Le marchĂ© de la drogue est florissant : environ 4 000 points de vente en France selon les services de police, gĂ©nĂ©rant un chiffre d’affaires estimĂ© Ă plus de 4 milliards d’euros d’après l’Insee en 2020 qui a intĂ©grĂ© le trafic de drogue dans le calcul du PIB.
Pas d’évaluation rĂ©cente, mais le nombre d’importateurs, de grossistes, de logisticiens, de revendeurs, de guetteurs et de « nourrices » (ceux qui cachent les produits chez eux) n’a cessĂ© d’augmenter. On estime que 240 000 personnes vivent indirectement de cette activitĂ©.
Le fléau gagne désormais les villes moyennes et les campagnes
Grands et petits dĂ©linquants de la drogue Ă©tendent leur emprise : ils contrĂ´lent les allĂ©es et venues dans les halls d’immeuble et persĂ©cutent les habitants. Mais, surtout, ils s’entre-tuent : depuis le dĂ©but de l’annĂ©e 2023, on note 451 homicides ou tentatives d’homicide liĂ©s au trafic, une hausse de 57 % par rapport Ă la mĂŞme pĂ©riode en 2022. Cette violence s’Ă©tend « un peu partout sur le territoire », relève le directeur gĂ©nĂ©ral de la police nationale (DGPN), FrĂ©dĂ©ric Veaux, le 27 novembre devant les sĂ©nateurs.
Les modes de distribution s’adaptent au marchĂ©. « Le point de deal en bas de l’immeuble, c’est peut-ĂŞtre bientĂ´t terminĂ©. On assiste Ă une “amazonisation”de la logistique de la drogue en Europe », explique un haut fonctionnaire du ministère de l’IntĂ©rieur. Commandes en ligne via les rĂ©seaux sociaux, programmes de fidĂ©lisation, livraison quasi immĂ©diate en petites quantitĂ©s, nouveaux produits, etc.
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