BRÉSIL (Coke en Stock (CXIII)): on tire sur les avions, en vrai comme au cinéma, et la corruption est partout

bresil-3 10 février 2016

Le Brésil est une vieille connaissance, question trafic de cocaïne : en 1994, une article évoquait déjà ce « nouvel espace » qui s’offrait à lui. « La cocaïne n’a jamais été aussi bon marché, abondante et pure, au Brésil « avait-on pu lire à ce propos. Vingt ans plus tard, avec l’organisation de la coupe du monde de football en 2014 (désastreuse pour l’équipe brésilienne !) on s’attendait à une explosion de la consommation, et on n’a pas été déçu en effet, avec la prolifération des vols des petits Cessna venus du Pérou ou de la Bolivie, pour la plupart, dans les mois qui ont précédé. Au Brésil, la coke est aujourd’hui devenue tellement commune qu’elle apparaît dans les films, que attaque-filmcertains détournent sur You Tube en faisant croire à un nouveau scoop. La réalité, bien plus prosaïque et inquiétante est là : les narco-trafiquants sont bien implémentés dans le tissu politique du pays (voire même incrustés depuis des années), un bon nombre d’élus étant tombés sous le charme d’ambassadrices d’un genre spécial des caïds locaux de la drogue…

Commençons par un poursuite digne d’Hollywood. La scène a été filmée récemment, le 24attaque octobre dernier, au Brésil, par un jeune homme âgé de 25 ans, appelé Luiz Fernando Sampaio Puretz. On l’entend faire lui-même les commentaires sur la vidéo. Celle-ci commence par un drôle de bruit : celui d’une rafale de tirs, provenant des deux mitrailleuses 12,7 mm  qui équipent les Embraer Super Tucanos de la chasse brésilienne. Cela continue avec la poursuite d’un avion de tourisme par ce même Tucano, en difficultés, à l’évidence. Visiblement, le jeune homme venait de filmer l’interception d’un avion lié à un trafle endommagéeic de drogue. Confirmation dès le lendemain par le Centre Public d’Information de l’Armée de l’Air brésilienne qui par note du dimanche (25 octobre) indique « qu’un avion sans plan de vol et qui a pris une route connue pour être utilisé pour des activités illicites » et qu’il a été intercepté samedi dans la région de la municipalité de Japorã. Une vidéo postée par l’armée montre l’interception avec effectivement des tirs touchant l’aile gauche de l’avion. On retrouvera l’avion concerné au sol, avec effectivement l’aile gauche trouée comme une passoire.   (ci-contre à droite on aperçoit les dégâts). L’appareil, un Embraer 721 « Sertenajo » (un
Cherokee 32R Lance Piper construit sous licence au Brésil) immatriculé PT-EXP, avait  quand même réussi a fuir à basse altitude, quoique gravement endommagé, le long de la frontière, avant de retourner dans l’espace aérien brésilien et d’atterrir clandestinement à l’aéroport de Paranavai Edu Chaves, dans l’état de Parana, à environ 250 kilomètres de la frontière avec le Paraguay. avion visitéC’est là qu’il a été retrouvé abandonné par ses occupants.  Le plus étonnant était que le même appareil avait déjà été contrôlé par les douanes, mais au Paraguay, le 26 septembre 2012, retrouvé posé sur une route en pleine campagne, ce qui montrait une vidéo.

A bord, une cargaison de produits électroniques et certains médicaments (et non de la drogue) répartis en 17 colis, vraisemblablement de contrebande. Avaient été alors arrêtés  le pilote brésilien Atilon Bezerra de Alencar, et son compatriote Paulo Cesar Maidana, et trois paraguayens Walter Daniel Casco, Miltiade Galeano Espínola et Julio Leiva. A côté de l’avion, trois véhicules avaient été saisis. Un petit camion Kia, une camionnette Mitsubishi Montero, et une Toyota Corsa. Un trafic était établi, mais l’appareil n’avait donc pas été saisi, ce qui peut surprendre. L’avion poursuivi n’était donc pas un inconnu pour la police paraguayenne en tout cas ! Selon les enquêteurs il faisait partie de l’organisation du narcotrafiquant Esequiel Gomez de Souza, aujourd’hui en prison dans le pays. En  2012, De Souza avait réalisé le transport d’un volume étonnant de cocaïne : « Ezequiel Gomez de Souza, né dans la ville de Salto del Guaira, le 26 mars 1980, est l’élément clé qui a conduit la Senad à saisir la plus grande expédition de cocaïne  enregistrée dans le pays, samedi 10 novembre dernier, dans la ville de la Paloma, dans le département de Canindeyú (au Paraguay), où est tombé 1,748 kilogrammes de drogue. Il a également été le sommet de l’iceberg qui a conduit à la formation de l’exploitation agricole Águila Negra, (aigle noir) où le groupe effectuait un travail externalisé où redistribution de la cocaïne a été démantelée. »

avions paraguay

C’était un réseau fort structuré, de Souza fidélisant ses petits producteurs tout simplement… en les protégeant : »de Souza utilisait sa structure de contrebande pour travailler dans le commerce de la cocaïne. Plus l’entreprise avait des revenus élevés et moins les agences de sécurité la dérangeaient… Comme il assurait la « sécurité » de la cocaïne de Bolivie du Brésil les producteurs ont vu en lui un allié parfait. L’antidrogue locale avait bien découvert son commerce, mais sans connaître son infrastructure. Car cet homme savait comment résoudre le problème : par des mensualités de 20 000 dollars en espèces pendant plus d’un an ». Sur place, la police avait trouvé cinq petits avions de transport (des Cessna, mais aussi un rare Aerocomp Comp Air 10 – où avaient-ils déniché ce bidule aérien rarissime – et quatre grandes voitures de luxe. La ferme servait de centre de conditionnement pour partir au Brésil après être arrivé de la Bolivie.

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interceptionL’armée brésilienne tire donc sans trop discuter sur les avions des trafiquants, et ce depuis une loi lautorisant, datant de 2004. Plusieurs vidéos montrent comment ça se passe : une datant de 2006, où l’on peut voir un Cessna blanc à queue verte poursuivi par un avion militaire Tucano (A-29) forcé à se poser sur une route de terre. Mais on peut aussi facilement se faire avoir sur le net, avec ce genre de vidéos, si on ne fait pas attention. La preuve avec ce qui suit… Car une autre vidéo (floutée, ici à gauche) montre un Beechcraft Baron attaqué à la mitrailleuse par deux Tucanos après avoir été approché et avoir refusé d’obtempérer. La vidéo montrée par l’armée de l’air révélant la dimension sonore de l’événement singulier. On y distingue le Cessna Baron l’aile gauche fumante après la passe de tir, l’avion s’inclinant et se dirigeant vers le sol. Le problème de la vidéo, outre son étrange montage (des coupures ont été faites, visiblement) étant sa date : mise en ligne le 29 mai 2015, rien ne dit que la séquence montrée soit de cette date ou alentour.chute good Il semble en tout cas que lors de l’approche, l’un des Tucanos se soit fait tirer dessus, semble-t-il, par les occupants de l’avion de tourisme (il s’en écarte juste après). En prime, lorsque l’avion des trafiquants plonge, il émet une fumée  noire, ce qui fait penser à un traitement vidéo de post-production plutôt qu’à la réalité. Pas de trace de crash non plus à relever dans les registres, pas de date exacte visible : le cas reste intriguant. Le seul exemple relevé d’un Beechraft Baron 58 porteur de 560 kilos cocaïne est celui du N6037U, (modèle TH-1021) qui s’était écrasé le 5 mars 2011 après avoir volé trop bas dans la Sierra Serra Amolar dans le Pantanal (le Mato Grosso du sud). L’avion, récemment exporté devait porter l’immatriculation PR-PCR. Or l’avion du jour, visible ici, ne portait pas la même décoration que celui intercepté vu dans la vidéo. L’exemplaire arborant une décoration plus ancienne et originelle du B-55, comme ici le PT-JZD , le PR-CFS ou le PR-CGC. Le « flou » artistique apposé aux images par l’armée exclut en tout cas une immatriculation à l’américaine: on a bien deux lettres, puis trois, séparées par un tiret. Et en cherchant un peu plus, on découvre qu’on a bien failli se faire avoir… par une production filmographique de Roberto Carminati,  en forme de publicité pour les forces aéronavales brésiliennes (un film s’intitulant « Segurança Nacional« ), datant de 2010, dont un extrait est visible ici. On y distingue l’immatriculation du Beechcraft dans le film : « PT-KIL ». Un joli pied de nez ! La production n’a pas indiqué quel appareil a été utilisé, peut-être bien un des trois indiqués. Mais on avait eu au final un vrai « soap opéra », un superbe nanar, comme film, selon la critique !!! Pas malin du tout de balancer ça sur le net de cette façon ! Surtout venant dun… maquettiste !

traficUne autre vidéo encore, tout aussi impressionnante, mais bien plus réaliste celle-là, rappelle celle des trafiquants péruviens pris sur le fait en 2014 par de courageux journalistes d’investigation. Cette fois-ci, ça se passe de nouveau au Brésil, en 2013, avec une scène assez hallucinante qui ne sera révélée que l’année suivante. Celui de l’arrivée d’un hélicoptère et d’un transfert de 445 kilos de cocaïne du petit Robinson 66 (R-66) chargé à ras bords vers une voiture stationnée auprès, dont le coffre et les sièges arrières seront rempli de paquets de cocaïne. En échange, l’hélicoptère recevant des bidons d’essence, apportés en lisière de forêt près du lieu d’atterrissage. Le problème étant quand les policiers découvrent à qui appartient réellement l’hélicoptère (qui vaut quand même ses 970 000 dollars). Immatriculé PR-GZP, il est en effet la (co) propriété de Limeira Agropecuária, une entreprise qui appartient au jeune député Gustavo Perrella (de Solidarité-MG) helicoptero-apreendidoreprésentant le Minas Oeiras, à sa sœur et à un cousin. Or Gustavo n’est autre que le fils du sénateur Zeze Perrella (PDT-MG) ancien président de Cruzeiro, club de football brésilien. Tout de suite, la presse fait le buzz avec cette découverte. Un buzz alimenté par d’excellentes analyses, parfois. Ainsi cet article passionnant qui démontre que l’hélicoptère ne venait pas de très loin, obligatoirement (une analyse faite sans avoir vu la vidéo, signalons-le) : en ajoutant le poids de l’aéronef (581 kg), celui des pilotes (140 kg) et le poids de la cocaïne (445 kg) un petit malin avait calculé qu’on en était déjà à 1166 kg, la limite d’embarquement de l’hélicoptère. « Cela laissait seulement 59 kg pour le carburant. Avec 224 kg, selon de recherches, l’autonomie de la R-66 est de trois heures, en volant à 220 km / h. Ainsi, vous pouvez faire, jusqu’à atteindre la limite de la jauge…  666 km. Huuummm … Règle de trois: si, avec 225 kg de carburant, on peut voler 660 km, avec 59 kg, on vole un maximum de 173,8 kilomètres… ». Résultat, l’appareil ne avait pas venir de très loin…

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Il n’était pas venu de très loin en effet… Mais la veille il était encore au Paraguay, ce qui est encore plus étonnant et plus intriguant. Selon la police, une recherche faite dans son GPS avait montré que l’hélicoptère était encore dans le pays voisin, le 23 novembre, à Pedro Juan Cabalero, endroit où il avait très certainement chargé la coke. Puis il s’est envolé vers le Brésil où la drogue avait été alors dissimulée. L’hélicoptère, sans sa cocaïne, avait été ensuite vu et enregistré dans l’aéroport de Campo de Marte. Le lendemain, cette fois avec la drogue à bord, il a fait une escale dans le Minas Gerais et s’est dirigé vers Espírito Santo. C’est quand il a atteint la ville de Afonso Claudio, dans la région montagneuse de Espírito Santo (ici à gauche), que la police fédérale était intervenue. alfonso claudioLa famille Perella pouvait-elle ignorer le sort de son hélicoptère pendant plusieurs jours, voilà bien tout le mystère. Au simple prix du carburant utilisé, par exemple, on a des doutes sur la totale liberté et l’autonomie laissée à son seul pilote. Le dénommé Rogério Almeida Antunes, un employé de la société de Perella qui avait avoué avoir reçu 60 000 dollars pour transporter la drogue, sans avouer de la part de qui, et qui accusait au passage le co-pilote de l’aéronef, Alexandre José de Oliveira d’avoir été l’initiateur du transfert de coke, lui aussi arrêté. Selon la police, la famille Perella lui aurait en effet laissé les clés de l’appareil, ce qui la disculpait, bien évidemment.  Le procédé semblait un peu gros. Mais toujours selon la police, l’étude des 11 téléphones cellulaires de la famille Perella aurait effectivement démontré que le pilote avait organisé « de son propre chef » (et celui du trafiquant sous les ordres duquel il avait agi), la famille n’ayant pas une seule fois évoqué en conversations le projet. La presse restera néanmoins dubitative relevant au passage des liens avec une personnalité plus haut placée encore, notamment « les relations intimes entre Perrela et le candidat potentiel à la présidence de la République, Aécio Neves  (le petit-fils de l’ancien président brésilien Tancredo Neves). Un rapport informe que le sénateur Zézé Perrela (PDT-MG) a également payé de son bureau et financé le carburant utilisé dans le célèbre hélicoptère. Zézé et Gustavo, père et fils, sont de plus en plus empêtrés dans l’affaire », avait-on pu lire. L’information étant reprise en boucle sur les chaînes Telesur et l’un des sites de « buzz » Etats-Unis, TMZ, car Neves a un poids considérable dans le pays : il a été battu de justesse par Dilma Rousseff, au second tour de l’élection présidentielle brésilienne de 2014… Pour la présidente alors en difficultés, l’affaire était plus qu’intéressante à suivre, on le comprend.

