines Institute and author of an upcoming report on Captagon. “It’s very likely that this trade will continue to expand”.

Meanwhile, Afghanistan has emerged as a major meth producer. The drug can be made cheaply using a local plant, ephedra. Afghan meth now flows in copious quantities to Iran and also to Africa via Pakistan and the Indian Ocean. International maritime forces seized more drugs in the region in 2021 than in the previous four years combined – a new record.

The narcotics boom is more pronounced than anywhere else in the Golden Triangle, where Laos, Thailand and Myanmar intersect. Regional drug production and trafficking intensified following the February coup in Myanmar, which plunged the country into chaos.
The narcotics boom is more pronounced than anywhere else in the Golden Triangle, where Laos, Thailand and Myanmar intersect. Regional drug production and trafficking intensified following the February coup in Myanmar, which plunged the country into chaos. (AP)

According to recent research, the production of ephedra appears to be increasing in Afghanistan as the country collapses into economic crisis. Satellite imagery reveals “new shops, an extended storage area for dried & milled ephedra, and more inventory than ever before”, writes David Mansfield. The price of both meth and ephedra has fallen. 

Afghanistan is also a major producer of opiates, accounting for 85 percent of the global heroin supply. Opium production increased by 8 percent in 2021, the United Nations recently assessed, and may continue to rise as farmers have reported higher levels of cultivation this planting season.

Elsewhere, the cocaine trade is booming. Production increased in Colombia in 2020, and there have been a number of massive seizures at European ports, including over 16 tons at Hamburg in February, almost 11 tons at Antwerp in April and 4 tons at Rotterdam in October. Turkey also saw the largest cocaine haul in its history this year.

What supply chain crisis?

The use of container ships to smuggle cocaine concealed in perishable goods, such as fruit, predated the pandemic, but appears to have increased. Air travel was severely hit by coronavirus restrictions, limiting the ability to send drugs on commercial flights.

Maritime shipping enables smugglers to transport huge quantities of product with relatively limited risk of detection, given the size of the vessels and the time-sensitive nature of food imports, which must be checked promptly by customs officials.

The massive seizures this year also indicate that the cocaine trade has not been significantly disrupted by the covid-related supply-chain crisis. A boom in demand combined with covid problems in Asia have caused shortages of goods and shipping delays as vessels lie moored outside ports, waiting for a berth. 

While South America has been affected by the crisis, import volumes from the east coast to Europe have not declined during the pandemic, according to Simon Heaney, a senior manager at maritime consultancy, Drewry. “I haven’t seen any evidence that volumes on this trade have been supressed by the supply chain issues,” Heaney told TRT World.

Food, in which cocaine is often hidden, is less vulnerable to disruption than electrical appliances. “The supply chain is much more complex with electrical goods – more intermediate components / parts that need to be shipped from various locations, increasing the risk of delays / raising costs,” Heaney said.

The pandemic forced traffickers to adapt their methods, selling drugs online and adopting novel delivery systems that reduce human contact, such as drones.
The pandemic forced traffickers to adapt their methods, selling drugs online and adopting novel delivery systems that reduce human contact, such as drones. (AP)

While the cost of sending freight has generally become more expensive amid the supply-chain crisis, including from South America, traffickers generally conceal their product in licit shipments, meaning they “do not pay for the cost of the shipping container”, according to Andrew Cunningham. 

The trafficking of heroin along the Balkan Route through Iran and Turkey to Europe is mostly conducted in vehicles and has not been seriously affected by the shipping crisis, and the same goes for the meth trade in Southeast Asia, much of which happens overland between Lower Mekong countries.

The demand for narcotics might also have increased, Cunningham said. The use of drugs normally consumed in recreational settings, such as MDMA and cocaine, appeared to fall during the initial lockdowns in 2020, but has since bounced back, according to the EMCDDA’s 2021 drug report

The pandemic forced traffickers to adapt their methods, selling drugs online and adopting novel delivery systems that reduce human contact, such as drones. While some of these adaptations might be temporary, others could transform the drug trade and further empower traffickers going forward.

The social and economic damage caused by Covid-19 could also drive more people into drugs. “Research findings associate inequality, poverty and lack of opportunities for socioeconomic development with increased drug use disorders and increased engagement in drug production and trafficking,” says the 2021 UN World Drug Report.

Narco-traffickers defied Covid-19 and now look set to reach new heights, as the stars are aligning for a further expansion of their trade.

Rupert Stone

AUTHOR Rupert Stone@RupertStone83

Rupert Stone is an Istanbul-based freelance journalist working on South Asia and the Middle East.

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COLOMBIA 🇨🇴 (DIJIN) : incautan 600 kilos de clorhidrato de cocaína de ‘Los Costeños’

Medellín P-6’. Ese es el nombre de la embarcación en la que las autoridades hallaron en las últimas horas 600 kilos de clorhidrato de cocaína perteneciente al grupo criminal de ‘los Costeños’. El operativo que permitió el decomiso se ejecutó en la ribera del río Magdalena, en el corregimiento de Palermo, Magdalena.

Allí, gracias a información de fuentes humanas, unidades de la Dirección de Investigación Criminal, Dijín, en coordinación con la Armada Nacional, la Agencia Antidrogas de los Estados Unidos, DEA, y la Fiscalía General de la Nación, localizaron en una zona portuaria de dicho corregimiento la embarcación tipo bongo utilizada para el transporte de combustible.

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ESPAGNE 🇪🇸 (Algésiras) : saisie de 8.200 kilos de haschich dans un camion à des narcos de Cambados (Galicia)

La DEA est omniprésente en Afrique et en Europe, comme partout ailleurs dans le monde pour « aider » les services des différentes douanes, de la police et des gendarmes.

Pourquoi, alors qu’elle est dans l’incapacité de ralentir le narcotrafic vers le territoire des États-Unis et de faire diminuer la consommation de drogue sur son propre territoire ?

Certainement le partage d’informations récoltées par les innombrables agences dédiées à la lutte contre le narcotrafic.

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Du grand classique dans le détroit de Gibraltar

L’organisation démantelée utilisait un camion qui prenait un ferry entre Tanger et Algésiras.

La « Policia Nacional » espagnole, dans le cadre d’une opération conjointe menée avec la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) du Maroc et la DEA (Drug Enforcement Administration) des États-Unis, a démantelé un réseau de trafic de drogues à Algésiras.

Plus de huit tonnes de haschich marocain ont été saisies et cinq personnes dont un Marocain arrêtées lors de l’opération.

