AVISEUR INTERNATIONAL

Aviseur International renseigne, sans complaisance, sur la problématique de la drogue, du narcotrafic, de la corruption et sur les politiques mises en œuvre par les différents Etats et les dérives que s'autorisent les fonctionnaires des administrations — aviseurinternational@proton.me — 33 (0) 6 84 30 31 81

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FRANCE (DCSP – DGSE – DGSI – DIPJ – DRPJ- DNRED – OCRTIS): quant à l’impossible infaillibilité des magistrats

En France contemporaine, il est régulièrement précisé que l’on n’intervient jamais dans une affaire judiciaire en cours et qu’une fois la chose jugée, on ne s’autorise pas à commenter la décision des fonctionnaires de justice que sont les « dalloziens » magistrats.

Et pourtant!

Trop souvent, il m’est arrivé de constater que des décisions contradictoires émanant de juges indépendants que sont les juges d’instruction n’arrivaient pas à faire changer les décisions de jugement émises par certains dalloziens du siège.

Trop souvent, il m’est arrivé de constater que nos éminents dalloziens aimaient clôturer un dossier sans pour autant avoir personnellement réussi à se convaincre de la justesse des décisions qu’ils prenaient!

Trop souvent, j’ai constaté que dans les dossiers d’affaires importantes, les manipulations et autres petits arrangements dans le traitement ou l’interprétation des procès verbaux pouvaient transformer un innocent en coupable ou un coupable en innocent!

Trop souvent, je constate que nos grands pouvoirs de la société actuelle française que sont les sociétés du CAC 40 (ACCOR HOTELS, AIRBUS GROUP, AIR LIQUIDE, ARCELORMITTAL, ATOS, AXA, BNP PARIBAS, BOUYGUES, CAPGEMINI, CARREFOUR, CREDIT AGRICOLE, DANONE, ENGIE, ESSILOR INTERNATIONAL, KERING, LAFARGE HOLCIM, LEGRAND, L’ORÉAL, LVMH, MICHELIN, ORANGE, PERNOD RICARD, PSA GROUPE, PUBLICIS, RENAULT, SAFRAN, SAINT-GOBAIN, SANOFI, SCHNEIDER ELECTRIC, SOCIETE GENERALE, SODEXO, SOLVAY, STMICROELECTRONICS, TECHNIPFMC, TOTAL, UNIBAIL-RODAMCO, VALEO, VEOLIA ENVIRONNEMENT, VINCI, VIVENDI), les hauts fonctionnaires (ENA, EHESP, INET, Polytechnique, Science Po, MINES etc.etc qui font pour la plupart des allers-retours entre privé et public), les gouvernants (Ministres et secrétaires d’état), les parlementaires (députés et sénateurs), les forces régaliennes de maintien de l’ordre (Police, Gendarmerie, Douane et services spéciaux), la Justice (indépendante…) et les médias (pas franchement indépendants, mais parfois instrumentalisés par des magistrats), bénéficient tous de la possibilité de s’adjoindre un partenaire supplémentaire, dés que besoin, qui s’appelle Alzheimer. Ce dernier permettant des pirouettes procédurales dans les affaires sensibles que doit gérer la justice aujourd’hui et arranger la sauce pour qu’elle paraisse vraisemblable aux yeux du peuple!

Et reste toujours à disposition le « secret défense », l’arme fatale pour protéger les turpitudes de nos puissants!

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Mais revenons aux affaires DNRED et OCRTIS

Dans l’ affaire de l’OCRTIS, comme dans celle de la DNRED il est certain que des individus de chacun de ces grands services ont eu des comportements pour le moins inappropriés, voire crapuleux pour ne pas dire criminels dans la tache qu’ils étaient sensés accomplir.

Des sanctions auraient du tomber, mais trop souvent ce sont des promotions qui récompensent les incapables, les incompétents et même les déviants !

Pourtant, il me semble que les magistrats qui semblent découvrir aujourd’hui toutes ces irrégularités ont fait preuve de grande naïveté ou… de complaisance!

Par exemple, comment imaginer à la lecture des fiches et affaires conclues sur l’ensemble du territoire français voire à l’international, par la mise en œuvre de MYRMIDON, que nos magistrats ne savaient pas, ignoraient tout et que c’est grande découverte aujourd’hui des actions menées par l’OCRTIS de François Thierry qui n’étaient que la continuation des opérations menées par l’OCRTIS depuis les années 1980. C’était l’époque de Mario Le Corff. (Ces magistrats auront-ils à assumer une quelconque responsabilité? J’en doute!)

Toutes ces opérations ont été inspirées par les actions douanières de la DNRED lorsque ses agents se retrouvèrent à lutter contre les narcotrafiquants alors qu’ils faisaient surtout dans la poursuite des valises de fric.

A l’époque, il fallut donc inventer de nouvelles méthodes pour obtenir des résultats.  Ce qui était nouveau, c’était l’infiltration d’agents et Jean Henri Hoguet qui était aux manettes avait demandé et proposé une loi inspirée de ce qui se faisait aux USA. Le texte fut transmis par le ministre Michel Charasse au ministère de la justice, lequel répondit au bout de plusieurs mois que ce qui était demandé était… » anticonstitutionnel « …!!!

Un  investissement immobilier à Estepona en Espagne sensibilisa alors le Ministre Michel Charasse!

Jean Dominique Comolli, le DG  de la Douane française d’alors, savait, comme le Directeur du Trésor, comme toute la hiérarchie douanière. Oui, tous savaient! Mais… souffrirent d’amnésie lorsqu’ils furent questionnés!

Les flics, à l’époque, n’avaient pas hésité à utiliser des méthodes douteuses pour « saper » les actions douanières. Et il est savoureux de noter que lorsque les flics ont fait incarcérer six douaniers avec la complicité d’un juge d’instruction, Michel Charasse a pu faire voter à l’unanimité en 15 jours une loi autorisant l’infiltration, plus l’amnistie pour les douaniers.

Peu après, lors de la visite que Michel Charasse rendit à Marc Fievet à San Pedro d’Alcantara à l’Hotel Puente Romano, le ministre se confia longuement sur l’incapacité des juges à gérer et juger des situations d’actions spéciales des services de l’Etat.

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Des magistrats incapables du discernement nécessaire dés que l’on aborde des affaires de services spéciaux.

En effet, alors que les comportement individuels délictueux devraient être sanctionnés avec la plus grande sévérité, nos dalloziens préfèrent jeter l’anathème sur l’ensemble des services indispensables à la société actuelle totalement minée par la drogue et ses effets dévastateurs.

Qui laisse fuiter tous ces documents dans une presse avide de lecteurs pour mieux vendre sa publicité?

Qui jette le discrédit sur nos régaliennes entrainant, pour la sacro-sainte transparence, le merdier dans lequel vivent aujourd’hui nos fonctionnaires de la Police, de la Douane et les militaires de la Gendarmerie?

Qui, si ce ne sont que les décideurs dont les décisions ne peuvent être remises en cause!

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OCRTIS (la Française des Stups): avec MYRMIDON, tout avait pourtant si bien commencé

Le bilan des « Opérations MYRMIDON » en date du 21 juin 2016

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Pour l’OCRTIS de François Thierry

104 fiches exploitées, 28 affaires réalisées, 112 individus serrés, saisie de 1 426 kilos de cocaïne, 15 038 kilos de cannabis, 2 536 220 euros, 70 véhicules et 4 armes.

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Pour la DRPJ de Paris

33 fiches transmises, 12 affaires réalisées, 52 individus interpellé, saisie de 37,5 de coke, 4 435 kilos de haschich, 82 345 euros, 22 véhicules et dix armes.

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Pour la DRPJ de Versailles

12 fiches transmises, 7 affaires réalisées, 14 individus interpellés, saisie de 728 kilos de shit, 170 600 euros, 4 véhicules et une arme.

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Pour la DIPJ de Lille

15 fiches transmises, 5 affaires réalisées, 14 individus interpelés, 3 407 kilos de cannabis, 16 000 euros et 11 véhicules saisis.

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Pour la DIPJ de Dijon

1 fiche transmise, 5 individus interpellés, 176 kilos de cannabis et 2 véhicules saisis.

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Pour la DIPJ de Lyon

18 fiches transmises, 9 affaires réalisées, 47 individus interpellés, saisie de 2 067 kilos de cannabis, 21 véhicules, 72 200 euros et 7 armes.

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Pour la DIPJ de Marseille

26 fiches ont été transmises, 15 affaires ont été réalisées, 87 individus furent interpellés et saisie de 179 kilos de cocaïne, 5 786 kilos de cannabis, 3 kilos d’héroïne, 402 000 euros, un bateau, 29 véhicules et 15 armes à feu.

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Pour la DIPJ de Bordeaux

5 fiches transmises, 3 affaires réalisées, 8 individus interpellés,saisie de 551 kilos de cannabis, 1120 euros et 5 véhicules.

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Pour la DIPJ de Rennes

12 fiches transmises, 21 personnes arrêtées, 2036 kilos de haschich saisis, 103 kilos de cocaïne, quelques 48 400 euros, 9 véhicules et une arme.

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Pour la DGSI et la DGSE

4 fiches transmises

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Pour la DCSP

une fiche transmise, 1 affaire réalisée, 1 individu interpellé, saisie de 400 kilos de shit et 1 véhicule.

 

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Pour les services étrangers:

Angleterre: une fiche transmise.

Belgique: 2 fiches transmises, 1 affaires réalisée, 1 individu interpellé et 300 kilos de cannabis saisis avec un véhicule.

Espagne: 10 Fiches, 5 affaires réalisées, saisie de 501 kilos de cocaïne, 55 450 kilos de cannabis et 110 000 euros. (deux camions à Algeciras)

Maroc: 2 fiches transmises

Portugal: 1 fiche transmise

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NARCOTRAFIC et CORRUPTION: Brésil aussi, mais pas que!

Le cas « exemplaire » de José Dirceu, confident de Lula

C’est une dénonciation tardive, celle-là, qui révèle une fois de plus l’ampleur de la corruption rampante au Brésil:  celle d’un lobbyiste bien en cours à une époque, appelé Milton Pascowitch.

Avec au cœur de l’affaire à nouveau un avion. 

C’est en fait l’informateur qui a mis en route l’Opération Pixulexo, un dossier supplémentaire à l’intérieur des enquêtes de l’épais dossier Lava Jato, qui ressemble en fait à des poupées russes avec des affaires imbriquées les unes dans les autres.  Selon cet informateur, il aurait en effet fourni gracieusement un jet à l’ex ministre José Dirceu de Oliveira e Silva.  L’homme n’est pas n‘importe qui : ex-embre d’un groupe révolutionnaire armé dans les années 60 (il avait été le chef de la contestation étudiante contre le régime militaire) fondateur du Parti des travailleurs devenu son président de 1999 à 2002, très proche de Lula (ils sont ensemble ici à droite), le confident de l’ex-président a été surnommé Raspoutine, par ses détracteurs, tant son influence sur l’ex-président a été grande auprès de lui.  C’est lui l’instigateur du « mensalao », ce procédé véreux consistant à verser des pots-de-vin aux membres du Congrès pour obtenir l’approbation de certaines lois allant dans le sens du gouvernement. Ce que révèle Pascowitch, c’est que c’est lui en tout cas à qui a en effet offert une part de l’achat d’un Cessna Citation 560 XL (soit 1.071.000 de reals) avec de l’argent provenant des pots-de-vin du plan de corruption installé à Petrobrás, ceci au nom de l’entreprise-écran de Pascowitch, la société Jamp Engineering (ici le dossier de justice le précisant).  Selon le procureur qui a hérité de l’affaire, c’est un autre lobbyste de la société Jamp Engineering, Julio Camargo, qui avait tout d’abord réglé les frais des voyages effectués par l’avion avec à bord Dirceu, sans que ce dernier n’injecte de l’argent dans l’appareil, donc.  Pour dissimuler l’usage fréquent de l’avion, Dirceu et Camargo en étaient arrivés un  peu plus tard à rédiger un protocole d’accord entre eux, selon lequel Milton investissait 1,071 millions de reals dans la société appartenant à Julio Camargo, José Dirceu devenait ainsi le propriétaire déguisé et caché d’ 1/3 de la valeur de l’avion.  Selon le procureur, il s’était bien agi d’une acquisition cachée en effet et d’un pacte rédigé de corruption évidente.  Un magazine avait dénombré 113 vols à son bord, totalisant 105 000 kilomètres, l’équivalent de deux tours et demi au monde !!!

