MARTINIQUE: la cocaïne voyageait en containers

Martinique 1ère

Publié le 16/04/2016

Un réseau de trafiquants de cocaïne a été démantelé entre la fin du mois de mars et le début du mois d’avril. Huit personnes ont été interpellés par les forces de l’ordre dont six en Martinique. 200 kilos de cocaïne, des armes de poing et des espèces ont été saisis.

Les services de l'O.C.R.T.I.S ont saisi près de 200 kilos de cocaïne dans cette opération. © O.C.R.T.I.S.
© O.C.R.T.I.S.
Les services de l’O.C.R.T.I.S ont saisi près de 200 kilos de cocaïne dans cette opération.

200 kilos de cocaïne, trois pistolets, des gilets par balle et 9000 euros en espèce. C’est le résultat des investigations menées par l’antenne Caraïbes de l’Office Central pour la Répression du Trafic Illicite de Stupéfiants, l’O.C.R.T.I.S.

Tout commence au mois de septembre 2015. Des employés d’un société de déménagement découvrent par hasard dans un container 55 kilos de poudre blanche dissimulés dans un réfrigérateur. En fouillant plus en avant le container, 174 kilos de cocaïne sont saisis par les hommes de l’O.C.R.T.I.S.

Suite à cette découverte, deux hommes sont interpellés en région parisienne. Ils étaient, semble-t-il, les destinataires de la marchandise.

Un mode opératoire bien rodé

Malgré, l’intervention des forces de l’ordre, les trafiquants sont sûrs de leur mode opératoire. Le 30 novembre 2015 ils tentent à nouveau de faire transiter 35 kilos de cocaïne selon la même méthode. Alerté, les policiers mettent la main sur un nouvel individu.

Mais c’est le 29 mars dernier que tout s’accélère, 6 personnes sont d’abord interpellées en Martinique puis le 4 et le 5 avril dernier deux autres membres du réseau sont arrêtés.

Les précisions de Christophe Arnerin :

Drogue dans containeurs déménagement
Le réseau semblait particulièrement bien rodé.
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MAROC: 16 tonnes de cannabis saisies à Agadir

MAROCSAHEnviron 16 tonnes de résine de cannabis (chira) ont été saisies dans la nuit de jeudi à vendredi dans une commune rurale de la région d’Agadir.

Les gendarmes ont surpris des trafiquants alors qu’ils tentaient de décharger la drogue sur la plage de la région de Tikert, à proximité de la commune de Tamri, selon des sources sécuritaires citées par la Map,

La cargaison devait ensuite être transportée par des embarcations vers des navires en haute mer, poursuit la même source.

En tout, sept personnes ont été interpellées lors de cette opération menée par les éléments du Commandement régional de la Gendarmerie royale d’Agadir et deux camions ainsi que quatre voitures ont été saisis.

http://www.bladi.net/cannabis-saisies-agadir,45016.html

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ITALIA/PAESI BASSI: storia di droga, ‘ndrangheta e tulipani

Storia di droga, ‘ndrangheta e tulipani

mafia-droga-italia-paesi-bassiVincenzo Crupi da 20 anni gestiva un’azienda di export nel mercato di fiori più grande d’Olanda, ma il suo negozio era in realtà un centro dello spaccio europeo di droga

Per i clienti del famoso mercato dei fiori Royal FloraHolland vicino Amsterdam Vincenzo Crupi era uno dei tanti commercianti di tulipani in una nazione famosa per essere la maggior esportatrice di fiori al mondo.

Per la polizia, invece, era sospettato di avere legami con la mafia e di trafficare tonnellate di droga nascosta tra i fragranti bouquet di fiori che trasportava con i suoi camion in Italia.

Fiutata la traccia, le forze dell’ordine hanno iniziato a sorvegliare con cimici, microfoni e telecamere nascoste li suoi uffici nel mercato dei fiori. Hanno scoperto che Crupi passava le giornate di lavoro a parlare di affari legati alla mafia: accordi sullo spaccio di droga, traffico d’armi e sanguinose guerre di potere con le famiglie mafiose in Canada.

PIU: http://www.tpi.it/mondo/paesi-bassi/mafia-droga-italia-paesi-bassi

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FRANCE (Nantes): vente de drogue au vu de tous à la station Commerce – Breizh-info.com

dnred nantes

Que font les agents de l’Echelon DNRED de Nantes?

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12/04/2016 ‑ 06h00 Nantes (Breizh-info.com)

Commerce, Pirmil, Souillarderie. Ces trois stations du réseau de tramway de Nantes connaissent d’importants problèmes de deal de drogue, selon les syndicats de la SEMITAN (CFDT, CFTC, UNSA, CGT) qui ont rendu public le 3 mars un courrier traduisant l’exaspération des agents face aux agressions, aux incivilités et au trafic qui s’étale chaque jour sous leurs yeux. La première est située au centre de Nantes, la seconde donne accès aux quartiers de la rive sud de la Loire, la troisième est située près du quartier sensible de la Bottière, à l’est. Un mois après, au cœur de Nantes, qu’est-ce qui a changé ? Rien ou presque. Une image flagrante du laisser-aller total offert par les autorités à la délinquance quotidienne dans la capitale bretonne.

Les incidents avec les dealers à Commerce sont récurrents depuis la fin de l’année 2015. En février, la CGT de la SEMITAN signalait qu’une agression physique a été évitée de justesse, ainsi qu’un vol aux abords du local de la TAN à la station Commerce. Le 11 mars 2016, lors de la réunion des délégués du personnel, le sujet est abordé par les élus de la CFDT : « malgré les courriers aux autorités, une action de la BSTC le 29 février sur les quais de la ligne 1 à Commerce, les agents de la SEMITAN ne sont plus en sécurité. Est-ce qu’il faut attendre une agression sur un agent pour qu’un plan et une action de fond soient mis en place ? ». La direction répond alors que la police municipale et la police nationale seront présentes sur les lieux pour une durée indéterminée.

lire sur: http://www.breizh-info.com/2016/04/12/41714/nantes-vente-de-drogue-de-a-station-commerce

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LIRE ou Relire: « Cocaïne, fric et flics »

Cocaïne, fric et flics

L’arrestation ces derniers jours de policiers de la PAF, mis en cause dans un trafic qu’ils sont censés surveiller ; la disparition d’une cinquantaine de kilos de cocaïne dans la salle des scellés de la brigade des stups du quai des Orfèvres, autant d’affaires récentes qui plombent la police. Une seule raison : le fric. En octobre dernier, c’était un ancien chef d’Interpol qui était mis sous les verrous en Équateur, et l’on se souvient des nombreuses arrestations parmi les autorités de l’aéroport de la station balnéaire de Punta Cana, en République Dominicaine, après la découverte de 682 kg de cette drogue dans un Falcon 50 français, en mars 2014.

NarcopsLe trafic de stupéfiants, et notamment celui de la cocaïne, génère de tels bénéfices que tous les intermédiaires s’enrichissent… en une traînée de poudre – du moins s’ils ne vont pas en prison. Quant aux « cocotrafiquants », le fric les rend omnipuissants. Devant ces kilos de drogue qui défilent sous leur nez et qui disparaissent en fumée dans les incinérateurs, certains flics craquent. Ils passent du côté obscur. Même s’ils ne sont que quelques-uns, ils font mal à la corporation. Mais, comme dit le directeur général Jean-Marc Falcone, « la police nationale fait le ménage dans sa propre institution »

Sniff !

En France, d’après l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies, la cocaïne se revend 68 € le gramme, pour une pureté moyenne qui tourne autour de 35 %. Ce qui met le produit pur autour de 200 000 € le kilo alors qu’il est acheté aux cultivateurs l’équivalent de 2 à 3000 €. On imagine les retombées que cela engendre tout au long de la chaîne d’intermédiaires ! Évidemment, les narcotrafiquants sont les premiers à passer à la caisse. Pour la seule cocaïne, leur chiffre d’affaires annuel se situerait dans une Prix des drogues 2013fourchette comprise entre 75 et 100 milliards de dollars (Rapport mondial sur les drogues de 2011). Un chiffre qui est d’ailleurs en baisse sur ces dix dernières années, notamment aux États-Unis, mais qui représente environ le quart du marché de l’ensemble des drogues. Même si l’on tient compte du prix du traitement (20 à 30% du prix d’achat), la marge est impressionnante. Certains analystes estiment que le trafic de drogue dans sa totalité équivaut à 1 % du PIB mondial.

Selon l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (2009), les produits stupéfiants représenteraient environ un cinquième du produit du crime dans le monde et il faudrait un budget de 200 à 250 milliards de dollars pour couvrir les dépenses de santé annuelles liées à la consommation des « drogues illicites ». Je suppose que les drogues licites sont les médicaments !

Les moyens mis en œuvre pour lutter contre ce type de criminalité donnent le tournis. On a l’impression d’un petit monde qui s’agite en vase clos. Pour l’UE, les coûts cachés ou apparents liés aux produits stupéfiants oscilleraient entre 28 et 40 milliards d’euros par an. La cocaïne est la deuxième drogue la plus consommée en Europe.

Quant à la France, elle dépenserait plusieurs milliards d’euros (je ne suis pas sûr qu’il soit tenu une comptabilité), dont une grande partie pour lutter contre l’importation de la « bigornette », comme disait Francis Carco dans La dernière chance, en 1935. En effet, via les Antilles et la Guyane, notre pays est en première ligne.

Ainsi, le mois dernier, près de 30 tonnes de drogue ont été saisies lors d’une opération Interpol menée en Amérique centrale et dans les Caraïbes. En partie de l’héroïne et du cannabis, mais principalement de la cocaïne, pour une valeur estimée à 1,3 milliard de dollars. Cette opération baptisée Lionfish II a été menée conjointement par 39 pays, dont 4 de l’UE : l’Italie, la Belgique, les Pays-Bas et la France. Mais c’est la France qui a financé l’opération (je ne sais pas si l’UE participe). La partie opérationnelle est revenue à l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS) en coordination avec le secrétariat général d’Interpol. « L’opération a également permis de fermer une cinquantaine de laboratoires de fabrication de stupéfiants. La marine nationale colombienne a saisi un semi-submersible qui servait à transporter de la drogue, deux avions légers ont été saisis en Équateur et une vingtaine de pistes d’atterrissage dissimulées dans la forêt ont été détruites par les autorités colombiennes… », peut-on lire sur le site d’Interpol.

Comme on le sait, la cocaïne est cultivée et traitée dans le nord de l’Amérique Latine, essentiellement en Colombie, en Bolivie et au Pérou. Elle suit ensuite trois axes d’exportation « traditionnels », l’un vers les États-Unis et le Canada ; les deux autres vers l’Europe et l’Afrique (on peut se demander si la fin de l’embargo sur Cuba ne changerait pas la donne). L’UE est d’ailleurs fortement « attaquée » par des passeurs qui viennent d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique du Nord.

Observatoire français des drogues et des toxicomanies

Dans la mer des Caraïbes, la « Méditerranée américaine », la lutte contre les trafiquants est menée par les forces armées de différents pays. Pour ce faire, plusieurs accords ont été passés, trop sans doute, au point de ne pas s’y retrouver. Ce qui favorise la suprématie américaine. En 2008, un accord a été signé entre le commandant supérieur (COMSUP) de Fort-de-France et le commandant régional américain. Nom de code : Narcops. Et en novembre 2011, une première opération conjointe d’envergure pour lutter contre le trafic à destination de l’Europe et de l’Afrique du Nord a été mise sur pied.

La France dispose en permanence de deux bâtiments de guerre qui patrouillent le secteur avec chacun un hélicoptère embarqué. Parfois, un sous-marin nucléaire pointe son nez. En cas d’intervention sur un go fast, un tireur d’élite prend position pour neutraliser les moteurs. Puis il reste en appui pour protéger l’équipe d’intervention. En cas de nécessité, l’ordre d’ouvrir le feu doit venir de Matignon, via le Secrétariat général à la mer, qui assure la coordination interministérielle des actions de l’État en mer. Il faut dire que dans ce type d’opération, plusieurs ministères sont concernés : Défense, Intérieur, Justice, Finances et Santé. C’est une exception française.

La police judiciaire est également très active. Il existe une antenne de l’OCRTIS à Fort-de-France et deux détachements, l’un à Pointe-à-Pitre, l’autre à Saint-Martin, et les gendarmes disposent d’un patrouilleur. Mais depuis quelques années c’est la Guyane qui inquiète. Elle a déjà pris sa place dans un trafic de « mules » à destination de la métropole. Mais cela pourrait bien évoluer, notamment en raison de sa proximité avec des pays trafiquants, comme le Surinam et le Venezuela, et aussi d’une présence policière moins forte. Dans ce département où 40 % des moins de 30 ans sont au chômage et où 44% des travailleurs sont fonctionnaires, il doit être difficile de rêver sa vie.

Pour comprendre, comment on en est arrivé là, c’est-à-dire une situation inextricable malgré les moyens mis en œuvre, il faut jeter un coup d’œil en arrière…

De 1860 à 1910, la coca et la cocaïne sont des denrées qui s’exportent mondialement, notamment par deux réseaux principaux partant des pays andins, l’un vers l’Allemagne et le reste de l’Europe, l’autre vers les États-Unis. Les Américains deviennent alors les plus grands consommateurs au monde. Le revirement est brutal. En 1915, les États-Unis se lancent dans une croisade solitaire contre ce fléau qui ravage l’Amérique, diabolisant l’Allemagne en le dépeignant comme l’empire de la drogue. Peu à peu, différents pays emboîtent le pas au géant américain, jusqu’à l’interdiction mondiale en 1950.

En quelques décennies, un produit licite devient illicite et sa commercialisation échappe alors aux contrôles des États. Les filières légales disparaissent laissant la porte ouverte aux aventuriers et aux trafiquants de tout crin.

Au retour de la guerre du Vietnam, de nombreux soldats américains sont devenus héroïnomanes. Aussi, en 1971, le président Nixon déclare la guerre à la drogue, notamment à l’héroïne. Georges Pompidou reçoit le message 5 sur 5 et Marseille perd ses labos de morphine-base. Dans le même temps, la consommation de cocaïne explose aux États-Unis. Comme un pied-de-nez – plus gentiment nommé la contre-culture. La justice moralisatrice se met en place et le nombre d’incarcération explose. Les prisons sont remplies de jeunes, surtout des Noirs et des Latinos au point que certains s’interrogent : existerait-il une raison cachée à cette pénalisation à outrance ? Un peu comme en France on utilise la pénalisation de la consommation de cannabis pour contrôler les jeunes des cités. Toute proportion gardée, bien sûr !

Même si la consommation mondiale semble stagner, peut-être à cause des drogues de synthèse, la guerre contre le trafic de cocaïne n’est pas prête d’être gagnée. Trop de fric en jeu. Et l’amusant, si l’on peut dire, c’est que plus la répression est efficace, plus les prix grimpent – et plus les trafiquants s’en mettent plein les poches.

Y a pas de morale à mon histoire !

http://moreas.blog.lemonde.fr/2015/01/31/cocaine-fric-et-flics/

DROGUES: les ravages du narcotrafic et…le naufrage de la « guerre aux drogues »

guerredrogueFrançois Polet

Source : Alternatives Sud

Déchaînement de violence, corrosion des institutions, nouvelles inégalités – le narcotrafic s’impose comme un obstacle majeur à la démocratisation d’un grand nombre de pays au Sud. Promu depuis quarante ans par les États-Unis, le modèle de la « guerre aux drogues » a alimenté le phénomène et généré quantité d’effets pervers. Depuis l’Amérique latine notamment, la contestation du régime international prohibitionniste monte en puissance.

Avec autour de 200 millions de consommateurs et plus de 300 milliards de dollars de chiffre d’affaire, le commerce des drogues illicites se porte bien. Il s’agit même d’un secteur porteur :
entre 2008 et 2011 le nombre d’utilisateurs de stupéfiants aurait augmenté de 18 % d’après le dernier rapport de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (Onudc, 2013), bien au-delà du taux de croissance de la population mondiale. Comme d’autres segments de l’économie, l’industrie des stupéfiants profite pleinement de l’augmentation du pouvoir d’achat et des changements de modèle de consommation dans les marchés émergents, en Asie et en Amérique du Sud en particulier.

