Coke en stock (CIV) : retour en Arkansas, à la Mena

coke en stock

9 novembre 2015

Et puis dans ma longue saga sur l’historique des transferts de cocaïne, a émergé soudain une découverte, fortuite, à  vrai dire, et initiée… par mes lecteurs. L’un d’entre eux m’ayant remis en tête récememment la vente de biréacteurs Caravelle en fin de vie à  des personnes susceptibles de les utiliser à  des fins indélicates, je me suis remis à fouiner… pour tomber sur un pan complet fort instructif de la grande période des transferts massifs de cocaïne de Colombie directement vers la Californie via des avions réaction, bien aidé il est vrai par une rencontre sur le net fort au courant de l’aviation. Et tomber sur le cas de ce biréacteur français qui démontre par l’exemple que l’affaire du Boeing de la cocaïne couvert au Mali en 2009 a eu un précurseur français… 14 ans auparavant. Retour -en plusieurs étapes- sur ce fait historique, une livraison encore une fois de plusieurs tonnes de coke en plein désert… mexicain cette fois, et non malien. Avec à  l’autre bout… des comptes bancaires suisses. Comme quoi rien n’est vraiment nouveau ! Tout avait commencé en fait sous Bill Clinton, en son fief de l’Arkansas… avec le trafiquant Barry Seal, qui travaillait pour la CIA. Avant de parler Caravelle, on va (à nouveau) parler d’autres avions et… de l’Arkansas.

mena-db623Tout part de la mena, encore une fois, ou plutôt des multiples pistes au fin fond de l’arkansas ou des etats-unis, où atterrissaient les petits bimoteurs de Barry Seal et de ses collègues de la Cia, en plein fief cliftonien. Même s’il n’y avait pas qu’au hangar de Rich Mountain aviation, à la Mena, tenu par l’association de Seal et, Fred Hampton, que les opérations de rapatriement de drogue colombienne se faisaient. Seal, un agent de la DEA, c’est à  noter, était donc aussi un trafiquant de drogue, voilà  qui détermine tout de suite un des points forts du système : ceux chargés de poursuivre les trafiquants l’étaient eux-mêmes, et le sont encore pourrait-on dire, A  constater l’inefficacité totale de la lutte antidrogue de la DEA en Amérique Centrale et du Sud depuis des années. DEA et CIA travaillent en effet la main dans la main, c’est que révèle¨à l’évidence toute l’affaire Barry Seal…

L’avion de Seal
barry sealUn journaliste, Micah Morrisson, dans le Wall Street Journal, va décrire parfaitement ce qui s’y passe dans cet endroit reculé des USA, dès le le 29 juin 1994 (à droite un passage bas d’avion attribué à Barry Seal dans un documentaire US): « Mena est un bon endroit pour un mystère. Les forêts de pins et de feuillus des montagnes Ouachita qui l’entourent depuis longtemps sont un paradis pour les hors la loi, des générations de bouilleurs à la maison ou pour les agriculteurs de contrebande de marijuana aux chemises rouges de terre En 1981, le passeur de cocaïne Adler Berriman (« Barry ») Seal est arrivé sur les lieux, et a établi une base d’opérations à l’aéroport de Mena. Le dossier de M. Seal est bien connu des forces de l’ordre, il a été souvent présenté comme ayant fait plus de 50 millions de dollars avec ses activités illégales. Travaillant chez Rich Mountain Aviation, l’une des entreprises locales qui s’est transformé en un centre de remise en état des aéronefs de Mena, M. Seal a importépour près de 1,000 dollars de cocaïne par mois à partir de la Colombie dans les années 1980, selon l’enquêteur de Arkansas State Russell Welch, qui suit le cas de Seal depuis plus d’une décennie. passage bas barry sealEn 1984, M. Seal a « basculé » pour la DEA, devenant l’un de ses informateurs les plus importants. Il a pris l’avion pour la Colombie et recueilli des informations sur les dirigeants du Cartel de Medellin dont la cheville ouvrière est Lehder Carlos et a témoigné dans d’autres affaires très médiatisées. Quant à l’associé de M. Seal, Fred Hampton, le propriétaire de l’aviation de Rich Mountain Aviation, il a acheté une parcelle de terrain près de la petite communauté dans l’arrière-pays de Nella, à 10 miles au nord de Mena, et y a fabriqué en une piste. Les responsables locaux de la police pensent que l’achat était à l’initiative de Seal. » L’avion montré dans une vidéo amateur comme étant celui de Barry Seal est un modèle Navajo PA31-310, comme celui-ci, qui se distingue par ces trois larges hublots sur les côtés (le quatrième, celui de la porte d’accès est obturé, c’est une version « cargo ») : l’avion n’étant pas pressurisé. Certains Navajo ont été transformés pour pouvoir larguer des parachutistes (comme ce modèle). Seal utilisait, on le sait, cette méthode de largage pour délivrer la cocaïne.

La Louisiane, et l’île de Lehder

3324385676_c07b82f0d7-1Dans « The Crimes of Mena » de Sally Denton et Roger Morris sorti en juin 1995; on la description de la méthode Seal :  « Les cassettes vidéo personnelles de Seal, en la possession des auteurs, montrent une scène dans laquelle il a utilisé l’équipement de parachutage de l’armée américaine  ainsi que des dispositifs militaires de précision, dans ses opérations de transport de la drogue. Au milieu de l’après-midi après un certain nombre de passage à vide, l’un de ses avions abandonné une charge de plusieurs sacs polochons attachés à un parachute. En quelques secondes, la cargaison assis sur la piste d’atterrissage en herbe, à distance récupérée par Seal et chargé sur un hélicoptère qui avait suivi les avions volant à basse altitude. « Ceci est la première goutte jour de cocaïne dans l’histoire de l’État de Louisiane, » Seal raconte sur la bande. Si les sacs polochons vu dans les films à la maison des contrebandiers ont été remplis avec de la cocaïne – comme Seal le déclare lui-même sur la bande – cette charge unique valait déjà des centaines de milliers de dollars ».

L’armée complice

avion441-510x379-0336e-d2798Cette complicité avec les militaires, c’est exactement encore ce qu’écrivait Micah pour la base de Nella (Mena) dans l’Arkansas :  » En 1984, les rapports de surveillance policières parlaient d’une activité étrange de type militaire autour de Nella. « Nous avons eu des rapports sur des armes automatiques ; de nombreux incendies, sur des hommes d’apparence latino-américaine dans la région, des gens en tenue de camouflage se déplaçant silencieusement à travers des chemins avec des armes automatiques, des largages d’avions, un trafic d’avion bimoteur, des choses comme ça », dit l’ancien enquêteur de l’Internal Revenue Service, William Duncan, qui a commencé à enquêter sur Mena en 1983. Les habitants de la campagne autour de Nella ont confirmé les rapports d’avions qui chargeaient sur place dans le milieu des années 1980. « Mais les gens ne parlent pas beaucoup de ça ici », a déclaré un habitant du quartier. « Si vous le faisiez, vous auriez pu vous réveiller un matin et trouver un tas de vos animaux morts. » Visiblement, on a fait peur à l’entourage…. de la même manière qu’on a fait peur à des gens à d’autres endroits pour qu’ils ne mettent pas le nez où ils ne devraient pas.norman cay La mort d’un des pilotes (Emile « But » Camp), certes accidentelle, à Fourche Mountain au Nord de Mena, un an avant celle de Barry Seal ravivant les peurs de possibles manipulations, Camp ayant beaucoup à dire sur le cas de son propre collègue (un autre pilote de Seal, Eric Arthur, pilote de Piper Seneca, natif des Turks and Caicos Islands, se fera hacher menu par les hélices d’un appareil en 1984 sur l’île de Lheder (ici à droite), où se posait régulièrement Seal : Lehder, Escobar ou  Rafael Caro Quintero…. et Seal partageaient les mêmes avions. En tête de chapitre, un avion attribué à Seal dans une vidéo : c’est un Navajo Panther, et non un Cheyenne. Plus étonnant encore, l’avion ressemble comme deux gouttes d’eau au Panther découvert dans le hangar des appareils appartenant à la société de Caro Quintero, Taxi Aereo Nacional de Culiacan SA :