Le hic demeurant effectivement le dernier  « saut de puce » effectué par l’hélico et détecté par notre calculateur amusé : « la police enquête pour savoir si l’aéroport Claudio a été utilisé comme une voie pour trafic de drogue, car il est déjà d’information publique que l’hélicoptère de la Limeira Agricultural Company, et du sénateur famille Zézé Perrela, saisi a Espírito Santo en transportant 445 kilogrammes de cocaïne novembre dernier, a touché terre à un moment donné avant dans le village de Sabarazinho (à seulement 14 km de l’aéroport minier de Claudio), trois heures avant d’entreprendre un voyage à un endroit précis dans la ville de Santo Afonso Claudio Espirito. La police a atteint une telle confirmation sur la base du suivi hélicoptère GPS, ainsi que dans le plan de vol noté les pilotes, saisi par la police fédérale de Espírito Santo, dans le sud-est, l’année dernière ». Le dossier s’épaississant avec celui du journaliste Lucas Ferraz, la « Folha de S. Paulo », qui a découvert et révélé qu’Aécio Neves « avait construit la piste de la ferme qui appartenait à son grand-oncle, en plus d’être à côté de la succession de la famille du candidat. La semaine dernière, Aécio Neves a admis qu’il l’a utilisé, même si l’espace n’a pas encore été approuvé par l’Agence nationale de l’aviation civile ». « Or l’investissement par le gouvernement et l’État pour la construction de la piste a été  de 14 millions de reals. Claudio possède 25 000 habitants et se trouve à 50 kilomètres de Divinópolis, où il y avait déjà une piste d’atterrissage et de décollage ». Bref, personne n’avait au départ compris pourquoi cette piste à cet endroit, une piste construite avec l’argent de l’Etat, alors qu’elle semblait plutôt d’usage privé.

sabarazinioPrivée, car très liée  la famille Neves. « Le village (de Sabarazinho, ici à gauche) est à 14 kilomètres de Claudio et c’est aussi l’endroit des exploitations familiales Tolentino, où est née Risoleta Neves, épouse de Tancredo Neves, la grand-mère d’Aécio Neves. Elle est mentionné dans l’enquête sur l’analyse des messages des pilotes qui ont été capturés par les stations de radios de base (RBS), qui sont les dispositifs qui font le lien entre les téléphones cellulaires et la compagnie de téléphone. Une information publiée par le portail  G1 en novembre 2013 a révélé que la police avait identifié et fermé un laboratoire de raffinage de cocaïne dans la ville de Claudio … Le site a été démantelé après une dénonciation anonyme où l’on a trouvé de la cocaïne et de la marijuana. Personne n’a été arrêté. Selon un rapport publié dans « Folha de S. Paulo », un des sénateurs parents d’Aécio Neves (PSDB-MG) était en liaison  avec l’aéroport de  Claudio.  La poudre de l’hélicoptère a été saisie le 24 novembre. Trois jours plus tard, le 27 novembre, après la révélation de la saisie dans les médias, le propriétaire a déposé une plainte à la police militaire de Divinópolis. Selon cette même police, la dénonciation a été faite de façon «anonyme». Le propriétaire dit qu’il a vu un hélicoptère survolant la région à basse altitude et a ensuite trouvé sur leurs terres 13 jerricans de 20 litres chacun, avec dedans une substance similaire au kérosène ». La théorie de notre calculateur se tenait donc : l’hélicoptère venait de pas très loin, car il avait été obligé de se ravitailler. Ce que la vidéo avait révélé. Et il l’avait fait sur des terres appartenant au clan Neves. Là où a existé un laboratoire de transformation de la cocaïne. Rien pour prouver quoi que ce soit, mais des présomptions fort embarrassantes pour un candidat à la présidence du pays !

baron saisiDans la foulée des investigations on avait déjà découvert le 15 août 2013  trois avions, saisis par la police fédérale, dans le sud du pays, avions qui auraient été utilisés pour transporter de la drogue entre la Bolivie et le Brésiavion saisi 3l. Des appareils confisqués en cours de peinture, avec encore leurs collants de masquage, tel ce Beech Baron ci-contre (à gauche), et un autre exemplaire aux moteurs en réfection. Les vieux Baron semblent avoir encore la cote, au Brésil. Les trafiquants voulaient être discrets semble-t-il en les présentant sous des immatriculations plausibles et non avec un simple adhésif. Selon la police « Opération White Bull» désignait « selon les trafiquants le fait de négocier la vente de cocaïne sans attirer l’attention ». Le 10 juin 2014, la PF (polie fédérale) a appréhendé les voitures de luxe, avions, bateaux, dans le respect des mandats de perquisition et de saisie de force et de la probation, durant l’opération « Athos », qui s’est tenue le mardi (10) dans cinq États: le Minas Gerais, à Sao Paulo, à Rio de Janeiro,  au Parana et à Santa Catarina. L’action a démembré une organisation criminelle liée au commerce de la drogue qui a apporté des produits de la Bolivie et du Paraguay à l’intérieur de São Paulo et de les a distribuées au Minas Gerais, à Rio de Janeiro et dans le Nord. » Dans la foulée encore, ferrariLe 14 juillet, par ordonnance de la Cour suprême (STF), la police saisissait également trois véhicules de luxe à Brasilia dans le deux résidences (Casa da Dinda et villa Collor) de l’ancien président et sénateur Fernando Collorde Mello (PTB): une Ferrari, une Porsche et une Lamborghini. Officiellement pour détournement d’agent public, provenant du scandale Petrobras. Or Colorde Mello n’est autre que l’ancien  et 32e président de la République du pays (de 1990 à 1992), et… un grand partisan de la privatisation du pays !!!

saisieEn mars dernier lors de l’Operação Elementar, c’était un yacht d’une valeur de 3,5 millions d’euros. et 15 voitures de luxe, dont des Ferrari et des Jaguar, qui étaient saisis à Brasilia. La police confirmant lors que parmi les personnes arrêtées il y avait quatre officiers de police du District Fédéral. Sandra Maria da Silveira et Paulo Barongeno, le chef de la division des opérations aériennes. Ils étaient chargés de protéger les membres de la bande, à travers les fuites d’informations confidentielles  qu’il distillaient ou en avertissant des témoins repérés. Un des agents arrêtés était un retraité de la police civile, l’agent Marcelo Toledo. Il avait déjà été nommé dans les enquêtes sur le fonctionnement du système de corruption signalé dans l’enquête n°650, de la Cour Supérieure de Justice. Un dossier dans lequel les deux agents cités avaient yachtfreiné les investigations visant l’agent de change Fayed Antoine Traboulsi, accusé de blanchiment d’argent. Traboulsi, un libanais né à Beyrouth le le 28 Février 1961 mais naturalisée brésilien, surnommé « le turc », contrôlait aussi les maisons de poker à Brasilia. Le yacht de 19 mètres de long saisi appartenait justement à Traboulsi (il s’appelle « Georgette » le prénom de sa mère !). Pour l’acheter le 12 Décembre 2012, à Sea Marine (1), qui l’annonçait en vente à 1,6 millions d’euros (le navire coûterait aujourd’hui autour de 1,4 millions), Fayed avait utilisé une société écran, selon l’enquête, pour faire un premier dépôt d’un montant de 275 000 euros, puis d’autres, à partir d’autres comptes. Dans des proportions étonnantes : à parti de 10 comptes courants de particuliers et d’entreprises pour réaliser 17 dépôts différents ; sur une période de 11 jours seulement !!!

imagesEt ce n’était pas tout. Lors de l’Opération Miquéias , avait même été arrêté Luciane Hoepers, une ex top modèle « miss bum bum » au Brésil » (je vous laisse découvrir ce que c’est), devenue « agent immobilier », soupçonnée elle aussi d’organiser tout un réseau en  blanchiment d’argent et en détournement de fonds de pension. Sur les magazines qui avaient fait sa gloire, la voici devenue « la muse de la corruption« . En fait elle servait d’appât pour politiciens véreux. Car la fameuse Luciane était bien liée à Fayed Antoine Traboulsi (2), l’organisateur du réseau, comme l’ont montré les écoutes téléphoniques qui ont révélé également plusieurs contacts du mannequin ou de ses amies avec des politiciens, dont les députés Goiás Samuel Belchior, Daniel Vilela et Leandro Vilela – tous du PMDB… Dans la liste de contact de la miss Bum Bum, il y avait le nom de presque tous les maires des municipalités ou des anciens maires des villes du Mato Grosso, du Mato Grosso du Sud, du Goiás, de Santa Catarina et de São Paulo !!! En 18 mois d’investigation, il avait été prouvé que le groupe autour de Traboulsi avait ainsi empoché plus de 70 millions d’euros avec ce système d’hameçonnage par belle interposée. interpol nunesUn système de séduction des hommes politiques qui était bien rodé explique Brasilia BR : « le schéma dévoilé par la police fédérale montre également la grande influence que le groupe criminel a eu sur les gouvernements locaux et les représentants de l’Etat. Les « pastinhas » comme on les appelle les lobbyistes, ont voyagé à travers le Brésil pour convaincre les politiciens d’investir des fonds publics dans des sociétés fictives, qui ont ensuite été fermées. Ainsi, le bénéfice était réparti entre les criminels et l’agent public. La propriété d’un représentant de l’Etat de Goiás, par exemple, était la recherche et la cible de la saisie. Les maisons au moins de sept maires ou d’ anciens maires ont également perquisitionnées par des agents dans neuf états et le District fédéral. »  submarineLes « pastinhas » avaient donc pour fonction de séduire les maires et les convaincre de prendre l’argent public sur de faux fonds de pension. Deux autres complices constamment cités dans les enquêtes sont Carlos Eduardo Rocha Marzola et Flávio de Carvalho Junior, ceux qui ont ouvert les comptes des sociétés écrans. Or à bien regarder, on aurait dû faire davantage attention au personnage. Louis Antoine Traboulsi avait en effet déjà été condamné en 2012 par la Securities and Exchange Commission à payer 760 000 euros pour pratique déloyale sur le Stock Exchange. Les ramifications du réseau s’étendant partout. Selon le magazine « Istoé » au moins deux commissaires de la police civile seraient parmi les détenus. Pour ajouter à cela, le même jour était arrêté le trafiquant de drogue Nunes, Mario Sergio Machado Nunes, connu sous le nom de « Goiano» et qui, selon les dernières enquêtes en cours, avait des liens avec le baron de la drogue colombien Pablo Escobar et Joaquin « El Chapo» Guzman, indiquaient les autorités. L’homme s’était surtout fait remarquer jusqu’ici en développant des sous-marins transporteurs de drogue pour échapper aux gardes-côtes… et c’est encore une autre question que celle de ces fameux sous-marins (pour l’instant, j’en resterai ici à l’étude du trafic par avion seulement).

(1) le chantier italien créé par la famille Radice (Roberto décédé en 2012 avait été ministre des Travaux Publics dans le premier gouvernement Berlusconi), en faillite en 2014, est passé sous contrôle chinois le 27 mars 2015.

(2) sa propre histoire étant un résume »L’histoire de Fayed Traboulsi au Brésil commence avec la guerre civile connue par le Liban dans les années 1980,  la violence faite à sa famille libanaise qui l’incite à quitter le pays et aller à São Paulo dans une tentative pour une vie meilleure. Il est aussi passé par Goiânia. Fils du colporteur Antoine Assaf Taboulsi Fayed a bientôt atterri dans la capitale du pays. Il a commencé à se faire de l’argent et rencontrer une brésilienne, alorsqu’ il travaillait comme gestionnaire dans les hôtels San Marco et Saint-Pierre. À ce moment, il changeait toujours l’argent chez le changeur Chaker Youssef Nasr, dans un bureau du Kubitschek Plaza Hôtel. Il avait été indiqué aux clients par son compatriote. L’histoire de Fayed commencent à changer le 19 Décembre, 1995, quand, vers environ 13h30, Chaker a été assassiné au cours d’un vol dans son propre bureau. La famille de la victime ne voulanit pas faire fonctionner l’entreprise,  Fayed a été approché par Chico Gordo, l’un des employés du changeur d’argent, pour reprendre et étendre l’échange des dollars. Le Libanais ne le savait pas, mais la mort de Chaker serait un tournant de sa vie. Fayed avait l’argent pour acheter la société. Avec Chico Gordo, l’ancien responsable du portefeuille de la clientèle. Simplement et rapidement, il est s’est retrouvé assis sur une entreprise qui gagnait des millions de dollars dans les années suivantes. A cette époque, Fayed Antoine Traboulsi a commencé, vraiment,  le change en dollars, en laissant de côté les petites quantités de change généralement occupés par des touristes venus visiter la capitale. Resté anonyme derrière un comptoir jusqu’à ce que, selon les personnes qui lui étaient proches il a commencé à être recherché par les politiciens et les hommes d’affaires pour réaliser des transactions et un pillage illégal. Pour cela, « le Turc » a réuni une équipe de prête-noms, qui ont été mis à la disposition des comptes courants de changeur de monnaie, ouverts dans différentes banques. Ces personnes étaient en charge de la réception des dépôts, des retraits et de donner de l’argent aux personnes  indiquées par Fayed. À ce jour, le changeur d’argent utilise toujours la tactique pour masquer les dépenses et les marchandises des millionnaires. Il a le pouvoir de donner juste un coup de téléphone et de déplacer des millions sans qu’un seul nom n’apparaisse dans toute la transaction. » Le Turc a agi librement et tranquillement dans la capitale pendant plus de 20 ans. Il a fait fortune, a gagné la confiance des politiciens, des hommes d’affaires et de nombreux policiers. Son influence chez certains délégués et les agents de la police civile était telle que le groupe a tenté de nuire à une enquête de l’Office lutte contre le crime organisé (Deco). Pourtant, le changeur d’argent a finalement arrêté en mars 2013. Fayed, cependant, réussi à se faire libérer au bout de quelques jours » (…)  À la fin de mars de cette année, le changeur d’argent a été condamné à six ans de prison, en régime fermé, suite à l’arrêt de la Cour pénale 1er de Wansbeck, le résultat des enquêtes de l’opération Departed. Au pénitencier de Papuda, il n’est même pas resté 24 heures reclus, pourtant. Une injonction signé par le juge Cicero Romao, de la Cour fédérale de district et dans les Territoires (TJDFT), a prononcé sa libération. Aujourd’hui, il  est simplement retenu par son passeport, car il lui est interdit de voyager à l’improviste par la justice. Son avocat est Antonio Carlos de Almeida Castro, l’kakay, un des meilleurs criminalistes dans le pays. »