L’enjeu de cette livraison d’Alternatives Sud est de mettre en lumière les effets de l’économie des drogues – et des politiques mises en oeuvre pour la combattre – sur les sociétés et les États du Sud. Si dans les pays occidentaux les impacts des drogues – de leur utilisation et de leur commerce – sont globalement maîtrisés par les pouvoirs publics, il en va tout autrement dans les nations en développement, où l’insécurité sociale et la faiblesse des institutions démultiplie la puissance économique et politique des narcotrafiquants. Les contributions rassemblées dans ce numéro l’illustrent sans détour : le noeud « narcotrafic – guerre aux drogues » constitue un obstacle majeur à la construction de relations sociopolitiques plus égalitaires et démocratiques dans un nombre considérable de pays du Sud.

Esquisse de géographie du narcotrafic

Du fait de la nature illicite des activités concernées, des évolutions complexes et permanentes auxquelles elles-sont sujettes et du manque de données dans un grand nombre de pays, les agences officielles cherchant à identifier les lieux, flux, volumes et acteurs du narcotrafic procèdent par estimations ou recoupements et présentent des fourchettes larges. Cela étant, un certain nombre de réalités dominent la géographie mondiale des drogues et peuvent sans trop de risque être dégagées.

Pour des raisons à la fois climatiques, historiques et politiques, la production mondiale des deux substances illicites les plus rentables – la cocaïne et l’héroïne – n’est le fait que de quelques pays du Sud seulement. La quasi-intégralité de l’offre mondiale de cocaïne est issue de trois pays andins – le Pérou, la Colombie et la Bolivie. La production de l’héroïne est géographiquement plus concentrée encore : environ 85 % provient des cultures de pavot à opium d’Afghanistan. La Birmanie, principal pays producteur jusqu’au début des années 1990, et le Mexique, fournissent le gros du volume restant.

A l’instar de bien des produits tropicaux, les principaux marchés de ces deux drogues sont situés au Nord. Principaux marchés en volume : 65 % de la cocaïne environ et plus de la moitié de l’héroïne y seraient consommés. [1] Mais aussi et surtout principaux marchés en valeur – le gramme de poudre est beaucoup plus cher dans les rues des villes occidentales que dans les métropoles du Sud. La demande du premier monde représenterait donc 80% des profits liés à la cocaïne et près de 70% de ceux de l’héroïne (Onudc, 2010). Effet de la mondialisation, ce tableau est cependant en train de s’infléchir, du fait d’un tassement de la consommation globale de ces deux drogues aux États-Unis et en Europe et de la croissance concomitante de la demande dans les pays émergents, notamment en Amérique du Sud (le Brésil serait devenu le deuxième plus gros consommateur de cocaïne derrière les États-Unis), en Chine et en Asie du Sud-Est. La hausse est également forte en Afrique, où le nombre de consommateurs de cocaïne serait passé d’un million environ à plus de deux millions entre 2004-2005 et 2011 (Onudc, 2013).

Á l’opposé de cette configuration, la géographie du cannabis est on ne peut plus décentralisée : on en consomme et on en produit dans toutes les régions du monde (avec une explosion des cultures indoors en Europe et aux États-Unis). La prédominance de ces circuits courts n’empêche pas l’existence d’un trafic international, dont les principaux flux vont du Maroc et de l’Afghanistan vers l’Europe, et du Mexique vers les États-Unis. Du fait qu’elles ne nécessitent pas de cultures végétales, l’offre et la demande des drogues de synthèse (amphétamines, méthamphétamines, ecstasy, etc.) sont elles aussi plus rapprochées géographiquement, avec cependant l’existence de commerces intra-régionaux notables en Europe, en Asie de l’Est (et Océanie) et en Amérique du Nord (du Mexique vers les États-Unis).

Les activités du narcotrafic ne se limitent bien entendu pas aux pays sources, abritant les cultures et laboratoires qui alimentent le marché mondial, mais affectent également les pays de transit, placés sur les voies reliant les sites de production aux marchés les plus lucratifs. Á la rigueur, du fait des changements de tactiques incessants des trafiquants et de la démultiplication des itinéraires indirects via les territoires moins contrôlés, aucune nation n’est épargnée. Certaines d’entre elles sont néanmoins plus concernées en ce qu’elles sont placées sur les « routes » principales du trafic. Le Mexique et les pays d’Amérique centrale en particulier ont le malheur de servir de voie d’acheminement principale de la cocaïne sud-américaine vers les États-Unis. Le Venezuela, mais aussi le Brésil (dont la frontière amazonienne avec les trois pays producteurs fait plus de 7 000 km) servent quant à eux de tête de pont pour l’envoi (par avion ou bateau) de la production andine vers l’Europe, dont une portion notable transite depuis une dizaine d’années par les pays d’Afrique de l’Ouest.

L’héroïne afghane est exportée suivant trois grandes routes. La « route des Balkans », qui relie l’Europe via l’Iran et la Turquie et dans une moindre mesure le Caucase. La « route du Nord », qui mène à la Russie via les républiques d’Asie centrale. La « route du Sud » qui passe par le Pakistan pour ensuite se fractionner en un vaste réseau d’itinéraires reliant l’Asie du Sud-Est, l’Afrique et l’Europe, notamment via les pays du Golfe. L’héroïne birmane alimente le marché chinois ainsi que les pays du Sud-Est asiatique, qui servent par ailleurs de transit vers le juteux marché australien. Quant au marché états-unien, il est quasi intégralement satisfait par l’héroïne mexicaine.

Escalade des profits, asymétrie des bénéfices

La dimension principale de l’économie internationale des drogues réside dans la valeur ajoutée disproportionnée aux étapes du transport et de la commercialisation du produit. Les marges sont énormes lors du franchissement d’obstacles physiques et douaniers – le prix du gramme de cocaïne triple du fait du « simple » franchissement du mur séparant le Mexique des États-Unis – et lors du fractionnement en petites doses sur les marchés de consommation (Labrousse, 2011). Une répartition du profit extrêmement inégale entre les différents intervenants de la chaîne en résulte.

L’exemple de la filière de la cocaïne vers les États-Unis est éloquent (Onudc, 2010) :

 en 2008, les dizaines de milliers de cultivateurs de coca alimentant le marché états-unien ont gagné environ 500 millions de dollars, soit 1,5 % seulement du profit global lié à ce trafic ;

 les trafiquants dans les pays andins qui ont collecté la matière première, l’ont transformée dans leurs laboratoires et ont vendu la cocaïne à des réseaux internationaux ont touché environ 400 millions de dollars, soit 1% du profit ;

 les réseaux colombiens et mexicains qui ont organisé son transport jusqu’aux grossistes états-uniens ont dégagé 4,6 milliards de dollars de bénéfice, soit 13 % du profit ;

 ces grossistes ont à leur tour empoché environ 5,3 milliards de dollars, soit 15 % du profit ;

 enfin les organisations et individus ayant orchestré et réalisé la distribution de la cocaïne dans les rues états-uniennes ont accumulé jusqu’à vingt-quatre milliards de dollars, soit 70 % du profit global.

La même asymétrie se vérifie s’agissant de l’héroïne afghane (Onudc, 2010). La vente « à la ferme » de l’opium a rapporté 400 millions de dollars aux cultivateurs de pavot en 2009, soit 0,6% seulement du revenu de la filière. Si l’on inclut les profits dérivant de la transformation et du trafic vers la frontière, l’économie afghane de l’opium a généré 2,4 milliards de dollars, soit 3,5% seulement des profits totaux de l’industrie des opiacés (héroïne, opium et morphine) en 2009.

Une économie politique plus complète des filières doit également prendre en compte les acteurs captant indirectement une partie considérable des profits du secteur : forces de sécurité et personnel politique arrosés par les narcotrafiquants, groupes rebelles en tout genre prélevant l’impôt « révolutionnaire », mais également sociétés de comptabilité et autres conseillers financiers facilitant le recyclage des profits et enfin secteurs économiques formels profitant de cet afflux d’argent en quête de respectabilité (immobilier, tourisme, sociétés financières des paradis fiscaux) et des dépenses somptuaires des barons de la drogue (industrie du luxe). D’après la littérature sur le blanchiment, les deux tiers environ des profits du narcotrafic seraient l’objet d’opérations de lavage, soit autour de 220 milliards de dollars par an (Onudc, 2011).

Coûts sociaux et politiques du narcotrafic au Sud

Dépendances, inégalités et droit du plus fort

C’est un fait, l’industrie de la drogue constitue une alternative économique – de survie ou d’ascension sociale – pour des millions d’habitants des campagnes et des périphéries impliqués dans les cultures illicites (paysans andins, afghans, marocains, etc.) ou le transport du produit fini (les « mules »). Au Mexique seulement, 468 000 personnes environ auraient tiré leurs revenus du secteur en 2008, faisant du narcotrafic le cinquième plus gros employeur du pays (Rios, 2008). Et plus d’un million d’individus seraient impliqués dans le transport d’héroïne à l’échelle mondiale (Onudc, 2010). Ces bénéfices économiques de court terme pour une partie des plus pauvres ne compensent cependant pas les effets sociétaux massivement déstructurants du narcotrafic.

Á l’échelle de la paysannerie tout d’abord, comme le décrivait Olivier Dabène à propos des pays andins, «  l’intérêt des paysans pour la culture du cocaïer a entraîné un relatif abandon des cultures vivrières comme le maïs, le riz ou la pomme de terre, et donc une hausse de leurs prix. Certains groupes ont été déplacés dans des zones amazoniennes totalement isolées, afin d’échapper aux contrôles. Mais lorsque les prix chutent, ces populations sont laissées à l’abandon, sans moyen de subsistance. (…) tandis que leur environnement subit des dommages irréversibles, en raison de l’utilisation intensive de produits chimiques et de la déforestation » (Dabène, 1996). Perte d’auto-suffisance alimentaire locale donc, mais aussi sujétion de territoires entiers à des réseaux criminels dont on attend le rachat des récoltes et des services de protection… ou dont on craint les représailles en cas de velléité d’émancipation.

Ce phénomène de détournement de la main d’oeuvre des activités traditionnelles ne se limite pas à l’agriculture – les revenus disproportionnés que procure la participation au trafic, même à ses plus bas échelons, par rapport aux autres types d’emploi, plongent des populations entières dans une situation de « dépendance économique » au narcotrafic difficilement réversible. Ce lecteur d’un journal régional mexicain ne dit pas autre chose : « Sinaloa est et a toujours été un État où l’argent vient du trafic de drogues. D’où pourrait-il bien venir d’autre ? Les industries agricoles et de la pêche sont fermées. On ne peut même plus tirer d’argent de l’industrie minière car les gens ne veulent plus y travailler. Les trafiquants de drogues paient les mineurs dix fois plus, juste pour surveiller la drogue. Qu’allons nous faire s’il n’y a pas d’autre endroit où obtenir de l’argent ? ». [2]

Du fait de la forte asymétrie dans la répartition des profits, le narcotrafic est par ailleurs facteur de renforcement ou de création de nouvelles inégalités. « En provoquant des changements rapides de train de vie, en produisant de nouveaux statuts, (la drogue) perturbe les rapports sociaux et économiques et remet en cause le système productif, politique et culturel du pays » expliquent Miguel de Barros, Patrícia Godinho Gomes et Domingo Correia dans leur article sur la Guinée-Bissau, où la présence de la drogue est pourtant « relativement faible ». Quand bien même certains parrains s’emploient à soigner leur image de « bienfaiteurs des pauvres » en redistribuant une petite partie de leurs bénéfices sous la forme de cadeaux divers, une partie autrement conséquente de leurs gains sont généralement réinvestis dans la terre, l’immobilier ou des activités de la région, constituant des mini-empires économiques peu compatibles avec un développement local démocratique.

La conséquence la plus spectaculaire du narcotrafic réside évidemment dans le climat de violence qu’il installe dans certaines régions de production ou de transit. Les guerres entre cartels pour la domination des villes frontières avec les États-Unis et la « guerre aux drogues » menée par les militaires ont fait 55 000 morts entre 2006 et 2011 au Mexique, soit le conflit le plus meurtrier de la planète sur cette période. Moins médiatisé, le taux d’homicides serait plus élevé encore dans les petits pays d’Amérique centrale traversés en amont par la même cocaïne. Comme l’indique cependant Luis Astorga dans sa contribution sur le Mexique, les niveaux de violence sont moins tributaires des quantités de drogues en jeu que de la configuration du champ criminel et de la capacité de l’État à réguler la compétition entre gangs.

Dans les périphéries des villes comme dans les zones rurales les plus isolées, le monopole de la violence que détiennent les gangs liés au narcotrafic sur la vie de territoires entiers a généré un archipel de zones de non-droit, ou plutôt de zones où les codes des gangs et l’allégeance au plus fort ont remplacé le droit formel. « Là se configurent de nouvelles strates, des codes où se mêlent les principes libéraux du marché et les règles qui organisent et protègent les activités illégales, comme cela se passe dans les structures organisées du « Primeiro Comando da Capital » et du « Comando Vermelho » de Rio de Janeiro, ou dans les « bacrim » (bandes criminelles émergentes), comme on les appelle en Colombie, telles que le « Bureau Envigado », « Les Urabeños », « Los Rastrojos » dans les quartiers de Medellín » relève Ricardo Soberón Garrido dans sa réflexion sur les paradoxes du narcotrafic en Amérique latine. On y constate la diffusion d’une culture de l’enrichissement personnel rapide par la violence criminelle qui fonctionne comme modèle de réussite sociale crédible, bien que hautement risqué, pour des millions de jeunes sans perspective autre d’ascension sociale.

Enfin le développement du narcotrafic dans une région donnée va généralement de pair avec un accès plus aisé aux drogues et une hausse de la consommation locale. Le phénomène se vérifie dernièrement en Afrique et dans les républiques d’Asie centrale, deux régions où les quantités en transit vers les gros marchés ont singulièrement augmenté. Les défis que cette hausse des niveaux de dépendance implique en matière de santé comme de sécurité publiques sont considérables. Or comme le relèvent Kwesi Aning et John Pokoo dans leur article sur l’Afrique de l’Ouest, «  les centres de soins de santé dans la région sont en sous-nombre et sous équipés, qui plus est les équipes médicales ne sont pas formées à la prise en charge des conséquences de la dépendance à la drogue ».

Corrosion des institutions, criminalisation du politique, conflits

Si la banalisation de la violence criminelle sous l’effet du narcotrafic est propre au continent latino-américain, aucun territoire de culture ou de transit des stupéfiants n’échappe à l’action délétère du trafic sur les institutions. Celle-ci découle « logiquement » de la puissance financière des mafias vis-à-vis des représentants de l’État dans les régions concernées. D’autant que, pour les sites de production comme pour les « routes » de la drogue, les préférences des trafiquants vont aux régions isolées, négligées par les pouvoirs centraux, où les autorités locales comme les agents des échelons inférieurs de la police ou de la douane sont mal payés et donc sensibles aux arguments « sonnants et trébuchants » des criminels. Il n’est qu’à imaginer la rencontre entre un garde-frontière guinéen ou malien dont le salaire, quand il est versé, dépasse à peine 50 euros et un « narco » colombien brassant des millions de dollars.

Mais l’influence corruptrice des trafiquants va le plus souvent bien au-delà des agents locaux pour toucher les niveaux supérieurs de la justice, de la police, de l’armée, de la classe politique, des services secrets. L’enjeu : obtenir par l’achat des autorités des conditions optimales pour le développement discret de leurs activités criminelles. Achat agrémenté d’intimidation lorsque l’autorité en question refuse de marchander sa probité. Mais les agents de l’État ne sont que rarement objets passifs de corruption. Dans bien des cas ce ne sont pas les trafiquants qui les approchent, mais eux-mêmes qui traquent les contrebandiers afin de monnayer leur libération. Aux Philippines notamment, Nex Benson nous apprend que le rançonnement des trafiquants, grands ou petits, est un véritable fléau au sein de la police anti-drogues.

Dans plusieurs pays, des responsables publics de haut rang vont jusqu’à devenir collaborateurs actifs des trafiquants, voire organisateurs directs de trafics. Phénomène de « criminalisation du politique » donc, mais aussi parfois de « politisation de la criminalité », lorsque des barons de la drogue rentrent en politique afin d’influer le cours des décisions dans le sens de leurs affaires. Principales incarnations des narco-États dans les années 1990, la Birmanie – longtemps considérée « État trafiquant type » (Labrousse, 1993) -, la Colombie, le Pérou, la Bolivie, la Turquie ou le Nigeria se sont vues déclassés par l’Afghanistan, la Guinée Bissau, le Mexique ou le Tadjikistan comme États les plus régulièrement associés au concept [3]. Plus généralement, si le poids politique du narcotrafic a baissé dans les pays andins, il aurait augmenté en Amérique centrale et au Mexique, dans les républiques d’Asie centrale, mais aussi en Afrique de l’Ouest.

