MAFIA: Roberto Saviano, l’infiltré dans les archives policières, condamné

« Saviano n’est ni Falcone, ni Borsellino »

Le mythe écorné de Roberto Saviano
Roberto Saviano en mars 2009. © Alessandro Garofalo / Reuters
Le 23 juillet 2015 | Mise à jour le 23 juillet 2015
Par François de Labarre

La cour de cassation italienne confirme que l’auteur de «Gomorra», Roberto Saviano, s’est bien rendu coupable de plagiat.

La réalité dépasse souvent la fiction, surtout dans la région de Naples. L’auteur de «Gomorra» le sait bien et d’ailleurs pour écrire son premier roman, un bestseller adapté au théâtre, à la télévision et au cinéma, il s’inspire de la presse locale. Un peu trop au goût des journalistes de sa région.

Lorsqu’il écrit «Gomorra» en 2004 et 2005, Roberto Saviano est un jeune journaliste, animateur d’un blog sans grande expérience de terrain. Pour écrire son livre, il se rend logiquement dans les bureaux des journaux locaux «Cronache di Napoli» et «Corriere di Caserta», là même où tous les journalistes étrangers écrivant sur la Camorra se précipitent en arrivant à Naples. L’accueil y est toujours chaleureux et cordial y compris pour l’écrivain en herbe qui ressort des bureaux avec une pile d’articles. Le responsable lui a demandé d’en faire référence s’il les utilise. Roberto Saviano, pêché de jeunesse, ne suivra pas ce conseil.

Quand sort «Gomorra» deux ans plus tard, aucune mention n’apparaît dans l’ouvrage, où sont pourtant allègrement repris plusieurs articles. Certains sont littéralement recopiés, d’autres réécrits avec des synonymes et noms différents. Quand la machine médiatique est lancée, le jeune auteur laisse planer le doute sur l’origine des informations présentées dans son ouvrage, laissant entendre sans jamais le dire, qu’il pourrait lui-même avoir mené ces dangereuses investigations, ayant permis de décrire avec autant de précision la vie de «Gomorra». Ses millions de lecteurs imagineront volontiers le jeune Saviano arpenter les rues de Casal di Principe, capitale du clan des Casalesi -où il est né mais n’habite plus-, pour rencontrer un parrain en cavale ou une victime d’extorsion menacée de mort. L’image d’Epinal correspond bien à l’idée que l’on se fait de cette icône de l’antimafia. Pas tout à fait à la réalité.

A la lecture du livre, Simone Di Meo journaliste à «Cronache di Napoli» tombe des nues. Le journaliste découvre qu’un jeune pigiste inconnu a écrit un bestseller en utilisant ses articles. Enervant. Certains ont été intégralement recopiés. Son avocat écrit aux éditions Mondadori. L’éditeur fait rééditer les ouvrages en ajoutant les références à son nom. Il ne le fera pas pour les autres, et en particulier pour Maurizio Clemente, journaliste qui purge une peine de sept ans de prison pour chantage… Tout n’est pas rose dans le milieu des reporters qui couvrent, parfois d’un peu trop près, les activités de la mafia napolitaine. Toujours est-il, les articles de presse sont protégés par une loi sur la propriété intellectuelle et Roberto Saviano en les copiant se rend coupable de plagiat.

« Saviano coupable de reproductions abusives », écrit la cour de Cassation

En septembre 2008, le groupe La Libra, éditeur des titres «Cronache di Napoli» et «Cronache di Casera», porte plainte contre l’écrivain et son éditeur Arnoldo Mondadori. Après moult rebondissements, la Cour de cassation vient de rendre un avis définitif. La reproduction de trois articles, trois malheureux petits articles, donne aujourd’hui raison à La Libra. Les passages relevés par la condamnation représentent 0,6% de «Gomorra» selon les calculs de l’auteur lui-même. «Mais c’est le livre dans sa totalité qui s’est largement inspiré du travail des journalistes de la région, explique Pino de Martino, secrétaire général de l’Ordre des journalistes de la Campanie. Pendant de nombreuses années, ces reporters ont raconté la réalité de la Camorra, ils ont aussi décrit cette sous-culture, ses rituels. Ils ont mené un travail de fond laborieux et parfois dangereux.»

Maigre consolation pour Roberto Saviano : l’amende fixée à 60 000 euros par la cour d’appel devrait être revue à la baisse, voire annulée. Les auteurs des articles plagiés n’ayant pas subi, selon la cour, de manque à gagner. L’argument suffit à des titres du groupe l’Espresso, auquel Saviano a collaboré, pour crier victoire. La presse italienne désigne Saviano grand perdant mais «Repubblica» estime que le jugement «donne raison à l’auteur» (pourtant accusé de plagiat…) Le très sérieux quotidien «Il sole 24 ore» s’amuse de la posture de «Repubblica». «C’est, écrit Spartaco Lavagnini, comme si après une victoire 7 à 1 du Bayern Monaco contre l’AS Roma, un journal titrait que le super attaquant Gervinho (ndlr: de la Roma) avait percé la défense du Bayern»…» C’est bien connu, une certaine malhonnêteté intellectuelle saisit parfois les plus âpres défenseurs de la justice et de la morale.

