Aviseur International renseigne, sans complaisance, sur la problématique de la drogue, du narcotrafic, de la corruption et sur les politiques mises en œuvre par les différents Etats et les dérives que s'autorisent les fonctionnaires des administrations — aviseurinternational@proton.me — 33 (0) 6 84 30 31 81
Cette opération combinée entre les différents services de l’Etat a été initiée par l’OFAST
Les deux occupants d’un voilier, de nationalité bulgare, ont tenté de mettre le feu à leur embarcation mais les marins de la frégate de surveillance ont réussi à récupérer 310 kilos de cocaïne, épargnés par les flammes.
Une nouvelle saisie de cocaïne en haute mer
Dimanche 4 juillet, la frégate de surveillance (FS) Germinal a arraisonné un voilier battant pavillon américain en haute-mer, à l’Est des petites Antilles. À l’approche du bâtiment de la Marine nationale, les deux narcotrafiquants ont mis le feu à leur embarcation afin de faire disparaître la cargaison illicite. Après avoir éteint l’incendie, l’équipage de la FS a récupéré 310 kilos de cocaïne épargnés par les flammes et a interpellé les deux individus.
Violences, corruption, santé… : l’ OFAST pointe cinq menaces du trafic de drogue
Selon l’office antistups, le trafic de drogue représente une menace pour l’Etat en valorisant un contre-modèle et en exploitant les « vulnérabilités sociales »
Violences, valorisation de contre-modèles, corruption, santé, environnement : l’Office français de lutte anti-stupéfiants (Ofast) a présenté mercredi les cinq principales menaces du trafic de drogue, qui génère quelque « 21 000 » emplois en France.
Chargé de combattre le trafic de stupéfiants, déclaré comme un combat prioritaire par Emmanuel Macron, l’Ofast a élaboré un « état de la menace » visant à mieux « s’adapter aux stratégies des trafiquants ». Ce document sera prochainement transmis aux partenaires de l’office mais n’est pas diffusé au grand public.
Cinq « grandes menaces » ont été identifiées et présentées mercredi par la cheffe de l’office, la contrôleure générale Stéphanie Cherbonnier, lors d’une conférence de la police judiciaire et de l’Institut des hautes études du ministère de l’Intérieur (IHEMI) sur la criminalité organisée en France.
Règlements de comptes
Première menace identifiée, « la montée en puissance des violences liées au trafic », a indiqué Mme Cherbonnier, en rappelant que 80 % des règlements de comptes sont liés au trafic de stupéfiants. Le trafic représente aussi une menace pour l’Etat, en valorisant un contre-modèle, en exploitant les « vulnérabilités sociales » avec le recours à des « mules » ou des « nourrices », et en favorisant la corruption « publique et privée », a-t-elle noté.
Les gendarmes au dessus de tous soupçons
Autre menace, la corruption d’agents publics, selon Mme Cherbonnier qui distingue trois catégories. Les agents qui « maîtrisent les flux », à l’instar des dockers, mis en cause dans plusieurs récentes affaires. Ceux qui peuvent « faciliter le sort des trafiquants » : policiers, douaniers, agents pénitentiaires etc. Et les agents « qui contrôlent les territoires », notamment les « agents municipaux » qui peuvent mettre des équipements publics à disposition des trafiquants. Un phénomène que « l’on voit de plus en plus dans les enquêtes », a-t-elle souligné.
Santé et environnement
Quatrième menace identifiée, celle pesant sur « la santé publique », avec des produits stupéfiants « de plus en plus concentrés ». Enfin, la cheffe de l’Ofast a aussi pointé la menace pesant sur l’environnement, avec notamment des atteintes à la biodiversité et l’utilisation de produits chimiques dans la fabrique des stupéfiants.
Le trafic de drogue, marqué par « une production mondiale et européenne particulièrement soutenue », représente environ trois milliards d’euros de revenus chaque année en France, a rappelé Mme Cherbonnier.
Avec « 4 000 points de deal » recensés en France, il génère l’équivalent de « 21 000 emplois » et seuls « 95 millions d’euros » ont été saisis lors des enquêtes, a-t-elle ajouté.
Depuis 4 ans, environ 100 tonnes de cannabis et plus de 10 tonnes de cocaïne sont saisies chaque année en France, a-t-elle encore dit.
Une dizaine de personnes ont été arrêtées à Orléans et en Espagne. Les enquêteurs pensent qu’ils testaient le transport par les airs de cannabis depuis le Rif marocain jusqu’aux plages andalouses.
Pour les enquêteurs de l’Office antistupéfiants (OFAST), les trafiquants – une dizaine de personnes arrêtées à Orléans et en Espagne – en étaient encore à la phase de test. Objectif : transporter par les airs plusieurs dizaines de kilos de résine de cannabis depuis le Rif marocain jusqu’aux plages de la Costa del Sol, à plus de 150 kilomètres au nord, à l’aide d’un drone, un Mugin 4 450 VTOL.