Tout un système de corruption
L’enquête avait fait remonter à la surface deux paiements douteux, effectués par JD Assessoria e Consultoria, une société de l’ancien ministre, soupçonnée d’avoir participé à Lava Jato. JD Assessoria e Consultoria, aurait été utilisé par Dirceu pour masquer la réception des pourboires provenant des détournements de fonds de Petrobras (s’inscrivant donc dans le dossier Java Lato.  Deux avions étaient cités dans l’enquête :  le fameux Citation Excel, immatriculé PT-XIB et un autre, plus petit, un  Citation Mustang numéroté PP-EVG (ici à gauche et là en photo à Canela en 2011).  C’est le premier qui avait été « acheté » par Dirceu en 2011, avant qu’il ne le revende en voyant venir les enquêteurs vers lui.  Le deuxième est détenu par la société Riomarine, et a aussi été utilisé par Mario Goes, selon le blog O Antagonista (3).  Un site qui avait retrouvé photo à l’appui (ici à droite) un autre Cessna immatriculé PR-BRS dans lequel Lula avait voyagé avec sa femme (photo ici à droite).  Pour trouver que l’avion appartenait à une société appelée « Brasif Duty Free Shop » dont le propriétaire était le même que celui du Citation 560L PT-XIB !!!  Un PT-XIB racheté depuis par Rui Thomaz de Aquino, qui a aussi été le président de TAM Táxi Aéreo.

L’avion était passé entre-temps entre les mains d’Ailanto Marketing, une société créée par Ricardo Teixeira (président de la Fédération brésilienne de foot) en connivence avec l’espagnol Sandro Rosell, l’ancien président du club de Barcelone (aujourd’hui derrière les barreaux, il a été arrêté en 2014, puis à nouveau en 2017, on revient toujours au football au Brésil !!!). 

source

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COKE en STOCK (CCXXXII): la découverte et la chute des fournisseurs d’avions (58)

Retour au Paraguay

Le monde de la Banque, pas beaucoup mieux que celui des trafiquants.

Les frères Roberto et José Carlos Acevedo

Une mise en scène des saisies ?

A-ton assisté en 2015 à une mise en scène des avions saisis au Paraguay et regroupés à Asuncion sous un hangar particulier ? Oui, très certainement. Le but politique étant de montrer qu’on s’occupait du problème… en apparence, en le laissant se poursuivre en fond.

Un avion particulier va bien servir aux politiciens, comme on va le voir un peu plus loin. Les appareils montrés à Asuncion sous un hangar sont bien une des clés du problème, en tout cas, comme l’affirmait déjà l’épisode précédent.

Revenons à ce fameux hangar ouvert, construit dans les premiers mois de 2012, situé pas loin des hangars de Latourrette & Parini, de ceux du PAS ou de l’immeuble contre lequel a été adossé le Hawker 700 (tous déjà vu ici, je n’y reviens pas), un autre avion saisi comme on la vu.

Voilà pour le décor:

Le hangar, Google Earth nous le prouve (cf ci-dessous), a été construit entre janvier 2012 (première image ici à gauche) et août 2012 (deuxième cliché ici à droite) sur un emplacement où étaient stockés trois vieux C-47B Skytrain (DC-3) militaires paraguayens scrappés à cette époque (un DC-3 demeure préservé sur la base de Nu Gauzu de Campo Grande). En octobre 2014, on peut voir sur l’extérieur vers l’ouverture située à l’ouest, ce qui semble être un grand Cessna 208 (troisième image sur la droite au premier rang. Peut-être bien le ZP-BZP aperçu ici chez Laourrette en 2015 et ici le 23 juillet 2016 au Florianópolis Hercílio Luz, au Brésil.

Ce n’est qu’en 2015 que le hangar ouvert à tous les vents a servi à montrer les avions saisis qui ont réunis sont sous son toit lors de leur exposition médiatique, comme on a pu le voir plusieurs fois ici. Dès 2016 ces appareils sont déplacés à l’extérieur côté nord, cinq sortis également ou ramenés sur place étant alignés au sud. Parmi ceux-ci, celui que l’on distingue le mieux demeure un appareil à l’avant et aux ailes bleu-violet, mais qui ne correspond par pour autant au fameux CP-2657 qui avait les ailes blanches. Un avion jaune à aile basse haubanée semble bien être un avion agricole, deux avions à aile basse monomoteurs l’entourent, type Beechcraft 36 ou Embraer Corisco. Un seul bimoteur est visible au sud, de type indéterminé. On rappelle que ce n’est qu’en 2017 que l’on arrêtera les fonctionnaires de la Dinac qui falsifiaient les appareils et les maquillaient avec comme tête de file Jesus Rios, un ancien colonel. Les avions étaient modifiés dans le Hangar N°10 d’Asuncion par le mécanicien en chef Rubén León Téllez, employé par la Dinac. Il possédait sa propre entreprise appelée « Airparservice » société qui affichait encore en 2014 un Cessna 401 bimoteur dans sa page Facebook, le montrant à l’extérieur notamment le 25 mars 2015. Un appareil qui questionne, lui aussi, car en 2010 encore il affichait les couleurs de la « Navale » paraguayenne, qui existe en effet bel et bien. Sur le premier cliché en haut, l’appareil est présenté sur le côté du hangar d’Aeromecanica, à Asuncion toujours. Un hangar dont nous reparlerons très bientôt ici-même.

La découverte d’un appareil appartenant aux militaires et passé dans le domaine civil interpelle en effet. A-t-il été vendu et comment ? Est-ce dans une procédure comme celle de la vente des domaines en France ? On l’ignore. Cela questionne en effet, comme son usage tel ci-dessus « quelque part dans un endroit au Paraguay » comme le précise son nouveau pilote en commentaire de la photo , l’appareil posé sur une piste en herbe inconnue. L’appareil étant désormais immatriculé ZP-BFX aperçu ici à Formosa le 31 décembre 2015. Et c’est en Argentine (et ici au Florianópolis Hercílio Luz au Brésil )!

L’examen du Facebook lié à l’entreprise montre d’autres clichés de l’appareil ainsi que celui du ZP-TAX, mais aussi d’un hélicoptère Robinson dont l’immatriculation a été mise hors-champ de vue (à nous de deviner pourquoi), le Cessna cité, montrant lui un DOUBLE venturi, sur son flanc droit !!! Ironie, le fameux ZP-TAX est un ancien Cessna des forces armées du pays, le modèle D-3140 (un Cessna 175 comme celui-ci) !!!

 

Que faire de tous ces avions saisis ?

Evidemment, le gouvernement paraguayen se retrouve fort tenté de remettre en service pour son propre usage ces appareils, dont bien sur les moins anciens ou ceux en meilleur état. Ça se distingue assez rapidement sur Google Earth, où le stock d’avions accumulés début 2015 a fondu depuis.

Un bimoteur de taille moyenne est toujours là : d’après la forme de son aile et ses fuseaux moteurs étroits, on peut parier sur un vieux Jetstream, bien répandu aussi dans le pays (on a déjà écrit ici lequel était-ce). On peut s’attendre à ce qu’ils atterrissent dans les casernes mais ce n’est toujours pas le cas. Tous les Cessna employés même par la SENAD sont des avions anciens, comme ceux de la « Naval ».

Sauf quelques appareils, dont certains effectivement empruntés aux trafiquants… ce qui va provoquer en 2015 une étrange situation, deux d’entre réclamant leur appareil au juge Miguel Tadeo Fernández, au prétexte d’une saisie juridiquement contestable (les avions auraient été saisis en dehors de l’enquête elle-même). Parmi eux, Adilson Gibellato, propriétaire aussi du petit Cessna 152 N7338L, et du modèle 150 N11175 en plus d’être le propriétaire du ZP-BHF, avait carrément demandé au juge de l’époque, Miguel Tadeo Fernández, de rendre son avion saisi. Le procureur Marcello Pecci faisant immédiatement appel de la décision du juge, provoquant un imbroglio juridique qui va se compliquer car son oiseau rouge et blanc (un Cessna 210L) avait été versé entre-temps à la Brigada Aérea – Grupo Aéreo de Transporte Especial du pays. Or le 20 janvier 2017, l’avion s’écrase près de l’aéroport Silvio Pettirossi, après une défaillance électrique, avec à bord Hugo Marcial Sánchez, instructeur et un cadet Orlando Zárate Solís : il était devenu semble-t-il le 0235 de la flotte de l’armée !!! En mai, les ZP-BHF, requis par Adilson Gibellato et le ZP-BCQ demandé par Vicente Cano Espinola sont examinés à nouveau par la juge María Griselda Caballero, qui recommande de libérer les appareils. Ce qui donne des idées à trois autres : le 12 juillet 2016, est déclarée recevable la plainte de 5 détenteurs d’appareils saisis : ceux de Fidel Silva Caceres, de Pablino Candia, de Sixto Benitez, de Javier Romero et de Patricio Rodolfo Ibarra, phénomène auquel s’oppose à nouveau le procureur Pecci. Impossible en tout cas de rendre le ZP-BHF… détruit (à droite son examen par les militaires paraguayens, sous son ancienne livrée lors du « show de 2015 », à Asuncion même)!

Manipulation politique des avions saisis……

Au Paraguay, je vous l’ai décrit et démontré, une bonne partie de la classe politique, notamment celle gravitant autour du parti Colorado, parti présidentiel on le rappelle, est noyée jusqu’au cou dans le trafic de drogue. Le meilleur exemple qui soit, c’est encore une fois une image qui nous le démontre. Celle de la visite électorale d’un député (et futur sénateur qui va même devenir le président de l’assemblée sénatoriale !) venu visiter le centre de la Senad, qui s’occupe de la lutte contre la drogue dans le pays. La scène se passe le 25 mars de 2015, elle a été ainsi décrite : « une Commission pour la prévention du trafic des drogues et les crimes connexes présidé par le sénateur Roberto Acevedo accompagné des membres sénateurs Fernando Silva, Arnaldo Giuzzio, Enrique Bacchetta et Julio Quiñonez, fait la connaissance de la presse et à travers vous à l’opinion publique généralement membres de la Commission sur la prévention et la lutte contre le trafic des drogues et des infractions connexes de la Chambre des sénateurs ont assisté à la réunion pour présenter le projet de gestion des biens saisis et confisqués pour l’Amérique latine (BIDAL), réalisée Le 25 mars 2015, à 10h00, dans la salle de l’Auditorium du Secrétariat national antidrogue SENAD (…). Dans ce contexte, ils ont l’occasion de visiter les installations de la Force aérienne, où sont déposés les aéronefs saisis par le SENAD, et il a été constaté que 36 avions s’y trouvaient avec différentes plaques d’immatriculation (Paraguay, Argentine, du Brésil et de la Bolivie) dont certains déposés il y a plus de 20 ans, la plupart sont détériorées et inutilisables ». Et quel avion montre-t-on ce jour-là bardé de collants servant de scellés ? célèbre CP-2657, si reconnaissable, bien sûr ! Une avion (Cessna 210) on le rappelle, qui avait atterri à Pedro Juan Caballero, dans un ranch de bétail, situé sur les rives de la Aguaray Guazú River et à environ 20 kilomètres à l’est de la «jonction de Lima» de la route III. Sur un terrain appartenant au général (SR) Carlos Egisto Maggi, qui avait nié toute implication… bien sûr. C’était le père de père de Carlos Manuel Maggi, membre du mouvement « Honor Colorado » soutenant la présidence Cartes !!! Dans l’avion on avait trouvé 11 sacs chargés de plusieurs « pains » de cocaïne, totalisant 311 kilos. Le député et futur sénateur était-il le plus capable de diriger une telle commission ? Son frère et lui vont nous démontrer le contraire en fait…

Les deux terreurs de l’Amambay

Car Roberto Acevedo et son frère José Carlos; maire de Pedro Juan Caballero, tous deux opposants à Cartes, il faut le préciser, avaient déjà derrière eux de belles casseroles. Leur début de carrière remonte à leur association avec Fahd Jamil Georges lorsque le « turc » dominait la frontière dans un triple trafic d’armes, de cigarettes et de cocaïne.

es deux frères n’ont jamais voulu révéler d’où leur venait leur immense fortune… pas plus que leurs comptes en Suisse. Aux trois trafics déjà cités, ils en avaient ajouté un quatrième : ils ont en effet été accusés par leur collègue Colorado, Héctor González de monopoliser la vente de carburant à la frontière. Ils en possédaient en effet six, de stations services, gérées avec l’accord du trafiquant Fahd Jamil Georges. Extérieurement, ça n’empêchait pas Roberto de se faire le chantre de la lutte antidrogue, comme on vient de le voir. Tenté par la politique, il a été en effet élu tôt gouverneur de l’Amambay en 2004, son frère devint le maire de Pedro Juan Caballero, comme on l’a dit.

Une ascension politique qui fait bien des jaloux.

