NARCO BUSINESS: quel est le poids de la cocaïne dans la crise vénézuélienne?

Acteur majeur du trafic international de cocaïne, le Venezuela est en proie à cette activité très lucrative qui pèse lourd dans la période de crise actuelle. Vecteur de corruption et d’influence dans un pays où l’argent a perdu sa valeur, la cocaïne tenue au Venezuela par «le cartel de Los soles» (le cartel des soleils), en référence aux soleils qui remplacent les étoiles sur les uniformes des hauts gradés de l’armée, implique aujourd’hui aussi de nombreux acteurs au plus haut niveau de l’Etat. Décryptage sur le poids de la cocaïne dans la crise vénézuélienne avec David Weinberger, chercheur à l’Institut des Hautes Etudes de la Sécurité et de la Justice (INHESJ).

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http://m.rfi.fr/ameriques/20190214-poids-cocaine-crise-venezuela-armee-colombie-weinberger

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VENEZUELA: les généraux vénézuéliens sont au cœur du narcotrafic mondial

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3 mars 2016

Par Otrava Gamás

Propos recueillis par AliaumeLeroy
Interview.
Peter Chalk, spécialiste du commerce de la drogue en Amérique latine auprès de la RAND Corporation, une institution américaine de recherche et de développement en politique. D’après certains experts, le Venezuela est aujourd’hui un «narco-Etat».
Pensez-vous que ce label est fidèle à la réalité?

Pas dans le sens où le commerce illicite de la drogue est ancré dans les institutions de l’Etat, comme c’est par exemple le cas en Guinée-Bissau. Cependant, la corruption au sein du gouvernement et des forces armées du pays est intimement liée au trafic international de la cocaïne. Surtout depuis 2005, l’année où le président Hugo Chávez a chassé de son pays les agents de la DEA, l’agence antidrogue américaine, en les accusant d’espionnage envers son administration.

Comment le Venezuela participe-t-il au trafic international de la drogue?

Le Venezuela est un pays de transit majeur pour les cargaisons de drogue à destination des Etats-Unis et de l’Europe. La quasi-totalité des avions transportant de la drogue vers le Honduras, le plus gros hub d’Amérique centrale pour la contrebande aérienne en direction des Etats-Unis, provient de l’Etat d’Apure, au Venezuela, qui se situe à la frontière avec la Colombie. La marchandise illicite pour l’Europe est généralement envoyée directement à travers l’océan Atlantique sur des cargos ou des porte-conteneurs qui déchargent leur cargaison dans les ports de Lisbonne, Anvers, Barcelone et Amsterdam.

Cependant, la drogue destinée au marché européen transite de plus en plus par l’Afrique de l’Ouest, en empruntant les voies aériennes et maritimes. Dans le premier cas, la marchandise est transportée dans des avions légers modifiés qui se posent sur des pistes d’atterrissage improvisées. Quant au transport maritime, beaucoup plus commun, la drogue est acheminée par ce qu’on appelle «l’autoroute 10», référence au 10e parallèle nord qui relie l’Amérique du Sud au continent Afrique par le chemin le plus court.

Sait-on combien de drogue transite par le Venezuela en moyenne?

Le volume total de drogue qui passe par le Venezuela est inconnu. Mais d’après le centre opérationnel d’analyse du renseignement maritime pour les stupéfiants basé à Lisbonne, une initiative lancée par sept membres de l’Union européenne pour faciliter la coopération dans la lutte contre le trafic de la drogue, 51% des cargaisons de drogue interceptées dans l’océan Atlantique entre 2006 et 2008 provenaient du Venezuela.

Quel est le niveau d’implication des dirigeants du pays dans le commerce des stupéfiants?

Il est très élevé. Le mémo justifiant la décision prise par Washington pour l’année fiscale 2015 de dénommer le Venezuela comme un pays de transit majeur pour la drogue mentionne que même si les politiques gouvernementales de Caracas n’encouragent pas directement ces activités illégales, de nombreux rapports et documents suggèrent que l’administration sous Hugo Chávez et son successeur Nicolás Maduro ont pris part ou facilité le commerce illicite de la drogue. Cela est d’autant plus vrai pour certains éléments de l’armée vénézuélienne, rassemblés autour du Cartel de los Soles, une mystérieuse organisation menée par des militaires du pays haut placés et contrôlant le trafic de la drogue.

Quelle relation les dirigeants du Venezuela entretiennent-ils avec les FARC?

Des documents trouvés en 2008 dans l’ordinateur du commandant des FARC, Raúl Reyes, ont révélé les liens particuliers qu’ont les FARC avec des haut placés du gouvernement vénézuélien. Le chiffre 300 est plusieurs fois mentionné dans les dossiers récupérés, soi-disant une référence à des donations financières faites en cash par Chávez envers les FARC. D’après plusieurs sources, les FARC opèrent impunément dans les Etats vénézuéliens de Barinas et d’Apure, kidnappant et menant d’autres activités criminelles librement.