Les agents, après avoir identifié le camion, ont mis en place un dispositif au port d’Algésiras afin de connaître la destination de la drogue importée et d’identifier et appréhender les acteurs de ce trafic mené depuis la localité Pontevedra de Cambados (Galice).

SOURCE

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Incautan a unos narcos de Cambados 8.200 kilos de hachís dentro de un camión

Así, y merced a la citada cooperación internacional, la Brigada Central (en concreto, la unidad Greco Galicia con base en Pontevedra) coordinó el operativo de vigilancia que le sirvió para detectar la llegada de un camión cargado de droga por el puerto de Algeciras . Mediante un sigiloso seguimiento, los agentes comprobaron que el vehículo se dirigía a una finca en una zona apartada, donde también se ocultaba una narcolancha. Dos vehículos salieron a su encuentro, uno de los cuales ya había sido detectado horas antes en el puerto controlando la salida de la droga.

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LA GUERRE A LA DROGUE ET LES INTÉRÊTS DES ÉTATS

20 ans après ce rapport, rien n’a changé !

Combien de milliards pour un tel résultat ?

Les politiques mises en place par les Politiques et autres hauts fonctionnaires sont responsables de cet échec majeur !

Et aujourd’hui, en France, pays des lumières, on ne peut que constater que Gérald Darmanin n’a pas payé sa facture d’électricité !

Dans une préface du dernier rapport l’Office pour le contrôle des drogues et la prévention du crime (ODDCP) son directeur, Pino Arlacchi, écrit que « la psychologie du désespoir s’est emparée des esprits » [dans le domaine des drogues]. Suivent une série de données tendant à accréditer l’idée, que nous sommes pour le moins dans l’obligation de nuancer, de substantiels progrès dans la lutte contre la production et le trafic de ces substances.

Pino Arlacchi note en outre : « La fin de la Guerre froide et l’émergence de réels processus de paix dans un nombre de conflits qui paraissaient insolubles a atténué les tensions au sein de la communauté internationale, facilitant la mise en place de la coopération ». Bien au contraire que la fin de la Guerre froide a favorisé d’une part l’apparition de pseudo-Etats au sein desquels s’est institutionnalisée la corruption du politique ; elle a permis d’autre part le déclenchement de nouveaux conflits locaux. Leurs protagonistes ne recevant plus de subsides de l’un des deux grands blocs, ont dû chercher des sources de financement dans des activités illégales, au premier rang desquelles, le trafic des drogues. De la Colombie à l’Afghanistan en passant par l’Angola ou le Kosovo, la drogue est un des éléments de la prolongation de ces conflits.

Enfin la lutte contre le commerce des drogues est brouillée par les intérêts économiques et géopolitiques des États, particulièrement des pays riches qui se posent en leaders de la guerre à la drogues, enclins à faire preuve d’indulgence à l’égard de leurs alliés ou clients.

Les limites de la lutte contre les trafics

Seule une utilisation sélective des données permet au rapport de l’ODDCP de prétendre que les productions illicites sont en sensible diminution. Par exemple il y est écrit que les cultures de cocaïers ont régressé en Bolivie et au Pérou entre 1995 et 2000 (d’environ 150 000 hectares à 50 000 h.), sans mentionner que cette diminution a été compensée par une augmentation quasi équivalente des superficies illicites en Colombie (de 40 000 h à 130 000 h). En outre, l’amélioration des techniques agricoles a entrainé une hausse sensible de la productivité. En 1990, la production annuelle de cocaïne qui se situait entre 500 tonnes et 700t. annuellement est passée de 800 t et 1000 t dix ans plus tard.D’ailleurs, pour le rapport du Département d’Etat des Etats-Unis, rendu public au début du mois de mars 2001, la production de feuilles de coca a augmenté de 6 % passant de 613 000 t à 650 800 t.

Dans le cas des opiacés, la hausse de la production (qui est passée de 4 263 t à 5 004 t entre 1999 et 2000, soit une augmentation de 20 %) est si élevée, que ce sont les trafiquants eux-mêmes qui ont décrété son gel en Afghanistan de crainte de voir les prix s’effondrer. En juillet 2000, Mollah Omar, chef des taliban, a décrété l’éradication totale des cultures de pavot dans un pays qui était jusque là le premier producteur mondial d’opium devant la Birmanie. Au mois d’octobre, période où l’on sème le pavot, des techniciens d’ONG européennes ont observé que des émissaires l’Emir parcouraient les villages diffusant un message de ce dernier selon lequel la terrible sécheresse qui frappait le pays était une punition du ciel pour avoir cultivé cette plante impie. Des paysans récalcitrants ont été emprisonnés à Djelalabad, la capitale de la province du Nangahar. Une enquête de terrain dans l’est du pays auprès des commerçants d’opium pakistanais et afghans, donne à penser que la mesure aurait en fait été suggérée par les mafias d’Asie centrale qui n’ont pas voulu jeter sur le marché les énormes stocks d’opium et d’héroïne accumulés à la suite des récoltes record de 1999 et 2000. Elles auraient donc proposé aux taliban de compenser financièrement l’arrêt de la production pendant une ou plusieurs années.

Quant à la production des dérivés du cannabis, elle ne cesse de croître pour alimenter des marchés où la consommation se banalise. Selon le rapport de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) publié au mois d’octobre 2000, « plus de 40 millions de personnes dans l’UE ont consommé de la marijuana ou du haschisch. En moyenne, un adolescent de 15-16 ans sur cinq et au moins une personne sur quatre dans la tranche des 15-34 ans y ont expérimenté le cannabis ». En 1999, l’Espagne, à elle seule, a saisi près de 400 tonnes de haschisch en provenance du Maroc où les cultures pourraient couvrir, dans les montagnes du Rif et au-delà, 90 000 hectares. Partout dans le monde, on saisit également d’importantes quantités de haschisch en provenance du Pakistan, d’Afghanistan et du Népal, et de la marijuana exportée par le Mexique, la Colombie, la Jamaïque, le Cambodge et par l’ensemble des pays d’Afrique sub-saharienne.

Même si la substitution des drogues d’origine naturelle par des drogues de synthèse n’est pas encore à l’ordre du jour, la production et le trafic de ces dernières connaissent une croissance exponentielle. Dès 1996, le PNUCID lançait un cri d’alarme en affirmant que les stimulants synthétiques du type amphétamines « pourraient devenir les drogues de prédilection au XXIème siècle ». Force est de constater que, en Europe, les saisies ont augmenté de 38 % en 1997/1998 avec, en moyenne annuelle, près de trois tonnes de pilules au Royaume-Uni, 1,5 tonne aux Pays-Bas et 250 kg en Allemagne et en Belgique. La France sert de pays de transit pour les exportations d’amphétamine et d’ecstasy en direction des Etats-Unis qui sont notamment entre les mains de réseaux israëliens.