Le 27 avril 2010, le pick-up électoral de Roberto est assailli par deux hommes à moto, qui tirent une quarantaine de balles sur lui. Il s’en sort légèrement blessé, un vrai miracle. Bien entendu, il incrimine aussitôt les trafiquants, et notamment Jorge Rafaat (Toumani ), passé depuis à la sulfateuse gros calibre comme on l’a vu ici-même, profitant de l’événement pour renforcer sa stature de candidat antidrogue.

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DROGUE: la lutte contre la drogue en Afrique, un défi colossal

Publié le 11 octobre par Aviseur international

Par Arnaud Jouve Publié le 16-09-2018 Modifié le 16-09-2018 à 19:43

Pour le secrétariat de l’ONUDC, le constat pour l’Afrique est le suivant : « Le trafic de drogues et d’autres formes de criminalité organisée continuent d’entraver le développement économique et social de nombreuses régions du continent. Cette situation est aggravée par d’autres facteurs tels que les guerres et les conflits internes, les répercussions des soulèvements en Afrique du Nord, les faiblesses du système social et de justice pénale, la corruption, les perspectives limitées qui s’offrent aux jeunes et la disparité des revenus, qui favorisent tous amplement les activités que les groupes criminels organisés mènent dans la région ».

De plus, l’organisation observe que depuis plusieurs années, les pays d’Afrique sont de plus en plus touchés par le développement de routes de la drogue qui la traversent, notamment avec l’itinéraire de la cocaïne depuis l’Amérique latine et la route dite du Sud, de l’opium afghan en direction de l’Afrique de l’Est. A cela, le secrétariat rajoute que sur la base des informations transmises par les gouvernements, « il existe un lien de plus en plus clair entre trafic de drogues et groupes terroristes, notamment en ce qui concerne l’utilisation du produit du commerce illicite de drogues pour financer des activités terroristes ».

Ce bilan global, affiné chaque année, permet à l’ONUDC d’appuyer le Plan d’action de l’Union africaine et de fournir une assistance technique aux pays pour sa mise en œuvre. Un plan d’action basé sur un Programme mondial de contrôle des conteneurs de l’ONUDC et de l’Organisation mondiale des douanes (OMD) qui a permis la création de services mixtes de contrôle portuaire dans diverses parties de l’Afrique, et sur un projet de communication aéroportuaire (AIRCOP) qui s’est étendue, au-delà de l’Afrique de l’Ouest, à l’Ethiopie, au Kenya et au Mozambique. Cette stratégie préconise aussi en priorité le renforcement de la coopération régionale dans des domaines comme l’échange croissant d’informations dans la région, la lutte contre les flux financiers liés au trafic de drogues et la prévention du détournement des précurseurs utilisés pour fabriquer des drogues.

Pour illustrer cette lutte et comprendre les questions sur lesquelles vont travailler les délégations à la réunion de Dar es Salam, voici quelques observations non exhaustives provenant du dernier rapport de travail 2017 de l’organisation, région par région.

■ L’Afrique de l’Ouest

En Afrique de l’Ouest, la cocaïne est un sujet de préoccupation majeure. Le transport de cette drogue par voie aérienne, favorisé probablement par la hausse du trafic aérien entre l’Amérique du Sud et l’Afrique de l’Ouest, devrait, d’après le rapport, connaitre un important développement au vu de l’augmentation de la consommation dans la région. 1,9 tonne de cocaïne ont été saisies dans le cadre du projet AIRCOP.

Pratiquement le même volume de métamphétamine a été saisi dans la région, principalement sur les aéroports de Lagos (Nigeria) et de Cotonou (Bénin). C’est aussi dans ces mêmes aéroports et celui d’Accra (Ghana) où ont été réalisées les principales prises d’héroïne et de divers opioïdes pharmaceutiques comme le Tramadol de plus en plus consommé, notamment dans le Sahel. C’est aussi sur ces aéroports qu’ont été saisis de nombreux précurseurs qui pourraient indiquer l’existence en Afrique de laboratoires servant à la fabrication de nouvelles substances psychoactives. Les rapports notent qu’environ 65 % des passeurs de drogues arrêtés dans la région étaient des ressortissants du Nigéria.

■ L’Afrique centrale

Les activités de l’ONUDC en Afrique centrale restent fortement limitées par manque de ressources, mais le rapport signale des progrès importants réalisés dans le cadre du projet AIRCOP sur les aéroports de Douala et de Yaoundé au Cameroun avec des saisies de cocaïne (20 kg), de khat (555 kg), de métamphétamine (100 kg), d’amphétamine (27 kg) et de médicaments contrefaits ou illicites (680 kg).

■ L’Afrique de l’Est

Le Programme régional pour l’Afrique de l’Est pour la période 2016-2021 qui s’intitule « Promotion de l’état de droit et de la sécurité humaine » contre la criminalité transnationale organisée et les trafics obtient des résultats intéressants. Il vise en priorité le trafic de drogues, la traite des personnes et le trafic de migrants, les flux financiers illicites et le recours aux réseaux de transport à des fins de trafic, y compris la criminalité maritime.

Par exemple pour la lutte contre le trafic portuaire, le programme de contrôle mondial des containers s’est doté de nouvelles unités qui sont maintenant opérationnelles à Mombasa (Kenya), à Dar es Salaam (Tanzanie) et à Kampala (Ouganda). Les pays partenaires de la lutte contre la route du sud ont réalisé d’importantes saisies de drogues. En Tanzanie, 111 kg et 64 kg d’héroïne ont été interceptés respectivement en octobre et en décembre 2017. En juin 2017, 140 kg de diverses drogues, dont 18kg d’héroïne, ont été saisie à Madagascar et 10 kg d’héroïne au Kenya en mars 2018…

■ L’Afrique australe

Depuis quelques années, l’Afrique australe est devenue une plaque tournante de plus en plus importante du trafic d’opiacés par voie aérienne depuis l’Asie occidentale et la Tanzanie, l’un des principaux pays de transit. Plusieurs affaires concernant l’héroïne ont révélé la présence de trafic entre le Pakistan et les Etats-Unis via l’Afrique australe avec une saisie record en juin 2017 de 963 kg d’héroïne en Afrique du Sud.

Le trafic de cocaïne est également en hausse : en 2017, 480 kg de cocaïne à destination ou en provenance d’Afrique australe ont été saisis dont 207 kg à l’aéroport international de Sao Paulo-Guarulhos au Brésil à destination de Johannesburg en Afrique du Sud.

L’Afrique australe connaît aussi un développement du trafic de métamphétamines. 403kg ont été interceptés entre 2011 et 2017 à destination de l’Afrique australe. Depuis 2018, les cellules de lutte du projet AIRCOP des aéroports de Lagos et Cotonou ont saisi 20kg à destination de Johannesburg (Afrique du Sud) et 34,5 kg à destination de Maputo (Mozambique).

L’Afrique australe a également été touchée par le détournement de précurseurs chimiques (éphédrine) utilisées dans la fabrication de stimulants de type amphétamine.

■ L’Afrique du Nord

Le Programme régional pour les Etats arabes (2016-2021), mené en étroite collaboration avec la Ligue arabe et ses Etats membres, prend en compte les défis auxquels l’Afrique du Nord et le Moyen–Orient sont confrontés. Une région marquée en 2018 par de nombreuses crises avec des conflits qui se poursuivent en Irak, en Libye, en Syrie et au Yémen, qui ont des conséquences néfastes aussi sur les pays voisins.

Sur cette région, l’une des principales préoccupations reste le trafic de cocaïne qui a de plus en plus recours à des moyens maritimes. Une tendance probablement liée, d’après le rapport, à l’augmentation de la fabrication mondiale de chlorhydrate de cocaïne pur ces dernières années. Le Maroc a connu en 2017 un accroissement de 128 % de ses prises de cocaïne par rapport à 2016 avec par exemple en octobre 2017, une saisie de 2,58 tonnes de cocaïne en provenance du Venezuela.

De son côté, l’héroïne afghane continue d’atteindre le Moyen-Orient malgré un nombre croissant de saisies en Afrique du Nord : 34 % d’augmentation de saisies d’héroïne au Maroc entre 2016 et 2017 et 51 % d’augmentation dans la même période en Algérie, mais la plus grosse prise d’héroïne dernièrement interceptée, l’a été à Safaga en Egypte sur le bord de la mer Rouge début 2018.

D’autre part, plusieurs tonnes de Tramadol (essentiellement en provenance d’Inde) à destination de la Libye ont été saisies dans plusieurs pays de la région et confirment le trafic florissant de ce produit en Afrique du Nord.

Au cours des trois dernières années, les saisies de cannabis en Afrique du Nord, particulièrement au Maroc et en Algérie ont sensiblement diminué. Forte baisse également des saisies de cannabis dans les ports européens du fait probablement du renforcement des contrôles depuis les ports d’Afrique du Nord. Par contre, le trafic de résine de cannabis par voie terrestre s’est étendu aux pays du Sahel, avec pour exemple une prise de 72 kg de résine de cannabis au Niger sur un véhicule en provenance du Nigeria qui envisageait de rejoindre la Libye via Agadez (Niger).

Sur cette axe transsaharien, on observe notamment une augmentation du trafic d’amphétamines en provenance d’Afrique de l’Ouest et à destination de l’Europe ou de l’Asie de l’Est.

L’Afrique est aujourd’hui traversée par de multiples routes qui alimentent le trafic international, qui connait une forte augmentation de sa consommation de toutes sorte de drogues et qui s’affirme comme un continent de production avec la multiplication de plantations, de laboratoires de transformation et d’organisation criminelles de plus en plus actifs sur le marché mondial.

SOURCE

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NARCO-BUSINESS (Import-Export et Blanchiment): les Bataves ont transformé les Pays-Bas en narco-Etat 

 

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La police néerlandaise qui n’est pas impuissante et possède la sophistication et les moyens nécessaires pour agir, est débordée!

Elle ne réussit qu’à démanteler un réseau de narcotrafic sur 10.

Et surtout, elle assiste impuissante depuis des décennies et constate comment une véritable économie parallèle s’est mise en place et prend de l’ampleur!l

La dernière opération en est une éclatante démonstration. Ce qui me dérange profondément, c’est que cette dernière ait été cornaquée par la DEA  démontrant une énième fois notre incapacité à fédérer la lutte contre la drogue en Europe. Il serait illusoire de penser résoudre ce problème majeur chacun dans son village!

La tolérance néerlandaise

Il vaut mieux trafiquer depuis La Haye ou Amsterdam: on risque moins si l’on se fait prendre.

De plus, les Pays-Bas sont la porte d’entrée de l’Europe avec, on l’a vu, Rotterdam et toujours Anvers chez les voisins belges.

Pour blanchir l’argent, les mafias profitent d’un réseau bancaire de premier ordre et d’une relative tolérance entrepreneuriale.

Le bonheur des mafias est donc néerlandais.

Pour les policiers néerlandais, il faudrait plus de moyens !

Beaucoup plus: 2 000 policiers de plus !

Ce qui pour un pays de 17 millions d’habitants est énorme.

Les narcos, meilleurs alliés de la Police pour « sécuriser » le pays

Si l’on regarde les chiffres, le nombre de crimes et délits aux Pays-Bas a chuté de 25% en 10 ans, les mafias détestent le désordre, c’est mauvais pour le commerce.

Qu’a t’il été fait depuis les années 80?

Rien, aucune avancée permettant d’enrayer ce déferlement de drogues via Rotterdam et Anvers.

Au contraire, les Pays Bas, déjà importateurs de cocaïne avec les conteneurs sur Rotterdam et Anvers, qui gèrent aujourd’hui un marché de près de 6 milliards d’euros annuels, sont devenus producteurs.

Les Pays Bas produisent la MDMA

Déjà en 1996, on pouvait lire:

« Aucune drogue ne s’est répandue aussi vite, constate le spécialiste August De Loor, qui estime qu’aux Pays-Bas environ 200 000 personnes en consomment régulièrement. M. De Loor contrôle depuis des années l’ecstasy qui circule dans les house parties. Depuis l’interdiction de ce produit, la production et la vente sont totalement sous l’emprise des milieux criminels.

Selon M. De Loor, les premiers producteurs aux Pays-Bas étaient eux-mêmes d’enthousiastes consommateurs d’ecstasy, ce qui garantissait une qualité assez constante.

« Mais, lorsque l’ecstasy est devenue illégale, ces producteurs ont été évincés. Le marché est tombé aux mains des voyous. » La production d’ecstasy s’est amplifiée et constitue « un flot constant qu’il est impossible d’endiguer », affirme Jaap De Vlieger, de la police de Rotterdam.