PS : le trailer du navet est ici :

http://www.adorocinema.com/filmes/filme-202451/trailer-19533862/

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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http://www.centpapiers.com/coke-en-stock-cxiii-au-bresil-on-tire-sur-les-avions-en-vrai-comme-au-cinema-et-la-corruption-est-partout/

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BOLIVIE (Coke en Stock (CXII)): des liens inquiétants avec le pouvoir

8 février 2016

Comme on a pu le voir dans l’épisode précédent, un bon nombre d’élèves-pilotes formés par le nombre important d’écoles de l’air boliviennes sont devenus des transporteurs de coke, effectuant le plus souvent le trajet Pérou-Bolivie, puis Bolivie-Brésil, ou inversement. Si ces écoles nourrissent elles aussi le trafic, c’est qu’un certain laxisme existe à leur égard. Notamment l’absence totale de vérification des ventes d’appareils américains, provenant le plus souvent de rebuts, ce qui explique aussi un bon nombre de crashs recensés étant donné leur vétusté. Mais d’autres formes de facilitation du trafic apparaissent dans les arcanes du pouvoir du pays. Les militaires eux aussi ont été tentés, comme on va s’en apercevoir, et une personnalité surprenante est apparue dans ce contexte : l’ex miss Bolivie, devenue proche d’un ministre, retrouvée en liaison avec un trafiquant brésilien recherché, lié lui-même à des personnes troubles que l’acteur Sean Penn avait suivis de près, sans que la presse ne le rappelle récemment. Pourquoi donc, voilà une bonne question !

cessna couchéLa chute des avions commencée l’année 2015 se poursuite donc en ce milieu d’année : le 13 juin, nouvel arrivage, à Piraicito cette fois. Et nouveau décollage raté : un très élégant Cessna 210 Centurion II s’est couché sur l’aile droite, visiblement embourbé sur sa roue droite, en tentant de décoller sous le feu des hommes de l’armée bolivienne  venus intercepter l’appareil. A bord, il y a 60 paquets de cocaïne pour 125 kg au total. Au moment de l’intervention des soldats, deux hommes se sont échappés dans les montagnes, mais il seront arrêtés un peu plus tard, cachés dans des buissons. Deux frères ont été tués dans l’affrontement, en descendant de leur 4×4 venu prêter main forte à l’avion :  Carlos Toni (30 ans) et Yasmani Carballo Loza (25 ans), impliqués selon les renseignements « dans des activités de trafic de drogue ». crash cessnaDeux radios et un bidon à essence d’aviation sont également découverts. L’avion est immatriculé ZP-TMV. Selon la version officielle, une patrouille avait déjà observé un atterrissage d’avion léger dans la région, lorsque le Cessna est à nouveau apparu, plusieurs personnes dans un véhicule ont ouvert le feu sur les soldats, la réplique ayant tué les deux trafiquants présumés. Le 26 juin, on reparle de l’école des kamikazes vu dans l’épisode précédent avec un petit Cessna 152 appartenant à une école d’instruction, Alas Beni, qui s’est écrasé à Trinidad; à quelques mètre seulement de l’aéroport Jorge Henrich.  Alexis Soruco (l’instructeur) et David Fernando (Edwin) Orellana (l’étudiant) sont tous deux tués dans l’accident. L’appareil,  CP-2808 a été complètement détruit à l’impact. Il est effectivement en miettes. L’avion, numéro de série 15284032ancien N4937H américain datait de… 1979, il avait 36 ans… il avait été exporté des USA en 2013 par « RAUL BEUNO EXPORTATION INC« , enregistré à… Wilmington, dans le Delaware (on l’aurait parié !). L’enquête évoquera une panne moteur, tout simplement. Le 15 juillet, on découvre 40 kilos de coke à Beni, avec 49 000 dollars à la clé. Le trafic avait lieu à Trinidad et Santa Ana; le gang ayant pour chef un dénommé « Negro Fabio ». Trois avions et un véhicule lui appartenant sont saisis.

CP2838Le 22 août on part.. au Pérou, direction les vallées de l’Apurimac et de l’Eune (zone du VRAE). Deux hélicoptères MIL en patrouille ont aperçu un avion bolivien, ou plutôt ce qu’il en restait. Il était immatriculé CP-2838. Aperçu ici  à El Trompillo (SRZ / SLET) en Bolivie le 22 janvier 2015. « Tombé à Vilcabamba et chargé avec de la cocaïne, son pilote avait survécu à l’accident et avait réussi à communiquer par téléphone satellite avec la Bolivie, au propriétaire de la coke… qui lui avait envoyé un autre avion pour la transporter alors que deux groupes d’indigènes de Llochegua étaient partis pour secourir le conducteur et la charge « . Ce sont eux qui auraient vidé l’avion, « peu de temps avant l’arrivée du contingent de police ». Le CP-2838 avait été exporté en Bolivie en 2013 par Martin Rapozo. En Bolivie, il a été enregistré au nom de Sandra Datzer Rodriguez, la femme de Fernando Rapozo, le frère de Martin. Avant cela, il avait volé à Anchorage, Alaska… exactement comme le Cessna U260G CP-2890 retrouvé lui aussi abandonné mais avec à côté  356,6 kilos de cocaïne et un téléphone satellite , deux GPS Garmin device deux transmetteurs radio et deux téléphones portables. Or surprise, le propriétaire de l’avion s’appelait aussi…  Martin Rapozo !!! Selon Insight Crime « l’avion était un parmi ces dizaines de vieux avions américains vendus à des acheteurs boliviens au lieu d’être envoyés à la ferraille »…

saisie

Mapa_nuevo2L’excellent Insight Crime va à partir de cet exemple brosser un terrible réquisitoiavions rapozore contre celui qui prive de vie de jeunes pilotes boliviens : « Martin Rapozo Villavicencio, le propriétaire du petit avion écrasé CP-2890 en 2014, a acheté plus de 30 avions aux États-Unis, qui ont été par la suite exportés vers la Bolivie. Idl-Reporteras et  Caretas ont lu les numéros d’immatriculation des 33 avions de Raposo, dont beaucoup ont été repérés volant dans le VRAEM et dans la vallée de Pichis-Palcazu. Beaucoup d’avions ont été déclarés sur des sociétés fictives enregistrées, mais certains ont également été enregistrés sous le nom de son frère, Fernando Rapozo. A plusieurs reprises, le nom de la famille Rapozo est apparu lorsque l’on regarde dans les registres des avions, capturé, ou crachés au Pérou ». A droite les 10 avions repérés comme appartenant bien à la famille Rapozo. Le 26 Août, 2015  la presse bolivienne rapporte que le Pérou avait détecté pas moins de 222 vols de narco-avions en trois mois, sur le territoire national péruvien. Il était entré autant d’aéronefs pour charger 77 tonnes de drogue, selon un député du Pérou. Un rapport de la Direction Anti-Drogue révèle que 13 vols par jour partent vers la jungle péruvienne dans l’est de la Bolivie. Le gouvernement a approuvé la loi pour abattre des avions emportant de la drogue.

CP-2914blessésLes arrivés incessantes au Pérou rendent les militaires impatients sur la gâchette. Le Cessna CP-2914 visible ici à gauche resté accroché dans les arbres a été abattu par un hélicoptère péruvien le 15 avril 2015 dans le Río Tambo, à Satipo. Son pilote, Ramos Silva, 28 ans, est brésilien. Pilote de ligne à Curitiba, il a a été blessé lors du crash à Satipo. Selon la presse « il a été embauché par une connaissance d’un ami qui vit en Bolivie pour faire ce transport privé ». Aucune trace de drogue n’avait été trouvé à bord ». Ses parents et surtout sa mère, Vera Lúcia de Moura, crient à l’erreur manifeste. Le 17 avril, le pilote Brésilien est transféré à Lima et il est admis à l’hôpital Hipólito Unanue publique, après avoir reçu une balle dans le bras et l’abdomen. Le 21 mai, il est libéré de la prison de Satipo, dans le département de Junín. Visiblement, il y a avait eu.. bavure. On avait pu voir les miliaires péruviens s’activer dans leur hélicoptère auprès des deux blessés, dont le jeune Silva (ici à droite).


Et ce n’est pas fini. « Le 13 février de cette année (2015), les forces de sécurité publique auraient découvert les restes d’un avion écrasé dans les forêts de Pichari. Le numéro de série sur le moteur de l’avion était encore identifiable, et lié à un avion acheté par une entreprise d’ Opa-Locka, en Floride, et exporté- vers « Rapozo Export » à Santa Cruz, en Bolivie. Sur les trente avions achetés par Rapozo aux États-Unis (où il a une résidence à Tarpon Spring, en Floride) et exportés vers la Bolivie, les dossiers des forces de sécurité ont compté le CP-2859, capturé en juillet 2014; le CP-2721, capturé en 2012, tandis que le CP-2812 écrasé juste trois jours après le CP-2890 en novembre 2014. En termes de sécurité aérienne, le trafiquant bolivien Rapozo et d’autres transporteurs ont fabriqué les lignes de bus les plus mortelles de Lima question sécurité. Presque tous ces avions sont achetées vers la fin de leur capacité de voler. Chaque pont aérien de vol représente un profit pour les trafiquants de drogue, mais le mépris pour la vie des pilotes. »

ATB CessnaLe 1er septembre,  c’est un pilote brésilien de trafiquants de drogue lié au Commando Vermelho qui est tué dans une fusillade avec la brigade des antinacos de l’Unidad Móvil Policial para Áreas Rurales (UMOPAR) à Montero (en fait il meurt dans son transfert à l’hôpital d’El Trompillo), dans le département de Santa Cruz, alors que son avion contenant 300 kilos de cocaïne s’est embrasé. Son copilote paraguayen est arrêté. L’avion est à nouveau un Cessna 210L immatriculé ZP-BHW, l’ancien N4643Q américain.  Ce dernier, le  27 août 2014 faisait le trajet Floride-Providenciales (une île dépendant de l’archipel de l’archipel des Turques-et-Caïques) Le journal télévisé d’ATB rend compte de l’affaire et montre même le survivant arrêté en l’interviewant : l’homme avoue bien avoir transporté 300 kilos de coke. L’avion avait été enregistré comme exporté au Paraguay. Le vendeur étan « N6364S LLC », enregistré bien sûr dans le Delaware ! Le site de la société annonce exporter au nom d’Arturo Anibal Acosta. En 2014, le 18 avril, l’homme a vendu le  Cessna 210L Centurion, numéro de fabrication 21059940 datant de 1973, immatriculé aux USA N627BA, dans l’état de « USADA A REPARAR » à un dénommé LUIS MARIA SARUBBI DUARTE.

saisie capitaineRebelote le 3 septembre avec un Cessna Stationair TU206G 6 avec l’enregistrement CP-2781  (ex N925Y américain, venu de Boise, dans l’Idaho) qui se fait pincer à l’atterrissage, juste avant son redécollage, après que les hommes du Groupe pour le Renseignement et les Opérations Spéciales (ISOG) et de la FELCN (les forces boliviennes) soient restées en planque une semaine sur place en attendant son arrivée. A bord, 362 kilos de pâte de coca… prête à partmilico-narco-1ir vers le Brésil. Cette saisie courante dan le secteur et surtout l’arrestation de son pilote vont bousculer le choses en fait. Car son pilote n’est autre que Yimy José Urzagaste Zabala, qui est aussi capitaine de la Fuerza Aérea Boliviana (FAB), comme l’atteste la photo ci-contre prise lors de sa formation. L’affaire fait automatiquement grand bruit. En avril, un article avait indiqué que les forces de la FELCN elles-mêmes étaient « vulnérables aux narcotrafiquants ». Car son cas pose question, et il n’est pas le seul : en mars, c’est l’ancien commandant de la police nationale et ancien chef de la FELCN, le général Oscar Nina qui avait été accusé de blanchiment d’argent, d’enrichissement illicite et d’avoir eu des liens avec le trafiquant le plus connu, Joaquin «El Chapo» Guzman, dont les déboires ont fait la une de tous les journaux récemment. En septembre, c’était  le chef du Groupe de la police civile de soutien (GACIP) de la ville bolivienne d’El Alto, Juan Carlos Tapia Mendoza, qui avait été arrêté le 12, accusé de trafic de cocaïne. 42,7 kilos de cocaïne ont été retrouvés chez lui, à Santa Cruz, à 900 kilomètres de El Alto. Zabala, Nina, puis Tapia : l’Etat bolivien voit ses représentants sombrer devant l’attrait de l’argent que leurs promettent les trafiquants !

CP-2630 19Sep15Le 19 septembre, c’est encore un autre Cessna U206F modèle Stationair, immatriculé CP-2630 (N°U20602939) qui est retrouvé à San José de Chiquitos. A intérieur, on a retrouvé 6 sacs de jute avec 35 paquets de cocaïne. Le 7 octobre, c’est un nouvel appareil d’une école d’aviation de Viru Viru qui se crashe dans une commune rurale de Santa Rosa del Sara, blessant le pilote instructeur et son élève. « Une défaillance mécanique » selon le rapport des autorités. L’avion était un Cessna 152 II (IFR) immatriculé CP-153, ex N89564. Le numéro de fabrication de l’avionest le N°15282788 : il datait de 1979… et avait donc 36 ans d’âge, encore une fois.