Relevons enfin que les activités du narcotrafic contribuent au financement de dizaines de conflits politiques, religieux ou identitaires qui constituent autant de sources de déstabilisation politique et de crispations autoritaires. La récente prise du Nord-Mali par des groupes armés islamistes dont une partie des ressources provenait du rançonnement du trafic transsahélien de la cocaïne en constitue la dernière illustration. Les interactions entre drogues et conflits peuvent prendre des formes variées (Labrousse, 2011). Il existe parfois une proximité politique ou ethnique entre les producteurs de cultures illicites de régions marginalisées et les guérillas prétendant défendre leurs droits – cas des FARC « révolutionnaires » dans les régions pauvres de Colombie ou des talibans dans les provinces à majorité pachtoune d’Afghanistan.

Les organisations rebelles peuvent également tirer profit de la commercialisation des drogues, en taxant les trafiquants ou en assurant elles-mêmes le rôle d’intermédiaires – cas des Tigres tamouls du Sri Lanka. Enfin certaines d’entre elles finissent par s’impliquer dans les étapes les plus rentables de la transformation et de la distribution sur les marchés de consommation – cas du Parti des travailleurs du Kurdistan. Alain Labrousse relève aussi qu’au cours du conflit la drogue peut devenir un enjeu relatif, voire une fin en soi, les organisations politiques dégénérant en organisations purement criminelles. Ce processus de criminalisation concerne d’ailleurs tout autant les forces contre-insurrectionnelles chargées de mater les rebelles.

Libéralisation économique et expansion du narcotrafic

Si les responsabilités des élites du Sud ne peuvent être éludées, l’ampleur et les formes empruntées par l’économie du narcotrafic ces trente dernières années sont davantage le résultat d’un certain nombre de biais et d’asymétries de la gouvernance internationale. Sur le plan de la gestion de la mondialisation tout d’abord. Les politiques de libéralisation des économies et des marchés financiers promues depuis les grandes agences internationales ont indiscutablement contribué au renforcement du narcotrafic.

 La baisse des tarifs douaniers et autres barrières aux échanges a radicalement augmenté les flux de marchandises et de capitaux, ainsi que le caractère transnational des filières de production, notamment dans le secteur agroalimentaire. « Bien souvent les réseaux de trafiquants ont profité des instruments et des mécanismes qui libéralisent le commerce de biens et services pour transporter la drogue et d’autres produits illicites » indique Ricardo Soberón Garrido. Dans la pratique, la priorité à l’augmentation et à la fluidité des échanges qui commande le commerce international rend le contrôle systématique des containers virtuellement impossible.

 Les politiques d’ajustement structurel préconisées par la Banque mondiale, le FMI et le GATT/OMC aux pays latino-américains, africains et asiatique au cours des années 1980-1990 – ouverture aux importations de biens agricoles et démantèlement des politiques de soutien à la petite agriculture – ont objectivement renforcé l’attrait économique des cultures de pavot, de coca et de cannabis pour les paysans pauvres. Les autorités elles-mêmes ont parfois fermé les yeux sur des cultures illicites qui permettaient d’amortir les coûts sociaux de l’ajustement et d’accumuler des devises étrangères protégeant le pays d’une éventuelle crise de la dette (Dabène, 1996).

 Combinées aux effets de la crise économique et de la baisse des recettes d’exportation, ces mêmes mesures d’ajustement ont mené à un resserrement brutal des moyens des États. Les plus affaiblis, en Afrique notamment, ont d’une part réduit leur contrôle sur des pans entiers de leur territoire – y favorisant la prolifération d’activités criminelles -, d’autre part poussé une partie de l’élite politique et militaire à se reconvertir dans des activités illicites pour se maintenir au pouvoir, signant le passage de l’État « kleptocrate » à l’État « malfaiteur » (Bayart, Ellis et Hibou, 1997). Les nouveaux narco-États sont avant tout des États faillis.

 Les politiques de dérégulation de la sphère financière depuis les années 1980 ont quant à elles hautement facilité les opérations de blanchiment de l’argent sale. « Ce phénomène est venu renforcer la puissance des organisations criminelles transnationales les plus liées au commerce de la drogue » (Lalam, 2011). Malgré quelques avancées sur le secret bancaire suite au 11 septembre 2001 et à la crise financière de 2008, les pays riches ont les plus grandes difficultés à mettre de l’ordre dans l’entrelacs de places off-shore et autres paradis fiscaux servant de zone d’intersection entre les flux financiers licites et illicites.

Le régime international de contrôle des drogues

Le principal carburant du phénomène du narcotrafic réside cependant dans l’orientation adoptée depuis un siècle par la communauté internationale pour… réduire la consommation de drogues, à savoir la mise en place et le renforcement d’un régime international de contrôle des drogues axé sur la prohibition. Ce régime est aujourd’hui l’objet de vives critiques, du fait de son inefficacité et de ses effets pervers, mais également de son caractère asymétrique et de ses contradictions, reflets d’inégalités politiques historiques au sein de l’ordre international.

De La Haie à l’Initiative de Mérida : un régime déséquilibré

Le projet d’un système international de contrôle des drogues naît en 1912 lors de la Convention internationale de l’opium de La Haie, à laquelle seules une douzaine de nations participent. Visant à éviter toute production et distribution d’opium en dehors d’un cadre scientifique et médical strictement contrôlé, la rencontre est, déjà, le résultat de l’activisme des États-Unis, qui viennent de prendre les Philippines aux Espagnols et constatent avec effroi le degré d’intoxication de la population des îles, et plus largement de cette partie de l’Asie, suite au « libre » commerce imposé par les européens depuis les guerres de l’opium du 19ème siècle. La restriction de l’opium est à la fois un devoir moral et une manière d’affaiblir commercialement les puissances coloniales, tout en améliorant la relation entre les États-Unis et la Chine, principale victime du commerce de l’opium (Sinha, 2001).

Dès sa naissance donc, la diplomatie des drogues est animée par un mixte étonnant de motivations morales, économiques et géopolitiques. Les traités internationaux adoptés par la suite dans le cadre de la Société des nations, puis des Nations unies, en porteront tous la marque, notamment les trois principaux textes qui constituent l’armature juridique du régime de contrôle actuel : la Convention unique sur les stupéfiants (1961), qui ramasse les traités antérieurs en un seul texte et porte essentiellement sur l’opium, l’héroïne, la cocaïne et le cannabis ; la Convention sur les substances psychotropes (1971), suite au décollage de la consommation de LSD et autres substances de synthèse en Occident ; et enfin la Convention contre le trafic illicite de stupéfiant (1987), qui vise à harmoniser les législations nationales dans un sens nettement répressif.

Outre son orientation prohibitionniste et répressive, au détriment des considérations de santé publique et de droits humains, le régime de contrôle international consacré par ces textes connaît deux déséquilibres, particulièrement préjudiciables pour les anciennes colonies. Tout d’abord l’idée d’un contrôle souple sur les substances d’origine végétale, défendue par les États du Sud dont de larges pans de la population consommaient de manière traditionnelle les matières incriminées ou vivaient de leur production, a été écartée. A l’inverse, les besoins des industries pharmaceutiques occidentales ont été globalement épargnés – ceux-ci relevant des domaines « médical » et « scientifique » -, notamment au sein de la Convention de 1971 sur les produits de synthèse.

Par ailleurs, comme le signale Jai Sinha, en étant centrée sur l’offre de stupéfiants (la production et le trafic), elle déplace « le fardeau et les coûts du contrôle des stupéfiants principalement vers les pays en voie de développement asiatiques et latino-américains, qui n’avaient ni la disposition culturelle, ni les ressources requises pour procéder à une telle ingérence – ni la puissance économique ou militaire qui leur aurait permis de refuser ce qu’on leur imposait » (2001). Des pouvoirs étendus furent par ailleurs accordés à l’Organe internationale de contrôle des stupéfiants (OICS), organisme onusien sous influence états-unienne chargé de vérifier le respect des trois conventions. Dans la pratique, l’appareil de contrôle s’appliquera essentiellement dans un sens Nord-Sud, les pays occidentaux – États-Unis en tête -, s’appuyant sur la qualité juridiquement contraignante des conventions pour réclamer le durcissement des politiques anti-drogues dans le reste du monde.

L’ingérence au nom de « la lutte contre les drogues » franchit plusieurs paliers lorsque les États-Unis décidèrent de porter au coeur de l’Amérique latine la « guerre aux drogues » proclamée en 1971 par le président Nixon. Des opérations en terrain bolivien et péruvien de la Drug Enforcement Administration (DEA) dans les années 1980 à l’énorme programme d’assistance militaire à la Colombie dans le cadre du « Plan Colombie » au tournant du millénaire, l’implication états-unienne prit des formes de plus en plus massives et diversifiées dans les campagnes nationales de démantèlement des trafics. [4] Signe d’un déplacement du front principal de la guerre aux drogues, l’Initiative de Mérida, sorte de réplique à moindre échelle du Plan Colombie, vise à renforcer les forces armées mexicaines dans le cadre de la « guerre contre le trafic de drogues » décrétée en 2006 par un président Calderón en manque de légitimité. L’« initiative » soutient également les efforts de répression en Amérique centrale et dans les Caraïbes.

Instrumentalisation des trafics… et de la guerre aux trafics

Le régime international de contrôle des drogues n’est pas seulement biaisé dans ses orientations répressives et centrées sur l’offre. Á l’instar d’autres politiques internationales, il est aussi l’objet de bien des instrumentalisations géopolitiques. Le rôle de « croisé de la prohibition » que les États-Unis se donnent volontiers dans les enceintes de la diplomatie des drogues n’a pas empêché leurs services secrets de subordonner allègrement la « guerre aux drogues » à d’autres dimensions de leur politique extérieure. Des débris du Kuomintang réfugiés en Birmanie aux Contras du Nicaragua, en passant par les talibans afghans, l’objectif suprême du containment a régulièrement amené la CIA à tolérer, voire à soutenir directement la mise en place de réseaux d’écoulement d’héroïne ou de cocaïne permettant le financement clandestin de groupes armés objectivement alliés.

Avec la fin de la guerre froide et surtout les attentats du 11 septembre 2001, le narcotrafic devient un enjeu central de la doctrine sécuritaire des États-Unis et dans une certaine mesure des autres puissances. Pour les stratèges du Pentagone, l’Afghanistan démontre que le terrorisme et les réseaux de la drogue sont des phénomènes qui s’alimentent mutuellement, voire se confondent, dans les zones de non-droit délaissées par les États faillis, il s’agit donc de recourir aux grands moyens pour combattre le « narco-terrorisme » partout où il fait mine de s’enraciner. La force évocatrice de l’expression diabolise les acteurs, dépolitise les enjeux et est rapidement réappropriée par des pouvoirs nationaux en quête de légitimation de leurs stratégies répressives, de la Colombie au Sri Lanka. Les conseils, offres de services et pressions de toutes sortes se multiplient des États-Unis vers les États supposés manquer de fermeté ou de capacité d’action dans la répression du phénomène. Ces mêmes États que la doctrine d’hier jugeait pléthoriques et envahissants…

Et pourtant ce regain d’activisme international contre les trafics cohabite avec d’autres enjeux, à commencer par celui de la proximité géopolitique avec les États-Unis. Mercille le démontre dans son article sur l’Afghanistan, où Washington s’accommode d’alliés – Hamid Karzai et son entourage en l’occurrence – dont les liens avec le trafic d’héroïne ont suffisamment été démontrés, tout en menant une « guerre aux drogues » sélective visant uniquement les trafiquants liés aux talibans. Une même compréhension a prévalu dans le contexte colombien face à la tolérance du président Uribe vis-à-vis de groupes paramilitaires d’extrême droite tout autant, si pas plus impliqués dans le narcotrafic que les FARC. Le fait que les États-Unis avaient dû fermer leur base militaire au Panama en 1999 et que l’ex-président colombien mettait à leur disposition l’accès à plusieurs bases n’y était certainement pas pour rien.

Le conditionnement géopolitique de la guerre aux drogue apparaît aussi clairement dans le très controversé processus de « certification » auquel les États-Unis s’adonnent annuellement afin d’évaluer la coopération des pays de production ou de transit au système de contrôle international. D’une part l’objet de cette évaluation, qui peut déboucher sur une suppression de l’aide états-unienne, réside moins dans l’engagement des gouvernements dans la lutte contre la drogue que dans leur collaboration avec les agences anti-drogues américaines. D’autre part il est évident que les considérations stratégiques pèsent lourdement dans la classification des États. Ainsi les deux pays ayant récemment rejoint la Birmanie dans la catégorie des pays ayant « clairement échoué à remplir leurs obligations » en matière de respect des conventions internationales ne sont pas la Guinée Bissau ou l’Afghanistan mais… le Venezuela et la Bolivie.

Le régime international de contrôle en question

Développement sans précédent dans l’histoire de la diplomatie des drogues, l’idéologie prohibitionniste qui imprègne le régime international de contrôle des stupéfiants est depuis quelques années l’objet d’un mouvement de contestation au plus haut niveau politique. Les contributions rassemblées dans ce numéro s’en font toutes l’écho d’une manière ou d’une autre.


Effet ballon et criminalisation de la pauvreté

Ces remises en question naissent d’abord de la constatation de l’échec de l’approche outrancièrement répressive de la « guerre aux drogues ». Cet échec se lit d’abord dans les chiffres. En 1998, lors de la session spéciale de l’Assemblée générale des Nations unies sur les drogues (UNGASS), les gouvernements s’étaient donné dix ans pour libérer le monde des drogues (« a drug free world »). En 2008, le nombre de consommateurs d’opiacés dans le monde avait pourtant augmenté de 34 %, celui de cocaïne de 27 %, celui de cannabis de 8 % (Commission mondiale pour la politique des drogues, 2011). Non seulement l’approche répressive ne s’est pas montrée efficace, mais elle s’avère contre-productive car c’est l’interdiction des drogues elle-même qui multiplie le prix de celles-ci et suscite les activités criminelles liées à son commerce. En témoigne le précédent historique du fabuleux enrichissement de la mafia et de l’expansion de son pouvoir corrupteur durant les années de la prohibition de l’alcool aux États-Unis.

La lutte frontale contre les trafiquants a bien permis de démanteler tel cartel ou de « nettoyer » telle région, mais elle n’a jamais débouché sur une baisse globale de la production. Car, à demande égale, la réduction de telle ou telle filière entraîne un renchérissement du produit qui stimule les trafiquants à augmenter la production ou le trafic ailleurs. Un phénomène de géographie économique qualifié d’« effet ballon » [5]. Ainsi la performance du système de surveillance états-unien dans les Caraïbes dans les années 1990 n’a pas entraîné de baisse de l’entrée de cocaïne sur le territoire états-unien, mais un déplacement du trafic par l’itinéraire centro-américain et mexicain. De même, le succès du « bridge denial » entre le Pérou et la Colombie au début des années 1990 a mené à une chute de la production de coca au Pérou mais à une augmentation concomitante des cultures colombiennes. Quelques années plus tard, les campagnes d’éradication forcenées du Plan Colombie ont mené à une (petite) baisse de la production colombienne… immédiatement compensée par un rebond des productions péruvienne et bolivienne.

La focalisation de la répression sur la production et le trafic a par ailleurs des effets pervers dramatiques, qui démultiplient les coûts sociaux et politiques du narcotrafic et en créent de nouveaux. En s’efforçant de démanteler les gangs, les forces de l’ordre perturbent les positions acquises et déclenchent régulièrement de sanglantes guerres de succession. A fortiori lorsque, comme c’est souvent le cas, elles mènent des campagnes à géométrie variable et concentrent leurs forces sur certains réseaux en en épargnant d’autres. La militarisation de la lutte contre les trafics a également comme conséquence une hypertrophie des appareils de sécurité militaire et policier (au détriment des dépenses sociales), un nivellement par le bas du respect des droits humains et une criminalisation des populations pauvres qui fournissent l’essentiel des « petites mains » de la production et du trafic.