Aux États-Unis, où les saisies annuelles ont atteint 1,7 tonne par an en 1997/1998, le nombre d’admissions dans des centres de traitement a crû de façon spectaculaire entre 1992 (20 000) et 1997 (70 000). Le chiffre s’est ensuite stabilisé, en 1999 et en 2000. En revanche, en Asie du Sud-Ouest et, surtout, en Extrême-Orient, le phénomène ne cesse de s’amplifier.

Activités mafieuses et corruption du politique

Aucune autre activité illicite n’étant aussi lucrative, le trafic des drogues a accru la capacité de nuisance des organisations criminelles qui s’y livrent, notamment leur pouvoir de pénétrer les structures économiques et politiques de certains Etats. Sur le plan économique elles ont suivi le mouvement de la mondialisation, quand elles ne l’ont pas anticipé. Cependant, confrontées à une offensive des Etats les grandes organisations (« cartels colombiens », « mafias » italiennes et chinoises, parrains pakistanais et turcs, etc.) ont, dans la seconde moitié des années 1990, d’abord décentralisé leurs structures pour être moins vulnérables à la répression. Alors qu’il existait en Colombie trois ou quatre grands « cartels », on compte aujourd’hui dans ce pays une quarantaine de moyennes organisations. De même, dans les années 1980, on recensait une douzaine de groupes de la Camorra à Naples ; ils sont aujourd’hui une centaine, forts de 6 000 affiliés. Ces organisations ont simultanément diversifié leurs activités (trafic d’être humains, de diamants, d’espèces protégées, etc.) et les ont délocalisées en resserrant leurs liens d’affaires avec leurs homologues intervenant sur d’autres continents.

Ainsi, des organisations mafieuses turques autrefois spécialisées dans le trafic de l’héroïne, sont de plus en plus impliquées dans celui de clandestins, la contrebande de cigarettes et la contrefaçon. Lorsque le gouvernement a turc a interdit les casinos, les baba (parrains) avaient commencé à les délocaliser dans les Caraïbes (à Saint-Martin en particulier) ou en Afrique (à Dar Es-Salaam en Tanzanie).

Une affaire récente illustre la coopération entre organisations criminelles. A la fin du mois de février 2001, la police du Nicaragua appuyée par la DEA américaine a intercepté en haute mer un navire battant pavillon brésilien et transportant huit tonnes de cocaïne vendues par les cartels colombiens à la mafia russe. Le capitaine du vaisseau était un nicaraguayen travaillant depuis cinq ans pour une organisation criminelle russe.

La Cosa Nostra sicilienne qui a subi des coups très durs de la part des forces de répression au cours de la dernière décennie, a renforcé son implantation internationale notamment au Brésil, au Canada, en Europe de l’Est ou en Afrique du Sud. Selon les services anti-mafia sud-africains, la mafia sicilienne est solidement implantée au Cap et à Johannesburg. Ses activités vont du blanchiment — sociétés-écrans, achat de biens immobiliers — au trafic de cocaïne, en collaboration avec des groupes colombiens, en passant par le recel de criminels en fuite. Pour la région du Cap, le parrain le plus en vue est Vito Palazzolo, ancien banquier de la Pizza Connection. Évadé de Suisse et « réfugié » en Afrique du Sud où il a d’abord mis ses compétences au service du régime d’apartheid, avant de rendre des services au gouvernement de Mandela, il resterait l’un des chefs de Cosa Nostra. Il est actuellement en résidence surveillée, sous la seule accusation d’avoir usurpé la nationalité sud-africaine.

Ces activités sont favorisées par les liens entretenues par les organisations criminelles avec les pouvoirs politiques. Cela est vrai non seulement dans des « dictatures bananières » (Birmanie, Guinée Equatoriales) ou dans des non-Etats (Afghanistan, Paraguay, Liberia) mais également dans de grands pays qui jouent un rôle géopolitique clé dans leur région comme par exemple la Turquie en Europe et le Mexique en Amérique du Nord. En Turquie, les élections d’avril 1999 ont permis à une coalition de partis nationalistes (de la gauche à l’extrême droite) de constituer, avec l’appui de l’armée, un gouvernement. Fort de ses 16 % des voix, le MPH, façade présentable d’une organisation qui l’est moins, Les Loups Gris, dont des dizaines de membres sont incarcérés pour activités criminelles un peu partout en Europe, occupe les postes de vice-Premier ministre et de ministre de l’Intérieur.

On trouve une situation semblable dans les relations entre les Etats-Unis et le Mexique. Un livre récent apporte des éléments nouveaux à la connaissance des relations entre les « cartels » mexicains de la drogue et les leaders du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), au pouvoir depuis soixante-dix ans, en particulier avec les différents présidents qui se sont succédés depuis le début des années 1980.

Jean-François Boyer qui a interrogé des policiers de hauts rangs, des universitaires parmi lesquelles Jorge Castaneda, politologue devenu ministre des Affaires étrangères du Président Vicente Fox élu à l’été 2000, écrit : « les autorités financières du pays auraient invité les narcotrafiquants à investir leurs revenus dans une économie décapitalisée, en pleine restructuration ; en contrepartie, la police et l’armée mexicaine fermeraient les yeux sur le narcotrafic ; et les deux parties s’engageraient à ne pas recourir à la violence et à négocier d’éventuelles arrestations au cas où il serait nécessaire de lâcher du lest vis-à-vis des autorités antidrogues américaines. L’Etat mexicain s’engagerait enfin à ne pas autoriser la DEA et les agences antidrogues américaines à participer à la répression sur son territoire ». En contrepartie, les organisations criminelles auraient investi dans le pays leurs profits (de 5 à 10 milliards de dollars chaque année), ce qui aurait contribué à permettre au Mexique de remplir les conditions économiques fixées par les Etats-Unis pour la création en 1994 du grand marché nord-américain, l’ALENA. On remarque enfin que chaque président nouvellement élu a surtout réprimé le cartel dont son prédécesseur était le plus proche et s’est rapproché d’un de ses rivaux. Les Etats-Unis ont fermé les yeux sur ces « accords » et cela d’autant plus que, dans les années 1980, leurs services secrets ont eux-mêmes utilisé les cartels mexicain pour appuyer les « contras », milices luttant contre le régime « marxiste » du Nicaragua à partir des pays voisins.