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La méthode inventée deviendra classique

Les mêmes avions… et les mêmes méthodes. La preuve en étant cet extrait de l’ouvrage « Kings of Cocaine: Inside the Medellín Cartel – An Astonishing True Story of Murder, Money, and International Corruption » de Guy Gugliotta et Jeff Leen : « la contrebande sérieuse de cocaïne en avion privé est devenu une réalité lorsque Carlos Lehder et George Jung ont finalement rencontré Bam Kane à Miami pendant la première semaine d’août 1977, Kane dit qu’il était prêt, après un an d’attente et des retards, à faire voler la cocaïne pour eux. Pour s’envoler de Nassau, le fuselage de son petit avion bimoteur était équipé de réservoirs de carburant de caoutchouc pliable pour augmenter sa portée et était guidé par un Loran, une radio balise capable de le guider à quelques miles de sa cible (voir ici le principe, ainsi que l’explication ici). Au dessus de la Colombie, un co-pilote envoyé en repérage pour Kaneloran_kln88 avait souligné l’emplacement d’ une petite piste d’atterrissage privée dans une ferme en dehors Medellin, celle où  était Pablo Escobar. Avec 250 kilos de cocaïne à bord, cinq fois plus que Carlos I.ehdci n’avait jamais manipulé. Bam Kane est retourné à Nassau, a ravitaillé, et  est entré furtivement dans l’espace aérien américain. La cocaïne a alors été  chargée dans des chariots de supermarché et a été transportée en voiture à Fort Lauderdale sur un parking, là où Kane a divisé la charge en deux et l’a mise ans les coffre des deux voitures. Lorsque les Colombiens son venus, il leur a donné une voiture et a retenu l’autre jusqu’à ce qu’ils payent sa redevance Kane a eu son argent dans les quarante-huit heures et Jung et Lehdcr se sont divisé un cool million de dollar :  tout avait fonctionné comme sur des roulettes ».

réunion

Un parc aérien riche

Dans le jugement du 20 janvier 1993, on retrouvera trace complète des avions utilisés par Lehder (je résumé ici le long texte). Le Piper Navajo aircraft, Registration N50RK, dans lequel avaient volé  Carlos Lehder, Jak Carlton Reed, et Russ O’Hara  pour emporter 6 à 700 livres de coke à Rio Hacha en Colombie le 6 mars 1976. Le fameux N50RK est souvent attribué à Pablo Escobar, en fait. l’avion un Piper PA-31 Navajo sans winglets, construit en 1977 sous le numéro 51434430/A63918, inscrit chez A o Z Leasing à Corona del Mar, en Californie a été exporté le 11 juin 1981 en… Colombie. Son registre indique que ses propriétaires étaient des associés (« partnership« ).N50RK escobar De la coke transférée ensuite dans le Beechraft Queen Air, Registration N923Q.  En « avril ou début mai 1978 », Carlos Lehder, Jack Reed Carlton, et Russ O’Hara ont volé sur le Piper Navajo, inscription N50RK, de Cay, aux Bahamas de Norman, sur une piste en Colombie, avec un arrêt en route à Aruba, pour emporter environ 300 kilogrammes de cocaïne, avec retour à Norman Cay, Bahamas. L’avion était à l’époque toujours… californien. Vers la mi-juillet 1978 à ou vers décembre 1978 Reed et Stephen C. Yakovac ont fait plusieurs vols de chargements de cocaïne pour un total de 1358 kg de cocaïne en provenance bonanzade Norman Cay, aux Bahamas, sur une piste en herbe en Floride près du lac Okeechobee , en utilisant un Cessna 206, d’enregistrement N756LY. L’avion était enregistré en 1982 chez Red Aircraft Sales, à Fort Lauderdale avant d’être « exporté au Panama » !!! En mars 1979 Reed et Stephen C. Bluemel, ont volé sur un Bonanza à empennage en V, d’enregistrement N18337, en emportant environ 300 kilogrammes de cocaïne en provenance de Norman’s Cay, aux Bahamas vers la piste d’atterrissage lac Okeechobee, en Floride. Au mois de mNormans-cay-bonanzaars ou au début d’avril 1979 Edward Hayes, Carlos Lehder et Leverett Merrill Francis ont chargé environ 350 à 300 kilos de cocaïne dans un avion bi Beechcraft Bonanza, d’inscription N537ML, sur Norman Cay, aux Bahamas, et Ward et Francis, ont piloté l’avion au piste d’atterrissage d’Astor Park à Lake County, dans le Middle District de Floride, où la cocaïne a été chargée par une équipe au sol recruté par Jack Reed Carlton. Cette cocaïne a ensuite été transportée par véhicule à moteur d’Astor Park vers la «maison de planque» de Lighthouse Point, Floride, loué par Stephen C. Bluemel. Le gag, c’est que le Bonanza à queue papillon des dealers volait toujours récemment : il a été photogrphié à Santa Paula Airport en août 2010… et un autre similaire semble être resté dans un hangar sur Norman’s Cay, comme on peut le voir ici à gauche…

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La grande époque du trafic de coke

En 1985,  on retrouvera un Cessna Conquest 441, cette fois, posé sur une autoroute, a i-75 à l’ouest de Palmetto, en  Floride, vidé de ses occupants. Un avion soupçonné d’avoir apporté de la coke. Son immatriculation sera attribuée en 1988 à un Boeing 727. Deux ans plus tard, en 1987, la police découvrait tout un matériel radio sophistiqué chez des trafiquants arrêtés à Miami : scannersdes scanners radios sophistiqués pour écouter la police, et une véritable station d’observation avec jumelles sophistiquées en haut d’un appartement de Sunny Isles. Au sommet du trafic, Lloyd Frink, le responsable du Grand Prix de Palm Beach et de l’International Motor Sports Association (IMSA). En trois ans, Don et Bill Whittington, Davie`s Randy Lanier et Davie`s Marty Hinze, tous pilotes de course, avaient été arrêtés pour trafic de drogue. Alors que Seal balançait ses paquets sur terre, Frink les récupérait lui plutôt en mer, ses paquets étant équipés de balises émettrices :  « la cocaïne, munis d’émetteurs, tombait dans l’océan depuis des avions, raconte le FBI. Des bateaux suivraient le signal radio et ramassaient des paquets flottants avec la drogue illicite. Frink et un autre pilote d’hydravion, appelé Lake (un Lake Buccaneer LA-4-200 en fait), volaient au dessus des bateaux transportant de la cocaïne de Scrub Cay dans les Bahamas, à Nassau, disent les autorités, selon le procureur adjoint Michael Runowicz déclaré jeudi. Le réseau de contrebande importé 10 tonnes de cocaïne d’une valeur de 10 millions dollars, selon, les agents du FBI. »