Par ailleurs, les campagnes d’épandage aérien telles qu’elles ont été pratiquées à grande échelle en Colombie ont eu des conséquences désastreuses sur la végétation environnante. Plus généralement, les campagnes d’éradication forcée en Colombie ou au Pérou alimentent indirectement la déforestation en incitant les trafiquants à déplacer leurs plantations dans des régions toujours plus isolées de la forêt amazonienne, où ils entrent en contact avec les populations indigènes qui utilisent traditionnellement les terres convoitées. La prophétie de Ricardi Soberon à ce propos est pour le moins inquiétante : « De plus en plus, le bassin de l’Amazone sera confronté à une colonisation progressive et désordonnée, catalysée par les activités économiques illicites. Cela entraînera non seulement la destruction rapide, mais aussi l’implication graduelle des sociétés rurales ancestrales dans cette spirale associée à la criminalité. »

Quant aux programmes de développement alternatif menés parallèlement aux campagnes d’éradication pour détourner les paysans des cultures illicites, ils ont donné des résultats mitigés. Dans leur contribution sur le « miracle » de San Martin (Pérou), Mirella van Dun, Hugo Cabieses Cubas et Pien Metaal identifient les faiblesses de la majorité de ces expériences : focalisation sur les monocultures d’exportation, dépendance des financements internationaux, mauvaises gestion et méconnaissance des causes structurelles de l’implication des populations dans les cultures incriminées. Sans compter le fait que, étant donné « l’effet ballon », la moindre production dans telle région est rapidement compensée par une extension des cultures dans la région voisine.


Fronde latino-américaine

Il en va de la politique des drogues comme de bien d’autres domaines de la diplomatie interaméricaine : la prééminence de la vision états-unienne ne va plus de soi. « Un développement décisif » pour reprendre le titre de l’article d’Amira Armenta, Pien Metaal et Martin Jelsma, qui reviennent dans le détail sur les ressorts du désaccord latino-américain. Cette insatisfaction largement partagée vis-à-vis du modèle prohibitionniste imposé de l’extérieur a des tonalités variables suivant les contextes nationaux.

L’évolution la plus remarquable a paradoxalement été initiée par deux chefs d’États conservateurs et proches des États-Unis, les présidents Otto Perez Molina (Guatemala) et Juan Manuel Santos (Colombia), qui ont mis sur la table lors du Sommet des Amériques d’avril 2012 la nécessité d’une révision réaliste des politiques de contrôle des drogues sur le continent. Avec leurs homologues du Costa Rica et du Mexique notamment, ils estiment que leurs sociétés paient un prix exorbitant à la guerre aux drogues orchestrée depuis Washington, notamment sous la forme d’une escalade de la violence et d’un encombrement de leurs systèmes carcéraux. Si aucune alternative n’a fait l’objet d’un consensus, des options autrefois inimaginables sont en cours de débat entre présidents centro-américains, en ce compris la « dépénalisation » du transit et la réglementation de la production, du commerce et de la consommation de drogues.

La dissidence du président bolivien était plus prévisible. Porté par un large mouvement populaire de réappropriation « nationale » des ressources naturelles, Evo Morales est aussi un syndicaliste cocalero qui, à ce titre, a plusieurs fois été la cible des opérations de la DEA durant les années 1980. « Coca oui, cocaïne non ! » – pour le leader aymara, la feuille de coca mastiquée par des millions d’indiens depuis des millénaires doit être réhabilitée en tant que symbole de l’identité nationale et les conventions internationales qui la criminalisent doivent être modifiées. Les agents de la DEA seront expulsés en 2008, une question de «  dignité et de souveraineté ». Cinq ans plus tard, le gouvernement affirme, chiffres à l’appui, que la nationalisation de la lutte contre le narcotrafic s’est traduite par une plus grande efficacité. Ce rejet de l’ingérence états-unienne est sans surprise partagé par les voisins vénézuélien et équatorien.

Moins spectaculaire, l’évolution des pays du cône sud (Argentine, Brésil, Uruguay) dans le sens d’une dépénalisation de la possession de drogues « pour usage personnel » traduit cependant un changement important dans les mentalités et la montée des préoccupations de santé publique. En pointe dans le débat, l’Uruguay envisage de mettre en place un « Institut national du Cannabis » qui, d’une part, distribuerait des licences de production, d’autre part, vendrait directement le produit, ce qui ferait du petit pays sud-américain le premier « fournisseur officiel » de cannabis au monde. Notons par ailleurs que l’ex-président brésilien Fernando Enrique Cardoso est président de la Commission mondiale pour la politique des drogues, une initiative de tout haut niveau (y participent notamment deux anciens présidents du Mexique et de Colombie, ainsi que l’ex-Secrétaire général de l’ONU Kofi Annan) visant à sortir le monde de la « guerre aux drogues ».

La fronde latino-américaine débouchera-t-elle sur une réforme du régime international des drogues ? Si pour Armenta, Metaal et Jelsma le déblocage du débat est irréversible, l’adoption de propositions communes de changements de la part des nations latino-américaines n’est pas pour demain. La conjoncture internationale est pourtant favorable, souligne Carolina Cepeda, avec une présidence Obama ayant pris ses distances avec les accents les plus répressifs de la lutte contre les drogues (l’éradication forcée notamment) et débarrassé son lexique de l’expression « guerre aux drogues ». Un assouplissement qui ne va cependant pas jusqu’à sortir du paradigme prohibitionniste… et qui pourrait même s’assimiler à une tactique pour diviser les pays critiques, d’après Luis Astorga. D’autant que les partisans de la ligne dure comptent des alliés de poids dans le reste du monde, à commencer par la Russie et la Chine. Mais le choix récent de deux États états-uniens de légaliser l’usage du cannabis est peut-être annonciateur d’une évolution plus nette des positions américaines. Et les États latino-américains devraient pouvoir compter sur des alliés, notamment européens, pour faire bouger les lignes dans les enceintes internationales.

Bibliographie

Bayart J.-F., Ellis S. et Hibou B. (1997), « De l’État kleptomane à l’État malfaiteur », in La Criminalisation de l’État en Afrique, Bruxelles, Éditions Complexe.

Commission mondiale pour la politique des drogues (2011), Rapport de la Commission mondiale pour la politique des drogues, juin 2011.

Dabène O. (1996), « Les narcodémocraties andines », Les Études du CERI n°20, septembre.

Labrousse A. (1993), « Drogues et réseaux » in P. Boniface et J. Golliet (sous la dir. de), Les nouvelles pathologies des États dans les relations internationales, Paris, Dunod.

Labrousse A. (2011), Géopolitique des drogues, Paris, Puf.

Lalam N. (2011), « Argent de la drogue : blanchiment et mondialisation financière », Drogues et enjeux internationaux, bulletin n°2, novembre.

Onudc (2013), Rapport mondial sur les drogues 2013, Office des Nations unies contre la drogue et le crime, Vienne.

Onudc (2011), Estimating Illicit financial flows resulting from drug trafficking and other transnational organized crimes, United Nation Office on Drug and Crime (ONUDC), rapport de recherche, octobre.

Onudc (2010), Rapport mondial sur les drogues 2010, Office des Nations unies contre la drogue et le crime, Vienne.

Rios V. (2008), Evaluating the economic impact of Mexico’s drug trafficking industry, Mimeo, http://www.gov.harvard.edu/files/Rios2008_MexicanDrugMarket.pdf

Sinha J. (2001), L’historique et l’évolution des principales conventions internationales de contrôle des stupéfiants, Direction de la recherche parlementaire, Bibliothèque du Parlement canadien, Ottawa.


Notes

[1En incluant la Russie, premier pays consommateur d’héroïne. Quant à l’opium afghan (non transformé en héroïne), il est très majoritairement consommé en Asie, en particulier en Iran (environ 40% pour ce seul pays).

[2Cité dans Rios (2008).

[3Un concept dont le contenu comme l’application, il faut le souligner, sont l’objet de controverses scientifiques et d’instrumentalisations géopolitiques.

[4Pour autant, comme le précisent Tickner et Cepeda dans ce numéro à propos du Plan Colombie, l’adoption de ces dispositifs d’assistance externe anti-drogues répond aussi aux stratégies des gouvernements locaux.

[5En référence au fait que si l’on comprime un ballon gonflable en un endroit, l’air à l’intérieur de celui-ci ne diminue pas mais se déplace.

 

http://www.cetri.be/Ravages-du-narcotrafic-naufrage-de

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CYBERDOUANE INFO: les ados passent maintenant par Tinder et Instagram pour acheter de la drogue | NOVAPLANET

Un match, et de la défonce.

Les ados passent maintenant par Tinder et Instagram pour acheter de la drogue

Si l’ère du web 2.0 a considérablement facilité la plupart des échanges (ou détériorés pour certains d’entre eux…) il en reste néanmoins quelques-uns qui demeurent toujours difficiles. Un des obstacles est notamment l’illégalité, et acheter de la drogue sur Internet est certes désormais possible mais implique pour les consommateurs de se cacher en passant par le Dark Web et des moteurs de recherche cryptés comme Tor.

De manière générale le processus d’achat de drogue illégal n’est jamais une vraie partie de plaisir… Mais la nouvelle génération semble réellement déterminée à tout rendre plus facile et achète désormais sa drogue en ligne… Et sur Tinder qui plus est.

En Angleterre, le Guardian relate que la vente de drogue explose via les applications de réseaux sociaux comme Instagram et Tinder. Et les consommateurs sont souvent des adolescents.

Le processus est assez simple, vous swipez dans l’espoir de trouvez votre prochaine conquête et boom voilà que le profil suivant n’est autre qu’une grosse tête de weed, plus qu’à matcher avec votre dealer… Ou bien encore il vous suffit de browser le hashtag assez explicite #weedforsale sur Instagram.

Dès lors c’est très simple, un petit rendez-vous ou un paiement en ligne dans l’espoir d’être bien livré et vous voilà « visser » comme on dit dans le milieu. Même si ce procédé de paiement en ligne pour une livraison hypothétique fait évidemment planer bien des doutes, et pas sûr que Paypal s’engage à vous rembourser pour ce genre d’emplettes…

De plus en plus Instragram est dénoncé comme un espace qui a tendance à rendre la consommation de drogue glamour, avec des hashtag qui recensent des filles fumant de l’herbe et qui sont parmi les plus utilisés sur le réseau social, même si l’application se défend que la promotion de consommation de drogue viole leurs conditions d’utilisation.

Sinon pour les vrais amoureux de la weed il y encore plus simple, là où cela est légal et autorisé et que vous voulez faire des rencontres autour de votre passion commune de l’herbe, il y a toujours High There, LE vrai tinder de consommateurs de cannabis.

http://www.novaplanet.com/novamag/59590/les-ados-passent-maintenant-par-tinder-et-instagram-pour-acheter-de-la-drogue

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NARCOTRAFICO-MARITIMO: trece detenidos por introducir cocaína en España a bordo de veleros

dnredEn la coordinación de esta investigación también han participado agentes del Citco, de la Dirección de Operaciones Aduaneras francesa, la RST holandesa (equipo de investigación criminal) y la Dirección Antinarcóticos Colombiana.

En esta investigación dirigida por un Juzgado de Ribeira, las fuerzas de seguridad han requisado 115 kg de droga, armas y munición. La sede judicial barbanzana instruye el proceso al tratarse de una pieza separada que surgió en el marco de otra investigación por tráfico de drogas

Javier RomeroRibeira / La Voz, 08 de abril de 2016. 

Agentes de la Policía Nacional y de la Guardia Civil han desmantelado, con la detención de 13 personas, una organización de narcotraficantes que introducía droga en España por vía marítima, a bordo de veleros, y han requisado armas, munición y 115 kilogramos de cocaína.

Según ha informado este viernes la Dirección General de la Policía, la organización camuflaba los estupefacientes en el interior de bombonas de gas y de baterías eléctricas con el objetivo de trasladar la sustancia ilegal procedente de Sudamérica.

La investigación, dirigida por el Juzgado de Instrucción número tres de Ribeira (A Coruña), se inició en octubre del 2014 por parte de la Policía Nacional al tener conocimiento de que un grupo afincado en Galicia tenía como objetivo la introducción de grandes cantidades de cocaína en España. La sede judicial barbanzana instruye este proceso al tratarse de una pieza separada que surgió en el marco de otra investigación por tráfico de drogas, y que también instruye dicho juzgado ribeirense.

Las primeras pesquisas hicieron pensar a los agentes que los narcotraficantes pensaban introducir la droga por vía marítima, utilizando para ello embarcaciones recreativas tipo velero.

Según avanzó la investigación se pudo determinar que la organización tenía ramificaciones en otras partes del territorio nacional, como las Islas Canarias, País Vasco y Madrid, así como a nivel internacional en Cuba, Grenada o Bonaire.

Las investigaciones se centraron desde su inicio en las actividades del líder de la organización asentado en la isla de Gran Canaria, el cual se dedicaba a la introducción y distribución de grandes partidas de cocaína procedentes de Sudamérica, a donde viajó personalmente para acordar la adquisición de la droga y encargarse de proporcionar la logística necesaria para su organización.

Para ello adquirió en las Islas Canarias diversos veleros, los cuales, una vez modificados por otros miembros de la organización, eran conducidos hasta el Caribe, donde se aprovisionaban de la cocaína y regresaban a costas españolas.

Además de importantes medidas de seguridad, la organización utilizaba alta tecnología en las comunicaciones e inspecciones periódicas que realizaban a las embarcaciones para la búsqueda de dispositivos de geolocalización.

También efectuaban contra-vigilancias, lo que dificultó en gran manera el avance de las investigaciones.

A mediados de diciembre del 2015 se localizó una de las embarcaciones de la organización a mil millas al sur de las Azores, la cual fue detenida por el Buque Oceánico Río Miño de la Guardia Civil y trasladada al puerto de Las Palmas de Gran Canaria.

Durante el registro de la embarcación se localizaron 115 kilos de cocaína perfectamente camuflados en el interior de diversas bombonas de gas y en baterías eléctricas, acondicionadas para dar una apariencia de normal funcionamiento.

Posteriormente a la detención del patrón de la embarcación, se produjeron otras doce detenciones y 16 registros en varios puntos del territorio español, localizados en Gran Canaria, Madrid, Vizcaya y Álava, en los que se incautaron armas cortas tipo revólver, armas largas semiautomáticas, munición, gran cantidad de dinero en efectivo y vehículos de alta gama.riomino

Igualmente se intervinieron otras dos embarcaciones, una de las cuales estaba totalmente dispuesta para realizar un viaje transoceánico para transportar otro cargamento de cocaína y la otra preparada tecnológicamente y con el correspondiente equipamiento para pasar largas temporadas en el mar sin precisar de abastecimiento en puerto alguno.

En la coordinación de esta investigación también han participado agentes del Citco, de la Dirección de Operaciones Aduaneras francesa, la RST holandesa (equipo de investigación criminal) y la Dirección Antinarcóticos Colombiana.

http://www.lavozdegalicia.es/noticia/barbanza/2016/04/08/trece-detenidos-introducir-cocaina-espana-bordo-veleros/00031460113355517909272.htm

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OCRTIS: le grand flic, son « indic » et les 15 tonnes de cannabis

Au sièges des douanes, à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), le 18 octobre 2015, les sept tonnes de cannabis saisies la veille.LE MONDE | 06.04.2016 à 11h28 • Mis à jour le 07.04.2016 à 07h35

Par Julia Pascual et Soren Seelow

Au sièges des douanes, à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), le 18 octobre 2015, les sept tonnes de cannabis saisies la veille. | Benjamin Girette / IP3

Rarement les révélations d’un indic auront été attendues avec autant de fébrilité par le service de police qui l’a recruté. Il faut dire que S. a la particularité d’être tout à la fois un informateur de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis) et l’un des principaux importateurs de cannabis du pays. Interpellé le 22 février en Belgique dans le cadre d’un mandat d’arrêt européen, il a été transféré en France par hélicoptère, mardi 5 avril, et mis en…

http://mobile.lemonde.fr/police-justice/article/2016/04/06/le-grand-flic-son-indic-et-les-15-tonnes-de-cannabis_4896831_1653578.html?xtref=acc_dir

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BLANCHIMENT (Panama Papers): des barons de la drogue mis en cause

Parmi les clients de Mossack Fonseca figurent « des trafiquants de drogue du Mexique, du Guatemala et d’Europe de l’Est » qui ont fait l’objet de sanctions.

Source AFP

Publié le 06/04/2016 Le Point.fr
Le cabinet d'avocats de Panama Mossack Fonseca, au coeur du scandale des Panama Papers.
Le cabinet d’avocats de Panama Mossack Fonseca, au coeur du scandale des Panama Papers. © RODRIGO ARANGUALe cabinet d’avocats de Panama Mossack Fonseca, au coeur du scandale des Panama Papers, a eu pour clients des barons de la drogue, ou des personnes ou sociétés faisant l’objet de sanctions européennes ou américaines, révèle mercredi le Süddeutsche Zeitung. Le journal allemand, à l’origine avec d’autres médias internationaux de révélations fracassantes, affirme que dans la liste des clients du cabinet figurent « des trafiquants de drogue du Mexique, du Guatemala et d’Europe de l’Est » qui ont fait l’objet de sanctions.« Un probable financier du Hezbollah, des personnes soutenant les programmes nucléaires iranien et nord-coréen et deux soutiens présumés du président du Zimbabwé, Robert Mugabe » apparaissent également dans ces fichiers, poursuit le journal sans toutefois donner l’identité des personnes ou des sociétés mises en cause. « Au moins 22 personnes et au moins 24 sociétés » avec qui Mossack Fonseca a fait des affaires étaient ou sont sur des listes visées par des sanctions américaines ou européennes, selon la même source.