La drogue dans un conflit local : l’exemple du Kosovo

Avec l’explosion et la diversification des productions de drogues et la transformation des narco-organisations, le troisième élément constitutif de la situation actuelle sont les effets sur la criminalité et le trafic de drogues de la multiplication des conflits locaux, effet pervers de la fin de l’antagonisme des blocs et des soubresauts provoqués par l’effondrement de l’Union soviétique. Durant la Guerre froide, les grandes puissances que la dissuasion nucléaire empêchait de s’affronter directement, le faisaient à travers leurs alliés dans le Tiers monde. L’argent de la drogue utilisée par les belligérants évitait ainsi à certains pays d’avoir à puiser dans des fonds secrets pour financer leurs alliés. Cela a été notamment le cas pour toutes les grandes puissances (Etats-Unis, France) et les puissances régionales (Israël, Syrie) concernées par la guerre civile libanaise et pour les Etats-Unis en Amérique centrale. La fin de la guerre froide, loin de mettre fin à ces conflits locaux, n’a fait que révéler leur absence de motifs idéologiques, libérant des affrontements ethniques, nationaux, religieux, etc. Les belligérants ne pouvant désormais compter sur le financement de leurs puissants protecteurs ont dû trouver dans les trafics, dont celui de drogues, des ressources alternatives.Dans une trentaine de conflits, ouverts, latents ou en voie de résolutions, la présence de la drogue, à des titres et des niveaux divers est avérée : en Amérique latine (Colombie, Pérou, Mexique) ; en Asie (Afghanistan, Tadjikistan, Inde, Azerbaïdjan-Arménie, Tchétchénie, Géorgie, Birmanie, Philippines) ; en Europe (Yougoslavie, Turquie, Irlande, Espagne) et en Afrique (Algérie, Soudan, Egype, Sénégal, Guinée Bissau, Liberia, Sierra-Leone, RDC, Congo, Tchad, Ouganda, Angola, Somalie, Comores).

Certains de ces conflits – en Colombie, en Afghanistan ou en Angola – existaient avant la fin de la guerre froide. Mais le retrait de partis frères ou de puissants protecteurs fait qu’ils ont pris un caractère nouveau : glissement progressif vers des activités de prédation dans le cas des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) ; antagonismes ethnico-religieux manipulés par les puissances régionales dans celui des guerres civiles afghane et angolaise. Ailleurs, c’est la chute des régimes communistes qui est à l’origine des conflits yougoslaves, tchétchènes, azéris-arméniens et des guerres civiles géorgiennes. Les protagonistes de ces affrontements, dans leur recherche de financements, font flèche de tout bois : trafic de pétrole, de drogues, de métaux stratégiques, etc.

L’escalade des profits dans le cas de la drogue en fait une source de financement particulièrement intéressante. Ainsi on peut évaluer le montant des taxes perçus annuellement par les taliban sur les drogues à une centaine de millions de dollars. Ce chiffre peut être multiplié par trois ou par quatre dans le cas des FARC. Dans un micro-conflit comme celui de la Casamance au Sénégal, on pouvait évaluer en 1995 les taxes sur le cannabis perçues par le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MDFC) à plusieurs millions de dollars par an. Cela contribue à expliquer que ces quelques centaines de combattants aux pieds nus se soient dotés, au fil des années, d’un armement de plus en plus sophistiqué et qu’en dépit des accords de paix signés avec le gouvernement, des groupes continuent à affronter l’armée et à se battre entre eux, particulièrement à la saison de la récolte du cannabis.

Un des exemples récents les plus significatifs de l’utilisation de la drogue dans le déclenchement du conflit puis dans les obstacles mis à sa résolution, est celui du Kosovo.

Dès 1991, l’OGD a signalé que les profits de la vente d’héroïne dans toute l’Europe, en particulier en Suisse, par des ressortissants albanais de cette province serbe, étaient utilisés pour acheter des armes dans la perspective d’un soulèvement contre l’oppression serbe.L’UCK, après avoir déclanché des opérations militaires à la fin de 1997, a été chassée progressivement de ses bastions par l’armée et la police yougoslave et n’a plus opéré que dans des poches le long de la frontière albanaise. Après la campagne de bombardement de l’OTAN en Serbie et au Kosovo (24 mars au 10 juin 1999), il n’est plus resté au groupe nationaliste qu’à se préparer à un retour en force lors de la réinstallation des réfugiés. C’est la raison pour laquelle elle a cherché à acquérir le véritable potentiel militaire que lui refusait les pays occidentaux. Pour cela elle a eu d’abord pour source de financement   l’impôt payé par les 700 000 Albanais de la diaspora en Europe (3 % des salaires et souvent plus). Mais ce financement légal s’est révélé vulnérable, en particulier lorsque le gouvernement suisse a décidé de gérer le compte de l’UCK, intitulé « La Patrie appelle ». C’est alors que cette organisation a, semble-t-il, décidé de prévilégier une recherche de financement dans le trafic des drogues même si cela impliquait des liens avec les mafias italiennes qui lui fournissent des armes contre de l’héroïne, de la cocaïne ou des dérivés du cannabis.

Dans certaines affaires, la présence de l’UCK en tant que telle a été clairement établie, notamment par la justice italienne ; dans d’autres l’identité des commanditaires de trafics « albanais » est restée occultée, mais ne fait guère de doute. En effet, lorsque la police et la justice de pays européens détiennent les preuves de l’implication de l’UCK, il leur est difficile, du fait du rôle de l’OTAN au Kosovo, d’en faire officiellement état. C’est à la presse de tirer les conclusions des informations dont elle dispose ou des « fuites » dont elle bénéficie de la part de certains magistrats. En juin 1998 par exemple, une centaine de personnes parmi lesquelle de nombreux Kosovars ont été arrêtés à travers l’Italie et d’autres pays européens pour un trafic de drogues et d’armes. Selon le procureur de Milan, ils appartenaient à huit réseaux chargés d’introduire des armes au Kosovo. 100 kilos d’héroïne et de cocaïne, servant à payer les armes, ont été saisis.

