Les quatre personnes interpellées dans le cadre du trafic de cocaïne démantelé par les autorités seront embarquées demain, chacune encadrée par deux policiers, en direction de Paris. Le juge d’instruction du tribunal de Créteil a, en effet, délivré un mandat d’amener contre les quatre principaux auteurs du trafic, dont la quantité de drogue s’élève à plus de 100 kg, soit une valeur de plus de 4 millions d’euros sur le marché de la revente.
C’est par une commission rogatoire que un juge d’instruction, en charge de l’affaire, a permis à la police judiciaire de Cayenne d’effectuer une série d’interpellations et de perquisitions auprès d’une dizaine de personnes impliquées de près ou de loin au trafic.
Ces quatre personnes avaient mis en place une stratégie avec plusieurs complices qui leur a permis d’écouler la drogue à l’abri de tout soupçon. Grâce aux surveillances et aux écoutes téléphoniques, les policiers ont pu obtenir la date de l’arrivage d’une grosse quantité de cocaïne à Paris, via un vol d’Air Caraïbes. Les enquêteurs ont mis en place une surveillance, dont le but était de laisser partir la valise incriminée afin d’interpeller également le réseau parisien. Toutes les personnes qui ont touché la valise, au départ de Cayenne, ont été photographiées.
C’est l’hôtesse en charge l’enregistrement à la compagnie aérienne qui a réceptionné la valise, emmenée par un pseudo-voyageur au comptoir d’enregistrement du vol. Une valise qu’elle a laissée passer sans l’enregistrer.
80 000 EUROS SUR LE COMPTE ÉPARGNE
Ensuite, les bagagistes de la société GSAM ont pris la relève. L’un d’eux a étiqueté la valise avec l’inscription « bagage transitaire ?- Cayenne/Orly – Orly/Roissy » . L’autre avait pour mission de placer la valise en soute dans un container spécial réservé aux bagages en transit. Une fois arrivée à Orly Sud, terrain d’atterrissage des avions d’Air Caraïbes, la valise est partie directement en transit, sans passer par la douane, vers l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. Un autre complice, travaillant dans la zone aéroportuaire de Roissy, devait récupérer la valise de cocaïne et la livrer à son commanditaire.
Dans cette affaire, un chef de service de la CCI de Guyane, qui travaille à l’aéroport, a été longuement entendu. Sur le compte épargne de l’un des bagagistes, les enquêteurs ont découvert un versement de 80 000 euros. Au total, 21 personnes ont été arrêtées à Paris et en Guyane.