Des risques énormes, et des accidents révélateurs

principeDe accidents ont eu lieu, lors de ses vols de nuit dangereux. Le pilotage à l’arrivée de la Mena n’étant pas si facile que cela… comme témoignage, celui du shérif local avait surpris, à propos d’un crash d’un des appareils contenant la coke : « A. L. Hadaway, l’ancien shérif du lieu, a été fort surpris d’apprendre que « Camp, un pilote expérimenté, s’était écrasé. « Il aurait pu trouver cet aéroport de nuit tous feux éteints, je l’ai vu le faire », a déclaré Hadaway, qui est aussi un pilote. Furr (le manager de Rich Mountain) a dit qu’il y avait quelques doutes que la mort de Camp aît pu être simplement accidentelle :« J’ai entendu parler d’un assassinat, que Camp avait une bombe à bord, qu’il avait avec lui 500 livres de cocaïne et 3 millions de dollars en numéraire » a-t-il dit. Vous pouvez entendre plein de choses à ce propos ».  Dans une fort étonnante déposition d’un policier, Russell Franklin Welch, lisible ici, on peut en effet lire la thèse de l’attentat contre Camp : « donc, environ le 20 Février 1985, une personne inconnue à mes yeux, avant cette époque; ^portant le nom de Emile Camp, s’est écrasé en avion près de Mena et a été tué. J’ai reçu un appel d’abord de Rudy et Furr et plus tard, je pense, de Freddie Hampton. Je ne me souviens pas de l’ordre exact sur ce point. Mais ils tous deux craignaient que cela avait été un assassinat, parce Barry Seal allait au tribunal – il à la cour à ce moment-là à Miami, en Floride, sur un – témoignage pour la gouvernement dans une opération qu’il avait aidé à effectuer. Ils le sentaient comme cela – que l’accident d’avion d’Emile Camp était en quelque sorte un assassinat pour expédier ce procès, soit pour Barry Seal ou pour la défense dans le procès, Emile Camp étant la seule personne avec Barry Seal personne qui pourrait témoigner de ce qui se passait en ces temps particuliers« . Seal sera descendu, on le rappelle alors qu’il commençait à témoigner à sonpropre procès, et surtout à commencer à tout révéler. L’avion de Camp était le N8658E, un Piper Seneca noir, gris et rouge.maule L’avion appartenait à « Seal Adler B » : le nom réel complet de Barry Seal. Des Piper Seneca, il en avait trois : le N8658E, le N8275T (enregistré chez « Pay and Save Inc » (drôle !)et le N8049Z, tous peints exactement pareil, avec des noms de code internes… japonais. Exercés à voler bas et à tester les détections radars de la base. Peints pareils, les avions étaient complètement interchangeables. Les avions étaient enregistrés à Boward County… en Floride. Barry Seal utilisait aussi un avion précis : un petit Maule, dont la spécialité est l’atterrissage et le décollage court, idéal au Nicaragua (présenté ici par Terry Reed).

Un seul hangar est tout s’explique

rich_mountain-8279aL’origine du trafic est vite cernée, et elle se situe dans un hangar précis de Mena même :« M. Duncan et M. Welch, enquêteurs de police de l’état d’Arkansas, ont poussé leur enquête sur M. Seal et de Rich Mountain Aviation. Ils soupçonnaient que M. Seal, en dépit de son travail avec la DEA, ait continué d’importer des drogues et à blanchir l’argent par le biais des entreprises locales et les banques, en utilisant éventuellement la piste d’atterrissage de Nella comme base pour des largages de drogue. En 1986, la chevauchée sauvage de M. Seal a pris fin. Trois tueurs à gseal deadages colombiens armés de mitraillettes l’ont rattrapé alors qu ‘il était assis derrière le volant de sa Cadillac blanche à Baton Rouge, en Louisiane, et lui ont délivré une récompense éternelle. Huit mois après l’assassinat, l’avion cargo de M. Seal a été abattu au-dessus du Nicaragua. A bord il y avait un chargement de munitions et de fournitures pour les Contras. Un membre d’équipage, Eugene Hasenfus, a survécu. Avec l’accident, et l’étalage de l’affaire Iran-Contra, les enquêteurs ont commencé à examiner la piste de Nella sous un jour nouveau. Barry Seal ne faisait pas simplement que voler la drogue aux États-Unis, pensaient-ils, peut-être aussi qu’il apportait aux Contras nouvellement formés des armes de l’extérieur. » 

Des largages et une récupération par hélicoptère

mena_hangar-7084dLe policier qui avait découvert le trafic a fait un témoignage fort précis sur les méthodes inventées par Barry Seal, qui deviendron communes à tous les trafiquants suivants :  « nous avions un problème difficile pour montrer la réalité de l’arrivée de la drogue à la Mena. Nous avons appris la méthode de fonctionnement de Barry Seal et des personnes qui avaient été impliquées avec lui. Lui-même à cette époque, expliquait au Congrès et aux journaux exactement  son mode de fonctionnement qui, pour aller en Colombie dans un avion au système de carburant modifié, muni de réservoirs souples pour transporter du carburant supplémentaire, pour voler ainsi jusqu’en Colombie chargé avec de la cocaïne et pour revenir dans ce pays, toucher le continent, et laisser tomber sa cocaïne dans des sacs de voyage dans une non divulguée que personne ne connaissait grâce aux coordonnées Loran, vers une équipe au sol dans un hélicoptère, qui allait ramasser la cocaïne ». L’hélicoptère était essentiel dans la pratique, une grande part dans le fonctionnement ». Les avions ont fait qu’il utilisait nous savions (par un informateur) qu’ils étaient les mêmes car l’informateur de Louisiane, nous a dit qu’ils étaient stationnés au Mena Airport chez  Rich Mountain Aviation. Nous savions que ces avions environ toute les semaines ou deux quittaient l’aérodrome, pendant un jour ou deux, puis revenaient. Nous savions que ces avions avaient des réservoirs souples à l’intérieur. Nous savions aussi en fait ces avions avaient des couvertures couvrant leurs tableaux de bord dans le cockpit pour les dissimuler au regard des étrangers tentés de voir de quoi était fait l’équipement sophistiqué du cockpit, les radios et les Lorans et des choses que je ne connais pas du tout (…) l’informateur nous a dit qu’il y avait de fait de la cocaïne dans l’aérodrome. » Détail saisissant : la secrétaire de Richmond Aviation s’appelait Lucy Gonzalez, et elle était la fille d’un sénateur colombien.

La piste du carburant qui remonte aux trafiquants
IA Piper Navajo PantherLe témoignage est primordial, car il indique aussi les types d’appareils utilisés. « Mais un des aspects les plus importants en fait, que nous avons appris, c’est que Barry Seal possédait aussi des hélicoptères, dont deux d’entre eux, étaient à Rich Moutain Aviation pour une période de temps. Et ils avaient aussi une sorte de plancher, qu’ils faisaient rouler au dehors du hangar, par manque d’un meilleur mot, sur lesquels les hélicoptères pouvaient atterrir sur, puis étaient rentrés dans le hangar. Et la seule chose que l’on savait c’est qu’en fait Barry Seal avait besoin de ces hélicoptères pour pour ramasser les paquets de drogue après leur chute de l’avion lui-même. Nous savons aussi que Joe Evans aidait Barry Seal avec sa licence de camion à plateau avec un grand réservoir de carburant sur le dos de celui-ci sous un nom commercial fictif. Et nous savions ce que ce camion était utilisé pour l’achat de carburant, en grande quantités dans différentes zones environnantes de Mena, à savoir dans sou un nom d’entreprise fictive, en utilisant les numéros de queue d’avions fictifs ». Ce qui nous a amené à croire que peut-être de la cocaïne avait été stockée dans la zone. Mais on n’a jamais été en mesure d’établir nous-mêmes le fait. Pour nous, ce n’était pas nécessaire pour son opération d’apporter tout cela dans cette région. Ce qu’il avait était un endroit sûr pour ses avions. – Combien d’avions y avait-il là, Russell?  demande le président du jury – « selon les informations que nous aviescobarons, il y avait quatre avions à un moment, dont deux Cessna Seneca; et je pense aussi dire vrai pour deux Panther Navajo et deux Seneca ». Le Navajo Panther étant une amélioration du Navajo équipé de moteurs Lycoming TIO-540-J2BD avec des hélices quadripales Harztell capable de voler sur 800 miles en réservoirs internes (en tête de chapitre un Panther avec Winglets)… Les trafiquants avaient choisi ce qui se faisait de meilleur pour l’époque : le premier Piper à turbopropulseurs, le Cheyenne n’a été mis en service qu’à partir de 1974. On peut voir dans un documentaire Pablo Escobar en personne atterrir à son Hacienda Napoles à bord de l’un d’entre eux (image ici à droite, je reviendrai plus loin sur cet appareil plutôt… particulier).

