
Deux palettes contenant du cannabis ont été découvertes dans l’entrepôt de DHL à Vénissieux (Rhône). Près de 800 kilos de drogue ont été saisis au total. La police judiciaire est saisie.
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Deux palettes contenant du cannabis ont été découvertes dans l’entrepôt de DHL à Vénissieux (Rhône). Près de 800 kilos de drogue ont été saisis au total. La police judiciaire est saisie.
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Le sociologue Jean Viard, directeur de recherches associé CNRS/Sciences po, analyse les émeutes en France. Il plaide pour une meilleure intégration des quartiers et une légalisation du cannabis.
Ces émeutes sont-elles la traduction d’une fracture avec les quartiers ?
Si cette colère des jeunes est légitime, le fait de casser comme ils le font est un vrai scandale. L’un des problèmes de ces quartiers, c’est qu’on y trouve 40 % de femmes qui vivent seules avec leurs enfants. Elles n’ont pas fait d’études, font souvent le ménage à l’autre bout de la ville et n’ont pas le temps de s’occuper de leurs enfants. L’autre problème, c’est le cannabis. On évalue à 200 000 le nombre de personnes qui travaillent dans ce monde. Rien que pour Marseille, on compte 122 points de deals avec des réseaux très structurés.
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Le Temps: Romilda Schaaf, depuis 2017, vous êtes la cheffe de la lutte contre le trafic de drogue, au sein de la brigade portuaire. Quelle est l’importance du port de Rotterdam dans le trafic de cocaïne entre l’Amérique du Sud et l’Europe?
Romilda Schaaf: Le port de Rotterdam est un goulet d’étranglement. C’est l’un des trois passages stratégiques avec Anvers et Hambourg où arrive la poudre en ballots, cachés dans des conteneurs sur des cargos. Les autorités de nos trois ports travaillent d’ailleurs ensemble. Cette année, nous avons déjà saisi 20 000 kg de cocaïne dans le port de Rotterdam. Nous arriverons à 40-50 000 kg saisis à la fin de l’année 2023. C’est le même chiffre que l’année dernière. Sauf qu’en 2022, nous avons arrêté 200 trafiquants et cette année, déjà 220 personnes, donc nous doublerons le nombre d’arrestations si cela continue. Soit nous faisons un meilleur travail, soit il y a plus de trafiquants et la cocaïne a augmenté conséquemment, et sort du port d’une manière que nous ne connaissons pas encore.
Justement, avez-vous une idée du pourcentage de la drogue que vous arrivez à saisir? Une étude indépendante a été menée par des scientifiques sur la quantité de cocaïne produite et consommée, ainsi que sur un certain nombre d’autres paramètres. La conclusion est qu’environ 60% sont saisis dans les ports des Pays-Bas.
Soixante pour cent, c’est énorme …
Le prix de la cocaïne n’a pas augmenté, et l’offre est toujours très présente partout, donc c’est un chiffre qui, à mon avis, doit être intégré dans les calculs des producteurs et des trafiquants.
Quel est le modus operandi des trafiquants?
Les trafiquants insèrent des briques de cocaïne dans les cavités des murs, des plafonds, des sols et des portes, dans l’isolation ou l’équipement de refroidissement des conteneurs traversant l’Atlantique. Dans des cartons de bananes, de jus, d’habits, de café, partout. Pas moins de 18 millions de conteneurs arrivent chaque année à Rotterdam, soit environ 50 000 par jour. Tous ne peuvent pas être contrôlés. Ce sont nos collègues de la douane qui en sélectionnent, selon leur provenance, et les contrôlent par scanner ou avec des chiens renifleurs. Le problème, c’est que dès que le conteneur est déplacé pour être inspecté, les criminels en profitent pour sortir la drogue. Ils ont des complices dans les ports: des marins, dockers, tentés de gagner quelques dizaines de milliers d’euros pour faire sortir la poudre du terminal sans contrôle. Le seul moyen pour nous de lutter efficacement contre cela est de les empêcher d’ouvrir les conteneurs en les bloquant les uns contre les autres. Nous engageons les compagnies à suivre cette méthode.
La corruption est donc partie intégrante de la vie du port? Chaque jour, 180 000 personnes travaillent au port. Echanger un conteneur peut rapporter 30 000 euros. Nous menons des campagnes contre la corruption, alertant sur le fait qu’on ne collabore jamais qu’une seule fois: lorsque l’on entre dans ce monde dangereux, on ne peut pas facilement en sortir. Il y a ensuite des pressions, des représailles, sans parler des 4 ans de prison ferme pour un docker qui serait pris en flagrant délit.