140 personnalités

Le Süddeutsche Zeitung ajoute que dans certains cas, la collaboration s’est achevée avant que les sanctions n’entrent en vigueur, mais que dans d’autres, elle s’est au contraire poursuivie durant des années. Actuellement, quatre entreprises ayant leur siège aux Seychelles font l’objet de sanctions des États-Unis et toutes les quatre ont été « au moins durant un certain temps » créées ou administrées par le cabinet panaméen. Dans les îles Vierges, 15 firmes font l’objet de sanctions américaines et 6 d’entre elles ont été manifestement enregistrées ou gérées par Mossack Fonseca.

Le quotidien français Le Monde avait déjà divulgué dans le cadre de cette même enquête journalistique que le régime syrien avait pu contourner les sanctions internationales et financer sa machine de guerre grâce entre autres à trois sociétés-écrans basées aux Seychelles. L’enquête sur la base de documents provenant du cabinet d’avocats panaméen a révélé des avoirs dans les paradis fiscaux de 140 responsables politiques ou personnalités de premier plan.

Consultez notre dossier : L’affaire Panama Papers

http://www.lepoint.fr/economie/panama-papers-des-barons-de-la-drogue-mis-en-cause-06-04-2016-2030409_28.php

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FRANCE (Marseille): Mennucci relance le débat de la légalisation du cannabis

Marseille_Vieux_Port_NightLes règlements de compte liés au trafic de drogue ont fait dix victimes à Marseille depuis le début de l’année. Face à cette violence, des voix s’élèvent pour réclamer la dépénalisation du cannabis et enrayer les trafics.

http://www.bfmtv.com/societe/marseille-legaliser-le-cannabis-pour-enrayer-les-reglements-de-compte-l-idee-qui-fait-debat-964066.html

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​DNRED (Douane française): saisie de 7 tonnes de cannabis à Paris, le trafiquant-indic transféré de la Belgique en France

OCRTIS1Ce trafiquant présumé, qui est aussi un « indic » de l’Office central de lutte contre le trafic de stupéfiants a été transféré mardi 5 avril au palais de justice de Paris, puis présenté aux deux juges d’instruction de la Juridiction interrégionale spécialisée (Jrs) de Paris avant d’être mis en examen pour « trafic de stupéfiants international », à la fois pour les 7 tonnes de cannabis saisies à Paris et pour 6 autres tonnes saisies en Belgique.

Mardi après-midi un hélicoptère de la gendarmerie nationale a quitté la maison d’arrêt de Bruges. A l’intérieur de l’engin, ce n’est pas Salah Abdeslam contrairement à la rumeur mais le trafiquant indic présumé arrêté en Belgique dans l’affaire des sept tonnes de cannabis saisies par les douanes à Paris en octobre dernier. L’homme qui a été interpellé fin février faisait l’objet d’un mandat d’arrêt européen émis par la France. Reste à savoir désormais, ce que le prévenu va raconter aux juges lorsqu’il sera auditionné. L’affaire promet sans doute encore des rebondissements.

dnred%20enqu%EAteL’affaire était trop belle. Quatre fourgons suspects, garés dans les beaux quartiers de la capitale, au bas des immeubles haussmanniens du boulevard Exelmans, dans le 16e arrondissement. Dans les coffres de trois des utilitaires, 7 tonnes de résine de cannabis que les agents de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) découvrent le 17 octobre dernier. Une « saisie record » pour Paris intra-muros, saluée dès le lendemain par François Hollande. Le président fait le déplacement jusqu’aux locaux de la DNRED, à Ivry-sur-Seine, où, devant les piles de « valises marocaines », il déclare espérer qu’il s’agit là d’un « coup fatal » porté aux trafiquants. Mais dans ce dossier, la réalité est bien plus complexe : l’enquête va surtout révéler que l’importateur de la drogue, interpellé fin février en Belgique, était surtout un « indic » de l’Office central de lutte contre le trafic de stups.

Un grossiste en cavale…

L’enquête des douanes débute quelques jours avant la saisie du boulevard Exelmans, dans la nuit du mardi 13 au 14 octobre, sur la base d’un renseignement. Le conducteur d’une voiture suspecte est interpellé au péage d’Ancenis, près de Nantes, sur l’autoroute A11, dans le sens Paris-Nantes. Pour les enquêteurs de Bercy, il ne fait aucun doute qu’il s’agit là de la voiture ouvreuse d’un convoi de livraison de drogue. La découverte d’un fourgon abandonné sur une aire d’autoroute en amont du péage leur donnera raison : à l’intérieur, les douaniers saisissent 1,9 tonne de résine de cannabis.

C’est en remontant la piste du « shit » nantais que les enquêteurs de la DNRED se retrouvent donc boulevard Exelmans. 7 tonnes de résine de cannabis, le chiffre est certes un record, mais le « coup porté » est à nuancer. Dans le jargon, on parle d’une « saisie sèche », car elle ne mène à aucune interpellation. Et si une facture et des traces ADN retrouvées dans l’un des véhicules permet de remonter jusqu’au grossiste présumé du trafic, celui-ci a disparu. Un grossiste, peu précautionneux, dont les revenus lui permettaient de louer un luxueux penthouse… boulevard Exelmans, juste au-dessus des fourgons chargés de shit.

…et « indic » de l’Office central des stups

Les investigations sur ce trafic sont immédiatement confiées à l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS) de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), à Nanterre. Il en est cependant dessaisi à peine une semaine plus tard, par le procureur de Paris, François Molins. Et pour cause : le grossiste en shit du boulevard Exelmans est enregistré officiellement au Bureau central des sources (BCS) de la DCPJ… comme indicateur. Un « tonton », dit-on dans le jargon policier, de l’OCRTIS, le service même qui est censé enquêter sur son trafic. Les investigations atterrissent finalement au 36 quai des Orfèvres, à la Brigade des stupéfiants de la préfecture de police de Paris.

Originaire de Mulhouse, dans le Haut-Rhin, le trafiquant en question a été condamné en 2011 à 13 ans de prison et deux millions d’euros d’amende pour avoir animé un trafic international de cannabis, alors qu’il se trouvait déjà en prison, en 2002. Selon nos informations, c’est l’ancien patron de l’OCRTIS en personne qui l’a recruté. Les 7 tonnes saisies par les Douanes faisaient en fait partie de ce qu’on appelle dans le jargon, une « livraison surveillée ». En clair, il s’agit d’une technique d’enquête destinée à attraper du gros gibier. On laisse importer et acheminer, là en l’occurrence depuis le Maroc, une grosse quantité de drogue par un « trafiquant-indic » afin d’interpeller derrière les grossistes qui vont se répartir la marchandise. Ces livraisons se font sous les contrôles de la police avec la bénédiction de la justice. Selon nos informations, le TGI de Perpignan était avisé, mais pas le parquet de Paris. L’histoire ne dit pas si les douanes ont court circuité volontairement ou involontairement la livraison surveillée par l’OCRTIS.

Le trafiquant ’indic. a finalement été interpellé le 22 février, à Gand, en Belgique dans le cadre de l’exécution d’un mandat d’arrêt européen émis par le juge d’instruction qui dirige l’enquête. Placé en détention provisoire, il devrait être transféré en France rapidement.

La sensible question de la gestion des indics

Cette affaire met en lumière les liaisons sulfureuses et dangereuses entre flics et indics. Longtemps, les relations flics-tontons sont restées tabous. Elles étaient régies par le principe du fameux 10% : l’indic repartait avec 10% de l’argent ou de la drogue saisie, avec tous les risques que cela comportait pour les fonctionnaires de police. Mais en 2004, la loi Perben II a reconnu officiellement et encadré le recours aux indics, comme leur rémunération. A l’instar de ce « tonton », les indics sont enregistrés confidentiellement au Bureau Central des Sources (BCS), qui dépend du service interministériel d’assistance technique (SIAT). Ainsi, les « primes » perçues par les « tontons » oscillent environ (officiellement) entre 50 et 10.000 euros. « On a besoin de gens qui sont immergés au plus près des terreaux de délinquance et de la grande criminalité. Il faut rester lucide sur ce que l’on permet de faire à un indic et sur ce que l’indic va nous permettre de réaliser à l’affaire », précise Isabelle Trouslard, secrétaire nationale du syndicat Synergie-officiers, précurseur sur le combat de la gestion des indics. Pour la syndicaliste, « les textes en la matière restent insuffisants ».

Aujourd’hui, neuf affaires de drogue sur dix sont résolues grâce à des indics. Et plus l’affaire est importante, plus le trafiquant informateur est souvent élevé dans la hiérarchie de la voyoucratie. Ce qui est le cas de cet indic.. « Une tonne c’est environ 5 millions d’euros à la revente au détail, la prime c’est entre 10.000 et 20..000 euros, on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre », constate un ancien grand flic à la retraite. Et d’ajouter : « les politiques font de la lutte contre le trafic de drogue leur priorité, ils veulent des résultats mais ne veulent pas savoir comment on les obtient. Après c’est facile de jouer les vierges effarouchées. Aujourd’hui l’OCRTIS est quasiment le seul service à s’attaquer au démantèlement des réseaux de trafic internationaux »…

Article rédigé par Jean-Michel Decugis (@jmdecugis) – Crédit photo AFP

http://www.itele.fr/justice/video/saisie-de-7-tonnes-de-cannabis-a-paris-le-trafiquant-indic-transfere-de-la-belgique-en-france-160255

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CORSE (Trafic de cocaïne et de cannabis à Bastia): cinq condamnations

Publié le 04 avril 2016 à 16h54, mis à jour le 04 avril 2016 à 22h20

Saisie d'argent et d'arme

© Emilie Arraudeau | Résultat de la saisie entre les deux appartements fouillés, le 4 avril 2016. La drogue n’apparaît pas, elle a été détruite par la police.

France 3 Corse ViaStella

Cinq prévenus sont passés en comparution immédiate au tribunal correctionnel de Bastia ce lundi 4 avril pour deux affaires de drogue, une de cocaïne et l’autre de cannabis, en lien l’une à l’autre. Le tribunal les a condamné à de l’emprisonnement.

Une descente dans un appartement de Bastia, le 30 mars dernier, a permis de mettre au jour un trafic de cocaïne. Deux personnes sont prises en flagrant délit de revente de stupéfiants. Le lendemain, le propriétaire de cet appartement est interpellé à son tour.

Une arme saisie

Cette affaire, découverte par les policiers de la sûreté départementale trouvera rapidement un lien avec une autre affaire, elle, prise en charge par la police judiciaire, celle d’une plantation de cannabis à Biguglia.

Plantation de cannabis à Biguglia.
© Police judiciaire | Plantation de cannabis à Biguglia.

Ce lien, c’est le revendeur de cocaïne arrêté le 30 mars, un parent du prévenu, soupçonné de cultiver du cannabis. La saisie entre les deux appartements est importante : 51 grammes de cocaine, une cinquantaine de plants de cannabis, un pistolet 9 mm et 2500 euros en liquide.

Saisie de drogue d'argent et d'arme
© DDSP | La cocaïne (à droite) avant qu’elle ne soit détruite par la police.

Trois prévenus étaient dans le box, deux pour acquisition, détention et revente de cocaine. L’un des revendeurs, Karim El Mansouri, a été reconnu coupable et a été condamné à 18 mois de prison, maintenu en détention, à une amende de 3000€ et à une interdiction de détenir des armes pendant cinq ans. L’autre, Steeve Benoist, est condamné à 18 mois de prison, maintenu en détention et à une amende de 3000€.

Le troisième, propriétaire de la plantation de cannabis chez lui, Marc Woifflard écoppe de deux ans d’emprisonnement dont un an avec sursis et une mise à l’épreuve pendant deux ans, une obligation de travail et de soins et une amende de 1500€. Il est maintenu en détention. A la barre, deux consommateurs comparaissent libres. Le premier, Jean-Noël Biancarelli est coupable et condamné à six mois de prison, et le deuxième, Cyril Albertini également reconnu coupable, douze mois, 1500€ d’amende mais pas de détention. Ils étaient tous de connus de la police pour des affaires de stupéfiants.

http://m.france3-regions.francetvinfo.fr/corse/comparutions-immediates-pour-trafic-de-cocaine-et-de-cannabis-bastia-968031.html

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DROGA: ‘Torta negra’, la cocaína ‘invisible’ que los narcos buscan introducir en España

Operativo en España donde fue hallada 'torta negra'
Operativo en España donde fue hallada ‘torta negra’
Por Diego Caldentey
    • Los traficantes utilizan un producto químico para ‘camuflar’ la cocaína, que permite cambiar radicalmente el color, la forma y el olor de la droga.
    • España se está convirtiendo no solo en país receptor de esta sustancia, sino que también se han detectado recientemente laboratorios para ‘tratar’ el estupefaciente.

 No son polvos blancos camuflados en maletas, bolsos y otros equipajes. En apariencia parecen trozos de carbón, terrones de azúcar o láminas… todas negras. En verdad, se trata de cocaína, denominada ‘invisible’ en la jerga policial, ya que es una de las modalidades mediante las cuales los narcotraficantes latinoamericanos intentan introducir drogas en España. No se trata de algo novedoso (ya que hay constancias de que a finales de la década del 90 comenzó a desarrollarse esta práctica delictiva) pero sí ha cobrado auge en el último año.

Del otro lado del Atlántico, en los países exportadores de esta sustancia (principalmente en Colombia, Perú y Bolivia) se le conoce popularmente como ‘torta negra’.  Los traficantes utilizan un producto químico para ‘camuflar’ la cocaína, que permite cambiar radicalmente el color, la forma y el olor de la droga.  La ‘torta negra’ se obtiene mezclando clorhidrato de cocaína con carbón, cobalto, polvo de hierro y, en algunos casos, cloruro de hierro.

En algunas ocasiones, ese proceso permite hasta que se obtenga un aspecto similar al del caucho y, en otros, puede hasta pasar por tinta de impresora. Todo esto hace que sea más difícil de detectar en los controles de los aeropuertos. Ahora, en nuestro país, la tendencia se torna más preocupante: España ya no solo es un país receptor y uno de los accesos secundarios de la droga a Europa, sino que existen indicios de que puede comenzar a transformarse en epicentro para el ‘tratamiento’ y camuflaje de la cocaína a través de este sistema.

A comienzos de este año, la Guardia Civil detectó en  Torrelles de Foix, en el Alt Penedès (Cataluña), un laboratorio clandestino donde trataban el polvo de cocaína para convertirlo en ‘torta negra’. En la operación, que se extendió a Sitges, Barcelona y Santa Cruz de la Palma (Canarias), se incautaron nada menos que 375 kilos de droga ya camuflada. El procedimiento también se saldó con seis detenidos.

A partir de ese indicio, las fuerzas de seguridad españolas están intentando seguir el rastro de cómo los narcos buscarían introducir en el mercado esta droga (y también cómo camuflarla). Lo primero que hay que señalar es el origen de la ‘cocaína negra’. Todo se remonta a Lima, Perú, cuando en 1999 la brasileña Katia Cardoso se dispuso a abordar un avión rumbo a su país. Allí, la policía antidrogas le encontró una maleta de doble fondo con un polvo negro. Se trataba de cocaína. Y los policías estaban desconcertados, hasta que descubrieron el mecanismo.

Pero hay algo más singular a la hora de observar los orígenes de esta droga. En el imaginario popular se la relaciona con el dictador chileno Augusto Pinochet. Según el ex general trasandino Manuel Contreras, la historia de la cocaína negra comenzó a mediados de los años 80 en la ciudad de Talagante, cerca de Santiago de Chile. « El ex general declaró a un juez que el dictador Augusto Pinochet había ordenado al ejército la construcción de un laboratorio clandestino para encontrar una manera de camuflar la cocaína. Lo consiguieron, según el hombre que había sido la mano derecha del dictador, y Pinochet y su hijo organizaron una red de producción masiva de droga camuflada para enriquecerse vendiendo de manera clandestina en Europa y Estados Unidos. Ambos lo negaron », señala el medio ara.cat.