Ce menteur invétéré de Clinton et ses douteux amis

US-FILES-CLINTON-GRAND JURY-TESTIMONYOn a souvent évoqué les Bush comme pires présidents, mêlés à des activités fort douteuses, le père ayant lui-même été à la tête de la CIA, ne l’oublions pas. Mais les Clinton n’ont rien à leur envier, toujours selon le Wall Street Journal de 1994 : « par une coïncidence intéressante, tout en fonctionnant comme un agent de Barry Seal, la DEA a également mené une enquête sur les activités liées à la drogue du courtier en obligations de Little Rock, Dan Lasater, un partisan de Clinton. En Octobre 1986, M. Lasater avait tait accusé à Little Rock complot en vue de distribuer de la cocaïne, la DEA a confirmé qu’il était la cible d’une recherche de trafic de drogue impliquant son avion privé et un petit aérodrome au Nouveau-Mexique, à la station de ski d’Angel Fire (photo ici à droite) que M. Lasater avait acheté en 1984. M. Lasater a exécuté une mystérieuse série de transactions pour le compte de Dennis Patrick, résident du Kentucky, qui a dit qu’ll n’avait pas eu connaissance de ces millions dans les transactions de son compte bancaire en 1985 et 1986. On ne sait pas ce que ces transferts représentent, à partir des bordereaux de confirmation que M. Patrick a montré sur papier seulement, avec le peu d’argent qui en sortait. dan lasaterPourtant, il est intéressant de noter que l’activité trépidante dans le compte est arrivée à une fin abrupte en février 1986 – le mois même où Barry Seal a été tué. Bien sûr, tout cela peut être juste une coïncidence, et peut-être même que le gouverneur Clinton ne savait même pas que des trafiquants de drogue, la CIA et la DEA opéraient dans sa cour. Peut-être qu’il ne voulait pas le savoir. Après tout, comme Nous venons de l’apprendre, l’Arkansas de Bill Clinton était un endroit très étrange. » Lasater sera condamné en 1986 pour trafic de drogue, mais ne fera que 6 mois sur les 30 requis, et Clinton en 1990, lui octroiera un pardon complet, effaçant toutes les accusations contre lui. Dclinton rogerifficile d’imaginer que cette mansuétude eût été elle aussi fortuite ! En 1993, un ex-agent de la DEA, Robert Bonner avait confirmé devant les caméras du magazine 60 Minutes qu’il y avait bien un trafic de drogue à la Mena : vous dites. Une tonne de cocaïne a été exportée vers les Etats-Unis d’Amérique …. En collaboration avec la CIA ? Bonner : C’est exactement ce qui semble s’être passé ». Chez les Clinton, le propre frère du président, Roger, protégé de dan Lasater, dealer de coke, en prenait lui-même : on le voit ici sur cette  vidéo de la Police se prendre un rail dans un motel.