Le 12 mars 1999, la police tchèque a annoncé l’arrestation à Prague du Kosovar Princ Dobroshi, évadé d’une prison norvégienne et considéré comme l’un des plus importants trafiquants de drogue en Europe. Un de ses porte-parole a précisé à l’AFP que des documents attestaient, sans ambiguité, que l’homme, agé de 35 ans, utilisait le produit de son trafic pour des achats d’armes. Citant un membre des services secrets tchèques (BIS), le journal Lidove Noviny a indiqué que ces armes étaient livrées à l’Armée de liberation du Kosovo (UCK).

A la fin de ce même mois, c’est un journal italien, Tempo, qui reproduisant un interview du procureur national anti-mafia, Alberto Mariati, publiait que l’UCK était « liée à la mafia de Naples, la Camorra, ainsi qu’à celle des Pouilles » et que « Les clans du Kosovo sont investis dans le trafic de drogues contre des armes ». En avril 1999, The Times de Londres, en avril 1999, indiquait qu’Europol préparait un rapport pour les ministres européens de l’Intérieur et de la Justice soulignant les connexions entre l’UCK et les narco-trafiquants. Selon ce magazine, les polices d’Allemagne, de Suisse et de Suède, détiendraient les preuves du financement partiel de l’UCK par la vente de drogues.

La lutte contre la drogue, arme économique et politique

Les différents type de compromissions des pays riches avec les Etats trafiquants sont si répandues, que leurs caractéristiques peuvent être modélisées. Le plus répandu a pour origine des intérêts économiques. Durant les années 1990, la Chine et la Pologne ont accepté sans rechigner que les armes qu’elles vendaient à la Birmanie soient payées avec l’argent de l’héroïne. Rangoon a en particulier dépensé près d’un milliard de dollars pour acheter des avions de combat à la Chine alors que ses réserves en devise ne dépassait pas 300 millions de dollars. Des membres des services de renseignement de l’ambassade de France au Pakistan rencontrés par l’auteur de cet article n’écartaient pas que l’argent de la drogue puisse, à la même époque, avoir également participé au règlement des ventes d’armement de la France à ce pays.

De leur côté, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international ne se posent pas de questions sur l’origine des fonds qui permettent à certains pays – en particulier la Colombie durant toutes les années 1980 – de payer leur dette extérieure. Si certains Etats européens et l’Union elle-même ferment les yeux sur les protections officielles dont bénéficie la culture de cannabis au Maroc, c’est qu’elle contribue largement à l’équilibre économique du pays et que leur substitution coûterait extrêmement cher.

Mais la drogue peut-être aussi utilisée comme une arme diplomatique pour déstabiliser ou discréditer un adversaire politique.

Un des exemples de cette attitude est la politique des Etats-Unis à l’égard de l’Iran dans le domaine des drogues. Durant toutes les années 1990, en dépit de ses efforts dans le domaine de la lutte contre le transit de l’héroïne afghane (l’Iran a perdu près de 3000 hommes depuis vingt ans dans ces combats), ce pays a été « décertifié » par Washington, c’est à dire placé sur la liste des pays qui sont considérés comme des Etats trafiquants. Cette mesure entraine la suspension de toute aide économique de la part des Etats-Unis et surtout leur vote négatif dans toutes les instances internationales chargées de promouvoir la coopération internationale. Interrogé par l’OGD, un représentant du Département d’Etat a répondu à ce sujet que si l’Iran était placé sur la liste des pays « décertifiés » c’est qu’il s’agissait d’un Etat terroriste et non à cause de sa participation au trafic international des drogues. En décembre 1998, le président Clinton a annoncé qu’il allait retirer l’Iran de la liste des pays « décertifiés ». La raison avancée était que «  l’Iran n’est plus un producteur significatif d’opium et d’héroïne et qu’il avait cessé d’être un pays de transit de la drogue destinée aux Etats-Unis ». Tout le monde a compris qu’il s’agissait d’un geste de bonne volonté répondant à la politique d’ouverture manifestée par le président Mohamed Khatami depuis 1997.

L’utilisation par les Etats-Unis de l’arme politique de la drogue a fait des émules.

De nombreux pays du Tiers monde l’utilisent désormais pour combattre leurs opposants politiques ou les minorités ethniques et religieuses qui vivent sur le territoire. La situation au Timor a été largement médiatisée. Mais il existe au moins un autre Timor en Indonésie, c’est la province de l’Aceth où la répression féroce menée contre la population de cette région du nord de Sumatra a provoqué depuis 20 ans un mouvement de révolte armée. Or, au début de 1990, le prétexte pris par l’armée indonésienne pour intervenir en force dans cette région, a été de mener des campagnes d’éradication du cannabis appuyées par les Etats-Unis. Il est vrai que cette région était un producteur traditionnel de cette drogue, mais qui ne justifiaient en rien le déploiement d’aussi importants moyens militaires qui se sont révélés meurtriers. Un autre exemple est celui du Soudan où la lutte contre le cannabis, appuyée cette fois par l’organe spécialisé des Nations unies, a permis au gouvernement islamiste de Karthoum d’intervenir, ces dernières années, contre la tribu animiste des Beja.

Le dernier élément concernant les manipulations dont la drogue est l’enjeu est de caractère diplomatique. Il s’agit cette fois pour un pays de taire les implications d’un autre Etat dans le trafic de drogues afin d’exercer un chantage pour qu’il y mette fin ou fasse une politique voulue par le premier dans un autre domaine. Les Etats-Unis ont simultanément visé ces deux objectifs dans le cas de la Syrie, pays dont les troupes étaient profondément impliquées dans le trafic de haschisch et d’héroïne au Liban : ils ont obtenu ainsi des campagnes d’éradication des cultures illicites dans la plaine de la Bekaa et la participations de la Syrie aux négociations de paix au Moyen Orient. La même stratégie est actuellement utilisée par Washington à l’égard du général Hugo Banzer président élu de la Bolivie. La dictature militaire de ce dernier (1971-1978) s’est non seulement livrée à de graves violations des droits de l’homme et à l’assassinat d’opposants à l’étranger dans le cadre du « Plan Condor », mais a contribué à la spécialisation de la Bolivie dans la production de cocaïne.

Elu président pour cinq ans en 1997, le général Banzer pour faire oublier son encombrant passé à la communauté internationale et en particulier aux Etats-Unis, s’est lancé immédiatement dans une vaste campagne d’éradication des cultures de cocaïers dont la quasi totalité (37 000 hectares) avaient été manuellement arrachés à la fin de l’année 2000. Cela a notamment valu à l’ex-dictateur d’être présenté comme un exemple lors de la réunion internationale qui s’est tenue à Palerme en décembre 2000 pour adopter une Convention contre le crime organisé. Cette réhabilitation tardive, avec l’ acquiescement des États-Unis, peut donner à penser à des leaders du tiers monde qu’ils auront toujours la possibilité de racheter dans l’avenir leur implication présente dans le trafic. En outre, durant l’année 2000, il a été prouvé qu’un des protégés du président de la Bolivie dont il avait fait le conseiller de ses services de renseignement, appartenait à une famille de la mafia italienne et renseignait les trafiquants de drogues boliviens.

