Aviseur International renseigne, sans complaisance, sur la problématique de la drogue, du narcotrafic, de la corruption et sur les politiques mises en œuvre par les différents Etats et les dérives que s'autorisent les fonctionnaires des administrations — aviseurinternational@proton.me — 33 (0) 6 84 30 31 81
Le 4 février, les douaniers ont découvert 69 kilogrammes d’herbe de cannabis, dans le chargement d’un camion circulant sur l’autoroute A7 dans la Drôme.
Ce sont les gendarmes de Malataverne qui ont récupéré le chauffeur à la fin de la retenue douanière, pour le mettre en garde à vue…
Cela faisait des mois que les douaniers de la DNRED (Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières) pistaient les acteurs présumés d’un commerce international d’armes, en provenance de Pologne.
Le 20 janvier, lorsque le coup de filet s’est refermé sur plusieurs adresses, à Paris, dans l’Essonne et dans le département du Territoire de Belfort. Pas moins d’une vingtaine de fusils d’assaut et pistolets-mitrailleurs, une dizaine d’armes de poing, parfois en pièces détachées, des chargeurs et munitions, silencieux et gilets pare-balles, plusieurs milliers d’euros et des pains d’explosif.
«Cette affaire révèle un trafic organisé à l’échelle internationale, avec des armes d’ordinaire réservées aux forces spéciales».
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Deux hommes de 26 et 46 ans, ainsi qu’une femme de 49 ans, ont été mis en examen. Le plus âgé est un ancien légionnaire, natif de Pologne.
Aucun lien avec une entreprise terroriste n’a pour l’heure été établi, mais la porosité avec le trafic de stupéfiants est connue, comme l’a rappelée l’affaire menée par la brigade de répression du banditisme de la police judiciaire parisienne en janvier, concernant un vaste trafic d’armes. Un réseau formé par une dizaine de suspects, aurait fourni des armes à des trafiquants de drogue et des sympathisants d’ultradroite.
Le Journal du Dimanchede ce 7 février 2021 a rapporté les propos tenus par Stéphanie Cherbonnier de l’OFAST. Sa surprise face à l’arsenal découvert sur Saint-Ouen est inquiétante ou peut-être n’est ce dû qu’au fait que les grands services régaliens des FDO jouent encore chacun dans leur cour.
Avec toutes les offres d’armes et de drogues qui circulent sur TWITTER, Stéphanie Cherbonnier devrait se rapprocher des ‘cyber services’ et des plateformes en charge de recevoir les signalements pour améliorer ses connaissances.
Peut-être aussi, se rapprocher de François Thierry, son prédécesseur au défunt OCRTIS, qui pourrait sans aucun doute la mettre au parfum des réalités qu’il a découvert tout au long de son action.
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EXTRAIT du JDD
Le « parrain » de Saint-Ouen arrêté en possession d’un arsenal de guerre
Sur les dix personnes interpellées lundi à l’aube en région parisienne, avec l’appui du Raid et de la BRI, huit ont été déférées vendredi devant un magistrat de la JIRS de Paris. Cinq ont été placées en détention _ une sixième a demandé un débat différé _ et deux ont placés sous contrôle judiciaire après avoir été mis en examen pour trafic de drogue (la plupart en état de récidive légale) mais aussi pour trafic d’armes.
« On est vraiment dans le haut du panier du narco banditisme« , analyse la cheffe de l’Office antistupéfiants après le démantèlement de l’organisation du principal grossiste de Seine-Saint-Denis.
« On s’attendait à trouver des armes, mais pas autant…« , confie Stéphanie Cherbonnier.
Kalach, M 16, Mauser, Glock, TNT…
La « nourrice » de l’organisation _ un couple domicilié dans un pavillon du Val-de-Marne _, ne cachait pas seulement des stupéfiants mais aussi un véritable arsenal de guerre.
Une vingtaine d’armes à feu, et des munitions par centaines, ont été saisies parmi lesquelles des fusils d’assaut (kalachnikov, HK, M 16…), des pistolets mitrailleurs, un Glock ou encore un fusil de précision Mauser.
Mais aussi des explosifs (TNT et pentrite) avec leurs systèmes de mise à feu.
Plusieurs services de police, Brigade Criminelle ou SDPJ 93 notamment en charge de nombreuses enquêtes sur les assassinats et tentatives qui ponctuent l’actualité de Saint-Ouen à un rythme effrayant depuis 2019, attendent avec impatience les résultats des expertises balistiques pour savoir si ces armes ont été utilisées récemment.
Dans le milieu, pour se faire « respecter », il faut être craint.
En démantelant, cette semaine, un réseau de trafic de stupéfiants qui alimente la Seine-saint-Denis et notamment la commune de Saint-Ouen, limitrophe de Paris , l’Ofast, l’office anti-stupéfiants, est tombé sur un véritable arsenal de guerre : kalachnikovs, fusils d’assaut HK et G3 FMP, des M16, avec trépied et équipement de visée laser, un fusil de précision avec lunette sur trépied, des pistolets-mitrailleurs ainsi que leurs chargeurs, dont 16 pour les M16 et plus de 500 munitions et 1 300 cartouches de différents calibres.
Plus inquiétant encore, le caïd, à la tête de cette équipe de 10 personnes, décrit comme violent et radicalisé, cachait 600 grammes de TNT, 600 grammes de pentrite (qui entre dans la composition du semtex, un explosif prisé des terroristes), quatre détonateurs et trois systèmes de mise à feu. Les auditions qui se sont déroulées ces 96 dernières heures n’ont pas permis de savoir ce qui motivait cette bande, notamment si ces membres souhaitaient se diversifier en revendant ce type de matériel à des braqueurs ou à des terroristes.