« Il est très facile de se procurer de l’ecstasy. « C’est ce que confirme une enquête effectuée par les spécialistes européens de la drogue. Après le cannabis, l’ecstasy est devenue la deuxième drogue illicite en Europe de l’Ouest.

Pour ce qui est de la production d’ecstasy, les Pays-Bas sont la Colombie de l’Europe, a déclaré, lors de l’émission télévisée Nova, un spécialiste des drogues de synthèse travaillant pour le Centrale Recherche Informatiedienst [CRI, Service national d’information et d’enquête de la police néerlandaise]. Pour illustrer ses propos fort controversés, il a montré la progression constante du nombre de laboratoires d’ecstasy démantelés: 3 en 199 1, 12 en 1993 et 15 au début du mois de décembre 1995. »

Aujourd’hui, une grande majorité de l’ecstasy, ou MDMA, consommée en Europe est produite dans le sud des Pays-Bas dans des laboratoires clandestins.

On sait aussi que ces laboratoires sont entre les mains de gangs marocains qui ont d’abord fait leurs armes avec l’importation illégale de cannabis depuis leur pays d’origine.

Or ces narco-businessmans sont en constante augmentation.

Pendant ce temps-là, en France, les livraisons de stups en provenance des Pays Bas et de Belgique continuent sans entrave aucune!

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COKE en STOCK (CCV) : la découverte et la chute des fournisseurs d’avions (40)

Au Brésil, on a donc affaire comme au Paraguay à un double trafic : celui de contrebande, au départ de cigarettes dans les années 60 et 70 puis celui de matériels électroniques, les taxes n’étant pas les mêmes entre pays cela permet des profits supplémentaires à qui arrive à passer hors de la frontière ce genre de marchandises. Chaînes hifi, radios, lecteurs de DVD, tout y passe.

A ce trafic s’est progressivement mêlé l’écoulement des stocks paraguayens de marijuana, qui s’est lui-même doublé de celui de la coke bolivienne. Le sud du pays, au Brésil est donc naturellement touché : frontalier au Paraguay mais aussi avec l’Argentine, il étend la sphère d’influence des narcos boliviens notamment vers Buenos Aires, où le relais des navires partant vers l’Europe est plus que préoccupant. Des avions accidentés sont achetés à bas prix, retapés et repeints dans des ateliers clandestins au Brésil, notamment dans le Mato Grosso, à Sinop, devenu fief narco fournisseur d’avions, certains, en bon état étant vendus par une habitante de la banlieue de Dallas, dont on a retrouvé facilement la trace chez les trafiquants… la FAA américaine ayant semble-t-il encore un fois perdu ou égaré leurs registres.

Une découverte très intéressante en 2011

Les brésiliens sont en tout cas bien présents et bien installés dans le trafic provenant de Bolivie ou du Paraguay. Le 27 octobre 2011, la police nationale brésilienne, à la suite d’une enquête ayant duré une bonne année au moins, déclenche une rafle portant sur un trafic de drogue par avion, une opération lourde avec plus d’une cinquantaine de personnes à l’ouvrage, baptisée « Touro Branco » (dans le Minas Geiras, donc) et portant surtout sur trois états : le Mato Grosso, le Mato Grosso do Sul et celui de São Paulo. Le point majeur de l’opération est une ferme située dans la région du Pantanal, dans le district d’Ouro Branco do Sul, dans la municipalité d’Itiquira, à 359 kilomètres de Cuiabá (pas loin de la célèbre chute d’eau), une ferme qui aurait servi à recevoir par air la drogue pour la distribuer ensuite par route selon un principe bien établi. Selon la police, l’opération aboutit à délivrer plusieurs mandats d’arrêt dont deux délivrés à São Paulo, un à Itiquira (MT), un à Campo et Lacerda (MT) et un à Campo Grande. Un beau lot de pâte de cocaïne (ici à gauche) est découvert durant les saisies, au total ce sera 1,2 tonne en effet qui s’empilera en paquets d’1 kilo environ. Mais il y en aura davantage au final encore. Dans les minutes du procès, on découvrira le nom du trafiquant intercepté en flagrant délit (c’est celui de Ricardo Ribeiro Santana, alias « Pernambuco« ), et celui de son pilote longuement écouté sur leurs téléphones portables par la police pendant des mois. « Le 18 septembre 2010, il y a eu une autre arrestation en flagrant délit lors de cette enquête, étant donné que la police fédérale a réussi à surprendre Dionisio Paulo Da Silva, portant environ 152 kg de cocaïne appartenant à l’organisation criminelle de « Eurico » (Eurico Augusto Pereira, surnommé “Quebrado”, ou « Le cassé »). Ce lot de cocaïne a commencé à être traité par « Eurico » et « Pernambuco », le premier en tant que vendeur et acheteur d’un deuxième, au début de septembre 2010. Ils ont recruté le pilote, Filho Do Merceneiri (« Rafael » ) comme transporteur de drogue avec l’utilisation d’un co-pilote… Le 6 septembre, lors d’une nouvelle connexion, « Pernambuco » se plaint à « Eurico » du manque de contact avec « Rafael », puisqu’il était déjà en possession du de la drogue (cf index 19262489). Dans la conversation suivante, « Pernambuco » affirme à « Eurico » qu’il a fixé à « Rafael » le délai de livraison de la drogue « à lundi au maximum » (index 19274987). La livraison n’a en fait pas eu lieu, parce que le 18 août le pilote Paulo Dionizio Da Silva, transportant des drogues par voie terrestre, a été arrêté par la police fédérale à Araraquara, une police qui a réussi à découvrir et saisir la drogue cachée dans une trappe sous l’avant du camion, et qui faisait 152,25 kg (cent cinquante-deux kilogrammes et vingt-cinq grammes de cocaïne). Les dialogues entre « Eurico », « Pernambuco » et « Rafae »l dans les jours qui ont suivi l’arrestation ne laissent aucun doute sur le fait que la drogue appartenait au premier et devait être livrée au second, « Rafael » apportant la drogue par voie aérienne, transmise par le pilote « Paulo », pris en flagrant délit (index 19470247, 19470269, 19470285) ». On ne peut mieux résumer !

Tout un gang de brésiliens, de paraguayens et de boliviens… jusqu’à des calabrais !

Au final, sur la totalité du raid, ce sont 4 297,58 kg de cocaïne (4 tonnes !!!) et 5 210,70 kgde marijuana qui avaient été découverts plus en devises 890 000 reals et 110 000 dollars en espèces. Un autre transporteur de la même organisation, Edenilson Moreira da Silva dit Gordinho « Le petit costaud » (c’est presque de l’Audiard) avait lui été pris à part avec 42 kilos de coke. Enfin, Everton Benteo Luiz, avait été lui accusé d’être l’intermédiaire de la bande avec des fournisseurs boliviens. La presse donne tous les noms le 28 octobre 2011: « La police fédérale a arrêté hier à Cassilandia (MS), le vendeur de semences pour herbe, Eurico Augusto Pereira, 39, un résident de São João das Duas Pontes, nommé comme responsable d’un gang international de trafic de drogue qui a traité 47 millions de reais en un an. Selon Ivo de Freitas, la Surintendance de la PF à Sao Paulo, la cellule criminelle de Perego était responsable du courtage et de la gestion du trafic entre les Brésiliens, les Boliviens et Paraguayens. Lui et un autre trafiquant de drogue – qui n’a pas été nommé – étaient, en tant que délégué, les patrons de l’organisation criminelle et lavaient l’argent du crime de l’argent dans des entreprises, dans le domaine des semences agricoles et des magasins de voitures. Selon le PF, l’enquête d’un an a permis de découvrir des membres sud-américains, européens et brésiliens dans le cadre de l’organisation du trafic de cocaïne en Bolivie et de la marijuana au Paraguay. Depuis le début de l’enquête, 70 personnes ont été arrêtées, dont une soupçonnée de faire partie de la mafia italienne basée dans la région de Calabre. Ont également été saisis 4,3 tonnes de cocaïne et 5,2 tonnes de marijuana, en plus de 1 million de reals, 48 véhicules et un avion. Le laboratoire de raffinage de drogue découvert par la police était installé à Barueri (dans l’état de Sao Paulo). L’an dernier, un avion avec 360 kilos de cocaïne a été saisi à Sales de Oliveira, dans la région de Ribeirão Preto. L’avion était immatriculé au nom d’un avocat de São Gabriel Del Oeste (j ‘ y reviendrai plus loin). » La description de « Perego » suit dans les divers jugements et contestations de ses avocats : « fils d’un couple d’agriculteurs, Pelego a été impliqué dans le crime en 2000, quand il a été arrêté avec une livre et demi de drogue. Cinq ans plus tard, il a fui la prison de Rio Claro et a kidnappé un conducteur, dans la même ville. Il a été condamné à 6 ans de prison pour vol et extorsion, mais a fait appel de la peine en liberté. « L’appel est en attente de jugement », a déclaré son avocat, Claudio Schefer Jimenez, qui n’était pas au courant de la nouvelle condamnation à la prison de son client. (…) Recherchée pendant la rédaction du rapport, une sœur de l’accusé ne voulait pas parler. Avec les revenus présumés de son entreprise dans le domaine des semences, Pelego a obtenu un patrimoine qui comprend des biens immobiliers à São João das Duas Pontes, Campo Grande et Cassilândia (MS). Il a construit un manoir à la ferme où il a été arrêté et, selon les policiers, portait une chaîne et un bracelet en or avec des détails en émeraude, ainsi qu’une montre de luxe d’une valeur de 15 000 réais.. » La panoplie complète de l’arrivisme narco !!!

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http://www.centpapiers.com/coke-en-stock-ccv-la-decouverte-et-la-chute-des-fournisseurs-davions-40/

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FRANCE (Narcotrafic): qui pour réellement lutter contre les méfaits de la drogue?

L’OCRTIS  qui semble être le seul service a avoir été chargé d’émettre un rapport sur ce que devrait être le futur service chargé de la lutte anti narcotrafic demande que son rôle de coordinateur soit renforcé avec, toujours coté Police, l’OCRGDF (Office central de répression de la grande délinquance financière) et le SIRASCO, le Service d’Information, de Renseignement et d’Analyse Stratégique sur la Criminalité Organisée.

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QUID de la Gendarmerie, des 1000 communautés de brigades et 700 brigades territoriales autonomes, des 8 commandements de la Gendarmerie ou COMGEND, qui sont établis dans les départements (DOM) ou communautés (COM) d’outre-mer : Nouvelle-Calédonie et îles Wallis-et-Futuna, Polynésie française, La Réunion, Mayotte, Guyane, Martinique, Guadeloupe et Saint-Pierre-et-Miquelon?

QUID de la Douane Française, de ses 8 338 agents de la SURV (terrestres, marins, aériens, aéroports)?

QUID de la DNRED, la Direction Nationale du Renseignement et des Enquêtes Douanières et de ses 715 agents répartis en trois directions:

la Direction du renseignement douanier (DRD), la Direction des enquêtes douanières (DED), la Direction des opérations douanières (DOD).

La DNRED est chargée de:

  • collecter, centraliser, traiter et diffuser le renseignement d’origine douanière,
  • lutter contre les grands réseaux internationaux de contrebande (stupéfiants, tabac, armes, biens culturels, contrefaçons) en mettant en œuvre, si les enjeux le justifient, des techniques d’investigation spécialisées,
  • coordonner les activités opérationnelles menées avec les partenaires étrangers de la douane française.

Au sein de la communauté française du renseignement et dans le cadre du Conseil national du renseignement, la DNRED est prioritairement chargée des domaines suivants :

  • la lutte contre les activités criminelles et les flux financiers clandestins (principalement la lutte contre les narco-trafics),
  • la lutte contre le terrorisme et son financement, en appui de la DGSE, de la DGSI et de TRACFIN,

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Parce que l’OCRTIS estime que « La lutte contre le trafic de stupéfiants mobilise de nombreux acteurs qui peuvent poursuivre des stratégies divergentes, voire concurrentes […] et que La coordination est lacunaire au niveau territorial et perfectible au niveau central […]« , faisant allusion aux stratégies de la Gendarmerie et de la Douane, qui joueraient leur partition en solo, l’OCRTIS suggère que son rôle de coordinateur soit renforcé allant même jusqu’à écrire qu’il est urgent de réinstaurer un contexte de collaboration authentique entre services…

De qui se fout-on?

Voila des décennies que l’OCRTIS se tire la bourre avec douaniers et gendarmes profitant du fait que systématiquement toutes les affaires de stups tombaient pour « traitement » dans son escarcelle. De coups tordus en coups véreux, sans oublier les coups de vice, les coups pendables, les coups fourrés et autres coups de jarnac que l’OCRTIS savaient parfaitement mettre en œuvre pour le plus grand bien du déroulement des carrières de ses successifs dirigeants, imaginer qu’aujourd’hui ce seul service soit aux manettes pour diriger la lutte anti-narcotrafic me semble tout simplement impensable.