Les avions pleuvent, et la Bolivie ou le Pérou leur font la chasse. idl-rLe Pérou surtout, comme on avait pu le voir avec un Cessna CP-2907 aperçu à Santa Rosa fin novembre 2014. Filmé ici au dessus de sa zone d’atterrissage en tain de tenter de fuir un Hind de l’armée péruvienne. L’équipe de IDL-R à l’affût filmant la poursuite. Des Hind plus très jeunes, que le Pérou possède en effet depuis les années 90... C’est à la même équipe que l’on avait dû l’atterrissage d’un Cessna (CP-2873) ensuite attaqué par les forces terrestres péruviennes. 

miss bolivia

Une question se pose : en Bolivie, Morales, partisans de ne pas pénaliser les paysans faisant pousser de la coca, plante « nationale » a-t-il trop laissé faire ? On serait à même de le penser en lisant un article inquiétant du journal Veja. Celui-ci évoque clairement des liens entre des trafiquants et le pouvoir. « Veja a eu accès aux rapports produits par une unité de la police bolivienne de renseignement, révélant entre autres choses, une connexion directe entre un confident d’Evo Morales, le ministre de la présidence Juan Ramon Quintana, et un trafiquant de drogue brésilien qui purge actuellement sa peine dans la prison de sécurité maximale de Catanduvas à Parana. Un document intitulé « Arrestation d’un fugitif international » et signé avec le nom d’infiltration « Carlos », décrit comment les agents boliviens ont identifié la maison du Brésilien Maximiliano Dorado Munhoz Filho en 2010″. 

Maximiliano Dorado Munhoz Filho« Max, comme il est connu, et sa bande avaient une hacienda à Guajara-Mirim et dans huit autres villes de Rondonia, qui ont reçu la drogue apporté à partir d’aéronefs boliviens. Mensuellement, le groupe de « Max » reçoit environ 500 kilos de cocaïne qui sont ensuite transportés à San Paulo et Rio de Janeiro (schéma extrait de Globo.com, dossier Epoca). Le trafiquant de drogue s’est échappé de Urso Branco (1) dans Rondonia en 2001, et d’ici là il est  soupçonné se cacher en Bolivie.  En fait, il était caché dans un bâtiment sur la rue Chiribital,  au coin de Pachiuba dans un quartier riche de Santa Cruz de la Sierra. Le 18 novembre 2010 à 14 heures, les policiers qui gardaient le bâtiment y ont été les témoins d’un dîner de fête. Quintana, alors le deuxième  homme le plus puissant de la République est apparu en compagnie de Jessica Jordan, 28 ans, célèbre dans son pays pour être élue Miss Bolivie seulement quatre ans plus tôt. Tous deux avaient à l’époque, une position de confiance parmi les institutions étatiques ». Quintana a été le directeur de l’Agence pour le développement de macro-régions et des zones frontalières. Il y a deux mois, Jessica a été nommée par le vice-président Alvaro Garcia Linera (ci-dessous à gauche avec Jessica) comme Directrice Régionale du Développement de l’Etat de Beni, département qui partage des frontières avec Rondonia, entre le Brésil où va la plupart de la drogue bolivienne. Jessica Quintana est entrée dans la maison de Max les mains vides et 20 minutes plus tard est ressorti avec deux mallettes. Le contenu de celui-ci est inconnu » précise Veja, laissant entendre bien des choses  fort deuxdérangeantes. « Deux mois après la réunion avec les membres du gouvernement de Morales, « Max » a été arrêté dans une opération conjointe menée par la Police fédérale brésilienne et un groupe de membres triés sur le volet du service de renseignement a conduit de la Bolivie au Brésil. D’autre part, Quintana a été nommé par Evo Morales, l’année suivante en tant que ministre de la présidence, l’équivalent de la maison civile brésilienne, poste qu’il avait déjà occupé de 2006 à 2009. L’histoire de l’agent Carlos et de la rencontre entre les membres du gouvernement et le trafiquant de drogue brésilien et font partie d’une série de documents divulgués à la presse bolivienne et américaine pour mouvement politique vers le socialisme (MAS), le parti de Morales ». Depuis, en avril 2014, Jessica a été éloignée et expédiée comme consul à New-York. ce qui n’a pas été sans critiques : « Jessica Jordan n’a pas les capacités politiques et diplomatiques pour prendre la charge. Le gouvernement devrait nommer une personne avec une histoire et une expérience diplomatique pour effectuer un bon travail et bien représenter notre pays « , avaient  les députés de la Convergence nationale (CN), Osney Martinez et Thomas Monasterio ». Mannequin et ambassadrice : à quand ici un poste de ministre pour Nabila (ou son chien) ?.

Selon Insight Crime toujours, la Bolivie est aujourd’hui « à l’épicentre du trafic de drogue en Amérique du Sud » . Avec notamment en point de mire le trafic vers le Brésil. « La Bolivie est très située près de celui qui est actuellement le deuxième plus grand consommateur de drogues illicites dans le monde: le Brésil. Elle partage une frontière avec également le principal producteur de cocaïne au monde, le Péro, et le principal producteur de cannabis en Amérique du Sud, le Paraguay. En outre, l’Argentine connaît une augmentation de la consommation intérieure de drogue, en particulier de « crack » ou du « paco », une forme de cocaïne qui peut être produite en Bolivie. Aujourd’hui, même les marchés intérieurs de la consommation de drogue au Chili et au Pérou affichent une croissance. Aujourd’hui, la Bolivie est littéralement au cœur du commerce de stupéfiants en provenance d’Amérique du Sud. Si l’on ajoute le fait que la Bolivie produit également son propre cocaïne, nous constatons qu’il ya une variété d’opportunités criminelles. Cette dynamique en Amérique du Sud est totalement indépendant des itinéraires de trafic de drogues traditionnelles qui fournissent le marché américain. En effet, des sources nous ont dit ici à InSight Crime a déclaré que l’analyse chimique de la cocaïne saisie aux États-Unis montre que seulement cinq pour cent de celui-ci vient de Bolivie. » L’exception en Bolivie étant une faible criminalité : « curieusement, il ya peu de violence entre clans criminels de la Bolivie, ce qui est la raison pour laquelle leurs activités attirent peu d’attention. Contrairement aux Colombiens et de plus en plus du Brésil, la criminalité organisée bolivienne préfère résoudre pacifiquement leurs différends. Ceci peut être expliqué en partie par la force de la culture indigène en Bolivie, qui a horreur de la violence et essaye de trouver des solutions communes à des problèmes. Cependant, il ya des preuves d’une augmentation des meurtres liés à la drogue à Santa Cruz, même si cela est peut être plus liée à la COT que les différends entre clans criminels de la Bolivie. L’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a averti que l’augmentation de la violence est presque inévitable si la Bolivie maintient sa position en tant que producteur et de point de transit pour les drogues. » 
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L’un des principaux trafiquants brésiliens opérant en Bolivie s’appelle Maximiliano Dorado Munoz Filho. En 1996 il avait été condamné à 7 ans de prison pour trafic de drogue. Il avait été arrêté dans l’état de Rondonia, dans le Guayaramerín, au Brésil, il avait mis en place un laboratoire de cristallisation de la cocaïne. Trois ans plus tard, il est accusé d’avoir ordonné l’assassinat du Directeur de la Sécurité de la prison d’ursa Branco à Porto Velho, où il avait été enfermé. En 2000, retrouvé libre, il est à nouveau arrêté pour trafic de drogue et possession illégale d’armes à feu : la police brésilienne a établi qu’il était le propriétaire d’un avion transportant la drogue, qui était entré au Brésil. en 2001, il avait fuit le Brésil pour se réfugier en Bolivie. Deux ans plus tard on l’accuse de l’assassinat du capitaine Edvilson, de la police militaire de l’Etat de Rondônia, dans la ville de Pimenteiras, à la frontière avec la Bolivie. En fuite depuis novembre 2010, il est arrêté à Trinidad, puis est expulsé de la Bopennlivie par les autorités, pour se retrouver à la prison fédérale de Porto Velho au Brésil pour y purger une peine de 33 ans d’enferment. Son frère, Osi, a été arrêté près de Trinidad, dans l’état de Beni. Mais l’histoire des deux trafiquants va devenir plus… complexe, disons, en mêlant des personnes inattendues. Les deux frères étaient liés à Jacob Ostreicher, avait-on appris lors de l’enquête. En 2010, l’homme aurait remis  25 millions de dollars  à une secrétaire colombienne, Liliana Rodriguez, la secrétaire d’André Zolty, un avocat suisse, pour un obscur projet de développement agricole datant de 2008 portant sur la production de riz. Les 25 millions devaient être en effet investis en Bolivie selon lui, du blanchiment selon d’autres. Le gestionnaire de la ferme des investisseurs, Ronny Suarez, avait en effet été déclaré comme trafiquant de drogue. Au même moment, l’ambassadeur américain avait critiqué la confiscation des grandes fermes et des ranchs de grands propriétaires terriens décidés par Morales, dont celui d’un éleveur américain, nommé Ronald Larsen. Selon les investisseurs, c’est Liliana Rodriguez (Claudia Liliana Rodríguez Espitia) qui avait détourné leur argent lors de l’achat de machines et de fournitures à crédit et en mettant aussi des titres fonciers à son nom seul, disaient-ils, reconnaissant qu’elle avait planté le riz sur des terres appartenant au trafiquant de drogue brésilien Maximiliano Dorado et à son frère cadet. Une défense qui semblait un peu sommaire, Rodriguez étant leur femme de confiance depuis des années. Les révélations de l’affaire feront grand bruit, Zolty et Ostreicher étant des juifs orthodoxes. Etrangement, l’acteur Sean Penn, qui a fait parler de lui récemment pour l’affaire d’El Chapo, avait lui aussi rencontré Ostreicher et avait même assisté à son procès en décembre 2011 !!! Après avoir réglé une caution, le même Ostreicher, né à Brooklyn, sera simplement assigné à résidence en Bolivie. Le cas va devenir plus étonnant encore, quand le 16 décembre 2013, Ostreicher réapparaît soudainement aux États-Unis après être resté près de 30 mois en Bolivie. Personne ne sachant comment il avait réussi à fuir le pays ! Au Brésil, pendant ce temps, Maximiliano Dorado Munoz Filho semblait lui toujours jouir d’une aura incroyable et de soutiens jusque dans la magistrature : récemment, en 2015, on a appris en effet qu’il avait déjà réussi à changer de statut comme prisonnier… pour réussir à sortir en semi-liberté et pour aller prendre par la même occasion des cours de pilotage d’avion (ça ne s’invente pas !) :  « Pendant deux ans et dix mois, Maximiliano Dorado Munhoz Filho, l’un des chefs (« ambassasors ») du « Narcosul », est resté derrière les barreaux pour implication dans le trafic de drogue entre le Brésil et la Bolivie. En octobre de l’année dernière, Max a réussi à passer du régime fermé à la résidence surveillée. Le 6 mars de cette année,  il a encore bénéficié d’un autre avantage: il a gagné le droit de prendre des cours de pilotage d’aéronef à l’aéro-club de Porto Velho – alors que les plus grandes organisations du Narcosul y opéraient un pont aérien de cocaïne de la Bolivie, le Brésil, le Pérou et le Paraguay »… le problème n’est pas que bolivien, visiblement. C’est bien pourquoi nous allons nous diriger vers le Brésil, dans de futurs épisodes…

(1) Le pénitencier de sécurité maximale Jose Mario Alves da Silva, mieux connu sous le nom d’ursa Branco (Ours Blanc), est une prison dans la ville brésilienne de Porto Velho, Rondônia. La vie y est infernale : « depuis 2001, les personnes de ette prison souffrent de graves abus, avec des épisodes de faim et la mort même pour les prisonniers, la police en ayant violemment exécuté comme répression (au moins une centaine de détenus). Le cas de non respect répété des droits de l’homme a été l’objet d’un jugement de la Cour des droits de l’homme interaméricaine, avec des sanctions imposées au Brésil et le suivi des mesures adoptées par le pays »

on peut relire :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-xxxix-en-bolivie-une-91607

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

http://www.centpapiers.com/coke-en-stock-cxii-en-bolivie-aussi-des-liens-inquietants-avec-le-pouvoir/

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VENEZUELA (Narcotrafic): serait-ce la fin du cartel de « Los Soles » y de Maduro?

assembléeVENEZCoke en Stock (CVI) : une promesse de 800 kilos de coke et… la chute de la maison Maduro à la clé

Y aurait-il un lien direct entre le trafic de cocaïne et la vie politique, dans un pays ? On serait bien tenté de le croire, à constater l’étrange coïncidence entre la saisie d’un jet espérant transporter 800 kilos de cocaïne en Haïti et la claque électorale prise par le pouvoir actuel aux dernières élections vénézuéliennes (1). Car l’affaire, survenue le 11 novembre dernier, et dont on découvre aujourd’hui les arcanes, est bien plus grave encore qu’il n’y paraissait au départ. Ce jour-là des « proches » du président vénézuélien en exercice avaient été arrêtés en Haîti, à leur descente d’avion, un jet d’affaires privé, avait-on brièvement appris. Aujourd’hui on en sait un peu plus : c’est bien 800 kilos de cocaïne qui devaient être à bord au prochain voyage, et encore une fois, l’armée vénézuélienne qui était dans le coup : une participation dont je vous avais parlé, ici-même, mais cette fois-là, c’était bien la première fois qu’on s’approchait autant de la famille même de Nicolas Maduro, et même d’Huguito, le propre fils d’Hugo Chavez !!! Pas vraiment une bonne nouvelle pour le bien léger Nicolas Maduro à la veille des élections… qui viennent de se terminer par… la perte totale de la majorité à l’Assemblée Nationale. L’incroyable corruption du régime va-t-elle enfin éclater au grand jour, beaucoup l’attendent en effet… et avec elle, la dénonciation du trafic d’Etat de la cocaïne, d’un pays bel et bien devenu un narco-Etat.