L’Europe face au « Plan Colombie »…et aux Etats-Unis

Il convient de s’arrêter sur le « Plan Colombie » car il marque un différence d’approche très sensible entre l’Europe et les Etats-Unis. On trouve dans ce pays tous les ingrédients d’une crise durable : conflit interne entre guérillas marxistes et milices d’extrêmes droites dont le contrôle des productions de drogue est un des motifs ; tentative de l’État pour rétablir la paix civile et de reprendre le contrôle du territoire ; volonté des Etats-Unis d’intervenir pour mettre fin au trafic de drogues au risque de mettre en péril les négociations de paix.

Le « Plan Colombie » a pour objectif officiel de combattre le narco-trafic, d’appuyer les négociation de paix qui se sont ouvertes au début de l’année 1998 avec le principal mouvement de guérilla, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et plus récemment avec l’Armée de libération nationale (ELN) et de promouvoir le développement économique du pays, en particulier en faveur des secteurs les plus modestes de la population. Le coût global de ce plan est de 7, 5 milliards de dollars. La contribution du gouvernement colombien devrait s’élever à 4 millards de dollars. Les Etats-Unis ont décidé d’y contribuer au niveau de 1,3 milliards de dollars. Le reste est attendu de la coopération bilatérale (Espagne, Japon), et multilatérale, en particulier des organismes financiers internationaux (Banque mondiale, BID, Communauté financière andine, BIRD, etc.) et del’Union européenne.

En Colombie, le plan a fait l’objet de critiques, non seulement de la part des guérillas, mais aussi des ONG de développement et des organisations de défense des droits de l’Homme. Ces critiques se fondent sur le fait qu’environ 70 % des financements américains (un milliard de dollars) iront au renforcement du potentiel militaire des forces de répression. En particulier 60 hélicoptères, dont 18 de type Blackhawk, sont achetés aux Etats-Unis. Les FARC et l’ELN estiment donc que sous couvert de lutter contre le narco-trafic, le gouvernement américain en renforçant l’armée colombienne, vise en fait à saboter le processus de paix et qu’elles sont la cible d’un véritable « acte de guerre ». Les ONG colombiennes et internationales (Amnesty International, American Watch, WOLA, etc.) dénoncent, quant à elles, « une logique de guerre » qui ne peut qu’aggraver la situation d’insécurité dans laquelle vivent les populations. Ce plan inquiète et divise également les voisins de la Colombie. Ils ne peuvent s’empêcher de le mettre en relation avec un projet – en faveur duquel les États-Unis ont lancé des ballons d’essai tout en le démentant officiellement – de créer une armée multi-latérale latino-américaine d’intervention en Colombie dans le cas où les guérillas et les narco-trafiquants menaceraient la sécurité régionale. Un tel projet, qui avait été approuvé par le Pérou de l’ex-président Fujimori, a fait l’objet d’une vive opposition de la part du Venezuela (dont le président nationaliste Hugo Chavez ne cache pas ses sympathies pour les FARC), du Panama et du Brésil qui voit d’un mauvais œil toute initiative pouvant concurrencer son rôle de puissance régionale.

Les pays frontaliers de la Colombie (Équateur, Pérou, Brésil, Venezuela et Panama) craignent qu’une violente offensive contre la production de drogue dans ce pays rejette dans les régions amazoniennes qui longent leur frontière avec lui, non seulement les populations mais aussi les guérillas et les narco-trafiquants.

Au cours d’une réunion des pays appuyant la lutte anti-drogues qui s’est tenue à Bogota le 24 octobre 2000, l’Union européenne, à l’issue d’un processus au cours duquel la France a joué un rôle déterminant, a clairement pris ses distances à l’égard du « Plan Colombie ». La contribution financière de l’U.E se montant à 871 millions de dollars sera destinée essentiellement à des programme de « renforcement des institutions » et de « développement social ». Mais, surtout, cette aide financière se situe clairement en dehors du cadre du « Plan Colombie ». Le porte-parole de l’Union, Renaud Vignal du ministère des Affaires étrangères français, a déclaré à cette occasion : « L’aide européenne est différente du Plan Colombie » et il a ajouté afin que ne subsiste aucune ambiguïté : « L’assistance européenne n’inclut aucun aspect militaire…Pour l’Union européenne il n’existe pas d’alternative au processus de paix, il n’existe pas de solution militaire permettant de rétablir une paix durable ». Le responsable de l’Union pour l’Amérique latine, Francisco de Camara, a enfoncé le clou : « Nous voulons contribuer à la paix, non accroître la tension ».

Le 8 mars 2001 a eu lieu une réunion entre les diplomates de 26 Etats et les FARC dans la zone démilitarisée concédée à la guérilla. Les Etats-Unis ont refusé d’y participer, même si la nouvelle administration affirme « soutenir sans équivoque » le processus de paix et « n’exclut pas de participer » au prochain round de discussion avec la guérilla. L’Union européenne et la plupart des pays de l’Espace Schengen étaient représentés ainsi que le le Vatican, la Suisse, le Canada, le Japon, le Mexique, le Brésil, le Venezuela, etc. A l’issue de la réunion un communiqué signé par tous les pays présents réitérait leur appui au processus de paix. En outre cinq pays – Cuba, Espagne, France, Norvège et Suisse – font partie depuis mai 2000 du groupe dit des « pays amis » du processus de paix avec l’autre guérilla de l’Armée de libération nationale (ELN). L’opposition croissante de l’Union européenne au « Plan Colombie » a facilité le changement de stratégie des FARC, jusque là opposées à la présence de toute commission internationale dans la zone démilitarisée, et remis sur les rails des négociations sérieusement compromises.

Les limites de la lutte contre le blanchiment

Les drogues illicites d’origine naturelle, à l’exception du cannabis cultivé dans des pays comme les États-Unis, l’Australie ou les Pays Bas essentiellement destiné au marché interne, poussent dans des pays du tiers monde : Birmanie, Afghanistan, Pakistan, Maroc, Bolivie, Pérou et Colombie, pour ne mentionner que les principaux producteurs/exportateurs. Cette situation amène le public à faire porter à ces pays la responsabilité des dégâts causés par les drogues dans les pays riches.