La Gendarmerie ne pipe mots…Logique puisqu’elle fait partie de la grande muette!

La Douane semble être aux abonnés absents dans ce combat futur et Rodolphe Gintz, son directeur général, pourtant aficionado de Twitter, ne s’exprime pas. Gérald Darmanin, qui sait profiter des avions douaniers pour ses déplacements, ne donne pas l’impression que ce combat anti-narcotrafic lui incombe.

Verra-t-on demain les avions et les bateaux de la flotte aéronavale douanière mis à disposition de l’OCRTIS quand ils seront enfin opérationnels?

A la mondialisation des trafics doit répondre une approche globale de l’État, indispensable à la maîtrise des quartiers de reconquête républicaine souligne encore l’OCRTIS!

Cette mondialisation n’a rien de nouveau, seule cette prise de conscience semble nouvelle et opportune pour récupérer le contrôle des opérations. Attention danger!

Mieux vaudrait alors créer un service englobant les services dédiés à la lutte anti-narcotrafic composés de douaniers, gendarmes et policiers en une espèce de GIR à compétence nationale et internationale.

Que je sache la DEA (Drug Enforcement Agency) remplit parfaitement ce rôle pour les Etats Unis d’Amérique démontrant aujourd’hui un rôle prépondérant dans la lutte anti-narcotrafic au niveau mondial.

« Il est urgent de réinstaurer un contexte de collaboration authentique entre services » insiste le rapport… Et bien, qu’un seul service nouveau soit créé pour enfin obtenir l’efficacité qui a fait grandement défaut depuis trop longtemps.

Marc Fievet

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MAROC (exportation de Cannabis): des narcotrafiquants espagnols et marocains équipés d’avions bourrés de technologies militaires

Des trafiquants de drogue espagnols et marocains se seraient équipés d’avions bourrés de technologies militaires pour leurs opérations de trafic en provenance du Maroc.

D’après la parution du vendredi 20 avril du quotidien Al Massae, les autorités espagnoles se seraient introduites dans les fermes de barons de drogue espagnols et marocains situées dans le sud de l’Espagne, après que des narcotrafiquants interrogés par les autorités, ont affirmé qu’ils étaient en possession de petits avions dotés de technologies militaires.
Ces avions sont utilisés pour acheminer des cargaisons de haschisch du Maroc vers l’Espagne.
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MEXICO (Tijuana): Facebook, vecteur de distribution de la drogue

TIJUANA

Un nombre incalculable de pages Facebook sont utilisées pour vendre des drogues douces comme la marijuana, mais aussi des drogues dures comme l’héroïne, la cocaïne, et les acides hallucinogènes; ceci, sans restriction même si le réseau social ne permet pas de réaliser des transactions de ce type.

La grande majorité de ces transactions sont déguisées !

Pour accéder à ces  » groupes  » aucune exigence spécifique n’est nécessaire, c’est juste une question de recherche et, une fois trouvé, une demande d’admission, qui est facile.

Accepter, ils ne proposent pas la marijuana ou d’autres drogues d’entrée, non, mais si quelqu’un poste qu’il veut acheter, il y a beaucoup de gens qui répondent et se mettent d’accord pour définir ce dont il a besoin.

Il y a des espaces virtuels qui ont jusqu’à 500 000 abonnés de partout au Mexique, qui sont utilisés pour acheter et vendre de la drogue et tout cela, sous la couverture des réseaux sociaux.

Source

En France, nous avons la CYBERDOUANE, alors, on est sauvé de ce fléau!

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FRANCE (Marne): près d’Epoye, on cultive aussi du pavot

Nous sommes près d’Epoye, dans la Marne, avec des moissonneurs hallucinants.

Deux hommes, deux Iraniens dont on ne sait toujours pas comment ils ont atterri un beau jour dans ce champ perdu de la campagne rémoise. Pas n’importe quel champ : 600 mètres carrés plantés de pavot.

Une culture très contrôlée, soumise à des agréments drastiques et destinée à l’industrie pharmaceutique. Le fait est que les deux hommes, âgés de 39 et 48 ans, ont commencé à moissonner délicatement les lieux. À cueillir les fleurs de pavot. Pas pour en faire un bouquet, mais bel et bien pour en inciser les bulbes, en récupérer la sève et en extraire ce narcotique ancestral qui s’appelle l’opium.

Les deux touristes iraniens n’ont pas eu le temps toutefois de connaître l’exotique extase de cet extrait. Arrêtés sur le champ et dans le champ, ils ont affirmé qu’ils voulaient comparer le pavot made in France avec celui qui pousse chez eux en Iran.

Explication fumeuse pour le tribunal, qui a respectivement condamné les dégustateurs de pavot à un mois et trois mois de prison avec sursis.

Source: http://www.rtl.fr/actu/justice-faits-divers/reims-les-deux-iraniens-moissonnaient-du-pavot-pour-recuperer-de-l-opium-7792585852

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BIRMANIE (Drogue): quel avenir ?

Champ d'opium en Birmanie

La Birmanie est une des plaques tournantes du trafic de drogue en Asie du Sud-Est. Avec le Laos et la Thaïlande, elle fait partie du triangle d’Or, qui a longtemps été le lieu de production de l’opium et de l’héroïne, jusqu’à ce que l’Afghanistan devienne une place forte de la production. C’est dans l’État Shan que se concentre quasiment toute la culture illégale du pavot dans le pays, qui reste le deuxième plus grand producteur mondial d’opium.

La méthamphétamine, le nouveau fléau birman

Les autorités birmanes ont saisi en 2016 un nombre record de comprimés de méthamphétamine, la production de cette drogue de synthèse progresse très rapidement dans le pays et les trafics continuent d’augmenter avec un développement de la consommation locale, véritable défi pour les forces de police. En 2017, plus de 98 millions de comprimés de méthamphétamines ont été interceptés contre 50 millions en 2015. 2017 fut en effet une année record. En début d’année, 4,2 millions de comprimés de méthamphétamine ont été trouvés par la police dans un monastère. Puis peu de temps après, une autre affaire, encore plus importante, avec la saisie pour 37 milliards de kyats d’héroïne et de méthamphétamine. La drogue avait été découverte à l’intérieur d’un conteneur dans une zone industrielle de Mandalay. Les autorités avaient alors mis la main sur 82 kilogrammes de méthamphétamine, 24 kg d’héroïne et 15 kg d’opium. Ou encore la saisie de vingt millions de comprimés de méthamphétamine dans la ville de Tachileik dans l’Etat Shan, à la frontière de la Thaïlande. Mais l’année 2018 commence également fort puisque les autorités birmanes ont mis la main sur plus de 30 millions de pilules de méthamphétamines dans l’État Shan. En plus des pilules, les autorités ont également saisit 1,7 tonne de cristaux de méthamphétamines et 502 kilos d’héroïne. Le tout portant la valeur totale de cette saisie à  54 millions de dollars américains, soit le cinquième des saisies de 2017. C’est, pour le moment, la plus grande saisie de drogue de l’histoire du pays.

Un comprimé de méthamphétamine coûte quelques dollars, mais la drogue se revend ensuite bien plus chère, une fois expédiée hors des frontières birmanes. Le pays est depuis longtemps touché par le problème de la drogue devenant le premier producteur d’amphétamine au monde.  Mais afin de montrer sa détermination à lutter contre le trafic de drogue, la  Birmanie et son voisin thaïlandais font preuve de leur engagement contre ce juteux trafic en sanctionnant de peines lourdes les trafiquants, surtout les petits qui sont ceux qui se retrouvent le plus souvent emprisonnés…

Face à cette pandémie, plusieurs organisations locales essaient de mettre en place des centres de désintoxication mais le manque de budget et de moyens ne leur permettent pas de lutter efficacement ni même à mener à terme les traitements et le suivi des patients.  C’est le cas de Kutkai, dans le Kachin, où il existe plusieurs camps de désintoxication plutôt rudimentaires.  Certains habitants ont décidé de faire justice eux-mêmes en formant de petites milices anti-drogue qui s’attaquent directement au trafic. Armés de bâtons et de menottes, ils chassent les dealers de la région. La police locale les aide également même si parfois elle préfère  regarder ailleurs.

Un trafic important

La culture du pavot a doublé depuis 2006 et les régions frontalières sont connues pour la production de drogue, principalement dans l’État Shan qui représente 90% de la production d’opium du pays.  Il est en effet très fréquent, lors de saisie de pilules de méthamphétamines, de voir celles-ci estampillées « 999 ou « WY », deux des logos des laboratoires des trafiquants de l’ethnie Wa, basés dans le nord-est du pays. Le groupe rebelle y contrôle un territoire gardé par une vraie armée qui lui permet de se financer par le trafic de drogue, notamment l’opium. Les Wa font partie des 135 groupes ethniques officiellement reconnus en Birmanie et représentent 800 000 habitants.

En 2013, le triangle d’or perdit un de ses barons de la drogue, Lo Hsing Han surnommé « le parrain de l’héroïne » birman qui était l’un des parrains du commerce de la drogue dans la région, au point d’être considéré comme le plus gros trafiquant d’héroïne au monde. Devenu un soutien financier important de la junte militaire de l’époque, qui escortait ses convois de drogue à travers la forêt birmane, Lo Hsing Han était également un homme riche et influent de Birmanie. Un article publié en 2001 dans le quotidien The Guardian, décrit les différentes tortures subies par le prince birman de l’ethnie Wa qui s’opposait au trafic de ce « Monsieur Héroïne ». Lo Hsing Han ne faisait pas que dans la drogue puisque, début des années 90, il fonde, en famille, « Asia World », qui devient rapidement un conglomérat investissant dans la construction d’autoroutes, d’hôtels de luxe, dans une chaîne de supermarchés etc. Après la disparition de ce parrain, son empire a perduré grâce à une descendance  importante.

Depuis la fin de la junte militaire et l’élection de la NLD au pouvoir, la surface totale occupée par les cultures d’opium en Birmanie a considérablement diminuée en 2017, passant de 55 500 hectares enregistrés en 2015 à 41 000 hectares, soit une baisse de 25% selon l’enquête sur l’opium en Birmanie 2017 publiée par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC). Les réductions les plus importantes ont été visibles dans l’État Shan oriental avec une baisse de 37% et dans l’État Shan du Sud avec une baisse de 29%. Toutefois, le rapport révèle également que bien que des progrès aient été faits, les États Shan du Nord et Kachin ont vu des réductions de moins de 3% et 7%, ce qui représente sur le terrain une baisse de seulement 600 hectares au total. Le rapport confirme à nouveau le lien entre conflit et opium en Birmanie, et il confirme également que la culture et la production se sont maintenues à des niveaux similaires dans les zones peu sûres où des groupes armés sont actifs.

Le gouvernement reconnaît que des efforts supplémentaires restent à faire pour répondre de la manière la plus efficace possible aux volumes élevés d’opium, d’héroïne et autres drogues produites en Birmanie. Selon le ministre des Affaires intérieures birman,  le gouvernement birman continuera d’appuyer les programmes fournissant des solutions alternatives aux communautés qui produisent de l’opium ainsi qu’en accentuant la collaboration avec les pays limitrophes dans cette lutte contre la drogue.

source: https://lepetitjournal.com/birmanie/drogue-quel-avenir-pour-la-birmanie-225050

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NARCOTRAFICO (consumo de estupefacientes): la mejor manera de combatir la droga es legalizarla

Pese a los millones de dólares gastados, la criminalización del consumo provocó un aumento vertiginoso no solo del uso de sustancias, sino también de la violencia
MADRID.- La Comisión Global de Políticas de Drogas, que presidió el exmandatario brasileño Fernando Henrique Cardoso y tiene ahora como directora a Ruth Dreifuss, expresidenta de Suiza, está integrada por políticos, funcionarios internacionales, científicos e intelectuales de diversos países del mundo y lleva a cabo desde el año 2011 una valiosa campaña a favor de una política más sensata y realista en el dominio del narcotráfico y el consumo de estupefacientes que el de la mera represión policial y judicial.

Al principio, las labores de la Comisión se concentraban en América Latina, pero ahora se han extendido al mundo entero. El último informe, que acabo de leer, está dedicado a combatir, con argumentos persuasivos, la general percepción negativa y delictuosa que los gobiernos promueven de todos los consumidores de drogas, presentándolos como desechos humanos, propensos al delito debido a su adicción y, por lo mismo, amenazas vivientes al orden y la seguridad de las sociedades.

leer mas: https://www.lanacion.com.ar/2106597-la-mejor-manera-de-combatir-la-droga-es-legalizarla

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ALGÉRIE (Propos sur le haschich): le duel annoncé entre la Royal Air Maroc (RAM) et le ministre Abdelkader Messahel n’aura pas lieu.