Le Cartel de los Soles est-il un groupe puissant?

Très puissant, car il sert de facilitateur pour le mouvement de la cocaïne colombienne, passant par le Venezuela, à destination des marchés internationaux. L’ancien commandant de la marine Leamsy Salazar, qui s’est enfui aux Etats-Unis en 2015, a identifié auprès des autorités américaines Diosdado Cabello, le président de l’Assemblée nationale et le deuxième homme le plus puissant au Venezuela, comme étant le chef du Cartel de los Soles.

https://blogs.mediapart.fr/otrava-gamas/blog/030316/venezuela-infos-les-generaux-venezueliens-sont-au-coeur-du-narcotrafic-mondial

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NARCOTRAFIC: narco business à gogo au Venezuela et…ailleurs!

Coke en Stock (LXXXIV) : pris la main dans le sac

Maduro, enfin décidé à sévir ?

En mai 2013, le président Maduro semblait enfin enclin à s’occuper du trafic de cocaïne dans son pays, en acceptant d’en parler en public pour la première fois. Hélas, sans surprise, son propos était loin d’un début d’action pour résoudre le mal qui rongeait le pays depuis des années. Le 20 mai en effet, écrit James Bargent : « le Président du Venezuela, Nicolas Maduro, a admis que le pays avait un problème de trafic de drogue, mais il a porté le blâme sur les organisations paramilitaires colombiennes ayant des « liens avec la droite fasciste, » ignorant commodément le rôle des groupes de la guérilla de gauche vénézuélienne et des militaires. S’exprimant lors d’une visite à l’Etat frontalier de Tachira, Maduro a dit que « ce crime [le trafic de drogue] qui vient de Colombie, est en train de changer et de se muer en un monstre. Les trafiquants de drogue et des paramilitaires commencent à contrôler notre voisin et de plus en plus, ils sont étroitement liés à la droite fasciste, [et] Ils font partie des partis [politiques] fascistes , » a-t-il ajouté. Le président a également annoncé un audit de tous les notaires dans les villes limitrophes de la Colombie dans le cadre d’une enquête sur l’achat de propriétés avec les profits du commerce de la drogue » (des notaires fascistes, on suppose  !).

Pas vraiment

Si le président vénézuélien reconnaissait pour la première fois l’ampleur du problème, sa façon d’éluder le rôle des Farcs et le soutien de son pays au groupe d’extrême gauche responsable d’une grande partie du trafic de cocaïne était à la fois sans surprise et plutôt désolant. En digne successeur d’Hugo Chavez, Maduro ne voulait rien savoir, et rien voir en effet : « cependant, comme avec son prédécesseur, le nouveau président en fait une question hautement politisée. La liaison faite par Maduro des groupes de narco-paramilitaires liés à un mouvement politique fasciste poursuit sa rhétorique de plus en plus paranoïaque, avec ses allégations qui ont inclus l’ancien président colombien Alvaro Uribe*, complotait selon lui pour l’assassiner. » Visiblement, le successeur de Chavez gardait les mêmes oeillères et le même cap  : « absente de sa vue politisée des problèmes de trafic de drogue du Venezuela, est la présence des groupes de guérilla de gauche de la Colombie, qui opèrent sans être inquiétés sur le territoire vénézuélien et sont fortement également impliqués dans le commerce de la drogue. Un autre absent est le rôle de l’armée vénézuélienne, en particulier le réseau lâche de militaires de haut rang connus comme le Cartel de los Soles (Cartel des Soleils), qui est de plus en plus soupçonné de jouer un rôle important dans le commerce de la drogue ».

Le fameux Cartel des Soleils : des généraux vénézuéliens enrichis

Le Cartel des Soleils ainsi appelé en raison des décorations des haut-gradés vénézuéliens, qui au lieu d’étoiles sur leurs épaulettes, arborent en effet des soleils, est un fait reconnu désormais par un bon nombre d’observateurs. En adroit politique, Maduro avait récemment donné en pâture à ses électeurs mécontents trois d’entre eux, limogés par lui en mars dernier. Pour notre observateur, ça n’avait rien de surprenant en effet  : « lorsque le président vénézuélien Nicolas Maduro a annoncé l’arrestation la semaine dernière de trois généraux de la Force Aérienne pour avoir fomenté un coup d’Etat, ce ne était pas une grande surprise. L’armée, après tout, a joué un rôle dans la politique du pays lors de conflits déjà, bien avant – en 2002, le mentor et prédécesseur de Maduro, Hugo Chavez, avait été démis de ses fonctions pour la bagatelle de 47 heures par un coup d’Etat qui a été renversé par des officiers loyalistes. Mais bien que les trois généraux de la Force Aérienne démis pouvaient très bien avoir des liens avec les secteurs « de l’opposition » selon les allégations de Maduro, ils ne représenteraient pas pour autant la plus grande menace face à ses commandants militaires. Parce que les généraux dont il devrait- et presque certainement doit – avoir le plus peur sont ceux qui sont devenus immensément riches grâce à l’idéologie politique chaviste « la liberté pour tous » défendue par Chavez et poursuivi par Maduro. Ils peuvent ostensiblement rester de son côté, mais ils ne seront pas à rester là à regarder Maduro permettre au système de s’effondrer » (…)