Et au sein de la police?
Depuis 125 ans qu’existe la brigade du port, nous n’avons pas eu un cas de corruption en notre sein. Cela s’explique aussi par le fait que nous n’avons pas d’accès libre au terminal des conteneurs, nous devons demander un laissez-passer à la sécurité.
De la sécurité du port de Rotterdam dépend ensuite le déferlement de la drogue partout en Europe. Etes-vous soutenus financièrement par l’Union européenne?
Non, pas à ma connaissance. Mais aux Pays-Bas, la lutte contre la drogue est la priorité numéro une. Notre budget a été augmenté de plusieurs millions d’euros et nous avons une nouvelle loi depuis 2020 qui met les criminels se trouvant illégalement dans le port en prison pour 2 ans. Nous nous devons de rétablir l’ordre dans certaines zones de non-droit pour rendre le pays sûr. Et débarrasser le port des criminels. Nous avons eu des politiciens, journalistes et avocats qui ont été assassinés. Pour ma part, je porte un gilet pare-balles mais je ne me laisse pas gagner par la peur. Sinon, je ne pourrais plus faire mon travail.
Quel a été votre travail depuis votre arrivée?
J’ai mis un point d’honneur à faire participer les compagnies d’import-export et du fret maritime à la lutte contre la drogue. Ce n’est pas qu’un travail de politique publique. Au début, c’était difficile car ces compagnies visent avant tout le profit et veulent faire sortir leur marchandise du port le plus rapidement possible. Ces contrôles coûtent de l’argent. Mais ils savent aussi qu’il est important de prendre des mesures pour contrôler les gens qu’ils embauchent, les surveiller, ils se rendent petit à petit compte des problèmes qu’engendre la drogue.
Est-ce que l’on a une mauvaise image de la cocaïne, qui est perçue comme une drogue festive, des riches et des puissants?
Je serais favorable à des campagnes similaires à celles que l’on a faites contre le tabac, du genre: «Le tabac attaque vos poumons, votre foie, votre cœur». On devrait proposer: «En sniffant votre rail de cocaïne, vous participez au meurtre de paysans en Amérique du Sud, à l’assassinat d’un avocat et d’un enquêteur reporter aux Pays-Bas, vous avez beaucoup de sang sur les mains». Car oui, cela reste tendance et branché de prendre de la coke en festival, et le consommateur ne se rend absolument pas compte de la violence et des crimes qui y sont liés. La cocaïne est un marché qui respecte la loi de l’offre et de la demande et à mon sens, on ne met pas du tout assez de pression sur le consommateur.
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Le touristique État du Chiapas au Mexique est devenu une nouvelle zone de transit pour la drogue. Le 27 juin, seize employés de l’administration pénitentiaire y ont été enlevés par un groupe armé, pour faire pression et marquer son territoire.
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Par Aïna Skjellaug
Des toilettes de la Riponne aux conteneurs du plus grand port d’Europe, «Le Temps» vous invite à suivre la route de cette drogue, alors que la Suisse apparaît comme le plus grand consommateur du continent
Ce qu’il faut s’imaginer, c’est une ville dans la ville. Rotterdam, 630 000 habitants, deuxième cité des Pays-Bas, ne serait rien sans son port extravagant, le plus important d’Europe. Il s’étend sur près de 50 kilomètres. Partout, des cargos amarrés venant de partout. Partout encore, rouges, blancs, ocre, bleus, jaunes, rouillés, des milliers d’énormes conteneurs empilés en une construction géante de Lego.
Il est impossible de contrôler toutes ces boîtes de ferraille: seulement environ 1% d’entre elles l’est sérieusement.
On vise les provenances vaguement suspectes – Pérou, Colombie, Bolivie – mais la drogue peut se cacher derrière des fruits, des pièces de tracteur ou du café, comme on l’a vu lorsqu’une cargaison de cocaïne a été découverte au printemps 2022 dans l’usine Nespresso de Romont, sans bien sûr que l’entreprise ne soit le moins du monde impliquée. Même les trafiquants font des boulettes.