Cependant, si l’on considère le blanchiment de l’argent généré par ces productions, on s’aperçoit que le tableau est en quelque sorte inversé. D’abord on constate qu’entre le prix payé au paysan pour la matière première de la drogue et celui que cette dernière rapportera, au détail, dans les rues des pays riches, la multiplication du profit est en moyenne de 1 500 à 2 000 dans le cas de l’héroïne et de 20 à 40 dans le cas du haschisch, drogue pour laquelle les trafiquants «se rattrapent» sur les énormes quantités commercialisées. On estime d’autre part que les profits de la drogue qui restent ou reviennent dans les pays producteurs ne représentent pas plus de 10 % de la valeur finale du produit vendu dans les pays riches. Ainsi, alors que le marché mondial de la cocaïne colombienne représente annuellement une cinquantaine de milliards de dollars, les retombées sur l’économie locale ne dépassent pas 2 milliards de dollars.

On peut en conclure que la plus grande partie des profits générés par la vente des drogues se blanchissent et s’investissent dans les pays riches.

C’est la raison pour laquelle ces derniers ont fait de la lutte contre le blanchiment une priorité. Ils ont créé une multitude de services spécialisés internationaux et nationaux pour traquer l’argent sale des narco : GAFI, TRACFIN, FINCEN, CTIF, FOPAC, etc. La principale organisation multilatérale, le Groupe d’action financière (GAFI) ayant été créé en 1989, il est légitime de s’interroger sur le bilan de cette lutte.

Damien Callamand, expert du FOPAC, cellule anti-blanchiment d’Interpol, a récemment déclaré que si l’on saisissait environ 10 % des drogues en circulation, on ne confisquait guère que 1 % des profits généré par l’ensemble des activités criminelles.

Il ajoutait que hormis l’«Opération La Mina» (1994) qui a abouti à la saisie de 1,2 milliard de dollars, l’ensemble des autres saisies effectuées depuis qu’existe la lutte anti-blanchiment dans le monde, c’est à dire une dizaine d’années, se situerait entre 1 et 2 milliards de dollars, alors que les profits de l’argent de la drogue sont estimés annuellement à des sommes variant entre 300 et 500 milliards de dollars.

Au-delà de l’ambiguïté des systèmes juridiques de contrôle et des défaillances dans leur application, existe aujourd’hui une contradiction plus fondamentale : la volonté de contrôler les mouvements de capitaux dans le cadre d’une économie mondialisée. D’un côté les organismes financiers internationaux recommandent la circulation sans entrave des capitaux, de l’autre les États leur étroite surveillance dans le cadre de la lutte anti-blanchiment. Les recettes ultra-libérales imposées aux pays du Sud et de l’Est impliquent notamment des privatisations massives et rapides dans des pays qui ne disposent généralement pas de capitaux, dont les unités industrielles et les services sont obsolètes et où les risques dissuadent souvent les entrepreneurs d’investir. Cela ouvre tout grand la porte à des mafias pour qui l’essentiel est moins de faire des affaires rentables, que de recycler leurs capitaux dans des conditions avec lesquelles ne peut concurrencer aucun entrepreneur disposant de capitaux licites. C’est ainsi que les mafias italiennes ont racheté des canards boiteux en Allemagne de l’Est et dans toute la CEI, que les mafias russes ont mis la main sur une grand partie des secteurs économiques dans leurs pays, que l’on voit pousser comme des champignons des complexes touristiques en Amérique latine et en Afrique dont les coefficients de remplissage sont truqués pour justifier le blanchiment des organisations criminelles de tout poil.

Mais les pays riches, en particulier certains de ceux qui appartiennent à l’espace Schengen, participent également à cette recherche de nouvelles alternatives économiques dans leurs possessions d’Outre-mer où ils font la chasse aux investisseurs étrangers pour lancer ou relancer l’économie : des zones franches se créent dans le but de développer de nouvelles activités (tourisme, services financiers). C’est le cas, par exemple, dans les Caraïbes, non seulement chez les États indépendants, mais également dans les territoires d’Outre-mer des pays du Nord, comme l’île de Saint-Martin que se partagent la France et les Pays-Bas. Après les mafias américaines dans les années 1950/1960, s’y sont successivement installées les organisations criminelles italiennes dans les années 1960/1970 et les organisations libanaises dans les années 1980/1990. Dernières arrivées, les maffyas turques.

Non seulement cette île est devenue une plate-forme du transit de la cocaïne à destination de l’Europe, mais aussi un centre de blanchiment de premier ordre à travers les banques, les infrastructures touristiques et les casinos.

Un certain nombre d’affaires donnent à penser que plusieurs pays, et non des moindres, sont surtout actifs lorsqu’il s’agit d’épingler le voisin, ils font preuve de beaucoup moins d’allant lorsque les intérêts de leurs grandes banques sont en jeu. Ainsi, les Etats-Unis ont été à l’origine de beaucoup d’affaires…en Suisse. Mais chez eux, l’affaire des fonds Salinas à la City Bank paraît complètement enterré comme si les autorités judicaire jouaient maintenant sur la prescription. Lorsque le GAFI a produit son rapport en octobre 2000, la presse européenne a révélé que l’absence de l’île de Jersey et de Monaco sur la liste des pays « blanchisseurs » avérés, résultait en fait d’une négociation entre le Royaume-Uni et la France

Dernier obstacle aux velléités de contrôle des capitaux : le Cyberbanking.

Si les transactions bancaires ne sont pas une nouveauté, ce sont leur application par le biais d’Internet qui en sont une. Cette facilité de mouvement offerte par un gigantesque réseau transnational aux multiples ramifications présente la particularité d’accroître la volatilité des capitaux et ceci pour deux raisons : tout d’abord, parce que de son propre ordinateur personnel des fonds peuvent être transférés d’un continent à l’autre et ensuite parce que l’argent liquide peut être stocké sur une smart card (porte monnaie électronique). L’argent est par conséquence immédiatement disponible à l’inverse d’une carte bancaire qui nécessite un distributeur. L’élimination de ce lien favorise également la confidentialité puisque par une simple opération commerciale impliquant une carte de crédit il est possible de répérer et de suivre l’itinéraire d’un individu. Cela offre d’immenses possiblités à des entreprises criminelles pour déplacer des sommes colossales. Ce problème s’accroit lorsqu’on associe à l’extrême perméabilité des banques offshore dont la législation bancaire des territoires où elles se trouvent est assouplie de façon à attirer les capitaux. Il convient de reprendre ici les analyses du professeur Jean Dupuy dans son article «Le dédoublement du monde» : «Nous assistons à l’émergence d’un monde dual. Au monde des États, système de légalité, se mêle un monde dont les acteurs sont des forces vives, portés par des flux transnationaux et animés du seul désir de l’efficacité. Ce second monde se distingue radicalement du premier : il est sans frontière ; il est hors la loi». On ne saurait souligner plus radicalement les difficultés de s’attaquer au trafic de drogues à travers la lutte contre le blanchiment.