De la coke à la tonne

seal_aircraft-a8c07Une tonne, et beaucoup plus, car ce n’était pas par petit bimoteur seulement, mais par avion cargo militaire de taille conséquente, un Fairchild C-123 Provider. que cela se passait. « Dans la matinée de ce premier vol direct, Seal et Brown ont dû aller à l’aéroport régional de Mena Intermountain dans une région éloignée près de la frontière de l’Oklahoma. Il s’agit d’un établissement petit, rarement utilisé, et intéressant seulement pour une piste très longue, du type utilisé par les gros avions de vols transcontinentaux. Brown s’était attendu à trouver, un Baron ou un King Air, des petits bimoteurs pour lesquels il avait reçu une formation de pilote. De tels avions transportaient le gouverneur dans tout l’État. Au lieu de cela, a-t-il dit, il a trouvé cet « avion militaire énorme » alors que ce n’était pas vraiment un avion militaire. Il était sombre, presque noir, et avait seulement sur la queue les marquages ​​civiles minimums nécessaires pour l’opération. Le C-123K est un transport militaire avec deux moteurs, avec une porte cargo à l’arrière de son fuselage capable de charger une petite voitureA l’intérieur de l’avion, avec Brown, un autre pilote et deux autres personnes qui étaient des ouvriers, des « Beaners »-communs qui ressemblaient à des indiens d’Amérique centrale. Plus tard, Brown aurait appris à les connaître comme « kickers », parce qu’ils donnaient des « coup de pied » aux cargaisons de l’avion. Ils étaient tous en jeans, chemise et chaussures de sport. Seal, dit Brown, avait prescrit le code vestimentaire et insisté sur le fait que l’on n’ait pas une seule pièce d’identité sur soi, pas même des clés ou des bijoux. Seal avait même demandé à Brown de changer ses chaussures. Ils devaient être inreconnaissables. Quand Brown est monté dans l’avion, Seal co-pilote à ses contrôles jouait avec des jauges et des notes. Puis Seal a démarré les moteurs et Brown se souvient : « Ce putain… excusez-moi, je veux dire juste ce bruit de tonnerre de putain d’avion de merde qui était déjà en train de décoller. » Brown affirme que quand l’avion a décollé, il était assis sur un banc derrière les deux pilotes. Les « kickers » étaient assis loin à l’arrière de ce fuselage d’avio où il y avait des palettes sur roulettes. Des caisses étaient empilées, sur palettes partiellement couverts par une bâche. » Il est vrai que le Provider transportait de tout….
Les bases militaires dans le coup
250px-Stennis_International_Airport_-_Mississippi-625ceL’appareil utilisait aussi des bases militaires, notamment pour se ravitailler : à la DEA et la CIA on peut ajouter l’armée comme complicité : « Après l’avoir quitté Mena, l’avion a fait une escale de ravitaillement « Personne n’est descendu, » a dit Brown et le vol a repris. L’arrêt s’était arrêté à l’aérodrome de Stennis à Gulfport, Mississippi, un aérodrome fréquemment utilisées par le DEA (c’est resté un terrain militaire jusque 1970, ici en photo à gauche). Une fois de retour dans l’air, Sceller les fit sursauter en hurlant : « Eh bien, vous allez tous vous aggriper. » L’avion est alors descenu à ce que Brown appelle « une altitude d’enfer de beaucoup plus faible que celle à laquelle vous pensez pouvoir voler. » Seal évitait ainsi les radars. Bientôt, ils ont regagné l’altitude, mais ensuite ils sont redescendus à nouveau et « c’est alors ces deux enfoirés se sont mis à pousser obtenir ces palettes et à les faire rouler ». Lesrodriguez parachutes se sont ouverts au dessus de la charge sur les palettes. Plus tard les soupçons de Brown ont été confirmés : les palettes emportaient des M-16 pour les Contras. On ne sait pas s’ils avaient déjà été largués aux Contras. Seal semblait avoir eu des relations aussi chaleureuses aussi bien avec le cartel de Cali qu’avec les sandinistes. Il démontrait surtout être un employé du gouvernement très peu fiable. Environ trente minutes plus tard, Brown dit, le C-123K tard a atterri dans ce qu’on pensait être Tegucigalpa, au Honduras, bien que d’après les enquêtes c’était inconnu comme site central de la présence américaine. Après l’atterrissage, l’avion a été ravitaillé en carburant. Alors que Seal et les kickers étaient allé chercher quelques colis, Brown et le co-pilote, restés à bord échangeaient jamais plus que quelques mots . Puis, a dit Brown, Seal et les kickers sont revenus, portant quatre sacs. Brown dit qu’il n’avait amais revu les sacs depuis« . Tegucigalpa, là où sévissaient les escadrons de la mort formés par John Steele, retrouvé plcartes ciaus tard en Irak… comme tortionnaire travaillant sous les ordres directs de David Petraeus. Parmi les personnes très affairées à la Mena, un dénommé Felix I.Rodriguez (alias « Maximo Gomez » ici dessus à droite avec G.H.Bush), dont on reparlera un peu plus loin… mais aussi Bob Nash ou Aki Sakawatha, de la CIA. Tous se promenaient avec des fausses cartes d’entreprises de compagnies écrans sur eux, comme celle figurant ici à gauche…
La mort de deux ados trop curieux
reed-aba0bBill Clinton était-il au courant de ce trafic ? Sans aucun doute, peut-on affirmer aujourd’hui : « en Mars 1995, dans une déposition juridiquement contraignante, Cavalier Larry Patterson a également déclaré que Clinton savait, à propos de Mena. Patterson a dit qu’il avait ntendu des conversations à propos de « grandes quantités de drogues en cours de transfert dans l’aéroport de Mena, de grandes quantités d’armes, qu’il y avait une opération de formation continue des personnes étrangères à la région. » Lorsqu’on lui a demandé, « Y avait-il de ces conversations en présence du gouverneur Bill Clinton ? » il a répondu : enquête« Oui, monsieur. » Patterson avait été déposé en une action en justice déposée contre l’ancien chef du service de sécurité Clinton, Terry Reed, qui a dit qu’il avait formé les pilotes de Contra, sous la supervision de Seal, à Nella, Arkansas. Dans un autre hangar dans le cas, John Bender, un mécanicien, dit qu’il avait vu trois fois Clinton à Mena, à l’été 1985. Il n’y avait pas d’autres dignitaires locaux de présents, et Bender, et Clinton ne semblaient pas prendre part à aucune fonction officielle. Cela dit Bender Clinton est arrivée dans un avion Beechcraft et l’avion était toujours là Quand Bender est repartu en fin de journée. Le séjour de Clinton a duré des heures ». Bill Clintondeux_jeunes_tues_arkansas-d2d05, ce menteur professionnela toujours nié, comme il l’avait fait, fort mal à l’aise devant la truculente journaliste Sarah McClendon qui signait-là encore une fois son sens de la vérité pour lequel elle s’est toujours battue. Deux adolescents de 17 ans, trop curieux, Don Henry et Kevin Ives y ont laissé la vie, également, à s’être trouvés au mauvais endroit au mauvais moment. Ils avaient assisté à quelque chose, pour sûr, mais à quoi : les largages de cocaïne des avions, tout simplement ! Une des deux mères, Linda Ives la maman de Kevin, obtiendra une exhumation du corps de son fils qui révélera qu’il avait été tué en recevant des coups et non par le train, dont le conducteur avait aperçu trop tard les corps disposés sur la voie.train Il fut conclut à un meurtre lié à un trafic de drogue ayant lieu à Saline County, Arkansas. On retrouvera après l’un des pieds des deux corps qui manquait, alors que l’exhumation avait tenu à ne pas révéler ce détail morbide : comme si quelqu’un voulait à nouveau faire savoir que l’affaire était douteuse depuis le début. L’homme en cause dans l’affaire étant le premier légiste à avoir examiné les corps, le Dr. Fahmy Malak, pour qui il s’agissait d’un accident : on découvrira qu’il avait quelque temps auparavant déclaré de mort naturelle un homme retrouvé… décapité ! Une des rares personnes à avoir assisté aux meurtres, Sharlene Wilson, agent informateur de la CIA, travaillant pour la Saline County Drug Task Force a été ensuite envoyée en prison à vie. Selon elle, d’autres jeunes avaient assisté au massacre, mais ils ont toujours eu trop peur de témoigner.
Les souvenirs de Tosh
plumlee-fa1c0J’avais déjà évoqué en 2011 le rôle trouble de Clinton : « parmi les pilotes de la Mena, et certainement un des pilotes de ce genre d’appareil, figurait Tosh Plumlee, qui utilisait l’aéroport de la Mena au nom de la CIA pour le trafic de drogue des Contras. Plumee a beaucoup de choses à raconter, c’est évident. Hélas, on ne pourra pas le savoir avant… 2020 : lors de l’enquête menée par le sénateur John Kerry (oui, l’ex-candidat et l’actuel secrétaire d’Etat d’Obama), il a déposé sous serment sur ces activités de transporteur de drogue pour la CIA. Hélas, sa déposition ne sera rendu publique que dans 10 années seulement ! Le temps de protéger Clinton, très certainement. Plumlee avait déjà révélé une petite partie dans on livre »Black Knights of Cuba », où il évoquait sans détours les liens entre les anti-castristes et l’assassinat de Kennedy.«
Et ça continue, aujourd’hui encore !!!
crash cessna 210On pense que tout cela est de l’histoire ancienne : détrompez-vous ! Un événement va répéter le schéma classique depuis l’époque de Lehder et de son île à cocaïne. Ça s’est passé le 14 novembre 2011 à environ 4 heures du matin sur Cayman Islands, autour de la piste de l’île de Cayman Brac, qui est parallèle à l’Océan, et qui n’es pas celle du petit Aéroport de l’île, qui est plutôt bien dégagée, elle Des témoins entendent vers 3h45 du matin un avion volant tous feus éteints et circulant d’ouest en est, puis une absence brusque de bruit de moteur, et juste après un énorme bruit.  Vers cinq heures du matin on découvre un crash d’avion, un Cessna T210N, immatriculé au Mexique en XB-LLD, construit à la grande époque des narcotrafiquants de la région, en 1981. dans la carcasse broyée qui s’est plantée dans les arbres en bord de piste (il ne reste pas grand chose de l’avion), il y a deux cadavres.cartographie un mexicain, Jose Santos Castaneda Castrejon âgé de, 35 ans et un colombien,  Fernando Duran Garcia âgé de 56 ans. Celui-ci avait reçu sa licence de pilote commercial en 1976… l’autre avait aussi son diplôme de pilotage si le second n’avait rien ingurgité, le corps de Garcia contient de la cocaïne et de la chlorphénamine (un antihistaminique) : le pilote était donc « high » au moment du crash ! Si le pilote était sous dope, l’avion avait à bord l’équipement complet de l’avion de trafiquants : il y a deux GPS Garmin 495 dont un connecté à l’allume-cigare de l’avion, et tous les sièges arrière sont manquants. A la place, il y a tout un système de fûts en plastique (il y en a 10)  reliés entre eux par des tuyaux et deux pompes électriques sous 24 volts.  L’un d’entre eu contient encore une cinquantaine de litres de kérosène. Les ailes ont été allongées pour emporter chacune un réservoir supplémentaire interne « extended range wings« ). Une carte GPS crashmodification jugée « amateur » par les enquêteurs, mais qui avait ajouté 600 litres de kérosène à bord (158 US gallons). Celle de gauche, qui a heurté les arbres et les poteaux télégraphiques en bord de route, les a copieusement arrosés de kérosène. L’avion a essayé de se poser, se laps étant sortis et son train en position basse bloquée (le Centurion a un train rentrant),  et l’origine de son crash est à chercher dans la perte totale de l’alimentation électrique de l’appareil.  Un eportage d’une TV locale montre les dégâts de l’appareil et le témoignage d’un résident, Glen Robinson, qui a entendu l’avion tomber. L’enquête ,visible ici montre que l’avion est parti de Guadalajara pour unbidons vol à destination de Chetumal, au Mexique; situé à une distance d’environ 858 Miles nautiques. , ce qui est faisable théoriquement par un Cessna 210 sans essence supplémentaire. L’avion a ensuite redqueueécollé vers le nord et vers la frontière du Belize,où il effectué un atterrissage bref sur une piste improvisé, puis a à nouveau volé 490 nm, vers l’est à travers la mer des Caraïbes du sud,  lorsque que son GPS s’est arrêté. Dans les mémoires des deux GPS, on retrouve des indications fort intéressantes : « un GPS a eu un itinéraire actif sélectionné à un emplacement au Venezuela près de sa frontière avec la Colombie. L’autre GPS avait un actif « aller à » sélectionné à un mi-chemin point entre la Jamaïque et le point le plus au nord de la Colombie » notent les enquêteurs. Toujours le même chemin !!! Et toujours la même méthode, plus de 35 ans après !!!
GhostofMomo
sur Jack Reed:
fhttp://www.gorillaconvict.com/2014/04/buccaneer-provocative-odyssey-jack-reed-adventurer-drug-smuggler-pilot-extraordinaire/
le texte de The Crimes of Mena
le  copieux dossier de Daniel Hopsicker sur le sujet (publié en 1997 déjà !) :

sources:

Le journal citoyen est une tribune.  Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

http://www.centpapiers.com/coke-en-stock-civ-retour-en-arkansas-a-la-mena/

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AERO-NARCOTRAFIC (Coke en stock – XCV): une nouvelle mise en scène au Venezuela

coke en stock

Ma série d’articles sur le trafic de drogue au Venezuela (1) a été un franc succès : j’ai même eu le droit à des réactions… amusantes. Telle celle de Michel Collon, l’homme qui voulait remettre il y quelque temps le prix Nobel à Ahmadinejad  (ici sponsorisé par le sinistre Croah de Joe le Corbeau) ou plus exactement une réaction de Jean Araud, qui écrit chez Collon (2). Oh un gars dont l’indépendance ne fait aucun doute à lire ses activités actuelles : « il travaille pour le ministère de la Femme. il y coordonne un travail de lutte contre la désinformation que les grands médias internationaux véhiculent dès que l’on a affaire au Venezuela. » peut on lire ici. On retrouve le même dans le « fameux » Cercle des Volontaires » du rouge-brun Raphael Berland (celui qui invite facilement la négationniste María Poumier) pour affirmer chez Berland qu’il « vit des journées exceptionnelles à Caracas », ou « il n’a vu aucune violence »L’homme est aveugle, ou ne connait pas les statistiques, c’est sûr. Caracas avec 119 meurtres par 100 000 habitants était en 2012 a troisième ville la plus dangereuse au monde après San Pedro Sula (au Honduras et Acapulco. Et ça empire (on est aujourd’hui à 125 pour 100 000 à Caracas), Valencia et Maracaibo s’ajoutant à la liste. De quoi dissuader les touristes, en effet. Plantons donc tout d’abord le décor… n’en déplaise à Michel Collon et ses amis …

La violence endémique au pays est bien dissimulée, nous dit aussi MadmoiZelle.com : « une partie du problème est liée à la violence et aux criminels eux-mêmes, qui ne cessent de se multiplier : la violence est en augmentation depuis des années (+14% en 2012) notamment à cause de la quasi-impunité de ces crimes. Très souvent, il n’y a aucun suivi, aucune enquête, donc forcément les criminels ne se sentent pas menacés et n’hésitent pas à recommencer. En cela la politique n’aide pas ; l’insécurité, principal cheval de bataille de l’opposition, est étouffée par le gouvernement, qui depuis 9 ans a interdit de diffuser régulièrement toute information officielle sur les chiffres de la criminalité et la violence. Les journalistes se rendent eux-mêmes tous les lundis matins à la morgue de Bello Monte, principale morgue de Caracas, pour tenter d’obtenir des informations de première main’ ». Un régime qui n’étouffe pas que ça… les chiffes sont atterrants : rien que pour le mois d’août, 368 corps ont été apportés à la morgue de Bello Monte (un quartier de collines à Caracas même) raconte cet été même El Nacional.

crime-dd647A se demander comment Jean Araud fait donc pour ne pas la voir, cette violence !!! « Caracas est la ville la plus dangereuse du pays. Si la majorité des crimes sont commis dans les « Barrios », bidonvilles locaux disséminés dans la ville, aucun autre quartier n’est réellement épargné par ce fléau. Le quartier de Chacaito (avenue de « Sabana Grande » notamment), pourtant situé dans l’est de la capitale, zone plus résidentielle et considérée comme relativement moins dangereuse que l’ouest et le centre, n’est pas non plus sans risque. Plusieurs de nos compatriotes ont été victimes d’agressions dans ce quartier. » Le gouvernement français, donne comme consigne à ses ressortissants de faire attention, à Caracas mais aussi dans «  les autres grands centres urbains (qui) ne sont pas épargnés »L’une des zones les plus dangereuses décrites étant le « les zones frontalières avec la Colombie et le Brésil, particulièrement dangereuses en raison des activités de la guérilla colombienne ainsi que des mafias spécialisées dans le trafic de stupéfiants, la contrebande d’essence et les enlèvements. » On y vient, effet… a ce générateur de violence qu’est le trafic de drogue.

Aeronave-abatida-f18eeLe 24 mai dernier s’est produit un événement désormais habituel là-bas. Un crash d’avion, lié à un trafic de drogue. Ou en tout cas présenté comme tel par les autorités, toujours les seules habilitées à en parler, dans le pays. Ça s’est passé à Ricaurte, dans près de Cojedes, au Venezuela, endroit où la ville principale s’appelle… Libertad. C’est situé au Nord du pays, mais l’avion, selon les autorités, venait de Manaus, au Brésil. Par la route, 2352 km, et un peu plus de 1600 en avion (en ligne droite). Ce dernier étant un Embraer EMB-820C, la version sous licence brésilienne du Piper Navajo, appareil qui semble avoir la prédilection des trafiquants brésiliens en ce moment : souvenez-vous du PT-LHO (choisi sur Wikipedia ?) découvert en Apure, muni de bidons d’essence supplémentaires pour augmenter son rayon d’action, comme j’avais ci vous le montrer. L’avion a au départ une portée de 1,875 km, mais pas à charge maximale. Dans ses soutes, avant et arrière, l’avion peut emporter 600 livres (soit 272 kg) de bagages ; comme on le sait.

autol_good-75534Pour ce qui est de l’avion tombé ce 24 mai dernier, et présenté encore une fois comme « abattu » par la chasse bolivarienne, il n’y pas de doute : c‘est bien un Embraer… venu du Brésil, une information confirmée par Le député fédéral brésilien Marcelo Rezende Salvio Vieira le surintendant régional de la police fédérale dans l’Etat d’Amazonie, qui affirme aussi que le Brésil n’enquêtera pas, car l’avion était en règle là-bas. Sur place, au Venezuela, en effet, on a vite semble-t-il déjoué la fausse immatriculation arborée par l’avion détruit.  Cétait un simple autocollant affichant le numéro YV1246 (vénézuélien) qui recouvrait l’original, qui était bien le PT-RCN brésilien (montré ici par Irwin Ascanio, le responsable de la lutte antidrogue, qui enlèvera lui-même l’autocollant pour mieux le montrer). Vu de plus près, l’autocollant semble fort peu adhésif, pourtant, et ressemble plutôt à une feuille de papier froissé : c’est de la bâche adhésive, tout simplement.

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Un avion visible ici, au Manaus Aeroclube de Flores (un aérodrome assez actif à une seule piste, ici sa page Facebook, celle de passionnés d’aviation où règne une sympathique ambiance) une photo prise le 21 février 2015, à peine trois mois avant où il se présentait dans la livrée dans laquelle il s’est écrasé, ou presque. A un détail près… A signaler que l’approche de l’aérodrome de Manaus, situé au bord de la ville, est plutôt dangereuse. De gros porteurs s’y posent pourtant tel ce Boeing 767 Cargo d’Absa vu ici en phase de descente.