Ce qui demeure la marque de Rotterdam, c’est le danger
La «Mocro Maffia», voici le terme désignant les filières marocaines qui tiennent le marché de la poudre depuis le port. Et si la violence directement liée au trafic est peu présente dans une petite ville comme Lausanne, Rotterdam vit une autre réalité, d’une dureté inquiétante jusqu’aux plus hauts étages de l’Etat et de la démocratie. Corruption, des dockers aux politiciens, chantages, menaces, meurtres, la pression est quotidienne. Journalistes trop fouineurs assassinés, ministres se retrouvant sous protection parce qu’ils refusent de se faire acheter. Mais la gangrène prend, dans une odeur de sang et de menaces, au point de donner au pays une réputation qui, selon certains, pourrait à terme en faire une sorte de narco-Etat où le pouvoir des marchands de mort ne connaîtrait plus de limites. Pourtant, des brigades policières dédiées enquêtent sans relâche et avec un courage époustouflant au milieu des empilements du port de Rotterdam.
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Ce qui ressort de toutes les analyses, c’est que le marché des stupéfiants alimente en argent des réseaux criminels internationaux, passant de l’Amérique du Sud aux anciens pays de l’Est ou à l’Afrique, qui sont actifs partout, y compris en Suisse, et ceux-là sont parfois extrêmement dangereux. La lutte est sans fin. Et le refrain de la police aux trousses des trafiquants ressemble à une vieille chanson d’Alain Bashung: «Toujours sur la ligne blanche.»
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Selon une information de La Provence, ce mercredi, les policiers ont procédé à l’interpellation d’une quinzaine de personnes suspectées d’appartenir à l’un des deux réseaux de trafic de stupéfiants, les « Yoda », qui opèrent à la Paternelle dans les quartiers nord de Marseille.
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Mardi 27 juin 2023, onze policiers adjoints ont été interpellés et placés en garde à vue à Cayenne. Ils sont soupçonnés d’être impliqués dans un trafic de drogue entre la Guyane et la métropole.
Le procureur de Cayenne, Yves Le Clair, a indiqué que l’opération avait mobilisé 66 fonctionnaires de police judiciaire, trois de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), dix du Service territorial de police judiciaire (STPJ) Val-de-Marne et plus de 55 autres policiers et gendarmes.
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Dans un récit historique plein de saveurs, Jean-Pierre Filiu raconte l’essor de trafics très rentables pour les dirigeants de pays producteurs, qui ont toujours cherché à les contrôler de près.
De l’herbe d’Égypte au pavot d’Afghanistan, le Proche-Orient est depuis longtemps une terre de culture de plantes destinées à la production de drogues de toutes natures.
La « cocaïne du pauvre » est devenue un enjeu diplomatique de premier plan au Proche-Orient. Le 7 mai 2023, la Ligue arabe a réintégré la Syrie, exclue en 2011 de l’organisation. L’une des conditions posées par les pays du Golfe et la Jordanie était l’arrêt de la production par la Syrie du Captagon, drogue de synthèse aux effets puissants répandue parmi la jeunesse, à tel point que ces États la considèrent comme une question de sûreté nationale.
Leurs dirigeants en ont la certitude : ce trafic, estimé à plusieurs milliards de dollars, est détenu par le clan Assad et contribue de façon importante au financement du régime. Rien de nouveau dans la longue histoire du Proche-Orient, en réalité. Le cas syrien n’est que le dernier chapitre d’une longue « histoire de drogue, de pouvoir et de société » dans la région, affirme l’historien Jean-Pierre Filiu dans un livre très documenté. La Syrie y fait l’objet d’un chapitre qui remet en place quelques clichés, à commencer par celui qui ferait du Captagon la « drogue des djihadistes », expliquant à elle seule leur férocité. Le Captagon est plutôt utilisé pour rester éveillé sur les lignes de front, pratique commune aux combattants de tous les côtés. Et si l’organisation de l’Etat islamique (OEI) a pu tirer quelques revenus du trafic, ils viennent bien après la taxation des populations, l’exploitation du pétrole et même la contrebande d’antiquités, dit l’auteur. L’OEI exporte sa drogue par les mêmes réseaux qui lui permettent d’écouler son pétrole au marché noir vers le Liban et la Turquie, avec la complicité du régime syrien.
Quand le pseudo califat est démantelé en 2019, le trafic de Captagon ne cesse pas, bien au contraire. Les pilules sont exportées par millions via l’aéroport de Beyrouth ou le port syrien de Lattaquié vers l’Europe ou les pays du Golfe. En Syrie, affirme Jean-Pierre Filiu, la production et le trafic sont gérés par le frère du président, le général Maher Al-Assad, commandant de la quatrième division, qu’il utilise pour protéger les laboratoires de fabrication et faciliter le transport des cachets.