De Colombia a España, pasando por Panamá

Según diversos informes internacionales, el estupefaciente tratado químicamente suele ser exportado desde Colombia a Estados Unidos y Europa, a través de diversas ‘rutas’ y escalas que incluyen Panamá y Perú. En nuestro continente, el país receptor por excelencia hasta ahora era principalmente Holanda. Ahora, los narcos tienen en la mira puesta también en España.

Los primeros indicios de su presencia en nuestro país datan de 2008. En febrero de ese año, la Policía incautó 16 kilos de cocaína en el fondo del equipaje de dos mujeres rumanas que habían viajado a Madrid desde Río de Janeiro.

La Dirección Nacional contra las Drogas (Dinandro) de Perú señala que la cocaína negra « original » es producida en Colombia. Su ‘fabricación’ a gran escala nació en el temido e histórico Cártel de Cali, pero ahora también es producida en México.

En el mencionado operativo policial en Torrelles de Foix, hace escasos meses, se encontraron 57,5 kilos de pasta de cocaína, 1.050 litros de productos químicos, además de herramientas de laboratorio. Hay otros indicios que señalan a España como país de destino ’emergente’ de la ‘cocaína negra’: hace exactamente un año, 70 kilos de esta sustancia tratada químicamente fueron incautados en la ciudad de Timisoara, en Rumania. La droga había sido camuflada en el interior de un cargamento de muebles que tenía como destino España y era transportada por un colombiano, un venezolano y un rumano.

http://noticias.lainformacion.com/espana/Torta-cocaina-invisible-introducir-Espana_0_905010927.html

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RENSEIGNEMENT (hélicoptères et avions légers de surveillance): la douane française devrait voir ses moyens augmenter

Dans Actualité Défense
Publié le 04/04/2016 à 13h15, par Jean-Marc Tanguy
La douane devrait voir ses moyens augmenter
Beechcraft King Air 350O © Beechcraft

La douane aéroterrestre (DAT) va faire évoluer ses moyens. Initialement prévue la semaine dernière, la décision doit être officialisée courant du mois de mois de mai.

cessna dfMalgré une activité plutôt soutenue, les gabelous volants doivent faire face à un parc vieillissant : deux hélicoptères AS355 sans capteur embarqué, deux avions monomoteurs Cessna 206 (dont l’un a été gravement endommagé l’an dernier) et un avion biturbopropulseurs F406 régulièrement utilisé par la douane aéromaritime (DAM), en manque d’avions pour s’entraîner.Afficher l'image d'origine

Mais les choses pourrait changer. La DAT pourrait récupérer l’un des cinq hélicoptère EC135 utilisés par la DAM, rendu possible avec l’arrivée progressive, mais toujours lente, des avions Beechcraft King Air 350. Ces derniers ne seront pas utilisés de la même manière que le F406 en service.

Résultat, cela permettra d’épargner un EC135, qui offrira une bien meilleure disponibilité que les hélicoptères AS355 en dotation. Ces derniers affichent rarement plus de 50% de disponibilité par appareil.

L’achat d’un deuxième EC135 reste, pour l’instant, hypothétique. Il faut dire que l’essentiel des moyens est siphonnés par les commandes de Beechcraft. Au final, la capacité avions demeure problématique. Une solution pourrait être de rendre l’utilisation des King Air 350 de la DAM par la DAT plus ponctuelle.

source: http://www.air-cosmos.com/la-douane-devrait-voir-ses-moyens-augmenter-68279

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FRANCE: à Marseille, la guerre des gangs pour le trafic de drogue a fait quatre morts en deux jours

LE MONDE | 05.04.2016 à 10h30 | Par Luc Leroux (Marseille, correspondant)

Un policier sur le lieu d'une fusillade à Marseille, lundi 4 avril.

« Nous sommes face à un Everest de folie meurtrière », a résumé le procureur de la République, Brice Robin, lundi 4 avril, au lendemain de deux règlements de comptes qui ont coûté la vie à quatre hommes à Marseille en quarante-huit heures.

Marseille connaît un regain de violence, avec onze tués depuis le début de l’année lors de règlements de comptes, sur fond de guerre des clans pour contrôler le trafic de drogue dans les quartiers nord. Samedi 2 avril, vers 22 heures, trois hommes ont tiré à l’arme automatique à l’extérieur puis à l’intérieur de l’épicerie située au centre de la cité Bassens (15e arrondissement), l’une des plus déshéritées de la ville et longtemps l’un des plus juteux points de vente de drogue marseillais – au détail mais aussi en gros et demi-gros pour alimenter les autres cités.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2016/04/05/a-marseille-la-guerre-des-gangs-pour-le-trafic-de-drogue-a-fait-quatre-morts-en-deux-jours_4895867_1653578.html#61vBiZg1s0XJELiE.99

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PANAMA: un pays très complaisant à la croissance record

PANAMA: l’immobilier est utilisé par les narco-trafiquants de Colombie et du Nicaragua, et d’autres mafias, comme une énorme machine à recycler l’argent sale»

Carte Panama

Connu pour son canal, le Panama est un petit pays en plein développement qui a construit son économie sur son pavillon de complaisance (20% de la flotte mondiale) et l’activité de centaines de milliers de sociétés plus ou moins réelles. Malgré sa mauvaise réputation, le Panama a reçu le satisfecit du Gafi, organisme regroupant les principaux Etats dans la lutte contre le blanchiment.

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Panama City en 2015. En quelques années, une ville moderne a poussé avec son quartier d’affaires et ses tours. © RODRIGO ARANGUA / AFP
Panama, son canal, ses banques, ses tours… et même sa Trump Tower. Aujourd’hui, cet Etat d’Amérique latine est montré du doigt dans l’affaire des «Panama Papers». Avec ses 75.420 km² et ses 3,6 millions d’habitants, le Panama est un petit pays à la croissance rapide. Plus de 6% par an en moyenne, notamment grâce à son canal, mais pas seulement. Pour le FMI, sa «forte intégration dans le commerce mondial et le système financier apporte des avantages substantiels à Panama». Cette intégration ne fait pas de doute à voir les informations rapportées par les «Panama Papers». La finance est aussi un moteur du succès de ce pays. Même si celle-ci peut avoir des origines douteuses. «Plus de 150 buildings sont actuellement en chantier. Mais pour y loger qui? On n’en parle pas mais tout le monde le sait. L’immobilier est utilisé par les narco-trafiquants de Colombie et du Nicaragua, et d’autres mafias, comme une énorme machine à recycler l’argent sale», confiait au Monde un juge anticorruption.

Il est vrai que créer une société au Panama est simple. «Le Panama est le domicile légal pour les sociétés au Panama et plus de 500.000 Fondations du Panama, ce qui en fait le deuxième territoire le plus populaire d’incorporer (lire création de sociétés, NDLR) dans le monde, à côté de Hong Kong», se vante un site panaméen de création de sociétés en ligne (pour 3.200 dollars), qui décrit les avantages fiscaux du pays.

Site panaméen pour créer société
Site panaméen pour créer une société. Forfait tout compris pour sociétés offshore. © DR

 

 

 

«Des progrès significatifs»
Pourtant, les autorités internationales semblent avoir donné quitus au pays pour ses engagements dans la lutte contre le blanchiment d’argent. Ainsi, le Gafi a reconnu que le Panama a «fait des progrès significatifs dans l’amélioration de» son régime «de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme». Ce quitus du Gafi (ce Groupe d’action financière est un organisme intergouvernemental créé en 1989 par les Ministres de ses Etats membres. Ses objectifs sont «l’élaboration des normes et la promotion de l’efficace application de mesures législatives, réglementaires et opérationnelles en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et les autres menaces liées pour l’intégrité du système financier international») date de février 2016…

Le drapeau Panama
Le pavillon du Panama abrite toujours la plus importante flotte au monde. Mais la croissance du pays provient surtout du canal et de sa place financière. © Sergio Pitamitz / Robert Harding Heritage / robertharding

Faibles impôts, sociétés fictives, secret…
Et le pays semble vouloir s’intégrer dans les règles de plus en plus strictes officiellement voulues par le G20 et définies par l’OCDE. Le Panama s’est en effet plié aux principes de l’échange automatique de renseignements en matière fiscale. Une décision qui devrait s’appliquer en 2018 et qui n’a été prise que fin 2015. Mais les progrès affichés par le Panama ont connu un coup d’arrêt… au point que l’OCDE a totalement changé de position. Affirmant en octobre 2015 que le pays était «conforme pour l’essentiel», l’Organisation pour la coopération et le développement économique affirmait en 2016 découvrir que «le Panama n’a pas l’intention d’échanger ses informations conformément au standard défini par l’OCDE à la demande du G20. Mais au cas par cas, avec les pays de son choix et selon ses propres règles. Nous le sortons donc de la liste officielle des pays engagés dans l’échange automatique», affirmait au Monde Pascal Saint-Amans, le directeur du Centre de politique et d’administration fiscales de l’OCDE.

Comme quoi la tradition d’abri fiscal semble bien implantée dans le pays. Le site Alteréco raconte que «dès 1919, le Panama permet à la Standard Oil d’échapper aux impôts et aux régulations Etats-uniennes en offrant un statut de pavillon de complaisance. A partir de 1927, le pays développe toutes les caractéristiques habituelles des paradis fiscaux : faibles impôts, sociétés fictives, secret.» Il faut cependant relativiser l’importance de la place financière panaméenne. Selon Alternatives economiques, Panama ne pèse pas plus lourd que l’île de Man (paradis situé entre le Royaume-Uni et l’Irlande).

Paris ne place d’ailleurs pas le Panama dans la liste des pays «non coopératifs au regard de la transparence et de l’échange d’informations en matière fiscale». Mais la France reste «cependant attentive à l’évolution des échanges avec Panama, Bercy précisant que la coopération aux demandes d’information des autorités françaises n’est aujourd’hui pas satisfaisante».

Il est vrai que pour la France, le nom de Panama garde depuis la fin du 19e siècle un parfum de scandale qui avait failli emporter la IIIe République même si les «chéquards» de l’époque ne sont plus les mêmes qu’aujourd’hui.

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SVA (Agencia Tributaria): 19 detenidos y 3.000 kilos de hachís intervenido en una operación contra un grupo de narcotraficantes franco-marroqui

escudo bsvaPosted: 02 Apr 2016 12:03 PM PDT

Agentes de la Policía Nacional, en una operación conjunta con la el Servicio de Vigilancia Aduanera de la Agencia Tributaria, unidades francesas de la Oficina Central Estupefacientes –Ocrtis– y la Policía Judicial de Nantes han desarticulado un presunto grupo de narcotraficantes que utilizaba España para trasladar droga desde Marruecos a Francia.

En total han sido arrestadas 19 personas en diferentes provincias españolas, así como en Francia y Marruecos, todas presuntamente involucradas en la organización, y se han intervenido más de 3.000 kilos de hachís.
La investigación se inició en el mes de diciembre de 2014, cuando las autoridades francesas informaron a los agentes españoles sobre un grupo de origen franco-marroquí que, al parecer, se había asentado en el sur español con la intención de introducir grandes cantidades de estupefaciente desde Marruecos a España.

El destino final de la droga sería Francia, donde la organización contaba, según las informaciones de la policía francesa, con una importante red de distribución. Tras realizar las primeras gestiones, los investigadores consiguieron averiguar la identidad del presunto principal responsable de la red y de uno de sus colaboradores, personas ambas que se encargaban de negociar, principalmente en las provincias de Málaga, Cádiz y Huelva, la entrada de la droga por vía marítima con transportistas asentados en España, y después la trasladaban al país galo por carretera.

Avanzada la investigación, se averiguó que la red pretendía hacer un pase de droga desde Marruecos al sur de España, y para ello se había provisto de una embarcación semirrígida.

Tras cargar la droga en el municipio marroquí de Larache, fondearon el estupefaciente a una distancia máxima de diez millas de la costa española con la intención de que un barco, que habitualmente faenaba en las aguas, la acercase a solo dos millas de la costa, donde dos embarcaciones más rápidas la recogerían.

Después de varios intentos, los miembros de la organización lograron recuperar varios fardos de hachís y se dirigieron a la costa a través del río Carreras, próximo al municipio onubense de Isla Cristina, con el objetivo de introducir la mercancía ilegal en España, según indica la Policía, que explica que, allí, agentes del Servicio de Vigilancia Aduanera de la Agencia Tributaria intervinieron la embarcación, aunque sus tripulantes ya habían huido.

Los investigadores localizaron ocho fardos de droga en la embarcación con un peso aproximado de 285 kilogramos, ya que los presuntos narcotraficantes habían conseguido arrojar al mar gran parte del cargamento.

A partir de este momento, las investigaciones siguieron su cauce con el objetivo de detener a los tripulantes de la embarcación intervenida y al resto de los miembros de la organización, los cuales trataban de recuperar la parte del cargamento de droga que permanecía en el fondo del mar.

Una vez tuvieron el hachís en su poder, dos individuos se dispusieron a trasladar por carretera parte del estupefaciente. Al mismo tiempo, y fuera del marco de la operación, una patrulla de la Guardia Civil interceptó dicho coche, al sospechar que podría estar relacionado con algún tipo de delito y, después de comprobar que transportaban un cargamento de hachís, detuvo a sus dos ocupantes.

1.000 kilos de hachís

Tras entrevistarse con los arrestados averiguaron que se dirigían hacia el domicilio de un colaborador. Por este motivo los agentes de la Guardia Civil realizaron un registro en la propiedad del destinatario del estupefaciente –una finca ubicada en Ayamonte (Huelva)–, donde se intervinieron de 975 kilogramos de hachís.

Inmediatamente, y gracias a la buena cooperación entre las Fuerzas y Cuerpos de Seguridad del Estado, los investigadores tuvieron conocimiento de las dos detenciones y del registro que habían realizado los agentes de la Guardia Civil.

Poco después se averiguó que el propietario de la finca era uno de los responsables de la organización y que el resto de la droga que los narcotraficantes habían recuperado con éxito del fondo del mar, había sido trasladada desde la provincia de Huelva a Francia.

Una vez realizadas estas gestiones se localizó a varios integrantes en el país vecino y se detuvo a cuatro personas, así como se intervinieron 100 kilos de hachís. Tras estos arrestos, uno de los miembros huyó a Marruecos, donde fue arrestado en virtud de una Orden Internacional de Detención. Esta primera fase culminó a finales de septiembre de 2015 con la detención de siete personas y más de 1.000 kilos de hachís incautados.

En enero de este año supuestamente intentaron sin éxito realizar otro transporte de hachís desde Marruecos a España, atravesando ésta vez el Delta del río Guadalquivir. Al observar presencia policial arrojaron el cargamento al agua en un punto del río denominado ‘Caño de la Torre’. Poco después, los agentes recuperaron en esa ubicación 59 fardos de hachís con un peso aproximado de 1.850 kilos.

Doce detenidos

El pasado mes de febrero, con la intención de detener al resto de los implicados, se organizó un dispositivo en las localidades de Huelva, Sevilla y Cádiz que culminó con la detención de otras once personas; en concreto, cuatro en Sevilla, cinco en varios municipios de Huelva y dos más en la provincia de Cádiz. Unos días más tarde se detuvo al último miembro de la organización en la localidad gaditana de Chipiona.

Así las cosas, la operación ha culminado con la detención de un total de 19 personas implicadas en la introducción en España de hachís procedente de Marruecos. Se han intervenido más de 3.000 kilos de hachís,16.000 euros en efectivo, un vehículo de alta gama y tres embarcaciones. Además, se han realizado tres registros en varios domicilios, uno en la provincia de Huelva y dos en Francia.

La operación se ha llevado a cabo por agentes de la Brigada Central de Estupefacientes de la Udyco Central, el Greco-Costa del Sol de la Brigada Central de Crimen Organizado pertenecientes a la Comisaría General de Policía Judicial, Udyco-Sevilla de la Jefatura Superior de Andalucía Occidental y la Brigada Local de Policía Judicial de Sanlúcar de Barrameda en una operación conjunta con el Servicio de Vigilancia Aduanera de la Agencia Tributaria, unidades francesas de la Oficina Central de Estupefacientes –Ocrtis– de la Dirección General de Policía Judicial y la Policía Judicial de Nantes, y con la colaboración de la Guardia Civil.