C’est ce que révèle l’hebdomadaire Maghreb Confidentiel dans son édition de ce jeudi.

La Royal Air Maroc a renoncé aux poursuites judiciaires annoncées début décembre à Paris, en France, après la déclaration incendiaire du ministre des Affaires étrangères algérien, Abdelkader Messahel, sur le trafic du haschich.

En outre, les banques du Royaume, que Messahel avait accusées de blanchir l’argent du haschich, ont déclaré, elles aussi, forfait. Maghreb Confidentiel affirme ainsi que “le spécialiste du droit de la presse Jean-Yves Dupeux, mandaté par plusieurs établissements financiers du royaume […], n’a finalement jamais reçu le feu vert pour déposer la plainte.

source: https://www.alg24.net/haschich-maroc-poursuites-messahel/

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COKE en STOCK (CXLI): « El Chapo » et les avions (chapitre 9) – Les jets en cadeau, la villa d’El Spiritu

ghostofmomo 20 novembre 2017

Avec tout ce que je viens de vous dire dans les épisodes précédents, vous avez compris à quel point le Honduras est devenu attirant pour un gars comme El Chapo : des institutions corrompues, une armée et une police soudoyées, le fils de président qui finit derrière les barreaux… avouez que comme terre d’accueil, Guzman ne pouvait rêver mieux.

Le fameux Gulfstream abandonné,  « un cadeau au président » !

Au Honduras, les avions ne s’écrasent pas toujours.  Quatorze ans plus tard après la première découverte d’un premier Gulfstream abandonné, l’histoire semble balbutier.  Le 24 février 2006 à 11H23 du soir, un jet avait en effet été de nouveau découvert « abandonné » sur l’aérodrome  de Toncontín, au Honduras.  Un Gulfstream immatriculé au Mexique (XB-JPL), dont La Prensa affirmait que c’était celui d’un proche du président de l’époque Manuel Zelaya.  Les deux pilotes descendus, Carlos Enrique Messner (toujours le même, donc !) et Federico Riviello s’étaient après enfuis, en prenant un vol commercial classique, ayant prétexté un « ennui mécanique » pour poser l’avion.  Officiellement, l’appareil devait attendre sur place son prochain acheteur.  Mieux encore, puisque Messner avait alors déclaré que l’avion était en fait « un «cadeau pour le président » sans plus de précisions.  Un avion dont le propriétaire réel n’était autre qu’El Chapo Guzman !!!  L’avion, saisi par le gouvernement, sera revendu une bouchée de pain (736 000 dollars seulement), laissant entendre une belle entourloupe… comme je l’ai déjà expliqué : « l’avion cité, finalement saisi par le gouvernement , a une histoire intéressante : celle d’une entourloupe gouvernementale.  Il est d’abord le N900CE de Cashman Equipment Corp, Boston MA, puis le N555LG d’Integrity Aircraft Inc, puis le N51TJ de Tyler Jet LLC en 1999, puis le N667CX d’ Air LLC en 2000 (ici photographié en 2004).  Et devient le XB-JPL en 2005.  L’avion était auparavant attaché à l’aéroport de New Canaan, près de Sairfield, dans le Connecticut sous le numéro N667CX. Le 28 novembre, il est acheté par un dénommé Mario Alberto Andrade Mora le vendeur est le broker Oslo Express Inc, société dirigée par John B. Kjekstad. Lors de la transaction, Mario Alberto Andrade Mora est représenté par Carlos Ruelas García, l’envoyé d’ »AeroFox », une « Sociedad Anónima de Capital Variable ».  Une clause particulière est écrite dans le contrat : l’avion n’a pas le droit de circuler au Mexique sans l’autorisation express d’un représentant du vendeur, Omar Mercado López.  Qui de cette manière reste encore son propriétaire véritable !  Le contrat de Mora ne lui donne pas l’usufruit complet de l’avion ! Sinon, c’est 950 000 dollars d’amende à payer parait-il !  L’avion est donc… mexicain, et ne peut pas circuler librement !!!  Le 24 février 2006, pourtant, l’avion quitte le Mexique pour le Honduras, emmené par ses deux pilotes Carlos Messner et Federico Rivielo.  A peine arrivé, et alors qu’Omar Mercado López le réclame déjà, les deux pilotes prétextent une défaillance mécanique survenue à l’aéroport Toncontin de Tegucigalpa, pour ne pas rentrer à leur base.  Vite déclaré abandonné, l’avion est mis aux enchères 250 000 dollars seulement, que s’empresse de régler le groupe SCF, dans lequel on soupçonne de hauts fonctionnaires honduriens. »

Le cadeau à Zelaya

Pour beaucoup, en effet, c’est Mario Alberto Andrade Mora, au contrat d’achat mal rédigé, qui aurait ainsi « offert » l’avion a Manuel Zelaya Rosales, qui en hérité à un prix très (très) inférieur au marché.  L’avion vaut en réalité 2 millions de dollars…. il devient alors XB-JPL et a comme détenteur depuis le « Ministerio Publico de Honduras » sous le numéro HR-AUJ.   Manuel Zelaya Rosales ne pourra même pas s’en servir pour quitter le pays lors du coup de force de la junte militaire :  réfugié au Salvador (en voiture) il devra emprunter un Falcon pour tenter de revenir.

la suite: http://www.centpapiers.com/coke-en-stock-cxli-el-chapo-et-les-avions-9-les-jets-en-cadeau-la-villa-del-spiritu/

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Lire aussi:

Coke en stock (CXL) : « El Chapo » et les avions (chapitre 8). Le laxisme mexicain sur l’enregistrement des avions

Le laxisme mexicain sur les propriétaires d’avion est évident.  Equivalent à celui de la FAA aux USA, en tout cas !  Dans l’épisode CI de ma saga, il y a deux ans déjà, j’avais évoqué un cas qui aujourd’hui encore est exemplaire.  Celui d’un propriétaire d’avion ayant fait deux années de prison, aux Etats-Unis en prison fédérale après une condamnation de 2005 pour avoir l’année précédente acheté des avions au Mexique et en 2004 pour avoir commis des fraudes impliquant des aéronefs, puis pour les avoir revendus aux États-Unis en falsifiant leurs livres de bord.  L’homme avait recommencé dans le même domaine dès sa libération et son extradition en 2007.  Son histoire s’est terminée en tragédie, par un crash d’un de ses avions piloté par une personne bien trop âgée, tuant une chanteuse connue en tournée.  Mais auparavant, il avait défrayé la chronique… politiquement, dirons-nous, puisque l’on arrive avec lui en Libye chez… Kadhafi.

Coke en stock (CXL) : « El Chapo » et les avions (8). Le laxisme mexicain sur l’enregistrement des avions

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Coke en stock (CXXXIX): « El Chapo » et les avions (7). Le récit compromettant du pasteur

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Coke en stock (CXXXVIII) : « El Chapo » et les avions (6). Le Honduras, la deuxième patrie d’El Chapo

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 Coke en stock (CXXXVII) : « El Chapo » et les avions (5). Ce Honduras chéri…par les américains

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Coke en stock (CXXXVI): « El Chapo » et les avions (4) El Chapo et la Colombie

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Coke en stock (CXXXV) : « El Chapo » et les avions (3). D’où viennent les avions

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Coke en stock (CXXXIV) : « El Chapo » et les avions (2). El Chapo et ses centaines de petits Cessna

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Coke en stock (CXXXIII) : « El Chapo » et les avions (1). Jets, corruption et une armada d’avions Cessna

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COKE en STOCK (CXXXVI): « El Chapo » et les avions

9 novembre 2017

THAILANDE (Ayutthaya): le coeur historique de la Thaïlande transformé en entrepôt de drogue pour l’Asie du Sud-Est

Ayutthaya, à une heure de route au nord de Bangkok, est surtout connue pour ses temples anciens, où affluent les touristes. Mais c’est aussi un « carrefour » du commerce régional de la drogue en Asie du Sud-Est et au-delà, estime le général de police Wuttipong Petchgumneard, du Bureau thaïlandais de répression des stupéfiants.

« La plupart de la drogue écoulée à Bangkok ou à l’étranger est stockée là avant d’être collectée par les dealers », ajoute le général.

Quasiment toutes les nuits, des véhicules quittent la zone, bourrés de stupéfiants. Parfois, la police a de la chance. Mais le plus souvent, les convois de drogue passent sans encombre.

Réseaux puissants et riches

« Ce sont des organisations criminelles internationales, elles ont de l’argent, des technologies… donc nous devons constamment évoluer pour les attraper », ajoute Wuttipong.

Entre le début de l’année et le 18 septembre, les policiers thaïlandais ont mis la main sur 199 millions de pilules de yaba, d’une valeur totale d’environ 1,2 milliard de dollars (1 milliard d’euros) sur le marché local, ce qui représente un nombre total de saisies deux fois supérieur à celui de 2016.

Une saisie record a été réalisée le 16 octobre: 30 millions de dollars de méthamphétamine en cristaux cachés dans un pick-up, qui a été arrêté à l’aube sur une route dans le nord-est du pays.

Ces saisies qui illustrent l’arrivée massive ces derniers temps des approvisionnements en provenance des laboratoires installés dans le Triangle d’or, zone frontalière connue pour ses trafics entre le Laos, la Birmanie et la Thaïlande.

La police thaïlandaise estime qu’entre 500 millions et un milliard de comprimés de yaba auront été produits en 2017, principalement en Etat Shan, en Birmanie.

lire aussi: BIRMANIE: Kutkai, au cœur de l’ État Shan gangrené par les drogues

Les cachets souvent estampillés ‘WY’, logos de laboratoires implantés appartenant à l’important groupe armé des Wa et implantés dans l’est de la Birmanie où opère ce groupe, sont vendus entre 4 et 8 dollars l’unité.

lire: https://www.lematin.ch/monde/asie-oceanie/ayutthaya-entrepot-drogue-dasie-sudest/story/14145441

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NARCO-MONDIALISATION: histoire et géopolitique du trafic des opiacés en Asie du Sud-Est

En 1972, l’universitaire américain Alfred McCoy, professeur à l’université du Wisconsin, publiait un ouvrage désormais classique: La politique de l’héroïne en Asie du Sud-Est.

Il y étudiait dans la (longue) durée le trafic des opiacés dans cette région du monde, pointant les relations troubles de pouvoir entre États, agences de renseignement (notamment la CIA), armées régulières, guérillas, contrebandiers, confréries mafieuses et populations traditionnelles, tous pris dans la nasse de la guerre froide.

En s’appuyant en partie sur McCoy et sur d’autres travaux, retraçons ici la géopolitique de cette région-clé dans le trafic international d’opiacés, dont l’âge d’or fut les années 1960-1980.

Publié le 25 Septembre 2017
par  Alexandre Marchant, ENS, Cachan

L’économie coloniale de l’opium

L’opium a une vieille histoire en Asie du Sud-Est. Les populations Hmongs (ou Méos) des régions montagneuses du Laos, de Thaïlande ou du Vietnam, ou encore les communautés chinoises du Yunnan, cultivent traditionnellement le pavot depuis des siècles. Mais les premiers acteurs géopolitiques qui firent de cette région du monde un foyer majeur du trafic de stupéfiants furent les États.

Au XIXe siècle, les Britanniques inondèrent l’Empire de Chine d’opium indien à la suite de deux guerres authentiquement impérialistes (1839-1842, 1856-1860), afin d’ouvrir un juteux marché les armes à la main. Dès lors, l’économie de l’opium fut au cœur des empires coloniaux qui se mirent en place au XIXe siècle. Dès la conquête de l’Annam et du Tonkin, les colons français du Second Empire puis de la IIIe République comprirent le profit qu’ils pouvaient tirer de la culture et de la vente de l’opium. D’une «ferme de l’opium» mise en place dans les années 1860, l’administration coloniale mit en place en 1881 le régime de la Régie directe, en situation de monopole. Une manufacture d’opium fut installée à Saïgon, raffinant de l’opium acheté principalement aux Indes (et non dans les régions périphériques du pays), à destination des pharmacies mais aussi des fumeries. Au début du XXe siècle, un quart des recettes dans le budget de l’Indochine, soit environ 8 millions de piastres, provenait de la vente d’opium à prix fixé par la Régie1. Ailleurs, les colonisateurs établirent le même type de régime, comme les Néerlandais en Indonésie, ou privilégièrent la libre concurrence des compagnies d’opium, comme les Britanniques à partir de leurs concessions chinoises. Le gâteau chinois était aussi partagé par les Français qui jouirent, entre 1898 et 1945, de la possession d’un petit territoire côtier, Kouang-Tchéou Wan ou Fort Bayard.