Deux ans d’enquête
Leur chef présumé est une vieille connaissance des limiers de la police judiciaire. Il avait été condamné à 20 ans de réclusion criminelle en 2011 pour importation illicite de cocaïne en bande organisée. Porteur d’un bracelet électronique, il a été déféré vendredi après avoir été interpellé quatre jours plus tôt avec son frère et huit complices présumés. Il a fallu deux ans d’enquête pour réussir cet important coup de filet sur commission rogatoire de la Jirs de Paris.
C’est un coup de maître pour l’Ofast, l’office anti-stupéfiants de la direction centrale de la police judiciaire. En éliminant les têtes de ce réseau lourdement armé, la police pourrait ramener le calme.
À Saint-Ouen,les points de deal peuvent rapporter de 10 000 à 12 000 euros jour. Il n’est donc pas certain que des concurrents en liberté laissent longtemps ces zones en jachère.
L’Europe est-elle le nouvel Eldorado des cartels mexicains ?Forbidden Stories et ses partenaires, dont la cellule investigation de Radio France, dévoilent comment des chimistes mexicains travaillent désormais aux Pays-Bas et en Belgique.
« C’est ici que ça s’est passé. » Willem-Jan Joachems se souvient parfaitement de ce 10 mai 2019. Pour ce journaliste d’une télévision locale de la région de Nord Braband, au sud des Pays-Bas, c’est un scoop qu’on n’oublie pas. « Le bateau était là, les enquêteurs étaient en train de relever les indices… et il a commencé à couler. » Ce jour-là, il était arrivé un peu plus tôt, sur le quai du port de plaisance de Moerdijk, pour assister au démantèlement d’un laboratoire flottant de méthamphétamine par les forces de police. Une découverte inédite à bien des égards : un laboratoire avait été monté de toutes pièces dans le ventre du navire, long de 85 mètres. Les enquêteurs y retrouvent plus de 70 kg de méthamphétamine, 150 litres d’huile de méthamphétamine… et trois Mexicains, âgés de 25, 28 et 38 ans. « Ils étaient en train de fabriquer la drogue« , raconte le journaliste néerlandais.
Les enquêteurs identifient leur ADN sur tois masques intégraux et des paires de gants. La police met également la main sur des téléphones et découvre des photos qui lui permettent de retracer l’activité des trois hommes au Pays-Bas. Le 12 décembre 2018, ils établissent une « liste de courses » incluant 30 kg d’aluminium, des thermomètres et des gants en latex. Courant mars, les chimistes ont maintenant de la poudre dans des verres doseurs. Un mois plus tard, une vidéo dévoile une large quantité de méthamphétamine sous forme de cristaux. Le laboratoire est découvert un mois plus tard. Candelario et les deux frères Ivan Diego et Victor Manuel sont reconnus coupables de « complicité de possession et de production de méthamphétamine en cristaux » le 19 mars 2020. Ils sont condamnés à quatre ans de prison ferme aux Pays-Bas.
Ce n’est pas la première fois que la police néerlandaise découvre des ressortissants mexicains dans un laboratoire de méthamphétamine. En février 2019, elle avait déjà arrêté trois hommes originaires du Mexique, dans un laboratoire produisant notamment de la méthamphétamine à Wateringen, en banlieue de La Hague. Ce ne sera pas la dernière non plus. Depuis le début de l’année, 32 laboratoires produisant de la méthamphétamine ont été démantelés. Du jamais vu. Les arrestations s’enchaînent. Parmi les suspects, un nombre important de Mexicains : 19, entre les Pays-Bas et la Belgique, selon le décompte réalisé par Forbidden Stories et ses partenaires. Le dernier démantèlement impliquant des mexicains date de la semaine dernière. Le 30 novembre 2020, deux d’entre eux ont été arrêtés dans la petite ville de Westdorpe, à la frontière belge.
Comment expliquer la présence de ces ressortissants mexicains, à des milliers de kilomètres de chez eux ? Pour qui travaillent-ils ? Où va cette drogue une fois produite ? Aux côtés de 25 médias partenaires, Forbidden Stories a enquêté sur le parcours de ces chimistes mexicains, au service des gangs néerlandais, déjà roi des drogues de synthèse en Europe.
Le navire de drogue MS Arsianco a été confisqué par la police. Il est situé près du port de Moerdjik et doit être vendu. / Benedikt Strunz/NDR
EncroChat, « c’est de l’or pour nous »
« URGENCE POUR LES UTILISATEURS D’ENCRO : des entités gouvernementales ont saisi illégalement notre domaine (…) Il vous est conseillé d’éteindre et de vous débarrasser physiquement de votre appareil immédiatement. »
Le message, envoyé en juin 2020 dans la précipitation et avec quelques fautes dans la version originale, est adressé par le fournisseur de téléphones chiffrés EncroChat à ses millions d’utilisateurs. Au siège de la société, c’est la panique. L’entreprise vient de réaliser qu’elle a été victime de l’opération de piratage la plus spectaculaire jamais menée par des polices européennes. Une catastrophe pour la société qui promettait à ses clients des communications ultra-sécurisées.
Les utilisateurs des téléphones EncroChat vont rapidement réaliser l’ampleur des dégâts : depuis plusieurs mois en réalité, les forces de l’ordre françaises et néerlandaises ont accès à toutes leurs communications. Un vrai problème si on est impliqué dans des activités criminelles, ce qui est le cas « d’une part très élevée d’utilisateurs » du service chiffré, selon les enquêteurs européens. Le jour de l’envoi du message à ses utilisateurs, EncroChat met fin à ses services. Une information judiciaire, notamment pour « fourniture d’un moyen de cryptologie n’assurant pas exclusivement des fonctions d’authentification ou de contrôle d’intégrité sans déclaration préalable« , a été ouverte à la JIRS (juridiction interrégionale spécialisée) de Lille.