assembléeVENEZ…..L’équipe de l’ineffable Michel Collon n’a toujours pas commenté, au moment où je vous écris, la défaite électorale cinglante (2). La seule chose que l’on trouve en se lançant dans l’investigation du blog du même nom c’est une théorie complotiste comme quoi le 7 décembre, il allait y avoir des attentats pour déstabiliser les électeurs, ces actions menées bien sûr par l’opposition. Manque de chance, les observateurs étrangers ont dit que ça c’était plutôt bien passé dans l’ensemble, malgré quelles velléités de bourrages d’urnes ici et là. Les personnes jetées en prison par Maduro comme opposants commencent donc à respirer :  « Il devient très difficile pour le gouvernement vénézuélien de cacher ses vraies couleurs », a confié Thor Halvorssen, président d’une fondation pour les droits de l’homme et proche de Leopoldo Lopez, un leader de l’opposition incarcéré. Critique de longue date de Chavez et de Maduro, Thor Halvorssen a indiqué que ces deux arrestations sont un autre exemple de la corruption qui prévaut au sein de l’administration Maduro. « Le gouvernement vénézuélien est une entreprise criminelle composée de cartels de drogue, d’un système financier qui blanchit de l’argent et de kleptocrates », a dit Thor Halvorssen à la télévision Fox New Latino. « Maduro, sa famille et ses hommes de main font que le cartel de Pablo Escobar parait désorganisé et petit en comparaison », a-t-il dit. « Le Venezuela utilise l’armée, le ministère des affaires étrangères et le secteur bancaire comme des accessoires à son lucratif business de drogue », a-t-il poursuivi. »  web-versionSi la charge paraît forte, on peut quand même rappeler qui l’a faite : Thor Halvorssen,  de son nom complet Thor Halvorssen Mendoza (ici à l’ONU),  est le créateur du mouvement de l’Oslo Freedom Forum, le président de l’Human Rights Foundation et il tient le Venezuela à cœur : son père, un moment injustement accusé de trafic de drogue pour le Cartel de Medelin a été torturé par la police vénézuélienne alors qu’il était innocent et sa mère, qui participait à un meeting pacifique a été tuée par balles… par des membres de la sécurité présidentielle. Les assassins après deux procès aux jugements contraires avaient été condamnés à 3 ans de prison, dont ils n’effectueront qu’à peine 6 mois… Halvorssen est en prime d’être tenace un homme vigilant : lorsque Lionel Messi était venu par exemple prétendre à aider le Gabon en serrant la main d’Ali Bongo, en opération de com complète de ce dernier, il avait sévèrement tacle le régime, en affirmant que la famille du président «est tristement célèbre pour son traitement de la trésorerie nationale comme un compte bancaire privé». Pour Michel Collon, il est vrai, Ali Bongo est bien un « héritier de dictateur« , mais pas Maduro, alors…. si l’on comprend bien.

YV2030Mais revenons d’abord sur le scénario décrit au début. Un petit jet avait quitté l’aéroport de Caracas le 8 novembre dernier et s’était arrêté à Marqueta jusqu’au 10 novembre. Il était reparti plus tard vers Port-au-Prince, avec aux commandes le capitaine Paul Urbano, avait -on appris (il est ici photographié par Reuters). Surprise à l’arrivée  ; la DEA US fait débarquer tout le monde, deux pilotes et quatre passagers, Efraín Campos et Francisco Flores, Jesfran Moreno, et Marco Uzcategui, suivis d’une fouille de l’avion qui découvre de la drogue à bord. Si l’on évoquait d’abord la présence à nord de 800 kg de cocaïne (3) , il s’avère que c’était ce qui avait été promis d’être acheminé du Honduras et non ce qu’il y avait dedans : où ne figurait que des échantillons de coke pour en montrer la qualité, soit un seul kilo à bord. L’avion n’avait en tout cas pas été inspecté lors de son décollage alors que les autorités avaient il y a quelques mois fait tout un barouf sur leurs contrôles aux aéroports ! Comme à l’habitude, c’était un informateur de la DEA qui avait attiré tout ce beau monde au Honduras, dans un premier temps. Et comme à l’habitude, tout avait été filmé, énonçant le deal pour 800 kilos, preuve de l’implication directe des personnes arrêtées. Comme seule réaction, le président Maduro avait parlé « d’embuscade impérialiste ».

Mais revenons donc d’abord à l’avion lui-même, avant d’examiner la personnalité de ses occupants. D’abord l’appareil, donc, hautement reconnaissable avec son train d’atterrissage bas, ses ailes droites et son cockpit à hublot de côté similaire à une vitre de portière de voiture : c’est bien un Citation I, apparu en 1971 dans les cieux : (beaucoup) plus lent que les Learjet, il avait vite été surnommé « Slowtation » ou « Nearjet » ! Des clichés le montrent arborant une immatriculation à un endroit inhabituel : sur les Citation de ce type, ce sont plutôt les réacteurs qui l’arborent.Ce pourrait être un… autocollant, la méthode habituelle pour les avions de trafiquants, dérobés ou achetés, ils sont en effet maquillés de la sorte. Mais on s’apercevra que non.  YP-55CP-1024x419On retrouve  assez vite son historique, qui est pour le moins tourmentée. L’avion, un Citation-I, numéro de fabrication 500-0215, a porté d’abord l’immatriculation YV-TOOO en 1975 puis est devenu YV-55CP, deux ans plus tard (il est photographié ici à droite  le 6 novembre 1979 par Peter Nicholson) . Il appartient depuis le début à la Banque de Maracaibo. Cette banque fermée (6 avaient fait faillite à l’arrivée de Chavez !), l’avion est revendu plus tard -à une date non précisée de prime abord-  à la Sabenpe, une une entreprise vénézuélienne fondée en 1980 et dédiée à la collecte, YV-55CPle transport et la récupération des déchets, dont le fondateur s’appelait Jose Domingo Santander. La société, dont le capital a un montant de trois milliards de bolivars, est en réalité gérée par les frères d’origine libanaise, Khaled Majed et Khalil Majzoun. Les profits réalisés lui permettent en 2003, de prendre le contrôle du principal producteur de thon vénézuélien, et de son usine de boîtes (Eveba) se ralliant à ce moment-là au régime de Chavez pour fonder tout un empire industriel. Eveba avait été rachetée à l’influente famille de Castro Iglesias, et l’homme qui avait grandement facilité la transaction était Diosdado Cabello. Les frères Majed et Majzoun Khalil étaient  en effet alors décrits par ‘opposition comme des proches de l’actuel président de l’Assemblée Nationale. On voit ici (ci-contre à gauche) l’appareil décoller de la base de Francisco de Miranda  le 24 juillet 2003 appartenant toujours à la Sabenpe. Il avait gardé son appellation YV-55CP. On remarquera que ce sont les réacteurs qui supportent alors l’immatriculation.

images

Sun_Channel_Kalil_Ferragud_Les liens avec les sociétés des frères Khalil avec le nouveau pouvoir n’ont fait que se renforcer, une fois Chavez en place. Les industriels l’ayant soutenu étant en effet largement récompensés en obtention de marchés nationaux. Majed Kalil (ici en photo avec Nara Farragut et Carlos Arroyo, du marketing d’AdSales), est un libanais d’origine, étroitement lié à José Vicente Rangel et son épouse, ainsi qu’à Diosdado Cabello comme on a pu le voir. « Les frères Khalil ont émergé et monté fortement en puissance durant les premières années de l’administration Chavez, qui a favorisé certaines entreprises avec d’importants contrats, des prêts et un accès facile aux licences en franchise de droits à l’importation. Ces compagnies privilégiées ont été aidés dans la mesure ou elles plaçaient leurs produits sur le marché local à travers des programmes sociaux financés par le gouvernement, à travers des organisations comme la Casa, le Programme des services agricoles ou Proal, le Programme des aliments stratégiques, que Khalil a investi » peut-on lire.

RIMBeaucoup plus troublant, l’empire des frères Khalil s’est aussi étendu dans l’armée : « de nombreux contrats ont été obtenus avec le gouvernement. Grâce à sa compagnie Hardwell Technologies responsable des systèmes informatiques du Département de renseignement de l’armée vénézuélienne, il a obtenu le contrat pour l’installation de l’équipement radar et de la tour de contrôle du Maiquetia Simon Bolivar International Airport. La société Pacific Rim Energy a également été choisie pour des de travaux et de services pour le maire de la municipalité Libertador de Caracas, le Commandement général de la Marine, la Banque centrale du Venezuela et de l’état Inviobras Bolivar, en collaboration avec différents ministères tels l’éducation, la Défense, le tourisme ou l’économie populaire, entre autres organismes gouvernementaux ». La liste de ses clients comprend aussi Corporation de Guayana, Edelca (Electrification del Caroni), PDVSA ou il apparaît également. Tout ceci sans qu’il y ait eu un quelconque appel d’offres, nulle part : « Le député de l’Assemblée nationale, Juan Jose Molina, a indiqué que dans les activités menées dans la société Pacific Rim Energy (une société de production et distribution d’énergie,  d’accessoires électriques et d’éclairage, d’exploitation minière et de forage, entre autres) des frères Khalil n’avaient aucune année d’expérience. Et qe la société n’ avait alors que seulement deux employés de déclarés. » A ce stade on peut en effet évoquer clairement la prévarication, un des piliers du système Chaviste… du favoritisme, pour des sociétés souvent incompétentes dans le domaine recherché.

rodriguezPlus grave encore quand on découvre que Majed Khalil est lié au lieutenant Jose Antonio Morales Rodriguez, qui a servi comme directeur du Bureau du Secrétaire de la Présidence et qui a été mentionné par l’ancien magistrat Eladio Aponte, dans un des grands scandales qui a émaillé en 2012 le régime de Chavez.  Aponte est en effet l’un des hommes qui a ordonné la libération d’un trafiquant de drogue notoire, Pedro Magino Belicchi, arrêté avec pas moins de deux tonnes de cocaïne au Venezuela. L’homme était soupçonné de trafic de cocaïne au sein même des casernes de l’armée vénézuéliennes ! En 2012, Aponte avouera avoir agi sur ordre gouvernemental pour sa libération, d’où l’énorme scandale provoqué. Dans une terrible confession il avait avoué en effet qu’en tant que membre de la Commission judiciaire, il avait sciemment  écarté un grand nombre de juges qui ne voulaient pas suivre les décisions demandées par le gouvernement. « Le pire de tout,c’est quand Aponte a cité le cas  d’un lieutenant de l’armée qui avait été arrêté avec plus de 2 000 kilos de cocaïne. Aponte a déclaré que la cocaïne « dormait » tranquillement au quartier général de l’Armée vénézuélienne en attendant d’être transportée vers le centre du pays. Il a affirmé que le lieutenant était la main droite d’un haut commandant militaire qui était devenu l’aide de Dona Elena Frias de Chavez – la propre mère d’Hugo Chavez (Pedro José Magino Belicchi). L’homme, qui est actuellement attaché militaire au Brésil, a rapporté avoir reçu des appels téléphoniques de partout du Haut Commandement militaires vénézuéliens, y compris d’un capitaine nommé Morales (l’assistant personnel du Président de la République, Hugo Chavez) pour relâcher l’homme et le laisser tel quel ». Pour certains juges comme pour certains journalistes, ces révélations étaient « à vomir ». « Incroyable mais vrai: tout le haut commandement militaire, y compris le Président adjoint, appelant un juge de la Cour suprême à libérer un lieutenant qui a été capturé avec 2 000 kilos de cocaïne! Au sein d’une caserne de l’armée !!! » note l’article. Sidérant, en effet !

avion-décollage

Mais il n’y a pas eu que cela. Son partenaire dans la société, Tarek William Saab, et l’un des liens les plus importants des cellules régime fondamentaliste islamiques qui ont aidé des islamistes virulents, admirateurs du Hezbollah, à s’installer, notamment dans l’île de Margarita. Ils suivent les préceptes du Sheikh Abdulaziz Bin Ibrahim Al Ibrahim (la gigantesque mosquée de Caracas porte son nom, elle a été payée par les saoudiens), avec Hassan Majzoub, comme président du Venezuela’s Islamic Center. L’antisémitisme est une constante en effet du régime, comme le montre ce rapport (et celui-ci, sur le langage même de Chavez).   Tarek William Saab est depuis 2004 gouverneur de l’État d‘Anzoátegui dont le fief est BarcelonaSon visa américain  a d’ailleurs été révoqué pour ses liens avec ces extrémistes. base_image« Lorsque Rangel était vice-président, Majed était en charge du lobbying pour ouvrir des portes à l’étranger pour Chavez. » peut-on lire. Le 4 octobre dernier, Tarek William Saab avait été interrogé par Interpol, à sa descente d’avion à Mexico, à propos de drogue et du narcotrafic, et aussitôt, sur Twitter, l’homme avait parlé « d’agression contre le Venezuela » et de « provocation ». Selon lui, il était sur place pour participer à la « 12e Conférence des Instituts nommés par les droits de l’homme de l’ONU ». Plus tard,  un peu gêné, il déclarait qu’il avait été arrêté pour une autre raison, car « il n’avait pas renouvelé son visa américain depuis 2001 ». Sa nomination comme nouvel  Ombudsman (médiateur de la République), à la tête de la Commission pour la Vérité et la Justice chargée d’enquêter sur les meurtres, la torture, les disparitions et les violations des droits humains entre 1958 et 1998 avait été l’objet de critiques, vu ses postures… plutôt musclées (depuis il s’est acheté un costume). En février dernier, il démentait l’usage de la torture à la prison de la Sebin (Servicio Bolivariano de Inteligencia Nacional), malgré les témoignages opposés les dénonçant.