Le jugement de la cour de cassation est en effet accablant. Il y est écrit noir su blanc que Saviano s’est rendu coupable de «reproductions abusives au sens strict». Le terme est bien (ou mal) choisi. «Abusivo» en italien décrit une pratique mafieuse : la construction de bâtiments sans permis. Au terme de huit années d’instruction judiciaire, c’est bien là une victoire pour le groupe La Libra. Ugo Clemente, directeur de «Cronache di Caserta» et «Cronache di Napoli», s’est empressé s’en féliciter dans un communiqué publié en juin. «Il va sans dire que l’opération médiatique construite autour de Saviano a contribué de manière extraordinaire à la diffusion et la compréhension du phénomène de la Camorra, concède-t-il, mais il était nécessaire de rendre hommage au travail des journalistes courageux qui pendant des décennies ont risqué leur vie pour raconter sur notre territoire ce que Saviano a copié dans son livre.»

« Saviano n’est ni Falcone, ni Borsellino »

Aucun des journalistes du groupe Libra ne remettent en cause l’escorte dont bénéficie Saviano depuis 2008. «Il est, comme la journaliste Rosaria Capacchione, considéré comme une cible de la Camorra, explique Pino de Martino. Il est toutefois regrettable que d’autres n’aient pas eu ce traitement comme Tina Palomba, dont la voiture a été incendiée.» Le secrétaire général de l’ordre des journalistes de Campanie cite également le cas de Nello Trocchia, journaliste au «Fatto Quotidiano», dont un boss mafieux, dans une conversation enregistrée, confiait récemment vouloir «éclater le crâne». Le cas de Carlo Pascarella du «Corriere di Caserta», menacé directement par un parrain du clan des Casalesi parce qu’il rapportait des faits un peu trop précis sur la guerre de succession déclenchée par l’arrestation de Francesco Schiavone, dit «Sandokan», le parrain qui aimait vivre en compagnie de tigres.

C’est aussi le cas de Giuseppe Bianco de «Cronache di Napoli», qui avait reçu par courrier une balle de revolver, de Giuseppe Piccolo de SkyTG24 battu et menacé parce qu’il filmait le cadavre d’une victime de la Camorra ou encore de Michele Albanese, dont les carabiniers ont découvert dans l’antre de la N’drangheta, la mafia calabraise, un plan pour l’assassiner. Aucun de ces journalistes n’a jamais bénéficié d’escorte. «Je ne reprocherai jamais à Saviano d’avoir une escorte, nous a confié son premier détracteur Simone Di Meo, ce que je conteste en revanche c’est cette escorte intellectuelle dont il a bénéficié pendant ces années. On ne pouvait rien dire contre Saviano sans être traité de mafieux ! Aujourd’hui tout le monde sait sa fâcheuse tendance à reprendre le travail de ses confrères sans les citer et que Saviano n’est ni un Falcone, ni Borsellino!»

SOURCE: http://www.parismatch.com/Actu/International/Le-mythe-ecorne-de-Roberto-Saviano-804838

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Roberto Saviano, infiltré dans les archives policières, pour écrire « EXTRA PURE » par Marc Fievet (NS 55 DNRED).

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ITALIE (l’opération Gambling): jeux d’argent, évasion fiscale et blanchiment par la mafia

Mercredi dernier, l’opération « Gambling », menée par les autorités italiennes, a conduit à l’arrestation de 41 individus et à la saisie de deux milliards d’euros en cash et en actifs…

C’est un sacré coup de filet qu’a ordonné la juge d’instruction Caterina Catalano ! Après plusieurs années d’enquête et de surveillance, un important réseau d’entreprises liées à la mafia calabraise a été démantelé, lors d’une opération de grande envergure, la semaine dernière.

Différents services de police, dont la fameuse Guardia di Finanza, ou encore la Direzione Distrettuale Antimafia (la DDA) de Reggio Calabria (ville la plus importante de Calabre), ont participé aux investigations et à la journée d’action du mercredi 22 juillet 2015.

L’objectif ? Fermer des canaux qui permettaient à la ‘Ndrangheta de blanchir de l’argent et de réaliser une évasion fiscale. Comment s’y prenait cette organisation criminelle ? Tout simplement en possédant un empire tentaculaire lié aux jeux d’argent, notamment en ligne !