Comme nous l’avons révélé dimanche, une 2ème vague d’arrestations a eu lieu le 22 juin dans l’enquête qui a déjà entraîné la saisie de 594 kgs de cocaïne le 1er octobre 2020, près du port de Dégrad des Cannes, à Rémire-Montjoly.
Cinq suspects ont été incarcérés entre les 25 et 27 juin en Guyane, et un autre placé en détention en Bretagne. Mardi, ils ont été mis en examen par visio-conférence par le juge d’instruction de Fort de France.
1259 kilos de résine de cannabis ont été saisis dans un véhicule utilitaire qui s’apprêtait à embarquer vers l’étranger. La cargaison était dissimulée à l’intérieur d’une voiture, précise la DGSN, ajoutant que l’homme est un Français d’origine marocaine.
Âgé de 37 ans, il a été placé en garde à vue pour les besoins de l’enquête.
La région parisienne servait de base logistique aux trafiquants de cocaïne niçois
Quinze trafiquants de drogue, âgés de 23 à 40 ans, ont été interpellés depuis le début du mois de juin par les enquêteurs de la brigade des stupéfiants de la police judiciaire de Nice (Alpes-Maritimes), épaulés par leurs collègues du GIR (groupe interministériel de recherche) et de l’Office anti-stupéfiants à Nanterre (Hauts-de-Seine).
Ce réseau était dirigé par un malfaiteur de 40 ans qui menait sa juteuse entreprise depuis sa cellule du centre pénitentiaire du Pontet, près d’Avignon (Vaucluse).
La frégate française « Le Ventôse » qui traversait la côte caraïbe de la République dominicaine a intercepté un hors-bord avec 2 Dominicains selon la Direction nationale de contrôle des drogues (DNCD).
La frégate de surveillance « Le Ventôse » a arraisonné un go-fast sans nationalité au sud de la République Dominicaine dans la nuit du 16 au 17 juin 2021. L’embarcation contenait 17 ballots de cocaïne pour un poids total estimé à 550 kilos. Ses deux membres d’équipage ont été appréhendés.
Opérations promotionnelles, fidélisation de la clientèle, livraison à domicile: ces canaux de communication sont désormais largement utilisés par les trafiquants de drogue.
C’est dans la nuit de jeudi à vendredi dernier, sur le parking d’une zone de fret, à Bruges, que 701 kilos de résine de cannabis et 250 kg d’herbe ont été saisis.
Les enquêteurs, appuyés par le RAID, ont intercepté la drogue pendant un échange entre trafiquants locaux et leur « logisticien ». Cinq hommes et trois femmes ont été interpellés et placés en garde à vue au commissariat central de Bordeaux.
Karim Benkhelif a été interpellé à l’aéroport de Lisbonne dimanche alors qu’il descendait d’un avion en provenance de Dubaï. Ce franco-algérien faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international pour trafic de drogue.
Un chef de la mafia turque, qui a fait un certain nombre de déclarations extraordinaires sur les élites de son pays et le crime organisé, a affirmé qu’un plan avait été mis en place pour organiser le trafic de cocaïne du Venezuela vers la Turquie.
Dans une vidéo mise en ligne sur YouTube fin mai, Sedat Peker, chef de gang turc condamné, a affirmé qu’Erkam Yildirim – le fils de l’ancien Premier ministre turc Binali Yildirim – avait été impliqué dans un « savant montage » visant à envoyer de la cocaïne du Venezuela vers la Turquie.
L’ex premier ministre Binali Yildirim a publiquement nié les allégations faites contre son fils, affirmant dans une déclaration que les affirmations de Peker étaient «définitivement de la calomnie, des mensonges et je les rejette fermement. Nous mentionner côte à côte avec la drogue est la plus grande insulte », selon le Washington Post.
Reconnu coupable de crimes liés à la foule en 2007 et libéré de prison en 2014, Sedat Peker a quitté la Turquie l’année dernière pour éviter des poursuites après avoir prétendu avoir été informé d’une enquête sur son organisation criminelle. Plus tôt cette année, la police a arrêté près de 50 personnes associées au groupe.
Depuis mai, il a publié une série de vidéos YouTube dans lesquelles il a fait des allégations non corroborées de morts suspectes et de trafic de drogue, alléguant l’implication de hauts responsables du gouvernement turc et de personnes proches du parti AK au pouvoir, a rapporté Reuters.