Capture d’écran du message envoyé par EncroChat à leurs utilisateurs, avant d’arrêter leurs services, le 13 juin 2020. / Europol/Eurojust/Gendarmerie française
« C’est vrai : EncroChat, c’est de l’or pour nous« , reconnaît Andy Kraag, chef de la division d’enquête criminelle de la police néerlandaise. Et pour cause : en l’espace de quelques mois, des millions de messages sont interceptés en temps réel, avant leur chiffrement, par les enquêteurs en Europe.
Aux Pays-Bas, cela va notamment permettre le démantèlement en série de laboratoires de méthamphétamine. Et dans plusieurs cas, révéler la présence des ressortissants mexicains qui y travaillent. D’après les messages consultés par la police, ils seraient bien plus nombreux que les 19 déjà recensés par le consortium, le plus souvent recrutés comme chimistes.
Recrutés pour travailler dans la « construction »
Jesus P.V., 40 ans, était entraîneur personnel dans une salle de sport au Mexique. C’est en tout cas ce qu’il a déclaré lors de son audition, dans l’affaire du laboratoire démantelé à Wateringen. D’après son témoignage, son destin bascule en janvier 2019 lorsqu’un client qu’il entraîne lui propose une opportunité professionnelle aux Pays-Bas – 2000 dollars par mois pour un emploi dans la construction, bien plus que les 700 à 800 dollars qu’il a déclaré gagner au Mexique. Mi-janvier, le coach fait ses valises et s’envole pour l’Europe. Mais la construction semble n’être qu’un paravent. Le jour de l’arrestation, un peu plus de 400 kg de crystalmeth sont retrouvés, et deux autres ressortissants mexicains sont interpellés avec lui dans le laboratoire, en banlieue de La Hague. Deux hommes, de 20 ans les aînés de Jesus P.V., qui auraient reçu le même type d’offre au Mexique. Lors du procès, l’un des condamnés a expliqué avoir tout découvert en arrivant aux Pays-Bas, sous-entendant qu’il n’avait aucune connexion ni savoir-faire en matière de production ou de trafic de drogue.
Les autorités douanières allemandes saisissent de plus en plus de méthamphétamine à la frontière avec les Pays-Bas.. / Benedikt Strunz/NDR
Dans une autre affaire, dite d’Achter-Drempt, on retrouve le même scénario : le ressortissant mexicain, arrêté lors de l’intervention policière, a expliqué durant le procès ne pas avoir compris dans quoi il s’embarquait réellement. Il pensait avoir été embauché pour cueillir des fruits en Europe. « Je n’y crois pas, tranche Kraag. Supposons que vous sachiez comment fabriquer de la meth en cristal, vous êtes un chimiste au Mexique. Vous ne serez alors pas envoyé dans un pays pour y cueillir des fruits. »
Dans l’affaire du « bateau-labo » de Moerdijk, la cour a déclaré que les trois suspects mexicains savaient produire de la méthamphétamine de « haute qualité« . « Après tout, ce sont eux qui ont fièrement photographié ces produits finis, comme [le suspect] l’a lui-même déclaré, pour informer et satisfaire leurs clients. » Par ailleurs, durant les interrogatoires, Ivan Diego a reconnu avoir reçu des instructions via WhatsApp pour produire la drogue. Des messages émanant de numéros mexicains, et enregistrés sous les pseudos « Angel », « Patrona » ou encore « Chalio ».
La loi du silence
Si les Mexicains arrêtés en Europe ne sont pas avares de détails pour expliquer les conditions de leur recrutement, c’est en revanche l’omerta totale quand se pose la question des donneurs d’ordre éventuels. Les avocats des ressortissants mexicains impliqués dans ces laboratoires européens, contactés par Forbidden Stories, ont refusé de répondre. Lors des procès, certains chimistes disent avoir été victimes de menaces : « La personne qui est venue le chercher à l’aéroport lui a dit qu’il n’y aurait pas de travail dans la construction, que ce serait un travail différent et qu’il devrait se taire (…) Il a ensuite été menacé avec des photos de sa famille« , peut-on lire dans le procès-verbal de l’affaire de Wateringen.
Les réseaux se dessinent cependant au gré des millions d’échanges sur EncroChat épluchés par les enquêteurs. « Grâce à tout ça, non seulement nous trouvons les chimistes sur place, mais aussi tout le réseau qu’il y a derrière », explique Andy Kraag. Ils découvrent notamment des acteurs indispensables de ces réseaux : les intermédiaires. À la demande des organisations criminelles néerlandaises, ce sont eux qui sont chargés de recruter ces chimistes au Mexique.
Présentation du service EncroChat sur leur site, maintenant fermé. / Capture d’écran EncroChat.fr via Internet Archive
À l’image de la mafia italienne
« Je cherche un chimiste, tu connais quelqu’un ? » Le message a été envoyé par un Néerlandais. À l’autre bout du fil, un intermédiaire (on parle d’un broker) mexicain. Qui met alors en branle le recrutement. « C’est aussi simple que cela« , lâche Andy Kraag.
