Le regain de santĂ© de la Douane et de la DNRED par des textes actualisĂ©s semble inquiĂ©ter StĂ©phanie Cherbonnier qui n’hĂ©site pas Ă rĂ©clamer un privilège hiĂ©rarchique sur les affaires de stups.
Ça fait des décennies que la Police et ses hiérarques toujours en recherche de succès faciles, histoire de se la péter, et au passage de ramasser les dividendes par gratifications et autres promotions, ont instauré une sorte de tutelle naturelle sur tous les résultats obtenus en matière de saisies de stups. Il y a plus de 40 ans, des OPJ avaient infiltré tous les échelons de la DNRED, pour la bonne cause, pour formaliser les opérations que ces derniers réussissaient !
MĂŞme que parfois, il fallait se planquer de ces serviteurs zĂ©lĂ©s de Beauvau, toujours prĂŞts Ă faire remonter l’info aux collègues policiers Ă l’affĂ»t d’une opĂ©ration en cours, au risque de la faire capoter.
A Nantes, il avait son bureau juste Ă cĂ´tĂ© de celui de Gatard et il valait mieux partir Ă l’extĂ©rieur lorsqu’il s’agissait de mettre en musique une opĂ©ration future.
Cette mĂ©thode douteuse Ă©tait Ă©galement appliquĂ©e par les excellents officiers du « HM Customs excise » de sa gracieuse majestĂ©, qu’on a piquĂ© Ă prendre en photo l’intĂ©gralitĂ© des notes que j’avais dans mon calepin.
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Tous ceux qui sont branchĂ©s sur ce secteur d’activitĂ©s savent pertinemment que le gros des saisies et des affaires en cours a toujours Ă©tĂ© gĂ©nĂ©rĂ© par la DNRED et la SURV (Entre 70 et 75 % des saisies stups).
Je ne parle pas Ă©videmment de la saisie du boulevard Exelmans, organisĂ©e par David Cugnetti, actuellement en Bourgogne et chapeautĂ©e par l’énarque Erwan Guilmin, le chef de la DOD, qui n’Ă©tait qu’une Ă©norme connerie que la DNRED, on cherche Ă l’oublier, a payĂ© au prix fort.
DĂ©stabilisĂ©e, humiliĂ©e et… rĂ©organisĂ©e
DĂ©stabilisĂ©e et en mode survie avec une taupe de la DG Ă sa tĂŞte, l’excellente Corinne Cleostrate, la DNRED avec l’arrivĂ©e surprise du nouveau directeur Florian Colas, semble avoir retrouvĂ© un nouvel Ă©lan et je pense que ce rĂ´le de « chef de filât » rĂ©clamĂ© par StĂ©phanie Cherbonnier ne devrait ĂŞtre qu’une Ă©nième rodomontade de nos pieds nickelĂ©s nationaux, et quand j’ose parler de pieds nickelĂ©s, c’est en connaissance de cause , car mĂŞme Ă la DNRED, on a sĂ©rieusement donnĂ© dans ce domaine.
Christian de Rocquigny du Fayel
C’est Christian de Rocquigny du Fayel qui a Ă©tĂ© nommĂ© au poste de contrĂ´leur gĂ©nĂ©ral de l’OFAST et ce n’est pas, malgrĂ© la prochaine crĂ©ation de 35 postes pour ce service, ce dernier qui changera la donne.
Pour ma part, je pense que Florian Colas ne se laissera pas impressionner et qu’il a mis la DNRED sur une trajectoire qui ne peut que faire des envieux. (Gaffe Florian, les peaux de bananes ne devraient pas tarder, t’es dans un repaire de gros crabes !)
Le narcotrafic, comme tant d’autres activitĂ©s dĂ©lictueuses, ne se combat qu’en Ă©tant bien informĂ© et pour cela, dĂ©solĂ© StĂ©phanie, la DNRED a une sĂ©rieuse longueur d’avance sur la Police en la matière.
Enfin,Ă ce constat, j’ajouterai qu’il m’a toujours paru surprenant que les gabelous acceptent de se faire diriger par des DG non issus de la Douane. Jean Dominique Comolli est le seul DG que j’ai rencontrĂ© personnellement plusieurs fois, aussi bien dans le bureau ministĂ©rielle avec Michel Charasse qu’Ă la DG avec Jean Henri Hoguet et Christian Gatard, m’avait permis de constater de l’ignorance crasse de ce responsable et du seul souci qui le guidait de rĂ©aliser un parcours sans vagues en attente de l’opportunitĂ© qui le rendrait riche.
Est ce ainsi que l’on dirige une rĂ©galienne ? Non, je ne le pense pas, et il serait temps que cela change pour Ă©viter que continue le dĂ©membrement de cette institution commencĂ©e avec le passage Ă©clair de l’IGF François Auvigne.