À partir de 1914, l’administration française y créa une petite Régie, raffinant l’opium et le vendant à des intermédiaires commerciaux (y compris des contrebandiers chinois) pour l’exporter vers la Chine continentale2.

Lire aussi: INDOCHINE (Saïgon): quand la Douane vendait de l’opium pour le gouvernement français…

Cependant, cette économie florissante se retrouvait en porte-à-faux avec le système des conventions internationales, institué à la conférence de La Haye en 1911, perfectionné après la Grande Guerre sous l’égide de la Société des Nations (SDN)3. La catastrophe sanitaire de l’opiomanie en Chine fournissait les images de décadence pointées par les ligues de vertus en Europe et aux États-Unis. Mais toutes les administrations coloniales violèrent hypocritement, pendant des années encore, la prohibition internationale. Le profit était trop important: en Indochine française, par exemple, les recettes des ventes d’opium passèrent à 30 millions de piastres dans l’entre-deux-guerres. Le Japon eut une trajectoire différente, imitant les méthodes des Européens: il raffina industriellement de l’opium cultivé massivement dans le protectorat du Mandchoukouo, en injectant une grande partie dans la contrebande internationale. La SDN considérait en 1937 que 90% des opiacés illicites vendus dans le monde venait des Japonais. Le Japon dissimula à Genève la production de plus de sept tonnes d’héroïne dans les années 1930 et se lança jusqu’à la fin de la guerre dans une politique d’intoxication des populations occupées aussi bien en Chine qu’en Corée4. Il fallut la guerre et la décolonisation pour mettre un terme à ces économies semi-légales. L’ONU se chargea de rappeler après-guerre les règles du contrôle des stupéfiants au Japon vaincu. En 1949, la Chine devint communiste et Mao lança une véritable guerre à la drogue, assimilée à un poison déversé sciemment par les colonisateurs occidentaux. Cependant, au début des années 1960, les Américains soupçonnaient la persistance de cultures clandestines dans la province du Yunnan, avec la complicité des autorités, malgré le discours antidrogue de Pékin. De grosses quantités d’opium auraient franchi la frontière sino-birmane ou sino-thaïlandaise, leur vente servant à financer, par des revenus occultes, le parti communiste chinois. Pour transformer cet opium, des laboratoires clandestins fonctionnaient à Hong Kong, en Thaïlande, à Singapour, au Laos ou encore à Macao, et utilisaient depuis les années 1950 une main d’œuvre essentiellement composée de Chinois, dont la diaspora avait historiquement essaimé dans toute l’Asie du SudEst5. Enfin, toute activité de production légale d’opium cessa en Indochine à l’indépendance en 1954, mais la contrebande régionale survécut.

Armées, agences de renseignements et contrebandiers au temps des guerres indochinoises

Après les États, la géopolitique de la drogue fut aussi façonnée par les armées et surtout les agences de renseignements («l’État profond») qui participèrent à leur manière à l’effort de guerre, sachant que la péninsule indochinoise fut ensanglantée pendant presque trente ans. Pendant la guerre d’Indochine, le Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE), autrement dit le contre-espionnage français, encouragea la culture du pavot par les Hmongs et les Thaïs des montagnes du nord et organisa son transport et sa revente, ramenant ensuite les fonds récoltés aux producteurs. Les commissions prélevées permirent de financer une partie des opérations militaires. Cette «Opération X» fut découverte en 1953 à la suite d’irrégularités comptables pointées par un officier trésorier du Groupement de commandos mixtes aéroportés (GCMA), émanation du SDECE créée en 1951. Elle dévoilait les responsabilités du général Salan, de l’armée régulière, et du colonel Belleux, du SDECE. Un avion Dakota avait transporté 1,5 tonne d’opium depuis le Laos en janvier 1953, marchandise ensuite stockée dans les locaux du GCMA à Saigon. L’opium était ensuite confié pour la revente locale et internationale aux Bihn Xuyen, confrérie criminelle de Cochinchine dont le quartier général, la salle de jeux du «Grand Monde», était basé à Saïgon et dont le chef, le parrain de la pègre Le Van Vien, était un ancien révolutionnaire qui s’était désolidarisé du Vietminh. Alfred McCoy fut l’un des premiers à évoquer cette trouble affaire dans son ouvrage de 1972, sur laquelle d’autres historiens ont travaillé depuis6.

En réalité, utiliser les ressources de la drogue pour financer un conflit n’avait rien d’exceptionnel, et l’Armée populaire du Vietminh ne se gênait pas pour faire de même de son côté, sur des surfaces bien plus conséquentes. Le financement des forces françaises par ce biais demeurait modeste: le trafic de piastres avait dans le même temps rapporté bien plus. Il s’agissait avant tout de s’attacher les populations montagnardes, opposées aux ethnies annamites constituant le Vietminh, afin d’obtenir des renseignements dans une zone stratégique, non loin de la frontière chinoise, puis de créer des maquis chargés de prendre à revers les forces d’Ho Chi Minh. Après la découverte du pot-aux-roses, le GCMA proposa de faire transiter les cargaisons par Bangkok mais Paris n’écoutait plus et le trafic fut stoppé net.

En 1954, tous les Français ne quittèrent pas l’Indochine. Des contrebandiers-aventuriers restés à Saïgon, à Ventiane ou à Phnom-Penh, reprirent le flambeau du commerce informel de l’opium, mais aussi de la morphine et de l’héroïne, produits par les laboratoires clandestins de la région. Ils se dissimulaient derrière la façade d’hôtels, de restaurants ou de sociétés de transports, tel un certain Roger Lasen propriétaire et exploitant de la bijouterie Mondia de Ventiane ou Henri Flamant lançant à Bangkok une affaire de produits alimentaires congelés. Parmi eux, on trouvait de nombreux Corses. Ils pouvaient aussi s’appuyer sur la corruption des administrations de ces pays, jeunes et encore fragiles (hormis la Thaïlande), parmi les hauts dignitaires de l’armée ou du gouvernement. Les trafiquants décidèrent à partir de 1962 d’abandonner la voie terrestre pour recourir au transport aérien, moins risqué. Avec la complicité de certains employés de la compagnie Air Lao, des lâchers d’opium, empaqueté dans des boîtes de conserve enveloppées de mousse, furent organisés par Dakotas au-dessus de la mer de Siam. La marchandise était ensuite récupérée par des bateaux de pêche mettant le cap vers Hong Kong ou Singapour. D’autres lâchers avaient lieu au-dessus du Sud Vietnam, rongé par la guérilla révolutionnaire, et dont les autorités, particulièrement corrompues, cherchaient à financer le conflit en faisant flèche de tout bois. Ainsi, l’organisation de Roger Lasen avait passé un accord avec le vice-président du Sud Vietnam, le général N’guyen Cao Ky, afin d’utiliser les aéroports militaires du pays. Cet accord tacite n’empêchait cependant pas les officiers sud-vietnamiens de procéder à des saisies arbitraires sur des appareils pilotés par des militaires laotiens. D’autres lâchers, enfin, étaient effectués dans les hautes montagnes, avec la complicité du général Ouan Rattikoun, chef d’état-major de l’armée laotienne. Ce dernier fournissait aux trafiquants la protection de ses troupes: les avions chargés de stupéfiants atterrissaient sur des bases où le personnel de l’armée les déchargeait. Si un pilote devait atterrir à l’étranger, comme en Thaïlande, l’état-major laotien exerçait des pressions pour le faire libérer. Mais, avec le début de l’intervention militaire américaine au Vietnam en 1964, le survol de la région devint plus risqué: radars et canons antiaériens abattirent plusieurs avions chargés en opium et morphine-base7.

CIA Air Operations in Laos, 1955-1974

Air America C-123 on ramp at Long Tieng, 1970. Photo courtesy of D. Williams

C’est alors que les services de renseignement américains rentrèrent en scène en reprenant l’habitude des collaborations troubles de leurs collègues français.

Recueillant nombre de témoignages au Laos, c’est ce que démontra Alfred McCoy dans son ouvrage en 1972. La compagnie aérienne Air America, utilisée par la CIA pour ses opérations clandestines en Asie depuis 1946 (soutien aux nationalistes chinois, puis aux forces anticommunistes d’Indochine), transportant déjà des marchandises de ravitaillement, fut mobilisée pour acheminer… de l’opium cultivé par les Hmongs et les Thaïs. Les buts de guerre étaient les mêmes que dix ans plus tôt: s’assurer du soutien des maquis Hmong contre le Nord-Vietnam et pouvoir compter sur de brillants meneurs d’hommes comme le général Vang Pao. Le trafic ainsi mis en place dura de 1965 à 1971. Mais il fut lourd d’effets pervers: produit à hauteur de 200 tonnes annuelles, l’opium était raffiné en héroïne dans des laboratoires clandestins de Ventiane ou de Long Tien, sous le couvert de généraux laotiens comme Rattikoun. Puis le produit se retrouva dans les veines des soldats américains en mal de paradis artificiels dans l’enfer de la jungle8. Ces opérations secrètes de la CIA cessèrent (curieusement…) l’année même où le président Nixon lançait aux États-Unis la «guerre à la drogue». Pour autant, l’agence continua d’un autre côté de soutenir le gouvernement thaïlandais, farouchement anticommuniste, fermant les yeux sur l’implication de certains militaires dans le trafic des opiacés.

Guérillas, pouvoirs corrompus et contrebandiers: la genèse du «triangle d’or»

Au début des années 1970, ressources en pavot, pouvoir corrompu et réseaux de contrebandiers faisaient la fortune du Laos dans le trafic d’héroïne en Asie du Sud-Est. Par exemple, un rapport franco-américain sur cette question, en 1971, indiquait que «Georges Campello, patron de bar français à Vientiane, un certain Michel Théodas, le général Kouprasith Abbhay, commandant de l’armée à Vientiane ont réussi à introduire en France de grandes quantités de stupéfiants dans les bagages du Premier ministre du Laos, Souvanna Phouma. Pour la contrebande de ces drogues, ces trafiquants utilisent les bagages diplomatiques, le personnel de la mission culturelle française et les membres de la mission militaire française au Laos. En retournant chez lui en France, chaque membre de cette mission a droit à 350 kg de bagages, avec le privilège d’être étiquetés diplomatiques, pouvant servir au transport de stupéfiants»9. L’utilisation de valises diplomatiques (et la corruption permettant d’accéder à ce type de contenant) est un moyen classique du grand trafic… Tandis que les notables français de l’ex-Indochine jouaient toujours un rôle prépondérant, tel un certain Michel Théodas, évoqué ci-dessus. Notable très en vue à Vientiane, directeur de la Société générale d’exploitation hôtelière et touristique du Laos entre 1963 et 1976, délégué au Conseil supérieur des Français de l’étranger entre 1967 et 1970, il assura, durant cette période, la vice-présidence du Rotary Club. Proche du ministère des Affaires étrangères laotien, il était en étroite relation avec Tiao Sopsaisana, ambassadeur du Laos en France et un dénommé Roger Zoile, trafiquant notoire et associé de la compagnie Lao Air Charter dont les cales servirent à la contrebande d’opiacés. En 1956, Théodas œuvrait pour le compte de la Mission officielle des États-Unis au Laos (USOM) et en utilisait les moyens pour amener des stupéfiants en contrebande à Saïgon et à Hong Kong. Dans les années 1960, il usa de ses réseaux diplomatiques pour envoyer des opiacés dans le reste de l’Asie et même en Europe. Mais aucune enquête ne parvint à débusquer cet intouchable: «En 1968, le service de police en civil de Bangkok a enquêté sur la famille Théodas à l’ambassade française de Vientiane. On lui a répondu que la famille Théodas était au-dessus de tout soupçon et qu’elle était étroitement liée d’amitié avec le Premier ministre Souvanna Phouma.»10… En 1975, la prise du pouvoir par les communistes obligea Théodas à revenir en France mais il poursuivit ses activités de contrebandier. En 1977, la Direction de la surveillance du territoire (DST) identifiait l’un des restaurants asiatiques parisiens dont Théodas était désormais le gérant, le Hang Tcheou, comme un point de passage obligé dans la revente d’une héroïne en provenance d’Asie du Sud-Est11.