À la suite d’une saisie de 4,9 tonnes de cocaïne à destination de la Turquie dans la ville côtière de Buenaventura, en Colombie, en juin dernier, Peker a déclaré que des contacts avaient été pris pour trouver une nouvelle route d’approvisionnement de la cocaïne. Il a affirmé que deux visites de quatre jours au Venezuela en janvier et février 2021 par Erkam Yıldırım devaient établir une nouvelle route pour l’envoi de cocaïne en Turquie, selon le média turc Bianet.
Binali Yıldırım a reconnu que son fils s’était rendu au Venezuela seulement en décembre 2020, apportant des fournitures médicales pour aider le pays à combattre le COVID-19.
D’autres allégations de Peker prétendaient que le cargaisons de cocaïne arrivant en Turquie pouvaient être transférées sur des yachts se dirigeant vers la marina de Yalıkavak dans la ville portuaire de Bodrum, située dans la partie sud-ouest du pays, a rapporté Bianet.
Sedak Peker a également affimé que l’ancien ministre de l’Intérieur Mehmet Ağar avait pris le contrôle de la marina à Mübariz Mansimov Gurbanoğlu, un entrepreneur azerbaïdjanais, actuellement assigné à résidence pour des liens présumés avec un groupe tenu pour responsable d’une tentative de coup d’État en 2016 en Turquie. Ağar, qui préside le conseil d’administration de la marina, a nié les allégations, affirmant qu’il protégeait la marina de la mafia.
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Analyse de la criminalité par InSight
La Turquie a servi de point de transit pour la cocaïne sud-américaine introduite en contrebande en Europe, au Moyen-Orient et en Asie.
Les trafiquants ont réussi à envoyer de la drogue dans le pays dans des conteneurs maritimes qui arrivent via la ville belge d’Anvers et d’autres ports européens.
De la cocaïne a également été introduite clandestinement à bord de vols entre la Colombie et la Turquie.
Sedat Peker a suggéré qu’une nouvelle route reliant le Venezuela et la Turquie avait été choisie par le réseau présumé pour deux raisons: le manque de contrôle de la Drug Enforcement Administration (DEA) des États-Unis au Venezuela et la proximité du pays avec la Colombie, qui connaît un boom de la production de cocaïne. .
Mais il est resté vague sur le « modus operandi » spécifique en suggérant seulement que les cargos quittant le port nord du Venezuela de La Guaira s’arrêtent à Panama avant d’atteindre la Turquie, selon Bianet.
Bien que cela ne semble pas être une filière de trafic de cocaïne établie, elle pourrait être plausible avec les bonnes connexions en place. Le fret transportant de la ferraille expédiée du Venezuela continue d’atteindre la Turquie.
Bien qu’aucune des affirmations de Sedat Peker n’ait été étayée, ses commentaires indiquent comment les réseaux de drogue turcs pourraient prendre le contrôle de nouvelles routes pour répondre à la demande européenne de cocaïne.
Un rapport de 2019 d’Europol et de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) a signalé que des groupes criminels organisés turcs mettent de plus en plus en place leurs propres opérations pour transporter la cocaïne directement d’Amérique du Sud vers l’Europe.
Le rapport ajoute que ces groupes achètent également de la cocaïne directement dans ou à proximité des pays producteurs, en s’appuyant sur leur propre infrastructure de transport maritime pour expédier de la drogue à travers l’Atlantique.
Analyse de la criminalité par Aviseur International
Sedak Peker ne fait que reprendre ce qui est parfaitement connu de l’ensemble des services européens dédiés à la lutte contre le narcotrafic. Donc ces informations ne permettent pas de faire une réelle découverte.
Seules les visites d’Erkam Yıldırım au Venezuela pour raisons humanitaires peuvent éventuellement déclencher un complément d’informations par les enquêteurs, bien qu’il soit vraisemblable que les agents de la DEA connaissent déjà les raisons réelles des visites de Erkam Yıldırım.
Sedak Peker a également affirmé que l’ancien ministre de l’Intérieur Mehmet Ağar avait pris le contrôle de la marina à Mübariz Mansimov Gurbanoğlu, un entrepreneur azerbaïdjanais, actuellement assigné à résidence pour des liens présumés avec un groupe tenu pour responsable d’une tentative de coup d’État en 2016 en Turquie. Ağar, qui préside le conseil d’administration de la marina, a nié les allégations, affirmant qu’il protégeait la marina de la mafia.
Pour cette dernière allégation de Sedak Peker, il ne serait pas autrement surprenant qu’un ex ministre de l’intérieur ait saisi l’opportunité de prendre le contrôle d’une marina, sachant que le côté sécurisation apportée par son contrôle autorise ‘de facto’ toutes autres dérives savamment calculées.
Sur la base des informations d’Europol et de la gendarmerie, les policiers néerlandais ont perquisitionné le laboratoire clandestin le 26 mai, et découvert 50.000 euros en liquide et sept véhicules équipés de compartiments secrets pour transporter la cocaïne dans le reste de l’Europe.