Au Mexique, les cartels sont passés maîtres dans l’art du recrutement. Falko Ernst, chercheur spécialiste du Mexique pour L’International Crisis Group, partage une anecdote : « Ils ont scanné les universités mexicaines à la recherche de départements de chimie et ont repéré des personnes. » Une fois la recrue potentielle contactée, le broker lui fait une offre. La plus alléchante possible, car ces personnes détiennent un savoir clé. « Et si nécessaire, il y a aussi des menaces et des pressions derrière. »
Aux Pays-Bas, les gangs utilisent le même type d’intermédiaires, qui jouent un rôle essentiel. Toutefois, selon la police néerlandaise, cela ne signifie pas pour autant que les cartels mexicains ont une influence directe en Europe. Ces accords ne sont pas conclus directement entre les cartels mexicains et les organisations européennes. Les intermédiaires travaillent à leur propre compte : « Un cartel opère comme la mafia italienne. Vous payez pour votre adhésion, mais vous êtes indépendant. Un intermédiaire est aussi son propre patron. Vous pouvez donc être membre d’un cartel, tant que vous leur remettez une partie de ce que vous gagnez en travaillant avec les néerlandais« , explique Andy Kraag. Interrogé au sujet de ces connexions avec le crime organisé, une source au sein du gouvernement mexicain confirme à Forbidden Stories que des réseaux envoient bien des chimistes en Europe pour produire de la méthamphétamine : « Dans le cas des Pays-Bas, nous savons que cela se produit. »
Les intermédiaires font le nécessaire pour que tout se déroule sans accroc. Ils prennent notamment en charge le voyage pour l’Europe, en plus des salaires. D’après Andy Kraag, ils feraient passer la majorité de leurs recrues par l’Espagne grâce à des visas touristiques. De là, les chimistes gagnent les Pays-Bas. Avant que la pandémie de Covid-19 n’y mette un frein, certains intermédiaires faisaient même le déplacement avant de lancer officiellement les opérations. « Ils viennent aux Pays-Bas, font leurs affaires, inspectent le lieu. Le réseau néerlandais doit fournir les matières premières, le matériel, tout doit être correct. Et à la fin, le Mexicain dit : ‘Ok, voilà comment je peux produire [la drogue] pour vous.’« , décrypte le responsable de la police néerlandaise.
L’expertise mexicaine
Au Mexique, au cœur de la zona caliente, au sud de Culiacan, dans l’Etat du Sinaloa, cette recrudescence de chimistes mexicains en Europe ne surprend pas. C’est l’évidence, même, pour celui qui se fait surnommer « El Chapo Jr. » : « Nous envoyons les chimistes en Europe parce que nous, les Mexicains, sommes les meilleurs chimistes !« , explique cette petite main du cartel de Sinaloa à Forbidden Stories. Dans sa planque aux murs rose fluo, il emballe méticuleusement d’imposants cristaux de méthamphétamine. Plusieurs couches de protection – un sac en plastique, de l’aluminium, du scotch et un nouveau sac en plastique – pour que les chiens de la police ne sentent pas la drogue lors de son transport. « Nous avons de l’expérience. Et les Mexicains peuvent enseigner aux autres chimistes d’Europe, poursuit-il, toujours en conditionnant la drogue. Les ‘chimistes’ qui sont envoyés ne sont généralement pas des idiots, ils sont intelligents et éduqués. » C’est par exemple le cas d’un des frères condamnés dans l’affaire du « bateau-labo » à Moerdijk, qui affiche sur Facebook avoir suivi une formation à l’institut technologique de Culiacan au Mexique.
Celui qui se fait appeler « El Chapo Jr. » prépare l’envoi d’un pack de 30 kilogrammes de crystal meth vers Mexico, depuis la périphérie de Culiacán, Sinaloa. / Amrai Coen, Die Zeit
Dans son dernier rapport annuel, l’ONUDC (Office des Nations unies contre la drogue et le crime) parle d’ailleurs de « spécialistes mexicains », capables de produire une méthamphétamine très pure, « comme celle que fabriquait Walter White dans [la série] Breaking Bad », explique Laurent Laniel, analyste scientifique à l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (EMCDDA). Leur expertise : « Produire de plus grandes quantités d’une meth puissante, grâce à des retraitements successifs, à partir de la même quantité d’un précurseur appelé BMK [benzyl methyl ketone]. » Un véritable coup de main, que seuls les chimistes mexicains maîtrisent à 100 %. « C’est comme pour le fromage. Si vous apprenez aux Japonais à fabriquer du fromage, ils finiront par y arriver. Mais ce ne sera pas un Leerdammer pour autant« , résume le porte-parole d’Andy Kraag, par une analogie très hollandaise. En échange d’un pourcentage du profit, qu’ils reversent aux chimistes et plus largement aux brokers mexicains, les narcotrafiquants néerlandais acquièrent ce savoir-faire unique.
« On parle ici d’organisations criminelles très structurées, très puissantes, avec à leur tête des narco-millionnaires qui ont fait fortune dans l’ecstasy et vivent dans le luxe« , rappelle Laurent Laniel. Selon les chiffres de l’ONUDC, la plupart des laboratoires démantelés produisant de l’ecstasy sont situés en Europe, principalement aux Pays-Bas et en Belgique. « Ils ont le matériel adhoc et toute une infrastructure d’approvisionnement en précurseurs chimiques venus principalement de Chine ou d’Inde. »
Une véritable industrie du crime valant des millions d’euros, maîtrisée de bout en bout. Laurent Laniel parle de « crime as a service » : « Ils fournissent tout ou embauchent les‘prestataires’ nécessaires : l’infrastructure pour les laboratoires, l’approvisionnement en précurseurs, les camions pour faire disparaître les montagnes de déchets que produit la meth, les bateaux avec skippers pour transporter la drogue et les collecteurs qui vont récupérer l’argent de la drogue. » Tout est déjà en place pour ajouter la méthamphétamine à leur offre. Conséquence : sur le terrain, le nombre de laboratoires démantelés augmente. Les saisies également : en juin 2019, la police néerlandaise mettait la main sur 2,5 tonnes du stimulant synthétique, cachée dans le port de Rotterdam. La plus grosse à ce jour en Europe.