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Pour clore le débat, sur la provenance de l’appareil, rien de tel que sa plaque de fabrication, qui ôte tous les doutes : pas de problème puisqu’on nous la propose officiellement, photographiée en gros plan :

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Fernando_e_Sorocaba-18564Avant d’appartenir à une école de pilotage, l’avion avait été loué par deux vedettes locales brésiliennes, un duo (plutôt pénible à écouter) intitulé Fernando et Sorocaba, qui ont abandonné l’appareil pour un Beechcraft C-90 plus puissant, immatriculé PT-FES vu ici au décollage sur la piste de Raimundo de Andrade devant des fans extasiés. On peut voir ici le cockpit, et là l’arrivée de l’appareil. Les deux loustics collectionnent les vols sur avion-taxi, comme ici sur un Beech 200, toujours à Raimundo de Andrade. Au Brésil, l’avion d’affaires de ce type est courant, tant il existe de petits aérodrome herbeux. Et là aussi, on y abandonne parfois de superbes montures. Surtout les trafiquants !!! Le Beechcraft King Air B-200 GT PR-ARN, datant de 2007 (N° BY-021, ex N34651 par exemple, vu ici au décollage de São José do Rio Preto-SP, en 2009. Un reportage assez ahurissant de la télévision brésilienne du 20 décembre 2010 nous l’annonçait comme… abandonné sur un aérodrome privé d’Iturama par une firme censée être une société fabricante de sucre et d’alcool. down1-0d060Le Brésil est confronté à des trafiquants, qui ne font pas tous dans la drogue et qui n’hésitent pas à abandonner leurs appareils quand il le faut, comme leurs collègues andins : ceux du Twin Commander 500-S, immatriculé PT-DRO ayant tenté de se poser en pleine nuit sur une piste à à 3 km de la ville de Piracuruca avaient été obligés de le faire… vu l’état de leur avion, au train brisé. L’avion appartenait à la société Marnanglo Empreendimentos e Participaçôes S / C / Ltda. Une société mise hors de cause, la personnalité du véritable utilisateur étant celle d’un ancien vérificateur fiscal condamné par la Cour fédérale à São Paulo pour inconduite. down2-4c7b7En mars 2013, il avait déjà été visé par l’opération de police « Persona », qui avait montré qu’avec un partenaire, il avait créé un groupe avec plusieurs sociétés destiné à des importations frauduleuses, qui ont laissé un déficit de 3,3 milliards de reals en impôts. À l’époque, avaient été saisis de 86 milliards de reals de marchandises. Cette fois-ci, l’appareil avait bien transporté de la coke : à bord avaient été trouvés des fragments de cocaïne, deux équipements GPS (Global Positioning System), neuf bidons d’essence et des tuyaux de carburant. L’avion avait une fausse immatriculation, collée à l’adhésif…

chinita-92fc1L’immatriculation qui masque l’originale de notre cas d’étude du jour, étrangement, rappelle des choses. En 2009, un document judiciaire chargeait deux vénézuéliens, Alfredo Rolando Martinez (alias Freddy Doe) Luis González, responsables de l’entreprise Taller Aeronautico Maracaibo installés à l’aéroclub de l’aéroport international de La Chinita (indicatid SVMC), qui avaient été accusés de trafic de cocaïne. Des traces évidentes de coke et de chlorhydrate avaient été relevées sur trois de leurs avions. Le numéro YV1410, de modèle Piper Seneca II, N° de série 34-757286, certificat d’immatriculation 6644, le YV1246, de marque Cessna Modèle 210N, numéro de série 21064761, mais aussi le YV1217, detention_avions-81199un Cessna T210M, numéro de série 21062899, précédemment enegistré HK-4576 (avec comme propriétaire en 2008 Ramirez Perez Jose Antono). Le Cessna, ex N110M de 1982 provenait de la société International Oilfield Chemicals inc à Lafayette, USA Avant le procès, d’autres noms de trafiquants avaient alors été cités par le chef de l’antidrogue vénézuélienne, Néstor Reverol, et d’autres avions encore, tel le YV2186 et le YV2513 (lYV2513 ou le YV1028P?), lors d’une présentation médiatisée du 2 Juin, 2009, comme le pouvoir vénézuélien en a pris l’habitude. Les gens qui ont choisi l’immatriculation de l’appareil qui s’est récemment écrasé n’avaient donc, on suppose, aucune connaissance de l’existence de son ancien confrère, un Cessna 210N, immatriculé pareil, et saisi voici six ans par les autorités pour trafic de drogue !!! Une inconscience révélatrice ? A croire, en tout cas qu’il y en a beaucoup, d’appareils, qui, saisis par les autorités vénézuéliennes, sont restés sur place, immobilisés, au point que plus personne ne sache exactement leur immatriculation, ou leur nombre exact. Certains ont même complètement… disparu !

YV1315_4-21721Le 24 juillet dernier, le Ministère des Transports annonçait d’ailleurs en écho à cette constatation la liste (impressionnante) des avions « abandonnés » (3), selon lui, au Venezuela. Mal lui en a pris : on pense à une clarification, sur l’intensité du trafic de drogue, et c’est tout l’inverse en fait, tant le répertoire offert est truffé d’erreurs flagrantes. Sont notamment comptabilisés comme « abandonnés » des avions complètement en miettes ou même disparus…. Cela ressemble à un beau mic-mac, en effet : il y en aurait 500 exemplaires en effe laissés sur place par leur propriétaire... selon les autorités. Or la liste est pour le moins…fantaisiste. Figurent par exemple le Cessna 310R (YV1975) parti de Puerto Ordaz et crashé en Apure : l’avion, pris dans des turbulences le 26 août 2008, s’était désintégré et ses morceaux éparpillés sur 1,5 km !! Comme exemple d « abandon » on pourrait trouver mieux !!! Le YV2193 y est aussi cité, un Cessna modèle 182P, qui avait été contraint d’atterrir sur la route dans à San Sebastian de los Reyes… avant de s’enficher dans l’arrière d’un camion : l’avion avait été détruit : drôle « d’abandon », encore une fois ! correspondances-dfab6-af4f5Le YV2615, un Britten-Islander de 1968 (le N°20) avait lui complètement disparu avec 6 personnes à bord début 2013 au large du parc de l’archipel de « Los Roques » (ici son dernier décollage, avec sa porte mal fermée !). On le retrouvera le 27 juin 2013 gisant par 73 mètres de fond : un total « abandon », passagers compris, pour cette fois-là ? Pour le numéro YV2527 cité, ce n’est guère mieux : cest un hélicoptère Bell 206B complètement détruit, lui encore, à Las Malvinas II, près de San José de Guanipa, dans l’état d’Anzoátegui, en 2012. L’YV2663 est lui un Cessna 402B qui a plongé en pleine mer le 9 février 2012 à Punto Fijo, dans l’état de Falcon : un appareil « abandonné » aux poissons du coin ? Dans la liste on trouve aussi un autre tas de ferraille qui pourra difficilement revoler : le Britten Islander YV2238accidenté le 16 janvier 2015 lors d’un atterrissage violent sur l’île Gran Roque. Idem pour le YV1315 au même endroit, avec cette fois un beau plongeon le 10 octobre 2014… 2531_repere-b5ed5l’avion avait été littéralement coupé en deux avant d’aller à la baille ! il n’y avait eu que des blessés (sept), un vrai miracle ! Etc et etc… le sommet étant atteint, je pense, avec le Beechcraft 200 immatriculé 2531, qui avait servi à faire un show médiatique sur une prétendue saisie de drogue (lire ici la version de Daniel Hopsicker), et que des observateurs avaient retrouvé plus tard… incendié : on ne peut mieux comme abandon (4) !! Bref, un ministère qui compte comme « abandonnés » par leur propriétaire des avions détruits, irréparables ou même complètement disparus, voilà qui ne fait pas franchement sérieux….

