Les cartels ont trouvé la parade aux Etats-Unis face aux contrôles accrus des agences de sécurité. Alors que les douanes américaines et la Customs and Border Protection Agency (CBP) intensifient leurs patrouilles de drones le long de la frontière mexicaine, les trafiquants de drogue ont répondu à cette « menace » à leur juteux trafic avec leur propre technologie, rapporte le site Defense One.
« Les méchants ont beaucoup d’argent qu’ils mettent dans des systèmes de brouillage des GPS et de ‘spoofing’ (attaque par usurpation d’adresse IP) des drones. Nous finançons des programmes afin que nous puissions contrer cette menace », a déclaré Timothy Bennett, un gestionnaire de programmes sur la science et la technologie au département fédéral de la sécurité intérieure (Department of Homeland Security, DHS), qui supervise le CBP.
Contrairement aux grands drones conçus pour les besoins militaires, de nombreux petits drones sont beaucoup plus vulnérables au piratage et au spoofing. Des chercheurs chinois, Lin Huang et Yang Qing, avec Qihoo 360, ont réussi à perturber l’enceinte virtuelle ou « geofence » sur un drone Phantom DJI par usurpation (spoofing) de GPS, ce qui est illégal aux Etats-Unis.
Drone d’observation ShadowHawk de Vanguard Defense Industries. Source : Vanguard Defense Industries.
Certaines sociétés qui travaillent pour le DHS s’adaptent. Ainsi, Vanguard, qui produit le drone ShadowHawk, utilise un cryptage de niveau militaire et modifie les fréquences GPS chaque demi-seconde, selon son président Michael Buscher.
« En ce moment, il y a beaucoup de systèmes antibrouillage qui peuvent détecter, mais ils sont gros et lourds », explique M. Bennett. L’enjeu est de développer des systèmes plus légers.
Les attaques des trafiquants entravent les capacités pour cartographier les routes de la drogue. « Nous ne pouvons pas obtenir de bons systèmes de coordonnées sur ces routes parce que nos systèmes sont usurpés. Il faut impérativement régler ce problème « , souligne M. Bennett.
Résultats insuffisants
Hormis ces problèmes de brouillage, le DHS est confronté à l’augmentation des coûts de l’heure de vol de drones de surveillance – 11 MQ-9 Reaper non armés –, estimés au départ à 2 468 dollars alors qu’ils sont en réalité de… 12 225 dollars !
En conséquence, de grands espaces et des portions de la frontière ont été laissés sans surveillance. Et les drones ont permis seulement 2 % des arrestations sur la frontière sud-ouest des Etats-Unis.
Les drones Reaper, au départ à vocation militaire, ne sont peut-être pas adaptés à la mission. La DHS a lancé un programme, appelé RAPS II, pour utiliser des drones plus petits et plus adaptés. Le Département finance aussi un programme de recherche et développement pour améliorer les capacités de surveillance de ses drones frontaliers afin de mieux détecter les mouvements au sol… au risque d’atteintes à la vie privée ?
000000000000000000000000000000000000000000000000