ramon-carrizales_16958Pour revenir au fameux jet, en 2004, le fils de son propriétaire d’origine, Domingo Alberto Santander, le revend à Marco Uzcategui, qui a pour amie une députée chaviste, Iris Varela. Encore une proche du pouvoir… Elle a été députée de 2001 à 2011, et est l’actuelle ministre des Affaires pénitentiaires, depuis le 26 juillet 2011 (ça devrait bientôt changer !) L’avion est alors enregistré aux archives du Ministère de l’Infrastructure, dont le responsable est alors le colonel Ramón Carrizales (ici avec Chavez). Cet ancien colonel de l’Armée vénézuélienne, diplômé de l’Académie Militaire du Venezuela en 1974,  admis à la retraite en 1994 et est devenu le ministre des Infrastructures de 2004 à 2006 puis a été ministre du Logement de 2006 à 2008 mais il a aussi été vice-président du Venezuela du 6 janvier 2008 au 25 janvier 2010, date à laquelle il a présenté sa démission pour « raisons personnelles ». Or un mystérieux incendie déclaré comme accidentel (et plutôt providentiel selon certains !) dans l’immeuble du ministère à Parque Central avait détruit les archives des avions qui y étaient stockés, dont ceux saisis pour trafic de drogue. Voilà qui était bien pratique ! Et entre temps, le colonel Ramón Carrizales était devenu le responsable de l’Etat d’Apure… là où ont lieu les atterrissages clandestins de « jets » qui emportent la cocaïne !

avion-narco-rampla-4Ce n’est pas la seule surprise. Le 23 février 2011, un surprenant avis judiciaire de saisie conservatoire du fameux avion est prononcé par la justice vénézuélienne (les archives ayant brûlé ?) . On apprend alors qu’il a changé d’immatriculation et qu’il est devenu l’YV2030 (ici à droite), « que sa valeur est estimée à 800 000 dollars et qu’il a été cédé à Alexander Vasquez Mendoza, citoyen, vénézuelien titulaire de la carte d’identité n°8.380.584, en sa qualité de directeur général de l’aéroport de Caracas, pour qu’il en prenne soin et le place sous la garde ». achatL’acte précise bien sûr qui sont les personnes qui s’opposent et s’écharpent alors comme propriétaires de l’avion : « Pacheco Laura Yepez citoyen en sa qualité de président de la société Construction et de Maintenance Company Coinspectra, CA, dûment inscrit au registre du commerce de la deuxième circonscription judiciaire du district et de l’Etat de Miranda Capital à compter du 3 Avril, 1989 , enregistré sous le n ° 26, Volume 122-A-Sgdo; et aux statuts modifiés en date du 11 Juin 2003, enregistrée sous le n ° 53 Volume 72- A-Sgdo; et Marco Tulio Uzcategui ». Tous deux sont impliqués dans les sérieux  litige à propos de l’appareil dont ils réclament l’un et l’autre propriétaires . En cherchant un peu, on retrouve même l’acte de transaction de Coinspectra, CA, qui date du 7  juin 2002, l’avion ayant été acheté 2 730 000 dollars exactement, , réglé en un seul chèque de la banque Banco Mi Casa Entidad de Ahorri y Prestamo; le vendeur étant bien Inversions Sabenpe CA. Passer de 2,3 millions à l’achat pour être revendu à 800 000, c’est une excellente affaire pour celui qui le récupère !!! Aurait-on assisté à une belle magouille judiciaire ?
C’est en tout cas bien le même avion : « il est précisé que la Cour a déménagé au hangar n ° 067 à la ligne C, où l’avion de marque Cessna Citation Jet 500 modèle, de série 500-0215, YV2030 acronyme, blanc avec des rayures d’or rouge et bleu, u qui est dans le hangar 067 rangée C  de l’aéroport de Caracas ».  Le motif de sa saisie est assez obscur en fait:  c’est un imbroglio à partir d’un défaut de paiement à un avocat d’entreprise, Humberto B. La Rosa, qui gérait justement la propriété de l’avion, installé au départ à l’aéroport situé près de la ville de Charallave, dans l’État de Miranda Oscar Machado Zuloaga. L’appareil est donc manifestement récupéré à la suite d’un accord passé par l’une des deux personnes citéJOSE-VICENTE-RANGEL-AVALOS-6es dans le litige, qui n’est autre que Marco Tulio Uzcategui. Son rival a abandonné. Derrière sa saisie se profilait aussi une sombre histoire de drogue reliée à divers services gouvernementaux, y compris l’ancien maire de la municipalité de Sucre, José Vicente Rangel Avalos (ici à gauche), qui avait à l’époque, la responsabilité du contrat de service avec la collecte des déchets. C’est le fils de l’ancien avocat et homme politique José Vicente Rangel  (vice-président, il avait remplacé Diosdado Cabello et a été ministre des affaires étrangères et de la Défense). Avalos a été lui aussi mêlé au trafic de drogue via sa relation avec Hector Tobia, un courtier d’assurance internationale, partenaire en affaires du père et du  fils Rangel qui lui servaient d’hommes de paille. L’homme à son bureau à Multicentro Empresarial Las Mercedes et vit à Prados del Este. Uzcatequi, lui, étant un homme fort proche de la famille présidentielle actuelle ; sa fille unique est en effet l’amie d’enfance et d’école des enfants de Cilia Flores, la première dame du pays !
avion haitiMais il y a d’autres moyens de récupérer des avions que ceux d’en modifier les actes d’achat… pour traficoter. En août 2013, le fameux avion réapparait à Barquisimeto, à Panama City (ici ça en est un autre), autorisé à nouveau à voler par l’autorité de l’aviation civile du pays. Lors de ce vol, le 30 et 31 août, on avait remarqué que son commandant de bord n’était autre que Víctor Daniel Álvarez, le même qui a été arrêté le 8 mai dernier  en République Dominicaine, au cours d’une tentative de vol raté sur l’avion de la banque Peravia, alors aux mains du banquier vénézuélien Jose Luis Santoro.. qui avait fui le pays par!s la faillite de son établissement et les accusations de fraude des autorités dominicaines (il s’incrustera longtemps sur le net avant de s’échapper : jusqu’en  juin 2015  un blog célébrait ses exploits de banquier !) !!! Et là encore, l’histoire est invraisemblable (à croire que le Venezuela y est abonné).  Selon les dominicains en effet, « José Luis Santoro castillan, président de la banque, Gabriel Jimenez Aray, le vice-président; et l’éxécutant Daniel Morales Santoro, s’étaient associés pour commettre divers crimes et blanchir des actifs totalisant 28,8 millions de dollars. Actuellement, ils sont recherchés par la justice de ce pays des Caraïbes. »Selon le site Acento, de la République Dominicaine «  Santoro est monté à bord du vol 107 de Copa Airlines à destination de Panama, où il vrochaers le Venezuela, et Jimenez a voyagé sur le vol 324 de la compagnie aérienne américaine Delta Airlines à destination d’Atlanta, en Georgie, aux États-Unis. » Un énorme escroquerie, encore une !  Fait sidérant, la plainte contre eux émanait au départ…  du Venezuela, même; ou plutôt du groupe – américain- Consortium Kaya Armoring qui avait remporté la construction de véhicules blindés pour la Banque centrale du Venezuela !!! Santoro n’est pas tout à fait un inconnu à vrai dire : en 1994, c’est lui qui avait fondé la Cámara Venezolana de Televisoras Independientes, dont il était devenu le vice-président !!  En réalité c’était une magouille bien montée depuis le début par une minuscule société américaine : la fameuse société Kaya Armoring, justement, qui avait en effet engrangé 3 591 000 dollars versés par la Central Bank of Venezuela (BCV) avec son contrat, déposés chez Santoro et depuis totalement évaporés… Or Consorcio Kaya Armoring Blindados Inc, est une firme de Floride… aujourd’hui inexistante !!! Derrière elle, il n’y avait que deux hommes , dont Javier Rocha, d’Onyx Armor Corp… un beau cas d’espèce que ce Javier..  il est aussi…charpentierLe pouvoir vénézuélien; à l’évidence, s’était fait escroquer, tout simplement  par deux hommes, en cheville avec des banquiers véreux !!!

citation2-1024x396Revenons donc à cette tentative (ratée) de « rapatriement »de l’appareil du banquier, car la suite de l’histoire dans l’histoire est fort surprenante. L’avion qui avait été visé par Victor Alvarez, avec ses complices, était un Cessna 550, tiens un modèle similaire à celui d’Haïti, immatriculé N61MA (à gauche en photo signée Juan Antonio Rodriguez, prise à Puerto Rico)…. Les quatre complices étaient arrivés à l’aéroport avions Joaquin Balaguer dans un Aero Commander AC90, immatriculé YV3962, piloté par Armando Gutierrez et Jorge Ygner. Un deuxième avion saisi, un Cessna, était piloté par Victor Alvarez et Alexander Lira. Le 10 mai, ils écopaient d’une peine de prison légère de trois mois… levée dès le 25 suivant par la Cour d’Appel dominicaine de la province de Santo Domingo, dirigée par Mary Perez,, la cour ayant «  constaté qu’il n’y avait eu aucune tentative de vol »…. à cette occasion, l’avocat des pilotes avait fait remarquer qu’on pouvait avoir confiance dans Alvarez : c’est un «  militaire retraité de la Force aérienne vénézuélienne » !!! Etaient-ils venus récupérer le Cessna Citation du banquier, et qui les avait bien envoyés, l’affaire demeure bien étrange ! Qui était de mèche avec qui, dans cette affaire, on se pose la question… sur l’entreprise de bâtiment à l’origine du dernier vol… haïtien !!!

Car même si ont ne possède aucun détails sur d’autres aéronefs en possession de l’entreprise incriminée, on peut remarquer l’existence de toute une organisation, l’exploitation du Citation réapparu a en effet conduit à la formation d’une nouvelle société appelée Coinspectra Aviacion, C.A. , bel et bien déclarée selon les documents de la FAA américaine. Or une autre société en Floride avait déjà été enregistrée en juillet 2009, possédant trois immeubles, avec les adresses de dizaines d’autres entreprises,  mais qui n’ont jamais exercé d’activités leur statut étant resté totalement inactif. Et comme responsables elles avaient toutes comme nom Uzcategui et Laura Pacheco… de Construction et de Maintenance Company Coinspectra, CA !!!

arbol

neveuxMais ce sont aussi les passagers de l’avion qui retiennent l’attention dans cette affaire. Car outre Marco  Uzcategui en personne (de nouveau, dira-t-on !), les deux jeunes personnes à bord posent particulièrement problème : ce sont en effet deux neveux de Nicholas Maduro, pas moins (voir l’arbre généalogique Maduro-Flores ci-dessus). En réalité, ce n’est pas la première fois que des jeunes gens proches de Maduro et Flores sont impliqués dans le transport de drogue (pour s’y retrouver dans la famille, c’est ici). Des informations  ont circulé immédiatement sur le fait que Pablo Urbano Perez, et Pedro Miguel Rodriguez, soient deux pilotes de la Venezuelan Air Force. Il ne semble pas, le premier étant diplômé civil de la FAA : c’est en revanche bel et bien un ancien pilote de PDVSA, peut-être un ancien pilote militaire, tout au plus. Fait plus troublant, son certificat d’aptitude physique a piloter s’arrêtait en juin 2015... Fait tout aussi troublant, un ancien chef de la sécurité de Hugo Chavez réfugié aux USA avait révélé lors de son interrogatoire que Walter Jacob Gaviria Flores (le fils de Cilia et de Walter Gaviria), utilisait des jets appartenant à la compagnie nationale de pétrole PDVSA, justement  (ici  et ci-dessous le Bombardier Learjet 45 YV2565 à San Tomé (4)) pour transporter de la drogue, selon ABC News. Le chef de la sécurité avait alors impliqué aussi Huguito Chavez, le fils de l’ancien président Hugo Chavez et l’ancien ambassadeur cubain au Venezuela, German Sanchez Otero, et d’autres officiels cubains dans le transport de cocaïne. Il avait affirmé que les jets de PDVSA transportaient régulièrement des cargaisons de drogue vers Cuba pour qu’elles soient ensuite  acheminées vers les USA (4). L’opposition, en apprenant la saisie de l’avion et les noms des neveux pouvait alors ironiser, en jouant sur les mots : » el cartel de la los Soles, ou el cartel de los Flores «  ? Voir pourquoi pas les « turbulents neveux de l’oncle Picsou Maduro » ? Pourquoi donc un pays qui promettait tant socialement parlant a-t-il réussi à sombrer dans le pire des narco-trafics ? Qui a trompé les gens à ce point ? Les responsables seront-ils jugés un jour ?

 

learjet(1) je ne suis pas le seul à faire le lien : lire ici l’analyse de The National Interest.