Conclusion

On le sait les Etats-Unis viennent de perdre leur siège au sein de la direction de l’OICS, après avoir dû céder celui qu’ils occupaient au sein de la Commission des droits de l’Homme. Ce revers est probablement le résultat d’un conjonction d’intérêts divers. Mais un des motifs est certainement le vote de certains pays d’Amérique latine qui ont été toujours opposés au processus de « certification » de la part des Etats-Unis et qui ont reçu un important renfort avec l’élection en 2000 du Vicente Fox du Parti d’action national (PAN) à la présidence du Mexique. Bien que prôche des Etats-Unis, ce dernier la rejette et plaide haut et fort pour une révision des relations du Mexique et de l’Amérique latine avec les Etats-Unis sur le plan de la lutte anti-drogues.

D’autre part, des phénomènes ponctuels comme la quasi-disparition des productions d’opiacés en Afghanistan ou plus structurels, comme le développement de la production des drogues de synthèse dans les pays développés, vont enlever une partie des arguments des Etats-Unis dans leur croisade contre les pays producteurs. Sur le plan de la toxicomanie l’avancée des politiques de « réduction des risques », auxquelles s’est notamment ralliée la France depuis la fin des années 1990, au détriment des politiques en faveur de la politique américaine d’un « monde sans drogue », dont la Suède reste en Europe un des derniers tenants, est un autre signe de changement.

Mais les Etats-Unis conservent des alliés. Les trois grandes organisations onusiennes spécialisées dans la lutte contre les drogues appuient leur position : le PNUCID/ODDCP d’abord, nous l’avons dit, ainsi que l’Organe de contrôle international des drogues (OICS) dont la fonction est de veiller au respect de Conventions internationales (de 1964, 1971 et 1988) élaborées sous l’influence des Etats-Unis. Bien qu’ils puissent faire entendre leur voix au sein de ces organismes, c’est au niveau de la Commission des stupéfiants, expression directe de l’Assemblée générale des Nations unies, que les pays émergeants ou en voie de développement se font surtout entendre. Or ces pays sont sur des positions parfois plus extrêmes encore que celles des Etats-Unis tant au niveau des politiques nationales en matière de toxicomanie que sur le plan de la lutte internationale contre les drogues.

Cette attitude a plusieurs raison. Pour certains, elle découle du fait qu’il s’agit de sociétés non démocratiques – la Chine, la Malaisie, l’Arabie Saoudite ou l’Iran – qui punissent très sévèrement toutes les déviances visibles. Pour d’autres, il s’agit simplement de la conséquence de la fascination exercée par le « modèle américain » ou d’un opportunisme les poussant à rallier ce qui est perçu comme la position dominante parmi les pays riches. Une troisième catégorie vise, à travers des mesures punitives, dresser un rideau de fumée sur les trafics auxquels se livrent leurs élites. Ces pays traitent les consommateurs comme des délinquants, les petits trafiquants comme des criminels dangereux et sont prêts à appuyer toutes les croisades anti-drogues dans la mesure où ils n’en sont pas la cible.

Et cela d’autant plus que si les Européens se sont montrés aussi entreprenants dans le cas de la Colombie, c’est que ce pays fait partie du pré carré des Etats-Unis.

Mais en ce qui concerne par exemple l’Afrique, l’attitude des anciennes puissances coloniales – France, Royaume Uni, Espagne, Portugal – est loin d’être toujours aussi ferme avec certains gouvernement du continent impliqués dans les trafics. Pour ne pas parler de la complaisance dont elles font preuve à l’égard de centres de blanchiment comme Jersey pour le Royaume Uni ou Saint-Martin/Sint Marteen pour la France et les Pays-Bas.

Ces ambiguïtés et ces contradictions, non seulement sont un obstacle à la lutte contre la grande criminalité dans le domaine des stupéfiants, mais elles peuvent être elles-mêmes à l’origine de nouvelles menaces comme le suggère l’attitude des Etats-Unis dans le cas de la Colombie.

source

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FRANCE 🇫🇷 (Drogue) : tout ce qu’il faut savoir sur l’économie du narcotrafic

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NARCO-BUSINESS : comment les Occidentaux ont laissé l’Afghanistan redevenir le pays de la drogue ?

C’est un paradoxe très pénible : ces vingt dernières années, les autorités afghanes, les Britanniques et les Américains ont laissé se reconstituer la production massive d’opium en Afghanistan, que les talibans avaient auparavant presque éradiquée, explique Bernard Frahi, le Contrôleur général honoraire de la police nationale*.

Le 11 septembre 2001 avait sonné le glas de l’obscurantisme taliban en Afghanistan. Il est pourtant un domaine où les talibans avaient surpris positivement : le mollah Omar, chef suprême des talibans, avait imposé la prohibition totale de la culture du pavot à opium dans les territoires sous leur contrôle, soit plus de 90 % du pays et 95% des surfaces cultivées du pavot. En mai 2001, les talibans avaient quasi-éliminé la production d’opium la faisant chuter à 185 tonnes contre 4600 tonnes en 1998. Ce reliquat était concentré dans les territoires du nord-est du pays placés sous le contrôle de l’Alliance du Nord, ennemis des talibans.

Or, par une sinistre ironie, pendant les 20 années de la présence américaine, production et trafic d’opium se sont reconstitués.

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Évolution de la surface dédiée à la culture du pavot entre 2019 et 2020 dans les provinces afghanes. Unodc.org (mai 2021).

En 2020, le pays comptait 224.000 hectares de pavot, soit une hausse de 37% par rapport à 2019, selon l’Office des Nations unies contre les drogues et le crime (UNODC). Cela représente une production d’opium de 6300 tonnes ! Et le pays a commencé à se diversifier dans le cannabis (deuxième producteur mondial en 2017) et dans les méthamphétamines, provoquant d’ailleurs de nouveaux dégâts sanitaires liées à la toxicomanie au sein de la population.

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