À partir de 1975, le régime communiste laotien, la réunification du Vietnam par le Vietminh et la tragédie des Khmers rouges au Cambodge entravèrent pour un temps la production d’opium. Mais un pays indochinois épargné par le péril rouge avait pris la relève: la Birmanie. Le pays n’était pas pour autant stable, ne connaissant que la junte militaire comme forme de gouvernement depuis 1962. Ce qui favorisait les cultures illicites dans les régions frontalières difficiles d’accès et la vente d’opium comme moyen de financer un autre type d’acteurs: les guérillas politiques. Dès la fin des années 1960, le gouvernement birman, afin de lutter contre des groupes ethniques dissidents et contre la présence de groupes armés du Kuomintang (KMT) chinois, chassés de Chine populaire depuis 1949, et contrôlant des régions entières de Birmanie, créa des milices d’autodéfense (KKY). Ces dernières furent autorisées à pratiquer la culture et le commerce de l’opium pour se financer. De son côté, le KMT avait mis en place, dans le même but, des cultures et des raffineries de morphine-base employant des Chinois de Hong Kong. De même, deux chinois de Birmanie, les frères Lo Hsing-Han et Lo Hsing-Minh, fondèrent l’Armée révolutionnaire de l’État Shan-ARES, mouvement sécessionniste en apparence, paravent d’un gigantesque trafic d’héroïne à l’échelle asiatique qui enrichit considérablement les frères Lo. La junte militaire finit par les laisser faire, l’ARES s’imposant comme un utile instrument de lutte contre la démultiplication des maquis communistes. Alliée à des reliquats du KMT, elle bénéficia de soutiens financiers de la part de la CIA, en échange de l’envoi d’agents en Chine «rouge». Même la Thaïlande aida en douce l’ARES, convaincue que son activité affaiblissait directement ou indirectement ses ennemis héréditaires birmans et chinois12.

De leur côté, dissoutes en 1973, les KKY ne rendirent pas les armes mais entrèrent à leur tour en dissidence contre le pouvoir central, à commencer derrière un certain Chan Shee-Fu, surnommé Khun Sa (http://www.liberation.fr/portrait/1995/12/26/khun-sa-61-ans-seigneur-birman-du-triangle-d-or-se-range-des-voitures-apres-avoir-mene-une-vie-qui-s_151421). Ce dernier s’imposa vite sur les couvertures de magazines occidentaux comme le terrible «Seigneur de l’opium», à la tête de la Shan United Army. Dans sa lutte contre le gouvernement de Rangoon, la production et le commerce du pavot constituaient aussi l’essentiel de son financement. Comprenant les potentialités du marché des GI englués au Vietnam, Kuhn Sa accrut sa production annuelle à 400 tonnes13. Mais le départ des Américains au mitan de la décennie l’obligea à trouver de nouveaux débouchés pour éviter la surproduction. Cependant, la réputation du «triangle d’or» (zone frontalière entre Birmanie, Laos et Thaïlande) était désormais faite: des trafiquants d’autres régions du monde vinrent directement s’approvisionner à la source, tel l’Américain Frank Lucas, le «parrain de Harlem», à qui Ridley Scott consacra un film en 2008 (American Gangster). L’héroïne partit donc directement vers l’Amérique du Nord. Dès 1973, les policiers canadiens constataient qu’une héroïne ayant transité par Hong Kong ou Bangkok entrait clandestinement via le port de Vancouver14. Puis ce fut le tour de l’Europe. En 1974, un passeur d’héroïne chinois fut interpellé dans un aéroport parisien: pour l’OCRTIS, la Chinese Connection était née, même si cette expression des policiers français était un peu trop simplificatrice.

Mondialisation du trafic: la Chinese Connection (1974-années 1980)

L’ouverture du triangle d’or vers le marché international était d’autant plus nécessaire que le Laos produisait à nouveau. Dès 1978, afin d’acheter la paix avec les populations Hmongs en sécession, l’État laotien reprit ses mauvaises habitudes en autorisant dans l’ombre: achat, raffinement et transport de l’opium cultivé dans les montagnes. La production, de 50 tonnes en 1984, passa à 250 tonnes en 1987, le pavot devenant la première ressource agricole du Laos15. De son côté, Kuhn Sa se vantait toujours d’une production en centaines de tonnes d’opium. En 1988, interviewé au cœur de la jungle birmane par le journaliste australien Stephen Rice, il proposa, goguenard, au gouvernement australien de lui acheter sa production des huit années à venir pour 50 millions de dollars, afin de mettre un terme au trafic international. Un an après, il narguait les États-Unis en proposant une offre similaire16.

Les laboratoires clandestins d’Asie diversifiaient également les héroïnes acheminées depuis le triangle d’or et proposées sur le marché clandestin à Bangkok, Kuala-Lumpur, Singapour et Hong Kong puis dans le reste du monde. Il y eut l’héroïne brune ou brown sugar, de piètre qualité, coupée à la strychnine ou à la caféine, destinée normalement à être fumée par les consommateurs de Hong Kong mais injectée par les toxicomanes en Europe et en Amérique. Il y eut aussi une héroïne blanche de très grande qualité, purifiée à l’éther après acétylisation: surnommée White China aux États-Unis, sa pureté avoisinait celle de la «marseillaise» de la French Connection. Enfin, au début des années 1980, on trouvait aussi une héroïne «rose» (dite «chinoise» en France) qu’il fallait s’injecter rapidement car elle gélifiait dans la cuillère17. La réexpédition de ces marchandises vers le monde occidental était le fait d’un autre type d’acteurs: les organisations criminelles, les mafias asiatiques étant de gigantesques réseaux transnationaux aux sociabilités très ritualisées et régnant sur le monde du jeu, de la prostitution et de la contrebande. La nouvelle filière internationale de l’héroïne asiatique fut donc dominée dès les années 1970 par les «triades» chinoises implantées dans les communautés chinoises extérieures à la République populaire de Chine: la 14 K, de loin la plus puissante, originaire de Canton, puis repliée sur Hong Kong ; la Ka Ki Nang, basée en Thaïlande ; la Gi Kin San, opérant depuis Singapour et la Sap Baat Chai, ou groupe des 18 Immortels, implantée en Malaisie. Les passeurs recrutés pouvaient être vietnamiens, cambodgiens, laotiens, malais, etc. Des relais, prenant appui sur les diasporas asiatiques, s’implantèrent partout dans le monde: en Europe, c’est aux Pays-Bas que les chefs de la 14 K, composés pour beaucoup de criminels en fuite s’installèrent pour réceptionner et distribuer la marchandise aux autres pays, tel Li Hin Hing, ancien policier de Hong Kong corrompu, devenu trafiquant et dirigeant une maison de jeux à Rotterdam18. Les largesses de la loi néerlandaise anti-opium de 1919 autorisaient les immigrés asiatiques à fumer l’opium dans leurs arrière-salles de boutiques, ou dans des fumeries semi-légales, à condition que ces consommateurs s’abstiennent de tout prosélytisme envers la jeunesse batave19. Le nouvel Opiumwet de 1976 revint sur ces libéralités mais la brèche avait été entrouverte, créant un appel d’air pour les trafiquants asiatiques quand il s’agit d’exporter les surplus du triangle d’or et répondre à la hausse de la demande en Europe. Enfin, n’oublions pas ces particuliers qui, en dehors de toute mafia, se rendirent massivement dans les années 1970-1980 en Thaïlande ou en Malaisie pour acheter de l’héroïne, brune ou blanche, et en ramener pour leurs proches: ce trafic de «fourmis» dépeint par Armand Lercot dans son roman autobiographique Les chiens de Bangkok (1982). Usager-revendeur parti à Bangkok, il se fit trafiquant amateur avant d’être arrêté en 1977 et de connaître pour quelques années les sordides établissements pénitentiaires du pays20.

La filière asiatique de l’héroïne s’essouffla à la fin des années 1980. Les pressions diplomatiques sur les pays producteurs avaient fini par payer: les autorités thaïlandaises appliquaient désormais de façon drastique l’interdiction des produits servant à transformer l’opium et contrôlaient mieux leur frontière au nord de Chiangmai ; le nombre de laboratoires clandestins de production d’héroïne décrut progressivement au Laos et au Cambodge21. Puis les Drug Lords birmans se rendirent: en 1992, Lo Hsing-Han se reconvertit officiellement en homme d’affaires, à la tête de l’Asia World Group, entre Rangoon et Singapour, continuant cependant son activité trafiquante en sous-main ; Khun Sa déposa les armes en 1996 en échange de la promesse de la junte militaire de ne pas être extradé vers les États-Unis. Surtout, le triangle d’or subit la forte concurrence du «croissant d’or», en Asie centrale, qui le supplanta définitivement dans les années 1990: l’Afghanistan est depuis le premier producteur mondial d’opium.

Pour autant, la géopolitique de la drogue en Asie du SudEst n’est pas un domaine forclos. Des guérillas et des mafias restent actives dans le triangle d’or et de nouveaux barons de la drogue, tel le sino-birman Wei Shao Kang, à la tête de la United Wa State Army, une nouvelle guérilla fédérant cette fois l’ethnie Wa, ont mis en place dès les années 1990 des laboratoires de drogues de synthèse. L’ecstasy et surtout la méthamphétamine (yaa baa), après avoir saturé le marché thaïlandais, déferlent désormais sur toute l’Asie…

  • 1. PauleS X. L’opium, une passion chinoise (1750-1950). Paris: Fayard, 2011.
  • 2. Matot B. Fort Bayard: quand la France vendait son opium. Paris: François Bourrin, 2013.
  • 3. Marchant A. Une brève histoire des conventions internationales sur les stupéfiants au XXe siècle. Swaps 2015 ; 80-81: 3-4.
  • 4. Jennings J. The Opium Empire: Japanese Imperialism and Drug Trafficking in Asia, 1895-1945. Wesport: Preager, 1997.
  • 5. United State Senate, Rapport Organized crime and illicit traffic in narcotics. 1965: 680-8.
  • 6. Lepage JM. Les services secrets en Indochine. Paris: Nouveau Monde 2012: 104-11.
  • 7. Dossier Trafic des stupéfiants dans le sud-est asiatique. Archives de l’OCRTIS 1971, 38
  • 8. McCoy A. La politique de l’héroïne en Asie du Sud-Est. Paris: Flammarion, 1992 (1972).
  • 9. Dossier Trafic des stupéfiants dans le sud-est asiatique. Archives de l’OCRTIS 1971, 38
  • 10. Fiche de renseignement sur Michel Theodas. Archives de l’OCRTIS, 1972.
  • 11. Note «trafic de drogue Laos – France» juillet 1972 ; note «détection de restaurants chinois susceptibles de servir de couverture à des trafics de stupéfiants». OCRTIS, mai 1977.
  • 12. Dasse M. Les réseaux de la drogue dans le triangle d’or. In: Cultures et conflits 1991 ; 3: 75-86.
  • 13. Labrousse A. Géopolitique des drogues. Paris: PUF 2004: 20-2.
  • 14. Dasse M. Les réseaux de la drogue dans le triangle d’or. In: Cultures et conflits 1991 ; 3: 75-86.
  • 15. Le problème de la drogue au Canada, 1972-1973. OCRTIS.
  • 16. Khun Sa (Chan Chee Fu), master of the heroin trade, died on October 26th, aged 73. The Economist 8 novembre 2007.
  • 17. LeteurS.Lesproduitsstupéfiants. École nationale de police, 1989.
  • 18. Synthèse des affaires chinoises. OCRTIS 1984.
  • 19. Kort(de)M.Tüssenpatientendeliquent; Het Geschiedenis van het Nederlandse Drugsbeleid.Rotterdam:Verloren 1995: 81-115.
  • 20. LercotA.LeschiensdeBangkok. Paris: Grasset, 1982.
  • 21. Revue internationale de Police criminelle novembre 1988; 415, et janvier 1990; 422.

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DNRED (Gibraltar sur W9): quels monstres sacrés auraient pu jouer les deux rôles principaux ? 

POLEMIQUE POST-SORTIE SALLES

La sortie du film a été suivie par deux polémiques : en premier lieu Abdel Raouf Dafri évoquant, au micro d’AlloCiné, son amertume concernant les nombreux changements apportés à son scénario sur lequel il avait travaillé pendant cinq ans. En second lieu l’auteur du livre et protagoniste des faits qui ont inspiré le film, Marc Fiévet, qui a expliqué que l’histoire du long métrage ne correspond pas à la réalité de ce qu’il a lui-même vécu.

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http://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18665883.html

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AFGHANISTAN: la production d’opium a connu une progression fulgurante depuis l’invasion américaine en 2001, causant des ravages dans tout le pays et notamment dans sa capitale Kaboul.

«J’ai vu de mes propres yeux des haut gradés de la police afghane travailler avec les trafiquants de drogue dans le sud. C’est un business qui rapporte des milliards et des milliards de dollars, qui finissent dans les poches des taliban et des responsables afghans», explique l’analyste politique Hekmarullah Azami.

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