« Le mauvais état de l’économie du Venezuela a officiellement laissé la porte ouverte pour la pénétration du commerce de la drogue dans le pays. Selon L’International Narcotics Control Strategy Report du Département d’Etat (en mars 2015), « Le Venezuela est un des principaux pays de transit de la cocaïne. La proximité du pays avec  des pays producteurs de drogue, une AML (Anti-Money Laundering) inefficace du régime, la coopération bilatérale limitée, et la corruption endémique dans le commerce et le gouvernement, incluant la police, ont continuer à rendre le Venezuela vulnérable au blanchiment d’argent et à d’autres délits financiers. Les principales sources de fonds blanchis sont générés par les organisations de trafic de drogue et la corruption dans le contrôle du régime de change du Venezuela. « 

(2) le premier billet signé Alex Anfruns est paru le 8 décembre. On le retrouve avec son collègue Philippe Menut chez Jacques Tourtaux, le « sanglier rouge » de Lille… ou le nostalgique du stalinisme, un énième confusionniste, ce qui n’a pas l’air de les déranger  : « Le Sanglier Rouge – le blog de Jacques Tourtaux, militant pseudo Anti impérialiste et ex militant de la CGT cheminot, National -Stalinien convaincu , nationalisme débridé, apologies de régimes totalitaires « non alignés » liens directs vers des sites d’extrême droite comme Alterinfo , La Voix de la Syrie (site de la négationniste Ginettte Skandrani) , alainindependant (site négationniste) voir la page  » cachée » **** jacques-toutaux.pro/links.html, basé a lille *** jacques-toutaux.pro/ pour le reste un ramassis perpétuel de copiés collés d’agence officielles des régimes de Poutine, d’Iran et de Syrie.. »

(3) des informations contradictoires subsistent à ce sujet : selon ACN, l’agence d’infos privée  vénézuélienne de l’Etat de  Carabobo, ne pas confondre avec l’agence cubaine (Agencia Cubana de Noticias):  « la plupart de la cachette de 800 kilos qu’aurait cherché à négocier les neveux de la première dame Cilia Flores était sur un yacht, de style dbanca andorrae catamaran, resté en République Dominicaine, vraisemblablement à La Romana; et aucun dans l’avion  le Citation 500. Cet avion avait seulement des échantillons de haute pureté de la cocaïne ».  Y-a-t-il eu confusion avec cet autre info anglaise émanant de The Times (of US and Americas), selon laquelle la fouille d’une maison en République Dominicaine, à Casa de Campo, où habitait l’un des neveux avait révélé 125 kg de cocaïne et 22 d’héroïne, dont une partie aurait été dissimulée dans un yacht de 135 pieds appelé The Kingdom (immatriculé Y0016 portant le drapeau de Nassau). Le hic, c’est que l’homme arrêté ce jour -là sur le bateau s’appelait Francisco Flores Suarez, qui aurait été confondu avec Franqui Francisco Flores de Freites, celui arrêté aux côtés d’Efrain Flores à Haiti.  floresLa confirmation de l’erreur arrivait le 21 novembre. Beaucoup plus intéressante, en revanche, était l’annonce de poursuites contre le trésorier de PDVSA, nommé Erick Flores Malpica dénoncé justement par Efrain Flores comme complice dans un énorme schéma de blanchiment d’argent. (4) Selon un  journal espagnol (ABC) en effet, le travail de Malpica dans l’opération était de blanchir de l’argent provenant de la vente de drogue à travers la compagnie pétrolière appartenant à l’État. Or Erik Flores Malpica avait aussi été nommé le 16 octobre 2012 « commissaire présidentiel pour les affaires économiques et financières« , alors que c’est lui aussi un autre neveu de la première dame… En mars dernier, les autorités andorranes et l’Espagne avaient accusé la Banca Privada d’Andorre de blanchiment d’argent dont l’origine était bien celle du pétrolier vénézuélien PDVSA. Son directeur Joan Pau Miguel, un temps en fuite, avait été arrêté le 13 mars (photo Cronica Business). Avec lui, c’est tout un énorme château de cartes qui s’était effondré. : on parle de 2 milliards de dollars de blanchiment de drogue ! Entraînant la chute de la maison Maduro !

(4) voir ici en détail les appareils

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxviii-chavez-le-160616

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxiii-au-venezuela-160235

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxvii-au-venezuela-160116

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxii-le-venezuela-160618

http://www.alterpresse.org/spip.php?article15882#.VmYMBrzQbcc

Le journal citoyen est une tribune.  Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

http://www.centpapiers.com/coke-en-stock-cvi-une-promesse-de-800-kilos-de-coke-et-la-chute-de-la-maison-maduro-a-la-cle/

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AERO-NARCOTRAFIC (Air cocaïne): quant aux éventuelles retombées politiques suite à l’évasion des pilotes – Pour NS 55 DNRED, parler d’exfiltration signifierait-il qu’il s’agissait d’une opération menée par, pour ou sous couverture de services français…

L’ opération d’exfiltration ne serait-elle qu’un complot d’extrême droite qui n’est qu’une infime partie de l’iceberg?

catagny 2009

L’extrême droite française, on le sait, est prête à tout pour arriver à ses fins. L’occasion s’est présentée récemment de faire un « coup » pendable à un gouvernement qu’ils haïssent. L’occasion, c’est bien entendu le retour extravagant des deux pilotes condamnés à 20 ans de prison en République Dominicaine, et qui sont revenus sur le sol français d’une manière qui a surpris tout le monde. Pourquoi ont-ils eux-mêmes accepté cette méthode, qui les a poussés à le faire, on les laissera en juger eux-mêmes. Ils disent aujourd’hui souhaiter se présenter devant la justice française, néanmoins, qui leur promet pourtant d’être mis en examen pour avoir participé à un trafic de drogue (1) qui a démarré bien avant l’affaire sur l’aérodrome de la Môle (2), celui qui dessert toute la jet-set de Saint-Tropez Revenir se jeter dans la gueule du loup est plutôt rare, et c’est cependant bien à quoi on vient d’assister… à la surprise générale !

catagny 2009Tout est hors norme dans cette affaire : le volume de coke saisi, près de 700 kilos, l’avion utilisé (appartenant à Afflelou a-t-on pu lire, mais c’est un peu plus compliqué que cela), le nombre de pilotes à bord, puisqu’un troisième s’était invité à bord : Alain Castany, le pilote habituel d’un autre avion étonnant… celui, un temps, d’Alexandre Balkany, (on distingue ici à gauche ses cheveux blancs,à bord du F-GMMC, de Saint-Ex Aero, photographié au Bourget en juin 2009) l’homme avait enfilé au dernier moment une des deux vestes des pilotes pour tenter de se ranger parmi ceux qui en cas d’arrestation, doivent bénéficier du doute, on le sait, en cas de cargaison délictueuse.( C’est donc qu’il savait la cargaison sans facture et documents d’origine – NS 55 DNRED) (à droite on le voit également dans le HB-VWW de Dralla SA, le 8 mars 2012;, l’ex Saint-Ex F-GMMC (3)) Mais aussi la justice dominicaine, qui a réussi à arrêter une cinquantaine de personnes pour en relâcher pas mal et en disculper bien d’autres, pour rejeter au final l’ensemble des responsabilités sur les seuls quatre français, alors qucastany balkanye l’on sait à quel point le pouvoir en place est corrompu et noyé jusqu’au trognon dans le trafic : il n’y a pas si longtemps, un gigantesque coup de filet avait mené au responsable du trafic de coke local, qui n’était autre que le chef de l’antidrogue du pays, Francisco Guerrero Hiraldo: il a été extradé depuis aux Etats-Unis. L’ancien directeur en personne de la DNCD de 2006 à 2008, qui a fini par être démasqué comme étant lui-même un trafiquant, dont les Etats-Unis, qui travaillaient étroitement avec lui avec la DEA demande aussitôt l’extradition pour être jugé en Amérique et non dans son pays d’origine. L’enquête menée sur la DNCD avait révélé qu’Hiraldo possédait des millions de dollars sur des comptes bancaires et plusieurs de ses propriétés ont été confisqués depuis.

Son complice étant Quirino Paulino, un capitaine de l’armée !!! Ziraldo a été condamné à 4 ans de prison le 4 juin dernier seulement ! 

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Hors norme aussi, le forum associé à l’affaire sur un site français, ‘Parole de Gaulois », qui affiche la couleur dès l’entrée (« Le Gaulois du XXI siècle est un français qui ne se reconnait plus dans son pays et qui a décidé de le crier haut et fort », clame-t-il), et qui a atteint il y a peu les 600 pages de débats, entre les partisans de « tous coupables », pilotes compris et une belle frange d’ex de l’aéronavale venus polluer les discussions avec une défense bec et ongles de leurs deux anciens collègues. 4 arrêtésUn forum a (longuement) parcourir, pour y découvrir plein de choses intéressantes sur les personnes mises en cause, d’où ressort avant tout les aventures précédentes des deux restés sur place : l’aide d’un homme inculpé pour trafic par une juge française, et un ancien broker de Caravelle (et oui, et pas n’importe lesquelles, vous allez être bientôt surpris), également pilote du fils Balkany (voir ci-dessus) à qui vient d’arriver un bien étrange accident sur place (se faire renverser par une moto !). Aujourd’hui, il se retrouve plutôt virulent envers ses deux collègues d’infortune, s’estimant lâché et surtout craignant lors du procès d’appel subir les conséquences de la fuite de ses deux anciens collègues de cellule… sur le fameux forum, une rapide enquête ayant mobilisé 46 participants affiche 72% de partisans de « tous coupables » parmi les 4 arrêtés à Punta Cana… (la photo de l’arrestation provient du Point).

enquête°°°

naudinHors norme également, la mise en scène et la manipulation de leur exflitration par un habitué des écrans de TV sous le registre d’expert en sécurité. Un homme qui a laissé derrière lui pas mal de traces, et de casseroles, dont celle en 2013 d’une retentissante affaire de surveillance ratée au sein de la firme IKEA, ou un souvenir impérissable lors d’une enquête d’Elise Lucet sur les  « « Fabricants de peur », ces fameux « Spin Doctor » à l’américaine dont est si friande la chaîne privée française BFM, surnommée depuis quelques mois déjà BFN, tant elle privilégie à l’antenne les idées nocives du mouvement politique de Jean-Marie LePen, dont on a oublié qu’il passait toutes ses vacances d’hiver… Punta Cana, et ce, depuis des dizaines d’années (on y trouve plutôt habituellement Rihanna, mais bon) ! Naudin, qui en mars 2014 avait carrément écrit au au Président de la République Dominicaine Danilo Medina Sánchez, en termes fleuris : « je vous accuse de ne pas intervenir et d’autoriser officiellement un déni de justice. Combien de temps encore, allez-vous tolérer cette situation ? » avait-il dit. Au passage, il avait dans la même lettre déjà disculpé les deux pilotes seulement, affirmant que les 26 valises n’appartenaient qu’aux deux autres individus de l’affaire… ce qui consistait à les charger sans aucune hésitation : en voilà un qui avait déjà clairement choisi son camp, en tout cas.

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Chauprade hôtelSidérante encore la deuxième récupération de l’opération par un individu qui s’est empressé de se montrer en photo au milieu des deux revenants (le cliché provient de son compte internet) un ex-toujours compagnon de Marine lePen (au FN  ce n’est jamais simple : viré par sa patronne pour propos ant-islam, il continue à la soutenir en Twitts islamophobes rageurs), un homme très proche des militaires, qu’il formait au  Collège interarmées de défense (CID) avant là aussi d’être exclu pour dérives lexicales sur le 11 Septembre par le ministre des armées de l’époque (l’ineffable et transparent Hervé Morin, qui avait été ensuite désavoué !). L’homme en question DEAs’appelle Aymeric Chauprade, qui a aussi reconnu avoir été pendant quatre ans le « conseiller » du président précédent de la République Dominicaine (Leonel Fernández) au moment où celui-ci s’attirait les foudres de la DEA américaine, pour ses mauvais résultats à propos du trafic de cocaïne et son laxisme évident sur le contrôle du trafic, malgré des discours lénifiants sur ses capacités à enrayer ce même trafic (4) . Dans Paris-Match du 29 octobre, le même Chauprade fanfaronne en déclarant et en revendiquant : « j’étais le chef de l’équipe 1« clame-t-il, en posant en fier à bras.  Ce qui laisse supposer… une deuxième, celle de Naudin bien sûr !

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Sidérant encore, le mode opératoire consistant à prendre un avion commercial  comme si de rien n’était pour le vol de retour vers la France, ou plutôt même deux, faits via Air Caraïbes puis via Corsair (du même groupe…vendéen de Jean-Paul Dubreuil !). Une opération rendue seulement possible par l’octroi de faux papiers, des faux passeports (5) dont Naudin ne souhaite rien dire sur l’origine. Le même Naudin, qui chiffrait complaisamment il n’y a pas si longtemps le nombre de « faux permis de conduire à 30 000  » et le tarif de la réalisation des faux papiers : « selon Christophe Naudin, le prix de faux papiers s’échelonne selon la qualité de 300 euros pour une mauvaise imitation de permis de conduire à 1.500 euros pour très bonne vraie-fausse carte de séjour valable dix ans. » Le même avait clamé partout en 2011 que cette FRAUDE « coûtait des milliards d’euros à la France !!! Un expert en fraude sur BFM utilisant sans vergogne des faux papiers (il était dans l’avion de retour avec les deux pilotes !) avouez qu’il y a de quoi sourire… « Ils ont fait le voyage grâce à des cartes d’identité refaites récemment, selon les informations de France 2, » écrit France TV-Info.

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bouquinSurprenant encore l’absence de réaction gouvernementale;  telle celle d’un Laurent Fabius, qui ne souhaite peut-être pas trop en ce moment se retrouver à la une des journaux, au quel cas il ne serait pas seul, et celle d’un ouvrage (« Air Cocaïne, mafias et jets privés ») sorti sur l’affaire qui ne contient que fort peu de choses que l’on ne sache déjà, et qui a surtout servi à renforcer l’idée de deux pilotes plutôt innocents (6) ce dont la justice française prendra en compte à sa juste valeur, je pense, maintenant qu’ils sont revenus sur le sol français. Des pilotes (7) ayant fui un pays souverain et venus faire deux extravagantes apparitions sur les écrans… la seconde d’un surréalisme total, le ténébreux pilote s’en prenant à l’infortuné présentateur en termes cinglants et virulents qui lui ont valu de vives remarques sur le net, et la première apparition en compagnie d’un des ténors français du barreau… En 2011, cet avocat avait défendu Eric_Walter_Amegan_5_7celui qui était considéré comme le cerveau français du circuit de coke par avion vers l’Afrique de l’Ouest, qui avait arrêté en Mauritanie, puis relâché quelque temps après et depuis cet été – et ça c’est nouveau également (8) -, qui est à nouveau recherché par le gouvernement mauritanien, revenu sur sa décision, semble-t-il berné par des juges dont on avait grassement payé la mise en liberté de leur prisonnier. Celui-là court toujours, on le pense réfugié au Sénégal, dans son fief de Saly, qui a été aussi le lieu de villégiature d’un certain Michel Neyret… ou même pourquoi pas en France, qui sait…

demande mauritanie

Il travaillait en cheville avec d’autres français, dont un fort particulier qui mérite une nouvelle explication.  L’homme, lui aussi un temps arrêté au Mali et lui aussi relâché (c’est une manie ou quoi ?), est en train de remettre en place, discrètement, dans un pays voisin, une structure mafieuse similaire à celle qui l’avait mené à venir en aide à au moins deux reprises, avec sa propre société d’aviation, a des trafiquants utilisant des jets pour amener la cocaïne à la tonne sur le territoire africain (notamment en Guinée Bissau). Car cela continue depuis, sans interruption, malgré la guerre ou la chasse au terroriste. Il faut savoir en effet que même pendant l’opération militaire française Barkhane, au Mali, lancée en aout 2014, deux autres appareils ont réussi à se poser à proximité de l’endroit où le fameux Boeing 727 avait été découvert en novembre 2009, ces deux-là avec à bord avec environ 600 kilos de cocaïne, alors que les militaires français étaient déjà sur place… avec leurs moyens de surveillance aériens, dont des Bréguet Atlantic II et des Predators flambant neuf (9) ! C’est dire le degré d’organisation des trafiquants, et leur maîtrise de la corruption à tous les niveaux : du départ, au Venezuela ou en République Dominicaine, à l’arrivée sur la côte Ouest de l’Afrique, jusqu’aux profondeurs du Mali !!!