La police néerlandaise possède son propre laboratoire de drogue, qui contient des objets provenant de diverses saisies. Le laboratoire est utilisé pour former les policiers. / Benedikt Strunz / NDR
Les Pays-Bas : « cuisine » du monde
La drogue issue des laboratoires néerlandais est expédiée à l’autre bout du monde. Le gramme de méthamphétamine peut s’écouler à plus de 500 dollars sur le sol japonais. Même tarif en Australie, à quelques dollars près. À titre de comparaison, la même dose coûtait 56 dollars aux États-Unis en 2017. « Pour ces laboratoires, produire à moindre coût grâce à la technique des Mexicains et l’exporter là-bas, c’est la garantie d’une marge économique énorme« , analyse Laurent Laniel.
Selon la chercheuse Anna Sergi, maître de conférences en criminologie à l’université d’Essex (Angleterre), une partie du prix exorbitant du gramme de méthamphétamine est dû au risque élevé que représente le trafic vers l’Océanie, et tout particulièrement vers l’Australie. « Ce risque d’expédition, associé à la distance, augmente les coûts pour les trafiquants et les importateurs et cela se répercute sur les consommateurs, qui paient beaucoup plus pour le ‘privilège’ de voir arriver la drogue sur place !« , précise la chercheuse. Mais d’autres éléments viennent peser dans la balance : une consommation importante, des connexions déjà établies grâce au trafic d’ecstasy et surtout, les forces de l’ordre australiennes qui ont les yeux rivés sur la Chine, d’où provient une grande partie de la méthamphétamine pour leur marché. « La police australienne a très bien combattu cela. De nombreux réseaux de production ont été démantelés, et on peut voir que l’approvisionnement venant de Chine a cessé. Ou du moins a considérablement réduit« , raconte Andy Kraag. Ici, les Néerlandais aidés par les Mexicains, prendraient donc leur place.
C’est aussi le jackpot pour les Mexicains : ils peuvent à la fois rentabiliser leur savoir-faire, moyennant la perte de quelques chimistes pendant un certain temps, et trouver de nouveaux débouchés pour leur propre méthamphétamine en poudre : « Les cartels ont des quantités gigantesques de ce qu’ils peuvent produire, or la demande actuelle est en Amérique. Ils recherchent donc de nouveaux marchés plus importants, ajoute Andy Kraag. Et c’est, par exemple, les 2,5 tonnes de méthamphétamine [en poudre] que nous avons trouvées à Rotterdam. » Une fois en Europe, elle serait cristallisée dans les laboratoires, prête pour l’instant à l’exportation. Mais ce que redoutent les autorités, c’est de voir la consommation sur place augmenter. Bien que son utilisation soit encore résiduelle en Europe, Andy Kraag ne cache pas ses inquiétudes : « Si notre production augmente énormément, alors [la méthamphétamine] est aussi plus facilement disponible et le risque de consommation grandit, explique l’enquêteur. Avec ces drogues-là, on peut devenir dépendant dès la première utilisation, (…)on ne pense plus à rien d’autre, on veut juste en prendre, on ne fonctionne plus normalement. Et là c’est juste foutu. Fini. »
Une guerre en préparation ?
En juillet dernier 2020, le piratage d’EncroChat a encore permis la découverte à la frontière belge de six conteneurs insonorisés transformés en cellules de prison. Un septième était lui devenu une chambre de torture macabre, équipée d’une chaise de dentiste et des pires ustensiles possibles : scie, scalpel, chalumeaux et différents types de pinces.
Photo de l’intérieur de la chambre de torture, retrouvée près de la frontière belge en juin 2020. / Politie Landelijke Eenheid
À l’heure actuelle, les gangs néerlandais sont dépendants du savoir-faire des cartels mexicains. Mais que pourrait-il se passer si ce n’était plus le cas ? La crainte est alors de voir cette alliance si profitable aujourd’hui, se transformer en concurrence demain : « Ce que je ne veux absolument pas, c’est que nous devenions l’un de ces pays capables de produire d’énormes cristaux de méthamphétamine, sans l’aide des mexicains. Dans ce cas-là, on ferait concurrence au Mexique. Je ne sais pas ce qui se passera alors, mais il y a des risques. Et nous voulons empêcher cela« , conclut Andy Kraag, le responsable de la police néerlandaise. Car « concurrence et violence vont toujours de pair dans le monde criminel« .
Kristof Clerix (Knack), Benedikt Strunz (NDR), PhilippEckstein (NDR), Wil Thijssen (de Volkskrant), Anne Michel (Le Monde), Mathieu Tourlière (Proceso) et Bart Libaut (Enquêteur spécialiste en sources ouvertes) ont contribué à cet article.
San José, 4 févr. (EFE) .- Les autorités du Costa Rica ont signalé ce jeudi la saisie de deux tonnes de cocaïne dans un conteneur qui transportait des ananas à destination de la Belgique.
Le ministère de la Sécurité publique a rapporté dans un rapport qu’à l’intérieur du terminal à conteneurs de Moín, dans la province de Limón (Caraïbes), des agents ont localisé mercredi dernier un conteneur soupçonné de contenir des marchandises illégales.
Ce conteneur devait être embarqué pour la Belgique et transportait de l’ananas comme cargaison légale.
2 000 colis contenant de la cocaïne, chacun pesant environ un kilo ont été saisis.
8 kg de cocaïne, des armes de poing et 40.000 euros ont été saisis après un contrôle des douanes. Il est 18h50, quand au rond-point de Saint-Sauveur, les douaniers contrôlent une C4 Picasso. À son bord, ils découvrent 8,5 kilos de cocaïne.