LIRE la suite: http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxiv-pris-la-main-160456

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* COLOMBIE: retour sur le narcotrafiquant n°82 Alvaro Uribe Velez par Sergio Camargo.

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VENEZUELA: le numéro deux du régime accusé de narcotrafic

L’ancien garde du corps du président de l’Assemblée nationale affirme que son ex-patron dirige un cartel de drogue.
"Incroyable ! Là-dedans, il y au moins 3 000 kilos de la cocaïne la plus pure !""Préviens la base que nous venons de saisir une camion avec plus de 1 500 kilos de dogue.""Allo, capitaine ? Un succès total. Nous avons saisi 500 kilos."Dessin de Langer (Argentine). « Incroyable ! Là-dedans, il y au moins 3 000 kilos de la cocaïne la plus pure ! »
« Préviens la base que nous venons de saisir une camion avec plus de 1 500 kilos de dogue. »
« Allo, capitaine ? Un succès total. Nous avons saisi 500 kilos. »
Dessin de Langer (Argentine).

Capitaine de corvette et ancien chef de la sécurité du défunt président Hugo Chávez, le Vénézuélien Leamsy Salazar est arrivé le 26 janvier à Washington comme témoin protégé dans le cadre d’une enquête de la justice américaine. Selon des sources proches des enquêteurs, il assure que les narcotrafiquants connus sous le nom de “cartel de Los Soles” ont pour chef Diosdado Cabello, qui n’est autre que le président de l’Assemblée nationale vénézuélienne.

“Salazar était chef de la sécurité et conseiller personnel de Diosdado Cabello, mais il a aussi fait partie du premier cercle de gardes du corps du défunt président Hugo Chávez”, précise, sous le couvert de l’anonymat, l’un des accompagnants de Leamsy Salazar dans l’avion qui le conduit à Washington. “C’était la personne en laquelle Hugo Chávez avait le plus confiance, et après sa mort c’est Diosdado qui l’a récupéré.”

Les témoignages de Leamsy Salazar, en cours d’analyse par les agents de la DEA et le bureau du procureur général du district sud de New York, concordent avec des informations fournies par d’autres fonctionnaires vénézuéliens aux autorités de Washington sur l’implication dans le narcotrafic de représentants au plus haut niveau de l’Etat. Jusqu’à présent, les soupçons portaient sur l’ancien ministre de la Défense Henry Rangel Silva, ainsi que sur un général, Cliver Alcalá, mais le nom du président de l’Assemblée nationale, Diosdado Cabello, n’avait pas coutume d’apparaître à côté des leurs.

Cité par WikiLeaks

En revanche, ce dernier, numéro deux du pouvoir vénézuélien, juste derrière le président Nicolás Maduro, était bien mentionné dans les câbles du ministère des Affaires étrangères américain rendus publics par WikiLeaks. Il y figurait comme “l’un des principaux pôles de la corruption” au Venezuela. L’homme est parfois considéré comme celui qui, dans l’ombre de Maduro, détient vraiment le pouvoir au Venezuela.

Précédemment, des informations sur les opérations du cartel de Los Soles avaient été fournies par l’homme d’affaires et narcotrafiquant vénézuélien Walid Makled, actuellement jugé à Caracas après avoir été extradé par la Colombie [début 2011]. Dans une interview pour la chaîne de télévision Univisión [diffusée en espagnol aux Etats-Unis], Walid Makled a révélé que de hauts responsables de l’armée étaient directement impliqués dans le transport de la drogue, assuré par des vols quotidiens d’avions qui décollent de l’Etat d’Apure, à la frontière colombienne.

Pour sa part, Leamsy Salazar a toujours été considéré comme un excellent officier. Dans le cadre de ses fonctions, il aurait été le témoin d’échanges qui relient directement Cabello au narcotrafic sans y être mêlé lui-même. “Salazar, précise l’une des sources, possède des preuves sur les lieux d’embarquement de la drogue désignés par le président de l’Assemblée nationale, les endroits où celui-ci gardait l’argent, et des informations sur ses comptes bancaires à l’étranger.”

source: http://www.courrierinternational.com/article/2015/02/06/le-numero-deux-du-regime-accuse-de-narcotrafic

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