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NARCOTERRORISME: mythes et réalités

par Benoît Lasnier 

2005
Texte produit dans le cadre du cours CRI 6224
Pour tout commentaire contactez ERTA

Le phénomène narcoterroriste a fait couler beaucoup d’encre dans les dernières années, plus particulièrement depuis les événements du 11 septembre 2001. Comme de nombreux groupes terroristes anti-États-Unis ont été reliés d’une manière ou d’une autre au trafic de stupéfiants, les autorité étatsuniennes concernées ont considérablement accru leurs efforts répressifs. Toutefois, il semble que plusieurs bénéfices secondaires sous-jacents découlent du fait d’étiqueter comme « narcoterroriste » un groupe opposé aux politiques étatsuniennes. Le narcoterrorisme est-il une réalité ou n’est-ce qu’un construit élaboré dans le but de justifier certaines manoeuvres politiques extérieures? Afin de distinguer la réalité du mythe, différentes typologies visant à décrire le narcoterrorisme seront présentées, de même que les méthodes d’opération vraisemblablement utilisées dans le but de pratiquer le trafic de substances illicites. Les actions répressives menées par les agences de lutte au terrorisme et au trafic de stupéfiants seront finalement illustrées afin d’établir une comparaison avec les méthodes d’opération au niveau de l’efficacité. Bien que plusieurs documents cités par la suite se révèlent être de source étatsunienne, devant ainsi être considérés partiaux dans une certaine mesure, un effort particulier sera apporté à la présentation de la situation d’un point de vue objectif.
Le phénomène narcoterroriste semble prendre racine dans le fait que, contrairement à ce qui se faisait par le passé, le parrainage par des États est hautement surveillé et condamné par la justice internationale. Auparavant, des représentants d’États pouvaient aisément supporter un mouvement terroriste par le biais de dons en argent, les avantages retirés de cette pratique étant qu’ils s’assuraient un support inconditionnel des terroristes, que ce soit pour assurer la sécurité du territoire, pour affaiblir un adversaire ou pour se procurer des armes plus puissantes. Dans les dernières années, cependant, le resserrement de la surveillance internationale aurait amené les différents groupes terroristes à rechercher une autre source de financement. Le trafic de drogue est ainsi apparu à plusieurs comme la solution idéale, du fait qu’elle permet des gains faramineux pour un niveau de dépense accessoire.
Selon Steven W. Casteel, cadre de la Drug Enforcement Administration (DEA), dans sa présentation devant le Comité Judiciaire du Sénat en mai 2003, il existe deux principaux types de narcoterrorisme, soit politique et religieux. Il les différencie par la portée de leurs objectifs, chacun ayant des préoccupations portant sur une sphère d’influence spécifique. Afin de mieux comprendre la différence entre un groupe terroriste et un groupe narcoterroriste, on peut considérer les définitions proposées par la DEA, postulant que le terrorisme est constitué de « toute forme de violence motivée politiquement et perpétrée contre des cibles non-combattantes » et que le narcoterrorisme se comprend plutôt comme étant « toute activité menée par un groupe organisé dans le but de faciliter ou d’effectuer le trafic de drogue, cela afin de financer ou de perpétrer des actes violents contre des cibles non-combattantes ».

Narcoterrorisme politique

Au niveau du narcoterrorisme à motivation politique, il apparaît que les objectifs premiers des divers groupes terroristes sont d’acquérir plus de pouvoir et d’influence par le biais d’achat d’armements divers et de ressources visant à maintenir le groupe opérationnel, tel que des appareils de communication et des biens matériels de survie (nourriture, logement). De tels groupes se retrouvent un peu partout sur la surface du globe, de l’Amérique du Sud à l’Océanie en passant par l’Europe centrale, plus précisément dans les pays où la situation politique présente des instabilités structurelles.
En Amérique du Sud, il existe, selon le Département d’État, trois organisations paramilitaires pouvant être considérées comme étant narcoterroristes. Elles sont toutes trois localisées en Colombie et ont en général les mêmes objectifs, soit le renversement du gouvernement colombien actuel et l’instauration d’une administration militaire à la tête du pays. Effectivement, l’Armée de Libération Nationale, les Groupes d’Autodéfense de Colombie et les Forces Armées Révolutionnaires Colombiennes visent tout d’abord à prendre le pouvoir politique en Colombie, et recourent ainsi au trafic de drogue pour financer l’entretien de leur armada. Selon des sources informatives étatsuniennes, ces organisations seraient responsables de plus de 3 500 meurtres et de 3 000 enlèvements en 2002 seulement. Il est intéressant de noter que les groupes narcoterroristes politiques ont souvent tendance à diversifier leurs activités illégales de financement, passant du trafic de stupéfiants au vol qualifié en passant par le kidnapping et l’extorsion. Plusieurs figures importantes de ces groupes narcoterroristes ont déjà été appréhendés par les autorités étatsuniennes relativement à des accusations de trafic de drogue. Au cours de l’année 2002, un commandant des Forces Armées Révolutionnaires Colombiennes, Tomas Molina-Caracas, fut arrêté dans le district de Colombie pour production et distribution de cocaïne destinée au marché nord-américain. Dans la même année, l’opération White Terror fut menée afin de démanteler un réseau de trafic de drogue mené par des dirigeants des Groupes d’Autodéfense de Colombie, menant à l’arrestation de Fernando Blanco-Puerta, Elkin Arroyave-Ruiz, Uwe Jensen, et Carlos Ali Romero-Varela. Les deux premiers se seraient eux-mêmes désignés comme étant des officiers des Groupes d’Autodéfense de Colombie lors de leur arrestation.
En Europe et au Moyen-Orient, les autorités étatsuniennes semblent accorder une attention particulière au Parti Travailliste Kurde, une organisation terroriste opérant sous la couverture d’un parti politique. Ce groupe s’est développé dans les années 70 sous la tutelle de Abdullah Ocalan et constitue une organisation socialiste révolutionnaire qui a pour but premier d’instaurer l’indépendance du Kurdistan. Dans les années 90, de nombreux conflits armés (comprenant certains actes de terrorisme urbain) entre les forces militaires turques et les révolutionnaires kurdes ont entraîné plus de 30 000 décès et ont entraîné des dépenses d’environ 7 millions de dollars par année à l’administration turque. La plupart des gouvernements occidentaux considère le Parti Travailliste Kurde comme une organisation narcoterroriste, le gouvernement turc signalant leur responsabilité dans la majorité des transactions de substances illicites en Turquie. La presse turque avance même que le Parti Travailliste Kurde produirait environ 60 tonnes d’héroïne chaque année et recevrait de la vente une somme annuelle de 40 millions de dollars. Certains rapports de la DEA précisent que les activités de trafic de l’organisation ne se limitent pas au marché turc, se répandant vraisemblablement au-delà des frontières dans la plupart des pays européens.
Pour ce qui est de l’Asie du sud-est, trois groupes narcoterroristes semblent avoir retenu l’attention des autorités étatsuniennes, à tout le moins selon M. Casteel. Il s’agit des Tigres Tamouls, du United Wa State Army et d’Abu Sayyaf. Ces trois groupes terroristes séparatistes sont respectivement basés au Sri Lanka, en Birmanie et aux Philippines. Les trois organisations sont reconnues comme narcoterroristes du fait qu’elles assurent quasiment à elle seules l’approvisionnement de drogues illicites dans l’archipel sud-asiatique. Le problème majeur que cause l’action des Tigres Tamouls au Sri Lanka consiste en la monopolisation de l’attention des services de sécurité côtière. Effectivement, les autorités sri lankaises doivent investir tout leurs effectifs dans la lutte au trafic de drogue activement mené par l’organisation, affaiblissant par le fait même leurs capacités de patrouiller adéquatement les quelques 1700 kilomètres formant leur côte frontalière pour réprimer efficacement le trafic de drogue maritime mené par des organisations criminelles extra-territoriales. Le United Wa State Army pose également de grands problèmes au Burma, étant tellement influents qu’une partie de territoire est désormais sous leur contrôle politique (Northeastern Shan State). Il s’avère donc très problématique de superviser leur action, plus précisément en ce qui concerne le trafic de stupéfiants. Leur territoire, selon certaines sources de la Communauté du renseignement étatsunienne, servirait même de point de convergence entre plusieurs organisations criminelles tirant profit du commerce des drogues illégales. Finalement, lorsqu’on considère le cas d’Abu Sayyaf, on s’aperçoit que cette organisation constitue en fait un dérivé d’un groupe extrémiste afghan ayant existé dans les années 80. Au cours des années suivantes, elle a déplacé ses activités vers les Philippines où elle tente à présent d’établir un État islamique indépendant. Pour atteindre son objectif, Abu Sayyaf s’est impliqué au fil des ans dans une variété d’entreprises criminelles, incluant, autre le trafic de drogue, le kidnapping, la contrebande d’armes et l’extorsion. Nous pouvons penser ici au kidnapping de Martin et Gracias Burnham, ayant entraîné la mort du premier. En dernier lieu, soulignons qu’Abu Sayyaf est réputé entretenir des liens avec Al Qaïda à travers le groupe Jemaah Islamiya, bien connu pour avoir été impliqué dans l’attentat à la bombe à Bali.

Narcoterrorisme religieux

Le second type de narcoterrorisme identifié par Casteel s’avère être le narcoterrorisme à caractère religieux. Il diffère du narcoterrorisme politique au sens où il n’a pas pour objectif avoué de modifier la situation politique d’une nation. Il cherche plutôt à imposer son idéologie religieuse à d’autres cultures, jugeant ses principes moraux supérieurs et seuls valides à l’atteinte d’un idéal spirituel. Il y a toutefois certaines réserves à émettre quant à la typologie de Casteel, car il n’apparaît pas certain que des groupes narcoterroristes considérés comme étant de type religieux n’ont pas d’objectif politique sous-jacent à leurs revendications religieuses. Ainsi, des groupes terroristes d’origine arabe, donc islamistes, pourraient avoir pour but de réinstaurer la puissance politique qu’avait l’Empire Ottoman dans les siècles derniers. Sous le couvert de motivations spirituelles, ces dernières apparaissant plus justes du fait qu’elles n’indiquent pas de volonté de domination politique, des organisations terroristes pourraient en fait travailler à renverser l’hégémonie économique étatsunienne.
Quoiqu’il en soit, il semble que les organismes de contrôle étatsuniens adhèrent à cette vision de la problématique, et ont ainsi désigné plusieurs organisations terroristes reconnues comme étant en fait « narcoterroristes ». La grande majorité des groupes narcoterroristes à caractère religieux identifiés par les autorités étatsuniennes sont de religion musulmane, dont Hezbollah, Al Qaïda, le Hamas et le Mouvement Islamique d’Ouzbekistan. Hezbollah et le Hamas sont les deux groupes les plus actifs en Amérique du Sud, alors qu’Al Qaïda et le Mouvement Islamique d’Ouzbekistan ont plus tendance à exercer leurs activités au Moyen-Orient. La tactique de ces groupes diffèrent grandement de celle des groupes narcoterroristes à motivation politique, au sens où ces derniers regroupent leurs agents dans leur territoire d’origine. Les narcoterroristes religieux préfèrent largement s’installer dans des pays étrangers qu’ils cherchent à influencer, à s’infiltrer en quelque sorte. Pour ce faire, les agents de ces groupes terroristes s’introduisent au pays en utilisant de faux papiers d’identité, assimilant ensuite la culture et les manières de faire propres à la nation hôte. Typiquement, on signale que la plupart de ces individus travaillent dans le milieu commercial, celui-ci étant propice aux rencontres entre agents. On soupçonne ainsi la présence de plusieurs agents d’Al Qaïda et d’Hezbollah en Amérique du Nord, ces derniers préparant vraisemblablement les prochaines actions terroristes et supervisant le transit de la drogue des pays producteurs jusqu’aux États-Unis et au Canada.
On peut noter une autre divergence entre les objectifs des groupes narcoterroristes politiques et ceux des organismes narcoterroristes religieux. En effet, selon plusieurs organismes de contrôle gouvernementaux, les groupes motivés par un objectif politique pratiqueraient le trafic de drogue dans le seul but de financer leurs activités terroristes, alors que les organisations à motivation religieuse (surtout les extrémistes islamistes) cherchent à atteindre un autre objectif que le financement de leurs actions. On affirme que la conduite du Jyhad par la vente de subtances psychoactives serait une tactique ayant la préférence de ce type d’organisation. L’idée cachée derrière la vente de drogues dures en Amérique du Nord est, dans ce cas de figure, que la consommation de ce type de substances entraîne de graves conséquences pour la santé des occidentaux, ce qui provoque une augmentation des coûts reliés à la santé au Canada et aux États-Unis tout en affaiblissant les deux nations au niveau politique et économique. Selon de récentes publications de l’Office of National Drug Control Policy, la consommation de drogues dures engendrerait, aux États-Unis seulement, des coûts environnant 160 milliards de dollars par année. Cette stratégie d’affaiblissement de l’Occident est notamment l’apanage d’Hezbollah qui, déjà dans les années 80, voyait son utilisation du trafic de drogue comme arme contre les non-croyants sanctionné par un édit religieux (fatwa) se lisant comme suit : «Nous fabriquons ces drogues pour l’Amérique satanique et les Juifs. Si on ne peut les tuer avec des armes, nous les tuerons avec des drogues.» Un autre avantage de l’utilisation de l’arme narcotique contre l’Amérique du Nord tient du fait qu’elle permet plus facilement l’endoctrinement de nouveaux membres dans ces organisations terroristes. Les dirigeants de ces groupes utilisent la situation d’abus de substances illicites en Amérique du Nord comme indice de la dégénérescence de l’Ouest, et justifient ainsi leur désir de détruire des sociétés présentées comme corrompues.

Méthodes de trafic de drogue et de blanchiment d’argent

De nombreux groupes terroristes soupçonnés de se financer par l’entremise du trafic de drogue possèdent des réseaux s’étendant largement au-delà des cellules responsables d’attentats ou encore de la vente de stupéfiants. Dans son volume intitulé Funding Evil ; How Terrorism is Financed, l’auteur Rachel Ehrenfeld explique que des organisations terroristes telles qu’Al Qaïda ou Hezbollah utilisent des réseaux financiers appelés hawalas pour blanchir les profits du trafic de stupéfiants. Le système des hawalas constitue un réseau informel de transfert de fonds, utilisé depuis des siècles par des entreprises et des familles provenant d’Asie et du Moyen-Orient. Ce système assure un service à bas prix efficace et surtout confidentiel dans les régions non desservies par le système bancaire traditionnel. On comprend aisément que les organisations terroristes désirant préfèrent faire affaire avec un courtier des hawalas lorsqu’on apprécie le fait que ce système ne laisse pas de traces documentaires, ces dernières pouvant être exploitées par d’éventuels enquêteurs. Aux États-Unis, les courtiers des hawalas tendent à détenir des fonds importants, provenant majoritairement des gens d’affaires d’origine asiatique ou arabe. Le procédé est simple : un individu donne au courtier une certaine somme d’argent en lui demandant de livrer à un autre individu, résidant dans un autre pays, la même somme. Le courtier contacte ensuite, souvent par l’entremise d’Internet, un confrère résidant dans la ville où l’argent doit être livré. Il l’informe alors de l’identité du destinataire et l’argent est livré sans autre forme de procès. Conséquemment, les fonds sont échangés sans qu’aucune trace ne soit laissée dans une base de données bancaire.
Une autre méthode utilisée par les narcotrafiquants pour blanchir leurs fonds illégalement acquis, connue sous le nom de « Black Market Peso Exchange System (BMPE) », est principalement utilisée par les organismes faisant le trafic de stupéfiants en Amérique du Sud. Bien qu’étant surtout utilisé par les organisations criminelles colombiennes, certains groupes narcoterroristes, tels Hezbollah ou le Hamas, s’en servent pour transférer à leurs agents étatsuniens le produit de la vente de narcotiques. Le BMPE est un système d’échange étant capable de gérer plusieurs milliards de narcodollars chaque année, étant en fait le principal moyen par lequel les cartels convertissent les dollars US acquis par le trafic de drogue en pesos colombiens. Ce système a un impact dévastateur sur l’économie colombienne, parrainant des échanges contrebandiers qui privent le gouvernement du pays de centaines de millions de dollars de revenu. Jusqu’à présent, la taille et la structure exacte du système BMPE n’ont pu être déterminées avec précision par les autorités étatsuniennes, mais on estime qu’entre 3 et 6 milliards de dollars sont blanchis annuellement par son action. Encore une fois, le procédé d’action est ici assez simple. Le processus débute lorsqu’une organisation criminelle ou narcoterroriste organise un envoi de drogues dures aux États-Unis. Les substances illicites sont distribuées aux revendeurs américains en échange de devises étatsuniennes, qui sont par la suite livrées à un courtier du BMPE. Ce dernier contacte alors un confrère colombien pour lui demander de déposer un montant équivalent, en pesos, dans le compte d’un membre de l’organisation criminelle ou narcoterroriste en question. Par ce procédé, qui présente définitivement des ressemblances avec le système des hawalas, les narcotrafiquants évitent de laisser des traces de leurs transactions, ce qui profite autant aux cartels colombiens qu’aux groupes narcoterroristes.
Bien qu’aujourd’hui les Talibans ne contrôlent plus le trafic d’opiacés en Afghanistan, il semblerait qu’al Qaïda continue toujours de profiter de cette source de revenu. En effet, le Mouvement Islamique d’Ouzbekistan, mené par Muhammed al-Zawahiri, a récupéré le territoire occupé auparavant par les forces talibanes. Muhammed étant le frère d’Ayman al-Zawahiri, premier conseiller d’Ousama ben Laden, on ne peut que constater l’étroitesse des liens existant entre le commerce des opiacés en Afghanistan et Al Qaïda. Selon Interpol, 70% de l’héroïne et de l’opium transitant hors de l’Afghanistan par la route des Balkans appartiendrait au Mouvement Islamique d’Ouzbekistan. Les narcoterroristes utilisent fréquemment la route des Balkans pour exporter des substances illicites hors de l’Afghanistan, cette dernière n’étant que très peu fréquentée par des patrouilles de surveillance.
Un autre centre névralgique du trafic de drogue international se retrouve dans la région désignée par les autorités étatsuniennes sous le nom de « South American Tri-border region ». Comme son nom l’indique, cette région est située à la frontière de trois pays d’Amérique du Sud, soit le Brésil, l’Argentine et le Paraguay. Étant donné qu’elle est presque entièrement constituée de forêt vierge, étant ainsi extrêmement difficile à surveiller, cette région constitue le coeur des activités narcoterroristes islamistes en Amérique Latine. Des groupes comme al Qaïda, Hezbollah ou le Hamas utilisent notamment des embarcations civiles et de petits avions bimoteurs pour transporter la cocaïne colombienne et bolivienne en Europe et en Asie, alors que l’héroïne et l’opium provenant d’Afghanistan font le trajet en sens inverse. Environ une centaine de pistes d’atterrissage non-répertoriées tapissent le sol du South American Tri-border region, ce qui assure aux narcoterroristes la confidentialité de leurs opérations. Un fait intéressant à noter ici est qu’ Hezbollah est réputé utiliser cet espace clandestin pour effectuer des transactions de drogues et d’armes avec d’autres organisations terroristes, dont l’Armée de Libération Nationale et les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie.