Dans la voiture, 1380 euros en liquide sont découverts, le conducteur est un Albanais de 35 ans. Une perquisition s’ensuit au domicile du conducteur dans l’agglomération de Belfort. Les enquêteurs découvrent alors plusieurs armes dont un colt 45, un calibre 22, mais surtout 36.000 euros en espèces et 6.200 francs suisses. La compagne de l’homme, une femme d’une trentaine d’années est également interpellée.
La saisie a été réalisée par les douaniers de la BSI de Nantes suite à la découverte par du personnel d’une société de manutention que le sucre n’était pas la seule marchandise transportée.
A Saint-Giniez, le quartier de la bonne société locale, le restaurant du parrain de Marseille, Michel Campanella, attire patrons, mafieux, journalistes et politiques. Mais promis, aucune porosité n’existe entre ce beau petit monde.
Sous le regard de la Bonne-mère, les barons du Milieu suivent depuis des décennies la même trajectoire – des quartiers nord où ils grandissent au centre-ville où ils font des affaires, en passant par le littoral où ils s’étendent, avant d’établir leur résidence à l’est. Mais avec Michel Campanella, que les flics et la justice considèrent comme le parrain de la ville, cette géographie informelle va encore plus loin. Jusqu’à prendre pied dans le quartier le plus bourgeois et select de Marseille, celui des vieilles familles…
Enquête avec Xavier Monnier sur l’itinéraire d’un nom qui fait peur et sur ses connexions avec la bonne société locale, qui dessinent cette étonnante géographie parallèle. Avec quelques infos qui devraient faire parler dans une ville où paraît-il la mafia est un fantasme, et où les élites économiques et politiques viennent pourtant baiser la babouche d’un homme à la réputation XXL.
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EXTRAIT
Parmi les services de l’État, seule la police judiciaire commente : « Seule l’ignorance peut excuser l’erreur, mais lorsque l’on est professionnel dans son domaine, on se doit d’être bien informé et irréprochable. » « Cela dénote une porosité dramatique entre milieux économiques, politiques, criminels et policiers, renchérit une magistrate. Cela nous fait craindre des fuites dans nos dossiers. On essaie d’avertir les collègues qui arrivent mais il n’y a pas de consignes officielles… »
A lire dans le GQ de février, en vente dès ce lundi.
INFO TF1/LCI – Tueurs à gages, livreurs, gros bras… les nouvelles succursales des trafiquants de drogue
Extrait de l’article paru le 1er février 2021
DE PLUS EN PLUS PRO
Ce constat, très surprenant, vient d’être dressé par la police judiciaire française dans une note interne rédigée le 18 janvier dernier par le Service d’information, de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organisée (Sirasco), que nous avons pu consulter. « Cela illustre la porosité entre groupes criminels« , explique un fin connaisseur du milieu. « Cette sous-traitance n’est pas de bon augure« .
Dans une récente note confidentielle que TF1 s’est procurée, la police judiciaire française s’alarme de la professionnalisation constante des narcotrafiquants, constituant des filières spécialisées pour la vente comme pour les règlements de comptes. De quoi rendre la lutte contre le trafic de stupéfiants plus complexe.
L’aide de prestataires spécialisés dans l’acheminement
Le phénomène s’observe d’abord à travers la sous-traitance du transport de stupéfiants. Les réseaux font de plus en plus appel à des prestataires spécialisés dans l’acheminement – par la route, la mer ou les airs – du cannabis, de la cocaïne ou des drogues de synthèse. L’équation des trafiquants est simple : cloisonner pour réduire les risques d’arrestation.
Des vendeurs et des guetteurs recrutés
Pour améliorer un peu plus encore le maillage de leur territoire, les dealers s’improvisent également Directeurs des ressources humaines. Depuis peu, les voilà capables de recruter des vendeurs ou des guetteurs, là encore totalement étrangers, à leur groupe. Du jamais vu jusqu’alors.
Tueurs à gages et mercenaires ultra-violents
Conquérir et reconquérir des territoires. Devenir toujours plus riches et puissants. L’appétit des « barons » du stup est illimité. Et passe souvent par l’usage de la force. « Le recours à des individus sous contrat par des narcotrafiquants pour éliminer leurs concurrents s’est amplifié » note la police judiciaire.
La sous-direction de la police judiciaire chargée de la lutte contre la cyber criminalité a refusé de répondre aux sollicitations de 20 Minutes, toujours dans l’attente par ailleurs d’un retour de l’Office anti-stupéfiant (OFAST) et de la Gendarmerie Nationale.
C’est une fâcheuse habitude de nos régaliennes, qui préfère systématiquement ne pas répondre !
LIRE l’excellent article de Mikaël LIBERT paru dans 20 Minutes du 7 janvier 2021
RÉSEAUX SOCIAUX
Avec le hashtag #Lille, on tombe sur des dizaines d’annonces proposant à la vente du cannabis, de la cocaïne, etc. mais également des armes ou de la fausse monnaie
Le hashtag #Lille est devenu un mot-clef sur les réseaux sociaux pour les trafiquants de drogue.
Ce mot-clef fait apparaître également des annonces pour se procurer des armes ou de la fausse monnaie.
Le travail des forces de l’ordre sur les trafics via les réseaux sociaux est compliqué par l’anonymat qu’ils procurent et les règles de ces entreprises.
Stups and collect.
Il y a seulement quelques années, se procurer des stupéfiants était encore relativement compliqué pour le consommateur n’ayant pas les contacts. Il fallait soit maîtriser les arcanes du dark Web, soit prendre son courage à deux mains pour se rendre dans un point de deal connu. Les réseaux sociaux ont radicalement changé la donne et il est désormais plus facile de dégoter du cannabis ou de la cocaïne qu’une pièce de rechange pour une vieille Twingo. Sur WhatsApp, Snapchat ou encore Twitter, la garantie d’un anonymat quasi total complique la tâche des policiers et gendarmes chargés de lutter contre les trafics en tous genres.