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Et ce qui vaut pour les petits vaut aussi pour les plus gros : est cité par exemple dans la liste le YV2749, qui est en fait un DC-9-32 comme l’est aussi le YV368T, lui aussi cité. Or ce sont des appareils commerciaux de la société Avesa Airlines, photographiés ici en 2007 à La Guaira avec un troisième collègue en cours de démontage de réacteurs…  la firme vénézuélienne existe toujours, et elle a été obligée de changer en 2014 ces derniers DC-9 contre des MD-88 plus récents, provenant de Floride, et dOpa-locka  !!! Ce sont nullement des abandons, mais bien des appareils réformés !!! Et que dire du YV397T : un Boeing 737 certes de 35 ans d’âge, mais toujours vaillant chez Rutaca Airlines, qui ne présente parmi ses appareils aucun avion réformé ou scrappé. Pour ne rien améliorer, est aussi listé l’YV379T et le YV369T, tous deux encore en état de fonctionnement, avec le même propriétaire bien actuel ! Le 2 mai dernier encore, un MD-88 d’Aeropostal, numéroté YV485T, subissait une explosion de réacteur au moment de l’atterrissage a l’aéorport Internacional Jacinto Lara… Idem pour le cas du DC-9 YV136T datant de 1976, ex Finnair, qui avait subi un « hard landing » à Puerto Ordaz comme on dit sobrement dans sa fiche de décès : un atterrissage tellement brusque le 13 juillet 2011 que ses deux réacteurs étaient tombés, le fuselage se tordant par la même occasion. Il y avait ce jour là 130 personnes à bord ! Un vrai miracle ! Direction la casse (avant, « l’abandon »... ») !

photo_broyage-626f0Le plus amusant, dans cette annonce, est que le Ministère du Pouvoir Populaire pour le Transport Aérien et Aquatique (MPPTAA), l’organisation des aéroports bolivariens (BAER), dans la foulée déclaré « l’expulsion des aéronefs déclarés juridiquement abandonnés », au terminal international « Jacinto Lara » situé à Barquisimeto, dans l’Etat de Lara mais aussi sur l’aérooport « Oscar Machado Zuloaga » de Miranda ; celui de la La Chinita » à Zulia et à l’aéroport international « Arturo Michelena » de Valence, dans l’État de Carabobo. Joint à l’article de presse, on pouvait en effet voir une pelleteuse munie d’une mâchoire s’en prendre à un birmoteur Piper. D’autres aéroports font l’objet d’un « nettoyage » d’épaves. A la ChinitaSVMC (les DC-9 de Zuliana y sont), il y a fort à faire,comme le montre ce reportage vidéo comme ici au SVMI (l’aéroport Int’l Maiquetía Simón Bolívar).

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Celles-ci sont broyées par une pelleteuseles morceaux rassemblés en tas (comme ci-dessus) avant d’être jetés dans une benne de un semi-remorque de ferrailleur. L’aéroport de José Antonio Anzoátegui fait de même. L’opération fait l’objet dune communication officielle du BAER. Le pouvoir en place annonce la destruction de 69 épaves. Par rappport à la liste des manquants, c’est une goutte d’eau ridicule. Celle-ci en affiche… 1068. Les écuries d’Augias de l’aviation vénézuélienne sont encore loin d’être nettoyées… !!!

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Des avions « abandonnés », ou réduits à des tas de ferraille, des avions broyés, comme celui qui nous intéresse aujourd’hui (visible ci-dessus qui semble effectivement aussi avoir été victime de l’opération de « nettoyage » des débris), et que nous allons étudier en détail très bientôt, si vous le voulez bien… un peu de patience… que diable !

(1) pour tout dire, j’ai commencé cette série début 2010 chez Agoravox avec la découverte en novembre 2009 du Boeing 727 retrouvé incendié à Tarkint au Mali, sous le nom de Morice. Un sujet riche : j’en suis à bientôt 100 articles en effet. Dès le premier article, j’ai aussitôt été l’objet d’un post-mining qui aujourd’hui ne m’étonne plus, quand je vois les personnes que cela a pu concerné. L’article d’abord refusé (alors que j’étais un des premier à avoir analysé l’évènement) a été ensuite accepté, des mois après, quand les auteurs des attaques et des votes négatifs en masse ont été virés du site. Ici, j’avais alors résolu de m’appeler Momo, pour éditer notamment une longue série de 17 épisodes décrivant Dieudonné et ses turpitudes, longue enquête bloquée chez Agoravox pour les raisons que vous pouvez facilement soupçonner. Le site Cent Papiers étant tombé entre temps en rade, et moi-même ayant perdu ma connexion « Momo », j’ai recréé rapidement un « fantôme de Momo », d’où l’appellation actuelle. N’en déplaise à certains; Morice=Ghostofmomo » en effet. Je garde ainsi ma liberté de parole, que ça plaise ou non… (surtout ici aux partisans du régime vénézuélien, parodie de démocratie), voici donc le 95eme épisode d’une série sur le trafic de cocaïne dans le monde, dans lequel je ne retiens en général que le trafic aérien (seul, je ne peux pas tout traiter en effet !!).

(2) avec deux articles censés répondre aux miens…

http://www.michelcollon.info/Venezuela-un-article-d-Agoravox.html

http://www.michelcollon.info/Venezuela-un-article-d-Agoravox,5205.html?lang=fr

C’est amusant de constater que l’auteur s’appuie pour la Colombie sur les dires remontant à 1998 de Paul Coverdall, sénateur américain républicain, responsable du fameux Peace Corps créé en 1961 par John Fitzgerald Kennedy et nommé par Bush (père) et plus tard a soutenu directement le fils dans sa campagne électorale contre McCain… ou quand les rouges-bruns s’appuient sur du bleu.

Dans le second volet, la phrase hilarante du « guérillero médiatique » (c’est comme ça quil se décrit) est « Mais comme le show doit continuer, Washington et ses larbins vénézuéliens apatrides s´entêtent à poursuivre leurs tentatives cycliques d´impliquer le gouvernement vénézuélien avec le narcotrafic, un moyen comme un autre de justifier tout type d´interventions, incluant coup d´état ou invasion made in USA. Les épisodes se succèdent donc au rythme d´objectifs soigneusement choisis. » Selon Araud, il ne faut donc pas être « apatride » au Venezuela , alors quil est lui-même français, pour parler correctement du pays, et comme il le laisse entendre, je serais le « larbin » des USA, après avoir dénoncé sans répit ici les activités de la CIA, celles de G.W.Bush pendant la guerre en Irak ou mon nombre d’articles conséquent sur la militarisation des esprits aux USA ou les gabegies du Pentagone…. « larbins apatrides » on croirait entendre le PCF des années 50, voire un clone de Dieudonné … !!!

(3) la liste complète est là :

http://www.inac.gob.ve/informacion/AvisoDeclaratoria

(4) lire ici la terrible charge contre le gouvernement, accusé d’avoir assassiné deux personnes susceptibles d’être compromettantes : Edilberto Rosales Escalante, le conducteur de la Ford F-350 (N°A76AEOB) qui avait recueilli le chargement de cocaïne et Luis Alberto Fuentes Garde nationale Pernia, le second pilote qui savait qui était le fournisseur et qui servait d’intermédiaire avec les trafiquants. Selon lui, l’avion avait fait pas moins de 5 aller-retours entre La Carlota et Cabo San Roman. La lutte antidrogue, le CICPC étant selon l’auteur le grand manipulateur de l’opération, ainsi que le ministre Tarek Zaidan El Aissami Maddah, devenu depuis gouverneur d’Aragua, largement impliqué dans l’affaire. L’homme est lié à « El Pollo » Carjaval (voir mes articles).

 

PS : Il semble bien en effet que notre lecteur assidu n’ait pas tout lu. Alors voici donc les articles concernés :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxviii-un-second-164974

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxvix-le-precedent-165608

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxx-l-heritage-du-160160

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxi-l-esbrouffe-160211

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxii-le-venezuela-160618

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxiii-au-venezuela-160235

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxiv-pris-la-main-160456

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxv-un-temoignage-165293

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxvi-l-implication-165185

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxvii-un-procureur-160617

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxviii-chavez-le-160616

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxix-la-corruption-165661

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-xc-la-route-de-l-165730

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-xciii-on-revient-165740

on peut lire aussi :

http://www.insightcrime.org/news-analysis/is-venezuela-becoming-the-most-dangerous-nation-in-latin-america

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