Dans les ferries de la SNCM, cocaïne, cannabis et fusils d’assaut
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E MONDE | 10.06.2015 à 11h38 | Par Luc Leroux (Marseille, correspondant)
Le télescopage est cruel pour la SNCM. A l’heure où le tribunal de commerce de Marseille devait se prononcer, mercredi 10 juin, sur la reprise de la compagnie maritime en redressement judiciaire, s’ouvre le procès d’un trafic d’armes et de drogue, transportées dans ses ferries entre le continent et la Corse. Vingt-neuf prévenus sont jugés jusqu’au 3 juillet par le tribunal correctionnel, dont des membres présumés du grand banditisme marseillais et corse et huit marins de la SNCM ayant avoué avoir passé cocaïne, cannabis et fusils d’assaut dissimulés dans des scooters dans les cales des navires… De 2011 à 2013, ils auraient agi à la demande de Camille Abboche, 46 ans, délégué syndical CFTC et élu au comité d’entreprise de la compagnie.
Reçu dans les ministères pour les négociations de branche, accueilli à la Collectivité territoriale de Corse, Camille Abboche avait un accès privilégié aux bateaux et aux quais en dehors des horaires de la douane. Etait-il, comme le suggère son avocat Me Erick Campana et son surnom « Grand dadet », « un naïf qui s’est brûlé les ailes » au contact de voyous ? Ou comptait-il se faire une place au sein du milieu corso-marseillais ?
Pour le juge d’instruction Guillaume Cotelle, qui a conduit cette enquête, le syndicaliste, payé 2 900 euros par mois, a joué un « rôle central et actif » et offert aux trafiquants « un passage sécurisé ». Plusieurs marins décrivent…
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Début à Marseille du procès d’un trafic d’armes et de drogues impliquant des marins de la SNCM
10 Juin 2015, 13h02 | MAJ : 10 Juin 2015, 13h02
Le procès de 29 personnes dont huit marins de la compagnie maritime SNCM, impliquées dans un trafic d’armes et de drogues entre le continent et la Corse, a débuté mercredi devant le tribunal correctionnel de Marseille.
Le procès, prévu jusqu’au 3 juillet, se déroule alors qu’à quelques mètres de là, l’avenir de la SNCM, en redressement judiciaire depuis fin 2014, se joue devant le tribunal de commerce qui devrait désigner un repreneur.
Après avoir lu les charges –notamment « trafic d’armes » et « association de malfaiteurs en lien avec un trafic d’armes et trafic de stupéfiants »– qui pèsent sur les 29 prévenus, dont 9 comparaissent détenus, la présidente Emmanuelle Bessone a commencé par entendre l’un des marins, David Payet. Mme Bessone a tenté d’arracher des explications sur les rencontres de ce marin de 39 ans, qui comparaît détenu, avec d’autres protagonistes mais celui-ci a ferment nié les éléments tirés des surveillances policières.
« Vous vous trompez Mme la présidente! » a-t-il plusieurs fois lancé, tempêtant à l’évocation d’un témoignage qui l’incrimine.
Lundi, le tribunal doit entendre les explications d’un ex-syndicalise de la SNCM, Camille Abboche, 45 ans, alors secrétaire général adjoint de la CFTC, qui, selon l’accusation, aurait recruté des marins « pour l’écoulement des produits stupéfiants ».
De la cocaïne, 80.000 euros en liquide et de nombreuses armes à feu, notamment au domicile et dans le bureau de Camille Abboche à la SNCM, avaient été saisis durant l’enquête.
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