Un peu plus sur la DNRED
Les premiers services douaniers d’enquêtes, exclusivement parisiens, voient le jour entre 1932 et 1937. Au cours de réorganisations successives, qui ont étendu ses compétences territoriales et fonctionnelles, cette structure deviendra la direction nationale des enquêtes douanières (DNED) puis la direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED). (Merci Jean Henri Hoguet !)
Enfin, en 2007, le ministre du budget entérine la réorganisation de la DNRED et sa mutation en service à compétence nationale.
Missions et spécificités
La DNRED met en œuvre la politique du renseignement, des contrôles et de la lutte contre la grande fraude douanière de la DGDDI. Elle a pour mission de lutter contre les grands trafics en démantelant les organisations criminelles qui se livrent à la contrebande d’armes, de stupéfiants, de tabac et de produits contrefaisants, portant atteinte au commerce légal et présentant des risques pour la santé publique.
Elle s’appuie Ă cette fin sur son analyse prĂ©cise des flux de marchandises et de personnes, sur le recueil de renseignements opĂ©rationnels ainsi que sur la mise en Ĺ“uvre de certaines techniques spĂ©cialisĂ©es d’investigation…sans pour autant rĂ©ussir Ă faire assumer la Direction GĂ©nĂ©rale de la douane qui, par le manque d’honneur de ses DG, n’assure pas la continuitĂ© du service de l’État.
Disposant de pouvoirs spécifiques définis par le code des douanes, la DNRED exerce son activité sur l’ensemble du territoire douanier national et elle coordonne également les activités opérationnelles du réseau des attachés douaniers français dont la compétence couvre près de 60 pays.
Son action s’articule essentiellement autour de trois axes :
-lutter contre les grands courants de contrebande ;
-mettre en œuvre des enquêtes anti-fraude d’envergure nationale et internationale diligentées à l’encontre des entreprises et des particuliers ;
-gérer et animer la collecte du renseignement, son traitement et sa diffusion à l’ensemble des services douaniers ainsi qu’aux services partenaires.
ORGANISATION
Forte d’environ 800 personnels, la DNRED comprend trois directions :
La direction du renseignement douanier (DRD), centrale du renseignement, gère et anime la filière « renseignement », Ă©labore le plan national de renseignement, centralise et traite les informations sur la fraude. Elle procède aux Ă©tudes et aux analyses nĂ©cessaires Ă l’orientation de l’action des services et soutient l’ensemble de la communautĂ© douanière grâce aux pĂ´les de compĂ©tence technique dont elle dispose.
La DRD est composĂ©e de 5 divisions : 1 division transversale et 4 divisions d’analyse.
La direction des enquĂŞtes douanières (DED) dispose d’une compĂ©tence d’exception en matière de lutte contre la grande fraude. Ces missions complètent la compĂ©tence gĂ©nĂ©rale d’attribution des services d’enquĂŞte rĂ©gionaux (SRE). Ressortent ainsi de la compĂ©tence de la DED toutes les enquĂŞtes – d’initiative ou fondĂ©es sur des consignes nationales et/ou communautaires ou d’assistance administrative mutuelle internationale (AAMI) – ayant trait Ă la recherche de la grande fraude, c’est-Ă -dire susceptibles de mettre au jour des fraudes ou des rĂ©seaux de fraude nationaux ou transnationaux ou de dĂ©manteler des organisations criminelles (sĂ©curitĂ© nationale, activitĂ©s terroristes, trafic d’armes, fraudes financières, dĂ©mantèlement de filières de fraude nationales ou transnationales). S’y ajoutent les enquĂŞtes conjointes et celles qui lui sont confiĂ©es expressĂ©ment par la direction gĂ©nĂ©rale.
La DED est composĂ©e de 4 divisions d’enquĂŞtes Ă compĂ©tence nationale.
La direction des opérations douanières (DOD) recherche et recueille le renseignement opérationnel et tout particulièrement celui en provenance de sources humaines (coordination avec la DRD dans le cadre du Passenger Name Record).
Plusieurs entités spécialisées sont rattachées à ces directions :
-Cyberdouane,
-Cellule de recueil de la preuve informatique,
-Observatoires de suivi dans des domaines de fraude particulièrement sensibles,
-Équipes techniques, etc.
En septembre 2008 a Ă©tĂ© créée la « Task Force Dragon » visant Ă lutter contre la contrebande europĂ©enne de produits originaires de Chine (cette fraude gĂ©nère des milliards d’euro de pertes en termes de revenus pour l’UE et pour la France).
Unité d’élite de 24 agents, elle a une compétence nationale et est très fortement impliquée dans la lutte contre la fraude au plan européen (OLAF, EUROPOL, etc.)
Depuis juin 2015, un officier de liaison de la DNRED est mis à la disposition de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), facilitant la coopération permanente.
Le GOLT
Au sein de la DNRED, le Groupe opérationnel de lutte contre le terrorisme (GOLT) a été créé spécialement pour centraliser la collecte et l’enrichissement des renseignements, de toutes sources douanières, relatifs au terrorisme et à son financement.
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