Méthodes de lutte au narcoterrorisme

Le narcoterrorisme, comme le mentionne Deborah McCarthy, employée du International Narcotics and Law Enforcement Affairs (INL), n’est pas seulement une préoccupation étatsunienne depuis les attentats du 11 septembre. On avait déjà, aux États-Unis, commencé à s’intéresser sérieusement à la problématique; au cours des années 90, le INL travaillait à démanteler des réseaux de production et de distribution de drogue à travers le pays. Toutefois, les incidents de 2001 ont considérablement accru l’intérêt des décideurs pour la politique de répression du narcoterrorisme. En 2003, le Congrès allouait plus de 900 millions de dollars US aux organismes chargés d’enquêter sur les groupes terroristes soupçonnés de se financer en trafiquant des substances illicites. Cette responsabilité échouant avant tout au State Department’s Office of Counterterrorism (S/CT), la majorité des fonds leur a été attribué. Le INL joue en fait un rôle de support dans l’effort répressif, fournissant aux agents de la formation en contreterrorisme et de l’équipement à la fine pointe de la technologie en matière de surveillance.
Afin de contrer efficacement l’établissement de réseaux entre les groupes terroristes et d’autres organisations criminelles pratiquant le trafic de stupéfiants, le INL a commencé à intégrer les programme anti-crime et anti-narcotiques, dans un effort d’élargissement des politiques répressives visant à stopper la menace avant qu’elle n’atteigne le sol américain. McCarthy précise que cette initiative se veut un amalgame d’actions à moindre échelle cherchant à favoriser à l’étranger l’élaboration de systèmes judiciaires mieux préparés au contrôle du narcoterrorisme à l’intérieur de leurs frontières respectives. Cela bien entendu dans le but d’étouffer la menace dans l’oeuf, avant qu’elle n’atteigne les États-Unis. De tels efforts impliquent un apport étatsunien accru à l’étranger en ce qui a trait au contrôle frontalier, son resserrement étant supposément garant de sécurité. Plus concrètement, cet apport s’est traduit par l’implantation d’un système de contrôle informatique, le Terrorist Interdiction Program qui, étant donné qu’il contient des données exhaustives, est vraisemblablement en mesure de permettre aux contrôleurs des aéroports internationaux de mieux identifier les individus susceptibles de transporter des substances illicites ou de commettre des actes terroristes.
Le INL travaille également à établir des liens diplomatiques avec d’autres nations et des organismes de répression internationaux dans le but de développer de plus hauts standards de régulation financière et de limiter les failles du système judiciaire permettant souvent aux narcoterroristes d’échapper à la justice. McCarthy conclut ici que les différents programmes menés par le S/CT et le INL sont en fait parties intégrantes des efforts anti-crime étatsuniens, la corruption politique entraînant souvent des difficultés lorsque des réformes visant à combattre le narcoterrorisme et la criminalité en général sont entreprises au niveau légal, politique, économique ou social.
Une nouvelle stratégie élaborée par les services répressifs étatsuniens, en collaboration avec d’autres organismes de contrôle (canadiens, européens, sud-américains ou asiatiques) consiste en la propagation de puissants mycoherbicides spécifiquement élaborés pour rendre certains types de sol impropres à la culture de drogues illicites. Ces mycoherbicides ont déjà été testés sur le terrain et s’avèrent sécuritaires autant au point de vue écologique qu’environnemental. La logique entourant cette opération est la suivante : en éradiquant les sources principales de narcotiques, on atteint le double objectif de réduire les fonds disponibles aux groupes terroristes pour maintenir leurs activités tout en éliminant une part importante de coûts humains reliés à la consommation de drogue.
Alors que le S/CT et l’INL travaillent surtout à assurer l’imperméabilité des frontières étatsuniennes au trafic de drogue, une section spéciale de la DEA, désignée par l’appellation « Counterterrorism Task Force » (CTF), se concentre plus particulièrement sur la coordination de l’information relative aux activités narcoterroristes à l’échelle mondiale. Le CTF est formé de personnel appartenant à plusieurs agences de traitement de l’information, soit l’Office of Domestic Operations, l’Office of International Operations, l’Intelligence Division et l’Office of Diversion Control. Le but premier de cette section de la DEA est de réviser et de catégoriser les dossiers d’information générale et les dossiers d’enquête identifiés par la DEA comme étant reliés au terrorisme, au narcoterrorisme ou à des activités terroristes particulières, ceci afin de permettre à toutes les agences oeuvrant dans le domaine du contreterrorisme de partager leurs sources d’information respectives.
De plus, le CTF compile et met régulièrement à jour la liste des organisations narcoterroristes identifiées par les sources informatives étatsuniennes, ce qui assure un suivi complet de la situation mondiale et permet l’identification de menaces terroristes potentielles en Amérique du Nord. Si on considérait toutes les agences nord-américaines contre-terroristes comme un réseau, le CTF constituerait son centre nerveux, au sens où il dirige vers l’organisme principalement concerné par un cas particulier toute l’information disponible sur le sujet. Cette organisation de l’information permet donc aux différents organismes répressifs d’obtenir sans délai les renseignements dont ils ont besoin pour faire avancer leur enquête.

Narcoterrorisme : mythe ou réalité ?

Il semble que les autorités étatsuniennes aient le beau jeu en ce qui a trait à l’étiquetage des groupes terroristes. Il apparaît stratégiquement utile de qualifier une organisation pratiquant des activités terroristes de « narcoterroriste » puisque ceci contribue à la rendre encore plus menaçante aux yeux du grand public et des autres nations. Ainsi justifiés dans leurs interventions, les organismes de lutte au narcoterrorisme sont libres de mettre en place tout plan d’action explicitement conçu pour limiter l’impact public recherché par les groupes terroristes. La lutte idéologique tient une grande place dans l’affrontement ayant lieu entre les forces répressives internationales et les organisations terroristes, ce qui explique en grande partie l’énergie avec laquelle les organismes anti-terrorisme cherchent à discréditer leurs opposants.
Cela dit, nul ne peut mettre en doute la quantité d’informations compromettantes amassée par les services de renseignement étatsuniens montrant la culpabilité de ces organisations. Lorsque l’existence de liens entre al Qaïda, Hezbollah et des organisations narcotrafiquantes sud-américaines est plus que probable, on est en droit de se demander quelle est véritablement la nature de leurs relations. Pourquoi entretiendraient-elles des liens si ce n’était pour faciliter leurs opérations respectives de trafic de stupéfiants ? Malgré tout, un observateur éclairé ne peut s’empêcher de se demander quel intérêt ont les autorités étatsuniennes à imbriquer la problématique terroriste à celle du trafic de drogue. Comme le précise Casteel dans sa présentation, les deux questions étaient traitées séparément avant les événements du 11 septembre 2001. Depuis la survenue de ces attentats terroristes, la DEA a intégré la répression de la problématique terroriste à ses activités, ceci indiquant la reconnaissance de liens inextricables entre les deux secteurs d’activités illégales.
Pour comprendre les subtilités des politiques étatsuniennes on peut considérer la situation existant présentement en Colombie. Dans ce pays, les liens entre la drogue et le terrorisme sont particulièrement importants, ce qui en apparence explique l’intérêt que porte le système répressif étatsunien à ses institutions. Officiellement, la politique étatsunienne est de supporter le gouvernement colombien dans ses efforts de renforcement de sa structure démocratique, tout en promouvant le respect des droits de la personne et de la loi. Cependant, on constate avant tout dans l’intervention des États-Unis en Colombie un souci de protection de ses propres intérêts. Les autorités étatsuniennes sont particulièrement concernées par le danger exponentiel que provoque la collaboration entre les organisations criminelles locales et certains groupes narcoterroristes islamiques. Leurs interventions sont donc élaborées selon un niveau de priorité, ce dernier étant établi selon le niveau potentiel de dangerosité des actions pouvant être entreprises contre les États-Unis. En effet, on a bien peu entendu parler de l’action américaine en Irlande du Nord dans les années 80, où l’IRA recourait fréquemment à la violence pour faire entendre ses revendications. Comme leurs actions ne mettaient pas directement les États-Unis en danger, ces derniers ne se sont que très peu impliqués dans le conflit.
C’est dans ce sens que j’entends que le narcoterrorisme pourrait être un mythe. Le phénomène est réel, mais les mesures prises pour le contrer diffèrent grandement selon l’importance de la menace qu’il représente pour l’Amérique du Nord. Bien sûr, il existe outre-mer des organismes répressifs dont les fonctions se révèlent être similaires à leur contrepartie nord-américaine. Il est plus que possible que des situations présentant une menace pour ces nations soient prises en charge de manière conséquente, mais on ne peut négliger le fait que les États-Unis ont tout de même un pouvoir hégémonique en ce qui concerne la répression du terrorisme. Ainsi, on peut considérer que les autorités étatsuniennes désignent comme narcoterroriste tout groupe terroriste n’agissant pas selon ses intérêts, alors qu’une organisation terroriste ne leur posant pas de problème significatif pourrait tout simplement être ignorée.
En fait, chaque camp cherche à démoniser son adversaire, afin de justifier le caractère radical de ses actions. Bien qu’on ne puisse pas qualifier l’action répressive d’aussi radicale que le terrorisme en tant que tel, on constate tout de même que certaines actions entreprises pour enrayer l’arme terroriste se révèlent aussi violentes qu’une action terroriste (on n’a qu’à penser au bombardement de Baghdad). On peut donc conclure ici que la perception de ce qu’est réellement une organisation terroriste diffère selon le point de vue de l’observateur, celui-ci variant selon son système de valeur et ses croyances. La composante différenciant un groupe narcoterroriste d’un groupe terroriste, soit toute activité reliée au trafic de stupéfiants, prête également le flanc à une évaluation subjective. Ainsi, les construits que nous étudions lorsque nous nous intéressons au phénomène narcoterroriste proviennent majoritairement de sources étatsuniennes ou européennes, ce qui laisse place au doute quant à leur objectivité. Pour réellement comprendre le narcoterrorisme, il serait nécessaire d’avoir en main des données provenant de sources extérieures, ce qui, en vérité, semble utopique

http://www.erta-tcrg.org/cri6224/2004-2006/narcoterrorisme.htm

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TRACFIN INFO: blanchir de l’argent…

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Charasse cohibaDans les années 90, Michel Charasse, l’homme aux bretelles, fumeur de « cohiba », ministre du budget et donc patron de la Douane française m’avait suggéré d’ouvrir une banque pour mieux remonter les blanchisseurs.

J’avais alors approché un jeune directeur du Banco Atlantico de Gibraltar qui était partant!

En 1994, j’ai eu un contact avec un agent du TRACFIN dans une chambre d’ hôtel parisien réservée par Christian Gatard de la DNRED Nantes.

Les services anglais du « HM Customs excise » aidés des services canadiens de la « RCMP » ne m’ont pas permis de finaliser la création et l’implantation de cette banque en Croatie, alors que des contacts avaient été pris au plus haut niveau de la jeune Croatie, à peine sortie de la Yougoslavie….

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Écoutons Denis Robert qui aujourd’hui nous parle du meilleur circuit de blanchiment!

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A LIREgibraltar

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EXTRAIT

de

l’Archipel des soumis

Et c’est  l’esprit libre, avec la certitude du devoir accompli que je prends l’avion pour Venise, via Milan, où m’attendent l’avocat Pascuale Ciolla et Giuseppe Laveneziana.

palace zagrebLe Palace Hotel de Zagreb

Nous nous rendons en voiture, puis en train à Zagreb où je vais mettre en place le projet  fou que Michel Charasse avait approuvé : ouvrir une banque avec les fonds de la drogue pour mieux contrôler le cheminement de l’argent sale.

D’abord surpris par cette idée, Mario (Claudio Pasquale Locatelli) en a vite saisi tout l’intérêt. Il a décidé d’investir dans différentes industries croates et a chargé un avocat local de recenser toutes les entreprises cherchant acquéreur.

La création de sa propre  banque ne peut que favoriser ses plans.

Nous sommes accueillis dans le pays comme des ministres. Les autorités militaires nous gratifient d’une escorte qui nous ouvre la route lors de nos déplacements. C’est un gros 4X4 Mercedes piloté par un militaire qui nous sert de taxi.  Un problème administratif qui aurait pu retarder certaines démarches est réglé en cinq minutes devant le tribunal de Zagreb, moyennant cinq mille dollars payés cash et sans reçu.

Nous sommes entre gens dynamiques et performants…

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Début janvier 1994, je passe voir Jean Paul Garcia, l’attaché des douanes françaises en poste à Madrid.  Je lui apporte les dernières factures que la compagnie anglaise Marconi m’a fait parvenir pour le règlement des factures de communication par satellites du télex embarqué sur le Melor.

Par hasard, je réussis à faire dire à Jo Le Squere  de l’Echelon DNRED de Nantes que les numéros de télex relevés sur les factures de Marconi remises à Jean Paul Garcia à Madrid, ont permis de savoir que mon navire, le MELOR,melor11 alors qu’il était chargé de plus de trente tonnes de cannabis afghan, était en communication avec un télex sur liste rouge dans le département du Var en France et avec une grande banque américaine de New York.

Je ne pourrais pas obtenir le nom et l’adresse de ces correspondants !

Le MELOR au mouillage à Gibraltar

Par ailleurs, une réunion est organisée par Christian Gatard et Hervé Maignier dans un hôtel du XVe arrondissement avec un agent du TRACFIN,  service rattaché au ministère des Finances chargé du traitement du renseignement et de l’action contre les circuits financiers clandestins. C’est évidemment de l’ouverture de ma banque à Zagreb que je dois l’entretenir. Je m’aperçois très vite que cet agent est à mille lieux des réalités. Ficelé à ses certitudes, et à sa culture livresque, il ne me croit pas et préfère s’en tenir à ses dossiers. La fin de la réunion sera marquée par une démonstration éloquente de l’attitude de nos chers fonctionnaires qui ne pensent avant tout qu’à leur petite carrière. J’osais suggérer à l’homme du TRACFIN de démissionner puisqu’il reconnaissait ne pas pouvoir agir efficacement! Sa réaction fut immédiate, en se dressant, il s’exclama: « Certainement pas« !

L’humour n’est pas apprécié par certains fonctionnaires de Bercy….

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Lire aussi: NARCOTRAFIC: l’implication du pouvoir… et des banques

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