Le 31 mars 2021, une opération de gendarmerie mobilisant 450 officiers avait permis de saisir 70 kilos de cocaïne et plus de trois millions d’euros en espèces auprès d’un routier lituanien, transitant entre Tarascon (Bouches-du-Rhône) et Beaucaire (Gard).
Depuis lors, la gendarmerie nationale et la police néerlandaise ont poursuivi leur enquête sur ce dossier appelé « No Name », et retracé la piste de cette cocaïne. Elle a révélé l’existence d’un laboratoire souterrain à échelle industrielle, situé dans la ville de Rotterdam (Pays-Bas), où se ravitaillait ce camion.
La découverte a eu lieu dans le cadre d’une enquête menée sur EncroChat, une solution de communication numérique chiffrée utilisée par plusieurs organisations criminelles. »C’est une découverte très importante, qui a permis de mettre à jour un hub qui servait à transporter de la coke à travers l’Europe« , félicite le colonel Dominique Lambert, commandant de la section de recherches à Marseille.
Une des têtes de ce réseau, qui faisait l’objet d’un mandat d’arrêt européen, a été interpellé à Rotterdam grâce à la collaboration entre les magistrats français et néerlandais via Eurojust. Lors de la première opération du 31 mars, huit autres individus membres du réseau avaient également été arrêtés.
C’est à Beaucaire, dans le Gard, que les gendarmes avaient pu prendre en flagrant délit le routier lituanien, et constater l’échange de 60 pains de cocaïne pesant 70 kilos contre 1,25 million d’euros en liquide. L’opération avait mobilisé d’importants effectifs de la section de recherches de Marseille Provence Côte-d’Azur, appuyés par le GIGN.
Les enquêteurs de Marseille étaient sur le coup depuis un an et demi, et ils avaient repéré qu’en marge de son parcours de livraison, le routier lituanien faisait des crochets pour livrer de la drogue dans la région de Tarascon.
La mort d’Allan Affagard avait provoqué une marche blanche des dockers et de leurs proches fin juin 2020 au Havre. Ils avaient dénoncé la pression des trafiquants de drogue sur les dockers et les agents, menacés, intimidés, pour qu’ils acceptent de faire sortir du port des tonnes de cocaïne. Depuis trois ans, on recense une vingtaine d’enlèvements et séquestrations dans la ville du premier port français. En revanche, très peu de dépôts de plaintes sont enregistrés par craintes de représailles.
À la demande des autorités françaises, Interpol a émis une notice rouge à l’encontre de Sofiane Hambli surnommé «La Chimère», au casier judiciaire chargé de lourdes condamnations pour trafic de cannabis. Cet avis de recherche international est consultable sur le site internet de l’organisation de coopération policière.
«Je pense qu’il s’est dit « ils ont tout organisé pour que je sois coincé, ils vont me remettre en détention, ils veulent absolument ma peau ». Du coup il a décidé sans doute de partir», a déclaré son avocat Hugues Vigier, qui a indiqué ne pas savoir où se trouvait son client.
Sofiane Hambli (dont le prénom est parfois orthographié «Sophiane») est le personnage clé d’une enquête sur les pratiques de l’ex-patron de la lutte antidrogue François Thierry, qui avait conduit au remplacement de l’Ocrtis par l’Ofast (Office anti-stupéfiants) en 2019.
Mais où est donc passé Sophiane Hambli ? Selon nos informations, une notice rouge Interpol vient d’être émise par la France à l’encontre de ce trafiquant de drogue français de grande envergure, assortie de trois photos anthropométriques de l’intéressé.
Ces fiches sont destinées à alerter les autorités de police du monde entier sur les fugitifs recherchés à l’échelle internationale. Autrement dit, ce personnage central de la retentissante affaire dite du scandale des « stups », un dossier pour lequel il a été doublement mis en examen en compagnie notamment de François Thierry, l’ancien patron de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis, remplacé par l’Ofast en janvier 2020), serait de nouveau en cavale. Il en compte déjà un certain nombre à son actif.
Madame Stéphanie Cherbonnier de l’OFAST, désormais responsable de la lutte contre le narcotrafic, pourrait peut-être insister auprès du ministre du Budget pour que nos ports soient enfin sécurisés.
En France, les contrôles aléatoires sont tellement rares que la sécurité est remise en cause et nos savants continuent de réfléchir et de se refiler le dossier de ministères en ministères puis de services en services pour savoir si l’on va équiper nos ports de systèmes performants de contrôles qui existent !
Que du bonheur pour les narcos qui savent pouvoir compter sur le pinaillage des administrations françaises pour les laisser continuer à exporter des cargaisons de drogues.