Pour les personnes dubitatives persuadées que l’on exagère, il leur suffit de se rendre sur Twitter et de taper dans la barre de recherche le très innocent #Lille. Le résultat est édifiant, a tel point qu’il est même difficile de trouver une publication en rapport avec le hashtag au milieu des dizaines d’annonces proposant à la vente diverses sortes de stupéfiants. Cannabis, cocaïne, héroïne, kétamine, LSD… Plus rare et aussi plus inquiétant, on trouve parfois des annonces pour de la vente d’armes ou de fausse monnaie.
Des hashtags accrocheurs pour appâter le client
« Il est interdit d’utiliser notre service à des fins illicites ou pour la poursuite d’activités illégales », répond Twitter, interrogé par 20 Minutes. A ce niveau, que risquent les contrevenants ? « Si votre compte est dédié à la vente de biens et/ou services illégaux ou réglementés, il peut être suspendu de manière définitive », ajoute l’opérateur. Il ne nous a cependant pas été précisé si les comptes incriminés étaient signalés aux autorités.
Dans la foulée, Twitter a fait disparaître quelques comptes que 20 Minutes avait donné en exemple pour illustrer sa requête. Comptes qui ont été presque aussitôt remplacés par d’autres. De toute façon, les malfaiteurs n’utilisent cette plateforme que pour « accrocher » le client avec des hashtags d’actualité comme #coronavirus, #confinement et, donc, #Lille. L’idée étant que les personnes vraiment intéressées passent commande sur d’autres plateformes.
Nous avons ainsi poussé l’expérience un peu plus loin en contactant trois vendeurs différents, deux sur Snapchat et un sur WhatsApp.
Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils sont très réactifs. En quelques minutes, nous avions reçu la liste des produits disponibles ainsi que la grille tarifaire. Pour les novices, l’interlocuteur explique la marche à suivre. Il suffit de dire ce que l’on veut et de payer, soit en Bitcoins, soit via une carte prépayée. La livraison se fait ensuite à l’adresse indiquée. Lorsque l’on émet des doutes, l’interlocuteur se veut rassurant, allant même jusqu’à envoyer des captures d’écran d’échanges avec des clients satisfaits.
« Offres promotionnelles » et « livraison à domicile »
« Mon dealer fait des stories Snap pour informer des nouveaux produits par exemple. Il s’adapte aussi au contexte. Pour le nouvel an, il a prévenu qu’il fallait commander en avance pour être sûr de se faire livrer », explique à 20 Minutes une habituée de ce type de service. L’épidémie de coronavirus a aussi induit quelques changements : « Les livreurs ne se déplacent plus pour de petites quantités et, avec le couvre-feu, ils refusent de se bouger après 20h », assure la cliente.
« Nombreux sont les usagers à recevoir par SMS ou via des applications et des réseaux sociaux des offres promotionnelles », confirme un rapport de 2019 de l’Observatoire français des drogues. Ce même rapport relate que ces « relances régulières et autres techniques marketing visent à fidéliser la clientèle » et que la livraison à domicile est en plein développement.
Derrière les multiples comptes sur les réseaux sociaux, il y a probablement assez peu de personnes. Après en avoir contacté plusieurs, les réponses reçues étaient presque identiques, mot pour mot. Un interlocuteur sur Snapchat, censé arroser toute la France, nous a affirmé pouvoir assurer des livraisons sur Lille en 30 minutes. « Je contacte toujours le même numéro sur WhatsApp, mais ce n’est quasiment jamais la même personne qui vient me livrer le produit », reconnaît un autre client. Un de nos interlocuteurs sur ce même réseau a d’ailleurs confirmé que les commandes devaient être « validées par le boss » avant d’être envoyées. Nous ne sommes pas allés jusque-là.
Une tâche particulièrement difficile pour les forces de l’ordre
Pour les autorités, c’est un vrai casse-tête, notamment parce que les sièges de ces réseaux sociaux sont installés à l’étranger, essentiellement aux Etats-Unis. Ni Snapchat, ni WhatsApp ne traquent spontanément ce type de détournement de leurs applications. Pour le premier, c’est à un utilisateur de signaler un contenu illicite aux forces de l’ordre, lesquelles doivent ensuite saisir l’entreprise par le biais d’une commission rogatoire délivrée par un juge. Pour WhatsApp, le procédé est quasiment le même.
C’est à l’aube du dimanche 17 janvier 2021 que l’OFAST, la DNRED, les garde-côtes des douanes et la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) ont déclenché une opération qui a permis au ‘Germinal’ d’intercepter un bateau de pêche, lesté de 4 tonnes 200 de coke, au large de l’arc antillais en Atlantique.
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Cette opération est le fruit d’une coopération internationale entre services anti-drogue qui, lorsqu’ils décident d’œuvrer ensemble, obtiennent des résultats probants.
Les hommes du DEA ont participé à cette opération en apportant des infos sur les équipes de narcos derrière ce transport et l’AWACS américain a dû fournir la géolocalisation du bateau de pêche à la passerelle du Germinal.
Les huit membres d’équipage appréhendés ont été remis aux autorités administratives et judiciaires.
Lors d’une opération de contrôle, au péage autoroutier de Biriatou sur l’A63, les douaniers ont saisis 120 kilos d’herbe de cannabis. La cargaison était planquée dans un camion en provenance d’Espagne et qui se rendait en Belgique.
La saisie a eu lieu le lundi 25 janvier dans l’après-midi.
Cette opération réalisée par les FAA a également mobilisé l’office antistupéfiants (OFAST), la direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), les garde-côtes des douanes et la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS).