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télévision dominicaineBref, il va falloir que vous sachiez les attenants exacts de ce qui vient de se passer, ce que je vous propose de découvrir dans les jours à venir… en plusieurs épisodes, tant il y a à dire et expliquer sur ce fléau qu’est la circulation de la cocaïne dans le monde entier et dont cette surprenante affaire n’est qu’un petit bout d’iceberg émergeant.

« Entre 50 et 60 % de la cocaïne qui circule en France aurait transité par la République dominicaine, selon l’Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants » (10). Hier encore, l’ancien général dominicain Antonio Valentín Jáquez López, venu donner son avis sur l’opération a eu cette phrase symptomatique :  « Les éléments et les caractéristiques de cette affaire nous conduisent à penser que cette est une opération de trafic de drogue et de crime organisé », a déclaré l’ancien responsable de la Direction nationale des enquêtes (DNI). Selon l’expert, une manœuvre de cette nature ne pouvait pas être exécutée de façon unilatérale si des dominicains n’avaient pas participé à sa coordination logistique »… Vous n’êtes donc pas encore au bout de vos surprises ! Loin de là !!!

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(1) selon le quotidien le Monde en date du 28 octobre :  « l’enquête française a été ouverte en mars 2013, dans la foulée de l’interception du Falcon 50 que les deux pilotes français s’apprêtaient à faire décoller de l’aéroport de Punta Cana avec 680 kg de cocaïne à bord. Elle a été confiée à la juridiction interrégionale spécialisée de Marseille. La juge d’instruction chargée de l’enquête travaille toutefois sur un trafic plus vaste encore que celui sur lequel s’est penchée la justice dominicaine. Il concerne une dizaine de vols transatlantiques au départ de Punta Cana ou de Quito en Equateur (…) Une dizaine de personnes sont actuellement mises en examen pour importation de stupéfiants en bande organisée et association de malfaiteurs. Dans ce volet français de l’affaire dite « Air Cocaïne », on retrouve les principaux protagonistes du dossier dominicain – dont les deux pilotes – mais aussi François-Xavier Manchet (http://www.varmatin.com/la-mole/air-cocaine-le-douanier-toulonnais-remis-en-liberte.1654695.html), un douanier français, basé dans le Var ou encore les responsables d’une société de location d’avions, la Société nouvelle trans hélicoptère service (SNTHS). »

(2) Selon Var-Matin, « les policiers dominicains et l’agence américaine anti-drogue surveillaient de près les rotations du jet privé, au-dessus de l’Atlantique. Sa piste était retrouvée dans le Var, dans un aéroport plutôt connu pour les déplacements de VIP et d’hommes d’affaires, à moins de vingt kilomètres de Saint-Tropez. L’aéroport de La Môle aurait vu se poser ce Falcon 50, « cinq ou six fois en 2012 », apparemment pour des vols intérieurs. »

(3) l’avion est devenu depuis N88ME, on peut le voir ici avec son immatriculation provisoire en  auto-collant, une photo prise par un spotter au Robin Hood (Doncaster Sheffield) Airport le 26 mars 2013.

(4) Il avait été interpellé juste après sa réélection de  par le sénateur Wilton Guerrero, le représentant la province Peravia où un assassinat fort étrange s’était produit : « le 5 août (2008), sept cadavres criblés de balles ont été retrouvés en bordure d’un champ de canne à sucre à proximité de cette ville réputée pour ses mangues et ses pâtes de fruits. Parmi les victimes, menottées et ligotées, se trouvaient un Vénézuélien, plusieurs Colombiens et un Dominicain. Seul le Nicaraguayen Holi Gomez a survécu, se faisant passer pour mort. Blessé de trois balles, « il fait mine d’être fou pour ne pas répondre aux questions », dit un enquêteur. Les autorités ont qualifié ce massacre à la Al Capone de « règlement de compte du narcotrafic international« . Le seul témoignage est celui de la domestique de la maison où résidaient les victimes à Ojo de Agua, un village près de Bani. Selon cette employée, Mercedes Carvajal, les assassins, lourdement armés, portaient des gilets pare-balles de la Direction nationale du contrôle de drogues, l’agence chargée de la lutte contre le trafic de stupéfiants. Ils ont chargé plusieurs sacs à bord d’un camion. Selon un enquêteur, ces sacs contenaient 1 200 kilos de cocaïne, qui venaient d’arriver par bateau, et plus de 200 000 dollars ». Le sénateur a révélé qu’il avait remis, il y a deux ans, un épais dossier au ministre de l’intérieur et au conseiller juridique du président, détaillant les complicités des autorités de sa province avec les narcotrafiquants. Aucune suite n’avait été donnée à ses démarches ».(4) les deux se connaissent très bien  » Nous nous connaissons bien et depuis longtemps. J’ai édité son «Histoire de l’identité individuelle» aux éditions Ellipses et je l’ai fait inviter en République Dominicaine, en 2010, lorsque j’étais conseiller du président Leonel Fernandez. Nous avons été amenés à nous intéresser à cette affaire «Air Cocaïne» par des biais différents: lui en tant qu’expert en aviation, moi en tant qu’élu des français de l’étranger. Nous partageons la même conviction : ces deux pilotes sont innocents ». Un peu plus loin il affirme : « nous avons travaillé en binôme. L’idée était de monter deux équipes distinctes: l’une en République Dominicaine pour l’exfiltration Terre-Mer et l’autre pour le retour en métropole. J’étais le chef de l’équipe 1 -Dans l’ordre chronologique de réalisation- et Christophe celui de l’équipe 2. Nous avons formé nos équipes séparément, en évitant de se donner les détails parce que plus il y a d’étanchéité plus l’opération est préservée ».

(5) dans le forum déjà décrit, en page 571 du 20 octobre, un intervenant au nom de Yannix avait posté cette phrase : « pour ma part, au vu de la merdouille dans laquelle ils sont, je ferais appel aux comités de soutien pour payer les faux passeports et un voyage vers l’une des 193 nations (selon l’ONU) qui n’a pas de convention d’extradition avec la RD ou la RF. Ce à quoi il lui avait été répondu « Voilà une idée qu’elle est bonne. Complicité de faux et usage de faux, complicité d’association de malfaiteurs. Voilà de quoi re-remplir les prisons… » 

(6)  Présentés comme tels, mais avec une phrase intrigante laissée à l’opinion du lecteur à propos de Pascal Fauret : « le 21 janvier 2013, Pascal Fauret a envoyé un très étrange SMS au dirigeant de la SNTHS, Pierre Marc Dreyfus : «  Vu ce midi avec Alain Castany. Le vol (déjà payé) attendra la réouverture de la Môle prévue vers le 15 février.  Le conditionnement du chargement a été revu à une dimension plus pratique, son acheminement « plus classique », et une liste de passager « plus vacances ».  Nature du chargement confirmée, provenance : m’en parler ! Je rentre chez moi commander la piscine. »  C‘est à la page 38 du livre « L’affaire Air Cocaïne : Mafia et jets privés ». Visiblement, Fauret s’attendait donc avant de partir à un « chargement », en prime « conditionné ».

63750367dn(7) ce ne sont pas n’importe qui en effet :  « les deux hommes, âgés d’une cinquantaine d’années, sont tous deux d’anciens pilotes de chasse chevronnés de l’aéronavale française. Ils ont été décorés à plusieurs reprises pour les services qu’ils ont rendus à la France lors de différentes opérations, notamment la médaille d’Or de la Défense nationale pour leurs actions en ex-Yougoslavie ou bien dans le Golfe. Comme le précise Ouest France, Pascal Fauret a obtenu le grade de lieutenant de vaisseau en 1991 et a fini commandant dans la marine en 1997. Bruno Odos, lui, était au service de la marine de 1981 à 1990 avant d’intégrer l’armée de l’air jusqu’en 1999. Des parcours prestigieux ». Un commandant de marine avait en 2010 un salaire oscillant entre 3000 et 3500 euros par mois. Pour le calcul des retraites, la participation à des opérations spéciales ouvre droit à des bonus, nous dit en plus le service des armées …

(8) « Nouakchott a sollicité le concours d’Interpol pour l’arrestation du français Eric Walter Amegan, libéré par les autorités mauritaniennes, en vertu d’une grâce présidentielle accordée par le Chef de l’Etat mauritanien le 15 avril 2011. On se souvient, le scandale d’Amegan et consorts, avait entraîné la radiation de quatre magistrats, soupçonnés d’avoir libéré des personnes condamnées pour un très important trafic de cocaïne. La Cour suprême avait annulé cette décision et ordonné la remise en prison des prévenus. Mais entretemps, trois d’entre eux avaient fui : deux Mauritaniens, Mini Ould Soudani et Sid’Ahmed Ould Taya, et le franco-africain, Eric Walter Amegan, au parcours pour le moins surprenant, objet de l’appel lancé par Nouakchott auprès d’Interpol. » Amegan avait pourtant entretemps déjà avoué (à des policiers français) être à l’origine de l’arrivée de l’avion de Nouadhibou, chargé de plus de 600 kilos de coke, en mai 2007. Parmi les personnes incriminées, Sidi Ahmed Ould Taya, qui n’est autre quel le commissaire de police mauritanien… chargé de la coordination avec Interpol !!!

« Immédiatement, les autorités mauritaniennes demandent son extradition. Mais l’homme a manifestement des relations. D’après une source policière française, Francis Spizner, ténor du barreau parisien et avocat de plusieurs dirigeants africains dont Théodore Obiang Nguema et Abdoulaye Wade, intervient auprès de la présidence sénégalaise pour empêcher cette extradition, affirmant qu’Amegan risque la peine de mort en Mauritanie. Le décret d’extradition sera pourtant bien signé le 20 avril 2009 par le chef de l’Etat et le Premier ministre sénégalais. Le procès s’ouvre début 2010, à Nouakchott. Décidément doté d’un bon carnet d’adresse, Eric Walter Amegan est défendu par deux avocats français bien connus, Jacques Vergès (cf mort le 15 août 2013 à Paris) et Eric Dupond-Moretti. Peine perdue. Il est condamné le 11 février 2010 à 15 ans de prison. Six autres personnes écopent de peines de prison, dont Sid’Ahmed Ould Taya, un commissaire de police, un ancien correspondant d’Interpol en Mauritanie, et l’homme d’affaires Mini Ould Soudani. L’affaire semble alors bel et bien terminée.  Pourtant, Amegan bénéficie d’une étonnante mansuétude. Le 15 février 2011, il bénéficie ainsi d’une mesure de grâce présidentielle qui réduit de 15 à 10 ans la condamnation à la réclusion criminelle. Puis le 11 juillet 2011, coup de théâtre, il est acquitté par la Chambre criminelle de la Cour d’appel de Nouakchott, ainsi que de nombreux co-accusés poursuivis dans le cadre de ce dossier. Il est libéré le lendemain et n’a pas été revu depuis ». Plus intrigante encore, la rencontre de l’ambassadeur français Michel Vandepoorter, le 12 septembre 2008, juste après le coup d’Etat, avec son auteur le  Général Mohamed Ould Abdel Aziz, avait fait l’objet de bien des interrogations: le sort d’Amenant avait-il été évoqué ce jour-là ? D’aucuns le pensent.

(9) selon le Point, numéro spécial N°7 de juillet-août 2015, « Le vrai pouvoir des Mafias » page 200.

(10) selon Blandine Kreiss, l’ambassadrice française en République Dominicaine, « L’Ocrtis estime que 60% de la drogue découverte en France transite par la République dominicaine. Tout ce qui vient de Colombie, du Pérou, remonte et passe par la République dominicaine et Haïti. C’est une zone de rebond vers l’Europe. Paris est relié directement à Saint-Domingue par Air France, Air Caraïbes, sans compter les vols charters. Les Antilles françaises, la Martinique et la Guadeloupe sont dans notre environnement régional proche. En 2013, 10 tonnes ont été saisies ici et quasiment rien en Haïti. Outre les liaisons aériennes, le gros du trafic se fait par voie maritime, avec des volumes transportés pouvant aller jusqu’à 1,5 tonne sur des bateaux de plaisance et encore plus sur des conteneurs ». A noter que pour leur retour, les deux pilotes avaient pris un vol… Air Caraïbes… et qu’auparavant, ils avaient utilisé un bateau de plaisance..

Un résumé de l’affaire depuis le début

http://www.lejdd.fr/Societe/Faits-divers/Actualite/Punta-Cana-Saint-Trop-ligne-de-coke-605539

une mise au point récente :

http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/justice-proces/proces-air-cocaine/l-article-a-lire-pour-comprendre-l-affaire-air-cocaine_1148847.html#xtor=AL-79-%5Barticle%5D-%5Bconnexe%5D

source: http://www.centpapiers.com/l-operation-dexfiltration-ne-serait-elle-quun-complot-dextreme-droite-qui-nest-quune-infime-partie-de-liceberg/

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