Dans les années 90, Michel Charasse, l’homme aux bretelles, fumeur de « cohiba », ministre du budget et donc patron de la Douane française m’avait suggéré d’ouvrir une banque pour mieux remonter les blanchisseurs.
J’avais alors approché un jeune directeur du Banco Atlantico de Gibraltar qui était partant!
En 1994, j’ai eu un contact avec un agent du TRACFIN dans une chambre d’ hôtel parisien réservée par Christian Gatard de la DNRED Nantes.
Les services anglais du « HM Customs excise » aidés des services canadiens de la « RCMP » ne m’ont pas permis de finaliser la création et l’implantation de cette banque en Croatie, alors que des contacts avaient été pris au plus haut niveau de la jeune Croatie, à peine sortie de la Yougoslavie….
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Écoutons Denis Robert qui aujourd’hui nous parle du meilleur circuit de blanchiment!
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EXTRAIT
de
l’Archipel des soumis
Et c’est l’esprit libre, avec la certitude du devoir accompli que je prends l’avion pour Venise, via Milan, où m’attendent l’avocat Pascuale Ciolla et Giuseppe Laveneziana.
Nous nous rendons en voiture, puis en train à Zagreb où je vais mettre en place le projet fou que Michel Charasse avait approuvé : ouvrir une banque avec les fonds de la drogue pour mieux contrôler le cheminement de l’argent sale.
D’abord surpris par cette idée, Mario (Claudio Pasquale Locatelli) en a vite saisi tout l’intérêt. Il a décidé d’investir dans différentes industries croates et a chargé un avocat local de recenser toutes les entreprises cherchant acquéreur.
La création de sa propre banque ne peut que favoriser ses plans.
Nous sommes accueillis dans le pays comme des ministres. Les autorités militaires nous gratifient d’une escorte qui nous ouvre la route lors de nos déplacements. C’est un gros 4X4 Mercedes piloté par un militaire qui nous sert de taxi. Un problème administratif qui aurait pu retarder certaines démarches est réglé en cinq minutes devant le tribunal de Zagreb, moyennant cinq mille dollars payés cash et sans reçu.
Nous sommes entre gens dynamiques et performants…
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Début janvier 1994, je passe voir Jean Paul Garcia, l’attaché des douanes françaises en poste à Madrid. Je lui apporte les dernières factures que la compagnie anglaise Marconi m’a fait parvenir pour le règlement des factures de communication par satellites du télex embarqué sur le Melor.
Par hasard, je réussis à faire dire à Jo Le Squere de l’Echelon DNRED de Nantes que les numéros de télex relevés sur les factures de Marconi remises à Jean Paul Garcia à Madrid, ont permis de savoir que mon navire, le MELOR,
alors qu’il était chargé de plus de trente tonnes de cannabis afghan, était en communication avec un télex sur liste rouge dans le département du Var en France et avec une grande banque américaine de New York.
Je ne pourrais pas obtenir le nom et l’adresse de ces correspondants !
Le MELOR au mouillage à Gibraltar
Par ailleurs, une réunion est organisée par Christian Gatard et Hervé Maignier dans un hôtel du XVe arrondissement avec un agent du TRACFIN, service rattaché au ministère des Finances chargé du traitement du renseignement et de l’action contre les circuits financiers clandestins. C’est évidemment de l’ouverture de ma banque à Zagreb que je dois l’entretenir. Je m’aperçois très vite que cet agent est à mille lieux des réalités. Ficelé à ses certitudes, et à sa culture livresque, il ne me croit pas et préfère s’en tenir à ses dossiers. La fin de la réunion sera marquée par une démonstration éloquente de l’attitude de nos chers fonctionnaires qui ne pensent avant tout qu’à leur petite carrière. J’osais suggérer à l’homme du TRACFIN de démissionner puisqu’il reconnaissait ne pas pouvoir agir efficacement! Sa réaction fut immédiate, en se dressant, il s’exclama: « Certainement pas« !
L’humour n’est pas apprécié par certains fonctionnaires de Bercy….
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Lire aussi: NARCOTRAFIC: l’implication du pouvoir… et des banques
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