ROUMANIE: Alina Bica, la chef du parquet anti-mafia arrêtée pour corruption

Arrestation spectaculaire à Bucarest.

media La cheffe du parquet chargé de la criminalité organisée et du terrorisme, Alina Bica, à Bucarest en juillet 2014.
AFP PHOTO / DANIEL MIHAILESCU

La chef du parquet anti-mafia a été placée en détention préventive pour 30 jours. Elle serait impliquée dans une affaire de corruption qui aurait provoqué un préjudice de plus de 60 millions d’euros à l’Etat roumain.

Avec notre correspondant à Bucarest, Luca Niculescu

Même pour un pays où l’on est habitué à voir des hauts responsables derrière les barreaux, cette affaire est énorme. La chef du parquet chargé de la criminalité organisée et du terrorisme a été interpellée en pleine rue, puis placée en garde à vue pour une affaire de corruption. Ce sont les procureurs d’un autre parquet, la Direction anticorruption, qui mènent l’enquête.

L’affaire remonte à 2011. À l’époque, Alina Bica était responsable de l’agence pour la restitution des propriétés qui avaient été confisquées par l’ancien régime communiste. À ce titre, elle aurait fermé les yeux sur une très forte surévaluation d’un terrain. Le préjudice pour l’Etat roumain serait de plus de 60 millions d’euros.

Lutte sans merci

L’enquête n’est qu’à ses débuts et plusieurs autres personnes ont été arrêtées. Des sources proches de l’enquête ont déclaré que cette affaire pourrait secouer profondément le monde politique roumain et que d’autres révélations sont attendues les prochains jours.

Depuis quelques années, la justice roumaine est engagée dans une lutte sans merci contre la corruption. Dans ce contexte, plusieurs dizaines de hauts responsables, dont un ancien Premier ministre, ont été condamnés à de lourdes peines de prison.

Publié le 23-11-2014

source: http://www.rfi.fr/europe/20141123-roumanie-cheffe-parquet-anti-mafia-arretee-corruption-alina-bica/

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Lutte anti-mafia: Le crime organisé se professionnalise pour être (encore) plus rentable

ENQUÊTE

La police judiciaire dévoile un rapport sur le visage des organisations criminelles en France…

Une importante saisie d'armes et de stupéfiants sur la commune de Cabriès (Bouches-du-Rhône).
Une importante saisie d’armes et de stupéfiants sur la commune de Cabriès (Bouches-du-Rhône). – Boris Horvat AFP
William Molinié

«Ils sont devenus des businessmen.» Ce n’est pas un cours de microéconomie, mais on y parle de «plan pertes bénéfices», de «secteurs stratégiques» et «d’adaptation à la mondialisation». Bienvenue dans la France de la criminalité hyperorganisée.

Ce lundi matin, la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) a présenté pour la première fois à la presse une synthèse du rapport annuel du Service d’information, de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organisée (Sirasco).(http://www.interieur.gouv.fr/Archives/Archives-des-actualites/2010/Service-de-lutte-anti-mafia)

Ce service recense les renseignements que détiennent les policiers et les gendarmes afin de mieux comprendre l’organisation des groupes criminels qui agissent sur le territoire français.

«Groupes mobiles et polyvalents»

Pour ce cru 2013-2014, les dérives mafieuses n’ont pas radicalement changé. «Le banditisme français traditionnel persiste. Même s’il est bien connu de nos services. Et se trouve en concurrence avec les cités sensibles qui constituent l’avenir du banditisme en France, principalement dans le trafic de stupéfiants», explique François-Xavier Masson, le responsable du Sirasco.

Selon lui, le trafic de stupéfiants représente 70% du chiffre d’affaires du crime organisé en France et génère environ 3,5 milliards d’euros chaque année. Point commun entre les groupes criminels, l’importance que prennent la cybercriminalité et la diversification des activités. «Les groupes sont plus mobiles et plus polyvalents. On passe sans problème du trafic de stupéfiants à la fraude fiscale», poursuit François-Xavier Masson.

Alliances d’opportunité

Parmi les nouveautés, les services de sécurité ont noté une «professionnalisation des circuits de blanchiment d’argent». Les comptes en banque à l’étranger sont privilégiés et les malfrats n’hésitent pas à mener des montages financiers élaborés pour dissimuler l’argent. Ou, au contraire, à recourir aux «bonnes vieilles méthodes» de transport de valises de billets d’une frontière à l’autre pour échapper aux radars de l’administration fiscale.

En outre, les organisations mafieuses opèrent tels des chefs d’entreprise en étudiant les risques et les bénéfices d’une activité illégale. «Ils se conduisent comme des groupes industriels en choisissant les plus rentables et en s’engouffrant dans des failles de la législation», atteste le chef du service de lutte antimafia.

Enfin, l’humeur est plutôt au rapprochement plutôt qu’aux règlements de compte, même si régulièrement, de sanglants assassinats peuvent survenir. Ces alliances d’opportunité peuvent créer de liens inédits. «Certaines cités ont des contacts directs avec des représentants de la mafia italienne, géorgienne, sud-américaine ou indo-pakistanaise», avance-t-on au sein de la PJ. Cette logique n’existe que dans le but de faire de l’argent. Rapidement et surtout silencieusement.

source: http://www.20minutes.fr/societe/1482227-20141117-lutte-anti-mafia-crime-organise-professionnalise-etre-encore-plus-rentable

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