C’est une intervention de la frégate Germinal qui a permis de faire cette découverte, une cargaison de marchandises suspectes. 177 ballots retrouvés à bord de l’embarcation se sont révélés positifs à la cocaïne. Ils ont été saisis et détruits.
Les huit membres d’équipage appréhendés ont été remis aux autorités administratives et judiciaires de leur pays.
imanche 24 janvier en début de soirée, les gabelous de la BSI de Narbonne ont ciblé un véhicule suspect sur l’autoroute A61. Injonction est faite au conducteur de bien vouloir s’arrêter mais, pas clair, celui-ci tente de se soustraire au contrôle, en poursuivant sa route à toute vitesse.
Narco-conducteur, l’homme perd le contrôle de son bolide et percute deux autres voitures. Puis, devenant alors adepte de la course à pied, l’homme prend la fuite.
Des effectifs ont été déployés pour épauler les douaniers pour le retrouver et mettre la main sur le fuyard. 20 ans et déjà connu des services de police, il a été placé en garde à vue.source
« 88 tonnes de cannabis, 11,5 tonnes de cocaïne et 1 tonne d’héroïne », ce sont les premiers chiffres des saisies de drogue réalisées en 2020, livrés ce matin par Gérald Darmanin, qui restent très élevés pour le ministre de l’Intérieur et proches de ceux des années précédentes, malgré le contexte de la crise sanitaire.En clair tout baigne, alors qu’au bas mot, plus de 1.000 tonnes de haschich ont été consommé en France durant la même période, plus de 150 tonnes de coke et pas moins de 10 tonnes d’héroïne.
Les dernières données disponibles en termes de niveaux de consommation des drogues illicites en France proviennent de l’enquête Baromètre santé 2017qui précisait que le cannabis restait de très loin la substance illicite la plus consommée, aussi bien chez les adolescents qu’en population adulte, avec au total 18 millions de personnes à l’avoir déjà essayé et 45 % des individus âgés de 18 à 64 ans.
Alors, est-ce normal de mobiliser nos FDO dans un combat sans fin, en brisant la vie de toutes celles et ceux qui auront été et seront verbalisés, alors que ce sont pour la quasi totalité des citoyens respectables ? Assurément NON!
Pourquoi ne pas faire subir un test à tous les régaliens et à tous nos élus, aux artistes qui finissent toujours par nous dire qu’ils ont consommé, à nos animateurs des médias comme à tous nos dirigeants performants ? Allez Gérald, encore une petit effort, il suffira d’un décret, et hop, tous les citoyens sans test de contrôles anti-drogue seront verbalisés.
Il y a quelques semaines Aviseur publiait ces articles:
Pour 66% des Français, la pénalisation pour usage n’est pas efficace pour lutter contre la consommation de drogues.
Le dernier exploit de Gérald Darmanin dans l’arsenal répressif en instaurant une amende forfaitaire délictuelle, mise en place le 1er septembre 2020, n’est soutenu que par une hiérarchie policière préférant s’assurer de bonnes statistiques plutôt que de lutter efficacement contre la consommation de drogues qui explose, surtout auprès des adolescents.
La responsabilité morale de tous les tartuffes qui cautionnent encore cette politique rétrograde est engagée.
Alors qu’elle allait embarquer pour Orly, une dame à été contrôlée par les douaniers…Pas de chance, ses poissons congelés étaient farcis à la coke! La mûle – une femme de 28 ans domiciliée en région parisienne – a été remise à la police judiciaire et placée en garde à vue.
De mémoire de procureur et d’enquêteur, on n’avait jamais vu ça. C’est une affaire hors normes qui débute en juin 2019 par un signalement à la gendarmerie d’un trafic d’armes dont l’épicentre s’avère être l’Ice Palace, un établissement de nuit de Jarry. L’enquête vient de démarrer.
6 mois plus tard, 216 kilos de cocaïne sont saisis à l’aéroport d’Orly dans une palette contenant des ignames. L’enquête permet d’établir des liens avec plusieurs individus impliqués dans le trafic d’armes. Les deux dossiers sont alors rassemblés et confiés à la JIRS de Fort de France, la Juridiction interrégionale spécialisée.
Une cellule de logistique qui tombe
Pendant 18 mois, gendarmes et policiers vont travailler en étroite collaboration. Ils vont notamment identifier un réseau logistique chargé d’acheminer la drogue par voie aérienne depuis l’aéroport Pôle Caraïbe.
Un réseau impliquant plusieurs salariés et dirigeants de sociétés aéroportuaires.
Les investigations se poursuivent désormais sous la direction de la juge d’instruction en charge du dossier. De nouveaux développements pourraient rapidement intervenir dans les prochains jours.
Un douanier est toujours en garde à vue au Morne Vergain.
Renaud Gaudeul, procureur de la République à Fort-de-France, a tenu un point presse, ce vendredi, sur l’affaire de trafic de drogue et d’armes en bande organisée
Éclairage
« Une affaire exceptionnelle à plus d’un titre. » « Un dossier qui fera date. » Voici les propos de Renaud Gaudeul, procureur de la République à Fort-de-France (Martinique), à la tête de la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) pour les Antilles et la Guyane.
Ce vendredi, lors d’un point presse au tribunal judiciaire de Pointe-à-Pitre, il révélait les dessous de l’affaire de trafic de drogue et d’armes en bande organisée démantelée en Guadeloupe et dans l’Hexagone.
Il est à noter que les protagonistes ont tous des profils différents : du sans-emploi, au gérant de boîte de nuit en passant par l’employé lambda de Fret aérien ou encore le douanier. Ils sont âgés de 30 à 70 ans et certains ne sont pas connus de la justice.