Retour vers le passé : avant le Captagon, le haschich et l’opium sont largement consommés dans l’empire ottoman et la Perse, d’autant plus que le Coran n’en dit rien. Au XVIe siècle, « une addiction de masse » émerge en Perse, selon Filiu, malgré quelques campagnes de prohibition qui échouent régulièrement. Au XVIIe siècle, un voyageur français, Jean-Baptiste Tavernier, estime « malaisé de trouver en Perse quelqu’un qui ne se soit adonné à l’opium ».
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La Guardia Civil espagnole a annoncé jeudi plusieurs saisies conjointes avec les autorités colombiennes d’un total de plus de 6,5 tonnes de cocaïne qui devaient entrer en Espagne par le port d’Algéciras, dans le détroit de Gibraltar, dissimulées dans des cartons de bananes.
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Le Syndicat de la magistrature fait partie du collectif qui a lancé une pétition demandant la suppression des sanctions pénales pour l’usage de drogues.
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Le point de vue de Marc Fievet
Les meilleurs promoteurs des drogues sont les lobbyistes qui pronent le maintien d’une prohibition totalement improductive. Les résultats sont là pour en témoigner.
Nos régaliennes dédiées à cette « lutte » savent qu’en faisant pression, elles garantissent l’activité pour une foultitude de fonctionnaires au détriment de la baisse souhaitée de la consommation de ces produits illicites trop souvent frelatés.
Je ne ferai pas de comparaison avec d’autres drogues qui bénéficient d’une totale impunité pénale …
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Premier exportateur mondial de bananes, l’Équateur remplit chaque semaine dans ses ports environ 7 000 conteneurs de ce fruit tropical. Une aubaine pour les narcotrafiquants, d’autant que les administrations impliquées ne parviennent pas à organiser de véritables contrôles, voire sont corrompues.
Le point de vue de Marc Fievet
Et en Europe, les contrôles sont aléatoires et aucune installation sérieuse de contrôles n’est réellement prévue. Cherchez l’erreur !
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Les enquêteurs de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) enquêtent sur la découverte récente de 156 kilogrammes de cocaïne dans un bâtiment situé à proximité de l’aéroport Montréal-Trudeau.
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Ce lundi 26 juin, un collectif d’associations a lancé une pétition sur la plateforme de l’Assemblée nationale, plaidant pour supprimer « les sanctions pénales pour la simple consommation de drogues », relate Sud-Ouest. Parmi ce collectif, Médecins du monde, le Syndicat de la magistrature ou encore la Fédération Addiction appellent à « donner la priorité à la santé sur la répression ».
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Le SPF Finances précise que les douaniers ont saisi ce lot de cocaïne lundi dans le Port du Pays de Waes, une section du Port d’Anvers.
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« Il y a 14 fois plus de moyens qui sont dédiés à la répression qu’à la prévention et à la politique sanitaire et sociale », a regretté lundi 26 juin sur franceinfo Samra Lambert, secrétaire nationale du Syndicat de la magistrature, alors qu’Emmanuel Macron a annoncé que les amendes pour possession ou consommation de cannabis « pourront être payées immédiatement », en carte bancaire ou en liquide.
franceinfo : Que pensez-vous de cette annonce ?
Samra Lambert : Ce que l’on constate c’est qu’encore une fois on veut faire croire que pour lutter contre les trafics, il faut s’attaquer aux consommateurs. Le gouvernement joue sur ce fantasme de guerre à la drogue en confondant à l’envie l’usage récréatif et l’usage problématique.
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Alors qu’un Rafale était en train de l’intercepter, le pilote d’un avion de tourisme a largué samedi 24 juin plusieurs paquets de méthamphétamine dans le vide avant de se poser sur un aérodrome en Ardèche et de prendre la fuite, a appris franceinfo de source proche du dossier, confirmant une information du Dauphiné Libéré. Le pilote qui a finalement été interpellé est connu pour des infractions douanières aux stupéfiants.
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Carte bancaire acceptée !
Emmanuel Macron a annoncé que les amendes forfaitaires pour consommation de cannabis pourront être réglées directement auprès des agents afin d’éviter les impayés.
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L’équipage du navire de la marine néerlandaise Zr.Ms. Groningen a intercepté des cargaisons de cocaïne et de marijuana, pour un total de près de 2.000 kilos, dans la mer des Caraïbes, au large de Curaçao.
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Des douaniers ont interpellé des travailleurs qui auraient caché de la drogue dans des kits de préparation de parfums.
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L’exploit de la semaine
Après avoir été reconnue coupable, la mule a été condamnée à une peine de 30 mois de prison ferme avec maintien en détention.
En outre, elle devra payer une amende douanière de 61116 euros.
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