Opération « Gambling »

Au cœur de cette vaste enquête, on retrouve un certain Mario Gennaro, dit « Mariolino », fondateur de la marque BetuniQ et homo novus de la ‘Ndrangheta.(photo à gauche)

C’est cet homme de 38 ans, arrêté à Malte, qui gérait l’activité jeux en ligne de la mafia calabraise…

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BetuniQ, la marque qui propose des jeux d'argent et de hasard, est au cœur du coup de filet des autorités italiennes
Quid de l’argent des joueurs qui sévissaient sur BetuniQ ? Certainement perdu…

Le bilan de l’opération « Gambling » est impressionnant… Les forces de l’ordre ont procédé à 41 arrestations, dont six à Malte. Au total, onze entreprises étrangères (six maltaises, une autrichienne, deux roumaines et deux espagnoles), 45 sociétés italiennes, 1.500 points de prises de paris, ou encore 82 sites de jeux d’argent en ligne, ont été les cibles de ce coup de filet !

Le montant des actifs et du cash saisis s’élève à deux milliards d’euros ! Ces données ont été relayées par le Times of Malta, ou encore Il Giornale di Calabria.

Cette toile permettait donc à la ‘Ndrangheta de blanchir l’argent de ses activités criminelles et de procéder à une évasion fiscale. Apparemment, certains tournois de poker à Malte permettaient également cela.

Il est important de préciser que Uniq Group Limited, la société qui gère BetuniQ, possédait une licence délivrée par la Malta Gaming Authority (la MGA) ! Le site n’avait donc rien d’illégal, en apparence.

Bien évidemment, la MGA a, depuis, suspendu les licences de Uniq Group Limited, ainsi que d’une autre entreprise, également touchée par l’opération « Gambling », j’ai nommé Betsolution4U Limited. Encore une fois, il faut savoir que ces sociétés étaient agréées auprès de la Malta Gaming Authority depuis 2011 !

Une agence BetuniQ à Lecce, fermée lors de l'opération « Gambling »
L’agence BetuniQ de Lecce a été fermée lors de l’opération « Gambling »

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Concrètement, il est difficile et fastidieux de résumer le schéma réalisé par Mario Gennaro et employé par ‘Ndrangheta, la mafia calabraise, pour blanchir l’argent.

Difficile, également, de placer toutes les personnalités sur l’échiquier. Dans certains articles, on parle du clan Tegano, auquel appartiendrait le fameux Mario Gennaro. Dans certains articles, on évoque également des connivences entre ‘Ndrangheta et la célèbre Camorra, la mafia originaire de Naples. Connivences qui auraient permis à la marque BetuniQ de se propager en Italie…

Ce que l’on peut aussi lire, c’est que, clairement, les jeux d’argent et de hasard en ligne ont offert un montage supplémentaire, aux organisations criminelles, pour blanchir leur argent.

Pour faire simple : à chaque mafia, son réseau d’entreprises liées au gambling. Cette fois, les autorités italiennes ont percé la relation entre Reggio Calabria (en gros, le fief de la ‘Ndrangheta) et Malte. Il est fort probable que d’autres opérations soient menées, à l’avenir, pour fermer des canaux permettant le blanchiment d’argent d’autres mafias italiennes.

Don Corleone interprété par Marlon Brando dans Le Parrain de Francis Ford Coppola
Don Corleone a pris un sacré coup de vieux !

Dans de nombreux articles, on peut lire que la mafia évolue. Elle s’adapte aux nouvelles technologies et aux nouvelles habitudes de consommation. Une sorte de mafia 2.0 qui exploite les nouvelles failles disponibles… Don Corleone a pris un sacré coup de vieux !MisterVolty - Antoine Lafond

MisterVolty – Antoine Lafond travaille dans l’industrie du poker, depuis environ sept ans, principalement en qualité de rédacteur, journaliste et reporter.

source: http://fr.pokerstrategy.com/news/world-of-poker/Mafia,-jeux-d-argent,-%C3%A9vasion-fiscale-et-blanchiment_92714/

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Italian police arrest 41 in raid on mob-connected gambling site

Written by Pete – Friday

Alleged mafia man Mario Gennaro

The Italian Anti-Mafia Police have conducted a raid on Maltese based betting company BetUniQ in conjunction with the brand’s suspected affiliation with the infamous Calabrian crime outfit ‘Ndrangheta.

MORE: http://www.highstakesdb.com/5992-italian-police-arrest-41-in-raid-on-mob-connected-gambling-site.aspx

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Descabezado en Madrid un clan de la Camorra dedicado al narcotráfico

Una treintena de personas ha sido detenida en la operación . La red se dedicaba a comprar droga en Colombia y al blanqueo

Descabezado en Madrid un clan de la Camorra dedicado al narcotráfico. / ATLAS 

La Policía y la Guardia Civil, dirigidas por la Audiencia Nacional y la Fiscalía Anticorrupción y coordinadas con la Fiscalía Antimafia de Nápoles, han desarticulado en España e Italia un clan de la Camorra en una operación aún en marcha en la que se han producido de momento una treintena de detenciones.

LEER: http://politica.elpais.com/politica/2014/07/08/actualidad/1404805514_830251.html

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